Hérésie : en enfer, Jésus serait « né de nouveau »

Etroitement liée à l’hérésie selon laquelle Jésus serait allé en enfer après la croix, nous en trouvons une autre, affirmant que Jésus, après avoir souffert trois jours et trois nuits entre les mains du diable, serait né de nouveau en enfer. Et c’est en naissant de nouveau qu’il aurait retrou­vé sa divinité. De même, nous aussi, par la nouvelle naissance, nous devien­drions non seulement des enfants de Dieu, mais aussi des petits dieux.

 

Il est donc faux de déclarer que notre salut a été accompli en enfer et non sur la croix, et que c’est là que les puissances des ténèbres ont été brisées pour nous libérer. Kenneth Hagin dit ceci : « Jésus a goûté la mort spirituelle pour chacun d’entre nous. Son esprit est allé en enfer à ma place. Ne comprenez-vous pas cela ? Sa mort physique ne peut ôter votre péché ».[1]

 

Kenneth Copeland qui exerce une influence prépondérante dans ce mouvement, dit encore ceci :

« Quand Jésus s’écria « Tout est accompli », il ne parlait pas du plan de rédemp­tion. Il lui restait encore trois jours et trois nuits de souffrance en enfer avant qu’il ne puisse monter vers le trône… La mort de Jésus sur la croix n’était que le commencement de son oeuvre rédemptrice ».[2] C’est seulement après trois jours et trois nuits de souffrance en enfer entre les mains du diable que Jésus serait né de nouveau. Et Kenneth Copeland ajoute : « La voix de Dieu s’est faite entendre en enfer et subitement l’esprit de Jésus qui était déformé et mort est revenu à la vie. Et c’est là que devant le diable, il est littéralement né de nou­veau et devenu « le premier-né d’entre les morts ». »[3]

 

Kenneth Hagin était l’un des premiers a répandre le mythe que Jésus était la première personne à naître de nouveau.[4] Un autre leader de ce mouvement, Charles Capps. nous dit également que Jésus est né de nouveau en enfer. Il es le premier-né à être engendré d’entre les morts. C’est lui qui a commencé la pre­mière Eglise en enfer. L’Eglise est née au moment où Jésus est né de nouveau en enfer.[5]

 

Ecoutons aussi ce que Benny Hinn dit sur « la révélation » qu’il aurait reçue au sujet de la nouvelle naissance de Jésus en enfer. A l’occasion d’une réunion, il déclara ceci : « Le Saint-Esprit est sur moi et me révèle certaines choses. Il a été (parlant de Jésus) engendré en enfer. Savez-vous ce que le mot engendré signifie ? Il veut dire « naître de nouveau ». Et vous, avez-vous été engendré ? Lui l’a été aussi. Que personne ne vous trompe, Jésus est né de nouveau. Vous vous dites peut-être : de quoi nous parle-t-il ? Il fallait que Jésus naisse de nouveau. S’il n’était pas né de nouveau, il me serait impossible de naître de nouveau aujourd’hui ».[6] Après avoir déclaré que le Saint-Esprit lui montrait ces choses, Benny Hinn affirma : « Je vous dis la vérité ». Puis il exhorta l’auditoire à ne lais­ser personne le séduire quant à la réalité de la doctrine biblique de Jésus né de nouveau. Quel aveuglement ! Quelle hérésie !


Notes :

[1] K. Hagin, How Jesus Obtained His Name (Comment Jésus obtint son nom), Cassette 44 01 ; Made alive (Fait vivant), 15.4.82, p. 3

[2] K. Copeland, Jesus Our Lord of Glory (Jésus notre Seigneur de Gloire), BVV, Avril 82, p. 3

[3] K. Copeland, The Price of It All (Tout le prix), BVV, Septembre 91, p. 4 à 6

[4] K. Hagin, The Name of Jesus (Le nom de Jésus), p. 29

[5] Charles Capps, Authority in Three Words (L’Autorité en trois mots), p. 212 et 213

[6] Benny Hinn, Our Position in Christ (Notre position en Christ), cassette vidéo, TV 254

Hérésie : après la croix, Jésus serait allé en enfer

Selon la doctrine de certains mouvements, non seulement Jésus serait mort spirituellement sur la croix, mais après la croix, il serait encore allé en « enfer » pour y souffrir entre les mains du diable. Est-ce vrai ? Que s’est-il donc passé après la mort de Jésus ? Où est-il allé ? Notons d’emblée que Jésus s’est écrié sur la croix : « Père, je remets mon esprit entre tes mains » (Lc 23 : 46; Jn 19 : 29-30). Sur la croix, il n’a pas remis son esprit entre les mains du diable, bien au contraire, c’est là qu’Il l’a définitivement vaincu. L’apôtre Paul parle de ce grand triomphe en ces termes : « Jésus a dépouillé les dominations et les autorités, et les a livrées publiquement en spectacle, en triomphant d’elles par la croix » (Col 2 : 15).

 

Où donc Jésus est-il allé après sa mort ? Il répond lui-même à cette question en déclarant au brigand sur la croix : « Je te le dis en vérité, aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis » (Lc 23 : 43). Jésus est donc allé au Paradis. Où était ce lieu ? Le nouveau dictionnaire biblique nous donne les explications suivantes :

 

« A l’époque précédant la première venue du Christ, les juifs en étaient venus à distinguer dans le séjour des morts deux parties, l’une réservée aux impies, tour­mentés dès leur départ d’ici-bas, l’autre réservée aux bienheureux et appelée « paradis » ou « sein d’Abraham ». Jésus lui-même emploie ces expressions et donne des précisions remarquables sur le séjour des morts (Lc 16 : 19-31). Quand Jésus a dit au brigand repentant : « Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis » (Lc 23 : 43), il voulait dire dans le séjour des morts bienheureux. En effet, c’est là que Jésus est descendu au moment de sa mort (Ep 4 : 9 ; Ac 2 : 27, 31), de sorte que le jour de Pâques, il pouvait dire à Marie de Magdala : « Je ne suis pas encore monté vers mon Père» (Jn 20 : 17).

 

Avant la mort et la résurrection de Jésus, les âmes des justes allaient dans le séjour des morts (lwav  ou  lav Shéol en hébreu et Adhv Hadès en grec) avec les méchants qui eux allaient dans un autre compartiment. Ces deux compartiments étaient séparés par un grand abîme, afin que ceux qui voulaient aller d’un lieu à un autre ne puissent le faire (Lc 16 : 26).

 

Après sa mort sur la croix, Jésus est allé au paradis, c’est-à-dire dans la pre­mière partie du séjour des morts destiné aux âmes des justes bienheureux, et non dans la seconde partie, lieu réservé aux impies.

 

Le nouveau dictionnaire biblique nous décrit encore le grand changement qui s’est produit par la descente du Christ dans le séjour des morts bienheureux. Selon la prophétie, le Seigneur n’y fut pas abandonné (Ps 16 : 8-11) car il était impossible qu’il fut retenu par les liens de la mort (Ac 2 : 24). Sorti du tom­beau, étant monté en haut, il a emmené des captifs et il a fait des dons aux hommes (Ep 4 : 8-10). Les commentateurs pensent que lors de sa glorification, Christ a libéré du Shéol les morts justes et les a emmenés avec Lui dans le ciel. Depuis ce moment-là, tous ceux qui meurent dans la foi, au lieu de descendre dans le séjour des morts, s’en vont directement auprès du Seigneur. C’est ainsi que Paul a pu déclarer qu’il préférait s’en aller, pour être avec Christ (Phi 1 : 21-24), et que nous aussi, nous aimons mieux quitter ce corps et demeurer auprès du Seigneur (2 Co 5 : 6-8).

 

Le séjour des morts, n’étant que provisoire, cessera d’exister au moment du jugement dernier ; il sera alors jeté dans l’étang de feu avec tous ceux qu’il contient et déversé dans l’enfer éternel qui commencera (Ap 20 : 13-14). C’est là qu’intervient le feu éternel, le lieu du châtiment éternel que la Bible appelle la géhenne. Toujours selon le nouveau dictionnaire biblique, la géhenne tire son nom de l’hébreu Géhinnom, vallée de Ben Hinnom (Mt 5 : 22, 29-30, 10 : 28 ; 18 : 9 ; 23 : 15, 33 ; Mc 9 : 47 ; Lc 12 : 5 ; Jc 3 : 6). A cet endroit tout proche de Jérusalem, on avait brûlé des enfants en l’honneur de Moloc. En raison des crimes qui s’y commirent (Jr 32 : 35), de sa profanation par le roi Josias (2 Rs 23 : 10), et à cause des immondices qu’on y brûlait jour et nuit, ce lieu devint symbole de péché, d’af­fliction ; son nom finit par désigner un lieu d’éternel châtiment (Mt 18 : 8-9 ; Mc 9 : 43). La géhenne est donc plus proche de l’enfer définitif que du séjour des morts provisoire décrit ci-dessus. (Mt 5 : 22 ; 13 : 42 ; Mc 9 : 48)

 

En conclusion, nous pouvons affirmer selon la Parole de Dieu que Jésus, après sa mort sur la croix, est allé dans le séjour des morts (première partie des bienheureux), mais jamais, comme on l’affirme dans ces mouvements, en l’en­fer, pour souffrir comme pécheur entre les mains du diable.

 

Non, Jésus n’est pas mort spirituellement sur la croix. Il n’a pas été en enfer dans le lieu de tourment, et n’a jamais été soumis au pouvoir de Satan. Il a été le sacrifice parfait, et « il s’est livré lui-même à Dieu pour nous, comme une offrande et un sacrifice de bonne odeur » (Ep 5 : 2). Il est mort physiquement et non spirituellement. Il a vaincu Satan sur la croix et non en enfer (Col 2 : 15).

Leurs révélations équivalent aux Ecritures

Il n’est bien sûr pas question de mettre en doute la sincérité de ceux qui ensei­gnent ce message de la «confession positive», mais cela ne justifie en rien leurs erreurs. En examinant les racines de genre de mouvement, nous y trouvons une conception «gnostique» très dangereuse.

 

Le pasteur Albert Dager nous donne l’explication du «gnosticisme» de ces prédicateurs qui est de prétendre avoir une connaissance supérieure des Ecritures et cachée à beaucoup de chrétiens. Eux, par contre, en auraient reçu la révélation secrète. C’est ce qu’ils appellent, dans leur théologie, « Revelation Knowledge » (trad. connaissance révélée). Ils estiment donc faire partie d’une élite d’initiés et de médiateurs. En enseignant que les chrétiens ne peuvent rece­voir cette connaissance révélée qu’au travers d’eux, ils deviennent des média­teurs entre Dieu et son peuple. De plus, cette connaissance secrète leur donne­rait un pouvoir spécifique et une autorité sur les autres. Ils conduisent ainsi les chrétiens qui les suivent dans la dépendance de leur ministère et sous leur domi­nation.[1]

 

Cette conception d’une « élite spirituelle » séparée « des laïques » a été, nous le savons, fermement combattue par Martin Luther et les Réformateurs. Cette nou­velle théologie du « mouvement de la foi » renverse donc le message de la Réforme, déclarant qu’il n’existe pas deux classes de chrétiens aux yeux du Seigneur (clergé et laïques), mais que nous avons tous accès au trône de Dieu, étant tous devenus ses sacrificateurs par le sacrifice sanglant de Jésus-Christ à la croix (Ap.1:5-6).

 

Ce mouvement commet aussi une autre erreur, celle de faire abstraction de notre raisonnement. La Bible ne justifie d’aucune façon cette conception. Logiquement inséparables, la pensée de l’homme est tout autant un instrument de révélation que son esprit. Jésus n’a-t-il pas commandé à ses disciples: « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée »(Mat.22:37). L’apôtre Pierre encourageait les chrétiens à ceindre les reins de leur entendement (1 Pierre 1:13). L’apôtre Paul exhortait lui aussi, les Ephésiens à ne pas être sans intelligence, mais à comprendre quelle est la volon­té de Dieu (Eph.5:17).

 

Le raisonnement n’est pas un ennemi de la foi, comme ils le disent, et Dieu n’est pas un être irrationnel. Il est la source de toute connaissance et intelligen­ce et Il invite lui-même les hommes à raisonner avec Lui. L’apôtre Paul avait l’habitude de raison­ner et d’expliquer les Ecritures aux Juifs (Act.17:2-3). Cette conception d’une théologie de la foi ennemie de la raison ne peut être justifiée par des références bibliques. Le christianisme peut dépasser la raison, mais il ne la rejette pas.

 

N’oublions pas que le rejet du raisonnement est aussi une pratique des sectes. Notre intelligence est toujours appelée à examiner un enseignement, quel qu’il soit, et à le juger pour voir s’il est en accord avec les Ecritures.


Note :

[1] Dan McConnell, A Different Gospel (traduction en français : Un Evangile Différent), p. 137

Le mouvement de la foi

Un mouvement qui exerce une grande influence dans différentes églises depuis de nombreuses d’années, est celui du pasteur Kenneth Hagin des U.S.A. Il est communément appelé «le mouvement de la foi», «la confession positive», «parole de foi», «l’évangile de prospérité», «rhéma» ou «zoé», etc. Tout au long de cette étude, nous allons nous servir de ces diverses appellations.

 

Kenneth Hagin, fondateur de ce mouvement, a aussi influencé beaucoup d’autres pasteurs bien connus aux U.S.A. et dans le monde, dont Kenneth Copeland, Fred Price, Charles Capps, Benny Hinn, Jerry Savelle, etc., qui sont devenus, avec lui, les propagateurs de son message. L’influence de leur abon­dante littérature est considérable dans le monde entier. Leur enseignement pénètre tout particulièrement dans les milieux charismatiques, mais aussi indi­rectement dans beaucoup d’autres communautés chrétiennes.

 

Ils enseignent que chaque chrétien peut posséder une santé parfaite et jouir d’une prospérité financière constante. S’appuyant sur cette hypothèse, ils encou­ragent leurs disciples à confesser qu’il possède toute ces choses « par la foi » et qu’il n’ont pas besoin de se soucier de la situation dans laquelle il se trouve. C’est ainsi que, par exemple, un chrétien se doit d’affirmer par la foi que son cancer a disparu, même si celui-ci est encore visible et constaté par le médecin.

 

L’essence même de cette doctrine consiste à avoir la conviction de posséder ce que l’on a confessé. Une telle déclaration est surprenante, mais on ne se pose pas la question de savoir si elle est en harmonie avec les Ecritures. Elle a égale­ment comme arrière-pensée la supposition prétentieuse que la parole d’un chré­tien a la même puissance créatrice que la Parole de Dieu. Selon cette conception, « sa confession de foi » correspondrait à la mise en action de « certaines lois divines ». Ses pensées et ses paroles produiraient donc une « force divine » capable de lui apporter guérison, santé et succès.

 

Kenneth Copeland enseigne que « ce sont les forces du monde spirituel qui créent nos circonstances environnantes et que celles-ci sont contrôlées par les paroles de notre bouche »[1]. Il dit encore : « Rien n’est trop grand ou trop puis­sant sur cette terre que la langue ne puisse contrôler… Vous pouvez même contrôler Satan en apprenant à contrôler votre propre langue »[2]. Selon ces pré­dicateurs « Dieu répond, et accomplit ce que nous commandons, si nous confes­sons nos besoins et nos désirs de manière positive et avec foi ».[3]


Notes :

[1] Kenneth Hagin, Words, p.21

[2] Kenneth Hagin, Having Faith in your Faith (traduction en français : Ayez Foi en votre Foi), p. 4 et 5

[3] Dan McConnell, A Different Gospel (traduction en français : Un Evangile Différent), p. 135

Hérésies au sujet du sacrifice expiatoire de Jésus

Les responsables de mouvements, tels que la confession positive, possèdent non seulement une faus­se conception de la foi, mais encore ils falsifient le message de la croix, et des souffrances expiatoires de Jésus. Beaucoup de chrétiens, actuellement en faveur de ces mouvements, ignorent complètement cela. D’autres en minimisent l’importance, n’ayant pas saisi eux-mêmes la gravité de ces hérésies et la portée de ses conséquences. De nos jours, un grand nombre d’églises sont contaminées par ces fausses doctrines sans même le savoir.

 

Quelles sont donc les principales caractéristiques de leur doctrine concernant le sacrifice expiatoire de Jésus auxquelles ils sont si attachés ? Elle peuvent se résumer, en grandes lignes, par les idées suivantes :

 

  • Jésus n’a pas seulement porté nos péchés sur la croix, mais il est « deve­nu pécheur ». En mourant, il a pris sur lui la nature même de Satan, devenant ainsi un avec lui. C’est alors que Jésus est « mort spirituellement » ,et à partir de ce moment-là, il a cessé d’être Dieu. Il est devenu un homme mortel perdu, qui s’est écrié : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »[1]

 

  • Jésus fut alors emmené en enfer où il a été lié par les chaînes du péché, de la méchanceté, de la maladie et de toutes les oeuvres du diable. Satan s’est alors écrié : « Nous avons triomphé du Fils de Dieu ». Puis une célébration s’en est suivie en enfer. Il a alors cru qu’il avait enfin triomphé de Dieu.[2]

 

  • Jésus a par conséquent souffert une agonie au-delà de toute description en enfer. Pendant trois jours, toutes les cohortes de Satan se sont liguées contre lui. Puis soudainement, Jésus fut justifié. De son trône céleste, le Dieu Tout-Puissant s’est alors écrié d’une très forte voix : « C’est fini, c’est assez ». Maintenant le prix est payé. Jésus est né de nouveau en enfer et est redevenu vivant spirituellement.[3]

 

  • C’est ainsi que Jésus a brisé les chaînes du péché, de la maladie et du mal. L’enfer en a été ébranlé. Jésus s’est alors dirigé vers le diable, l’a saisi et jeté à terre. Comme Satan se faisait tout petit et qu’il tremblait sur le sol, Jésus a alors mis son pied sur lui et lui a arraché les clefs de la mort, de l’enfer et du séjour des morts.

 

  • C’est à ce moment-là que le Saint-Esprit a ouvert les portes de l’enfer et ressuscité Jésus d’entre les morts. Il est alors monté vers son Père, en lui annon­çant : « J’ai payé le prix. La prison est maintenant ouverte ».[4] C’est en tant qu’homme né de nouveau en enfer que Jésus a vaincu Satan. Jésus est donc le premier-né d’entre les morts. Il a commencé l’Eglise en enfer. L’Eglise a donc débuté, au moment où Jésus est né de nouveau en enfer.[5]

 

En lisant un tel exposé, nous nous posons immédiatement la question : mais où ont-ils trouvé tout cela ? En comparant « leurs révélations » avec la Parole de Dieu, nous sommes obligés de constater qu’une telle doctrine de la croix n’exis­te tout simplement pas dans les Ecritures. C’est de la pure fiction. C’est une doc­trine pernicieuse qui anéantit l’œuvre parfaite de Jésus-Christ accomplie sur la croix. En effet leur com­préhension du sacrifice expiatoire de Jésus est totalement faussée et dénaturée. « Un autre Jésus » et « un autre message de la croix » sont prêchés sous le prétex­te d’une compréhension plus profonde de ce qui s’est réellement passé entre la croix et le trône. Le tableau que les Ecritures nous offrent sur la rédemption accomplie par Christ sur la croix est infiniment plus glorieux et majestueux que la fiction présentée par Kenyon, Hagin, Copeland et leurs collaborateurs.


Notes :

[1] Kenneth Hagin, The Name of Jesus (Le Nom de Jésus), p. 32

[2] K Copeland, Believers’ Voice of Victory (La voix des croyants de la victoire), Septembre 91, p. 3 à 4 et 8

[3] E.W. Kenyon, What Happened (Ce qui arriva), p. 64

[4] K. Copeland, The Price of it All (Tout le prix), BVV, 19.9.91, p. 4 à 6

[5] Charles Capps, Authority in Three Words (L’Autorité en trios mots), 1982, p. 212 et 213

Hérésie – Jésus serait devenu pécheur à la croix

Selon certains enseignements, Jésus s’est identifié au pécheur en devenant lui-même « un pécheur » ; alors qu’en réalité, il est devenu un substitut pour le pécheur. Les leaders qui affirment cela confondent l’identification de Jésus avec la race humaine quand il est né et sa substitution pour les pécheurs sur la croix.

 

Cette théologie de la foi enseigne que Christ a racheté l’homme de son péché en devenant péché lui-même. Pour étayer leur vue, ils utilisent constamment le verset de 2 Corinthiens 5 : 21 en lui donnant une fausse interprétation : « Celui qui n’a point connu le péché, il l’a fait devenir péché pour nous, afin que nous deve­nions en lui justice de Dieu ». Si Jésus était littéralement devenu péché sur la croix en devenant un pécheur, alors son sacrifice aurait été une offrande inac­ceptable aux yeux de Dieu. « Devenir péché » fait référence à l’œuvre substitu­tive de la mort de Jésus sur la croix et non, comme ils le prétendent, à sa trans­formation en pécheur.

 

Le commentateur biblique, Dan McConnell, nous donne cette excellente explication de 2 Corinthiens 5:21: « Ces docteurs la foi en enseignant que Jésus est devenu littéralement péché à la croix révèlent une profonde incompréhension du concept des sacrifices de substitution de l’Ancien Testament. Le livre du Lévitique, présente les sacrifices de substitution comme des types du sacrifice expiatoire de Jésus. Les animaux choisis pour le sacrifice d’expiation du péché devaient être sans défaut (Lv 4 : 3, 23, 32). La personne présentant cette sainte offrande imposait les mains sur l’animal pour symboliser le transfert de son péché et de sa culpabilité (Lv 4 : 4, 24, 33). Ce transfert de péché était symbo­lique, non littéral. E.W. Kenyon (le père spirituel de cette hérésie) enseigne qu’au moment du transfert du péché, ces animaux devenaient impurs et péchés. C’est justement le contraire qui est vrai. Au moment du transfert, l’offrande devenait sainte pour Dieu; tous ceux qui touchaient ou mangeaient cette offran­de pour le péché étaient aussi sanctifiés (Lv 6 : 20). L’animal sacrifié ne deve­nait pas péché : le péché lui était seulement symboliquement imputé. C’était un sacrifice de substitution pour le péché, une sainte offrande qui expie le péché en vertu de sa perfection et de sa consécration au Seigneur ».[1]

 

Ce concept de la substitution que nous trouvons dans le livre du Lévitique est précisément l’arrière plan de 2 Corinthiens 5 . 21 : Jésus n’est pas littéralement devenu péché ; le péché lui a été symboliquement imputé. Une juste compréhen­sion de ce verset montre que le sens du mot grec et le contexte du passage entier n’était pas, comme le prétendent ces mouvements, que Jésus soit devenu péché mais bien un sacrifice pour le péché. Les Ecritures enseignent distinctement que le sacrifice de Jésus était une offrande parfaite de substitution parce qu’Il était sans péché (Ep 5 : 2).

 

L’apôtre Pierre s’inspire des sacrifices décrits dans le Lévitique quand il écrit que nous sommes « rachetés par le sang précieux de Christ, comme d’un agneau sans défaut et sans tache » (1 Pierre 1 : 19). L’auteur de l’Epître aux Hébreux fait la même chose lorsqu’il déclare que « Christ s’est offert lui-même sans tache à Dieu » (Hb 9 : 14). La doctrine selon laquelle Christ serait devenu péché contredit la réalité que « Christ s’est offert lui-même sans tache à Dieu » et que cette offrande était très sainte pour lui. S’il n’en avait pas été ainsi, son offran­de pour le péché n ‘aurait pas été acceptée par Dieu.


Note :

[1] Dan McConnell, A Different Gospel (Un Evangile Différent), p.127

Hérésie : Jésus serait mort spirituellement à la croix

Une aberration ayant cours dans certains milieux est que Jésus, pour expier nos péchés, devait mourir « spirituellement », sa mort physique n’étant pas suffisan­te. Selon E.W. Kenyon par exemple, la véritable œuvre rédemptrice de Christ était donc « Sa mort spirituelle » et « sa résurrection spirituelle », et non pas son agonie, ses souf­frances sur la croix et sa résurrection corporelle. Son sang versé n’avait pas plus de puissance pour expier et purifier que celui de n’importe qui d’autre. Toujours selon E.W. Kenyon : « Si la mort physique de Jésus pouvait payer le prix, alors chaque homme aurait pu mourir pour lui-même. En fait, le péché se situe dans le domaine spirituel. Sa mort physique n’était qu’un moyen pour atteindre un but. Et ce but était sa mort spirituelle et ses souffrances en enfer ».[1]

 

L’importance de la mort spirituelle de Jésus sur la croix est prêchée par la plu­part des responsables du « mouvement de la foi ». Kenneth Hagin, lui aussi, enseigne que ce n’est pas la mort physique de Christ qui ôte le péché, mais plu­tôt sa mort spirituelle et ses souffrances en enfer.[2] Quel blasphème !

 

Alors que l’importance du sang de Jésus est fondamental et indiscutablement établi dans la Bible, les propagateurs de la doctrine de la foi se permettent d’enseigner d’une manière très subtile que « la mort physique » de Christ seule ne peut pas sauver. Les Ecritures déclarent pourtant à maintes reprises que Jésus a offert son corps en sacrifice pour nos péchés et qu’il a été mis à mort quant à la chair. En d’autres termes, selon la Bible, Jésus est mort physique­ment et non spirituellement. D’ailleurs, nulle part dans la Parole de Dieu, il nous est dit que Jésus est mort spirituellement. Par contre, elle affirme que « Christ a porté lui-même nos péchés en son corps sur le bois » (1 Pi 2 : 24); qu’il a « souffert dans la chair » (1 Pi 4 : 1) ; que Christ « nous a maintenant réconciliés par sa mort dans le corps de sa chair » (Col 1 : 21); que « c’est en vertu de cette volonté que nous sommes sanctifiés, par l’offrande du corps de Jésus-Christ » (Hb 10 : 10).

 

Tous les auteurs du Nouveau Testament attestent que c’est la mort physique de Jésus qui expie le péché et rachète l’homme de la perdition éternelle. Le sacrifice expiatoire de Jésus a été un acte physique, comprenant l’effusion de son sang lors de sa crucifixion. L’auteur de l’Epître aux Hébreux, par exemple, enseigne que tout le système lévitique est exprimé par cette déclaration que « presque tout, d’après la loi, est purifié avec du sang, et que sans effusion de sang, il n’y a pas de pardon » (Hb 9 : 22). Dieu est esprit et ne peut donc pas mourir spirituellement, sinon il ne serait pas Dieu.

 

Si nous voulons réaliser l’extrême gravité de cette erreur, nous devons aussi chercher à comprendre ce que ces leaders veulent dire lorsqu’il parle de la « mort spirituelle de Jésus ». Kenneth Hagin nous dévoile sa pensée en disant : « La mort spirituelle signifie séparation d’avec Dieu, mais plus que cela, c’est aussi rece­voir la nature de Satan ».[3] Kenneth Copeland dit : « Jésus a accepté la nature de péché de Satan dans son esprit au moment où il cria : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »[4] Hagin dit encore : « Au moment où Adam et Eve ont écouté le diable, celui-ci est devenu leur père spirituel et ils reçurent la nature de Satan dans leur esprit. C’est cela la mort spirituelle. Depuis la chute d’Adam, l’homme est uni au diable ».[5] Ainsi, il est évident que d’après ces pré­dicateurs, Jésus aurait souffert la même mort spirituelle qu’Adam. Sa nature aurait radicalement changé et serait devenue satanique sur la croix. Quelle séduction et quelle hérésie !

 

Sous le couvert de « révélation », tout cela n’est évidement qu’une invention et une illusion dangereuse, sans aucun fondement biblique. La Bible ne fait pas mention des souffrances spirituelles de Jésus ou de son changement radical de nature sur la croix. L’apôtre Paul certifie que Jésus, existant éternellement en tant que Dieu, est entré dans l’histoire humaine comme simple homme il est vrai, mais qu’il n’a jamais délaissé ou perdu sa divinité, ni sur la terre, ni sur la croix (Phil 2 : 7 ; Mt 1 : 23, Jn 8 : 58; Rm 9 : 5 ; 1 Jn 5 : 20).

 

Lorsque l’apôtre Paul parle de l’humilité de Jésus dans Philippiens 2 : 8, et de son extrême abaissement, il indique les limites de cette humiliation par la phra­se « obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix ». Il ne lui est jamais venu à l’esprit de dire « obéissant jusqu’à sa mort spirituelle ». Affirmer cela aurait été tordre les Ecritures. Une telle spéculation hasardeuse et dange­reuse ouvre la porte à toutes les hérésies.

 

Bien que les responsables de ce genre de mouvements croient en la mort de Jésus sur la croix, ils affirment aussi que cette mort n’est pas suffisante pour nous sauver, et qu’il faut que Jésus souffre encore en enfer pour compléter son oeuvre rédemp­trice. Kenneth Copeland va encore plus loin ; il va jusqu’à renier l’efficacité du sang de Jésus pour nous sauver en déclarant : « Quand Jésus versa son sang, celui-ci ne pouvait nous sauver….».[6] Où trouvons-nous de telles déclarations dans la Bible ? Ne sont-elles pas extrêmement dangereuses et hérétiques et ne détruisent-elles pas le fondement même de notre salut ? N’est-ce pas pour notre instruction que les Ecritures déclarent à maintes reprises que nous avons été rachetés par le sang précieux de Christ (Rm 5 : 9 ; Hb13 : 11-20 ; 1 Pi 1 : 18-19, etc.). Elles ne parlent jamais de ses souffrances salvatrices en enfer. Par conséquent, dire que notre rédemption est réalisée par un autre moyen, c’est « renier le sacrifice de Jésus sur la croix et la puissance de son sang ». C’est donc prêcher « un autre évangile » qui ne peut sauver. « Je vous rappelle frères, l’Evangile que je vous ai annoncé, que vous avez reçu, dans lequel vous avez persévéré, et par lequel vous êtes sauvés, si vous le retenez tel que je vous l’ai annoncé, autrement, vous auriez cru en vain » (1 Co 15 : 1-20). Quel solennel avertissement !

 

Les paroles de Jésus sur la croix : « Tout est accompli » (Jn 19 : 29-30) attes­tent que c’est à ce moment-là que le salut de l’homme a été parfaitement et défi­nitivement achevé. Il n’y a plus rien à ajouter, plus rien à retrancher. Ainsi, ces trois mots « Tout est accompli » condamnent une fois pour toutes cette doctrine pernicieuse selon laquelle Jésus devait encore souffrir en enfer pour nous sau­ver.


Notes :

[1] E. W. Kenyon, Hidden Man (L’Homme créé), p. 47

[2] K. Hagin, How Jesus Obtain His Name (Comment Jésus obtint son nom), Cassette 44 H 01

[3] K. Hagin, The Name of Jesus (Le nom de Jésus), p. 31

[4] K. Copeland, What Happened from the Cross to the Throne (Que ce passa-t-il de la Croix au Trône)

[5] K. Hagin, The New Birth (La nouvelle naissance), p. 10

[6] K. Copeland, Personal Letter (Lettre personnelle), 12 mars 1979

La malédiction des ancêtres n’est pas biblique (Partie 2)

(Suite de « Le chrétien et la malédiction de ses ancêtres (partie 1) » : https://wp.me/p8REsR-gd)

Les parents ont une très grande influence sur leurs enfants, mais les choix personnels sont encore plus engageant !

 

Les deux premiers enfants d’Adam et Eve ont bénéficié du même héritage. Et pourtant, Caïn est devenu meurtrier, et Abel le premier martyr de la foi (Gn 4 : 8-16; Hé 11:4).

 

Nous retrouvons le même principe de la responsabilité personnelle chez les rois d’Israël (2 Ch 28-35). Le méchant Achaz était le père d’Ezéchias qui craignait Dieu. Son fils Manassé et son petit-fils Amon étaient, par contre, idolâtres. Mais Josias fils d’Amon, lui, craignait Dieu et a conduit Israël dans un grand réveil. Remarquons ici que nous pouvons avoir de mauvais parents qui engendrent de bons enfants, mais aussi de bons parents qui engendrent de mauvais enfants.

 

Le « libre-choix » de l’homme est un mystère, mais aussi une réalité. La sagesse souveraine de Dieu accorde ce don à chaque personne. Ne nous lassons donc jamais de prier pour nos bien-aimés inconvertis, mais n’excusons pas leurs mauvaises actions en les appelant « la malédiction des ancêtres ».

 

Quatre raisons démontrant que « la malédiction des ancêtres » n’est pas biblique

 

  • Premièrement, lorsqu’une personne se convertit à Jésus-Christ, elle est délivrée de tous ses péchés, y compris les péchés occultes. La Bible ne classe pas le péché occulte dans une catégorie spéciale qui n’aurait pas été traitée à la croix. Rappelons-nous que chacun est né sous l’autorité de Satan (Col 1:13), et que nous marchions tous autrefois selon le prince de la puissance de l’air, de l’esprit qui agit maintenant dans les fils de la rébellion (Ep 2:2).

 

  • Deuxièmement, les partisans de cette hérésie utilisent le terme « iniquité », tiré du texte classique d’Exode 20:5, pour synonyme de « malédiction des ancêtres », tout cela pour montrer que cette «iniquité » est un péché à part.

Les mots « iniquité » et « péché » ont-ils un sens différent? Pas du tout. Le langage biblique utilise un certain nombre de termes pour exprimer les mauvaises actions, mais la signification est la même. Tous deux signi­fient : « péché ». Les répétitions et les parallèles sont courants dans les Ecritures : « Je t’ai fait connaître mon péché et je n’ai pas caché mon iniquité » (Ps 32:5); « Et je ne me souviendrai plus de leurs péchés ni de leurs iniquités » (Hb 10:17). Le verset de Luc 13:27 nous montre que tous les pécheurs sont « ouvriers d’iniquité ». La conclusion est toute simple: toute iniquité est un péché et tout péché est une iniquité.

 

  • Troisièmement, il est faux de penser que le passage d’Exode 20:5, parlant de 1’Eternel Dieu « qui punit l’iniquité des pères sur les enfants » survient à cause de l’héritage plutôt que du choix personnel de chaque génération. Par conséquent, les enfants ne peuvent pas hériter d’une malé­diction résultant des péchés de leurs parents. L’enfant est seulement responsable du péché qu’il a commis lui-même. Assurément ce texte ne fait pas référence à une soi-disant malédiction transmise par des parents à leurs enfants. (Ez 18 : 2 à 4)

 

  • Quatrièmement, une simple remarque qui démontre la sagesse de Dieu et toute la précision du message biblique : il nous est dit que Dieu « bénit jusqu’à la millième génération »… Or depuis la création, les âges et périodes bibliques nous permettent de constater qu’entre Adam et Eve et notre génération, il y a moins de 700 générations ! Nous sommes donc toujours sous la bénédiction de Adam et de Noé (ancêtres communs à toute l’humanité)

(Suite « Signification exacte d’Exode 20-5 : https://wp.me/p8REsR-gh)

Le chrétien et la malédiction de ses ancêtres (partie 1)

Dans le combat spirituel, les déviations ne manquent pas et en voici une qui n’a absolument rien à voir avec la réalité biblique : la théorie de « la malédiction des ancêtres » dont le chrétien doit soi-disant chercher à être délivré. Cette fausse doctrine a neutralisé la puissance libératrice de la croix, culpabilisé et paralysé certains chrétiens dans leur croissance spirituelle.

 

Le verset le plus utilisé à ce sujet est celui-ci : « Tu ne te prosterneras point devant elles (images taillées), et tu ne les serviras point; car moi, l’Eternel, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux, qui punis l’iniquité des pères sur les enfants jusqu’à la troisième et à la quatrième génération de ceux qui me haïssent, et qui fais miséricorde jusqu’à mille générations à ceux qui m’aiment et qui gardent mes commandements » (Ex 20:5-6). L’essentiel de ces réflexions est tiré du livre anglais « Power Encounter » de Opal L. Reddin des U.S.A.[1]

 

Pourquoi la popularité d’une telle hérésie?

 

Deux raisons peuvent être données pour en expliquer le succès.

 

  1. a) La première est le refus de l’être humain d’assumer ses propres responsabilités. Les théories psychologiques modernes ont convaincu beaucoup de gens qu’ils ne sont pas vraiment pécheurs, mais plutôt victimes de la société en général et des parents en particulier.

 

  1. b) Pendant leurs réunions, lorsque les chrétiens s’approchent pour la prière, ceux qui enseignent cette «malédiction des ancêtres » prétendent être capables de « briser cette malédiction qui est sur eux ». Vivant dans la génération de « l’instantané », la promesse d’une transformation morale rapide est très attrayante.

 

L’influence importante des parents sur leurs enfants

 

Ne sous-estimons pas la puissance de l’exemple parental. C’ est dans le foyer que les parents ont l’inestimable privilège, mais aussi l’immense responsabilité de forger le caractère de leur enfant. Ils peuvent faire de leur maison un havre de bonheur et de paix ou alors un « enfer ».

 

La Parole de Dieu donne aux parents des instructions précises, aussi bien dans l’Ancien que dans le Nouveau Testament. « Ces commande­ments, que je te donne aujourd’hui, seront dans ton coeur. Tu les inculqueras à tes enfants, et tu en parleras quand tu seras dans ta maison, quand tu seras en voyage, quand tu te coucheras et quand tu te lèveras »(Dt 6:6-7). L’apôtre Paul a dit: « Et vous, pères, n’irritez pas vos enfants, mais élevez-les en les corrigeant et en les instruisant selon le Seigneur »(Ep 6:4).

 

Les parents doivent aussi réaliser que leur mondanité ou leurs propres négligences spirituelles peuvent avoir de tragiques conséquences sur leurs enfants. Les enfants souffrent des péchés de leurs parents, seulement s’ils font le mal comme eux et adoptent leurs mauvaises habitudes. Si Dieu ne tient jamais le coupable pour innocent, il ne considère pas non plus 1’in­nocent pour le coupable (Ex 34:7; Ez 18:17).

 

La théorie des raisins verts et des dents agacées

 

Les Israélites avaient développé une « théologie de la malédiction des ancêtres » en se basant faussement sur un proverbe en circulation en Israël de ce temps-là. C’est pourquoi, le prophète Ezéchiel les reprend en disant: « Pourquoi dites-vous ce proverbe dans le pays d’Israël : Les pères ont mangé des raisins verts, et les dents des enfants en ont été agacées? »(Ez 18:2; Jr 31:29).

 

Certains prédicateurs de nos jours utilisent ce verset pour expliquer que la malédiction des parents retombe bien sur les enfants. Mais, dans ce passage, Dieu dit exactement le contraire. Il dit au prophète d’an­noncer à son peuple, qu’ils ne doivent pas l’utiliser. « Je suis vivant! dit le Seigneur, l’Eternel, vous n‘aurez plus lieu de dire ce proverbe en Israël. Voici, toutes les âmes sont à moi; l’âme du fils comme l’âme du père, l’une et l’autre sont à moi; l’âme qui pèche, c’est celle qui mourra » (Ez 18:3-4). Le prophète Jérémie confirme aussi cette réalité en déclarant : « Mais chacun mourra pour sa propre iniquité; tout homme qui mangera des raisins verts, ses dents en seront agacées » (Jr 31:30). Dieu ne tient jamais l’innocent pour coupable.

(Suite « La malédiction des ancêtres n’est pas biblique (Partie 2) » :  https://wp.me/p8REsR-gf)

[1] Opal L. Reddin, Power Encounter, p. 198 à 208

Le danger de la foi en sa propre foi

Voilà une fausse conception de la foi qui nous vient (également) de Kenneth Hagin : « Avez-vous jamais pensé, dit-il, à la possibilité d’avoir foi en votre propre foi ? Manifestement, Dieu a foi dans sa propre foi, puisqu’il pro­nonce des paroles de foi et qu’elles s’accomplissent… En d’autres termes, avoir foi dans vos paroles, c’est avoir foi en votre foi. C’est ce que vous devez apprendre pour obtenir ce que vous demandez à Dieu. Ayez donc foi en votre foi ».[1] Quelle confusion !

 

Dan McConnell nous rend attentif qu’un dieu qui dit « avoir foi en sa propre foi » n’est pas le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus-Christ. Un tel dieu n’est pas dieu du tout, mais une « force impersonnelle » qui ressemble à celui que nous présentent les sectes métaphysiques[2]. Cette force serait à la disposition de tous ceux qui connaissent et pratiquent « ses formules et ses lois ». Ce sont précisé­ment ces formules et ces lois qu’ils nomment « la foi », mais en réalité, elles ne sont rien d’autres que des formules de sectes métaphysiques recyclées.[3]

 

Quand E.W. Kenyon parle « des grandes lois spirituelles qui gouvernent les forces invisibles de la vie », en fait il épouse des concepts métaphysiques qui affirment que l’univers est gouverné par des lois spirituelles et non par Dieu. « La théologie de la foi » enseigne en principe un Dieu personnel. Mais en pra­tique, le dieu de leur théologie diffère peu de celui des sectes métaphysiques.[4]

 

Dans ces milieux, la déclaration la plus populaire en ce qui concerne la natu­re de la foi est la suivante: « Ce que je confesse, je le possède ».[5] Bien qu’attri­buée à Hagin, cette parole provient de Kenyon qui a aussi déclaré : « Une loi spirituelle que peu d’entre nous connaissent est que notre confession nous gou­verne ».[6]

 

Selon eux, une confession verbale positive deviendrait donc le détonateur qui mettrait en action « les lois spirituelles » qui gouvernent l’univers.

 

« La théologie de la foi » plaide en faveur d’un autre dieu que celui de la Bible. Cette foi se distingue de la vraie foi biblique par son concept d’un univers gou­verné par des lois spirituelles et non par Dieu. Elle détruit soit la souveraineté de Dieu, soit sa personnalité.[7]

 

Dieu est-il souverain ou sujet ? Lorsque ce mouvement enseigne que Dieu doit obéir aux lois spirituelles qu’ils ont établies et qu’il ne peut faire autrement, il détruisent sa souveraineté. La Bible enseigne clairement l’absolue souveraineté de la volonté de Dieu. « Notre Dieu est au ciel, il fait tout ce qu’il veut » (Ps 115 : 3). Aucun homme ne peut forcer la main de Dieu avec des formules et il n’existe aucune loi spirituelle en dehors de Sa volonté (Dn 4 : 34-35). Dans l’univers, Dieu « opère toutes choses d’après le conseil de sa volonté » (Ep 1:11) et non d’après des « formules » exprimées par la volonté d’un homme.[8]

 

Dieu est-il une personne ou une formule ? Si d’un côté, les docteurs de la foi acceptent la souveraineté de Dieu, ils croient que sa pensée et sa volonté ne se distinguent pas des lois spirituelles. Ils détruisent ainsi la personnalité de Dieu et nient les attributs qui font de lui une personne. Ce que ces hommes n’arrivent pas à discerner, c’est que Dieu puisse avoir une volonté séparée de leurs préten­dues lois spirituelles qui gouvernent l’univers.

 

Cette théologie de la foi donc est centrée sur l’homme. Elle est basée sur une mauvaise traduction de Marc 11:22: « Ayez foi en Dieu ». Ils traduisent: « Ayez la foi de Dieu », ce qui est totalement faux selon les spécialistes et les commen­tateurs du texte grec. Jésus ne conférait pas une sorte de divinité aux hommes qui avaient la foi, il était en train d’exhorter des hommes à mettre leur foi en Dieu, c’est-à-dire en sa personne, son caractère et son oeuvre rédemptrice. Par contre, par leur attitude, les leaders de ce mouvement réduisent la foi en une dangereuse formule abstraite qui devient ainsi une hérésie. La Bible enseigne que Dieu est à la fois le sujet et l’objet de notre foi, notre source et notre but. Un homme dont « la foi est en sa propre foi » est un homme dont la foi n’est qu’en lui-même et non en Dieu. La foi biblique est toujours théocentriste (centrée sur Dieu) et non sur l’homme.

 

Les disciples de la « confession positive » font souvent des déclarations pré­sentant l’homme comme « souverain » et Dieu comme « serviteur ». Une telle atti­tude place Dieu au service de l’homme et non l’homme au service de Dieu comme la Bible l’enseigne. Avec une telle conception de la foi, on passe forcé­ment très peu de temps à rechercher la communion avec le Seigneur et à décou­vrir sa volonté dans les Ecritures. Dans ces milieux, on entend très peu d’ex­hortations allant dans ce sens-là. Dans leur relation avec Dieu, ils donnent la priorité à leurs désirs et considèrent cela comme un signe d’autorité. Quelle illu­sion !

 

N’oublions pas que cette autorité du chrétien n’existe que lorsque ses désirs sont en harmonie avec la volonté souveraine de Dieu. L’exhortation de l’apôtre Paul est toujours actuelle: « C’est pourquoi ne soyez pas inconsidérés, mais comprenez quelle est la volonté du Seigneur » (Ep 5:17). Quand le disciple reconnaît la souveraineté de Christ dans sa vie, il ne cherche plus à lui « donner des ordres », ni à utiliser égoïstement sa puissance. Il cherche plutôt à obéir, et n’aura qu’un seul désir, s’abandonner entre les mains de son Maître pour devenir un instrument docile à son service.

——————————————–

Notes

[1] K. Copeland, Believers’ Voice of Victory (traduction en français : La Voix des croyants de la Victoire ), Sept. 91, p. 3-4, 8

[2] Description que l’on retrouve dans toutes les « philosophies » orientales et New Age.

[3] E.W. Kenyon, What Happened (traduction en français : Ce qui arriva), p. 64 ; K. Hagin, Word of Faith (traduction en français : Le Mot de la Foi), April 1982, p. 2

[4] Charles Capps, Authority in Three Words (L’Autorité en Trois Mots), 1982, p. 212-213

[5] Dan McConnell, A Different Gospel (traduction en français : Un Evangile Différent), p. 127

[6] E.W. Kenyon, Hidden Man (traduction en français : L’Homme Caché), p. 47

[7] K. Hagin, How Jesus Obtained His Name (traduction en français : Comment Jésus Obtint son Nom), tape (cassette) 44 H 01

[8] K. Hagin,, The Name of Jesus (traduction en français : Le Nom de Jésus), p. 31