Seule la repentance produit la délivrance

Dans le livre des Actes, les apôtres insistaient particulièrement sur le sujet de la repentance, car c’est la clé de la délivrance. Voilà pourquoi leur prédication était puissante et percutante. Elle produisait des résultats durables, des transformations radicales et des délivrances extraordinaires dans la vie de ceux qui recevaient l’Evangile. Les apôtres enseignaient immédiatement aux nouveaux convertis l’abandon définitif de tout péché, de toute passion secrète ainsi que de toutes pratiques occultes de quelque nature qu’elles soient. La magie, la sorcellerie, l’occultisme sont entre autres des activités sataniques totalement incompatibles avec la foi chré­tienne.

Il est intéressant de remarquer comment l’apôtre Paul a agi pour apporter la délivrance aux nouveaux convertis d’Ephèse qui avaient pratiqué l’occultisme. Sa méthode consistait à conduire aussitôt les gens à se repentir de toutes leurs pratiques occultes, à rompre définitivement avec elles en les détruisant sans ménagement ni compromis. Une vraie repentance au moment même de la conversion était la clé de la déli­vrance.

La Bible déclare à ce sujet: «Plusieurs de ceux qui avaient cru venaient confesser et déclarer ce qu’ils avaient fait. Et un certain nombre de ceux qui avaient exercé les arts magiques, ayant apporté leurs livres, les brûlè­rent devant tout le monde : on en estima la valeur à cinquante mille pièces d’argent. C’est ainsi que la Parole du Seigneur croissait en puissance et en force » (Ac 19:18-20).

Remarquez dans cette dernière partie de verset, l’influence puissante de la Parole de Dieu lorsqu’elle est prêchée, courageusement et sans aucun compromis. Dans le texte grec, l’expression «puissance et force » dénote une action de domination et de force. Cela sous-entend le combat d’une armée puissante et triomphante en train de chasser l’ennemi et d’oc­cuper la place; cette expression véhicule l’image d’un conquérant déployant une grande manifestation de puissance. Oh, si nous étions un peu plus conscients de l’efficacité extraordinaire de la Parole de Dieu que nous proclamons! Nos vies et nos ministères de témoins en seraient profondément boule­versés. C’est la Parole de Dieu qui libère et transforme les vies! Partout où elle était répandue, proclamée fidèlement par les apôtres et reçue avec foi, le Seigneur la confirmait par de magnifiques conversions et délivrances. « La Parole de Dieu se répandait de plus en plus, le nombre des disciples augmentait beaucoup à Jérusalem… » (Ac 6:7). «Cependant la Parole de Dieu se répandait de plus en plus, et le nombre des disciples augmentait» (Ac 12:24).

Examinons une situation où les apôtres Pierre et Jean ne purent rien faire pour délivrer quelqu’un, précisément parce qu’il n’y avait pas de repentance dans le coeur de la personne concernée. Le livre des Actes (8:9-11, 18-24) mentionne un incident important nous révélant le comportement des apôtres face à une personne qui avait pratiqué la magie.

Simon le magicien avait impressionné un grand nombre de gens et il exerçait sur eux une grande influence. Cependant, en voyant à l’oeuvre la puissance de Dieu, il se mit à croire, lui aussi. « Lorsqu’il vit que le Saint-Esprit était donné par l’imposition des mains des apôtres, il leur offrit de l’argent en disant : Accordez-moi aussi ce pouvoir, afin que celui à qui j’imposerai les mains reçoive le Saint-Esprit. Mais Pierre lui dit : Que ton argent périsse avec toi puisque tu as cru que le don de Dieu s’acquérait à prix d’argent. Il n’y a pour toi ni part ni lot dans cette affaire, car ton coeur n’est pas droit devant Dieu. Repens-toi donc de ta méchanceté, et prie le Seigneur pour que la pensée de ton coeur te soit pardonnée, s’il est possible » (Ac 8:18-22).

Notez bien ce qui s’est alors réellement passé. Aucun ministère de déli­vrance n’a été pratiqué sur lui, comme cela aurait été fait automatiquement par certains chrétiens actuels. Que fit 1’apôtre Pierre ? Il a exhorté Simon à se repentir, après lui avoir déclaré qu’il ne pouvait avoir aucune part dans ce ministère. Il s’agissait bien là d’un problème de droiture de coeur et non d’un problème de démons à confronter. La solution que l’apôtre Pierre lui a proposée était celle-ci : « Repens-toi donc de ta méchanceté et prie… ». Il en a toujours été ainsi : pas de délivrance sans repentance.

Les attaques extérieures de l’ennemi

S’agissant du chrétien, la Bible nous révèle que Satan et ses démons demeurent pour lui des ennemis agissant de l’extérieur. Nous sommes dans un combat spirituel contre les forces sataniques qui cherchent des occasions favorables pour nous attaquer. L’exhortation divine est toujours de résister nous-mêmes à un ennemi extérieur, non à appeler quelqu’un pour nous exorciser (Jc 4:7; 1 Pi 5:8-9). Il y a une grande différence entre être attaqué par un démon et être habité par celui-ci. La première attaque de l’ennemi vient de l’extérieur, tandis que dans l’autre cas, l’ennemi exerce son influence de l’intérieur C’est précisément l’amalgame de ces réalités qui ont conduit certains chrétiens à croire qu’un chrétien pouvait être « démonisé » (habité par un démon).

Jésus a résisté à Satan en lui citant les Ecritures (Matthieu 4). Nous aussi, nous devons utiliser la Parole de Dieu pour résister au diable et à ses démons, en demeurant fermes dans la foi (1 Pi 5:8-9). C’est alors que le bouclier de la foi éteindra tous les traits enflammés du malin (Ep 6:16).

L’exemple de l’écharde de l’apôtre Paul nous montre que les chrétiens aussi peuvent subir des attaques extérieures de l’ennemi, mais sans être sous sa domination. Cette écharde provenait d’un ange de Satan pour le souffleter (2 Co 12:7). Paul a prié à trois reprises que le Seigneur veuille l’éloigner de lui, mais cela lui a été refusé et Dieu lui a déclaré que sa grâce lui était plei­nement suffisante. L’attaque venait donc de l’extérieur, et il est important de préciser que Paul ne chercha pas à en être délivré par l’exorcisme.

Quelles sont alors les leçons indispensables que chaque chrétien doit apprendre des attaques de l’ennemi au travers de l’écharde de Paul?

a) La Bible ne précise pas exactement la nature de cette écharde, mais plutôt son origine. L’écharde demeure imprécise afin que tous les chré­tiens, dans leur combat spirituel, appliquent personnellement à leur vie, les leçons spirituelles découlant de ce récit.

b) Celle-ci était attribuée à une attaque démoniaque venant de l‘exté­rieur, permise et cependant contrôlée par Dieu (Job 2:1). Satan ne peut pas agir contre un vrai chrétien sans la permission divine, et « Dieu qui est fidèle, ne permettra pas que nous soyons tentés au-delà de nos forces; mais avec la tentation il préparera aussi le moyen d’en sortir, afin que vous puissiez la supporter » (1 Co 10:13).

c) Cette écharde avait pour but d’empêcher l’apôtre Paul de s’enor­gueillir à cause des révélations exceptionnelles qu’il avait reçues. Le Seigneur sait comment équilibrer notre vie. Si nous n’avions que des bénédictions, nous pourrions devenir orgueilleux; c’est la raison pour laquelle les épreuves nous sont nécessaires. L’expérience extraordinaire de Paul dans le ciel aurait pu ruiner son ministère sur la terre. Ainsi, le Seigneur, dans sa bonté, a permis à Satan de le souffleter afin de le garder humble.

d) Souvent, lorsque le Seigneur répond par un refus à une prière sincère, quelque chose de bien meilleur est accordé.

e) Elle a rendu Paul encore plus dépendant de son Seigneur et, par conséquent, plus fort pour accomplir sa volonté. Elle n’était pas un obstacle pour sa vie spirituelle, comme il l’avait pensé, mais une occasion pour le glorifier davantage dans son ministère.

f) La grâce de Dieu est ce qu’il a préparé pour pourvoir à chacun de nos besoins, et juste au moment où cela nous est le plus nécessaire.

Ainsi, la « grâce » accordée à Paul dans son épreuve était la présence du Seigneur, son soutien fidèle et sa puissance toujours disponible. C’est encore aujourd’hui le secours céleste accordé à tout chrétien qui crie à Dieu dans sa faiblesse extrême. Cette « grâce » sera communi­quée à tous ceux qui sont décidés à rester fermes et fidèles dans le combat de la foi, quelles que soient les oppositions de l’adversaire. Plus notre faiblesse, nos épreuves et nos tribulations sont grandes, plus la grâce de Dieu et le secours divin nous seront accordés proportion­nellement pour accomplir sa volonté. Ce qu’il nous donne est toujours suffisant pour vivre chaque jour notre vie chrétienne, pour oeuvrer à son service et pour endurer les souffrances qui en découlent. Tant que nous rechercherons sincèrement sa face, le Seigneur nous donnera force et consolation divines.

Avec l’apôtre Paul, nous pourrons alors affirmer avec conviction « C’est pourquoi je me plais dans les faiblesses, dans les outrages, dans les calamités, dans les persécutions, dans les détresses, pour Christ; car, quand je suis faible, c’est alors que je suis fort » (2 Co 12:10). C’est lorsque nous sommes conscients de notre propre faiblesse que nous comp­tons le plus sur la puissance de Dieu, et que nous sommes vraiment forts. Notre faiblesse sera notre force afin que toute la gloire revienne unique­ment à notre Sauveur.

Notre Dieu est souverain. Il peut même utiliser les « attaques » du malin pour fortifier notre foi et nous rendre plus efficaces à son service. Gloire à notre Tout-Puissant Rédempteur!

Etre tenté et non forcé à pécher

Même dans le cas douteux d’Ananias et Saphira (Actes 5:1-10), que ceux qui affirment qu’il existe un « ministère de délivrance » utilisent souvent pour prouver que des chrétiens peuvent être « démonisés » ou avoir en eux un démon, l’apôtre Pierre n’a pas effectué ce qu’ils feraient aujourd’hui. Il déclara à Ananias: «Pourquoi Satan a-t-il rempli ton coeur, au point que tu mentes au Saint-Esprit » (v. 3). Selon eux, Satan serait entré en lui et aurait mis ensuite des mauvaises pensées dans son coeur. Mais ce n’est pas ce qui s’est produit. En réalité, Satan a seulement mis une mauvaise pensée dans le coeur d’Ananias. S’il en avait physiquement pris le contrôle, Ananias n’aurait pas été responsable.

Et pourtant, même en admettant cette possibilité, pourquoi l’apôtre Pierre poursuit-il en demandant à Ananias : «… Comment as-tu pu mettre dans ton coeur un pareil dessein? » (Ac 5:4). Pierre impute à Ananias la faute et non à Satan.

Ananias a d’abord eu lui-même de mauvaises pensées dans son propre coeur, puis il a conçu un plan pour tromper Dieu. Et c’est seulement ensuite que Satan a utilisé cette faille pour l’encourager à accomplir ce funeste dessein. Ananias pouvait résister à cette tentation du diable. Il a été mis devant ce choix. De toute évidence, il n’a pas résisté et a payé cher les conséquences de son péché. Le fait qu’il pouvait choisir, prouve juste­ment qu’il était maître de lui-même et non « démonisé » ou sous une «domination » démoniaque comme le suggèrent certains. De toute façon, Pierre n’a pas réglé ce problème en cherchant à chasser un démon de la vie d’Ananias. Ce récit montre de toute évidence que les démons peuvent nous tenter afin de nous pousser à pécher, mais ils ne peuvent en aucune manière nous forcer à le faire.

Tous les autres passages bibliques, que ce soit dans les Actes ou dans les Epîtres, révèlent une constance absolue : les apôtres n’ont jamais cherché à régler les cas, même les plus litigieux, des chrétiens en chassant des démons de leur vie. Les moyens qu’ils ont utilisés pour conduire les chrétiens sur le chemin de la victoire ont toujours été la repentance, la discipline, l’obéissance, la fidélité à la Parole de Dieu, la persévérance, la fermeté dans la foi, le pardon, la marche par l’Esprit, la nécessité de se revêtir de toutes les armes de Dieu.

Certes, bien des chrétiens ont été délivrés de certains problèmes, mais ils se figurent, à tort, avoir été délivrés de démons ayant habité en eux. Par ignorance, on peut donner une mauvaise interprétation de ce qui s’est passé. C’est pourquoi, il nous faut sans cesse examiner les Ecritures pour vérifier si ce que nous venons de vivre est vraiment conforme avec ce que la Bible enseigne.

Quelques-uns, par exemple, enseignent que puisque la Bible parle d’un esprit de timidité, toute délivrance de la timidité doit forcément passer par l’expulsion de cet esprit de timidité. Mais un examen sérieux du même passage dans 2 Timothée 1 : 7, nous parle aussi d’un esprit de force, d’amour et de maîtrise de soi. Si certains prédicateurs interprètent la timi­dité comme un démon à chasser, et veulent être logiques avec eux-mêmes, ils devraient aussi demander aux trois bons esprits que nous venons de mentionner de venir habiter en eux.

L’erreur de ce raisonnement est évident. L’amour et la maîtrise de soi sont des fruits de l’Esprit dans notre vie (Ga 5:22-23). Ce sont donc des attitudes résultant de notre coopération avec le Saint-Esprit, et non des esprits.

Dans beaucoup de cas, le mot esprit s’applique à une attitude ou à une disposition d’esprit. David parle d’un esprit brisé (Ps 51:19); Paul dési­rait venir à Corinthe, non avec une verge, mais dans un esprit de douceur (1 Co 4:21). Pierre parle de la parure intérieure et cachée dans le coeur, la pureté incorruptible d’un esprit doux et paisible (1 Pi 3:4).

Ainsi, à moins que le contexte ne montre clairement que nous sommes en présence d’un démon, il est évident que des expressions telles que avoir un esprit hautain, un esprit de jalousie, un esprit de sommeil, etc, doivent être considérées comme des dispositions de coeur, des désirs ou passions de la chair (Galates 6) et non comme des démons.

En confondant les oeuvres de la chair avec les démons, le chrétien peut ne jamais se sentir responsable de ses mauvaises actions et, par consé­quent, ne jamais ressentir le besoin de s’en repentir, alors que la Bible montre, sans équivoque, la nécessité de la repentance et de l’abandon de ces choses. Le grand conflit dans la vie du chrétien n’est pas entre le Saint-Esprit et les démons, mais entre le Saint-Esprit et la chair.

Ne pas confondre la chair et les démons

Le pasteur bien connu Chuck Smith, des USA, nous fait part de réflexions pertinentes à ce sujet: « Qu’en est-il de ces expériences concernant des chré­tiens dont on chasse soi-disant des démons? Qui sont ces voix qui parlent en se donnant des noms et qu’en est-il de toutes ces contorsions au sol et ces vomissements? Je ne le sais pas! Je bénis le Seigneur de n’être pas engagé dans de telles pratiques non scripturaires, je n’ai donc pas à les expliquer. J’ai remarqué que quelques-uns des noms de ces soi-disant démons nommés dans ces expériences sont : la convoitise, la haine, le mensonge, la gloutonnerie, l’envie, la crainte, la jalousie. Ces choses sont considérées dans les Ecritures comme étant des oeuvres de la chair que nous devons crucifier (Ga 5:19-21; Col 3:8; Ro 8:13), et non pas comme des démons à chasser. Pas une seule fois, il nous est ordonné de chasser la chair. il semble que toute cette histoire de démons ne soit qu’une échappatoire pour fuir notre responsabilité person­nelle qui est de crucifier notre chair avec ses passions ».

« Certains préfèrent bien sûr adopter cette solution de facilité pour se débarrasser de leur nature chamelle, plutôt que d’accepter le processus douloureux de la crucifixion. Ils désirent tout simplement que l’on chasse leur chair, chose impossible et non biblique. » C’est là un moyen subtil pour eux d’échapper à la responsabilité de leurs propres actions charnelles. La grande confusion est qu’ils mettent sur le compte des démons ce qui provient de leur propre chair. Ils arrivent ainsi à cette fausse conclusion: « Comment puis-je être blâmé puisque c’est le diable qui me pousse à faire ces choses!

« Dans la Parole de Dieu, il n’y a pas un seul passage qui nous montre Jésus, les apôtres ou les premiers chrétiens en train de chasser des démons de ceux qui sont nés de nouveau. Les oeuvres de la chair étaient reconnues comme telles, et des instructions précises étaient données pour y remédier. Mais à aucun endroit la Bible nous enseigne que nous devons exorciser la chair. »

« Les fruits amers de cette doctrine malsaine concernant la démonisa­tion des chrétiens ont créé de profondes divisions dans le Corps de Christ. Ceux qui pratiquent ces « exorcismes » mettent plutôt l’accent sur la puis­sance de Satan qui attaque, que sur la puissance de Christ qui protège. Les démons deviennent d’ailleurs le centre de leurs conversations et de leurs enseignements, alors que Jésus-Christ seul devrait en être le centre. »

Restons fermes dans la foi et réjouissons-nous de la réalité de la Parole de Dieu qui déclare: « Celui qui est en nous est plus grand que celui qui est dans le monde » (1 Jn 4:4) et « Christ en nous, l’espérance de la gloire » (Col 1 :27). Pour nous chrétiens, il nous est dit de résister au diable (et non de nous exorciser) et celui-ci fuira loin de nous (Jc 4:7). Gloire à Dieu pour la réalité de la présence du Saint-Esprit en nous!

Minimisation de la responsabilité du chrétien

Subtile­ment, certains chrétiens adoptent une position qui ôte toute responsabilité personnelle pour la rejeter sur le diable. Neil Anderson écrit : « Il est essentiel que les chrétiens comprennent qu’ils sont vulné­rables aux influences démoniaques. En effet, ceux qui affirment qu’un démon ne peut exercer sa domination sur une partie de la vie d’un croyant, nous laissent le choix entre deux hypothèses seulement pour expliquer les problèmes auxquels nous sommes confrontés : soit c’est nous qui sommes fautifs, soit c’est Dieu. Si nous nous tenons pour responsables, nous sombrons dans le désespoir parce que nous sommes incapables de mettre fin à certains comportements »[1].

Incroyable! Anderson dit que nous n’avons pas à nous blâmer nous ­mêmes pour nos passions ou certains de nos comportements. Devons-nous en conclure que nous ne pouvons pas nous corriger? La philosophie et la psychologie Freudienne n’ont-elles pas exercé une influence néfaste sur notre culture, et maintenant même sur l’Eglise, en nous inculquant la pensée que nous sommes « des victimes » et non des responsables ? Satan peut nous séduire et chercher à nous influencer, mais nous sommes les seuls à être blâmés lorsque nous péchons ! Quand nous commettons un péché, c’est notre choix, et non celui de quelqu’un d’autre.

L’apôtre Jacques confirme ce que nous venons de dire en ces termes «Que personne, lorsqu’il est tenté, ne dise: C’est Dieu qui me tente. Car Dieu ne peut être tenté par le mal, et il ne tente lui-même personne. Mais chacun est tenté quand il est attiré et amorcé par sa propre convoitise. Puis la convoitise, lorsqu’elle a conçu, enfante le péché; et le péché, étant consommé, produit la mort » (Jc 1:14-15).

Suite à l’entretien qu’il a eu avec une personne, Neil Anderson écrit encore: « Au fil des années, elle en était venue à croire les mensonges de Satan, à savoir qu’elle était elle-même responsable de ses ennuis et qu’elle n’avait aucune valeur aux yeux de Dieu ni de quiconque »[2]. Devons-nous en conclure, d’après ces paroles, qu’une personne peut avoir des excuses valables pour ne pas obéir à la Parole de Dieu? Est-ce qu’un chrétien peut prétendre être justifié devant Dieu pour ne pas pardonner, ne pas obéir, ne pas aimer, ne pas se repentir etc., sous prétexte que Satan l’a séduit?

Un tel raisonnement ressemble étrangement à celui d’Adam lorsqu’il rétorqua a Dieu : «La femme que tu as mise auprès de moi m’a donné de l’arbre, et j’en ai mangé » (Ge 3:12). Les prédicateurs de la délivrance, inconsciemment, permettent aux chrétiens d’avancer de telles excuses, qu’ils acceptent d’ailleurs bien volontiers, pour se justifier. Cette attitude explique, en partie, pourquoi l’Eglise est de plus en plus absorbée par un esprit égocen­trique et, de ce fait, est devenue réticente à reconnaître son péché et ses erreurs.

Les « ministères de délivrance » enseignent que des démons peuvent nous manipuler ou nous forcer à pécher. En parlant ainsi, ils attribuent, sans le vouloir, plus de puissance à Satan qu’au sang de Christ. Il nous faut savoir qu’aucun démon ne peut nous forcer à pécher. Si un chrétien retourne à certains péchés de son ancienne vie, c’est à cause de la méchanceté de son coeur, c’est son propre choix et parce qu’il l’a bien voulu. Pécher ou abandonner son péché est une question de choix personnel (Jc 1:13-15

Mt 15:18-20).


Notes :

[1] Neil Anderson, Le libérateur, p. 174

[2] Neil Anderson, Le libérateur, p. 149

Est-ce biblique d’exorciser un chrétien ?

Ceux qui chassent les démons des chrétiens renient, par leur pratique et généralement sans le vouloir, la notion biblique de la « nouvelle naissance ». Il leur est, par exemple, difficile de croire qu’après une repentance sincère et une rupture définitive avec l’ancienne vie, le chrétien soit devenu une toute nouvelle créature et que les péchés dont il est purifié englobent aussi ses péchés occultes. La Bible, en effet, ne fait pas de différence entre les péchés occultes et les autres (Ep 1 : 7 ; Ga 5 : 19 à 21). Pourtant les Ecritures affirment catégoriquement : « Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle création. Les choses anciennes sont passées ; voici, toutes choses sont devenues nouvelles » (2 Co 5 : 17).

Un chrétien réellement né de nouveau, selon la Parole de Dieu, est une personne dont l’esprit a été régénéré par le Saint-Esprit qui est venu habiter en elle au moment de sa conversion à Jésus-Christ. Son corps est devenu le temple du Saint-Esprit. En écrivant aux Corinthiens, l’apôtre Paul les invite à considérer toute la portée de leur nouvelle naissance : « Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous, que vous avez reçu de Dieu, et que vous ne vous appartenez point à vous-mêmes ? Car vous avez été rachetés à un grand prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps et dans votre esprit qui appartiennent à Dieu » (1 Co 6 : 19 et 20).

Les Corinthiens étaient loin d’être des chrétiens adultes. Ils étaient restés charnels, des bébés en Christ. Il y avait, au milieu d’eux, des disputes et de la jalousie (1 Co 3 : 3), des divisions et des désordres mais à aucun moment l’apôtre Paul ne fait allusion à des liens ou à une manipulation satanique. Il n’attribue nullement leurs péchés à une origine ou une domination démoniaque. Il n’a pas du tout réglé le problème en chassant des démons de leur vie.

La jalousie, l’orgueil, la convoitise, etc. étaient des péchés résultant de la chair et non des démons. Il n’est dit en aucune manière que les chrétiens de Corinthe étaient habités par des démons qu’on a dû chasser. Par contre, il leur était constamment et solennellement rappelé que le Saint-Esprit habitait maintenant en eux et qu’ils pouvaient l’attrister par leurs péchés. Il leur a été souvent répété qu’un peu de levain fait lever toute la pâte et qu’il faut faire disparaître ce vieux levain qu’est le péché. Il s’agit maintenant de glorifier Dieu dans leur corps et leur esprit qui appartiennent à Dieu (1 Co 5 : 7 ; 6 : 19 et 20).

En fait, la croix a radicalement changé la position du chrétien par rapport au diable : en discutant avec ceux qui chassent les démons des chrétiens, nous constatons qu’ils sont incapables d’étayer leur ministère sur la base des événements du Nouveau Testament postérieurs à la Pentecôte.

Ils fondent en grande partie leur doctrine sur les Evangiles et ignorent totalement le livre des Actes des Apôtres et les Epîtres. Par exemple, ils attribuent à tort aux chrétiens les expériences d’exorcisme des Evangiles, alors qu’elles étaient opérées sur des inconvertis. C’est en cela qu’ils font une confusion. Si les chrétiens veulent savoir comment se comporter dans ce domaine, ils doivent se référer à ce qui s’est passé après la mort et la résurrection de Jésus car c’est par sa mort que Jésus a anéanti (écrasé, réduit à néant, paralysé) celui qui a la puissance de la mort, c’est-à-dire le diable (Hb 2 : 14). C’est donc à partir de la croix que la relation du chrétien avec le diable a radicalement changé. Il n’est plus sous son autorité, il est réellement libre.

Satan a peut-être pensé que la croix était sa victoire car tout semblait le prouver. Mais la résurrection de Jésus a montré le contraire. En fait, après cet événement, il ne pouvait plus tenter Jésus ni même lui parler. Après la résurrection, Jésus n’avait plus rien à faire avec lui. Satan savait désormais qu’il était un ennemi vaincu.

Nous savons que le livre des Actes des Apôtres est le livre par excellence de l’histoire du Saint-Esprit dans l’Eglise naissante. Il nous faut considérer la situation de l’Eglise du Seigneur à partir du moment où le sacrifice de la croix a été accompli, la résurrection devenue une réalité vivante et le Saint-Esprit donné aux chrétiens.

Combien de fois voyons-nous les apôtres chasser des démons de chrétiens ? Pas une seule fois ! Si ce ministère était si essentiel, comme le prétendent certains prédicateurs de nos jours, pourquoi n’en parle-t-on pas dans les Actes des Apôtres et les Epîtres ? De plus, nous remarquons un fait frappant concernant l’attitude des apôtres à l’égard des démons, dans la vie des inconvertis. Ils ne prenaient jamais l’initiative de les chasser. Ils n’allaient pas à leur recherche. C’était seulement quand les démons se manifestaient eux-mêmes qu’ils les confrontaient et les chassaient et cela ne se faisait pas toujours immédiatement. Leur interférence était pour eux plutôt une source de dérangement (Ac 16 : 18).

Dans la première Eglise, chasser des démons des inconvertis était une réalité mais certainement pas la préoccupation majeure des apôtres. Dans les Ecritures, il existe un bon principe spirituel : lorsqu’un sujet y est sommairement évoqué, accordons-lui plutôt une petite place dans le ministère ; et quand une vérité est maintes fois énoncée, elle mérite toute notre attention.

Corps, âme, esprit, nous sommes le temple de Dieu

Ceux qui croient en la « démonisation » des chrétiens affirment qu’à la conversion, Jésus aurait seulement délivré notre esprit et qu’il nous incombe de nous délivrer nous-mêmes des démons qui pourraient encore se trouver dans notre âme ou notre corps. Ils inventent là un processus de délivrance que nous ne trouvons nulle part dans les Ecritures. C’est comme si le Seigneur nous avait laissés à la merci de Satan et qu’une fois sauvés nous devions faire une expérience supplémentaire pour être délivrés de son pouvoir. La solution consisterait alors à chercher « un ministère de délivrance » pour nous rendre réellement libres. C’est ainsi que, pour un tout et pour un rien, on pousse les chrétiens à chercher la délivrance de certains démons illusoires. Mais malheureusement, plus ils en chassent, plus il faut en chasser ; ce processus devient sans fin. Quelle séduction de la part de l’ennemi et quel esclavage ! Est-ce là la Bonne Nouvelle ?

Que dit la Bible à ce sujet ? La Parole de Dieu déclare que notre corps, et pas seulement notre esprit, est le temple du Saint-Esprit qui est en nous et que nous devons glorifier Dieu dans notre corps et dans notre esprit qui appartiennent à Dieu (1 Co 6 : 19 et 20).

Dans 2 Corinthiens (2 Co 6 : 14 à 17), la question est posée : « Quel rapport y a-t-il entre la justice et l’iniquité ? Ou, qu’y a-t-il de commun entre la lumière et les ténèbres ? Ou quel accord y a-t-il entre Christ et Bélial ? Ou, quelle part a le fidèle avec l’infidèle ? Ou quel rapport y a-t-il entre le temple de Dieu et les idoles ? Car nous sommes le temple du Dieu vivant, comme Dieu l’a dit : J’habiterai et je marcherai au milieu d’eux ».

Dans ce passage, le mot « temple » est la traduction du grec ναος naos. Ce terme était utilisé pour décrire le lieu très saint du temple où se trouvait la présence même de Dieu. Par conséquent, si nous sommes vraiment nés de nouveau, notre corps ne peut plus être, comme certains le prétendent, un endroit que les démons peuvent occuper mais il est la résidence du Saint-Esprit.

L’apôtre Paul, dans 2 Corinthiens 6 : 14 à 17, présente un argument convaincant démontrant qu’un vrai chrétien, en tant que temple du Saint- Esprit (Jn 14 : 23 ; 1 Co 6 : 19), ne peut pas être habité par un démon. Il met en avant les idoles qui, dans l’Ancien comme dans le Nouveau Testament, représentaient des démons (Dt 32 : 17 ; 1 Co 10 : 20 et 21), et la pire des profanations sous l’ancienne alliance consistait à ériger des idoles dans le temple même de Dieu (2 Rs 21 : 7 et 11 à 14). Si Dieu, dans l’Ancien Testament, interdisait formellement la présence d’idoles dans son temple, à plus forte raison comment pourrait-Il cohabiter avec les démons et permettre leur présence dans le temple du Saint-Esprit que nous sommes ? Il se contredirait Lui-même ! Or, la contradiction est en nous et non en Lui. Aucune cohabitation n’est possible entre le Saint-Esprit et les démons, comme il n’y a rien de commun entre le temple de Dieu et les idoles (2 Co 6 : 16).

Ainsi, à la lumière de nombreux textes bibliques, nous devons rejeter radicalement l’idée que le Saint-Esprit et un mauvais esprit puissent coexister dans la même personne. Toutes les tentatives basées sur d’éventuelles « expériences » pour prouver le contraire sont sans valeur. Le point de vue de l’homme est toujours faillible et ne doit jamais prévaloir sur l’enseignement de la Parole de Dieu.

Martin Luther a déclaré : « II est impossible pour Jésus-Christ et le diable de demeurer sous le même toit. L’un doit céder à l’autre ; le diable doit céder à Christ ».

Serait-il donc possible que le diable possède le corps d’un chrétien sans posséder son esprit ? Cette pensée, comme nous venons de le voir, s’oppose entièrement au texte biblique qui précise que notre corps est devenu le temple du Saint-Esprit. Elle va aussi à l’encontre de la conception biblique de l’unité de l’être humain qui est esprit, âme et corps (1 Th 5 : 23). La fragmentation de la personne en diverses parties est une idée païenne.

Pour conclure, il nous faut toutefois souligner que, bien qu’un démon ne puisse en aucune manière cohabiter avec le Saint-Esprit dans la vie d’un chrétien né de nouveau, des circonstances particulières peuvent parfois se présenter.

Il est par exemple possible qu’un démon habite encore dans une personne en train de se convertir et n’ayant pas encore été régénérée par le Saint- Esprit. Si la repentance de cette personne n’est pas sincère et si l’abandon de ses péchés n’est pas radical, les démons ne pourront pas être définitivement chassés. Elle n’expérimentera donc pas de véritable délivrance, ni une authentique nouvelle naissance qui lui permettrait de devenir le temple du Dieu vivant (2 Co 6 : 16 ; Mt 12 : 28 et 29). C’est pourquoi, il est sage de ne pas appeler trop tôt quelqu’un « converti », si cette personne n’est pas décidée à changer complètement son style de vie et à porter des fruits dignes d’une vraie repentance.

Ce « ministère de délivrance » est allé au-delà des Ecritures. Il a commencé par une exégèse incorrecte et s’est appuyé sur une confiance excessive en l’expérience, plutôt que sur les enseignements de la Bible. C’est ainsi qu’un nouveau « ministère », sans fondement biblique, s’est développé et a été présenté comme un remède pour des chrétiens dont la vie spirituelle semblait être une succession de défaites.

Des enseignements qui déshonorent Dieu

« Le seigneur a établi son trône dans les cieux ; Et son règne a domination sur tout » (Ps 103:19 traduction David Martin)

« Et il a fait d’un seul sang tout le genre humain, pour habiter sur toute l’étendue de la terre, ayant déterminé les saisons qu’il a établies, et les bornes de leur habitation » (Ac 17 : 26, traduction David Martin).

« Que toute personne soit soumise aux Puissances supérieures: car il n’y a point de Puissance qui ne vienne de Dieu, et les Puissances qui subsistent, sont ordonnées de Dieu. » (Rm 13:1, traduction David Martin)

Beaucoup de « leaders spirituels » remettent en cause la souveraineté de Dieu sur sa propre création. Leur scénario anti-biblique est construit comme suit : Dieu a donné à Adam l’autorité sur la création ; Adam a « trahi » et a donné son autorité légitime reçue de Dieu à Satan ; et l’expiation du Christ devait regagner cette domination perdue. Selon cette théologie, Jésus-Christ a donner l’autorité du monde à l’église quand il est monté dans le ciel. L’église l’a par conséquent perdu de nouveau par l’ignorance, le manque de foi et le manque d’unité.

Aujourd’hui, en ces derniers temps, ils affirment que les nouveaux prophètes et les nouveaux apôtres sont revêtus d’une autorité particulière qui leur permet de prendre contrôle des forces sataniques dans les cieux et de libérer le monde. Cette libération intervient alors que l’église prendrait des villes en liant les forces spirituelles des ténèbres qui règnent au-dessus d’elles.

Reprenons ces quelques points et examinons les à la lumière de la Parole de Dieu :

L’autorité que Adam aurait transmise à Satan

Certains affirment que Adam était un « dieu » au-dessus de la terre. Par exemple, Kenneth Copeland écrit :

« La raison pour laquelle Dieu a créé Adam était son désir de se reproduire. Je veux dire une reproduction de soi. Adam n’était pas un petit semblant de dieu, il n’était pas comme Dieu, et il n’était pas plus subordonné à Dieu. Oui ceci est difficile à saisir par l’esprit humain, mais je vous dis ce qui est écrit dans la Bible ! » [1]

Copeland continue en disant qu’Adam a reçu la domination complète de la terre.

Earl Paulk a une version différente mais tout aussi anti-biblique : « le seul endroit sous la complète domination de Dieu était alors le jardin, donné à Adam et Eve. Les esprits commandaient toujours la terre, mais Dieu a commandé à Adam et Eve de les soumettre »[2].

Ces thèses sont la base de la théologie spirituelle du « combat spirituel moderne » : la sphère de domination de Dieu est limitée.

ED Silvoso écrit, « puisqu’Adam, le député de Dieu sur terre, a transféré son autorité légale à Satan, Dieu est devenu obligé de valider la position légale de Satan malgré la manière frauduleuse avec laquelle elle a été obtenue. »[3]

Kenneth Copeland décrit la situation « Après qu’Adam ait commis sa haute trahison, il a utilisé son autorité et la livrée entre les mains d’un esprit étranger.  Le résultat fut que dès lors, Dieu était littéralement hors jeu regardant ce qui peut se passer [dans sa création]. »[4] Un peu plus loin dans son message, il réitère ce point en disant : « après qu’Adam l’ait mis hors jeu, Dieu n’avait plus d’autorité ici [la terre, ses habitants, et même les esprits]. »[5]

Ainsi, selon cet enseignement anti-scripturaire, Satan est censé avoir obtenu l’autorité sur la création, et Dieu a dû valider cette autorité ! !

Ce genre d’affirmation démontre une profonde méconnaissance des textes bibliques, et une apostasie incroyable ! Si c’était vrai, les auteurs bibliques auraient été les plus ignorants de la révélation divine ! L’ancien testament ne fait qu’affirmer l’autorité universelle de Dieu au-dessus de toutes choses, incluant bien sûr Satan lui-même. Nous en avons plusieurs exemples importants dans la Parole de Dieu (Job 1:6-12 ; Ps 47 : 8,9 ; Gn 50 : 20) ; même la crucifixion de notre seigneur et sauveur Jésus-Christ faisait partie du plan « prédéterminé » de Dieu (Ac 2 : 23,24).

La théorie de la rançon de l’Expiation

Une erreur incroyable propagée par les leaders du « combat spirituel moderne » concerne la modification du but de l’expiation. Le Christ serait mort pour que Dieu puisse reprendre à Satan ce qu’Adam lui aurait transféré. Cette « théologie » est connu depuis très longtemps dans l’histoire de l’Eglise sous le nom de la rançon de l’expiation. Voici un aperçu de cette théologie :

« Dans cette situation Dieu a offert le Christ à Satan comme rançon en échange des pécheurs. Satan a facilement accepté l’offre en se rendant compte qu’il obtenait bien plus qu’il ne donnait, mais quand il obtint le Christ en enfer, il constata qu’il ne pouvait pas l’y retenir. Au troisième jour Christ revint triomphant et Satan se retrouva sans ses prisonniers originaux et sans le prix de la rançon. »[6]

Cette thèse abracadabrante a été reprise par les « enseignants de la foi » en y ajoutant toute sorte de récits.[7]

Les enseignements du « combat spirituel » reprennent ces idées pour réussir à expliquer comment Dieu aurait pu reprendre à Satan l’autorité sur la terre et sur l’humanité. Par exemple, ED Silvoso donne cette explication : « avant la victoire de Jésus au calvaire, Dieu ne pouvait pas devenir un transgresseur en reprenant à Satan les sujets qui lui étaient liés et qui étaient sous sa domination. S’il l’avait fait, alors Satan aurait pu appeler Dieu un transgresseur. »[8] Pour lui, Jésus était la seule manière « légale » de récupérer le gouvernement de la terre !

Cette théorie déshonore Dieu. Elle suppose que Dieu doit payer une dette à Satan pour récupérer sa propre création.

Pourquoi y-a-t-il encore des combats si Dieu a repris l’autorité sur toutes choses ?

Pour ces « blasphémateurs », le problème vient de l’église. Selon leurs théories, Jésus-Christ a gagné la victoire, et se repose loin des principautés et des puissances. Christ aurait toute l’autorité (ce qui est vrai), mais demanderait à l’Eglise de contrôler les cieux. En fait, Jésus-Christ aurait tout simplement délégué son autorité à l’Eglise (sachant que pour eux, un autorité déléguée est une autorité perdue ou transférée).

En fait, on remarque, sans aller plus loin dans les énoncés blasphématoires de ces personnes aveuglées, qu’ils tordent les Ecritures pour justifier leur théorie, et surtout, pour se proclamer l’égale de Dieu… Quelle horreur et quel orgueil !

La puissance des mots et de l’unité ?

Après avoir « démontré » que l’église a pour rôle de régner sur les cieux à la place du Christ, les leaders spirituels du « combat spirituel » donnent plusieurs techniques pour déterminer lequel de nous ou de Satan obtiendra le dessus.

Le principe essentiel est la puissance supposée des mots. Frangipane écrit, le « Christ, en tant que grand prêtre de notre confession (Hb 3:1), écoute nos paroles prononcées dans la foi ou sans la foi, et nous renouvelle la vie éternelle proportionnellement à celles-ci. »[9] Cette assertion fait supposer que le sacerdoce du Christ serait limité à nos paroles !

Le retour de Christ tout simplement rendu impossible

Dans le cadre de ces théories hérétiques, nous ne pouvons plus espérer dans le retour de notre Seigneur et Sauveur. Nous trouvons ceci dans plusieurs textes, dont celui-ci, de Earl Paulk : « Tant que l’église exerce son autorité, Jésus Christ ne reviendra jamais. »[10]

Nos paroles sont considérées être porteuse d’une puissance créatrice qui impose les règles à Dieu ! John Dawson écrit, « parce que nous sommes les administrateurs juridiques de cette planète, il est important pour l’homme de prendre autorité sur les anges »[11] pour « lier et délier ».

Plusieurs enseignements de ces leaders s’appuient sur l’histoire de la tour de Babel comme exemple de cette puissance humaine supposée. Ils affirment par là que « la puissance humaine des mots » et l’unité peuvent être employés par n’importe qui, bon ou mauvais. Ils attribuent le jour de la Pentecôte à l’unité humaine. Censément, d’après leurs élucubrations, si l’église devient unifiée et si elle utilise leurs techniques, l’homme exercera sa domination sur toute la planète sans autoriser le retour du Christ !

En réalité, le passage de genèse chapitre 11 mais en évidence la puissance souveraine de Dieu, et non une certaine puissance issue de l’unité et des paroles communes qui « établirait la réalité des choses »

En conclusion

Nous voyons que ces théories sont une hérésie incroyable, portées par un tel aveuglement que nous pouvons à peine penser que certains croient cela ! Et pourtant ! En fait, beaucoup aujourd’hui ont une vision centrée sur l’Homme qui déshonore Dieu. Cette théologie et ces techniques n’auront pas comme conséquence de voir une Eglise triomphante qui dominera sur la terre, mais bien plutôt une église paralysée et sous la domination de Satan.

Eloignons-nous aussi promptement que possible de ce genre de discours et d’affabulations  et réfugions-nous dans les Ecritures, gage d’équilibre et surtout de Vérité et de Sagesse.


Notes :

[1] Kenneth Copeland, « Following the Faith of Abraham 1 » [Audio Cassette], (Fort Worth: Kenneth Copeland Ministries, 1982).

[2] Earl Paulk, Held in the Heavens Until . . . God’s Strategy For Planet Earth, (Atlanta: Dimension Publishers, 1985) 222.

[3] Ed Silvoso, That None Should Perish — How to reach Entire Cities for Christ Through Prayer Evangelism, (Regal: Ventura, CA, 1994) 195.

[4] Kenneth Copeland, « Following the Faith of Abraham 1 » [Audio Cassette], (Fort Worth: Kenneth Copeland Ministries, 1982).

[5] Kenneth Copeland, « Following the Faith of Abraham 1 » [Audio Cassette], (Fort Worth: Kenneth Copeland Ministries, 1982).

[6] New Dictionary of Theology, ed Sinclair Ferguson, (Downers Grove: Intervarsity, 1988) s.v. « Atonement, » 55.

[7] D.R. McConnell, A Different Gospel, (Peabody: Hendrickson, 1988) 125-126.

[8] Ed Silvoso, That None Should Perish — How to reach Entire Cities for Christ Through Prayer Evangelism, (Regal: Ventura, CA, 1994) 195.

[9] Francis Frangipane, The Three Battlegrounds, (Marion, IA: Advancing Church Publications, 1989) 116, emphasis in the original.

[10] Earl Paulk, Held in the Heavens Until . . . God’s Strategy For Planet Earth, (Atlanta: Dimension Publishers, 1985) 61.

[11] John Dawson, Taking Our Cities For God — How to Break Spiritual Strongholds, (Lake Mary, FL: Creation House, 1989), 208.

Des manifestations trompeuses

Dieu contrôle souverainement toutes choses dans l’univers qu’Il a créé, y compris les puissances des ténèbres. Satan ne peut faire que ce que Dieu lui permet de faire. Dans cette perspective, le problème de la liberté ou de l’esclavage, de la bénédiction ou de la malédiction, est très clair. Tout revient à notre relation avec Dieu, par le moyen de l’Evangile. La Bible dit : « Béni soit l’homme qui se confie en Dieu… Maudit soit l’homme qui se confie en l’homme… » (Jr 17 : 5, 8). Le fait d’avoir recours à des « techniciens spirituels », à des « spécialistes de la délivrance », qui manipulent les âmes et les esprits qui les influencent, revient à « se confier en l’homme », quel que soit l’habillage chrétien dont on affuble ces techniques.

Nous pouvons penser que tout ce qui arrive lors des « séances de délivrance » ou d’exorcisme est bien réel ; certaines manifestations sont indubitablement liées à des démons. Mais l’interprétation que les praticiens de ce type d’exorcisme (car il s’agit bien de cela) ont est toute différente de ce qu’elle doit être : ces manifestations stimulent énormément ceux qui sont pris dans ce système de pensée, mais, en fait, Satan « joue le jeu » pour prendre des âmes dans ses filets, pour les pousser à se confier en l’homme et non en Dieu seul et en Son Evangile. Satan réussit ainsi à faire croire que le « ministère de délivrance » est plus important que le simple Evangile, et que ce qui est fait l’épouvante ! Ce faisant, il réussit à diminuer la confiance en l’Evangile, en faisant croire que ce n’est pas l’Evangile qui délivre pleinement les gens des puissances des ténèbres, mais qu’il faut avoir recours à des « ministères de délivrance » qui ont reçu des révélations extra-bibliques.

Le processus de délivrance de l’oppression des démons ressemble beaucoup à un racket organisé par des gangsters, pour « protéger » ceux qu’ils rançonnent. Le diable travaille aux deux extrémités de la chaîne : d’un côté il oppresse, et d’un autre côté il propose sa protection, moyennant « finance ». Satan fait tout ce qu’il peut pour pousser les gens à pratiquer le péché et l’occultisme pour les lier, puis il pousse ceux qui croient au combat spirituel à pratiquer leurs techniques de délivrance, en étant persuadés qu’ils détiennent la clef de la liberté. En fait, Satan gagne alors sur les deux tableaux ! Il ne lui reste plus qu’à convaincre les « délivreurs » qu’ils sont sur la bonne voie par des manifestations plus ou moins impressionnantes…

Satan peut demander à ses démons de révéler des « secrets » concernant le monde spirituel et la délivrance, puis de « partir » au commandement du ministère de délivrance. Si les démons semblent obéir aux menaces d’être tourmentés par des anges dans l’abîme, c’est pour une raison très simple : les démons veulent pousser les Chrétiens à croire que ce sont les « spécialistes de la délivrance », et non Dieu seul, qui ont l’autorité de juger les démons avant le temps. Cela sert les objectifs de Satan, qui fait alors croire toujours le même mensonge, que l’homme peut être « comme Dieu ». Il nous fait ainsi croire que nous possédons un pouvoir qui n’appartient en fait qu’à Dieu.

Le système de pensée du combat spirituel diminue considérablement notre foi en l’Evangile. Nous ne croyons plus pleinement que l’œuvre parfaitement accomplie par Christ à la croix suffit à nous délivrer de toute la puissance de Satan et des démons, ni que c’est Dieu qui nous transformera complètement à l’image de Christ. Nous croyons alors que tout ce que nous essayons de faire peut être remis en cause, si nous n’avons pas les connaissances et les techniques spéciales pour mener ce combat spirituel. Apparemment, l’Evangile seul ne « marche pas vraiment » pour tous ceux qui ont besoin de consulter les « spécialistes de la délivrance », et il faut y ajouter beaucoup de choses. Ces spécialistes enseignent que l’Evangile ne nous délivre que potentiellement. Certes, il nous faut croire en l’Evangile, mais nous avons aussi besoin de « briseurs de malédictions » professionnels, d’exorcistes, d’intercesseurs prophétiques, de spécialistes de la guérison intérieure, de conseillers psycho-spirituels, et d’une foule d’autres spécialistes qui constituent une nouvelle classe de « prêtres compétents ». Tous ces spécialistes s’installent dans une position de nouveaux médiateurs entre Dieu et les âmes captives. Ils sont comme les « protecteurs » du racket, qui empêchent les bandits de nous battre et de nous dépouiller.

Selon ces spécialistes, notre bien-être spirituel et matériel est déterminé pat tout ce qui se passe dans le monde spirituel. Eux seuls détiennent les secrets qui nous permettront d’être guidés dans la liberté et la prospérité. Neil Anderson prétend que beaucoup de Chrétiens sont dans les liens parce que leur système de pensée est mauvais[1]. Ils ne voient donc aucune raison de s’engager dans le combat spirituel, parce qu’ils ont une « mentalité d’occidentaux ». Ce qu’Anderson ne comprend pas, dans son livre, c’est qu’il existe deux systèmes de pensée au sein du Christianisme, qui acceptent tous deux l’enseignement biblique au sujet de la réalité des esprits et de leur influence sur les gens. Anderson est partisan du système de pensée du combat spirituel, en disant qu’il s’agit du système de pensée « chrétien », ne parlant jamais de la Providence divine, et enseigne à ses lecteurs qu’ils doivent franchir des « étapes de libération » qui vont au-delà de l’Evangile et des moyens de grâce fournis par l’Ecriture (ce qui ressemble énormément au schéma yoguiques hindous).

Les motivations des spécialistes de la délivrance ne sont pas mises en doute. Ils travaillent, sans recevoir aucun salaire ni aucun profit personnel dans le but de servir Dieu et faire progresser Son Royaume, mais sans Lui ! Ils sont séduits, et cette séduction les fait enfoncer les gens dans l’esclavage spirituel, au lieu de les délivrer réellement ; sans le savoir, ils enchaînent encore davantage les personnes qu’ils veulent aider.

Par exemple, ils enseignent que si un démon est chassé, et si la personne délivrée retombe dans le péché, alors sept démons plus méchants reviennent en elle. Il s’agit d’une mauvaise compréhension des textes bibliques. En cela, l’asservissement est accru pour ceux qui avaient besoin de délivrance. Si quelqu’un, par exemple, vient à être « délivré » d’un esprit de convoitise (ce qui arrive souvent), et s’il convoite par la suite une femme, il commence à s’inquiéter et à angoisser, parce qu’il aurait donné à Satan le droit d’envoyer encore plus de démons pour le tourmenter ! Il lui faut ensuite revenir voir ses « exorcistes » pour une nouvelle délivrance…

Un tel enseignement fait croire aux gens que leur liberté dépend d’une vie pratiquement sans péché. Dès la moindre chute, les démons reviennent ! Pour vous rendre compte à quel point les gens dépendent d’un homme et non de la grâce de Dieu, considérons ce qu’écrit encore Bob Larson : « J’ai connu des gens que j’ai refusé d’aider, pour qu’ils mûrissent dans le Seigneur jusqu’au point où Satan ne s’intéresse plus à eux »[2].

Ce système de pensée ne peut que produire la crainte et l’orgueil. La crainte en poussant à croire que l’on ne peut être un assez bon Chrétien pour éloigner les démons de nous, ou l’orgueil en amenant la pensée que l’on est tellement puissant et sans péché, que Satan nous craint et ne peut pas nous toucher. La crainte et l’orgueil résultent du fait que l’on a fait plus confiance à l’homme qu’à Dieu.

Le système de pensée du combat spirituel affirme que les Chrétiens sont engagés dans un combat contre les puissances des ténèbres. Selon ce système de pensée, Dieu œuvre au travers des Chrétiens, mais Sa liberté d’action est limitée ! Plus les Chrétiens possèdent la puissance et les techniques du combat, et plus ils peuvent vaincre les forces des ténèbres. Si les Chrétiens ne connaissent pas les techniques du combat spirituel, ils seront les victimes et non les vainqueurs. Il y a des pertes dans ce combat, et Dieu n’est pas assuré de la victoire finale.

A contrario, la Parole de Dieu nous amène sur le « terrain » de la Grâce et de la Providence divines ; elle affirme que Dieu est souverain, et qu’Il contrôle toutes les puissances des ténèbres. Ces puissances spirituelles mauvaises ne peuvent faire aucun mal aux Chrétiens, sans en avoir d’abord reçu la permission du Seigneur. Tout ce que le Seigneur permet est toujours pour notre bien. Le problème essentiel n’est pas notre connaissance des techniques du combat spirituel, mais notre connaissance de Dieu et de l’Evangile. Satan essaye toujours de nous faire croire le mensonge que nous pouvons être comme Dieu, ce qui est contraire à la vérité de l’Evangile.

Bien entendu, nous pouvons être amenés à prier et chasser des puissances ténébreuses de personnes non encore sauvées et régénérées par Christ ; mais en aucun cas, un chrétien authentique peut être possédé ou démonisé[3] !

Les partisans du combat spirituel égarent en faisant croire qu’il est nécessaire de connaître l’action des démons, des malédictions, et de toutes les activités de Satan, et qu’il faut rejeter la « mentalité occidentale »[4], qui nie l’existence du monde spirituel et de l’activité des esprits. Mais il s’agit d’un faux dilemme. Ne nous laissons pas égarer. Même si nous croyons en la grâce divine et en Sa Providence, nous croyons aussi en l’existence des démons, tout comme en l’existence des anges de Dieu et de la présence du Saint-Esprit.

Nous devons choisir de croire, soit que Dieu est souverain sur tous ces êtres spirituels et sur toutes ces réalités du monde spirituel, soit que Dieu Se contente de nous demander de combattre, en nous laissant conduire ce combat avec les armes qu’Il nous donne. Ceux qui défendent ce point de vue pensent que Dieu est simplement là pour nous aider, si nous utilisons les bonnes techniques. Mais ce n’est pas Lui qui nous garde, dans Sa souveraineté, et qui nous conduit dans la gloire. Est-ce Dieu qui règne, et qui nous conduit au but, ou doit-Il nous laisser déterminer l’issue de ce combat contre les démons ?

Dieu veut utiliser Son Evangile pour délivrer les hommes des puissances des ténèbres, et l’Evangile est parfaitement efficace pour accomplir la volonté de Dieu de sauver les pécheurs, et que cette volonté est déterminée de toute éternité. Ceux qui croient sont « sauvés parfaitement » (Hb 7 : 25). Ils ne doivent pas craindre les puissances mauvaises. La grâce de Dieu nous donne une pleine liberté.

Les défenseurs du combat spirituel veulent nous faire croire autre chose. Ils veulent nous faire croire que toutes sortes de techniques et de processus spirituels, qui n’étaient pas connus avant le 20° siècle ( ! ), nous sont nécessaires pour nous libérer de l’esclavage de Satan. Il faut croire que tous les Chrétiens des siècles antérieurs ont toujours vécu dans l’esclavage spirituel, parce qu’ils n’avaient que l’Evangile, et que cela n’a pas dû leur suffire ! En cherchant à nous convaincre de l’insuffisance de l’Evangile, les « spécialistes de la délivrance » créent un nouvel esclavage spirituel. De plus, la Parole de Dieu nous présente des personnes animées de ce système de pensée en Actes 19 : 13. « Quelques exorcistes juifs ambulants essayèrent d’invoquer sur ceux qui avaient des esprits malins le nom du Seigneur Jésus, en disant : Je vous conjure par Jésus que Paul prêche ! » Ces hommes s’appuyaient sur la puissance de Paul (d’un homme) pour chasser les démons… La réponse est clair : « L’esprit malin leur répondit: Je connais Jésus, et je sais qui est Paul; mais vous, qui êtes-vous ? » (Ac 19 :15)


Notes :

[1] Neil T. Anderson, The Bondage Breaker, (Eugene Harvest House, 2000) 30-33.

[2] Larson, 191.

[3] Terme utilisé pour soi disant différencier un non chrétien (qui peut être possédé) et un chrétien (qui peut être démonisé) ; ainsi, les « ministères de délivrance » affirment aussi qu’un chrétien ne peut pas être possédé… seulement démonisé ! !

[4] pour rejoindre sans nul doute un système de pensée oriental

Le chrétien et la possession démoniaque

II est de plus en plus fréquent de blâmer le diable pour tous nos maux. Les expressions comme « c’est plus fort que moi » ou « c’est le diable qui m’a poussé » sont souvent utilisées dans certains milieux chrétiens. En général, l’être humain cherche facilement à rejeter sur quelqu’un d’autre la responsabilité de ses mauvaises actions. Cette fuite, accompagnée d’une fascination malsaine du surnaturel, attire malheureusement de nombreux chrétiens dans des voies nouvelles et dangereuses.

Depuis plusieurs années, le « ministère de délivrance »[1] s’est implanté dans les églises bien que ce ministère n’existe pas dans le Nouveau Testament. En effet, tous les ministères sont clairement cités dans 1 Co 12 : 8 à 10, 28 et 29 ; Rm 12 : 6 à 8 et Ep 4 : 11 : on n’y trouve jamais celui de « délivrance » pour les chrétiens ; il n’est pas biblique par conséquence. Cette fausse conception a donné lieu à d’étranges séances d’exorcisme sur des chrétiens, en leur faisant croire qu’ils en avaient besoin et qu’on les aidait. Mais plus tard, ils se sont plaints en déclarant : « J’ai été aidé quelques jours et maintenant c’est pire qu’avant ».

Ce « ministère de délivrance » est considéré selon certains prédicateurs comme faisant partie intégrante du processus de restauration du peuple de Dieu des derniers temps. S’il en était ainsi, comment se fait-il que l’Eglise du Seigneur ait pu traverser les siècles sans ce « ministère vital » ? Ces prédicateurs affirment que Dieu serait en train de rétablir ces « vérités » pour perfectionner son Eglise avant le retour de Jésus. Quelle confusion !

De nos jours, des serviteurs de Dieu et des chrétiens, pour prouver qu’un chrétien peut être habité par un démon, font, à tort, la distinction suivante : ils disent « qu’un chrétien né de nouveau ne peut pas être « possédé » mais qu’il peut être « démonisé ». La « possession », selon eux, suggère l’appartenance au diable et comme le chrétien appartient à Dieu, il ne peut donc pas être possédé. En revanche, ils affirment que le chrétien peut être « démonisé ». En réalité, ils donnent une explication incorrecte du mot « démonisé » : ce mot est une transcription littérale du mot grec δαιμονιζομαι daimonizomai utilisé dans les Evangiles (Mt 4 : 4 et 24 ; 8 : 16, 28 et 33 ; 9 : 32 ; 12 : 22 ; 15 : 22 ; Mc 1 : 32 ; 5 : 15, 16 et 18 ; Lc 8 : 36 ; Jn 10 : 21) mais toujours et uniquement utilisé pour des personnes n’ayant pas demandé pardon pour leurs péchés et n’ayant pas accepté ce pardon (pourtant offert gratuitement) avec le sens « d’être possédé ou habité par un mauvais esprit ».

Les partisans de cette doctrine, pour justifier leur position anti-scripturaire, donnent donc une autre signification au mot « démonisé » et l’appliquent à tort aux chrétiens. Neil Anderson[2], prédicateur de la « délivrance » et auteur chrétien américain connu pour ses livres sur ce sujet, explique qu’un chrétien « démonisé » est quelqu’un qui est sous une domination démoniaque mais cela ne veut pas dire possession satanique[3]. Cette domination démoniaque revêt, selon lui, plusieurs degrés ; cela va de la tentation, de l’influence extérieure des démons, à la présence et à la domination intérieure d’un mauvais esprit dans la vie du chrétien[4].

Dans la Bible, le mot « démonisé » n’a pas du tout le sens que les partisans de cette doctrine lui attribuent. C’est là le point crucial car c’est précisément cette erreur qui a ouvert la porte à toutes sortes de spéculations et pratiques extrabibliques dangereuses dans les églises.

Dans le texte grec des Evangiles, les expressions « être possédé » et « être démonisé » ont exactement le même sens parce qu’elles proviennent d’un seul mot grec qui est δαιμονιζομαι daimonizomai. Ce mot s’applique toujours à une personne n’ayant pas accepté Jésus-Christ comme Sauveur et Seigneur et ayant en elle un ou plusieurs démons.

Selon les commentateurs bibliques, il existe deux termes grecs dans le Nouveau Testament pour décrire « la possession démoniaque » :

  • Le premier est δαιμονιζομαι daimonizomai, traduit généralement par : « être possédé par un démon ». Appliqué à une personne il est traduit par « démoniaque » ou par « être démonisé ». Ce mot se retrouve treize fois dans les Evangiles et qualifie uniquement des personnes inconverties ayant en elles un ou plusieurs démons (Mt 4 : 24 ; 8 : 16,28 et 33 ; 9 : 32 ; 12 : 22 ; 15 : 22 ; Mc 1 : 32 ; 5 : 15, 16 et 18 ; Lc 8 : 36 ; Jn 10 : 21).
  • Le second est δαιμονιον εχω daimonion echo et signifie « avoir un démon ». Il est utilisé huit fois dans les Evangiles de Matthieu, Luc et Jean. La forme grammaticale inclut ici l’idée qu’un démon habite dans la personne (Mt 11 : 18 ; Lc 7 : 33 ; 8 : 27 ; Jn 7 : 20 ; 8 : 48, 49 et 52 ; 10 : 20).

Dans tous les cas, le texte grec des Evangiles nous montre clairement qu’il n’y a aucune différence entre le fait d’être « démonisé », être « possédé » ou « avoir un démon ». Une personne « démonisée » est bel et bien une personne « possédée » : il s’agit du même mot dans les Evangiles ! Par conséquent, il n’est pas question de parler de degrés ou de large éventail de situations, même si on utilise le qualificatif vague de domination démoniaque du chrétien.

En outre, ces deux expressions ne décrivent jamais dans la Bible les accusations, tentations, séductions ou persécutions du diable, mais bien plutôt le cas extrême d’une personne inconvertie possédée par un ou plusieurs démons.

Ceux qui affirment que le chrétien peut être « démonisé » ont francisé le mot grec δαιμονιζομαι daimonizomai en lui donnant un sens qui n’a aucune base scripturaire. C’est là un exemple classique d’abus de la langue grecque afin de justifier ses idées et profiter de l’ignorance de ceux qui ne connaissent pas le grec. C’est toujours une erreur de formuler une doctrine basée sur un mot sorti de son contexte.

Par conséquent, le terme δαιμονιζομαι daimonizomai « démonisé » fait bien référence à la possession démoniaque. Cette signification ne provient pas seulement de son étymologie ou de son origine mais aussi du sens que le contexte lui donne. Chaque référence de ce verbe dans les Evangiles indique, dans le contexte immédiat ou le passage parallèle, que le démon habite bien dans la personne et que ce n’est pas du tout une question de degrés de la présence ennemie comme on veut nous le faire croire.

Voici un exemple avec un texte biblique prouvant qu’« être démonisé » ou « être possédé » ont exactement le même sens :

  • L’Evangile de Matthieu nous rapporte ceci : « Une femme cananéenne qui venait de ces contrées, lui cria : Aie pitié de moi, Seigneur, Fils de David ! Ma fille est cruellement tourmentée par le démon (grec δαιμονιζομαι daimonizomai, « démonisée »)… Alors Jésus lui dit : Femme, ta foi est grande : qu’il te soit fait comme tu veux. Et, à l’heure même, sa fille fut guérie » (Mt 15 : 22 et 28). Le passage parallèle de Marc donne, sans l’ombre d’un doute, la signification du terme grec « démonisé » : « Une femme, dont la fille était possédée (grec εχω echo, verbe avoir en soi) d’un esprit impur, entendit parler de lui, et vint se jeter à ses pieds. Cette femme était grecque, syro-phénicienne d’origine. Elle le pria de chasser (grec εκβαλλω echballo, « faire sortir de dedans ») le démon hors de sa fille… Alors, il lui dit : A cause de cette parole, va, le démon est sorti (grec εξερχομαι exerchomai, « expulser d’un lieu dans lequel l’expulsé avait élu domicile ») de ta fille. Et quand elle rentra dans sa maison, elle trouva l’enfant couchée sur le lit, le démon étant sorti (grec εξερχομαι exerchomai) » (Mc 7 : 25, 26, 29 et 30).

De toute évidence, le terme « démonisé» décrit ici quelqu’un qui était habité par un démon. Tous les textes parallèles, lorsqu’ils sont comparés les uns aux autres, n’en disent pas moins. Il est important de souligner et de rappeler que cette terminologie n’est jamais employée dans le Nouveau Testament pour des chrétiens, ni pour décrire les attaques de Satan contre eux. Ainsi il est incorrect, du point de vue de l’herméneutique et de l’interprétation des Ecritures, d’utiliser ce terme « démonisé » et de lui donner un certain sens quand il s’agit d’inconvertis et un autre pour des chrétiens. Voilà essentiellement d’où provient la confusion entre un chrétien soi-disant « démonisé » et non « possédé ».

Une autre méthode employée par les «ministères de délivrance» est de chercher, par tous les moyens, à prouver bibliquement que les chrétiens peuvent être « démonisés ». Ils essayent par exemple de justifier leur position en démontrant que cinq des principaux cas d’exorcisme de démons dans les Evangiles concernent des membres de « la famille de Dieu ». Ils attestent que les personnes possédées de démons et délivrées par Jésus étaient de la nation juive et par conséquent de « la famille de Dieu » ; donc un chrétien faisant partie de cette même famille, peut aussi être possédé. Une telle explication n’est pas valable selon la Parole de Dieu, évidemment.

Lorsque Jésus s’adressait à des personnes tels que les pharisiens hypocrites (Mc 7), le jeune homme riche (Mc 10), les vendeurs chassés du temple (Mc 11), Il ne considérait pas le seul fait d’être juif comme une indication d’appartenance à « la famille de Dieu ».

De même, lorsqu’Il prêchait aux Juifs : « Le temps est accompli et le royaume de Dieu est proche. Repentez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle » (Mc 1 : 15), il est évident qu’Il ne les incluait pas dans le royaume de Dieu, simplement parce qu’ils étaient Juifs.

L’apôtre Paul a également fait cette distinction en adressant à l’Eglise de Rome sa requête quant au peuple d’Israël : « Frères, le vœu de mon cœur et ma prière à Dieu pour eux, c’est qu’ils soient sauvés. Je leur rends le témoignage qu’ils ont du zèle pour Dieu mais sans intelligence : ne connaissant pas la justice de Dieu, et cherchant à établir leur propre justice, ils ne se sont pas soumis à la justice de Dieu » (Rm 10 : 1 à 3).


Notes :

[1] Appellation donnée à ceux qui disent chasser des démons d’un chrétien.

[2] Neil Anderson est un ingénieur en électrotechnique. Après ses études universitaires il a travaillé dans l’industrie aéronautique. Par la suite, il a obtenu un doctorat en pédagogie et a été engagé comme maître de conférences à la faculté protestante de théologie de Talbot en Californie.

[3] Possession satanique signifie « appartenir à Satan »

[4] Neil Anderson, Le Libérateur, p. 173-174.