Etre tenté et non forcé à pécher

Même dans le cas douteux d’Ananias et Saphira (Actes 5:1-10), que ceux qui affirment qu’il existe un « ministère de délivrance » utilisent souvent pour prouver que des chrétiens peuvent être « démonisés » ou avoir en eux un démon, l’apôtre Pierre n’a pas effectué ce qu’ils feraient aujourd’hui. Il déclara à Ananias: «Pourquoi Satan a-t-il rempli ton coeur, au point que tu mentes au Saint-Esprit » (v. 3). Selon eux, Satan serait entré en lui et aurait mis ensuite des mauvaises pensées dans son coeur. Mais ce n’est pas ce qui s’est produit. En réalité, Satan a seulement mis une mauvaise pensée dans le coeur d’Ananias. S’il en avait physiquement pris le contrôle, Ananias n’aurait pas été responsable.

Et pourtant, même en admettant cette possibilité, pourquoi l’apôtre Pierre poursuit-il en demandant à Ananias : «… Comment as-tu pu mettre dans ton coeur un pareil dessein? » (Ac 5:4). Pierre impute à Ananias la faute et non à Satan.

Ananias a d’abord eu lui-même de mauvaises pensées dans son propre coeur, puis il a conçu un plan pour tromper Dieu. Et c’est seulement ensuite que Satan a utilisé cette faille pour l’encourager à accomplir ce funeste dessein. Ananias pouvait résister à cette tentation du diable. Il a été mis devant ce choix. De toute évidence, il n’a pas résisté et a payé cher les conséquences de son péché. Le fait qu’il pouvait choisir, prouve juste­ment qu’il était maître de lui-même et non « démonisé » ou sous une «domination » démoniaque comme le suggèrent certains. De toute façon, Pierre n’a pas réglé ce problème en cherchant à chasser un démon de la vie d’Ananias. Ce récit montre de toute évidence que les démons peuvent nous tenter afin de nous pousser à pécher, mais ils ne peuvent en aucune manière nous forcer à le faire.

Tous les autres passages bibliques, que ce soit dans les Actes ou dans les Epîtres, révèlent une constance absolue : les apôtres n’ont jamais cherché à régler les cas, même les plus litigieux, des chrétiens en chassant des démons de leur vie. Les moyens qu’ils ont utilisés pour conduire les chrétiens sur le chemin de la victoire ont toujours été la repentance, la discipline, l’obéissance, la fidélité à la Parole de Dieu, la persévérance, la fermeté dans la foi, le pardon, la marche par l’Esprit, la nécessité de se revêtir de toutes les armes de Dieu.

Certes, bien des chrétiens ont été délivrés de certains problèmes, mais ils se figurent, à tort, avoir été délivrés de démons ayant habité en eux. Par ignorance, on peut donner une mauvaise interprétation de ce qui s’est passé. C’est pourquoi, il nous faut sans cesse examiner les Ecritures pour vérifier si ce que nous venons de vivre est vraiment conforme avec ce que la Bible enseigne.

Quelques-uns, par exemple, enseignent que puisque la Bible parle d’un esprit de timidité, toute délivrance de la timidité doit forcément passer par l’expulsion de cet esprit de timidité. Mais un examen sérieux du même passage dans 2 Timothée 1 : 7, nous parle aussi d’un esprit de force, d’amour et de maîtrise de soi. Si certains prédicateurs interprètent la timi­dité comme un démon à chasser, et veulent être logiques avec eux-mêmes, ils devraient aussi demander aux trois bons esprits que nous venons de mentionner de venir habiter en eux.

L’erreur de ce raisonnement est évident. L’amour et la maîtrise de soi sont des fruits de l’Esprit dans notre vie (Ga 5:22-23). Ce sont donc des attitudes résultant de notre coopération avec le Saint-Esprit, et non des esprits.

Dans beaucoup de cas, le mot esprit s’applique à une attitude ou à une disposition d’esprit. David parle d’un esprit brisé (Ps 51:19); Paul dési­rait venir à Corinthe, non avec une verge, mais dans un esprit de douceur (1 Co 4:21). Pierre parle de la parure intérieure et cachée dans le coeur, la pureté incorruptible d’un esprit doux et paisible (1 Pi 3:4).

Ainsi, à moins que le contexte ne montre clairement que nous sommes en présence d’un démon, il est évident que des expressions telles que avoir un esprit hautain, un esprit de jalousie, un esprit de sommeil, etc, doivent être considérées comme des dispositions de coeur, des désirs ou passions de la chair (Galates 6) et non comme des démons.

En confondant les oeuvres de la chair avec les démons, le chrétien peut ne jamais se sentir responsable de ses mauvaises actions et, par consé­quent, ne jamais ressentir le besoin de s’en repentir, alors que la Bible montre, sans équivoque, la nécessité de la repentance et de l’abandon de ces choses. Le grand conflit dans la vie du chrétien n’est pas entre le Saint-Esprit et les démons, mais entre le Saint-Esprit et la chair.

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