La barge PA 3-37 du 6 juin 44 à 6h45

Suite à un documentaire diffusé sur France 5, j’ai voulu partager avec vous l’histoire de Fritz Wunderlich, jeune Allemand de dix-sept ans, servant dans l’armée allemande dans l’une des batteries côtières défendant les côtes Normandes. Nous sommes le 6 juin 1944 au petit matin.

Omaha Beach. La première vague d’assaut débarque à 06h36 avec mille quatre cent cinquante soldats répartis dans 36 barges à fond plat. Les libérateurs doivent parcourir cinq cents mètres à découvert avant de pouvoir trouver un semblant d’abri. La barge PA 3-37 avec quarante soldats débarque à 6h 45 et en moins de dix minutes, trente-neuf soldats de cette barge tombent sous la mitrailleuse de Fritz Wunderlich. Un seul Américain, Stargell, sort indemne de ce cauchemar.

Un autre cauchemar est pourtant en train de naître, et celui–là, c’est dans la vie de Fritz Wunderlich qu’il se développe. En quelques minutes, il vient d’enlever trente-neuf vies. C’est la première fois qu’il est au front, qu’il tire, qu’il tue; pour un baptême du feu c’est un baptême de mort. Trente-neuf jeunes hommes à terre en un seul coup de mitrailleuse. Bien entendu on dira: «c’est la guerre», on entendra les poncifs habituels «Tuer ou être tué»; certes il y aura toujours des gens pour parler de «l’instinct de survie», mais tout cela, ce sont des mots qui ne retirent rien au cauchemar du jeune Fritz. Fait prisonnier, il ne pourra plus jamais oublier ce qu’il a vécu ce matin-là et ce, tout au long de sa vie.

En 2002, soit cinquante-huit ans plus tard, Fritz Wunderlich est encore hanté, chaque nuit, par ces images de jeunes soldats, tombés sous ses balles, avec un numéro de barge qui l’obsède: PA 3-37. Des scènes mémorisées à jamais, que le devoir à accomplir, tout comme le danger imminent, ne pourront jamais adoucir d’aucune manière.

Un après midi de Novembre 2002, regardant un documentaire sur le débarquement de Normandie, il entend le témoignage d’un homme, qui raconte son cauchemar. Trente-neuf de ses amis tombent autour de lui, à la sortie de la barge numéro PA 3-37; il décrit la scène en détails. Cinquante-huit ans après, le choc est terrible pour Fritz. Il laisse tomber à terre la télécommande du téléviseur; il a, face à lui, le seul survivant de la barge PA 3-37, Mr Stargell.


Après de longues semaines d’hésitations, Fritz décide de prendre l’avion pour les États-Unis à la rencontre de Stargell. Il se retrouve bientôt devant sa maison; des enfants jouent au ballon; indéniablement il y a du bonheur ici et de la joie de vivre. Fritz, frappe à la porte et un homme de 75 ans heureux et épanoui, ouvre et demande à ce monsieur ce qu’il veut.

«Monsieur Stargell? Oui moi-même! Je suis Fritz Wunderlich, j’avais dix-sept ans le 6 juin 1944 sur Omaha Beach quand à 6h45 j’ai fait feu sur la barge numéro PA 3-37. J’ai fait ce voyage d’Allemagne jusqu’à vous aux États-Unis pour vous demander de me pardonner de cet acte horrible qui hante toutes mes nuits.»

Stargell, et Fritz tombent tous deux dans les bras l’un de l’autre et pleurent, l’un de regrets et l’autre de joie, celle de pouvoir pardonner. Stargell, raconte qu’il croit en Dieu depuis le drame du 6 juin 44 à 6h45 et qu’il n’a pas laissé sa vie entre les mains de la haine et de la vengeance et qu’au lieu de subir il a préféré vivre. Dieu a reconstruit sa vie, ses pensées et lui a permis de fonder un foyer avec le privilège de rendre témoignage dans les écoles, entreprises, et dans plusieurs villes et villages de sa région.

Stargell et Fritz se retrouvent depuis, chaque année sur les lieux de cette tragédie, pour rendre hommage à leurs collègues disparus, et renforcer les liens de l’amitié, là où il y plus de soixante ans tout les séparait.

Je terminerai avec une phrase d’un orateur chrétien qui disait ceci à propos du pardon: « Le défi n’est pas de pardonner et d’oublier. Le véritable honneur se trouve dans la capacité de pardonner tout en continuant à se souvenir.»

L’adoration de Jésus

L’adoration est le culte suprême rendu à Dieu, qui seul y a droit, Jésus le rappelle :

 

« Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul » (Mt 4 : 10).

 

Ni les hommes, ni les anges n’ont droit au prosternement qui extériorise cette adoration. Aussi Pierre releva-t-il Corneille qui s’était prosterné devant lui (Ac 10 : 25 et 26). Paul et Barnabas s’indignèrent contre les habitants de Lystre qui voulurent leur offrir un sacrifice (Ac 14 : 13 à 15) ; l’ange de l’Apocalypse lui aussi refusa l’hommage de Jean (Ap 19 : 10 ; 22 : 9) et lui ordonna : « Adore Dieu ».

 

A la déclaration de Dieu en Esaïe : « Tout genou fléchira devant moi » (Es 45 : 23), correspond celle de l’apôtre Paul en Philippiens : « Qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre » (Ph 2 : 10).

 

Pour le Nouveau Testament, l’adoration due à Dieu seul est aussi due au Christ qui s’est laissé adorer de son vivant et après sa résurrection.

Dieu adoré
Mt 4 : 10 *
Lc 4 : 8*
Jn 4 : 23*
Ac 8 : 27*
Ac 24 : 11*
1 Co 14 : 25*
Ep 3 : 14

 

Christ adoré
Mt 2 : 11*
Mt 8 : 2*
Mt 9 : 18*
Mt 14 : 33*
Mt 15 : 25*
Mt 17 : 14
Mt 20 : 20*
Mt 28 : 9*
Mt 28 : 17*
Mc  1 : 40
Mc  3 : 11
Mc  5 : 6*
Mc  10 : 17*
Lc  24 : 52
Jn  5 : 23
Jn  9 : 38*
Ph  2 : 10
Hb  1 : 6
Ap  5 : 8

Dans la plupart de ces textes (ceux qui sont marqués d’un astérisque *) les Ecritures utilisent le verbe grec « proskuneo » qui se traduit par adorer. Mais les traducteurs du Monde Nouveau (Témoins de Jéhovah) n’utilisent ce verbe que si l’objet de l’adoration est Dieu. Mais quand ce verbe a pour objet Jésus-Christ, ces traducteurs utilisent l’expression rendre « hommage ». Pour quelles raisons introduisent-ils ce changement dans la traduction du même mot ?

 

Ajoutons que le service à Dieu seul selon Matthieu 4 :10 est aussi revendiqué par Jésus (Jn 12 : 26).

 

Le Christ ne réclame pas seulement l’adoration et la foi, mais aussi les prières dont il promet l’exau­cement (Jn 14 : 13 et 14 ; 1 Jn 5 : 14 et 15).

Prière à Dieu
Mt 6 : 9
Ep 3 : 14
Jc 1 : 5
1 Pi 1 : 17

 

Prière à Christ
Mt  8 : 2
Mt  8 : 25
Lc  5 : 8
Lc  0,9875
Jn  15 : 7
Jn  20 : 28
Ac  7 : 59
Ac  9 : 13
Ac 9 : 21
Ac 22 : 18
Rm  10 : 13
1 Co  1 : 2
2 Ti 2 : 22
Ap  5 : 8

Le Nouveau Testament invite d’autre part à prier au nom de Jésus-Christ, dans de nombreux passa­ges : Jn 15 : 16, 16 : 23 et 24 ; Col 3 : 17…

Jésus par son nom

Dans la Bible, le nom a toujours une signification profonde car il est le reflet de celui qui le porte : un des fils de Noé s’appelait shem, mot qui signifie « nom » (Gn 5 : 32). C’est de lui que sont issus les Shémites ou Sémites c’est-à-dire « les porteurs du nom » de l’Eternel !

 

Un nom exprime donc prophétiquement l’essence, le parfum, la personnalité cachée de celui qui le porte au point que parfois le nom de la personne change :

  • Abram, père haut et élevé devient Abraham, père d’une multitude de nations ;
  • Jacob signifie supplanteur, rusé, trompeur, après sa transformation, il s’appellera Israël, vainqueur pour ou avec Dieu.

 

Il n’y a rien de surprenant que le nom de Jésus ait été donné par Dieu Lui-même via l’ange annonciateur de la future maternité de Marie : « Tu enfanteras un fils et tu Lui donneras le nom de Jésus, Il sera grand, sera appelé Fils du Très Haut et le Seigneur Dieu Lui donnera le trône de David son père (Lc 1 : 31 à 32). Joseph le fiancé de Marie apprit aussi dans un songe quelle était la volonté de Dieu et le nom de Jésus lui fut aussi précisé : « Elle enfantera un fils et tu Lui donneras le nom de Jésus, c’est Lui qui sauvera son peuple de ses péchés »  (Mt 1 : 21). C’est un nom qui réellement n’est pas comme les autres par sa portée prophétique : dans le nom de Jésus, il y a le parfum et l’essence même de Dieu ! Le prophète Esaïe, sous l’inspiration divine n’avait-il pas dit : « Un enfant nous est né, un fils nous est donné et la domination reposera sur Son épaule, on L’appellera Admirable, Conseiller, Dieu Puissant, Père Eternel, Prince de la paix (Es 9 : 5). Des attributs divins que nul autre que Lui n’a jamais portés. En effet, dans la personne de Jésus, c’est Dieu Lui-même qui vient sauver l’être humain de ses péchés !

En hébreu, Jésus se dit  Yéshoua. Ce nom est la contraction de deux mots : Yé, racine du nom de l’Eternel et Shoua, du verbe yasha’ qui signifie secours, délivrance, salut, victoire, triomphe, aide, assistance, sauvetage, affranchissement, bonheur (ou être heureux).

 

Considérant ces qualificatifs dans le ministère messianique de Yéshoua, le Messie que les nations appellent Jésus, Il est, selon l’étymologie de son nom, « Dieu qui sauve et délivre ».

 

La racine du nom de Jésus, Yéshoua, signifie :

 

  • Secours: Nombreux sont ceux qui ont été secourus dans leur détresse par Jésus. Marie, sa mère a prophétiquement dit à Sa naissance : « Il a secouru Israël son serviteur et s’est souvenu de sa miséricorde » (Lc 1 : 54) comme il est écrit « je (l’Eternel) porterai secours à mes brebis afin qu’elles ne soient plus au pillage » (Ez 34 : 22).

 

  • Délivrance, affranchissement : c’est-à-dire, rendre libre quelqu’un en l’arrachant à son esclavage. Jésus n’a pas cessé de le faire tout au long de son ministère et le fait encore aujourd’hui. « Quiconque se livre au péché est esclave du péché, si donc le Fils vous affranchit, vous serez réellement libre » (Jn 8 : 34 à 36).

 

  • Salut :  C’est-à-dire sauver celui qui est perdu. Il s’agit du point central du ministère de Jésus et la raison de sa venue sur terre ! A sa naissance, déjà, un vieil homme nommé Siméon disait prophétiquement en tenant l’enfant dans ses bras : « Mes yeux ont vu ton salut (Yéshoua), salut (Yéshoua) que tu as préparé devant tous les peuples, lumière pour éclairer les nations et gloire d’Israël ton peuple » (Lc 2 : 30). Plus tard, au cours de son ministère Jésus dit à Zachée qu’Il rencontre à Jéricho, caché dans un arbre : « Le salut (Yéshoua) est entré dans ta maison car le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu » (Lc 19 : 10). A Golgotha, en mourant crucifié, Jésus-Christ donnait son sang pour sauver les humains perdus dans leur péché, Il faisait l’expiation à leur place afin que s’accomplisse ce que le prophète Esaïe avait dit : « Il a livré sa vie en sacrifice pour le péché » (Es 53 : 10).

 

  • Victoire, triomphe : C’est-à-dire, abattre un ennemi et en triompher. « Il a dépouillé les dominations et les autorités et les a livrées publiquement en spectacle en triomphant d’elles par la croix » (Col 2 : 15).

 

  • Aide, assistance : C’est-à-dire un soutien et un appui sur lesquels on peut compter, un fondement solide sur lequel on peut s’appuyer sans danger. « J’ai mis pour fondement en Sion une pierre éprouvée, une pierre angulaire de prix, solidement posée et celui qui la prendra pour appui n’aura point hâte de fuir » (Es 28 : 16).

 

  • Sauvetage : avec la pensée du sauveteur qui vient au secours de quelqu’un en danger. Non seulement Jésus offre le salut mais Il vient aider à saisir le salut à ceux qui le Lui demande, comme l’a fait un homme qui demandait une guérison pour son fils : « le père de l’enfant s’écria : Je crois ! viens au secours de mon incrédulité ! » (Mc 9 : 24). « Quand un malheureux crie, l’Eternel entend, Et il le sauve ( yasha’) de toutes ses détresses » (Ps 34 : 6). Le verbe crier est la traduction de qara’ qui signifie « appeler par le nom ».

 

  • Bonheur ou félicité : C’est-à-dire, être heureux. Le Roi David posait cette interrogation douloureuse dans les Psaumes : « Qui nous fera voir le bonheur ? » (Ps 4 : 7) Une seule réponse : c’est Yéshoua le Messie appelé par les nations Jésus ; Lui donne le vrai bonheur. « Car Dieu ne nous a pas destinés à la colère mais à l’acquisition du salut par notre Seigneur Jésus–Christ » (1 Th 5 : 9). Un fils d’Israël appelé Paul (ou Saul de Tarse) pouvait dire au tribunal devant le roi Agrippa : « Je m’estime heureux » (Ac 26 : 2) tout simplement parce que le Messie avait transformé sa vie en lui donnant le bonheur et la félicité, c’est-à-dire, la paix du cœur et de l’âme.

 

Au sujet du ministère messianique de Jésus, le psalmiste écrivit « Tous les rois se prosterneront devant Lui, toutes les nations Le serviront » puis ajoute « car Il délivrera le pauvre qui crie et le malheureux qui n’a point d’aide, Il aura pitié du misérable et de l’indigent et Il sauvera la vie des pauvres, Il les affranchira de l’oppression et de la violence et leur sang aura du prix à ses yeux » (Psaume 72 : 11 à 14). Enfin, toute l’Ecriture souligne que Yéshoua le Messie est Dieu Lui-même qui sauve : « Il n’y a pas d’autre Dieu que moi, je suis le seul Dieu juste et qui sauve » (Es 45 : 21). « Qui sauve » est la traduction du verbe yasha’ mais dans sa conjugaison on retrouve le mot mashiah, messie[1] ; on peut donc traduire la fin du verset ainsi : « je suis le seul Dieu juste et (le) Messie ».

 

Dans le service du culte divin, le peuple d’Israël employait une huile appelée shemen pour le chandelier, pour l’huile d’onction et pour le parfum (Ex 25 : 6). Le chandelier était la Menorah, chandelier à 7 branches[2]. Le mot hébreu « menorah » se traduit littéralement par « de la flamme » ou « provenant de la flamme »… Et le nom de Jésus, lumière du monde (Es 42 : 6[3], 49 : 6 et Lc 2 : 30 à 32[4]), Yeshoua’ possède 7 « épis », ou 7 flammes. Il coïncide avec les 7 lumières de la menorah, les sept esprits devant le trône de Dieu : « Devant le trône brûlent sept lampes ardentes, qui sont les sept esprits de Dieu » (Ap 4 : 5 ; voir aussi Ap 1 : 4, 3 : 1 et 5 : 6)…

+

= 

 

Ainsi, Dieu se déclare Messie et le prophète ajoute au nom du Seigneur : « Tournez-vous vers moi et vous serez sauvés, vous tous qui êtes aux extrémités de la terre ! Car je suis Dieu et il n’y en a point d’autre ! » (Es 45 : 22).

 

« Il n’y a de salut en aucun autre ; car il n’y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés » (Ac 4 : 12)

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Notes :

[1] Le texte massorétique retranscrit mashiah. En hébreu, le texte du Tanakh (acronyme hébreu désignant la Bible hébraïque, formée de trois parties : La Torah, la Loi, en Cinq Livres appelé aussi Pentateuque ; les Nevi’im, les Prophètes ; les Ketouvim, les Écrits ou Hagiographes) est le texte massorétique. Il approuvé pour la pratique du judaïsme. Il est également amplement utilisé dans les traductions de l’Ancien Testament de la Bible. A l’origine le texte massorétique fut compilé, publié et distribué par un groupe de Juifs appelés les Massorètes, entre les 7ème et 10ème siècles. Le texte massorétique contient de nombreuses différences par rapport aux sources plus anciennes telles que la Septante, à la fois de petite et de grande importance. Le mot hébreu mesorah renvoie à la transmission d’une tradition. En réalité, il peut également désigner de manière plus générale l’ensemble de la tradition judaïque. Mais vis-à-vis du texte massorétique, le mot mesorah a une signification très précise : il désigne les annotations en marge des manuscrits (puis des livres imprimés) de la Bible hébraïque et qui renseignent sur des détails textuels, tels que la prononciation exacte des mots. Les plus vieux manuscrits connus contenant des extraits substantiels du texte massorétique remontent approximativement au 9ème siècle et le codex d’Aleppo (peut-être la toute première copie complète du texte massorétique dans un manuscrit) date du 10ème siècle.

[2] A ne pas confondre avec la « HanouKiath », chandelier à huit branches plus une pour l’allumage, qui est le rappel de la victoire de Juda Macchabée sur Antiochus Epiphane en 165 avant JC dans la tradition juive

[3] « Moi, l’Eternel, je t’ai appelé pour le salut, Et je te prendrai par la main, Je te garderai, et je t’établirai pour traiter alliance avec le peuple, Pour être la lumière des nations… »

[4] « Car mes yeux ont vu ton salut, salut que tu as préparé devant tous les peuples, Lumière pour éclairer les nations, Et gloire d’Israël, ton peuple. »

Jésus-Christ le Créateur

Dans le Nouveau Testament, la création et la conservation du monde sont tantôt attribuées Dieu, tantôt à Christ.

Dieu

Actes            14:15

Actes            17:24-28

Rom.              11:36

Eph.               3:9

Hb                  3:4; 11:3

Ap                 4:11; 10:6

Christ

Jean           1:3, 4

Col.             1:12,17

Hébr.         1:2, 3

Hébr.         1:10

Hébr.         3:1-4

Ps.              33:4-6

Certains détracteurs de la divinité de Jésus-Christ le considèrent, nonobstant ces textes néotestamentaires, seulement comme la première création de Dieu à qui l’Eternel aurait délégué le pouvoir de créer le reste de l’univers. Jésus-Christ ne serait que le « maître-ouvrier » de Dieu. Or, ni le Nouveau Testa­ment, ni l’Ancien ne permettent de soutenir une telle doctrine. Jamais la création du monde n’est attri­buée à un « maître-ouvrier ». La première page de la Bible ignore sa création. Au contraire, l’Eternel déclare solennellement être le créateur et l’unique créateur :

« …Moi l’Eternel, l’ai fait toutes choses, seul j’ai déployé les cieux, seul j’ai étendu la terre. » (Es. 44 :24)

 

Certains traduisent ce texte ainsi : « Je suis l’Eternel, l’auteur de toute chose,je déploie les cieux à moi seul, j’étends la terre, et personne ne me seconde. » (Voir aussi Mal. 2:10; Es. 45:12,18; Jér. 51:15, 19)

 

En réalité, la doctrine du « maître-ouvrier » tire son origine d’une traduction controuvée du mot hébreu « amon » de Proverbes 8:30. « J’étais à ses côtés comme le maître d’œuvre. » (La Bible de Jérusalem). La fragilité de cette doctrine apparaît par la comparaison des traductions fort divergentes de ce mot « amon ».

 

Authorized Version: as one brought up with him (élevé avec lui).

Bruns: Kùnstlerin (artiste)

Darby: nourrisson

Dhorme: architecte

Elberfeld:            Schoskind (petit enfant)

Jérusalem: maître d’oeuvre

Luther: Werkmeister (maître d’oeuvre)

Maredsous: artisan (en note: nourrisson)

Osty: un enfant chéri

Segond: à l’oeuvre auprès de lui

Schlachter: Werkmeister (maître d’oeuvre)

Synodale: ouvrière

Buber-Rosenweig: Pflegeling (nourrisson)

Cahen: élève

Philippson: Pflegeling (nourrisson)

Septante: à l’oeuvre auprès de lui

Soncino Book (Dr. A. Cohen): nursing (nourrisson)

Tur-Sinaï: Warter (gardien)

Zadok Kahn:  habile ouvrière

Zunz: Pflegeling (nourrisson)

 

En outre, dans l’Ancien Testament, le sujet du verbe « bara » (créer), et que l’on rencontre une cinquantaine de fois, est toujours Dieu. Dans le Nouveau Testament la création est attribuée à la fois à Dieu et à Christ, ce qui identifie Christ à Dieu.

 

Cette identification apparaît aussi par la comparaison de textes de l’Ancien Testament où la création est attribuée à la fois au Père, à la Parole de l’Eternel et à l’Esprit de Dieu.

 

N’avons-nous pas tous un seul Père? N’est-ce pas un seul Dieu qui nous a créés? (Mal. 2:10)

 

Les Cieux ont été faits par la Parole de l’Eternel (Ps 33:6).

 

L’Esprit de Dieu m’a créé (Job 33:4).

 

Nonobstant ces textes, et malgré l’absence de textes explicites, les Témoins de Jéhovah persistent à soutenir que Jésus-Christ est la première création de Dieu, Lui refusant ainsi la divinité et l’éternité. Ils se basent sur un certain nombre de textes qu’il convient de lire à la lumière d’une saine exégèse.

 

Le premier de ces textes est Proverbes 8. 22 :

« L’Eternel m’a créée la première de ses oeuvres, avant ses oeuvres les plus anciennes ». Selon cette traduction, la Sagesse, dont il est question ici, n’aurait pas d’existence éternelle. En fait, la traduction conforme de ce passage est: « L’Eternel m’a possédée au commencement de sa voie, antérieurement à ses œuvres ». Le verbe hébreu « qanah » signifie en effet aussi posséder, et ce même sens lui est donné par Darby en Genèse 14:19; 14: 22; Psaume 139 :13. Il est bien différent de « bara », créer, que l’on rencontre, par exemple, en Genèse 1:1.

 

La Vulgate, les versions grecques d’Aquila, de Symmaque et de Théodocien mettent de même « posséder » en Proverbes 8 :22, et non « créer » (que l’on rencontre cependant dans la Septante et la Peshitta).

 

En fait, peut-on concevoir que la Sagesse de Dieu eût un commencement?

 

Dieu serait-Il perfectible? Comme la Bible Lui attribue l’immutabilité (Ps. 102: 28; Jacques 1:17), la Sagesse de Dieu est aussi éternelle que Lui-même.

 

D’ailleurs, le verset 23 du chapitre 8 du Livre des Proverbes précise le sens à attribuer au verset précédent : « J’ai été établie (ointe) depuis l’éternité, dès le commencement, avant l’origine de la terre. »

 

En Colossiens 1:15, Christ est qualifié de premier-né de toute la création. Quel est le sens de ce mot premier-né? On le rencontre aussi en Romains 8 :29; Colossiens 1:18; Apocalypse 1:5, de même qu’en Psaume 89 :28; Jérémie 31:9; Exode 4:22 (où les Septante utilisent le même mot grec que le Nouveau Testament: protokokos). Or, dans tous ces passages, il sert incontestablement à désigner la priorité et la supériorité et non pas seulement une antériorité temporelle. Le premier-né de la création signifie ainsi: le plus haut, le privilégié, voire l’artisan, l’auteur de la création. Le contexte de Colossiens 1 :15 d’ailleurs ne laisse aucun doute: Christ y est désigné comme l’image visible du Dieu invisible (1 :15) et comme le créateur et le soutien de l’univers (1 :16, 17).

 

Un autre passage, souvent avancé, est Apocalypse 3 :14 où Jésus se nomme « le commencement de la création de Dieu ». Or, le mot « archè », ici traduit par « commencement », doit se rendre par origine, chef, principe. En effet, ce même terme archè est utilisé pour qualifier un attribut de Dieu en Apocalypse 21:6 et 7.

 

D’autre part, il faut mettre l’accent sur le fait que Jésus est à la fois le Fils de l’homme et le Fils de Dieu; il détient donc une double nature. Comme « Parole », il est avec Dieu et en Dieu, de toute éternité. Comme « homme », il appartient à la création et est né dans le temps. Or certains textes de l’Ecriture présentent surtout l’aspect humain, d’autres surtout l’aspect divin, il convient de les discerner et de n’en écarter ni les uns, ni les autres.

Relations entre le Messie et Dieu

Les relations entre le Messie et l’Eternel revêtent une importance primordiale pour qui veut connaître la nature du Messie. Laissons-nous guider par les textes.

a- David l’appelle « mon Seigneur ».

Parole de l’Eternel à mon Seigneur : Assieds-toi à ma droite. Jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis ton mar­chepied. (Ps 110 : 1)

b- Le «compagnon ».

Epée lève-toi sur mon pasteur et sur l’homme qui est mon compagnon ! (Zc 13 : 7)

c –Dieu l’appelle aussi son «Fils »

Je publierai le décret: L’Eternel m’a dit: Tu es mon Fils Je t’ai engendré aujourd’hui. Baisez le Fils, de peur qu’il ne s’irrite, et que vous ne périssiez dans votre voie, Car la colère est prompte à s’enflammer. Heureux tous ceux qui se confient en lui! (Ps 2 : 7, 12)

Ce verset est souvent mal traduit ou mal inter­prété. Ainsi certains traduisent par pied[1], par pureté[2] ou encore par élu[3] . Le mot hébreu bar qu’il convient de traduire par « fils » comme l’ont fait des Bibles en allemand et la Bible du Rabbinat, ainsi que la plupart des traducteurs chrétiens.

  • Protège ce que ta droite a planté, et le fils que tu tes choisi !… Que ta main soit sur l’homme de ta droite, sur le fils de l’homme que tu t’es choisi ! (Ps 80 : 16 et 18).
  • Qui est monté aux cieux, et qui en est descendu ? Qui a recueilli le vent dans ses mains ? Qui a serré les eaux dans son vêtement ? Qui à fait paraître les extrémités de la terre ? Quel est son nom, et quel est le nom de son fils? Le sais-tu? – (Pr 30 : 4) Voir aussi Es 9 : 6, Zc 12 : 10).

d- Il est encore appelé « germe »  de l’Eternel

 Le mot Tsemakh (germe) a la signification de fils, descendant de même nature. En Jérémie 23 : 5 et 33 : 15 ce mot désigne le descendant juste de David.

  • Ecoute donc, Josué, souverain sacrificateur, toi et tes compagnons qui sont assis devant toi — Car ce sont des hommes qui serviront de signe — Voici, je ferai venir MON serviteur, le GERME- Zc 3 : 8).
  • En ce temps-là, le germe de I’Eternel aura de la magnificence et de la gloire, et le fruit du pays aura de l’éclat et de la beauté pour les réchappés d’Israël (Es 4 : 2).

Dans ce verset la version des Septante a remplacé l’expression germe de l’Eternel, par Dieu… Cette substitution revenait à attribuer au germe la divi­nité.

e- Dieu se qualifie Lui-même de Messie

 Dans le livre d’Esaïe, Dieu se nomme « le seul Dieu juste qui sauve » (Es 45 : 21). « Qui sauve » est la traduction du verbe yasha’ mais dans sa conjugaison on retrouve le mot mashiah, messie ; ainsi on peut traduire la fin du verset ainsi : « je suis le seul Dieu juste et (le) Messie ».

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Notes :

[1] JE : Traduction de l’Ecole Biblique de Jérusalem

[2] Traductions allemandes de la Bible

[3] La Bible, traduction par S Cahen, 1831 à 1851

L’inscription au-dessus de Jésus sur la croix

Les quatre évangiles, Matthieu, Marc, Luc et Jean nous parlent de l’inscription qui se trouvait au-dessus de Jésus, sur la croix :

« Pour indiquer le sujet de sa condamnation, on écrivit au-dessus de sa tête: Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs. » (Mt 27 :37)

« L’inscription indiquant le sujet de sa condamnation portait ces mots: Le roi des Juifs. » (Mc 15 :26)

« Il y avait au-dessus de lui cette inscription[1]  : Celui-ci est le roi des Juifs. » (Lc 23 :38)

« Pilate fit une inscription, qu’il plaça sur la croix, et qui était ainsi conçue: Jésus de Nazareth, roi des Juifs. » (Jn 19 :19)

Nous voyons que cela pourrait paraître contradictoire ! Les quatre Evangiles qui affirment quatre faits différents au sujet de l’inscription sur la croix. En fait, il ne faut pas mettre la citation de Marc avec les autres. En effet, Marc écrivait aux chrétiens de Rome, et son souci est l’essentiel du message qu’a apporté Jésus. On le remarque à la longueur de son Evangile. Allant au principal, il ne cite que « Le roi des Juifs », ce que disent tous les autres.

En fait, les trois autres Evangiles ne se contredisent pas du tout, bien au contraire : ils se complètent ! Il faut remarquer dans le verset suivant de Jean :

« Beaucoup de Juifs lurent cet écriteau, parce que l’endroit où Jésus fut crucifié était près de la ville l’inscription était en hébreu, en latin et en grec. » (Jn 19 :20)

Nous voyons que l’inscription était en trois langues. Et nous avons de quoi penser que les trois auteurs des Evangiles nous ont rapporté l’inscription    dans ses trois langues.

Pour Matthieu :

Matthieu était un péager (Mt 9 :9) et était donc habitué à travailler avec les romains. Or la langue utilisée à cette époque dans l’administration romaine était le latin. Nous avons vu plus haut que l’une des langues de l’inscription était le latin ! Nous pouvons donc être assuré que c’est cette inscription qui frappa le regard de Matthieu. C’est donc le message qu’il nous a retranscrit !

Pour Luc:

Luc était médecin (Col 4 :14). Il a donc été habitué à lire le grec lors de ses études de médecine. En effet, à l’époque les études se faisaient en grec, quelque soit la discipline. Ainsi, il nous a retranscrit dans son Evangile l’inscription grecque !

Pour Jean:

Jean, lui, était pêcheur (Mt 4 :21), et donc pour lui, la langue qu’il a toujours utilisée est l’hébreu, ou l’araméen. Ainsi, pour lui, la partie la plus frappante de l’inscription de la croix était celle écrite en hébreu ou en araméen car le terme « en hébreu », dans le Nouveau Testament, s’applique aussi bien à l’araméen (Jean 5:2 ; 19:13 et 17) qu’à l’hébreu proprement dit (Apocalypse 9:11 et 16:16). C’est donc celle-ci qu’il nous a retranscrite dans son Evangile !

Ainsi, ce qui pouvait apparaître comme une contradiction notoire, n’est qu’une précision extraordinaire de la Parole de Dieu. Il suffit de regarder de près, de rechercher, de demander, de se documenter,… et surtout de prendre la Parole de Dieu dans son ensemble car « toute écriture est inspirée de Dieu et utile à enseigner » (2 Ti 3 :16)

Avec toutes ces remarques, nous pouvons reconstituer, à peu près, l’écriteau qui était au-dessus de Jésus, sur la croix :

En latin, d’après Matthieu:

HIC EST JESUS REX JUDAEORUM;

en grec, d’après Luc:

HOUTOS ESTIN HO BASILEUS TON IOUDAION;

et en hébreu, d’après Jean

YESHOUA HANOTSRI VEMELECK HAYEHOUDIM[2].

De plus, si Pilate avait voulu mettre la citation complète en latin ou en grec, il n’aurait pas eu assez de place sur un écriteau car cela aurait été très long, trop long ! Cela est un argument de plus en faveur de l’exactitude de la Bible comme Parole inattaquable.

 

Notes

[1] Dans la version Louis Second, l’omission de quelques mots rentre dans une logique dangereuse de modification du message de la Parole de Dieu (Cf. Mt 25-13, Mc 12-29, Lc 1-28 ; 4-4 et 8 ; 11-2, 4 et 44 ; 20-23 ; 21-4) :

  • Traduction King James 1611 : “And a superscription also was written over him in letters of Greek, and Latin, and Hebrew, THIS IS THE KING OF THE JEWS”
  • Traduction d’Ostervald, de 1744, revue en 1996 : « Et il y avait cette inscription au-dessus de sa tête, en grec, en latin et en hébreu: CELUI-CI EST LE ROI DES JUIFS. »
  • Traduction Louis Second : retranscrite ici.

Traduction Darby revue en 1991 : « Et il y avait aussi au-dessus de lui un écriteau en lettres grecques, romaines, et hébraïques: Celui-ci est le roi des Juifs. »

[2]   Yeshoua Hanotsri Vemeleck Hayehoudim. Les premières lettres de chaque mot forment le tétragramme  YHVH de Dieu ce qui a littéralement fait explosé les pharisiens qui, habitués à lire les premières lettres des mots ou des phrases dans les psaumes n’ont pas du tout été étonné de cela mais ont demandé de changer un seul mot en ajoutant « il a dit qu’il est roi des juifs » ce qui annulait la puissance de la présence du tétragramme.

Harry Potter, quelques remarques

Il y a quelques années, une adolescente de la famille m’avait demandé non seulement mon avis sur Harry Potter, mais des exemples pour fournir à son professeur des arguments montrant l’aspect plus que dérangeant d’étudier ce livre (le tome 1) en cours au collège… Voici ce texte qui fut transmis…

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Le problème du livre de Harry Potter n’est pas l’aspect magique des faits grotesques énoncés (moto volante, chien à 3 têtes,…), mais la façon insidieuse du texte de prendre systématiquement le contre-pied de la Bible par des images fines et discrètes, cachées par les traits grossiers des personnages ou des faits. Au fur et à mesure de la lecture, les aspects grossiers des descriptions viennent imprégner une impression de déjà vu ou connu… Ce déjà vu ou connu n’est autre que la Bible qui se trouve alors refoulée comme si elle n’était qu’une image inversée d’un miroir qu’il faut remettre à l’endroit ! Mais inverser ce qui est supposé à l’envers dans ce cas revient à remplacer la lumière par les ténèbres, la vérité par le mensonge, les qualités par les défauts,…

Et tout au long du livre, c’est ce qui est fait !

 

De plus, il y a un « saupoudrage » d’expressions toutes faites (« nom de Dieu », « croyez-vous qu’ils soient des saints ? », « une prière pour nous aider », « Dieu merci »,…) qui assimilent le nom de Dieu aux aspects ténébreux tout au long du livre.

 

Voici quelques points importants du livres :

 

-* Harry Potter : la première chose qu’il est important de savoir, c’est que le héros du livre n’a pas un nom anodin ! « To harry » en anglais signifie attaquer, harceler, pourchasser ; en anglais « potter » signifie potier. Nous lisons dans la Bible : Genèse 2-7 « L’Eternel Dieu forma l’homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie et l’homme devint un être vivant. », et Jérémie 18-6 « Ne puis-je pas agir envers vous comme ce potier, maison d’Israël ? dit l’Eternel. Voici, comme l’argile est dans la main du potier, ainsi vous êtes dans ma main, maison d’Israël ! ». Harry Potter est celui qui s’attaque au potier, à Dieu, et nous le verrons par quelques exemples tirés du livre.

 

-* Albus Dumbledore : dans Harry Potter, ce personnage est le plus grand sorcier qui ait existé. Il est présenté comme un vieil homme à la longue barbe argentée ; il a de très grands pouvoirs… En fait, il remplit quelque peu la « fonction de Dieu » dans l’école des sorciers : il sait tout, suit tout, connaît tout… Et son nom signifie : blanc ou bon (traduction du latin Albus) ; stupide ou sot (Dumb en anglais) ; habitant de Doride (dore en latin) ou dorien : société guerrière de la Grèce antique). On pourrait traduire par « le saint guerrier stupide » par exemple. Exode 15:3 : « L’Eternel est un vaillant guerrier; l’Eternel est son nom ».

 

-* P12 : les êtres humains normaux sont appelés des « moldus ». Le mot moldus est une latinisation du mot anglais « molder » (ou moulder) qui signifie tomber en moisissure, en poussière… l’inverse de la création de Dieu (Genèse 2-7 « L’Eternel Dieu forma l’homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie et l’homme devint un être vivant. »). La description des hommes tombant en poussière est le symbole de la mort : inversion des rôles, les êtres humains sont les morts, et les sorciers et les fantômes (voir commentaire suivant des pages 120 à 128 et 125)sont les vivants.

 

-* P18 : Dedalus Diggle est un sorcier « qui n’a jamais eu de jugeote » selon certains sorciers. Dans la mythologie grecque, Dédale est le constructeur du labyrinthe du Minotaure. Il est d’origine royale. Le fils de Dédale est Icare. Dédale et Icare étaient prisonniers dans le labyrinthe et, pour s’en échapper, Dédale leur construisit des ailes. Icare ne suivit pas les instructions de son père et s’envola toujours plus haut… Il s’approcha trop près du soleil qui fit fondre ses ailes et il tomba dans la mer. Le petit passage décrivant l’intervention de ce personnage fait référence au passage de la naissance du Christ : dans Harry Potter, Dedalus fait apparaître des étoiles filantes dans le ciel aux jours de la naissance de Harry. Matthieu 2:2 « Où est le roi des Juifs qui vient de naître ? car nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus pour l’adorer ».

 

-* P21 : l’un des personnages (Dumbledore) possède une montre en or, avec 12 aiguilles et aucun chiffre. Les chiffres sont remplacés par de petites planètes autour du cadran. Dans le monde des sorciers, l’heure n’existe pas : on vit à l’heure des astres (astrologie et zoroastre).

 

-* P37 à 41 : dans ce passage, Harry Potter parle avec un serpent et lui rend la liberté que les hommes (de vraies caricatures qui ne comprennent rien dans le livre) lui ont volée. C’est à partir du moment où Harry Potter libère le serpent que sa vie bascule et qu’il va rentrer dans sa vie « formidable » de sorcier : tout va s’accélérer. Apocalypse 20:2  « Il (le Christ) saisit le dragon, le serpent ancien, qui est le diable et Satan, et il le lia pour mille ans ». Harry Potter fait l’inverse de la prophétie biblique.

 

-* P45 : sur l’enveloppe que Harry Potter reçoit du monde des sorciers, il y a un écusson qui représente un aigle, un lion, un blaireau et un serpent. Ceci n’est pas sans rappeler les quatre faces des êtres vus par Ezéchiel dans sa vision : Ezéchiel 1-10 « Quant à la figure de leurs faces, ils avaient tous une face d’homme, tous quatre une face de lion à droite, tous quatre une face de boeuf à gauche, et tous quatre une face d’aigle. » ; ou la vision de Jean : Apocalypse 4-7 « Le premier être vivant est semblable à un lion, le second être vivant est semblable à un veau, le troisième être vivant a la face d’un homme, et le quatrième être vivant est semblable à un aigle qui vole. »

-** La face d’homme (créature de Dieu) a été remplacée par le serpent (Genèse 3-1 « Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs que l’Eternel Dieu avait faits. Il dit à la femme: Dieu a-t-il réellement dit : Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin ? » et Genèse 3-14 « L’Eternel Dieu dit au serpent: Puisque tu as fait cela, tu seras maudit entre tout le bétail et entre tous les animaux des champs, tu marcheras sur ton ventre, et tu mangeras de la poussière tous les jours de ta vie. ») L’homme, la créature merveilleuse de Dieu (Psaumes 139-14), a été remplacée par la créature maudite par Dieu.

-** La face de bœuf (symbole du serviteur dans la Bible) a été remplacée par le blaireau (symbole de l’agressivité) (Lévitique 19-13 « Tu n’opprimeras point ton prochain, et tu ne raviras rien par violence (ou agressivité). »)

-** Dans la Bible, l’aigle représente l’Esprit vivifiant et édifiant de Dieu (Exode 19-4 « Vous avez vu ce que j’ai fait à l’Egypte, et comment je vous ai portés sur des ailes d’aigle et amenés vers moi »). Dans le symbolisme occulte, il représente l’esprit qui s’élève vers le soleil, apportant l’éveil et l’illumination pour apprendre à aimer l’ombre.

-** Dans la Bible le lion représente la force tranquille, le courage et la majesté. Dans le symbolisme païen, le lion représente la force du conquérant.

 

-* P45 : le serpent du sceau à quatre faces enlace la première lettre de Potter, symbole du serpent qui enlace la jambe de sa proie… Message en contre-pied du passage biblique de Genèse 3-15 « Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta postérité et sa postérité: celle-ci t’écrasera la tête, et tu lui blesseras le talon ». Dans le récit de Harry Potter, le serpent ne se fait pas écraser par l’homme, mais il vainc l’homme.

 

-* P57 : le meilleur ami de Harry Potter est Hagrid, durant tout le livre. Hagrid est le diminutif de « hagridden » en anglais, qui signifie tourmenté, obsédé. De plus il est présenté comme « le gardien des clés » : allusion claire à l’apôtre Pierre.

 

-* P59 à 72 : ce passage nous annonce l’origine de Harry Potter. Il est l’enfant de très grands sorciers qui ont disparu, tués par le « Méchant », Voldemort. Dès lors, Harry Potter est placé dans une « famille d’accueil » dite normale, humaine avant de pouvoir reprendre la lutte… comme le fils de Dieu a été placé dans une famille humaine avant de pouvoir accomplir le plan de son Père céleste. Ce passage laisse sous-entendre que Dieu aurait perdu contre le serpent, et qu’il aurait envoyé son fils miraculeusement sauvé pour ré-essayé de vaincre la mort.

 

-* P66 : le « Méchant » dans le récit s’appelle Voldemort, mais il ne faut pas dire son nom… Inversion des rôles par rapport au texte biblique où le nom de Dieu ne peut être prononcé puisqu’on ne connaît que le tétragramme (les quatre lettres formant son nom :YHWH). Le tétragramme YHWH serait une forme verbale causative, et voudrait dire : « Il fait être », celui qui est à l’origine de toute chose et qui plane sur sa création (Genèse 1-2 « La terre était informe et vide: il y avait des ténèbres à la surface de l’abîme, et l’esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux. »). Voldemort, lui, détruit et tue ce qui est le plus pur (d’après les sorciers), c’est-à-dire les licornes (p238 à 256).

 

-* P66 et 67 : ce passage, qui nous relate « la chute de Voldemort », n’est rien d’autre que la traduction des passages de Ezéchiel 28-12 à 19, de Luc 10-18, de 2 Pierre 2-4 et de Apocalypse 12-4 qui décrivent la chute de Satan et du tiers des anges qui le suivirent.

 

-* P69 : la description de ceux qui s’étaient ralliés à l’ennemi ressemble énormément à la description des possessions, mais avec le message que l’on peut s’en sortir seul et sans dommage ! Alors que la Bible affirme l’inverse : Matthieu 17-16 à 21 « Je l’ai amené à tes disciples, et ils n’ont pas pu le guérir. Race incrédule et perverse, répondit Jésus, jusques à quand serai-je avec vous? jusques à quand vous supporterai-je? Amenez-le-moi ici. Jésus parla sévèrement au démon, qui sortit de lui, et l’enfant fut guéri à l’heure même. Alors les disciples s’approchèrent de Jésus, et lui dirent en particulier: Pourquoi n’avons-nous pu chasser ce démon? C’est à cause de votre incrédulité, leur dit Jésus. (…) Mais cette sorte de démon ne sort que par la prière et par le jeûne. »

 

-* P69 : Harry Potter est rapidement (en deux lignes) présenté comme celui qui a réussi à réduire l’ennemi à rien, comme le sauveur… Le message est clair : l’histoire du Christ, c’est la même chose ! Il devait être un bon sorcier et il a réussi à contrecarrer l ‘ennemi « par un phénomène auquel il (l’ennemi) ne s’attendait pas ».

 

-* P90 : le vendeur de baguettes magiques s’appelle Mr Ollivender… contraction de « Holly vender » qui signifie en anglais le vendeur de sainteté !

 

-* P95 : Harry dit « Tout le monde pense que je suis quelqu’un d’exceptionnel… mais je ne suis rien » Ce passage amène à penser que le sauveur (voir commentaire P69) n’est rien d’autre qu’une réputation et que son pouvoir n’est rien d’autre qu’un don qu’il ne maîtrise pas ! … Sous entendu comme le Christ…

 

-* P108 : Harry gagne dans une friandise, une image de Albus Dumbledore, le grand sorcier qui dirige tout. Cette image bouge et va se promener… Apocalypse 13-15 « Et il lui fut donné d’animer l’image de la bête, afin que l’image de la bête parlât, et qu’elle fît que tous ceux qui n’adoreraient pas l’image de la bête fussent tués. » Manière « amusante » de dédramatiser un passage biblique ! De plus (voir commentaires ci-dessus sur Albus Dumbledore), celui qui représente Dieu est assimilé à la bête de l’Apocalypse : le bon devient le mauvais ; et le mauvais devient le bon !

 

-* P118 à 126 : dans l’école des sorciers (Poudlard), il existe 4 maisons et à la rentrée des classes, chaque élève est placé dans une maison. Il s’agit en quelque sorte de 4 groupes pour répartir les élèves de l’école. Ces maisons sont présentées comme la nouvelle famille de l’enfant. Pour savoir dans quelle maison l’enfant va aller, il doit passer par un rite de « choixpeau ». C’est un chapeau qui parle et qui lit dans les pensées, les sentiments,… de celui qui le porte. Il détermine pour chaque nouvel élève dans quelle maison il va aller. Le rite décrit est exactement le rite initiatique des Francs-maçons pour l’incorporation d’un nouvel initié dans une loge maçonnique (mise à part le chapeau qui parle bien sûr).

 

-* P120 à 128 : les élèves rapportent des points à leur maison s’ils se comportent bien, et ils en font perdre s’ils se comportent mal. Mais chaque maison a un spectre, un fantôme à sa tête, et c’est pour lui, pour lui faire plaisir que l’on doit rapporter des points !

 

-* P125 : Harry touche un spectre et parle avec plusieurs autres spectres (il les interroge sur plusieurs sujets)… ça ne fait rien ! C’est même « amusant ». Dans Lévitique 20:6  « Si quelqu’un s’adresse aux morts et aux esprits, (…) , je tournerai ma face contre cet homme, je le retrancherai du milieu de son peuple. », Lévitique 19-31 « Ne vous tournez point vers ceux qui évoquent les esprits, ni vers les devins; ne les recherchez point, de peur de vous souiller avec eux. Je suis l’Eternel, votre Dieu. » et Deutéronome 18-10 et 11 « Qu’on ne trouve chez toi personne qui (…) exerce le métier de devin, d’astrologue, d’augure, de magicien, d’enchanteur, personne qui consulte ceux qui évoquent les esprits ou disent la bonne aventure, personne qui interroge les morts. »

 

-* P132 : Pour pouvoir rentrer dans son dortoir, il faut donner le mot de passe « caput draconis » à une grosse dame peinte sur un tableau. En latin, caput draconis signifie Serpent fabuleux ou dragon (draconis) à tête humaine (caput). Apocalypse 12-9 : « Et il fut précipité, le grand dragon, le serpent ancien, appelé le diable et Satan, celui qui séduit toute la terre, il fut précipité sur la terre, et ses anges furent précipités avec lui. » et 20-2 : « Il saisit le dragon, le serpent ancien, qui est le diable et Satan, et il le lia pour mille ans. »

 

-* P143 : le chien terrifiant « Crockdur »  est lâché sur Harry Potter… et il lui fait des joies : en fait la magie, ça fait peur, alors que c’est parfaitement anodin (selon le message de Harry Potter).

 

-* P151 : la magie est quelque chose de très facile, et surtout qui n’est absolument pas dangereux avant qu’on arrive à un sérieux niveau qui demanderait des années… Donc il n’y a rien à craindre… C’est même très amusant.

 

-* P164 : Harry fait face à un énorme chien à 3 têtes appelé Touffu[1]. Il s’agit en fait de Cerbère (chien à 3 têtes dans la mythologie grecque) qui est le gardien des enfers. En art, il est figuré avec trois têtes, une queue de dragon et des têtes de serpent sous l’échine. Ce chien tricéphale, qui se tenait devant une antre au bord du Styx, permettait aux ombres des morts de pénétrer dans les Enfers, mais déchiquetait quiconque essayait de tromper sa vigilance, ses morsures étant empoisonnées comme celles de la vipère. Orphée le calma en jouant de la lyre. D’ailleurs, Hagrid dévoile à Harry Potter que le seul moyen de dompter Touffu est de lui jouer de la musique. Cerbère est, comme beaucoup d’êtres des mythologies, une image inversée du Dieu trinitaire de la Bible, « Père – Fils – Saint-Esprit ».

 

-* P183 : le Quidditch (jeu très important à l’école des sorciers) se joue à 7 joueurs (2 lanceurs, deux poursuiveurs, deux cognards, un attrapeur). Le Quidditch est la réunion de deux mots : Quid en latin et ditch en anglais. Quid synthétise la connaissance ; to ditch signifie « se débarraser de »… 1 Corinthiens 1:5  « Car en lui (Dieu) vous avez été comblés de toutes les richesses qui concernent la parole et la connaissance». Le jeu essentiel pour les gens normaux (les sorciers car les « moldus » sont des moins que rien !) vise à se débarrasser de la Connaissance que seul Dieu donne.

 

-* P 199 : Pour Noël, la maman de Ron (meilleur ami de Harry) offre à Harry un pull over vert émeraude… Apocalypse 6:8  « Je regardai, et voici, parut un cheval d’une couleur verdâtre[2]. Celui qui le montait se nommait la mort, et le séjour des morts l’accompagnait. Le pouvoir leur fut donné sur le quart de la terre, pour faire périr les hommes par l’épée, par la famine, par la mortalité, et par les bêtes sauvages de la terre ». Quelle coïncidence…

 

-* P203 : Harry Potter prend un livre dans la bibliothèque de magie noire.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                 1 Pierre 1:23 : « puisque vous avez été régénérés, non par une semence corruptible, mais par une semence incorruptible, par la parole vivante et permanente de Dieu ». La Bible est la parole vivante de Dieu, délivrant un message d’amour et de paix. Ici, on trouve une image inversée de la Bible.

 

-* -* P229 : Hagrid a un œuf de dragon. Pour nourrir le petit après éclosion, il faut lui donner du cognac et du sang de poulet : base des rites satanistes.

 

-* P248 : Harry et ses amis se promènent dans la forêt interdite et ils rencontrent deux centaures. Les centaures sont des êtres au buste d’homme et au corps de cheval. Ils se nourrissent de chair crue. Leurs mœurs brutales les rendent dangereux. Ils ont tout de la description des habitants de Sodome et de Gomorrhe. Ici, ce sont des amis et des êtres avenants.

 

-* P253 : l’astrologie est présentée comme une science certaine pour y comprendre le présent et y lire l’avenir.

 

-* P270 : Harry et ses deux amis (Hermione et Ron) se trouvent pris au piège dans « le filet du diable » (une plante qui étouffe ceux qu’elle attrape). Dans le récit, il est extrêmement facile de s’en sortir. Une fois de plus, la magie, le diable, c’est amusant et il n’y a aucun risque sérieux !

 

-* P285 à 288 et 293 : le professeur Quirell est possédé par Voldemort. Il l’a reçu pour maître en son propre être (p287 : « Heureusement qu’il y en reste toujours qui sont prêts à m’accueillir dans leur cœur et dans leur tête… »).

 

-* P289 : Harry est aussi possédé. La possession est présentée, dans le cas de Harry, comme un bienfait, une aide.

 

-* P290 : Après le combat final contre Voldemort, Harry est resté 3 jours comme mort… puis il s’est réveillé. Marc 10:34 : « qui se moqueront de lui (Jésus-Christ), cracheront sur lui, le battront de verges, et le feront mourir; et, trois jours après, il ressuscitera ».

 

-* P291 : « La mort n’est qu’une grande aventure de plus ». La mort est présentée comme quelque chose de neutre, de facile, et la vie éternelle (jeu entre l’existence éternelle en contre-pied de la vie éternelle proposée par Dieu) comme quelque chose de mauvais.

 

-* P292 et 293 : L’amour nous protège de tout, même de Voldemort ! La mère de Harry l’a tellement aimé que Voldemort n’a pas pu le tuer. Ce passage prend le contre pied de la Bible qui affirme que « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle » (Jean 3:16). En effet, l’amour de Dieu est ramené à un amour maternel : humanisme, on supprime Dieu.

 

-* La pierre philosophale : il s’agit de la pierre recherchée par Voldemort pour retrouver des forces et « revivre ». Elle donne la richesse et la vie éternelle. Le message est clair : ce n’est pas la foi qui sauve, c’est la philosophie.

 

 

Voici quelques exemples, par certains noms et certaines descriptions du livre, qui nous montrent l’aspect agressif et dangereux de ce livre quant aux valeurs chrétiennes et à l’enseignement biblique. Nul doute, la lecture d’un tel ouvrage est loin d’être anodine : elle laisse des traces, surtout sur un esprit non averti.

 

On pourrait dire, comme les personnages de Unesco dans « la cantatrice chauve » : « Comme c’est curieux, comme c’est bizarre. Quelle coïncidence… » mais de telles coïncidences et en nombre si important (puisque nous n’avons traité ici que quelques unes d’entre elles) sont loin d’être le fruit du hasard.

Notes

[1] Touffu : dans la Bible, le mot touffu est systématiquement associé à l’idolâtrie Ez 6-13, 20-28 et 31-3

[2] Verdâtre : traduction du mot grec Khloros, verdâtre. Dans certaines traductions de la Bible, le mot est traduit par « de couleur pâle ».

L’Index… ou la liste des livres interdits

Pourquoi tant de gens ont-ils des préjugés à l’égard de la Bible? Dans certains pays, l’expli­cation pourrait bien tenir à l’existence pen­dant des siècles d’un instrument destiné à en­diguer l’ « hérésie » : l’index des livres interdits.

L’Église catholique salue avec enthousiasme l’in­vention de l’imprimerie. Des papes vont même por­ter aux nues cet “ art divin “, pour reprendre les termes de certains ecclésiastiques. Cependant, le haut clergé se rend vite compte que l’im­primerie sert aussi à répandre des idées contraires au catholi­cisme. À la fin du 15ème siècle, des restrictions sont imposées dans plusieurs diocèses européens. L’imprimatur (autorisation d’im­primer) fait son apparition, et, en 1515, le cinquième concile du Latran émet des directives en vue de régenter l’impression. Les transgres­seurs risquent l’excommunication. Pourtant, surtout après la naissance de la Réforme, cela ne suffit pas à em­pêcher la circulation d’imprimés et de livres que l’Eglise juge dangereux pour la foi et pour la morale. Tandis que le 16ème siècle touche à sa fin, dans les sphères vaticanes on souhaite donc « qu’il n’y ait plus d’imprimerie avant de nombreuses années ».

 

Pour faire obstacle à « ce torrent boueux de livres corrompus » — comme le dira en­core en 1951 un Jésuite italien — l’Église souhaite dresser une liste dont tous les catholiques devront tenir compte. En 1542, l’Inquisition romaine est fondée. Apparem­ment, son premier acte officiel est un édit contre la liberté d’édition dans le domaine religieux. Lorsque l’ancien inquisiteur gé­néral, Gian Pietro Carafa, devient en 1555 le pape Paul IV, il ordonne immédiatement à une commission d’établir une liste des li­vres interdits. En 1559 est ainsi imprimé le premier Index des livres interdits.

Quels livres sont mis à l’index?

 

L’Index est divisé en trois « clas­ses ». La première répertorie tous les auteurs dont les ouvrages sont prohibés, quel que soit le sujet traité. La deuxième regroupe les ti­tres d’ouvrages interdits mais dont les auteurs ne sont pas condamnés par ailleurs. La troisième dénonce une longue liste d’oeuvres anony­mes. L’index contient 1 107 censures qui condamnent des auteurs d’ouvra­ges religieux mais également d’autres formes de littérature. Un appendice dresse une liste des éditions interdites de la Bible et stipule que toutes les tra­ductions en langue vernaculaire[1] sont prohibées.

 

Même si, dans certains endroits, la Bible a déjà été frappée d’interdit, « avec ces restrictions étendues à l’en­semble du catholicisme, l’Église se pro­nonce pour la première fois officielle­ment contre l’impression, la lecture et la possession du Livre saint en langue ver­naculaire », explique Gigliola Fragnito, professeur d’histoire moderne à l’uni­versité de Parme. L’Index suscite une violente opposition, tant de la part des li­braires et des éditeurs que de celle des gouvernements, pour lesquels l’imprime­rie est une source de revenus. C’est pour cette raison, entre autres, qu’une nouvelle édition de l’Index voit le jour en 1564, à la suite du concile de Trente.

 

La congrégation de l’Index est spé­cialement créée en 1571 pour assurer la ré­vision de ce livre. Jusqu’à trois entités déci­deront conjointement quels ouvrages sont à bannir : la congrégation du Saint-Office, la congrégation de l’index, et le maître du Sacré Palais, un dignitaire papal. Le che­vauchement des responsabilités, conjugué à des désaccords sur la question de savoir s’il faut donner plus de pouvoir aux évê­ques qu’aux inquisiteurs locaux[2], sont quel­ques-unes des raisons pour lesquelles la pu­blication du troisième catalogue des livres interdits sera différée. Préparé par la con­grégation de l’Index et promulgué par Clé­ment VIII en mars 1596, l’Index voit sa diffusion suspendue à la demande du Saint-Office ; il ne reparaîtra que pour condam­ner de manière encore plus péremptoire toute lecture de la Bible en langue vernacu­laire.

 

À partir de cette édition et malgré de continuelles mises à jour au fil des siè­cles, l’Index des livres interdits adopte une forme plus au moins stable. De nombreux protestants, dont les oeuvres y sont réper­toriées, le définissent comme “ le meilleur guide pour déterminer les ouvrages à lire absolument “. Précisons cependant, qu’à l’époque, souverains protestants et catholi­ques exercent une politique similaire quant à la censure des livres.

 

L’Index aura un effet désastreux sur la culture qui, dans des pays comme l’Ita­lie, s’enferme alors dans ce que l’historien Antonio Rotondô nomme « un isolement borné ». Guido Dall’Olio, autre historien, affirme que l’Index fut « l’un des princi­paux facteurs de l’énorme retard culturel pris par l’Italie sur la plupart des autres pays d’Europe ». Paradoxalement, certains livres survivent parce qu’ils échouent dans 1’ « enfer », un lieu aménagé dans de nom­breuses bibliothèques ecclésiastiques pour conserver sous clé tout ouvrage interdit.

 

Cependant, le poids grandissant de l’opi­nion publique à partir du siècle des Lumiè­res contribue à faire disparaître l’ « appa­reil le plus répressif qui ait jamais été conçu contre la liberté de presse ». En 1766, un éditeur italien écrit : « Les inter­dictions de Rome n’établissent en rien la valeur des livres. C’est le public qui l’éta­blit. » L’Index perd progressivement sa toute-puissance et en 1917 la congrégation de l’Index, qui en assurait le contenu, est dissoute. Depuis 1966, l’Index « n’a plus la force d’une loi ecclésiastique avec les cen­sures qui y sont attachées ».

 

La Bible dans la langue du peuple

 

L’histoire de l’Index révèle que de tous les « livres corrompus », un en particulier inquiétait les autorités ecclésiastiques : la Bible en langue vernaculaire. Au 16ème siè­cle, « environ 210 éditions intégrales de la Bible ou du Nouveau Testament » avaient été mises à l’index, explique le spécialiste Jesus Martinez de Bujanda. A cette épo­que, les Italiens ont la réputation d’être de fervents lecteurs de la Bible. Or l’Index, en condamnant formellement les Ecritures en langue vernaculaire, a radicalement modi­fié les liens que la nation entretenait avec la Parole de Dieu. « Interdites et suppri­mées, car pouvant conduire à l’hérésie, les Saintes Écritures finissent par être ran­gées, dans l’esprit des Italiens, parmi les écrits d’hérétiques », déplore le professeur Fragnito, qui ajoute : « Pour les popula­tions catholiques du sud de l’Europe, la voie du salut passe par le catéchisme : on préfère un peuple d’enfants à un peu­ple d’adultes sur le plan religieux. »

 

Ce n’est qu’en 1757 que le pape Be­noît XIV autorise la lecture des « traduc­tions vernaculaires de la Bible approuvées par le siège apostolique ». Une nouvelle ver­sion italienne, basée sur la Vulgate (version latine), peut alors être mise en chantier. Cela dit, les italiens devront at­tendre 1958 pour disposer de leur première traduction intégrale de la Bible réalisée di­rectement à partir des langues originales.

Notes :

[1] On appelle langue vernaculaire la langue locale communément parlée au sein d’une communauté. Pendant des siècles, la liturgie catholique était en latin (langue véhiculaire) alors que l’enseignement de la religion se faisait en langue locale (langue vernaculaire).

[2] D’un point de vue canonique, les inquisiteurs sont des commissaires pontificaux, spécialement chargés de lutter contre l’hérésie et censés collaborer avec les évêques. Cependant, les évêques n’ont pas été dessaisis de leurs prérogatives en matière d’hérésie, non plus que les légats (le mot légat désigne un titre officiel, provenant du latin lex, qui signifie loi. Il s’agissait Titre porté par les représentants officiels de la Rome antique. Les ambassadeurs étaient des légats du Sénat romain. Le titre de légat se transmit de l’Empire romain à l’Église catholique ; il fut porté dans celle-ci par les envoyés personnels du souverain pontife.) : sur un même territoire, ces différents dispositifs peuvent coexister et donc se recouvrir, entraînant ainsi des querelles de juridiction.

Le livre apocryphe d’Enoch

Introduction : il est conseillé de consulter la page  « Le canon biblique » ( https://wp.me/p8REsR-bv) avant ou après la lecture de l’article ci-dessous…

Le livre d’Enoch est un écrit attribué à Enoch, arrière-grand-père de Noé. Il fait partie du canon de l’Église éthiopienne orthodoxe mais est considéré comme apocryphe par les autres chrétiens et les Juifs. Le texte n’est pas inclus dans la Septante.

 

Les principaux partisans de la canonicité du livre d’Enoch évoquent des similitudes frappantes entre ce livre et le Nouveau Testament. Pour eux, ces similitudes remettent en cause la canonicité du Nouveau Testament, et « l’honnêteté » de Jésus[1] qui n’aurait fait que citer le livre d’Enoch dans ses discours ; de même, les écrivains du Nouveau Testament (Paul et Jude essentiellement) se seraient basé sur les écrits de Enoch pour rédiger leurs épîtres. En comparant ces passages dont ils se servent, plusieurs remarques s’imposent :

  • les passages sont souvent dans des contextes différents ;
  • les passages ne concernent pas les mêmes interlocuteurs ;
  • les passages sont des citations littérales ou conceptuelles de l’Ancien Testament (sachant que le livre d’Enoch a été rédigé, de l’avis de tous les spécialistes en écrits anciens, vers 200 avant JC, c’est-à-dire après la rédaction du canon hébreu de l’Ancien Testament[2])

 

Ils s’appuient aussi sur l’emploi d’un mot, l’Elu, par un jeu de traduction d’un verset biblique, « prouvant » la canonicité du livre d’Enoch : Luc 9 : 35 aurait été mal traduit par toutes les traductions connues en transcrivant « Et une voix vint de la nuée, disant: celui-ci est mon Fils bien-aimé ; écoutez-le. » D’après eux, il faudrait traduire par « Celui-ci est mon fils, l’Elu ». Cette divergence de traduction vient du fait que les différents manuscrits que nous possédons portent deux mots différents :

  • le Codex Alexandrinus[3], le Palimpseste d’Ephrem[4], le Manuscrit de Cambridge[5] et 15 manuscrits antérieurs au 10ème siècle ont les mots grecs « o agaphtov mon o agapetos mon » qui signifie Bien-aimé, affectionné ;
  • le Codex Sinaïticus[6], le Codex Vaticanus[7] et le Zacynthius[8] ont les mots « o eklelegmenov o eklelegmenos » qui signifie l’élu.

 

Ainsi, le fait que le livre d’Enoch emploierait 14[9] fois le mot « Elu » en parlant prophétiquement de celui qui allait venir prouverait l’inspiration divine et la canonicité du livre… Mais le terme grec pour « l’Elu » n’apparaît que dans des Codex[10] et des traductions modernes qui amènent à douter de leur fiabilité. Ainsi, le terme de « Bien-aimé » est le seul possible dans ce passage[11]

 

Enfin, ils s’appuient sur la citation de Jude[12] (14 et 15) affirmant qu’il s’agit d’une parole de Enoch : « C’est aussi pour eux qu’Enoch, le septième depuis Adam, a prophétisé en ces termes : Voici, le Seigneur est venu avec ses saintes myriades pour exercer un jugement contre tous, et pour faire rendre compte à tous les impies parmi eux de tous les actes d’impiété qu’ils ont commis et de toutes les paroles injurieuses qu’ont proférées contre lui des pécheurs impies. » L’épître de Jude est une lettre adressée à certains qui faiblissaient dans la foi, troublés par ceux d’entre eux qui professaient être chrétiens tout en pratiquant un culte païen immoral et prétendaient être dispensés de l’obéissance à la loi morale. Jude voulait sensibiliser les saints au danger spirituel dans lequel ils se trouvaient et les encourager à rester fidèles. De plus, pour interpeller ces « chrétiens de nom », il est allé jusqu’à citer leurs sources, comme Paul l’a fait pour l’épisode d’Epiménide (Ac 17 : 23), le poète grec Aratus[13] (Ac 17 : 28) et Menandre[14] (1 Co 15 : 33).

 

Prenons maintenant quelques exemples d’enseignement du livre d’Enoch, contraires à ceux énoncés par la Bible :

 

  • La Bible dit que vous et moi sommes coupables parce que Adam et Eve ont péché ; à cause de cela, ils sont exclus du Paradis. Enoch dit le contraire : ce n’est ni Eve ni Adam qui ont chutés, mais une certaine catégorie d’anges qui, en se répandant sur Terre, ont corrompu les femmes, par leurs gènes d’abord et par leurs enseignements ensuite. Ainsi, l’homme est déresponsabilisé et la faute n’est plus du ressort de l’humanité… C’est de la faute des anges et de Dieu…

 

  • Enoch reçoit d’innombrables révélations d’anges… Il aurait connu des centaines de noms d’anges car tous se seraient présentés à lui en donnant leur nom. Bibliquement, cette attitude est étrange car nous trouvons l’inverse dans plusieurs passages comme celui de Juges : « Et Manoach dit à l’ange de l’Eternel : Quel est ton nom, afin que nous te rendions gloire, quand ta parole s’accomplira ? L’ange de l’Eternel lui répondit: Pourquoi demandes-tu mon nom ? Il est merveilleux. » (Jg 13 : 17 et 18) Les démons interrogés sur leurs noms, le donnent toujours : « Jésus lui demanda : Quel est ton nom ? Légion, répondit-il. Car plusieurs démons étaient entrés en lui. » (Lc 8 : 30)

 

  • Quasiment tous les attributs divins du Messie sont donnés à divers anges, amoindrissant de page en page le caractère messianique de Jésus-Christ, et de tous les textes bibliques qui annoncent et décrivent Jésus-Christ.

 

  • Nous trouvons un rapprochement entre l’expression « Fils de l’homme » du livre de Enoch et « Fils de l’homme » dans les Evangiles. Toutefois, il faut remarquer que l’expression du livre d’Enoch est non pas « Fils de l’homme », mais « fils d’homme », ce qui tend à supprimer la portée messianique et divine du Christ.

 

  • Dans ce livre, le Seigneur « viendra pour juger ses saints ». Ceci est en contradiction avec les paroles du Seigneur Lui-même en Jean 5 : 24 « les saints ne viendront point en jugement ».

 

 

Regardons ceux qui s’appuient sur ce livre pour accréditer leurs dogmes ou leurs croyances anti-bibliques :

 

  • Les Francs-Maçons : les différentes loges des Francs-Maçons sont appelées « loges de Saint Jean » car ils font références aux écrits de cet apôtre. L’un de leurs textes religieux fondateurs est la Bible, l’évangile de Jean en particulier, appelée « Volume de la loi Sacrée » ou « Volume de la Sainte Loi ». La Bible est considérée comme l’une des « Trois Grandes Lumières » de la Franc-Maçonnerie, avec le Coran et le Livre d’Enoch. Ce dernier est utilisé par les Grands Initiés de la Francs-Maçonnerie.

 

  • Les mouvements anti-scripturaires comme le mouvement de la foi, les ministères de délivrance, les manifestations de Toronto et Pensacola… qui utilisent tous des techniques occultes pour parodier la puissance de Dieu dans son œuvre de salut, de guérison et de délivrance.

 

  • Le Nouvel Age considère qu’il y a « une incontestable similitude entre le livre d’Enoch et le Corpus Hermeticum d’Hermès[15] et le début de Pymandre[16]». Ainsi, tout individu qui aurait son intelligence éclairée par cet enseignement accède à cette Connaissance qui rend la pensée Juste, et par voie de conséquence rend Juste : « pour qui s’efforce de comprendre sérieusement cet enseignement, que recevoir des paroles Justes, qu’elles viennent d’Enoch, de Thoth, d’Hermès ou d’ailleurs, est une véritable bénédiction car elle le protège, par les pensées Justes qu’elles engendrent et fécondent en lui, de l’affliction et de la réprobation réservées aux ignorants sans vertus, les impies. »

 

Pour clore cette réflexion sur le livre d’Enoch, et les raisons des incessantes réclamations pour canoniser ce livre, remarquons quelques faits révélateurs de l’origine de ce livre :

 

  • Le monde chrétien et hébreu avait perdu toute trace du Livre d’Enoch après sa condamnation officielle. Il est admis que les 1400 ans de silence ne sont interrompus que par la découverte de James Bruce en Abyssinie[17] et surtout par la traduction du professeur Laurence au début du 19ème siècle. Toutefois le livre d’Enoch a fait une apparition fulgurante à la cour de la Reine d’Angleterre par le biais de son astrologue, le mathématicien diplômé de Cambridge John Dee, version anglaise de Nostradamus[18].

 

  • On retrouve tout au long de ce livre des idées qui aboutissent plus ou moins ouvertement à la question « Dieu a-t-il réellement dit ? ». Nous retrouvons-là une stratégie connue de l’ennemi de nos âmes !

 

  • Le livre d’Enoch s’attaque à tous les fondements bibliques en excluant Dieu systématiquement par l’intervention d’un ange « spécialiste ». Par ce biais, nous retrouvons les processus ésotériques et spirites de la transmission de la connaissance.

 

En conclusion nous constatons différents points essentiels :

 

  • Le personnage biblique nommé Enoch (ou Hénoc) était un homme de Dieu qui a certainement prévenu ses contemporains de la colère de Dieu à venir (déluge) même s’il a été enlevé 70 ans avant la naissance de Noé. Dans « sa marche avec Dieu », il a certainement reçu des révélations et peut-être même des visions ; les hommes n’ont pu que lui attribuer ou reprendre, puis amplifier, modifier, tordre, ajouter… des pensées, idées, rêves… à ce qui aurait été dit initialement : Enoch n’était pas ce personnage mystique et illuminé tel qu’il est présenté dans le livre qui porte son nom : « Il marcha avec Dieu[19]» (Gn 5 : 22 et 24).

 

  • Dans quasiment toutes les tentatives de rapprochement entre le livre d’Enoch et le Nouveau Testament, nous pourrions faire les mêmes rapprochements entre le livre d’Enoch et l’Odyssée d’Homère, par exemple… Est-ce à dire que l’un a plagié l’autre[20]?

 

  • Le Nouveau Testament est « l’accomplissement » de l’Ancien Testament… et il le cite dès que cela est possible (littéralement ou dans le message). Pour comprendre les quelques rapprochements possible entre le livre d’Enoch et le Nouveau Testament, il suffit de s’apercevoir que les passages en question sont dans les deux cas des citations de l’Ancien Testament.

 

  • Ce livre apocryphe contient trop de doctrines gnostiques dont la pensée se déguise sous des apparences bibliques pour nous laisser dans l’indécision quant à son origine !

Notes

[1] Certains vont jusqu’à accuser Jésus et les apôtres de « plagiat » pur et simple.

[2] On attribue au scribe Esdras, appelé le scribe versé dans la loi de Moïse (Esd 7 : 6 à 10), un rôle essentiel comme instrument de Dieu pour rassembler et conserver les écrits bibliques. Le canon de l’Ancien Testament était arrêté dès le IIe siècle av. J.-C. c’est-à-dire à l’époque de la rédaction du livre d’Enoch.

[3] Le Codex Alexandrinus est un manuscrit presque complet de la Septante et du Nouveau Testament datant du 5ème siècle. Le codex tire son nom de la ville d’Alexandrie où l’on suppose qu’il fut rédigé.

[4] Le Codex d’Ephrem, palimpseste, du 5ème siècle, fut écrit probablement en Égypte. Il manque environ les trois huitièmes du Nouveau Testament. Ce manuscrit est à la Bibliothèque nationale de Paris

[5] Son intituté « Codex de Bezæ Cantabrigiensis ». Ce précieux manuscrit du 6ème siècle le tient de sa préservation par les Huguenots lors des guerres de religion. En effet Théodore de Bèze  l’avait eu sous sa sauvegarde en 1562, quand il fut retiré du monastère St Irénée de Lyon pris dans les flammes durant les guerres de religion. Il l’adressa quelques années plus tard à la Bibliothèque de l’Université de Cambridge où il est conservé depuis lors.

[6] A l’origine, le Codex Sinaïticus fut l’une des cinquante copies des Saintes Écritures envoyées par Eusèbe de Césarée à l’empereur Constantin Ier au 4ème siècle. C’est en 1844 qu’un érudit allemand de 29 ans, Constantin von Tischendorff (sous le parrainage de Frédéric Auguste roi de Saxe), visita le monastère orthodoxe de Sainte-Catherine sur le mont Sinaï. En parcourant les lieux, son attention fut attirée par une corbeille contenant de vieux parchemins allant servir de combustible pour le feu. Il s’agissait de 129 grandes pages de parchemin contenant des extraits de la traduction grecque de l’Ancien Testament : la Septante.

[7] Le Codex Vaticanus est un manuscrit en écriture grecque onciale du 4ème siècle. Il s’agit peut-être de la Bible commandée par l’empereur Constant Ier en 340 à Athanase d’Alexandrie exilé à Rome ? Sa présence est attestée dès le premier catalogue de la bibliothèque vaticane en 1475. Il fut conservé par les autorités vaticanes et inaccessible même aux exégètes les plus éminents jusqu’en 1809 où il fut exposé à Paris.

[8] Manuscrit du 8ème siècle des Evangiles.

[9] Le doublement du chiffre 7, chiffre de Dieu, n’est pas sans rappeler la structure numérique de construction grammaticale de la Bible… Mais le mot Elu y est employé 19 fois ! (39 : 5 ; 44 : 3 et 4 ; 47 : 5 ; 48 : 2 et 4 ; 50 : 3 et 5 ; 51 : 5 et 10 ; 54 : 5 ; 60 : 4, 7, 9, 10 et 13 ; 61 :1 ; 80 : 9 [2 fois]) .

[10] Voir « Le canon biblique (vidéo) » : https://wp.me/p8REsR-bv

[11] Le fait de spéculer sur la traduction d’un mot en utilisant la Bible pour accréditer des idées ou textes non-bibliques, voire anti-bibliques, rappelle celui utilisé par le musulmans par rapport à Muhammad et le Saint-Esprit.

[12] Cette citation ayant été la cause de l’exclusion du Canon biblique pendant une courte période. voici le témoignage de Saint Jérôme concernant son admission dans le canon : « Jude, frère de Jacques, a laissé une brève épître, qui est du nombre des sept épîtres catholiques ; elle est rejetée par plusieurs car elle invoque le témoignage du livre d’Hénoch, un apocryphe. Cependant, par son ancienneté et  son usage, elle n’a pas manqué d’autorité et elle prend place au rang des Saintes Écritures. »

[13] Aratus ou Aratos de Soles fut un poète et astronome grec du IIIe siècle av. J.-C. Il a composé sur l’astronomie un poème intitulé « Les Phénomènes et les Pronostics » duquel sont tirés presque tous les noms d’étoiles utilisés aujourd’hui. Des œuvres d’Aratus, seuls les Phénomènes, poème de 1154 vers sur l’astronomie, est parvenu jusqu’à nous. Si la doctrine exposée suit pour l’essentiel les idées d’Eudoxe, Aratus y ajouta le catastérisme, c’est-à-dire la transformation des êtres en astres ou constellations.

[14] Ménandre (fin du 4ème siècle av. J.-C.) est un auteur comique grec, représentant de la « Comédie nouvelle ». Il a écrit : « La nuit porte conseil. », « Le sommeil nourrit celui qui n’a pas de quoi manger. », « Le fruit le plus agréable et le plus utile au monde est la reconnaissance. », « Mieux vaut se taire que parler pour ne rien dire. », « Le repentir est un jugement que l’on porte sur soi-même. »…

[15] Le Corpus Hermeticum est l’ouvrage clef de voûte de l’Hermétisme. C’est un recueil d’une quinzaine de textes. Parmi les plus anciennes copies on trouve certains chapitres dans la bibliothèque de Nag Hammadi redécouverte vers 1950 (une ‘cache’ en Egypte enfouie vers 400.ap. J.-C. – probablement en réaction à la dogmatisation du Christianisme initialisée au concile de Nicée). Il est associé à d’autres textes gnostiques – évangiles gnostiques par exemple. Il subsiste en Grèce jusqu’à ce qu’il devienne le texte majeur de la communauté d’Harran vers 600.ap. J.-C. (frontière Syrie/Turquie). Ensuite vers l’an 1000, il influence l’Islam et arrive en Europe à la Renaissance au 15ème siècle.

[16] Pymandre est nommé le Verbe de Dieu dans les écrits d’Hermès. Il a « la bonté d’essayer de rendre intelligible à notre faible entendement la sublime perfection de l’immuable Vérité Absolue ». (Livre I d’Hermès Trismégiste, Pymandre, verset : 13 et 14)

[17] Il s’agit de quatre manuscrits éthiopiens incomplets des 15ème et 16ème siècles ; ils forment la base des différentes traductions modernes.

[18] Nostradamus, né Michel de Nostredame (14 décembre 1503 à Saint-Rémy-de-Provence – 2 juillet 1566) était un médecin (soit vrai, soit prétendu) et apothicaire français. Pratiquant l’astrologie comme tous ses confrères à l’époque de la Renaissance, il est connu pour ses prédictions sur la marche du monde.

[19] Les textes bibliques sont clairs : « Hénoch marcha avec Dieu » et non avec les anges comme il est écrit dans le livre d’Enoch : « Voici les paroles d’Enoch par lesquelles il bénit les élus et les justes qui vivront au temps de l’affliction, quand seront réprouvés tous les méchants et les impies. Enoch, âme juste qui marchait devant (et non avec) le Seigneur, quand ses yeux furent ouverts, et qu’il eut contemplé une sainte vision dans les cieux, parla, et il prononça : Voici ce que me montrèrent les anges. » (Enoch 1 : 1)

[20] Le livre d’Enoch ayant été rédigé en 200 avant JC  et l’Odyssée vers la fin du 8ème siècle avant JC, la conclusion sur le plagiaire serait évidente.

La malédiction des ancêtres n’est pas biblique (Partie 2)

(Suite de « Le chrétien et la malédiction de ses ancêtres (partie 1) » : https://wp.me/p8REsR-gd)

Les parents ont une très grande influence sur leurs enfants, mais les choix personnels sont encore plus engageant !

 

Les deux premiers enfants d’Adam et Eve ont bénéficié du même héritage. Et pourtant, Caïn est devenu meurtrier, et Abel le premier martyr de la foi (Gn 4 : 8-16; Hé 11:4).

 

Nous retrouvons le même principe de la responsabilité personnelle chez les rois d’Israël (2 Ch 28-35). Le méchant Achaz était le père d’Ezéchias qui craignait Dieu. Son fils Manassé et son petit-fils Amon étaient, par contre, idolâtres. Mais Josias fils d’Amon, lui, craignait Dieu et a conduit Israël dans un grand réveil. Remarquons ici que nous pouvons avoir de mauvais parents qui engendrent de bons enfants, mais aussi de bons parents qui engendrent de mauvais enfants.

 

Le « libre-choix » de l’homme est un mystère, mais aussi une réalité. La sagesse souveraine de Dieu accorde ce don à chaque personne. Ne nous lassons donc jamais de prier pour nos bien-aimés inconvertis, mais n’excusons pas leurs mauvaises actions en les appelant « la malédiction des ancêtres ».

 

Quatre raisons démontrant que « la malédiction des ancêtres » n’est pas biblique

 

  • Premièrement, lorsqu’une personne se convertit à Jésus-Christ, elle est délivrée de tous ses péchés, y compris les péchés occultes. La Bible ne classe pas le péché occulte dans une catégorie spéciale qui n’aurait pas été traitée à la croix. Rappelons-nous que chacun est né sous l’autorité de Satan (Col 1:13), et que nous marchions tous autrefois selon le prince de la puissance de l’air, de l’esprit qui agit maintenant dans les fils de la rébellion (Ep 2:2).

 

  • Deuxièmement, les partisans de cette hérésie utilisent le terme « iniquité », tiré du texte classique d’Exode 20:5, pour synonyme de « malédiction des ancêtres », tout cela pour montrer que cette «iniquité » est un péché à part.

Les mots « iniquité » et « péché » ont-ils un sens différent? Pas du tout. Le langage biblique utilise un certain nombre de termes pour exprimer les mauvaises actions, mais la signification est la même. Tous deux signi­fient : « péché ». Les répétitions et les parallèles sont courants dans les Ecritures : « Je t’ai fait connaître mon péché et je n’ai pas caché mon iniquité » (Ps 32:5); « Et je ne me souviendrai plus de leurs péchés ni de leurs iniquités » (Hb 10:17). Le verset de Luc 13:27 nous montre que tous les pécheurs sont « ouvriers d’iniquité ». La conclusion est toute simple: toute iniquité est un péché et tout péché est une iniquité.

 

  • Troisièmement, il est faux de penser que le passage d’Exode 20:5, parlant de 1’Eternel Dieu « qui punit l’iniquité des pères sur les enfants » survient à cause de l’héritage plutôt que du choix personnel de chaque génération. Par conséquent, les enfants ne peuvent pas hériter d’une malé­diction résultant des péchés de leurs parents. L’enfant est seulement responsable du péché qu’il a commis lui-même. Assurément ce texte ne fait pas référence à une soi-disant malédiction transmise par des parents à leurs enfants. (Ez 18 : 2 à 4)

 

  • Quatrièmement, une simple remarque qui démontre la sagesse de Dieu et toute la précision du message biblique : il nous est dit que Dieu « bénit jusqu’à la millième génération »… Or depuis la création, les âges et périodes bibliques nous permettent de constater qu’entre Adam et Eve et notre génération, il y a moins de 700 générations ! Nous sommes donc toujours sous la bénédiction de Adam et de Noé (ancêtres communs à toute l’humanité)

(Suite « Signification exacte d’Exode 20-5 : https://wp.me/p8REsR-gh)