La Bible traduite en Chinois par un infirme

Nous relevons le nom de cent trente-huit missionnaires, dont onze dames ou demoiselles, qui se sont occupés de la traduction de la Bible dans les différentes langues de la Chine. Parmi eux, il y en a un qui mérite une mention spéciale, c’est M. Schereschewsky.

 

Né en 1831, en Lituanie, de parents israélites, Schereschewsky fut élevé dans toute la sagesse des juifs, et fit ses études à l’Université de Breslau[1]. La lecture du Nouveau Testament traduit en hébreu le convainquit de la vérité de l’Évangile. Il se rendit aux États-Unis, y fut baptisé, y fit des études théologiques, et en 1859 partit missionnaire à Shanghai, en Chine. Très doué, connaissant l’hébreu mieux que toute autre langue, il fut appelé à s’occuper de la traduction de la Bible. En collaboration avec quatre collègues, il traduisit le Nouveau Testament en mandarin. Ensuite, à partir de 1865, il traduisit seul l’Ancien Testament dans cette même langue. Cette traduction remarquable parut en 1875 et eut plusieurs éditions, dont la dernière, révisée, est celle de 1899.

 

Il fit plus encore. Il traduisit la Bible entière en wenli[2] simplifié. Le Nouveau Testament en 1898, la Bible entière en 1902. Il révisa ensuite ses deux traductions, les corrigeant, les améliorant pour en faire des Bibles à parallèles.

 

En 1865, six ans après son arrivée en Chine, il fut frappé d’une paralysie qui alla s’aggravant jusqu’à ce qu’elle ne lui laissât plus que l’usage du doigt du milieu de chaque main. C’est avec ces deux doigts qu’il rédigea, au moyen d’une machine à écrire, ses deux traductions. Un secrétaire les recopiait en caractères chinois. Il faut noter qu’il accomplit presque tout ce labeur hors de Chine. Quelques années après être tombé malade, il retourna en Amérique et y vécut vingt ans, après quoi il se rendit au Japon. Il mourut à Kyoto[3] en 1906, après avoir passé les vingt-cinq dernières années de sa vie immobilisé dans un fauteuil.

 

Le mal dont il fut frappé, tout en étant une rude épreuve, lui permit de servir pleinement son Dieu : il put consacrer tout son temps à la traduction de la Bible, et exerça certainement, comme traducteur. Plus que beaucoup d’autres, il put dire : « Quand je suis faible, c’est alors que je suis fort ».

 

La Bible, Parole de Dieu, deux fois traduite, en deux formes différentes d’une même langue, pourvues de parallèles, fut ainsi donnée à près d’un quart de la population mondiale… Voici le bilan de cette vie d’infirme. Peu d’hommes, assurément, auront exercé sur l’humanité une action plus étendue et plus profonde que ce fils d’Israël, amené à Jésus Christ par la lecture d’un Nouveau Testament hébreu.

 

Il a accompli ce que l’apôtre Paul a écrit : « courons pour remporter la couronne » et « persévérons »…

 

Une difficulté de la traduction en chinois de la Bible, qui n’a pas encore été entièrement surmontée, est venue s’ajouter à toutes celles qui sont inhérentes à l’étude même de la langue, la difficulté de trouver un terme chinois qui rende convenablement le nom de Dieu. C’est là un cas extraordinaire, unique, dans l’histoire des traductions de la Bible, et qui dépasse la compréhension de ceux qui ne sont pas initiés.

 

Cette difficulté n’est pas nouvelle. La controverse à laquelle elle a donné lieu dure depuis plus de deux cents ans. Au dix-septième et au dix-huitième siècle, plusieurs papes intervinrent par des décrets contradictoires. Les missionnaires protestants, à partir de 1850, ne se trouvèrent pas moins divisés sur cette question que les missionnaires catholiques. Voici un trait qui montre combien la controverse a été ardente et compliquée. En février 1901, un missionnaire bien connu commença, sur cette question, dans le Chinese Recorder, une série d’articles mensuels qui se succédèrent jusqu’au mois d’août 1902. Il avait, pendant vingt ans, réuni et catalogué plus de 13.000 passages de la littérature chinoise pour établir son opinion. Et quand il termina ses articles, il estimait n’avoir pas épuisé le sujet! Cette difficulté n’est pas spéciale au wenli et au mandarin. Elle se reproduit dans toutes les langues provinciales.

 

En fait, le chinois n’a pas de mot pour désigner la divinité, pas de mot qui réponde à l’Elohim hébreu. Le mot propre manquant, trois termes se sont présentés:

 

Schang-Ti (maître suprême), Shen (esprit), et Tien-Tchéou (Seigneur du ciel). La majorité des missionnaires anglais ont été pour le premier de ces termes, et la majorité des missionnaires américains, pour le second. Le troisième, depuis le décret papal de 1704, a été adopté par les catholiques. La raison pour laquelle la controverse sur ce sujet a été si passionnée, c’est que Shang-Ti est le nom donné à certains dieux chinois et aux empereurs déifiés. Les adversaires de ce terme ne voulaient pas donner au vrai Dieu le nom d’une idole, afin de ne pas risquer de l’abaisser au niveau des images de bois qu’on trouve dans les temples païens des villes chinoises. Les partisans de Shang-Ti répondaient que ce terme appartenait à l’époque primitive, monothéiste, antérieure au bouddhisme et au taoïsme, qu’il désignait le maître suprême du ciel et de la terre, un dieu dont les attributs rappelaient ceux du Jéhovah de l’Ancien Testament, et qu’on pouvait l’adopter comme les apôtres avaient adopté le mot Théos, qui était loin de désigner le vrai Dieu des chrétiens.

 

L’entente ne pouvant se faire, ni parmi les traducteurs, ni parmi les missionnaires, il fallut imprimer des éditions diverses des mêmes traductions, afin que personne ne fût choqué en trouvant dans sa Bible le nom qu’il désapprouvait.

 

Actuellement la controverse touche à sa fin. Les missionnaires se sont mis d’accord pour adopter, dans la version en mandarin, Shen, comme terme générique pour Dieu, et Shang-Ti pour désigner le vrai Dieu.


Notes :

[1] Wrocław (Breslau en allemand) est la quatrième ville de Pologne.

[2] Le wenli (ce mot signifie littéraire, classique) n’est pas une langue parlée; c’est une langue écrite, susceptible de prononciations fort différentes. Deux Chinois, l’un de Canton, l’autre de Ning-po, lisant à haute voix la même page en wenli ne se comprendront pas l’un l’autre, parce qu’ils la liront, l’un dans la langue de Canton, l’autre dans la langue de Ning-po. C’est un peu comme nos chiffres arabes, qui, pour les yeux, sont les mêmes dans toutes les langues européennes, mais qui pour l’oreille s’expriment de manières très différentes et qui parfois n’ont aucun rapport entre elles. Quinze, fünfzehn, fifteen, pymp theg, quindichi, décapenté, piatnadziat, voilà comment on dit 15 en français, en allemand, en anglais, en gallois, en italien, en grec, en russe. C’est la même chose, et ce n’est pas la même chose. Cette langue littéraire a trois formes : le wenli proprement dit, le wenli ancien, ou ku-wen, et le wenli simplifié, ou siao-wen. C’est le wenli simplifié qui est la langue officielle, la langue de tous les décrets du gouvernement, la langue des affiches. En dehors du wenli et du mandarin, répandus le premier dans la totalité, le second dans les trois quarts de l’empire chinois, il y a neuf langues provinciales qui ne sont pas des dialectes, mais des langues tout à fait distinctes, et dont quelques-unes sont parlées par des millions d’hommes.

[3] Kyoto (littéralement, ville capitale) fut de 794 à 1868 la capitale du Japon.

Les Bibles malgaches

Les premiers missionnaires protestants arrivèrent à Madagascar en 1818. C’étaient David Jones et Thomas Bevan, chacun accompagné de sa femme et d’un enfant. Au bout de quelques mois, sur ces six personnes, cinq étaient mortes de la malaria, et David Jones, seul survivant, était lui-même très malade. Il se rétablit, et en 1821 fut rejoint par David Griffith, gallois comme lui.

 

À ce moment-là, il y avait peut-être en tout six Malgaches capables d’écrire leur langue, et cela en empruntant les caractères arabes. Le malgache n’existait pas comme langue écrite. Mais en 1823, Jones et Griffith avaient créé une écriture en harmonie avec les règles de grammaire qu’ils avaient détectées. En 1826, la Société missionnaire de Londres leur envoyait une machine à imprimer.

 

En janvier 1827, les missionnaires écrivaient:

 

Nous avons consacré la journée du 1er janvier à la révision finale et à l’impression du premier chapitre de Luc. Nous voulions, par ce ministère, en ouvrant sur un sol aride et desséché la fontaine des eaux vives, sanctifier cette nouvelle année de labeur missionnaire. Puissent les eaux de guérison couler bientôt en mille canaux et transformer ce pays en un jardin de l’Éternel

 

Avant la fin de l’année, les missionnaires avaient imprimé l’Évangile de Luc à 1.500 exemplaires. En 1830, le Nouveau Testament était imprimé à 3.000 exemplaires.

 

Je ne veux pas prophétiser, écrivait le missionnaire-imprimeur, mais je ne puis pas croire que la Parole de Dieu soit jamais exterminée de ce pays, ou que le nom de Jésus y soit jamais oublié.

 

La publication du Nouveau Testament excita chez les indigènes un esprit de saine curiosité. Leur Nouveau Testament à la main, ils entouraient en grand nombre la demeure des missionnaires pour se faire expliquer les passages qu’ils avaient marqués. On était étonné de voir la Parole de Dieu trouver chez eux tant d’écho. Ils comprenaient très bien tous les passages qui condamnaient l’idolâtrie et la sorcellerie. À propos du passage : Vous observez les jours et les mois, un jeune garçon fit cette remarque : «Voilà qui condamne les gens qui tuent leurs enfants parce que le jour ou le mois de leur naissance est réputé mauvais, et ceux qui s’abstiennent de faire quelque chose aux temps dits néfastes».

 

En mars 1835, comme l’impression de l’Ancien Testament touchait à son terme, la persécution éclata. La reine Ranavalona fit réunir tous les exemplaires des Écritures qu’on put trouver, et les fit remettre aux missionnaires comme objets prohibés. La lecture des Écritures, comme la prière, fut interdite sous peine de condamnation à la mort ou à l’esclavage. À cette époque, il restait à imprimer les livres d’Ézéchiel à Malachie, et une partie du livre de Job. Aucun indigène n’osait prêter la main à ce travail. Tout ce qui restait fut composé par le missionnaire Baker et imprimé par un artisan missionnaire, M. Kitching. Le 21 juin, la première Bible malgache était imprimée et reliée. Jamais ministère ne fut plus fécond et plus glorieux que celui qu’accomplirent ces deux hommes pendant ces trois mois. Il se prépara là bien des palmes et bien des couronnes!

 

Des exemplaires de la Bible furent remis aux indigènes. Ceux qui les recevaient savaient fort bien qu’en les recevant ils risquaient leur vie. Quand les missionnaires, expulsés, quittèrent l’île, en juillet 1836, il restait encore un stock de soixante-dix Bibles. Les missionnaires enterrèrent ces soixante-dix Bibles et en indiquèrent la cachette à quelques-uns de leurs convertis. Ce fut là, pour de longues années, le dépôt biblique des chrétiens malgaches. Ces Bibles, comme on l’a dit, furent le combustible qui, pendant plus d’un quart de siècle de persécution, alimenta le feu sacré à Madagascar. Plusieurs de ces Bibles existent encore. On en voit une à la bibliothèque de la Société biblique britannique.

 

Le souvenir de la persécution le plus émouvant que j’aie rapporté, racontait plus tard un missionnaire, consiste en quelques fragments des Écritures, usés, déchirés, portant des taches de terre ou de fumée qui sont les marques de leur cachette, mais soigneusement réparées : ces feuilles sont cousues entre elles par des fibres d’écorce, et leurs marges sont recouvertes de papier plus fort.

 

On comprend que ces Bibles se soient usées! Elles circulaient par fragments; on échangeait des moitiés, des quarts de Bible. Comme les exemplaires étaient rares, il circulait aussi des fragments copiés à la main. Des chrétiens se réunissaient pour méditer la Bible et prier, en particulier sur une montagne, à quelque distance de la capitale. Quand on les découvrait, ou quand on découvrait leur Bible, c’était l’esclavage ou la torture, ou une mort cruelle.

 

Plusieurs réussirent à cacher leurs Bibles. Les uns les dissimulaient adroitement dans des troncs d’arbres, d’autres les confiaient à des cachettes pratiquées dans des endroits réputés inaccessibles, d’autres, après les avoir enveloppées, les enterraient soigneusement. Voici à quel moyen on eut recours dans le Vonizongo.

 

Quand la reine Ranavalona ordonna des perquisitions sévères pour faire saisir toutes les Bibles qu’il y avait à Madagascar, les chrétiens du Vonizongo se dirent : «Si nous perdons notre Bible, que deviendrons-nous?» Et ils décidèrent de cacher leur Bible dans une caverne creusée, au temps jadis, près du village de Fihaonana, pour servir d’hôpital aux varioleux. Les chrétiens malgaches bravaient, pour l’amour de leur Bible, le danger de la contamination, bien assurés que les émissaires de la reine n’auraient pas le même courage.

 

Les émissaires vinrent dans le village et y firent une recherche acharnée, sans rien trouver. Ils se dirigèrent ensuite vers la caverne. «Vous savez sans doute, leur dit quelqu’un, que cette caverne est l’hôpital des varioleux? — Non! répondit, sursautant avec horreur, l’un des émissaires. Pourquoi ne nous l’avez-vous pas dit plus tôt, malheureux?» Les émissaires opérèrent une prompte retraite, et la Bible fut sauvée.

 

Ces Bibles, on allait, aussi souvent que possible, les retirer de leur cachette, les lire en secret ou en public, selon le degré qu’atteignait la persécution, et on les replaçait bien vite en lieu sûr.

 

Pendant un quart de siècle, les chrétiens malgaches persécutés n’eurent d’autre missionnaire que la Bible. Et lorsque, en 1861, après la mort de Ranavalona, les missionnaires anglais revinrent, au lieu de mille adhérents et de deux cents chrétiens déclarés qu’il y avait en 1835 à Madagascar, ils trouvèrent cinq mille chrétiens déclarés. Voilà ce qu’avait fait la lecture de la Bible. La Bible est un bon missionnaire.

 

En 1872, les missionnaires commencèrent à procéder à la révision de la Bible malgache. La Bible révisée fut imprimée en 1888 par la Société britannique.

 

«Nous voici en septembre 1897, écrit le missionnaire Élisée Escande en 1906, dans cette province d’Ambositra connue par un récent et magnifique réveil. Le missionnaire qui s’y installe est en proie à la plus profonde détresse. Un vent de persécution a passé sur ce district. La population presque toute entière est passée au catholicisme.

 

«Qu’est-ce qui va empêcher le missionnaire de se sentir vaincu avant d’entreprendre la lutte ? C’est ce qu’il apprend de l’amour des Malgaches pour leur Bible.

 

«Lorsque les habitants du district d’Ambositra crurent qu’ils n’avaient qu’un moyen de montrer leur soumission à la France, celui de «devenir catholiques», ils furent sollicités par le père jésuite de lui remettre leurs Bibles. Les plus peureux le firent, et quelle ne fut pas leur consternation quand ils virent le père jésuite faire brûler toutes ces Bibles! Dès ce moment, aucune Bible ne lui fut plus apportée. À l’exemple de leurs pères, ces Malgaches cachèrent leurs Bibles dans des endroits où les émissaires du père jésuite ne pouvaient les trouver. Eux aussi lisaient en secret, en cachette des voisins et de certains membres de leur famille, leur chère Bible. Ils sont venus dire au premier missionnaire protestant d’Ambositra leur honte d’avoir abandonné le protestantisme, et, comme s’ils devinaient ce qui leur concilierait le plus l’affection de celui qui venait leur montrer leur faute et les exhorter à revenir au Christ de l’Évangile, ils lui disaient : «Mais nous avons conservé nos Bibles, nous continuons à les lire en cachette, et dès que vous serez venu rouvrir la lutte dans notre village, nous tirerons nos Bibles de leur cachette, et nous nous en servirons ouvertement comme par le passé». Et l’une des joies les plus pures que ce missionnaire a éprouvées pendant les premiers mois de son ministère a été de voir ces Malgaches venir assister au culte, dans une case basse et enfumée, se tassant comme des harengs, la joie peinte sur leur figure, et leur Bible, leur chère Bible à la main. Avec quelle promptitude les passages indiqués étaient trouvés, avec quelle émotion ils étaient relus en public à haute voix, avec quel entrain parfois ils étaient commentés!»

 

En 1900 et 1901 éclata dans le Betsiléo un puissant réveil religieux au sujet duquel le missionnaire norvégien Borchgrevink a écrit ceci : «Ce qu’il y a de plus remarquable dans ce réveil, c’est qu’il faut l’attribuer non à la prédication de l’Évangile, mais à la lecture de la Bible. La Bible en a été le seul instrument ».

Le violoniste et son maître

Un jeune homme avait étudié le violon sous la direction d’un grand maître et donnait son premier récital en présence de celui-ci. Le concert eut un très grand succès. En dépit des applaudissements de la foule, le jeune musicien semblait insatis­fait. A la dernière note de son morceau, tandis que les acclamations devenaient plus bruyantes que jamais, il avait les yeux fixés sur son maître assis au bal­con. Enfin, celui-ci lui adressa un sourire d’approbation et aussitôt le jeune violoniste se détendit et devint rayonnant de joie. Les applaudissements de la foule ne signifiaient rien pour lui, tant qu’il n’avait pas reçu l’approbation de son maître.

 

Quel beau comportement digne d’être imité! « Voici, comme les yeux des serviteurs sont fixés sur la main de leurs maîtres… ainsi nos yeux se tournent vers l’Eternel, notre Dieu» (Ps 123:2).

 

Le serviteur de Dieu ou le disciple de Jésus-Christ doit veiller, car il peut servir son Maître avec de mauvaises motivations. Certains travailleront pour se bâtir un empire personnel, d’autres pour avoir le consentement des hommes, d’autres encore pour se faire un nom dans leur organisation. Mais toutes ces choses disparaîtront un jour.

 

La seule récompense que nous devrions tous rechercher, c’est d’avoir l’approbation de notre Maître, afin qu’un jour il puisse nous dire: «C’est bien, bon et fidèle serviteur; tu as été fidèle en peu de choses, je te confierai beaucoup; entre dans la joie de ton maître» (Mt 25:21).

Les traductions modernes de la Parole de Dieu

Nous, chrétiens, souhaitons baser notre vie sur la Bible et il est bon de s’interroger sur les traductions de nos bibles contemporaines. Toutes nos traductions modernes ont reçu un double héritage néfaste.

 

Le premier héritage néfaste

 

Le premier héritage néfaste que nous a légué le XIX° siècle est la découverte des Codex Vaticanus, Alexandrinus et Sinaïticus. Ces textes grecs ont été rédigés par des copistes égyptiens ou monastiques dans des conditions peu propices à une fidélité intransigeante aux textes originaux.

 

Ratures, surcharges, omissions, interprétation sont les tristes constatations que l’on fait en étudiant ces textes. Ils ont pourtant servi de base pour établir le texte grec définitif sur lequel s’appuient toutes nos traductions modernes. De plus, les érudits du XIX° siècle qui ont mis au point ce texte grec ne croyaient pas au Seigneur Jésus-Christ : ils étaient soit des catholiques marialistes soit des libres penseurs et deux d’entre eux, Westcott et Hort étaient même fondateurs de sectes ésotériques anglaises (tarot et occultisme) !

 

Etablies à partir de ce texte grec, les traductions modernes pèchent toutes par des omissions scandaleuses ou des passages incertains[1].

 

Le second héritage dangereux

 

Le second héritage dangereux du XIX° siècle est la critique textuelle. Des spécialistes philologues de l’époque ont considéré que le texte saint pouvait être interprété en fonction des données historiques : selon eux, le langage évolue, les temps changent, le texte saint doit donc être actualisé. Cette tendance est plus que jamais à l’oeuvre dans nos traductions modernes : dans la nouvelle version Segond 2002, Jésus ne prêche plus l’Evangile : il proclame la bonne nouvelle ; il ne dit plus repentez-vous mais il dit : changez radicalement de vie. Ainsi, pour satisfaire à une mode intellectuelle du monde, les chrétiens dénaturent la précision du vocabulaire biblique.

 

Quel est l’enjeu, demanderez-vous ? Il est plus important qu’on ne croit :

  • Prêcher, dans le sens biblique, signifie non seulement annoncer la nécessité de se convertir à Jésus-Christ mais implique également l’annonce de la repentance (note extraite de la Bible de Genève de 1669).

 

  • Le verbe Proclamer est neutre et passe à côté du message de Dieu.

 

  • Repentez-vous : le message est clair ! Mais il déplaît au monde qui ne peut supporter cette pensée.

 

  • En changeant radicalement de vie, le croyant, quel qu’il soit, peut-il entrer dans le chemin de Dieu ? Catholique, bouddhiste, musulman, déiste, tous peuvent changer radicalement de vie. Mais nul ne se repent ! Cette esprit insidieux qui s’insinue dans nos Bibles modernes est le fruit d’une volonté d’oecuménisme : créer une religion universelle prônant la paix et l’amour. Mais la justice de Dieu dans tout cela ? L’esprit de l’anti-christ se réjouit : si nous ne veillons pas, dans quelques années, le message de la repentance aura disparu de nos sermons…

 

La « véritable » Parole de Dieu

 

Nous savons que le Diable connaît et utilise la Parole de Dieu pour nous atteindre. Jésus a été tenté dans le désert par le diable à travers des versets de la parole de Dieu. Mais avez-vous remarqué que le diable cite des versets en omettant certains passages-clés ?

 

Matthieu 4:6 « Et il (le diable) lui dit (à Jésus) : Si tu es le Fils de Dieu, jette-toi en bas; car il est écrit qu’il ordonnera à ses anges d’avoir soin de toi; et ils te porteront dans leurs mains, de peur que tu ne heurtes ton pied contre quelque pierre. »

 

Le diable omet une partie importante du verset : Psaume 92:11-12 « Car il ordonnera à ses anges de te garder dans toutes tes voies. Ils te porteront dans leurs mains, de peur que ton pied ne heurte contre une pierre. »

 

Le diable sait que Dieu ne protège le juste que dans la mesure où il est intègre dans les voies du Seigneur. En omettant cette partie, il tend un piège au Seigneur (note extraite de la Bible de Genève de 1669). Et si Jésus n’avait pas eu une connaissance exacte de la parole de Dieu, comment aurait-il combattu et gagné ?

 

Aussi, lisons la Parole de Dieu et surtout laissons le Saint-Esprit nous conduire dans nos lectures bibliques afin que nous soyons enseignés par Lui et que le sens biaisé de certains passages par les traductions puissent nous être redonné par d’autres passages de la Parole de Dieu… Seul le Saint-Esprit peut nous conduire vers les bons textes, dans le bon ordre pour rétablir la vérité de tel ou tel passage biblique…


Note :

[1] voir «Tableau des omissions de la traduction Louis Segond » (https://wp.me/p8REsR-zD) l’étude biblique qui compare l’épître de Paul aux Romains dans la traduction d’Ostervald, établi en 1744 sur le Texte Reçu et dans celle de Louis Segond, établi en 1890 sur le texte de la critique textuelle

Tableau des omissions de la traduction Louis Segond

Comparaison entre la traduction d’Osterwald de 1744 (OS) et celle de Louis Segond de 1910 (SG) dans l’épître aux Romains.

On s’aperçoit que la version Segond tente d’amoindrir la puissance du sang de Christ (c’est la seule chose que craint le diable).

Osterwald traduit en 1744 sur le  » texte reçu  » adopté par la réforme, en suivant la traduction d’Olivétan de 1535 et la Bible des pasteurs de Genève.
Segond traduit après 1880 sur les nouveaux textes originaux établis par la récente critique textuelle des exégètes n’ayant pas la foi en Christ. Louis Segond était un protestant de bonne foi dont nous ne remettons pas en cause l’honnêteté. Nous déplorons seulement qu’il a été trompé à son insu par des textes soi-disant originaux.

en gras les sens diffèrent ;
souligné la version Segond  » oublie  » des mots importants

OS 1:5 Par qui nous avons reçu la grâce et l’apostolat, afin d’amener à l’obéissance de la foi en son nom toutes les nations;

SG par qui nous avons reçu la grâce et l’apostolat, pour amener en son nom à l’obéissance de la foi tous les païens,

OS 1:7 A tous les bien-aimés de Dieu, appelés et saints, qui sont à Rome; la grâce et la paix vous soient données de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus-Christ!

SG à tous ceux qui, à Rome, sont bien-aimés de Dieu, appelés à être saints: que la grâce et la paix vous soient données de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus-Christ!

OS 1:16 Car je n’ai point honte de l’Évangile de Christ, car c’est la puissance de Dieu, pour le salut de tous ceux qui croient, du Juif d’abord, du Grec ensuite.
1:17 Car en lui la justice de Dieu est révélée de foi en foi, selon qu’il est écrit: Le juste vivra par la foi.

SG Car je n’ai point honte de l’Evangile: c’est une puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit, du Juif premièrement, puis du Grec,
1:17 parce qu’en lui est révélée la justice de Dieu par la foi et pour la foi, selon qu’il est écrit: Le juste vivra par la foi.

OS 1:18 Car la colère de Dieu se déclare du ciel contre toute l’impiété et l’injustice des hommes, qui retiennent la vérité dans l’injustice,

SG La colère de Dieu se révèle du ciel contre toute impiété et toute injustice des hommes qui retiennent injustement la vérité captive,

Os 1:28 Et, comme ils ne se sont pas souciés de connaître Dieu, Dieu les a livrés à un esprit dépravé, en sorte qu’ils commettent des choses indignes.

SG Comme ils ne se sont pas souciés de connaître Dieu, Dieu les a livrés à leur sens réprouvé, pour commettre des choses indignes,

OS 3:22 La justice de Dieu, dis-je, par la foi en Jésus-Christ, pour tous ceux et sur tous ceux qui croient;

SG justice de Dieu par la foi en Jésus-Christ pour tous ceux qui croient. Il n’y a point de distinction.

OS 3:25 Que Dieu avait destiné à être une victime propitiatoire; par la foi, en son sang, afin de manifester sa justice par le pardon des péchés commis auparavant, pendant les jours de la patience de Dieu;

SG 3:25 C’est lui que Dieu a destiné, par son sang, à être, pour ceux qui croiraient victime propitiatoire, afin de montrer sa justice, parce qu’il avait laissé impunis les péchés commis auparavant, au temps de sa patience, afin, dis-je,

OS 5:3-4 Et non seulement en cela, mais nous nous glorifions même dans les afflictions, sachant que l’affliction produit la patience, Et la patience la vertu éprouvée, et la vertu éprouvée l’espérance.

SG Bien plus, nous nous glorifions même des afflictions, sachant que l’affliction produit la persévérance, la persévérance la victoire dans l’épreuve, et cette victoire l’espérance.

Os Rom 8:1 Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ, qui marchent, non selon la chair, mais selon l’esprit;
8:2 Parce que la loi de l’Esprit de vie, qui est en Jésus-Christ, m’a affranchi de la loi du péché et de la mort.

SG 8 :1 Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus-Christ.
8:2 En effet, la loi de l’esprit de vie en Jésus-Christ m’a affranchi de la loi du péché et de la mort.

OS 8:18 Car j’estime qu’il n’y a point de proportion entre les souffrances du temps présent et la gloire à venir, qui sera manifestée en nous.
SG 8:18 J’estime que les souffrances du temps présent ne sauraient être comparées à la gloire à venir qui sera révélée pour nous.

Os 9:28 Car le Seigneur consommera et abrégera l’affaire avec justice; le Seigneur fera une grande diminution sur la terre.
SG Car le Seigneur exécutera pleinement et promptement sur la terre ce qu’il a résolu.

Ost Rom 10:9 Elle dit que si tu confesses de ta bouche que Jésus est le Seigneur, et que tu croies dans ton coeur que Dieu l’a ressuscité des morts, tu seras sauvé.

SG Si tu confesses de ta bouche le Seigneur Jésus, et si tu crois dans ton coeur que Dieu l’a ressuscité des morts, tu seras sauvé.

Os 12:2 Et ne vous conformez point au présent siècle, mais soyez transformés par le renouvellement de votre esprit, afin que vous éprouviez que la volonté de Dieu est bonne, agréable et parfaite.

SG Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait.

Os 14:9 Car c’est pour cela que Christ est mort, et qu’il est ressuscité, et qu’il a repris la vie, afin de dominer sur les morts et sur les vivants.

SG 14:9 Car Christ est mort et il a vécu, afin de dominer sur les morts et sur les vivants.

OS 14:23 Mais celui qui doute au sujet d’un aliment, est condamné s’il en mange, parce qu’il n’agit pas avec foi; or tout ce que l’on ne fait pas avec foi, est un péché.

SG 14:23 Mais celui qui a des doutes au sujet de ce qu’il mange est condamné, parce qu’il n’agit pas par conviction. Tout ce qui n’est pas le produit d’une conviction est péché.

OS 15 : 8 Je dis donc que Jésus-Christ a été ministre des circoncis, pour montrer la fidélité de Dieu, en accomplissant les promesses faites aux pères;

SG 15:8 Je dis, en effet, que Christ a été serviteur des circoncis, pour prouver la véracité de Dieu en confirmant les promesses faites aux pères,

OS 15:21 Selon qu’il est écrit: Ceux à qui il n’avait point été annoncé, le verront, et ceux qui n’en avaient point entendu parler, l’entendront.

SG Ceux à qui il n’avait point été annoncé verront,
Et ceux qui n’en avaient point entendu parler comprendront.

OS 15:29 Or, je sais qu’en me rendant auprès de vous, je viendrai avec la plénitude des bénédictions de l’Évangile de Christ.

SG Je sais qu’en allant vers vous, c’est avec une pleine bénédiction de Christ que j’irai.

OS 15:31 Afin que je sois délivré des incrédules de Judée, et que mon ministère à Jérusalem soit agréable aux Saints;

SG afin que je sois délivré des incrédules de la Judée, et que les dons que je porte à Jérusalem soient agréés des saints,

Ne remplaçons pas la vertu par nos valeurs

« Dieu, du haut des cieux, regarde les fils de l’homme, pour voir s’il y a quelqu’un qui soit intelligent, qui cherche Dieu. » (Ps 53 : 2)

 

Un récit grec raconte que, muni d’une lan­terne, Diogène[1] errait vainement en plein jour à la recherche d’un homme ver­tueux.

 

Personne ne peut dire si cette histoire est exacte. Une chose est sûre cependant : si Dio­gène était en vie aujourd’hui, sa quête serait plus difficile encore. Beaucoup, en effet, sem­blent rejeter l’idée qu’il soit nécessaire d’adhé­rer à une quelconque norme morale. Les mé­dias font constamment état de graves entorses à la morale, touchant aussi bien la vie pri­vée que les domaines de la politique, du tra­vail, du sport, des affaires… De nombreuses valeurs chères aux générations passées sont désormais bafouées. Les normes établies sont remises en question et souvent écartées. D’au­tres valeurs sont respectées verbalement, mais non dans les faits.

 

« Le temps où il existait une échelle des valeurs commune est révolu », déclare Alan Wolfe[2], sociologue des religions. Il dresse éga­lement ce constat : « Jamais dans l’Histoire, on n’a autant perçu la faillite des traditions et des institutions pour ce qui est d’offrir une direc­tion morale. » Le Los Angeles Times rapporte les commentaires de Jonathan Glover[3] à pro­pos des cent dernières années. Pour ce philo­sophe, l’explosion générale de la violence est en grande partie imputable au déclin de la re­ligion et des lois morales universelles.

 

Autrefois, la vertu était bien définie. Soit on était honnête, fidèle, chaste et hono­rable, soit on ne l’était pas. Aujourd’hui, « valeurs » a remplacé « vertus ». Mais cela pose un problème, comme l’observe l’historienne Gertrude Himmelfarb[4] : « On ne peut pas dire des vertus ce qu’on peut dire des valeurs, […] que chacun a le droit d’avoir les siennes[5]. »

 

Dans la société libéralisée actuelle, on se croit autorisé à choisir ses valeurs, comme on choisirait ses provisions dans un super­marché. Il n’y a rien de nouveau sous le soleil (Ecc 1 : 9) : la Bible nous décrit une situation analogue à l’époque des juges : « En ce temps-là, il n’y avait point de roi en Israël. Chacun faisait ce qui lui semblait bon. » (Jg 17 : 6 et 21 : 25) « Toutes les voies d’un homme sont pures à ses yeux, mais l’Éternel pèse les cœurs. » (Pr 16 : 2)

 

La Parole de Dieu est donc très claire : il n’est pas question de se trouver juste par rapport à un contexte comme pouvait le faire

 

  • Lot, à Sodome. En effet, le récit de Lot est éloquent : les hommes de Sodome cherchaient à mettre la main sur les deux envoyés[6] que Lot hébergeait, pour les connaître[7]. Lot, dans son référentiel de valeurs, pour protéger ses hôtes, propose ses filles vierges à ces hommes pervers et violents… (Gn 19 : 1 à 8)

 

  • Agar vis à vis de sa descendance avec son mari : Gn 16 : 2 à 4… La coutume et des lois[8] de l’époque voulait que soit inscrit sur le contrat de mariage que, dans le cas de stérilité de la femme, le mari puisse avoir un enfant avec une servante choisie par elle[9]

 

Dieu nous propose une référence et un fondement immuables et sûrs afin de bâtir notre vie sur le rocher des siècles qui n’est autre que Jésus-Christ (Lc 6 : 48 et Ep 2 : 20).

 

Ne nous conformons pas au siècle présent en remplaçant la vertu par nos valeurs fluctuantes et relatives… Mais, comme Job, disons : « Je n’ai pas abandonné les commandements de ses lèvres ; j’ai fait plier ma volonté aux paroles de sa bouche. » (Jb 23 : 12)


Notes :

[1] Il s’agit ici de Diogène le Cynique (appelé aussi Diogène de Sinope). Contemporain de Platon (4ème siècle avant notre ère), Diogène est connu dans l’imagerie populaire comme le philosophe qui habitait un tonneau. Avec le temps, le cynisme a pris une connotation péjorative de mépris et de dénigrement d’autrui, qualifiant tous ceux qui, par peur de leur propre médiocrité, rabaissent systématiquement autrui.

[2] Alan Wolfe est l’un des sociologues américains les plus réputés dans l’étude des phénomènes religieux.

[3] Philosophe et écrivain britannique.

[4] Dans « La démoralisation de la société ».

[5] L’historienne note que les valeurs « peuvent être des croyances, des opinions, des dispositions, des sentiments, des habitudes, des conventions, des préférences, des préjugés, des excentricités même, bref tout ce à quoi tient un individu, un groupe ou une société, à quelque époque et pour quelque raison que ce soit ».

[6] Ces deux envoyés n’étaient autres qu’une théophanie de la trinité.

[7] Euphémisme biblique pour « abuser d’eux ».

[8] Code d’Hammourabi.

[9] Les paragraphes 170 et 171 du Code d’Hammourabi paraissent s’appliquer dans Gn 21 : 8 à 13 nous montrant bien que la femme d’Abraham se base uniquement sur les lois et coutumes de son époque : comme le paragraphe 170 lui en donnait le droit, Abraham aurait voulu adopter pleinement et par suite admettre à la participation à son héritage Ismaël, le fils qu’il avait eu de sa concubine esclave ; il avait donné dans ce dessein un grand banquet le jour où cet enfant avait été sevré (Gn 21 : 8). Mais, par rivalité, Sara s’oppose à l’adoption. Elle dit à son époux : « Chasse cette esclave et son fils, afin que le fils de cette esclave n’hérite point avec mon fils, avec Isaac… » (Gn 21 : 10). En d’autres termes, Sara demande à Abraham d’appliquer à Ismaël le paragraphe 171 et non le 170 du Code d’Hammourabi. En effet l’exclusion du fils de la servante était un moyen d’empêcher sa pleine adoption et sa participation à l’héritage paternel suivant le paragraphe  170. On voit par le texte de la Genèse que la contrariété éprouvée par Abraham, était due à sa tendresse paternelle et non à la crainte de commettre un acte illégal : « cette chose parût très mauvaise aux yeux d’Abraham à cause de son fils » (Gn 21 : 11). La suite du texte permet d’exclure formellement le motif d’une injustice légale. Dans Gn 21 : 12 et 13 Dieu ordonne à Abraham d’accéder au désir de son épouse et il promet de donner lui-même une compensation à Ismaël, pour son exclusion de l’héritage paternel. Or il est évident que Dieu ne pouvait ordonner, ni surtout favoriser, l’accomplissement d’un acte illégal. La différence entre le Code d’Hammourabi et Gn 21 : 8 à 13, consiste en ce que Agar est la servante de Sara, tandis que dans le Code d’Hammourabi, il s’agit d’une esclave de l’époux lui-même.

Quand la foi devient philosophie

Timothée Richard était un jeune baptiste gallois, compétent et à la forte personnalité. Il avait d’abord voulu se mettre au service de la CIM[1], mais on lui avait conseillé de travailler avec la Société Mission­naire Baptiste. il était arrivé en Chine en 1870, âgé de 25 ans. D’emblée, Richard se mit à attacher une grande importance à l’établissement du royaume de Dieu sur la terre, et à protéger le pauvre et le malheureux d’une exploitation tyrannique.

 

Etabli dans la province du nord de Shantung[2], il avait été très touché par la grande famine qui avait sévi durant les années 1877-79, tout particulièrement dans le Shanxi[3]. Il aspirait de tout son cœur à voir la Chine transformée par l’adoption de ce qu’il y avait de meilleur en Occident, notamment les techniques, de telle sorte que pareil désastre ne puisse plus jamais se reproduire.

 

Malheureusement, Richard prétendait que Dieu agissait au travers des autres religions comme le confucia­nisme, le bouddhisme et le taoïsme[4]. Si on pouvait souligner les aspects de ces religions qui étaient en accord avec le christianisme, leurs adeptes seraient facilement amenés à la foi en Christ, et avec le temps, toute la Chine connaîtrait une profonde transformation chrétienne. Il ne tarissait pas d’éloges sur le bon côté de la civilisation chinoise, et consacra beaucoup de temps à étudier les classiques chinois et les écrits sacrés. Il s’efforça d’atteindre l’élite intellectuelle et usa plus tard de son influence pour fonder dans le Shanxi une université où les idées occidentales allaient être enseignées parallè­lement à l’histoire et à la culture chinoises.

 

Hudson Taylor estimait que sa théorie menait à la mort, car Richard était réfractaire à la prédication de la grâce, préférant, pour préparer le chemin de l’Evangile, distribuer des traités moraux parlant de Dieu mais non de Christ.

 

Mais Timothée Richard savait se montrer persuasif, et il com­mença à gagner à ses idées certains membres de la CIM, notamment ceux qui vivaient dans la province de Shanxi. L’expression « l’esprit de Shanxi » servit à désigner la diminution de la ferveur évangélique consécutive à l’enseignement de Richard. La foi d’un des membres de la CIM fut ébranlée au point que le missionnaire dut être rapatrié. Un autre envisagea de quitter la CIM pour se mettre au service d’une société missionnaire qui assurait à ses ouvriers un salaire régulier. A la suite des doctrines propagées par Richard, trois ou quatre missionnaires quittèrent la CIM, bien que quelques-uns revinrent plus tard à leurs convictions premières. Richard lui-même, devenu de plus en plus libéral dans son enseignement, démissionna de la Société Missionnaire Baptiste, mais continua à travailler en Chine durant près de cinquante ans.


Notes :

[1] Acronyme de l’anglais pour la Mission de l’Intérieur de la Chine qui est une société de missions en Chine, fondée par Hudson Taylor le 25 juin 1865 à Brighton.

[2] Shantung est une province du nord est de la Chine. Elle est située au nord de la province de Shanghai.

[3] Le Shanxi est une province du nord-est de la Chine, à l’ouest de la province de Shantung. Elle est surtout de religion bouddhique (Les grottes bouddhiques de Yungang shiku qui sont dans cette province contiennent les plus anciennes sculptures de Chine).

[4] Le taoïsme (« enseignement de la Voie ») est à la fois une philosophie et une religion chinoise. Plongeant ses racines dans la culture ancienne, ce courant se fonde sur des textes, dont le Dao De Jing (tao te ting) de Lao Zi (Lao-tseu), et s’exprime par des pratiques qui influencèrent tout l’Extrême-Orient. Il apporte entre autres : 1°) une mystique quiétiste, reprise par le bouddhisme Chan (ancêtre du zen japonais) ; 2°) une éthique libertaire qui inspira notamment la littérature ; 3°) un sens des équilibres yin yang poursuivi par la médecine chinoise et le développement personnel ; 4°) un naturalisme visible dans la calligraphie et l’art.

Œcuménisme et Anti-Christ

Tous ces nouveaux mouvements oecuméniques qui conduisent des multitudes de chrétiens à lutter contre l’immoralité s’opposent rarement aux fausses doc­trines dans l’Eglise. Par contre, Jésus-Christ et ses apôtres concentraient tous leurs efforts à prêcher la Bonne Nouvelle et à corriger les déviations et les héré­sies à l’intérieur de l’Eglise.

 

N’oublions pas que, d’une manière générale, le mouvement oecuménique prépare, à son insu, « la grande religion mondiale » que l’Antichrist va utiliser dans les temps de la fin pour dominer le monde et amener des multitudes à l’adorer, selon ce qui est écrit : « Et tous les habitants de la terre l’adorèrent, ceux dont le nom n’a pas été écrit dès la fondation du monde dans le livre de vie de l’Agneau qui a été immolé. Si quelqu’un a des oreilles, qu’il entende » (Ap 13 : 8 et 9). La vigilance et le discernement s’imposent plus que jamais !

 

Prenons un exemple : la lette ouverte du pas­teur Bill Randles des U.S.A. adressée à Bill McCartney[1], où il lui dit : « Monsieur McCartney, concernant votre organisation, je reste extrêmement prudent à cause de sa trop grande ouverture à tous. Catholiques, mormons et même les homo­sexuels sont encouragés à « être inclus dans votre mouvement ». Il est vrai que vous cherchez à vous unir avec de nombreuses dénominations, mais vous le faites aux dépens de la saine doctrine. Par contre, lorsque la véritable Eglise de Jésus-Christ prêche et honore la Parole de Dieu, elle sépare les individus. Les uns voudront rester sur le chemin large qui conduit à la destruction et les autres prendront le chemin étroit qui conduit à la vie. Un autre signe inquiétant au sujet de votre mouvement est l’intérêt trop favorable que les médias vous portent. Pourquoi le monde approuverait-il votre organisation, alors que Jésus a dit que le monde nous haïrait comme il l’a haï » (Jn 15 : 18).[2]

 

Il est très difficile de mettre en garde une organisation qui ne présente pas que des mauvais côtés. Toutefois, ce sont précisément les bonnes choses qu’elle apporte qui la rendent dangereuse parce qu’elles cachent l’erreur qui s’y trou­ve. La Parole de Dieu nous avertit que dans les derniers jours, juste avant son retour, l’apostasie s’étendra de plus en plus. Satan est très habile pour persuader les chrétiens de se concentrer sur certaines portions des Ecritures, au détriment des autres. Toute unité fabriquée par l’homme qui discrédite l’importance de la saine doctrine n’aura jamais le sceau de la bénédiction divine, quelle que soit son apparence.

 

Puissent les paroles suivantes de Jésus pénétrer au plus profond de nous-mêmes et renouveler en nous un esprit d’obéissance toujours plus grand à sa Parole « Ceux qui me disent Seigneur, Seigneur ! n’entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux » (Mt 7 : 21).


Notes :

[1] Leader du mouvement des Promise Keepers.

[2] The Inkhorn Magazine, October 95, p. 8

La séduction mortelle de l’amour œcuménique

Aimer l’autre, c’est avant tout vouloir le sauver pour l’éternité.

 

Paul dit du proclamateur de Sa Parole :

 

« Il faut qu’il soit… attaché à la parole authentique telle qu’elle a été enseignée, afin d’être capable d’exhorter selon la saine doctrine et de convaincre les contradicteurs » (Tit. 1 : 9).

 

Cela concerne tous ceux qui prêchent l’évangile.

 

Les foules des derniers temps, comme prophétisé dans la Bible, « ne supportent plus la saine doctrine et, au gré de leurs propres désirs, se donnent maîtres sur maîtres… et se tournent vers les fables » (2 Ti 4 : 3 et 4). Sommes-nous leur complice ? Sommes-nous de ceux qui, par amour des succès d’estrade et avides de gloire humaine et d’offrandes confortables, caressent agréablement les oreilles et envoient en enfer ceux qu’ils prétendent aimer ? Alors, nous sommes devenus des faux prophètes, des loups déguisés en serviteurs de Dieu, qui, par cupidité ou autre motif sordide, ne disent aux gens que ce qu’ils aiment entendre.

 

Aimer l’autre, c’est avant tout vouloir le sauver pour l’éternité. En Apocalypse 3, l’Église de Philadelphie, la seule qui sera « préservée à l’heure de la tentation qui vient sur le monde entier », est la seule « qui a gardé la Parole de Christ ». Ce sera la seule enlevée car ce sera la seule qui, malgré toutes les séductions environnantes de l’amour œcuménique, continuera à marcher dans la vérité.

 

La véritable unité ne peut se faire que « dans l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu » (Eph. 4/13). On baptise aujourd’hui « unité », dans l’Église comme dans le monde, ce qui n’est qu’union artificielle et circonstancielle, ou coalition créée par des hommes, pour des objectifs humains et à partir de valeurs humanistes fluctuantes, censées être une manifestation d’amour.

 

L’unité sans la Vérité divine – aussi intransigeante qu’un couperet – et sans l’amour qui nous est transmis par le Saint-Esprit (Rom. 5/5), n’est qu’utopie.

 

Voici une définition de l’unité selon Dieu :

 

« Enfin, soyez tous animés des mêmes pensées et des mêmes sentiments, pleins d’amour fraternel, de compassion, d’humilité» (1Pi. 3/8).

 

Le véritable amour fraternel, conféré par le Saint-Esprit, conduit donc à avoir les mêmes pensées, les mêmes sentiments, la compassion et l’humilité, certainement pas des arrière-pensées, donc de la défiance secrète qui sont à l’opposé de la Vérité biblique !

Balaam, le précurseur de l’œcuménisme

Faire alliance avec des Églises « sœurs » au sein d’un œcuménisme qui veut rallier toutes les religions sous sa bannière, c’est accepter de faire partie de la grande prostituée qui va soutenir l’antichrist !

 

On connaît l’histoire de Balaam. Dans cette histoire, Balak, roi de Moab, a fait alliance avec les Madianites, parce qu’ils se sont appropriés durant quatre cents ans un territoire qui a été donné par Dieu aux descendants d’Isaac, l’enfant de la promesse, et non à eux, malgré leur parenté avec Abraham. Car les Moabites sont descendants de Lot, neveu d’Abraham et les Madianites sont descendants d’Abraham par Qetoura (Gen 25 :1). Ils confessent le même Dieu. Ne sont-ils pas tous « frères en Christ » ?

 

Pourtant ils savent parfaitement qu’ils occupent ce territoire illégalement. Même Rahab, la prostituée de Jéricho, savait que l’Eternel avait donné ce pays à Israël ! Tout le monde le savait. Ce qui n’empêchait pas Moabites, Ammonites et Madianites de revendiquer cette terre. Quel parallèle avec les Palestiniens d’aujourd’hui !

 

Face à Esdras, des siècles plus tard, les « habitants du pays », parmi lesquels certainement des Moabites, des Ammonites et des Madianites, proposeront d’aider à la reconstruction du temple en prétendant invoquer le même Dieu que les Israélites. Mais Esdras ne s’en laissera pas conter : Ils invoquent peut-être le même Dieu, mais sans le connaître, car ils n’en ont aucune crainte et sont adonnés à des coutumes idolâtres et abominables.

 

C’est dans ce contexte de terreur de devoir restituer par la force le territoire aux légitimes propriétaires, après des décennies durant lesquelles les Moabites et Ammonites sont parvenus à repousser leurs « frères » dans le désert, que Balak fait appel à Balaam, qui habite bien loin de là, en Mésopotamie.

 

Balaam, « qui aima le salaire de l’iniquité (2 Pi 2 :15) », et dont Pierre déclare qu’il fallut une ânesse pour arrêter sa démence, n’en est pas moins un des prophètes les plus inspirés de la Bible. Il est réputé au-delà des frontières et Balak connaît la puissance divine de la parole qui sort de la bouche de ce prophète : « Celui que tu bénis est béni et celui que tu maudis sera maudit » (No 22 :6). Dieu ne révoque pas ses dons. Aussi Balak veut se servir de Balaam pour maudire Israël, à grand renfort de promesses de ponts d’or et d’honneurs à la clé.

 

Balaam, attiré par ces alléchantes propositions, brave l’interdit clair et net que lui a opposé le Seigneur quand il l’a consulté, se rend là où les Israélites campent, près de Jéricho, et fait construire par Balak, dans trois hauts lieux différents, trois fois sept autels, avec des sacrifices de taureau et de béliers (No 23 : 24). Il tente même, pour satisfaire son nouveau maître Balak, de se servir des formules occultes qu’il connaît (No 24 :1). Mais il est chaque fois saisi par l’Esprit de Dieu – Il n’y a aucune ambiguïté possible à ce sujet – et il lance au final, et contre son propre souhait, quatre formidables bénédictions prophétiques sur Israël, qui annoncent, entre autres, la venue du Messie.

 

Conclusion, quand il veut maudire Israël, le prophète Balaam échoue sur toute la ligne. Pourtant, il va finir par réussir sa mission de destruction en montrant à Balak une méthode perfide : Amener Israël à faire des alliances avec eux ! Tous les moyens sont bons. C’est l’œcuménisme de l’époque…

 

Cette entreprise perverse va entraîner une plaie épouvantable : 24.000 Israélites en mourront. Qu’a fait Balaam ? Il a simplement enseigné aux jolies femmes moabites et madianites à séduire les Israélites pour les entraîner dans leur culte à Baal Péor (Nb 31 :16). Il s’agit probablement d’une cérémonie qui a, au premier abord, l’apparence d’un culte religieux consacré au « Dieu tout-puissant ». Cérémonie sans doute associée à un culte à la déesse Astarté et à Moloc auquel on sacrifiait les enfants.

 

Dans ce culte, on y absorbe des victimes « sacrifiées aux morts » (Ps 106 :28). Cela ne rappelle-t-il pas l’Eucharistie où l’on prétend que c’est la chair physique du Christ qui s’est matérialisée dans l’hostie qu’on donne à manger aux fidèles ? Pourtant, Dieu est esprit ! N’y a-t-il pas une similitude avec la consécration à des « saints » morts pratiquée dans certains courants dits chrétiens, ou encore avec les prières aux morts ou pour des morts que pratiquent ces mêmes courants ? Pourtant ces courants prient « aussi ! » Jésus-Christ…

 

Les Moabites et Madianites vont parvenir, sans grande difficulté apparente, à entraîner dans leur culte abominable les fils d’Israël.

 

Rien, à l’époque de Balaam, ne semblait pouvoir arrêter la colère ardente de Dieu contre les enfants d’Israël après qu’ils se soient ainsi laissés détourner par ruse de la pureté de la parole de Dieu. Ils risquaient même d’être décimés. Mais Phinéas, descendant d’Aaron, a compris la cause de la colère divine. Il a pris une lance, et, sans égard pour le rang élevé et la respectabilité de ceux qui avaient donné l’exemple et qui se montraient même aux yeux de tous sans la moindre honte, il transperce un couple formé d’un prince de la famille de Siméon, Zimri, et d’une princesse madianite : Cozbi, fille de Tsour. Alors la colère de Dieu s’apaise, les femmes illégitimes sont renvoyées chez elles, et le peuple de Dieu, pour un temps, comprend la leçon et obtient la victoire.

 

Le verset 18 de Nombres 25 précise que Cozbi était « la sœur » des Israélites !

 

Cozbi et les autres femmes « sœurs », ou « cousines », ne symbolisent-elles pas pour notre temps,- « car tout ce qui est a déjà existé, et ce qui existera est déjà là, Dieu ramène ce qui a disparu (Ec 3 :15) » – les églises « sœurs », qui pratiquent l’idolâtrie tout en prônant l’œcuménisme à tout crin au nom d’une unité qui ne sera jamais qu’une unité politique et babylonienne ?

 

Les femmes, dans l’Ancien Testament, sont souvent des préfigurations de la future Église, mais aussi des fausses églises ou de la prostituée (Cf Osée 2 :4). Toutes les églises « sœurs » confessent Jésus-Christ, ce qui rassure. Mais y parle-t-on toujours du même Jésus ? En 2 Cor 11 : 3 et 4, Paul dit à de solides chrétiens de Corinthe, qui exerçaient tous les dons charismatiques, que si on leur présentait un autre Jésus, un autre esprit, et un autre évangile que celui qu’ils avaient accueilli au préalable, ils le recevaient fort bien !

 

À noter que Cozbi signifie « mon mensonge », tandis que le nom de son père, « Tsour » signifie « rocher ». On ne parle pas toujours, dans nos dénominations diverses, du même rocher que LE ROCHER, ni du même Dieu. Les alliances entre Églises « sœurs » fortifient certes la puissance et la crédibilité politique, mais rarement la puissance spirituelle. C’est même exactement le contraire. L’Église de Philadelphie, qui a « peu de puissance » (temporelle !), est une Église cachée en Christ, mais ses pierres vivantes sont la lumière du monde !

 

L’œcuménisme dans son acceptation la plus répandue aujourd’hui, procure un sentiment d’ouverture d’esprit et de tolérance, voire d’amour fraternel. Mais, quand cette unité ne se contente pas de mettre de côté des antagonismes provenant de points de doctrines mineurs, ou d’interprétations divergentes de certains versets isolés pour se recentrer sur un unique fondement : Jésus-Christ et la Parole de Dieu, quand cette tentative d’unité veut « ratisser large », elle devient un levain mortel. Ce n’est pas en pactisant avec des dogmes apostats que l’on sauve ceux qui y sont piégés, mais en proclamant les Ecritures, sans en ôter ni en rajouter un iota. C’est s’exposer et les exposer à mourir de la plaie qui a failli décimer Israël. Car Dieu ne change pas…

 

Quant à faire alliance avec des Églises « sœurs » au sein d’un œcuménisme qui veut rallier toutes les religions sous sa bannière, c’est accepter de faire partie de la grande prostituée, celle qui va soutenir l’antéchrist.

 

Serions nous plus fort que le peuple juif, l’arbre qui nous porte ? L’ordre de Dieu, parlant de la grande prostituée, donc d’une Eglise apostate, ce qui englobe tous les courants apostats et tous les chrétiens apostats, est sans équivoque : « Sortez d’elle mon peuple, afin de ne point participer à ses péchés et de ne pas recevoir votre part de ses plaies » (Ap 18 : 4). Ou encore : « Quel contrat d’alliance y a-t-il entre le temple de Dieu et les idoles ? Car nous sommes le temple du Dieu vivant, comme Dieu l’a dit….C’est pourquoi : Sortez du milieu d’eux ; et séparez-vous, dit le Seigneur ; Ne touchez pas à ce qui est impur, et moi je vous accueillerai. Je serai pour vous un père, et vous serez pour moi des fils et des filles, dit le Seigneur tout-puissant. 2 Cor 6 :16 a et 17.

 

Ruth la Moabite, qui aimait la vérité, adopta le Dieu d’Israël et suivit ses commandements. Elle sut couper les liens avec tous les siens. Elle en fut si bénie qu’elle compte parmi les ascendants de Jésus. En tant que femme étrangère au peuple élue, elle est un symbole de la future église des « gentils » qui croira en Christ et le suivra.

 

Il y a un autre parallèle entre notre temps et l’épisode de Balaam, si important qu’il est cité dans huit livres de la Bible, dont trois livres du Nouveau Testament. Cette histoire s’est située au moment où Israël, après 40 ans dans le désert, allait enfin entrer dans le royaume promis. Aujourd’hui, quatre mille ans après Abraham, le Royaume de Dieu est tout près de s’installer sur terre, lors du retour en gloire de Jésus. Il existe donc une activité frénétique de Satan pour détourner le peuple de Dieu vers des voies qui paraissent pleines d’amour fraternel, des larges voies que beaucoup empruntent bien qu’elles mènent à la perdition. Satan a trouvé beaucoup de Balak (dont le nom signifie : « dévastateur ») qui se sont appropriés un Royaume qui ne leur appartenait pas, et beaucoup de Balaam qui font alliance avec les Balak, des vrais prophètes de Dieu à l’origine, mais séduits eux-mêmes et séduisant les autres par l’idée d’une grande Église universelle. Peut-être ont-ils été aguichés par le tapis rouge que l’on déroule généralement devant eux quand ils préconisent des alliances avec les églises idolâtres au nom de l’unité. Ils deviennent, en fin de compte, de vrais sorciers au service de Satan, comme le devint le Balaam de l’époque.

 

Mais seule l’Épouse légitime va être enlevée pour des noces avec Christ, celle qui est sans taches ni rides, celle qui a « gardé la parole de la persévérance en Jésus-Christ » et « qui sera gardée à l’heure de la tentation qui vient sur le monde entier pour éprouver les habitants de la terre » (Ap 3 :10). Les sœurs idolâtres devront laver leur robe dans le sang pour être sauvées.

 

Les Balaam qui préconisent des alliances dangereuses sont aveuglés comme leur prédécesseur qui, de voyant qu’il était, vit ensuite moins bien dans le spirituel que son ânesse. Ils ne voient même pas le caractère babylonien de l’œcuménisme actuel.

 

L’unité est définie par Paul comme étant l’objectif final de la vraie Eglise, la Jérusalem céleste, celle qui doit rechercher « l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu », afin d’être composée « d’hommes faits, à la mesure de la stature parfaite de Jésus-Christ », afin « de ne plus être des enfants flottants et entraînés à tout vent de doctrine, joués par les hommes avec leur fourberie et leurs manœuvres séductrices » (Ep 4 :13 à 15)

 

Alors, et je le dis avant tout pour moi et avec amour à mes frères et sœurs en Christ, arrachons-en beaucoup au feu, partout où nous le pouvons, mais ne participons pas à un « œcuménisme fraternel » où l’on évite soigneusement d’évoquer les points qui dérangent et où l’amour qui est au-dessus de la vérité est avancé pour justifier de couvrir bien des contradictions, voire des mensonges ou des hérésies. Jésus a dérangé beaucoup de monde quand il a proclamé la vérité.

 

Il est des fraternisations qui, au lieu d’amener tout le monde à la Vérité, sont des pièges pour attirer tout le monde dans un flou religieux mortel, même si ce flou est souvent artistique !