Les vœux d’un conseil municipal

Les archives de la ville de Mulhouse contiennent un intéressant document daté de janvier 1537 dont voici l’introduction :

 

« Nous, maire, petits et grands conseillers, nouveaux et anciens chefs de corporations, souhaitons à chacun de nos concitoyens et parents, ecclésiastiques et gens du monde, nobles et ordinaires dans notre ville : Paix, grâce, miséricorde de Dieu notre Père céleste, et une connaissance pure de Jésus-Christ, notre seul Sauveur.

 

Au cours de l’année écoulée, nous avons diligemment fait annoncer et prêcher la doctrine saine, pure et claire à vous, les habitants de notre ville. Par la grâce du Tout-Puissant, la connaissance de Dieu s’en est trouvée richement accrue en même temps que le véritable amour chrétien qui est un fortifiant pour nous et tous les croyants, qui est également pour nos concitoyens les plus faibles une consolation dans la peine. Ainsi, nous pouvons en ces temps difficiles, fâcheux et dangereux, nous réjouir avec vous dans notre sainte foi chrétienne. Celle-ci se fonde sur la pure parole de Dieu qui est enseignée tous les jours dans notre église ! Et c’est par elle que nous invoquons notre Père céleste en Jésus-Christ à qui soit publiquement rendu l’hommage et le respect. »

Une Bible de plus de 300 ans

Au 16ème siècle, les régions méridionales des Pays-Bas et la partie flamande de la Belgique actuelle, furent le théâtre d’atroces persécu­tions, Des douzaines de familles chrétiennes durent s’enfuir, laissant derrière elles tous leurs biens, pour chercher refuge en Hollande ou en Allemagne. Le vent de l’inquisition souffla alors avec une telle violence qu’il balaya toute trace de Protestan­tisme et que les Flandres n’eurent aucune connaissance de la Parole de Dieu pendant un laps de temps de trois cents ans. L’ennemi avait-il atteint son but? La cause de l’Evan­gile était-elle à jamais perdue? Ecoutons plutôt l’histoire que nous ra­conta l’un des rares témoins ocul­aires.

 

En 1877, le pasteur van den Brink, prédicateur hollandais, se rendit en Belgique pour annoncer l’Evangile dans une région des Flandres où, probablement depuis l’inquisition, aucun chrétien évangélique ne s’é­tait établi. Le Seigneur mit le sceau de Sa bénédiction sur son ministère et, en 1879, une petite église s’éleva dans le village de Roesselaere où un joyeux groupe de croyants se rassemblait fidèlement pour adorer le Seigneur.

 

Or, un certain dimanche, le pasteur van den Brink prêcha sur le témoi­gnage de Paul (Romains 1/16) : « Je n’ai pas honte de l’Evangile de Christ, car il est la puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit…». Tandis qu’il parlait avec ferveur et assurance, il remarqua un étranger au milieu de l’auditoire, vêtu simplement comme un fermier. Il paraissait profondément remué par ce qu’il entendait. De grosses larmes sillonnaient son visage en écoutant le joyeux message des lèvres du serviteur de Dieu. Son atti­tude peu commune ne passa pas inaperçue au reste de l’auditoire mais l’étonnement des fidèles fut à son comble quand, à l’issue du ser­mon, l’étranger se leva tout à coup et s’écria:

« C’est aussi dans mon livre ! ».

— Qu’y a-t-il dans votre livre? de­manda le pasteur.

— Mais que l’Evangile est la puis­sance de Dieu pour le salut. C’est vrai, j’en ai fait l’expérience moi-même !

— Quel est donc le livre que vous avez?

— C’est une Biblia.

 

Tout auditoire avait les yeux fixés sur le fermier dont l’émotion était visible. Il se mit aussitôt à raconter son histoire.

« Il y a plusieurs années, dit-il, nous décidâmes, mon père, mon frère et moi, de construire un poulailler der­rière notre ferme. En creusant dans le sol, nous trouvâmes tout à coup un gros paquet de vêtements liés par de grosses cordes. Notre pre­mière pensée fut que le paquet pourrait bien contenir de l’argent ou quelque objet de valeur. Nous n’eû­mes aucune difficulté à l’ouvrir, car les habits étaient on grande partie pourris. Grande fut notre déception de voir que le colis ne contenait rien d’autre qu’un vieux livre dont les couvertures et les pages du début étaient entièrement détériorées par l’humidité de la terre. En ouvrant le livre nous trouvâmes un bout de papier qui portait la signature de nos ancêtres et sur lequel ils avaient tracé les lignes suivantes:

« Nous déposons ici la Parole de Dieu qui a été si souvent notre ré­confort dans la persécution. Nous courons le danger d’être tués à cau­se du témoignage de l’Evangile et, comme nous craignons qu’on ne brûle ce Livre, nous l’enterrons ici en priant de tout notre cœur : Ô Dieu, redonne-le à nos enfants, afin qu’ils puissent y trouver la joie que nous possédons ».

 

Mon frère voulut le remettre dans la terre

— Cela pourrait amener la malé­diction sur notre famille, dit-il, mais mon père protesta:

— Non, nous ne ferons pas cela. je veux savoir quel est ce livre. Don­nez-le moi; je le mettrai de côté et dimanche prochain nous le lirons ensemble.

 

C’est ce qui arriva : nous nous réunîmes pour lire la vieille « Biblia » qui nous devint si précieu­se que nous avions de la peine à attendre le dimanche suivant pour en continuer la lecture. Bientôt nos voisins furent intéressés à leur tour et notre groupe de lecteurs com­mença à grandir. Mais le Livre parlait à nos cœurs et, petit à petit, nous nous mîmes à délaisser la voie du péché, de l’idolâtrie et des tra­ditions humaines et à observer les préceptes bénis de notre Sauveur et Seigneur.

 

Pendant des années nous tînmes nos cultes dans notre cuisine, éle­vant à Dieu des prières, chantant des cantiques que nous avions faits nous-mêmes et lisant toujours le vieux Livre. Nous ignorions totale­ment qu’il y eût d’autres personnes qui possédaient la même Bible. Mais on me dit qu’il y avait ici aussi un gros livre sur la chaire, je ne pus résister plus longtemps au désir de venir, bien qu’on m’ait averti que vous étiez protestants. Comme je suis heureux que vous ayez le même livre que nous et la même expérien­ce bénie !

 

Aujourd’hui, cette vieille Bible appartient à Pierre van Woerden qui l’a reçue de la fille du pasteur van den Brink alors qu’elle était âgée de 80 ans et après lui avoir raconté cette mer­veilleuse histoire. Ce doit être lune des premières éditions de la parole de Dieu en hollandais. Le style et le vocabulaire sont difficiles à com­prendre pour les flamands d’au­jourd’hui. Les 39 premiers chapitres de la Genèse sont écrits à la main très lisiblement. Le régent de Roee­selaere y travailla pendant des se­maines afin de remplacer les pages qui avaient pourri dans la terre. La Bible ainsi complétée fut de nouveau reliée en cuir très résistant. Quelques pages sont à demi impri­mées et à demi manuscrites et les deux moitiés laborieusement collées ensemble. Je vois les traces des vers qui ont pénétré dans le livre en en rongeant les vieilles pages.

 

Ah! si cette précieuse Bible pouvait parler, quelle histoire elle nous ra­conterait ! Une histoire de larmes, aussi de joie au sein même de la persécution.

 

Mais elle parle encore cette vieille Bible qui n’a pas d’âge ! Elle élève Sa voix par-delà les siècles et pro­clame que l’Ecriture est bien la Pa­role du Dieu vivant, semence indes­tructible et qui ne cesse de porter du fruit.

Giovanni Luzzi ou la traduction de la Bible en italien

Le 25 Janvier 1948 Dieu repre­nait à Lui le fameux théologien, traducteur de la Bible en langue italienne, Giovanni Luzzi, à l’âge de 91 ans.

 

« Toute l’activité de ma vie » écrit-il lui-même, « a eu pour but non de diviser, mais de réunir ce qui dans le domaine religieux se trouvait di­visé pour des raisons historiques ».

 

Né à Tschlin (Basse Engadine[1]), les premières années de sa vie s’écou­lèrent à Lucca où son père avait ouvert un café. A l’âge de vingt ans, il s’inscrivit à la Faculté de Théolo­gie de Florence, réalisant ainsi le rêve de sa mère et sa quotidienne prière. Il fut nommé pasteur de I’Eglise Vaudoise de Florence où il exerça son ministère pendant 15 ans au sein de la communauté puis com­me professeur à la Faculté de Théo­logie de la même ville.

 

Son œuvre monumentale : la traduction de la Bible en italien fut achevée après 25 ans de labeur sou­tenu, durant lesquels, chaque matin, il priait à genou, demandant à Dieu d’inspirer sa traduction. Quel exemple de persévérance !

 

Il écrivit encore de nombreux autres ouvrages.

 

Mais sa consécration dans cette œuvre de traduction complétait aussi des actions vivantes et concrètes ; à Florence, il créa une oeuvre d’assis­tance sociale : « Les Cuisines Econo­miques» et le «Dispensaire Médical » mettant ainsi en pratique l’enseigne­ment du Sauveur et donnant une preuve tangible de sa foi et de sa relation de proximité avec son Sauveur.


Note :

[1] L’Engadine (en réto-romanche, Engiadina ou Engadina) est une région de Suisse située à l’est du pays dans le canton des Grisons. Elle est délimitée par la frontière autrichienne et la Maloja.

Des Bibles en Ethiopie

Dans l’un de ses livres John Ortberg a écrit ces lignes : « Je devais me rendre pour deux semaines en Ethiopie, accompagné d’un ami, pour y prêcher en divers endroits. Ce pays était à l’époque dirigé par un gouvernement marxiste et plusieurs chefs d’églises, déclarées illégales par le pouvoir en place, nous demandèrent d’importer, en contrebande, une cinquantaine de Bibles d’étude. Je n’étais pas très chaud à l’idée de les importer illégalement, mais nous acceptâmes de tenter l’aventure.

 

Malheureusement, comme je l’avais prévu, les agents des douanes découvrirent ces Bibles et les confisquèrent. Quelques jours plus tard le directeur de la douane demanda à nous rencontrer, à condition que soyions accompagnés des principaux chefs des églises secrètes du pays. Nous étions pleins d’appréhension en nous rendant à son bureau, car la majorité des leaders chrétiens en Ethiopie avait déjà passé de longues années en prison, au point d’utiliser l’euphémisme « aller à l’université » pour décrire leur séjour derrière les barreaux. C’était, à leurs yeux l’université où Dieu les envoyait lorsqu’Il voulait affermir leur foi !

 

Comme Joseph, longtemps avant eux, certains avaient même été chargés par leurs gardes de surveiller la prison lorsque ces derniers souhaitaient s’absenter quelques heures ou quelques jours. Dans ces cas les gardes vidaient leurs fusils automatiques de leur chargeur et les remettaient aux chrétiens avec la mission de surveiller leurs collègues prisonniers !

 

Imaginez notre surprise lorsque le chef de la douane nous déclara : « Ces Bibles ont été importées illégalement. Néanmoins vous pouvez les récupérer à deux conditions : un, vous devez en garder le secret et deux, je tiens à en garder une pour moi-même. »

 

Et John Ortberg d’ajouter : « Ce jour-là mon Dieu est devenu encore un peu plus grand et redoutable ! »

 

Chaque fois que vous ferez un pas de foi, votre Dieu vous apparaîtra un peu plus grand qu’avant et vous découvrirez le vrai sens des paroles de Paul : « A Dieu qui a le pouvoir de faire infiniment plus que tout ce que nous demandons ou même imaginons, par la puissance qui agit en nous… » (Ephésiens 3.20).