Peu à peu Muhammad a remplacé Allah

La façon dont nous nous représentons Dieu se montre dans nos actions. Ishak Ibraham dit que « …le comportement d’un homme est la démonstration la plus convaincante de sa compréhension de Dieu; et son idée de Dieu exerce une influence profonde sur sa manière d’agir ». Cela est vrai pour les musulmans aussi bien que pour les adhérents des autres religions.

De nombreux livres ont été publiés sur la vie de Muhammad. Par mil­lions ses disciples ont étudié et admiré sa personnalité, il semble que nous puis­sions percevoir dans une certaine conception musulmane et dans la vie quotidien­ne, que Dieu, d’une façon ou d’une autre, a pris de moins en moins de place, tandis que Muhammad a pris de plus en plus une position d’importance.

Dieu est si merveilleux, si majestueux, si inaccessible. Mais Muham­mad est humain, il est plus proche.

Les musulmans tendent à être davantage impressionnés par lui. C’est une légende. C’est leur héros. Ils utilisent son nom pour un serment. Ils font la louan­ge de ses actions et ils évoquent les détails de sa vie quotidienne. Comme l’explique Ray Register: « Les musulmans ont développé une aura de sainteté autour de Mu­hammad. Chacun de ses actes en tant qu’homme a fixé le modèle de la vie quoti­dienne de tout musulman pieux »

Il est le sceau de tous les prophètes.

C’est-à-dire qu’il est le dernier et le plus important de tous. Ainsi, c’est le dernier messager de Dieu pour ce monde. Son message est donc la conclusion de tous les messages divins. Celui-ci s’adresse à tous les peuples, de toute race et de toute langue jusqu’au Jour du Jugement (Coran 7:158). Tous les apôtres et prophètes avant Muhammad étaient régionaux, et leurs messages ne s’adressaient qu’aux personnes de leur région.

Il fut créé avant tout autre création ou vie humaine.

Il est né pur.

Tor Andrae montre que les musulmans croient que Muhammad « était né pur et sans tache comme un agneau qui naît circoncis, et avec le cordon ombilical déjà coupé »

Sa religion est la religion parfaite.

Le Coran dit que l’islam est la religion parfaite de Dieu. Par elle, Dieu a accompli sa faveur envers l’homme (Coran 5: 3).

En fait, on peut observer des signes de vénération, d’adoration et presque de déification de Muhammad bien que les musulmans prétendent ne pas l’adorer et que lui-même les exhortait à n’adorer que Dieu seul. Considérons ce qui suit :

1 – Muhammad est vénéré au-dessus de tout autre être humain. Zafar Ah Khan dit dans l’un de ses poèmes: « Même si ma relation avec Dieu est rompue, que ma main ne se détache jamais du bord du vêtement de l’élu [Muhammad]. »

2- Il est considéré comme étant infaillible dans son jugement.

3- Il est considéré comme étant sans péché. Cette idée est maintenue, bien que le Coran dise que Muhammad fut chargé :

            a – de dire à ses disciples, « Je ne suis qu’un être humain comme vous »

            b – de demander pardon à Dieu pour son péché (Coran 18:109 ; 40: 55).

4-Son intercession peut procurer aux personnes l’entrée au Paradis.

5 – il est invoqué dans la prière. Les musulmans s’adressent à Muhammad dans certains appels à la prière, disant: « O! le plus beau dans la création de Dieu, celui au beau visage [visage aimable] le messager de Dieu… »

Qui est véritablement Allah ?

Allah est le mot arabe pour désigner « Dieu ». L’étymologie que rapporte Dalil Boubakeur[1] est la contraction de Al-Ilāh, (« le Dieu ») en Arabe.

Le mot Allah est utilisé par les musulmans du monde entier, ainsi que par les arabophones chrétiens, juifs ou autres. La plupart des musulmans francophones préfèrent utiliser cette appellation plutôt que le mot « Dieu »[2], car celui-ci peut prendre une forme féminine (déesse) ou un pluriel (dieux), alors qu’Allah est unique, ni masculin ni féminin. D’un point de vue musulman, Allah est considéré comme le nom le plus précieux, nom qui n’est pas descriptif comme les quatre-vingt-dix-neuf attributs qui lui sont traditionnellement attribués, mais évoque la présence même du Dieu unique.

Pour comprendre qui est Allah, faisons un retour historique sur les débuts de l’utilisation de ce nom…

Le symbole du père des dieux au Moyen-Orient, c’est-à-dire Baal, l’équivalent de Zeus pour les Grecs et Jupiter pour les Romains, est, d’après l’archéologie et la Bible, un taureau avec des cornes en croissant de lune. Le dieu principal de Babylone dans l’Antiquité est le dieu de la lune lui aussi représenté par un taureau avec des cornes en croissant de lune, et plus simplement parfois par un croissant de lune.

Image ci-contre : Relief du dieu-lune Sîn, 8ème siècle av. J.-C., Harran, calcaire. Musée d’Alep (Syrie) : Le dieu Sîn disposait à Harran d’un important sanctuaire symbolisé par des hampes surmontées d’un croissant lunaire.  

Au Moyen-Orient, le  dieu de la lune est Ilah[3]. Il ne s’agit pas du nom propre d’un dieu spécifique mais d’une appellation générique pour « le dieu ». Chaque tribu arabe locale se rapportait à son propre dieu tribal local en le nommant Al-Ilah[4] qui  est devenu plus tard Allah[5]. De plus Al-Lât, féminin de Allah est une divinité adorée à la Mecque bien avant la venue de Mahomet. Nous apprenons ainsi que Ilah (ou Allah) est adoré sur une longue période pré-islamique, parfois sous d’autres appellations de Allah que nous connaissons aujourd’hui, et donc que Allah ne trouve pas son origine dans la Bible, comme essaient de le faire croire les musulmans, mais du paganisme païen[6]. D’ailleurs, des érudits arabes le reconnaissent puisque Al-Kindi[7] a précisé que l’Islam et son dieu Allah ne sont pas venus de la Bible mais du paganisme des Sabéens[8].

Dans le hadith de Sahîh de Bukhari[9], il est rapporté, au moment où Mahomet reconquit la Mecque en 630[10], qu’il y avait 360 statuettes représentant autant de divinités. Parmi ces divinités, il y avait Baal, le seigneur et maître de tous les autres dieux !

Nous savons par ailleurs que les arabes païens de la Mecque adoraient le Al-Ilah, dieu de la lune qu’ils appelaient Hubal[11]. Ce dieu est présenté par ces habitants de la Mecque comme le seigneur le plus élevé des 360 dieux de ka’ba, tout comme Allah. En fait, Hubal est le dieu auquel les arabes païens adressaient leur prières pour Allah. En d’autres termes, Allah était Hubal[12], dieu de la lune.

Il est clair que Allah était un dieu païen vénéré à la Ka’ba avant la venue de Mahomet.

Nous venons de démontrer qui est Allah, le dieu que Mahomet a choisi d’adorer[13] : c’est le dieu de la lune[14] appelé Baal[15] dans la Bible et dans les textes des civilisation sumériennes, raison pour laquelle le croissant de lune[16] est le symbole universel de l’Islam : il se rencontre sur tous les drapeaux, toutes les mosquées…

Dans la Bible, Baal n’a aucune identité précise mais rassemble toutes les divinités qui peuvent détourner le peuple de Yahvé (Dieu dans la Bible) du droit chemin. Nous trouvons à plusieurs reprises dans la Bible « Le peuple de l’Eternel se détourna du Seigneur et adora les Baals et les Astartés[17] » (Jg 2 : 13).


[1] Personnalité de la communauté musulmane en France : recteur de la mosquée de Paris et ancien président du conseil français du culte musulman.

[2] Chaque fois qu’un musulman prononce le mot Allah en dehors de la récitation d’un verset du Coran ou de la prière, il doit prononcer la formule « Soubhanahou wa ta’ala » qui signifie « Gloire à lui, il s’est élevé (au-dessus de tout) ».

[3] Le i majuscule pourrait laisser penser qu’il s’agit de Llah au lieu de ilah.

[4] D’après le lexique arabe de Lane de 1893, Al-Ilah fait référence « au grand serpent ».

[5] La plupart des lexiques étymologiques arabes reconnaissent que le mot Allah tire son origine de Al-Ilah par contraction.

[6] Nous trouvons le signe du croissant de lune associé aux philistins et aux madianites dans la Bible (Jg 8 : 26 et Es 3 : 18), c’est-à-dire des peuples païens imprégnés de paganismes et d’idolâtries.

[7] Abu Yusuf Yaqub ibn Ishaq al-Sabah Al-Kindi (801 – 873), plus connu en Occident sous son nom latinisé de Alchindius ou Al-kindi, est considéré comme le premier philosophe (faylasuf) arabe, féru dans des domaines très variés : philosophie, mathématiques, médecine, musique, physique, astronomie. Il a écrit 290 ouvrages sous forme de bref traités.

[8] Courant religieux très antérieur à l’Islam (Jb 1 : 15, Es 45 : 14, Ez 23 : 42, Jl 3 : 8) qui consiste dans l’adoration des corps célestes, du soleil de la lune mais aussi des étoiles, soit séparément, soit ensemble. Son nom vient des Sabéens ou Sabiens, ancien peuple de l’Arabie.

[9] L’autorité du Sahîh de Bukhari est reconnue dans le monde musulman. Il comprend 7397 hadith dont 2762 différents. Les Hadith (commentaires initialement oraux et mis par écrit sous forme de recueils) sont classés par thèmes et chaque thème forme un livre (kitâb), divisé en chapitres (bâb). Il y a ainsi 97 kitâb et 3450 bâb.

[10] Les diverses divinités mentionnées dans le Coran sont: Wadd, Suwâ, Yagûth, Yaûq, Nasr (sourate 71.23), Manât, Al-Lât, Uzza (sourate 53.19 et 20).

[11] Certains auteurs arabes modernes estiment que son nom vient de Baal, appellation des dieux cananéens et phéniciens, précédé de hou, article défini dans un dialecte cananéen.

[12] Selon Muhammad ibn Ishaq (historien traditionaliste musulman arabe de Médine [704 – vers 767], connu pour avoir rédigé la première « biographie du prophète » Mahomet appelée sîra.), la statue de Hubal aurait été rapportée de voyage alors qu’elle était placée sur le toit de l’édifice de la Ka’aba. Mahomet l’aurait obtenue à Moab.

[13] Les premiers musulmans étaient à l’aise avec l’Islam, et lui faisaient confiance puisque dans la pratique il n’était pas différent des conceptions mystiques de Qusayy (gouverneur de la Mecque vers 430) : Tabari 6 : 25 « Les ordres de Qusayy n’étaient jamais désobéis » et « En ce qui concerne le hadj, il confirma le droit des Arabes de continuer leur anciennes coutumes. Il les considéra comme un devoir religieux qui ne devait pas changer. » (Tabari est né en 839 au Tabaristan en Iran, ce qui lui vaut son surnom de at-Tabarî. Il est un des plus précoces et des plus célèbres historiens, exégète et écrivain perse du Coran)

[14] Nanna ou Sîn sont les noms les plus courants du dieu mésopotamien de la Lune. Il s’agit d’une des plus importantes divinités des panthéons du Proche-orient ancien. Les Sumériens le nommaient entre autres Nanna ou Zu-en, les Akkadiens, les Babyloniens et les Assyriens plus volontiers Sîn. Son culte est réputé très ancien dans la ville d’Ur mais aussi à Harran. Sous ses différents noms, il fut très tôt adoré dans la plupart des grands centres urbains mésopotamiens. Dans la période où le pays de Sumer et toute la vallée de l’Euphrate furent sous la domination de la cité d’Ur, entre – 2600 et -2400 environ, Nanna en vint à être considéré comme le chef du panthéon sumérien. On le vénérait alors comme le « Père des dieux » ou le « Créateur de toute chose ». Le dieu-Lune est comparé à un taureau, symbole de force, de fécondité, mais surtout, en tant que « porteur des cornes puissantes », du croissant lunaire. Il est représenté par le croissant orienté vers le haut, évoquant tout à la fois la nouvelle lune, des cornes de taureau ainsi qu’une embarcation.

[15] Dans le Coran, Baal est comparé à Allah et présenté comme le Meilleur des créateurs : « Invoquerez-vous Baal (une idole) et délaisserez-vous le Meilleur des créateurs, Allah, votre Seigneur et le Seigneur de vos plus anciens ancêtres ? » (Coran, sourate 37 [les rangées] verset 125).

[16] Mahomet, en détruisant les idoles de la Mecque, dont Hubal, laissait les païens sans idole pour prier. Hubal, leur dieu principal a été remplacé par Allah, les signes associés auparavant à Hubal (comme les croissant de lune et la ka’ba) le furent à Allah. Ainsi, les païens priaient Allah devant l’image de Hubal (sources: La Mecque de Mohammed par W. Mongomery Watt chapitre 3: Religion des l’Arabie préislamique Page 26 à 45). Le culte de la lune a donc été pratiqué en Arabie plus de 2000 av Jésus-christ. La lune en croissant est le symbole le plus commun de ce culte ! Un apologiste musulman a établi que le symbole du dieu de la lune Hubal fut placé sur le toit de la Ka’ba environ 400 ans avant la naissance de Mohamet. Ceci nous donne l’origine du symbole du croissant de lune placé sur chaque minaret à la Mecque aujourd’hui et symbole central de l’Islam placé sur chaque mosquée dans le monde entier !  (source complémentaire : Muhammad le prophète, le Hafiz Ghulam Sarwar (Pakistan), p 18 et 19)

[17] De la même façon, Astartés rassemble les divinités se référant à Ishtar, la déesse de Babylone.

Allah, le dieu des musulmans

Islam est un mot arabe qui veut dire “soumission, re­nonciation et abandon”. En tant que religion, l’islam signifie une soumission totale à la volonté de Dieu en toutes choses. Un musulman est quelqu’un qui s’est aban­donné à Dieu selon la foi islamique. Même des personnages historiques ayant vécu avant l’apparition de l’islam sont appelés musulmans dans le Coran, dont Abraham (Coran 2:128, 133-136), les prophètes juifs (Coran 5: 44) et les disciples de Jésus (Coran 3: 52). (Dans la version française du Coran, le mot « musulman » dans ces ver­sets est traduit par « soumis ».)

Les musulmans vénèrent Dieu et parlent de Lui. Il est le centre de leur philosophie. Il est Un – le Souverain Créateur, le Souverain Tout-Puissant, le Juge in­contestable et le Planificateur de tout – et Il est absolu dans sa volonté.

Les musulmans moyens citent avec vénération le nom de Dieu plusieurs fois par jour. Au commencement de la journée, du repas, d’une discussion ou de toute autre activité, ils disent souvent bismellah (« au nom de Dieu »). D’autres expressions telles que inshaAllah (« s’il plaît à Dieu »), subhanAllah ou alhamdulellah (« louange à Dieu »), masha’ Allah (« comme il est bon ») et Allah-u Akbar (« Dieu est grand ») ne sont que quelques-unes des déclarations généralement entendues tout au long d’une journée dans une communauté musulmane. Une réponse typique à la question désinvolte « Comment allez-vous ? » n’est pas: « Bien, merci » mais « Louange à Dieu ». Il est vrai, pourtant, que les gens utilisent de telles expressions pieuses davantage par tradition et habitude que par ferveur religieuse. Ces expressions n’indiquent pas particulièrement une foi consciente, bien que la foi en l’existence de Dieu soit une chose normale et indiscutable.

Dieu est Un

Les musulmans croient que Dieu est Un. Son unité est simple et abso­lue. Il n’a pas d’égal ni d’associés. En réalité, Muhammad[1] ne fut pas le premier Arabe à présenter a ses compatriotes Allah comme le seul Dieu. Son père qui naquit dans une famille pré-islamique, fut appelé Abd-ullah, « le serviteur du Dieu ». Même avant l’islam, de nombreux Arabes préféraient n’adorer qu’Allah. Ils étaient appelés des Hanifs. La croyance dans l’unité absolue de Dieu est si importante qu’elle est considérée comme étant le dogme le plus essentiel de la théologie isla­mique.

Il est au-dessus de tout

Les musulmans disent que Dieu est supérieur et au-dessus de tout. Il est le Créateur, mais Il est bien au-dessus de sa création et n’y intervient pas. Il est partout. Il voit et veille sur les humains, mais Il s’en tient éloigné. Il est éternel, alors que tout autre est mortel. Il est parfait en majesté et beauté. Il est tout-puissant. Il est une abstraction et les gens ne peuvent pas Le comprendre. En réalité, les gens ne devraient même pas essayer de l’expliquer. Il est au-dessus de l’analogie.

Pour la plupart des musulmans, expérimenter la réalité de Dieu ou son essence est hors de question. Il est lointain et inaccessible mais très proche d’une façon mystérieuse.

Il est le Maître Souverain

La volonté de Dieu est suprême et il fait ce qu’il veut, il pardonne à qui Il veut pardonner et il punit qui Il veut punir. Les humains ne sont pas les enfants de Dieu; plutôt, ils sont ses esclaves ou ses serviteurs et n’ont pas à discuter ou à s’éle­ver contre sa volonté. Peu importe le fait qu’une personne soit proche de Dieu, elle se tiendra toujours dans la présence du Tout-Puissant comme un abd (un « esclave »).

L’islam rejette catégoriquement le concept chrétien d’un Dieu qui est notre Père, de peur d’en diminuer la grandeur (Coran 5:18). Par ailleurs, l’idée que « Dieu est amour » ne se trouve pas dans le Coran. Selon le saint livre de l’islam, l’amour de Dieu est réservé aux gens biens (Coran 3: 76; 9 : 4; 2:195; 3:146). De plus, même si Dieu s’intéresse à la souffrance humaine, il ne s’en occupe pas. L’islam ne voit rien de faux ou de problématique dans une telle idée.

La compréhension générale musulmane au sujet de Dieu peut être comparée à un juge assis à l’extrémité d’une course d’obstacles, sur un trône dans le faste et le luxe du Paradis. Ce souverain délivre des lois et des règlements à travers des messagers. Cependant, il n’est pas lui-même directement préoccupé à secourir les gens dans leur lutte. Alors que les coureurs rivalisent, le juge distribue récompense ou punition à chaque personne selon de ce qu’il a accompli.

Dans la compréhension chrétienne, Dieu donne les règles, et Il est directement impliqué Lui-même en parcourant la même course. Dans la Bible, Dieu a choisi la voie de la souffrance. A travers l’incarnation, Il s’identifie à l’humanité souffrante, et cela ne Le rabaisse pas et ne diminue ni sa gloire ni sa grandeur. Dans l’islam, Dieu manifeste sa souveraineté en envoyant des messagers ; dans le chris­tianisme, en venant Lui-même. Dans la théologie islamique, la relation de Dieu avec les personnes se fait à travers la révélation et les prophètes; dans la théologie chrétienne, Dieu va jusqu’à se donner Lui-même par amour.

Le message central de l’Evangile est que Dieu a pris Lui-même l’initia­tive de chercher et de sauver les gens. il a visité les humains et a pris contact avec eux. Un tel concept est tout à fait incompréhensible et inacceptable pour l’islam qui enseigne que Dieu se tient à l’écart des personnes. Celles-ci doivent prendre l’initia­tive et entreprendre seules la course à travers une véritable lutte et une persé­vérance afin de transformer leur situation.

La Bible enseigne que Dieu qui est le Seigneur Souverain est pro­fondément compatissant à l’égard de l’humanité pécheresse et impuissante. Dans son amour, Dieu est descendu pour sauver l’homme de son état de misère et de dépravation (1 Jean 4 :10). C’est la vérité la plus grande et la plus réconfortante. L’Eternel Roi Souverain de l’univers est aussi le Père compatissant et aimant !

La pensée musulmane refuse et rejette une telle idée, la trouvant inconcevable. L’islam enseigne que l’homme est censé aimer Dieu en premier et obéir à ses ordres. Alors Dieu l’aimera (voir Coran 3 : 31). Dans le Haddith, nous lisons que Dieu dit:

Si mon serviteur continue à s’approcher de moi avec des sacrifices,

Il me sera plus proche jusqu’à ce que je l’aime.

Et une fois que je l’aimerai, je deviendrai pour lui l’oreille par laquelle il entendra, l’œil par lequel il verra, la main avec laquelle il touchera, et le pied avec lequel il marchera. Et s’il m’adresse une demande, je lui donnerai, et s’il a besoin de mon aide, je la lui accorderai.

Dans le Coran, Dieu a plusieurs noms. Les musulmans en ont pris 99 et les appellent « les noms merveilleux de Dieu ». (Certains pensent que cela fut fait pour satisfaire les Arabes païens polythéistes qui adoraient les nombreuses filles de Dieu qui furent toutes détrônées par Muhammad. Mais rien ne prouve cette théorie).

Ces 99 noms parlent des attributs et des caractéristiques de Dieu. Bien que certains de ces noms se rapportent à sa compassion et à sa miséricorde, la plupart d’entre eux se rapportent à sa puissance, à sa force, et à sa vengeance. Ainsi, Il est grand, juste, exalté; Il est le Juge, le Roi du Jour du Jugement, etc.

Parfois, on peut avoir l’impression que le Dieu islamique est capri­cieux, parce que tandis qu’il guide dans le droit chemin, il égare aussi quelquefois les gens. Par ailleurs, Il apporte de temps à autre dégât et destruction. il est décrit aussi par des expressions comme « Celui qui abaisse », « Celui qui oblige » ou « le Ty­ran », « le Hautain ». Tous ces termes, quand ils sont utilisés par les hommes, ont un sens péjoratif.

Même le musulman le plus pieux n’est pas sûr que Dieu l’acceptera ou non au Dernier Jour; il ira soit au paradis soit en enfer. Abu Bakr (le premier homme converti à l’islam, le compagnon le plus proche du prophète, et le premier calife musulman après Muhammad) jura un jour: « Par le nom de Dieu, je me méfie­rais de la ruse de Dieu, même si j’avais déjà un pied dans le Paradis. »

Puisque Dieu est bien au-dessus de la compréhension de l’homme, celui-ci est incapable de Le définir. Même si quelqu’un essayait de Le décrire en disant « Dieu est amour » comme le font les chrétiens, cela pourrait signifier qu’il n’est pas haine. Si quelqu’un disait « Dieu est bon », cela pourrait vouloir dire qu’il n’est pas méchant. Les musulmans considèrent que de telles descriptions imposent des limites à la nature de Dieu. L’idée que Dieu soit limité est inacceptable pour eux.

L’islam enseigne cependant qu’une personne peut connaître Dieu parce qu’il s’est annoncé et s’est révélé Lui-même aux prophètes pour guider le peuple dans le droit chemin. Selon l’islam, Dieu a envoyé le Coran au plus grand des prophètes, Muhammad. L’islam est une religion avec un livre, le Coran. Pour les musulmans, le Coran est la révélation finale. C’est le plus grand de tous les livres par sa langue, son style et son message.

Le Coran est lu, appris, étudié, mémorisé et récité. Son contenu est sacré et vénéré. En tant que livre, il ne doit pas être manipulé avec légèreté ou négli­gence. C’est la déclaration essentielle et centrale de la religion, ce qui lui donne une extrême valeur aux yeux des musulmans. Il les influence grandement dans tous les aspects et les activités de la vie.


[1] Voir « Mahomet ou Muhammad » -> https://wp.me/p8REsR-qH