Minimisation de la responsabilité du chrétien

Subtile­ment, certains chrétiens adoptent une position qui ôte toute responsabilité personnelle pour la rejeter sur le diable. Neil Anderson écrit : « Il est essentiel que les chrétiens comprennent qu’ils sont vulné­rables aux influences démoniaques. En effet, ceux qui affirment qu’un démon ne peut exercer sa domination sur une partie de la vie d’un croyant, nous laissent le choix entre deux hypothèses seulement pour expliquer les problèmes auxquels nous sommes confrontés : soit c’est nous qui sommes fautifs, soit c’est Dieu. Si nous nous tenons pour responsables, nous sombrons dans le désespoir parce que nous sommes incapables de mettre fin à certains comportements »[1].

Incroyable! Anderson dit que nous n’avons pas à nous blâmer nous ­mêmes pour nos passions ou certains de nos comportements. Devons-nous en conclure que nous ne pouvons pas nous corriger? La philosophie et la psychologie Freudienne n’ont-elles pas exercé une influence néfaste sur notre culture, et maintenant même sur l’Eglise, en nous inculquant la pensée que nous sommes « des victimes » et non des responsables ? Satan peut nous séduire et chercher à nous influencer, mais nous sommes les seuls à être blâmés lorsque nous péchons ! Quand nous commettons un péché, c’est notre choix, et non celui de quelqu’un d’autre.

L’apôtre Jacques confirme ce que nous venons de dire en ces termes «Que personne, lorsqu’il est tenté, ne dise: C’est Dieu qui me tente. Car Dieu ne peut être tenté par le mal, et il ne tente lui-même personne. Mais chacun est tenté quand il est attiré et amorcé par sa propre convoitise. Puis la convoitise, lorsqu’elle a conçu, enfante le péché; et le péché, étant consommé, produit la mort » (Jc 1:14-15).

Suite à l’entretien qu’il a eu avec une personne, Neil Anderson écrit encore: « Au fil des années, elle en était venue à croire les mensonges de Satan, à savoir qu’elle était elle-même responsable de ses ennuis et qu’elle n’avait aucune valeur aux yeux de Dieu ni de quiconque »[2]. Devons-nous en conclure, d’après ces paroles, qu’une personne peut avoir des excuses valables pour ne pas obéir à la Parole de Dieu? Est-ce qu’un chrétien peut prétendre être justifié devant Dieu pour ne pas pardonner, ne pas obéir, ne pas aimer, ne pas se repentir etc., sous prétexte que Satan l’a séduit?

Un tel raisonnement ressemble étrangement à celui d’Adam lorsqu’il rétorqua a Dieu : «La femme que tu as mise auprès de moi m’a donné de l’arbre, et j’en ai mangé » (Ge 3:12). Les prédicateurs de la délivrance, inconsciemment, permettent aux chrétiens d’avancer de telles excuses, qu’ils acceptent d’ailleurs bien volontiers, pour se justifier. Cette attitude explique, en partie, pourquoi l’Eglise est de plus en plus absorbée par un esprit égocen­trique et, de ce fait, est devenue réticente à reconnaître son péché et ses erreurs.

Les « ministères de délivrance » enseignent que des démons peuvent nous manipuler ou nous forcer à pécher. En parlant ainsi, ils attribuent, sans le vouloir, plus de puissance à Satan qu’au sang de Christ. Il nous faut savoir qu’aucun démon ne peut nous forcer à pécher. Si un chrétien retourne à certains péchés de son ancienne vie, c’est à cause de la méchanceté de son coeur, c’est son propre choix et parce qu’il l’a bien voulu. Pécher ou abandonner son péché est une question de choix personnel (Jc 1:13-15

Mt 15:18-20).


Notes :

[1] Neil Anderson, Le libérateur, p. 174

[2] Neil Anderson, Le libérateur, p. 149

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