Le mot Evangile étroitement associé à Dieu

Voici quelques textes montrant l’association de l’Evangile à Dieu Lui-même :

Rom 1:1

Paul serviteur de Jésus-Christ, appelé à être Apôtre, mis à part pour annoncer l’Evangile de Dieu.

2Cor 11:7

Ai-je commis une faute en ce que je me suis abaissé moi-même, afin que vous fussiez élevés, parce que sans rien prendre je vous ai annoncé l’Évangile de Dieu ?

Gal 1:11

Or mes frères, je vous déclare que l’Evangile que j’ai annoncé, n’est point selon l’homme.

1Th 2:2

Mais quoique nous eussions été auparavant affligés et outragés à Philippes, comme vous savez, nous avons eu le courage, appuyés sur notre Dieu de vous annoncer l’Evangile de Dieu au milieu de grands combats.

1Th 2:8

Etant donc ainsi affectionnés envers vous, nous souhaitions de vous donner non-seulement l’Evangile de Dieu, mais aussi nos propres âmes, parce que vous étiez fort aimés de nous.

1Th 2:9

Car, mes frères, vous vous souvenez de notre peine et de notre travail; vu que nous vous avons prêché l’Evangile de Dieu, en travaillant nuit et jour, pour n’être point à charge à aucun de vous.

1Tim 1:11

Suivant l’Evangile de la gloire de Dieu bienheureux, lequel Evangile m’a été commis.

1Pi 4:17

Car il est temps que le jugement commence par la maison de Dieu; or s’il commence premièrement par nous, quelle sera la fin de ceux qui n’obéissent point à l’Evangile de Dieu ?

Le mot Evangile associé à la Parole de Dieu

Voici quelques versets bibliques qui non seulement montrent le lien entre l’Evangile et la Parole de Dieu, mais, avec la démonstration de l’association de l’Evangile avec Jésus-Christ[1], ils renforcent (si besoin était) la nature de « Parole incarnée » de Jésus-Christ…

Lc 16:16

La Loi et les Prophètes ont duré jusqu’à Jean; depuis ce temps-là le Règne de Dieu est évangélisé, et chacun le force.

Act 8:25

Eux donc après avoir prêché et annoncé la parole du Seigneur, retournèrent à Jérusalem, et annoncèrent l’Evangile en plusieurs bourgades des Samaritains.

Act 15:7

Et après une grande discussion Pierre se leva, et leur dit: hommes frères, vous savez que depuis longtemps Dieu m’a choisi entre nous, afin que les Gentils ouïssent par ma bouche la parole de l’Evangile, et qu’ils crussent.

Rom 10:16

Mais tous n’ont pas obéi à l’Evangile; car Esaïe dit : Seigneur, qui est-ce qui a cru à notre prédication.

Gal 2:5

Et nous ne leur avons point cédé par aucune sorte de soumission, non pas même un moment; afin que la vérité de l’Evangile demeurât parmi vous.

Gal 2:14

Mais quand je vis qu’ils ne marchaient pas de droit pied selon la vérité de l’Evangile, je dis à Pierre devant tous: si toi qui es Juif, vis comme les Gentils, et non pas comme les Juifs, pourquoi contrains-tu les Gentils à Judaïser?

Gal 3:8

Aussi l’Ecriture prévoyant que Dieu justifierait les Gentils par la foi, a auparavant évangélisé à Abraham, en lui disant: toutes les nations seront bénies en toi.

Eph 1:13

En qui vous êtes aussi, ayant ouï la parole de la vérité, qui est l’Evangile de votre salut, et auquel ayant cru vous avez été scellés du Saint-Esprit de la promesse;

Col 1:5

A cause de l’espérance des biens qui vous sont réservés dans les Cieux, et dont vous avez eu ci-devant connaissance par la parole de la vérité, c’est-à-dire, par l’Evangile.

Jac 3:14

Mais si vous avez une envie amère et de l’irritation dans vos coeurs, ne vous glorifiez point, et ne mentez point en déshonorant la vérité de l’Evangile.

1Pie 1:25

Mais la parole du Seigneur demeure éternellement; et c’est cette parole qui vous a été évangélisée.

Apo 14:6

Puis je vis un autre Ange qui volait par le milieu du ciel, ayant l’Evangile éternel, afin d’évangéliser à ceux qui habitent sur la terre, et à toute nation, Tribu, Langue et peuple;


[1] Voir « Le mot Evangile associé à Jésus-Christ » -> https://theonoptie.org/2021/01/29/evangile-associe-a-jc/

Le mot Evangile associé à Jésus-Christ

Voici quelques passages bibliques qui parleront d’eux-mêmes quant au thème de la réflexion, sachant qu’avec quelques textes montrant le lien entre l’Evangile et la Parole de Dieu, nous retrouvons la nature de « Parole incarnée » de Jésus-Christ (Jn 1:14) :

Mc 1:1

Le commencement de l’Evangile de Jésus-Christ, Fils de Dieu;

Mc 8:35

Car quiconque voudra sauver son âme, la perdra; mais quiconque perdra son âme pour l’amour de moi et de l’Evangile, celui-là la sauvera.

Mc 10:29

Et Jésus répondant, dit: en vérité je vous dis, qu’il n’y a personne qui ait laissé ou maison, ou frères, ou sœurs, ou père, ou mère, ou femme, ou enfants, ou champs, pour l’amour de moi, et de l’Evangile,

Rom 1:1

Paul serviteur de Jésus-Christ, appelé à être Apôtre, mis à part pour annoncer l’Evangile de Dieu.

Rom 1:9

Car Dieu, que je sers en mon esprit dans l’Evangile de son Fils, m’est témoin que je fais sans cesse mention de vous;

Rom 1:16

Car je n’ai point honte de l’Evangile de Christ, vu qu’il est la puissance de Dieu en salut à tout croyant: au Juif premièrement, puis aussi au Grec.

Rom 15:16

Afin que je ministre de Jésus Christ envers les Gentils, m’employant au sacrifice de l’Evangile de Dieu; afin que l’oblation des Gentils soit agréable, étant sanctifiée par le Saint-Esprit.

Rom 15:19

Avec la vertu des prodiges et des miracles, par la puissance de l’Esprit de Dieu; tellement que depuis Jérusalem, et les lieux d’alentour, jusque dans l’Illyrie, j’ai tout rempli de l’Evangile de Christ.

Rom 15:20

M’attachant ainsi avec affection à annoncer l’Evangile là où Christ n’avait pas encore été prêché, afin que je n’édifiasse point sur un fondement qu’un autre eût déjà posé.

Rom 15:29

Et je sais que quand j’irai vers vous j’y irai avec une abondance de bénédictions de l’Evangile de Christ.

Rom 16:25

Or à celui qui est puissant pour vous affermir selon mon  Evangile, et selon la prédication de Jésus-Christ, conformément à la révélation du mystère qui a été tû dans les temps passés,

1Cor 4:15

Car quand vous auriez dix mille maîtres en Christ, vous n’avez pourtant pas plusieurs pères: car c’est moi qui vous ai engendrés en Jésus-Christ par l’Evangile.

1Cor 9:12

Et si d’autres usent de ce pouvoir à votre égard, pourquoi n’en userions-nous pas plutôt qu’eux? cependant nous n’avons point usé de ce pouvoir, mais au contraire nous supportons toutes sortes d’incommodités, afin de ne donner aucun empêchement à l’Evangile de Christ.

1Cor 9:18

Quelle récompense en ai-je donc? c’est qu’en prêchant l’Evangile, je prêche l’Evangile de Christ sans apporter aucune dépense, afin que je n’abuse pas de mon pouvoir dans l’Evangile.

2Cor 2:12

Au reste, étant venu à Troas pour l’Évangile de Christ, quoique la porte m’y fût ouverte par le Seigneur,

2Cor 4:4

Desquels le Dieu de ce siècle a aveuglé les entendements, c’est-à-dire, des incrédules, afin que la lumière de l’Évangile de la gloire de Christ, lequel est l’image de Dieu, ne leur resplendît point.

2Cor 9:13

Glorifiant Dieu pour l’épreuve qu’ils font de cette assistance, en ce que vous vous soumettez à Évangile de Christ; et de votre prompte et libérale communication envers eux, et envers tous.

2Cor 10:14

Car nous ne nous étendons pas nous-mêmes plus qu’il ne faut, comme si nous n’étions point parvenus jusqu’à vous; vu que nous sommes parvenus même jusqu’à vous par la prédication de l’Évangile de Christ.

2Cor 11:4

Car si quelqu’un venait qui vous prêchât un autre Jésus que nous n’avons prêché; ou si vous receviez un autre Esprit que celui que vous avez reçu, ou                      un autre Evangile que celui que vous avez reçu, feriez-vous bien de l’endurer ?

Gal 1:6

Je m’étonne qu’abandonnant Jésus-Christ, qui vous avait appelés par sa grâce, vous ayez été si promptement transportés à un autre Evangile.

Gal 1:7

Qui n’est pas un autre Evangile, mais il y a des gens qui vous troublent, et qui veulent renverser l’Evangile de Christ.

Gal 1:16

De révéler son Fils en moi, afin que je l’évangélisasse parmi les Gentils, je ne commençai pas d’abord par prendre conseil de la chair et du sang;

Eph 3:6

Savoir que les Gentils sont cohéritiers, et d’un même corps, et qu’ils participent ensemble à sa promesse en Christ, par l’Evangile.

Phil 1:27

Seulement conduisez-vous dignement comme il est séant selon l’Evangile de Christ; afin que soit que je vienne, et que je vous voie; soit que je sois absent, j’entende quant à votre état, que vous persistez en un même esprit, combattant ensemble d’un même courage par la foi de l’Evangile, et n’étant en rien épouvantés par les adversaires.

1Th 3:2

Et nous avons envoyé Timothée, notre frère, Ministre de Dieu, et notre compagnon d’œuvre en l’Evangile de Christ, pour vous affermir, et vous exhorter touchant votre foi.

2Th 1:8

Avec des flammes de feu, exerçant la vengeance contre ceux qui ne connaissent point Dieu, et contre ceux qui n’obéissent point à l‘Evangile de notre Seigneur Jésus-Christ;

2Th 2:14

A quoi il vous a appelés par notre Evangile, afin que vous possédiez la gloire qui nous a été acquise par notre Seigneur Jésus-Christ.

2Tim 1:10

Et qui maintenant a été manifestée par l’apparition de notre Sauveur Jésus-Christ, qui a détruit la mort, et qui a mis en lumière la vie et l’immortalité par l’Evangile;

Le Coran, un livre adapté à la cause islamique

Une question se pose régulièrement dans les débats au sujet du coran : le texte coranique a-t-il ou aurait-il subi une manipulation, ne serait-ce que l’ajout de quelques mots ici et là, selon ce que l’on peut voir avec le terme de nasârâ[1]. Des générations de bricoleurs se sont succédé sur le texte : au début du 8ème siècle, le gouverneur Hajjaj[2] est obligé une fois encore de rappeler les textes coraniques en circulation pour les brûler et leur en substituer d’autres[3]. On ne peut regarder une histoire aussi complexe en quelques pages : un long travail d’exégèse minutieuse sera nécessaire, qui demandera la collaboration de nombreuses disciplines, dont la linguistique, l’histoire, la géographie, l’archéologie, mais aussi les études juives, syriaques, et même théologiques car il est toujours nécessaire de se demander quels sont les buts poursuivis par un groupe humain et quelles sont ses représentations de Dieu et de l’avenir du monde.

A l’origine, les sourates devaient convaincre : elles ont été composées en un style oral parfaitement clair et cohérent. Ce sont les manipulations successives qui les ont rendues souvent obscures et incohérentes, au point qu’elles ne sont même plus réellement lues : on regarde le texte non en fonction de ce qui est écrit mais de ce qu’on doit y lire en vertu du dogme islamique et des commentaires tardifs.

En attendant, il faut au moins discerner des clefs de lecture. L’une d’elles était l’objet de cet article : la distinction faite par le Coran entre yahûd et nazaréens c’est-à-dire parmi les fils d’Israël et d’Abraham à qui le Livre a été légitimement donné. Une autre clef consiste à découvrir comment le texte coranique désignait le christianisme[4] et comment cette appellation fonctionnait dialectiquement avec la dénonciation des yahûd. Une autre clef tient à la découverte de la communauté que désignait le terme de nasârâ.

Ces clefs et d’autres apportent des points de contact avec l’histoire réelle connue dont le texte semble si dépourvu[5] contrairement aux textes des évangiles qui regorgent d’informations historiques, géographiques et chronologiques. Car de tels points de contacts existent dans le texte coranique.

Comme nous l’avons vu, quelques clefs de lecture sont indispensables pour pouvoir simplement lire le texte coranique, truffé d’apparentes obscurités, sinon parfois de contradictions. A ce point de vue, le début du chapitre ou sourate 47 se révèle instructif. En effet, ces clés de lectures permettent de restaurer ce passage dans l’état premier où il était parfaitement clair et bien bâti – cet état de clarté était certainement celui de tous les feuillets coraniques qui formèrent plus tard l’actuel « Coran ». Si le texte n’a plus aujourd’hui cette même clarté au point d’être parfois complètement obscur, il faut incriminer la lecture qui en est faite[6]. Voici le texte :

v.1aCeux qui « kafarent » et empêchent du sentier de Dieu,
v.1bIl [Dieu] égare leurs actions.
v.2aCeux qui croient et font de bonnes œuvres
v.2bet croient en ce qui est descendu sur Muhammad
v.2cet cela est la vérité de la part de leur Seigneur,
v.2dIl « kaffare » leurs mauvaises actions et réforme leur pensée.

Dans l’Islam, « kafarer » est une horreur : ceux qui « kafarent » (al-ladîna kafara) sont les pires des hommes, des mécréants impies et immondes, condamnés à l’enfer :

  • « Ceux qui kafarent… le feu sera leur séjour éternel » (sourate 47, 12).
  • « Ceux qui kafarent et empêchent du sentier de Dieu, puis meurent tandis qu’ils kafarent, Dieu ne leur pardonnera pas » (s. 47, 34)

Tuer un kâfir, c’est rendre service à Dieu selon ce qu’indique le verset 3 (voir plus bas). Pour autant, aucun musulman ne pourrait expliquer exactement le sens de ce terme (kafirûn au pluriel) ou celui du verbe (kafara, racine kfr).

Ceci pose un grave problème : au sous-verset 2d, Dieu Lui-même est dit « kaffarer ». Dieu serait-Il donc très mécréant (intensif de kafara avec deux « f »), ou ferait-Il mécroire (selon un autre sens possible) ? Certes non, et tous les traducteurs rendent « kaffarer » par couvrir ou absoudre, au sens où Dieu couvre les mauvaises actions de ceux qui croient en Lui : telle est la signification évidente de du verset 2d, qui correspond à ce qu’enseignent les docteurs en islam.

Mais alors, que signifie la racine kfr en rapport avec l’idée de couvrir ? Et qui sont ceux qui « kafarent » ?

La réponse fondamentale apparaît dès qu’on recourt à un programme de recherche biblique pour rechercher les passages mentionnant le verbe hébreu correspondant : kâfar[7]. On trouve justement les deux formes que présentent les versets s.47,1 à 3 et avec des significations claires et logiques :

  • au sens premier (radical qal), l’hébreu biblique kfr[8], signifie enduire, recouvrir (voir Gn 6 :14),
  • et au sens second (radical piel) intensif, kffr[9],  signifie couvrir le visage de quelqu’un, absoudre (Ez 45 : 15s ; Lv 14 : 53 ; Dt 21 : 8 ; Dn 9 : 24).

La dernière de ces deux significations correspond d’ailleurs au nom de la grande fête juive du Yôm Kippûr[10] ou Jour des expiations-absolutions.

Ces significations bibliques sont à la base de toutes les autres, et les quelques développements qui eurent lieu à travers l’araméen avant d’aboutir aux feuillets qui formeront le texte coranique ne contredisent pas leur simplicité. C’est l’araméen du Nouveau Testament et en particulier des évangiles qu’il faut regarder pour trouver l’origine de la plupart des significations des occurrences de kfr dans le Coran[11].

Nous avons vu que, dès le verset 1, « kafarer » apparaît comme un grave reproche. Mais alors, pourquoi est-il si grave de recouvrir ?

Vers le 1er siècle avant notre ère, en araméen, un sens second de la racine de base kfr apparut : recouvrir un fait (ou une parole), c’est le passer sous silence, c’est-à-dire taire mais aussi dénier ou même être ingrat (s’il s’agit d’un bienfait, à la forme emphatique). C’est ce qu’expriment les quelques vingt-six occurrences de cette racine dans les évangiles en araméen ; en voici les principales :

  • Lc 6 : 35 : «…Car Il est bon, Lui, pour les ingrats (kafûrê’) et les méchants ».
  • Lc 8 : 45 : « Jésus demanda : « Qui m’a touché ?». Comme tous niaient (kfr), Pierre dit :… »
  • Lc 22 : 57 : [Pierre] nia (kfr) : « Femme, dit-il, je ne le connais pas ».
  • Mt 10 : 33 : « Quiconque me reniera (kfr), moi aussi je le renierai (kfr) devant mon Père qui est dans les Cieux ».
  • Mt 16 : 24 : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il renonce (kfr) à lui-même »
  • Mt 26 : 34 et 75 : « Cette nuit même, avant que le coq chante, tu m’auras renié (kfr) trois fois ».

Dans l’expression des autres textes du Nouveau Testament, ce sens se renforce : taire, c’est renier :

  • 1Jn 2 : 22 et 23 : « Qui est le menteur, sinon celui qui nie (kfr) que Jésus est le Christ ? Celui-là est l’antichrist, celui qui nie (kfr) le Père et le Fils. Quiconque nie (kfr) le Fils n’a pas non plus le Père. »
  • Jude 1 : 4 : « Car se sont glissés parmi vous des individus… et qui renient (kfr) notre seul Maître et Seigneur Jésus Christ. »

Le reproche de renier prend donc ici le sens le plus fort : celui d’être un renégat, un petit anti-christ, le véritable Anti-Messie devant apparaître seulement à l’accomplissement des temps (les musulmans le savent pour avoir conservé cette antique tradition). Mais sous ce sens très fort, le geste matériel de recouvrir est toujours présent.

Dans le Coran, on trouve ce sens très fort, employé parfois de manière purement polémique (alors, il n’a pas d’autre portée que celle d’être une invective) ; mais, bien plus généralement, il est employé de manière précise dans la ligne du sens matériel premier de recouvrir. Ce reproche de renier-recouvrir y vise en particulier ceux qui sont désignés sous le terme de Yahûd, qui forment une « partie parmi les fils d’Israël » (par opposition à une autre partie, les « Judéo-nazaréens »). Voici quelques versets révélateurs :

  • « Ceux des fils d’Israël qui kfr ont été maudits par la langue de David et de Jésus fils de Marie… Dans le châtiment, ils demeureront éternellement » (sourate 5, 78 et 80).
  • « Dieu dit : Ô Jésus,… je vais te débarrasser de ceux qui kfr, et mettre ceux qui te suivent au-dessus de ceux qui kfr, jusqu’au jour de la Résurrection » (sourate 3, 55).
  • « Ô gens de l’Ecrit, pourquoi kafarez -vous les signes de Dieu alors que vous êtes vous-mêmes témoins ? Ô gens de l’Ecrit, pourquoi enrobez-vous de faux le vrai et cachez-vous le vrai, alors que vous savez ? » (sourate 3, 70 et 71).

Le reproche exprimé vise une dissimulation par recouvrement, de la part de gens « qui savent (‘alama) », à la différence de ceux « qui ne savent pas » (parce qu’ils ne sont pas juifs, les mušrikûn associateurs[12]).

  • « Ne savent-ils pas que Dieu sait ce qu’ils cachent et ce qu’ils divulguent ? Parmi eux, des clans (ummîyûn – c’est-à-dire certains groupes juifs[13]) ne savent en fait de l’Ecrit que des illusions rêvées et des élucubrations qu’ils ont fabriquées. Malheur à ceux qui écrivent l’Ecrit de leur main et disent ensuite : Cela [vient] d’auprès de Dieu » (sourate 2, 77 à 79a).
  • « Parmi eux [les gens du Livre du verset 75], une fraction adjoint leur langage à l’Ecrit pour que vous le comptiez [comme partie] de l’Ecrit alors que ce n’est pas de l’Ecrit. Ils disent : Cela [vient] d’auprès de Dieu, alors que cela ne [vient] pas d’auprès de Dieu ! Ils disent contre Dieu le mensonge, alors qu’ils gardaient en eux-mêmes (ou savaient, ‘lm) » (s. 3, 78).
  • « Vous le mettez [l’Ecrit apporté par Moïse] en rouleaux de parchemin que vous montrez et [dont] vous dissimulez beaucoup » (s. 6, 91).

Commentant ce dernier verset, l’islamologue Régis Blachère[14] indique que le reproche de « dissimuler » (hafîy, [se] dérober à la vue de) doit s’adresser au judaïsme talmudique : « L’expression : On vous a enseigné… ni vos ancêtres paraît faire allusion à l’enseignement talmudique ».

Derrière cette question, se profile l’accusation de falsification (tahrîf) qui apparaît dans ces mêmes textes, par exemple :

  • « Parmi ceux qui sont des juifs pratiquants, [certains] falsifiaient la Parole quant à ses sens » (s. 4, 46).
  • « Dieu jugera entre eux au jour de la Résurrection sur ce que [dans le Livre] ils ont remplacé » (s. 2, 113).

Il convient de préciser ici que l’expression « gens du Livre » parfois évoquée à l’occasion du reproche de falsification désignait les juifs au sens large (qu’ils relèvent du judaïsme talmudique, du judéo-nazaréisme ou encore d’une autre mouvance), non les chrétiens ; c’est l’interprétation musulmane postérieure qui y a englobé les chrétiens[15] :

  • « Ô fils d’Israël [v.40]… Croyez à ce que J’ai fait descendre msddqn li[16] ce qui est devers vous [la Torah] et ne soyez pas les premiers à être kâfir en cela… Et ne travestissez pas la vérité au moyen du faux. Ne tenez point secrète la vérité alors que vous savez ! » (s. 2, 41 et 42).
  • « Pouvez-vous accepter de les considérer comme croyants avec vous, alors qu’une fraction d’entre eux [c’est-à-dire parmi les fils d’Israël] entendaient la parole de Dieu, puis la falsifiaient, après l’avoir comprise et sue ? » (s. 2, 75).
  • « Nous avons donné le Livre à Moïse. Nous l’avons fait suivre par des envoyés (rusul). Nous avons donné des signes à ‘Isa fils de Marie, et Nous l’avons renforcé de l’Esprit [du] Saint… Vous traitiez les uns d’imposteurs et vous tuiez les autres » (s. 2, 87).
  • « Demande aux fils d’Israël combien de signes évidents Nous leur avons apportés (s. 2, 211)… Les gens formaient alors une seule ummah. Puis Dieu envoya des prophètes (nabyûn) annonçant et avertissant. Il fit descendre avec eux le Livre avec la vérité pour régler entre les gens ce en quoi ils
  • divergent…. mais ils divergèrent après que les signes furent venus » (s. 2, 213).

Ainsi, l’objet du recouvrement, c’est la messianité de Jésus, qui est recouverte par la lecture de la Torah couverte par celle des Talmud-s[17] (c’est-à-dire que la Torah est lue à travers les commentaires que ceux-ci en donnent). Justement, le Coran reconnaît onze fois à ‘Isa-Jésus le titre de « Messie »[18] dont quatre fois sous la forme de « le Messie-Jésus »[19]. Et il dénonce les manières dont cette messianité a été recouverte dans le passé, non seulement grâce à une lecture « dissimulatrice » mais aussi en présentant Jésus comme un magicien (fin des versets s. 5, 110 et 61, 6) et sa mère comme une femme de mauvaise vie – ces deux accusations se lisent effectivement dans les Talmud-s.

Dès lors, sauf en les exceptions polémiques (à traduire au choix par : mécréant, renégat, impie, renieur), on aura tout intérêt à rendre la racine kfr à la 1ère forme par recouvrir qui est son sens primitif. Cela s’impose même particulièrement ici, au début de la sourate Muhammad, à cause du jeu de mots bâti sur les formes du verbe kfr. On retrouve d’ailleurs ce jeu de mots dans la sourate La duperie mutuelle :

  • « À celui qui croit…, Dieu couvrira ses méfaits… tandis que ceux qui recouvrent seront les compagnons du Feu [de l’Enfer] » (s. 64, 9 et 10).

Ainsi, il ressort que le début de la sourate 47 est parfaitement bâti autant au point de vue du sens que de celui de la forme, pour peu que l’on en excepte les sous-versets 2b et 2c, de cette manière :

v.1aCeux qui « kafarent » (recouvrent) et empêchent du sentier de Dieu,
v.1bIl [Dieu] égare leurs actions.
v.2aCeux qui croient et font de bonnes œuvres
v.2bet croient en ce qui est descendu sur Muhammad
v.2cet cela est la vérité de la part de leur Seigneur,
v.2dIl « kaffare » (couvre) leurs mauvaises actions et réforme leur pensée.
v.3aCertes, ceux qui « kafarent » suivent le faux, tandis que ceux qui croient suivent la vérité de la part de leur Seigneur.

L’enchaînement entre v.2a et v.2d se lit même littéralement ailleurs dans le texte coranique :

  • « Ceux qui croient et font de bonnes oeuvres, Nous couvrirons leurs mauvaises actions » (s. 29, 7) !

Il s’agit d’un schéma très bien balancé et très percutant en milieu de culture orale :

Ceux qui recouvrent / Dieu les égare

Ceux qui croient / Dieu les couvre

Ceux qui recouvrent / sont dans le faux

Ceux qui croient / sont dans le vrai

Quant au sens, il n’est pas moins percutant : toute une doctrine de la justification se trouve synthétisée là. Selon le texte, Dieu couvre ceux qui croient du manteau de Sa Justice, même s’ils font des actions mauvaises à côté des bonnes. À l’inverse, Il punira ceux qui sont volontairement dans le faux car non seulement ils ne veulent pas croire, mais détournent autrui du « sentier de Dieu » ; du reste, ils n’auront aucune bonne action à faire valoir, puisque Dieu « égare leurs actions » de sorte qu’aucune d’elles ne soit bonne. C’est terriblement logique. Ce Dieu qui couvre ne pardonne pas les fautes (contrairement à certaines doctrines modernes avancent) : dans Sa miséricorde infiniment hautaine, Il condescend simplement à ne pas en tenir compte, à cause de la foi qu’Il voit (et qui doit se voir !) chez les vrais croyants. Et ceux qui ne partagent pas cette foi iront en l’éternel Enfer.

Le texte continue ainsi :

  • « C’est ainsi que Dieu frappe [= forge] leurs exemples aux gens. Lors donc que vous rencontrez ceux qui recouvrent, frappez aux cols (litt. frappement des coups, c’est-à-dire tuez, explique le traducteur Hamidullah) » (v. 3b à 4a).

Conclusion

Les sous-versets 2b-2c introduisent une longue perturbation frappante non seulement dans l’équilibre du texte mais aussi dans sa logique thématique. De plus, le verbe « croire » apparaît deux fois de suite : Ceux qui croient (2a)… et croient en… (2b) – ce qui ne va pas dans la structure linguistique du texte. Les traducteurs n’hésitent d’ailleurs pas à mettre 2c entre tirets pour indiquer qu’il s’agit d’un ajout (« cela est la vérité de la part de leur Seigneur » – de plus, c’est d’un doublet du sous-verset 3a, « la vérité de la part de leur Seigneur »). Il est interdit de penser que le texte ait pu être manipulé mais le traducteur Hamidullah qui suggère cela ici n’a pas été inquiété – il faut dire qu’il touchait au seul sous-verset 2c qui n’a guère d’importance ; s’il avait émis un doute quant à l’authenticité de 2b où apparaît le nom de Muhammad, cela ne serait pas passé.

Il apparaît donc que le sous-verset 2b est tout autant un ajout que 2c :

v.2bet croient en ce qui est descendu sur Muhammad
v.2cet cela est la vérité de la part de leur Seigneur,

Mais se peut-il qu’une sourate intitulée « Muhammad » n’ait justement pas parlé de Muhammad, en tout cas pas avant qu’on lui insère ces deux sous-versets ? C’est que, justement, on ne sera pas surpris d’apprendre que cette sourate avait porté un autre titre : elle s’est longtemps appelée al-Qitâl (c’est-à-dire le combat à mort, à cause du verset 20). Certes, les titres de la plupart des sourates semblent être aussi vieux qu’elles-mêmes, mais ici, « Muhammad » n’est justement pas son titre originel.

Alors, depuis quand cet ajout – qui double la longueur du verset – existe-t-il dans le texte ? Une telle question ne se pose pas uniquement à propos de ce verset s.47, 2 mais ailleurs, par exemple là où apparaît un équivalent du nom de Muhammad : ahmad. Tout porte à penser, ainsi que Blachère l’a montré, que le texte primitif du verset s.61, 6 ne faisait pas plus d’allusion à Muhammad (même sous la forme de ahmad) que la sourate 47. Ce verset a d’ailleurs été conservé sous deux versions dont l’une mentionne justement tout autre chose. Quant aux trois autres et dernières mentions du nom de « Muhammad » dans le Coran, elles laissent également songeur…

Dès lors, la question qui surgit est celle du rapport entre les feuillets coraniques primitifs et celui qui a été présenté un moment donné comme le prophète de l’Islam. Se pourrait-il que, historiquement, le rapport entre le futur Coran et celui qui fut le chef de guerre des Arabes regroupés à Yatrib-Médine fonctionne d’une manière toute autre que celle qui est habituellement présentée ?


[1] « Nazaréens » dans le Coran. 

[2] Né en 661 et mort en 714, il fut un gouverneur important pendant le califat omeyyade de Damas. Il ordonna une modernisation de l’écriture arabe, afin de faciliter aux fidèles la lecture du Coran par la différenciation des lettres qui s’écrivaient de la même manière par des points et autres mesures.

[3] Ce sont des traditions islamiques qui le racontent !

[4] Il est traité d’associationisme, « shirk ».

[5] Le texte coranique n’offre apparemment quasiment pas de repères chronologiques ou de noms de lieux connus ou même de noms de personnes ; à ce dernier point de vue, seuls apparaissent les noms de Zayd (Sourate 33 verset 37), Qurays (Sourate 106 verset 1), Abou Lahab (Sourate 111 verset 1) et, quatre fois, Muhammad, plus une fois Ahmad au centre de l’ajout inséré au milieu du verset 6 de la sourate 61. A y regarder de près, les quatre mentions du nom de Muhammad sont elles-mêmes suspectes.

[6] A moins qu’il ne s’agisse d’une manipulation subie par le texte lui-même ?

[7] Il est fondamentale de comprendre que les deux langues (l’hébreu et l’arabe) sont très proches car elles possèdent un champs sémantique premier similaire… Les racines fondamentales qui les structurent sont les mêmes ; cependant, une étude systématique et approfondie montre qu’il y a eu une évolution (majoritairement orientée vers une diminution de la précision) des racines utilisées par la langue arabe.

[8]

[9]

[10] Le son « p » étant un « f » prononcé dur : il s’agit de la même lettre mais avec une différence de prononciation

[11] C’est semblablement là aussi que l’on trouve l’origine des termes de muslim, « musulman » et de islâm.

[12] La racine šrk (associer) se rapporte aux chrétiens, accusés d’être des associateurs, et non à d’autres. On pourrait objecter les versets de la sourate 6 (v. 136 et 137) qui se rapportent aux Hébreux ; cette exception n’infirme cependant pas le sens habituel : ce ne sont pas en effet les Yahûd contemporains qui sont visés là, mais les Hébreux du temps des Juges et des Rois qui s’étaient conduits comme des idolâtres.

[13] Il est indispensable de signaler l’origine et le sens bibliques des termes ummîyûn et ummah . La traduction du mot ummah par communauté provient de l’appropriation du terme par la théologie islamique, et ne rend pas suffisamment l’aspect tribal fondamental (où prédomine la notion de umm – la mère). Le mot ummah au pluriel en Gn 25 : 16 désigne les douze tribus des Hébreux (ummot -m), et en Nb 25 : 15 il signifie simplement un clan. Cette signification fondamentale de « groupe juif » apparaît manifestement dans le texte coranique, par exemple dans la sourate 7, 159 et 160 : « Parmi le peuple de Moïse, une ummah avance sur la voie en vérité et ainsi en justice. Et Nous les partageâmes en douze tribus (ou douze clans, asbâtan ummatan), et Nous avons révélé à Moïse etc. »

On retrouve cette même idée et le terme de ummah dans le verset s. 3 : 110 : « Vous êtes la meilleure ummah qui ait été suscitée [par Dieu] pour les hommes », qui, suite à l’autodésignation de la communauté islamique comme unique ummah, est devenu la devise de la Ligue arabe basée au Caire. Le verset s. 2 : 78 constitue un autre exemple. Le terme de ummîyûn, tribus, est la forme araméenne emphatique plurielle de ummah employée dans le livre de Daniel (Dn 3 : 4, 7 et 31 ; 5 : 19 ; 6 : 26 ; 7 : 14).

[14] Orientaliste, islamologue et arabisant français, auteur de plusieurs ouvrages de référence quant à la critique du coran.

[15] L’expression « gens du Livre » ou, conformément à une traduction littérale de « ahl al-Kitâb », désignait les juifs dans leur ensemble, et eux seuls. Le Livre par excellence, c’est la Bible. Ceci ressort par exemple de s. 29, 46 et 47 où on lit que tous ceux de « la tente du Livre (ahl al-kitâb, gens de l’Ecrit) », « ont reçu l’Ecrit » et « croient en lui » ; les chrétiens, eux, n’ont pas reçu la Bible, ils seraient plutôt des voleurs d’héritage, ainsi qu’on peut le lire dans la Michna (Sanhédrin 57a) : « Rabbi Yohanan a dit : Un idolâtre qui s’occupe de l’étude de la Tôrah mérite la mort, ainsi qu’il est dit : C’est à nous que Moïse a prescrit la Tôrah en héritage [Dt 33,4] » (Rabbinat français, La guemara, Sanhédrin, Keren Hasefer, 1974, p.287). Ceux qui ont reçu la Bible, ce sont au sens propre les « Fils de l’Ecrit », à savoir tous les juifs. C’est aux premiers que l’auteur des feuillets coraniques renvoie son interlocuteur arabe quand il dit : « Interroge ceux qui ont récité (qara’a) l’Ecrit avant toi » (s. 10, 95 avec un parallèle en 17, 103).

« Parmi eux [les gens de l’Ecrit, v.65] est une communauté (ummah ) allant sans dévier [traduction de Blachère] » (s. 5, 66).

L’ummah qui est ainsi louée ne peut pas être faite de chrétiens ; et une poignée de disciples autour de Muhammad ne forme pas une umma h. Le même problème se pose en s. 7, 159 et surtout en s. 3, 113 où Tabarî pense à des juifs convertis (et Blachère à une « secte judéo-chrétienne »). Il s’agit nécessairement de juifs non rabbiniques, mais évidemment pas d’une poignée de supposés convertis à l’Islam. Ceux dont il est question sont des judéo-nazaréens.

[16] “m sd dqn li” : la lecture islamique fait de ce participe un verbe à l’actif alors que le sens cohérent à l’ensemble des occurrences est passif : justifié en fonction de ce qui se trouve dans l’Ecrit antérieur [la Torah] – ce que Mondher Sfar a été l’un des premiers à le comprendre.

[17] Il s’agit ici des Talmud de Jérusalem et de Babylone et plus généralement encore de toute lecture talmudique même ultérieure à ceux-ci.

[18] Les neuf occurrences (dont deux doubles) où le Coran indique que le Messie-masîh est Jésus, sont : s. 3, 45 ; 4, 157, 171 et 172 ; 5, 17 (2 fois), 72 (2 fois) et 75 ; 9, 30 et 31.

[19] De ces occurrences du mot masî h désignant Jésus, quatre présentent littéralement la formule « le Messie-Jésus » (al-masîh ‘Îsa) : s. 3, 45 ; 4, 157 et 171 ; 5, 17.

Le Hadith et son inspiration

Il est important de comprendre que les musulmans considèrent le Coran comme étant une copie textuelle du “Livre éternel” d’Allah, qui est préservé dans les Cieux. En plus, beaucoup de leurs pratiques et de leurs croyances reposent sur les sunna de Muhammad ou l’exemple du prophète, ses enseignements relatifs à différentes situations. La collection de tout ce qu’il a dit et fait ou la tradition de Muhammad est appelée le Hadith.

Dans un contexte religieux, hadith (un mot arabe qui signifie “récit” ou “discours”) est utilisé de deux façons. Premièrement, tout compte rendu de quelque chose que Muhammad a dit ou fait ou approuvé est appelé un hadith. Deuxième­ment, le mot peut aussi se rapporter à l’ensemble entier des affirmations, le Hadith.

Le Hadith remplit une fonction importante dans l’islam. C’est le récit de ce que le prophète a dit ou fait. Pour les musulmans, il est leur exemple le plus chéri. Des paroles qui lui furent attribuées ont été rassemblées pour que le fidèle puisse marcher dans les empreintes du prophète. Là où le Coran manque de donner à un musulman des conseils relatifs à une situation spécifique, le Hadith arrive à son secours. En réalité, le Hadith est fondamental à l’islam, deuxième en autorité juste après le Coran. Le Hadith a aussi émergé pour une autre raison. Pendant les premières décennies de l’histoire de l’islam, il semble qu’il y avait un désir d’islamiser certains concepts juifs ou chrétiens qui émouvaient et ressemblaient à la foi musulmane, mais non mentionnés dans le Coran. Le Hadith fut le véhicule primordial pour cette réalisation. Certaines traditions étaient authentiques. Cepen­dant, le désir du musulman d’avoir chaque détail de la vie dicté conformément aux paroles et aux pratiques du prophète, imposa une grande quantité de falsifications dans le Hadith. Des milliers d’affirmations et de récits furent faussement attribués à Muhammad. Plusieurs collections firent leur apparition. Nombre d’entre elles contenaient des faits et des récits injustifiés et faux et certaines furent inventées pour prouver une opinion personnelle ou pour élever ou abaisser une personne ou une idée. Il est reconnu qu’en ce qui concerne les hadiths, même les pieux sont tous, eux aussi, prêts à mentir.

La conséquence fut qu’il y eut un hadith pour chaque détail imaginable de la vie de Muhammad et de ses habitudes. Un érudit musulman de premier plan, au début de l’histoire de l’islam refusait de manger des pastèques parce qu’il ne trouvait pas un hadith concernant la façon dont Muhammad les mangeait. Et c’est pourquoi il ne se hasardait pas à en manger ! Plus tard, il devint clair qu’il y avait un grand nombre de faux hadiths. Cela incita le souverain musulman calife Omar Il (683 – 720) à ordonner le recueil de hadiths authentiques. Plusieurs compilations furent faites, mais aucune n’est considérée comme étant un canon absolu du Hadith. Cependant, certaines personnes qui rassemblèrent des textes de différentes sources furent reconnues comme plus dignes de confiance que d’autres.

Les deux plus sérieuses parmi elles sont les deux Sahihs (sahih signifie “sûr” ou “juste”). Ce sont:

I – Sahih Bukhari

Lérudit musulman Bukhari est né 180 ans après la mort de Muhammad. Il passa au crible 600 000 hadiths et n’en choisit que 4 000 qu’il considéra comme étant authentiques. Il disposa les hadiths dans son livre par sujets.

2 – Sahih Muslim

lmam Muslim était un disciple de Bukhari. Ainsi du point de vue historique, il se trouve encore plus loin de l’ère de Muhammad que Bukhari. Il rassembla aussi 4 000 hadiths qu’il considéra comme étant authentiques. Ceux-ci ne sont pas tous les mêmes que ceux de la collection de Bukhari. Il disposa les hadiths selon l’autorité finale (l’autorité finale est le premier ou tout premier témoignage de la chaîne, le plus proche de Muhammad)

Notons trois choses importantes:

  1. Les hadiths furent transmis oralement pendant plus de 150 ans avant d’être rassemblés et mis par écrit.
  2. Les deux collections les plus dignes de confiance furent compilées plus de 200 ans après Muhammad.
  3. D’après les chiffres ci-dessus, on s’aperçoit que sur 600 000 hadiths, 4 000 seulement ont été retenus comme étant authentiques par les deux meilleurs compilateurs. Cela veut dire que seulement 1 sur 150 est considéré comme étant authentique, et les 149 autres sont considérés comme étant faux. Des sciences de la tradition, ulum-al hadith avec des branches spéciales pour couvrir les domaines du rassemblement des hadiths, de la critique, de l’interpré­tation, etc, se développèrent pour filtrer et en évaluer les milliers.

Chaque hadith comporte deux parties importantes. Premièrement, il y a le sanad ou ‘autorité’. Le sanad donne la chaîne des autorités jusqu’à la source finale qui sont des témoignages de la validité et de la justesse du hadith. Il apparaît généralement au commencement. Deuxièmement, il y a le matn ou “contenu”. Le matn est le texte, le véritable hadith lui-même. Matn porte aussi un autre nom, il est appelé sunna qui signifie un “exemple à suivre”.

Voici un exemple, un hadith de Bukhari :

• Abdullah b.Aswad m’a dit:

• Fadl b.Ata nous a dit:

• lsmail b.Umaya nous a parlé par l’autorité de Yahya b. Abdullah b. Sayfi

• qu’il avait entendu Abu Ma’bad dire,

• J’ai entendu bn Abbas dire:

• le Prophète… a dit: “Tu rencontreras certaines des personne du Livre, aussi la première chose que tu devras faire est de les sommer d’affirmer que Dieu est Un… puis de leur faire connaître les cinq prières…”

Dans ce hadith, le sanad est la chaîne d’autorité, ou les différents noms qui ont véhiculé le hadith depuis la première personne qui a entendu Muhammad le dire; dans cet exemple il s’agit de bn Abbas. lbn Abbas serait donc “l’autorité finale” ou “la source finale” du hadith. Le matn est ce que le prophète a dit. Mais le matn est aussi une sunna parce que les musulmans doivent suivre ce qu’a dit Muhammad. Obéir aux sunna et donc imiter le modèle de vie de Muhammad est le devoir de tous les musulmans.

L’inspiration du Coran

Le Coran est-il véritablement inspiré par Dieu selon la conception d’inspiration musulmane ? Si c’est le cas, il faudrait que le Coran soit un document parfait, écrit en arabe pur et sans problèmes ni contradictions. Mais ce n’est pas le cas. Considérons les contradictions suivantes.

Histoires et conceptions empruntées à d’autres religions

Examinons l’affirmation islamique selon laquelle Dieu fut la seule source du Coran et qu’il aurait envoyé son message à Muhammad par l’inter­médiaire de l’ange Gabriel. C’est un fait reconnu que Muhammad, dès sa jeunesse, a subi des influences multiculturelles. Il a été ainsi en contact avec des gens d’autres religions, différentes de ses croyances païennes arabes; l’une de ces religions était le christianisme.

D’après The Encyclopedia of Islam (“L’Encyclopédie de l’islam”), les idées chrétiennes, les narrations contenues dans les Evangiles et dans les livres apocryphes s’étaient déjà répandues d’un bout à l’autre de l’Arabie au moment de la naissance de Muhammad. En fait, une communauté chrétienne en relation étroite avec les Ethiopiens existait au Yémen. Selon la tradition musulmane, Muhammad, vers l’âge de douze ans, partit avec son oncle en voyage pour la Syrie. Là il rencontra un moine chrétien du nom de Bahira qui prophétisa sur l’avenir du jeune habitant de La Mecque et le félicita.

Plusieurs érudits islamiques attestent la forte possibilité de l’existence d’un ou de plusieurs informateurs ayant donné à Muhammad des histoires ou des concepts tirés de leur propre arrière-plan religieux. Ainsi ils l’ont aidé à formuler le Coran. Waraqa, cousin de Khadija était chrétien. On dit qu’il était en train de traduire des portions du Nouveau Testament quand Muhammad eut sa première vision. Pendant quinze ans et jusqu’à sa mort, Waraqa fut très proche de lui. Salman, Zaïd, Kos et d’autres étaient juifs ou chrétiens, et étaient proches de Muhammad. Au moins trois de ses femmes avaient connaissance d’enseignement et d’histoires bibliques. Safiyyah et Rayhanah étaient juives, et Mariyah était une chrétienne copte.

Certains adversaires de Muhammad l’accusèrent d’être un imposteur. Ils disaient que celui-ci ne leur offrait que des mythes et des dictons anciens. Ils déclaraient que quelqu’un lui avait rapporté ces histoires et qu’à son tour, il les attribua faussement à une révélation divine (Coran 25: 4-6). Sa seule réponse à de telles accusations était celle-ci : « Celui qui connaît le secret du Ciel et de la terre, Il l’a fait descendre. Il a été clément et miséricordieux ! » (Coran 3 : 3, 7 ; 5 : 48 ; 44: 2-4).

D’autres sources religieuses ont fourni des éléments utilisés dans le Coran. Les experts de l’islam déclarent que des parties importantes de celui-ci ont leurs racines dans des écrits et des croyances déjà connus à l’époque du prophète. Certaines histoires et concepts coraniques doivent avoir été tirés des sources suivantes.

1-La Bible.

Beaucoup d’idées, d’histoires et de croyances dans le Coran sont tirées de l’Ancien et du Nouveau Testaments. La Création et les récits d’Adam, d’Abraham, de Moïse et d’autres en sont des exemples. Quelques-uns d’entre eux sont très fidèles aux récits bibliques alors que d’autres ne le sont pas et seraient considérés comme étant une distorsion des événements bibliques. Dans ces derniers cas, on cite les exemples du Samaritain qui incita lsraël à adorer le veau d’or, et Marie la mère de Jésus présentée comme étant la sœur d’Aaron et la fille d’Amram.

2 – Les livres apocryphes et écrits chrétiens autre que la Bible. Les histoires tirées de ces sources comprennent:

          a – L’histoire des sept jeunes hommes endormis dans une caverne pendant trois cent neuf ans (Coran 18 : 8-26), tirée d’un livre sur la gloire des martyrs par Grégoire de Tours et,

          b – Jésus crée des oiseaux à partir de boue (Coran 3: 49) tirée d’un livre appelé l’Evangile de Thomas l’israélite.

3 – Des écrits juifs rabbiniques.

Du temps de Muhammad, il y avait beaucoup de juifs en Arabie. Ils exerçaient sur leurs voisins arabes une forte influence économique et culturelle. A Médine, au temps de l’Hégire vivaient trois principales tribus juives. Les croyances, les usages et les informations contenus dans leurs livres sacrés étaient à la disposition de Muhammad. On peut remarquer des similitudes frappantes entre ces textes juifs et le Coran.

Voici deux exemples:

          a – Abraham est sauvé des flammes dans lesquelles Nimrod l’avait jeté (Coran 21:51-73), récit tiré de Midrash Rabbah et,

          b- la reine de Séba rencontre Salomon qui est entouré de ses armées de La jinn[1], d’hommes et d’oiseaux (Coran 27 : 20-45), récit tiré du Deuxième Targum du Livre d’Esther.

4 – Usages et croyances arabes païennes.

Le Coran contient plusieurs références aux croyances religieuses et populaires et aux coutumes du peuple arabe avant l’islam. Ainsi nous avons:

          a – Le pèlerinage à La Mecque (Coran 2:196-198) et,

          b – La vénération de la Kaaba considérée comme étant la maison de Dieu et le lieu le plus sacré sur terre (Coran 5 : 97).

5 – Anciennes histoires indiennes et perses.

Le voyage effectué de nuit par Muhammad de La Mecque à Jérusalem (Coran 17:1) et les détails du récit dans le Hadith de son ascension à travers les sept cieux ressemblent d’une manière frappante aux anciennes traditions perses concernant l’ascension du prêtre perse appelé Arta Viraf Namak.

Les hommes entourant et influençant Muhammad

Quelques affirmations impromptues faites par les hommes qui entouraient Muhammad furent ajoutées au Coran. Suyouti, un des premiers écrivains musulmans, note qu’à plusieurs reprises la révélation coranique vint à travers des personnes autres que le prophète. Il cite Ibn Merdawiyya qui a dit : « Umar avait une opinion sur un sujet donné, et voilà qu’une révélation coranique descendit en accord avec celle-ci ».

Egalement, quelques scribes ou secrétaires de Muhammad ont affirmé qu’ils l’avaient persuadé de changer les termes de certains versets coraniques.

Des conflits, des annulations et des changements

Dans le Coran il y a la preuve d’inconsistances et de conflits internes, certains étant le résultat des changements qui, d’après Muhammad, auraient été ordonnés par Dieu.

Regardons par exemple le chapitre de « I’Etoile » (Sourate 53). Un jour alors que Muhammad était à La Mecque, il récita ce chapitre à un groupe de gens, où il y avait certains de ses disciples aussi bien que des étrangers.

Dans une partie de ce chapitre, il jura par trois déesses arabes païennes, en fit l’éloge et autorisa qu’on les invoque disant: « Par Al-lat et Al-Uzzah et Manat la troisième, l’autre. Elles sont des êtres exaltés. Il faut rechercher leur intercession et celles de leur genre ne doivent pas être négligées (première version de “l’Etoile”, Coran 53:19 et versets suivants).

Les idolâtres qui écoutaient furent très satisfaits que Muhammad rende publiquement témoignage de l’importance de leurs dieux. Cependant, l’incident créa un immense problème entre lui et ses disciples. Ils le critiquèrent sévèrement, lui reprochant d’enseigner le culte des idoles. Il répondit que Satan était intervenu et lui avait donné les versets sur les déesses. En théologie islamique, ceux-là sont appelés les versets sataniques. Puis il déclara qu’il avait reçu une autre révélation pour remplacer l’original. Il prétendit qu’Allah avait parlé, disant: « Toutes les fois que nous [Allah] avons envoyé un messager ou un prophète avant toi [Muhammad] et que ce dernier faisait preuve de trop de fantaisie, Satan venait et introduisait d’autres pensées dans son imagination. Mais Allah a aboli ce que Satan avait fait entrer; puis Allah a confirmé ses versets. Allah est intelligent et sage » (Coran 22: 52).

La nouvelle version des versets du chapitre “l’Etoile” se présente comme suit: « Avez-vous considéré Al-lat et Al-Uzzah et Manat la troisième, l’autre? Quoi Vous avez des fils alors que Lui [Allah] aurait des filles? Cela serait un partage injuste. Ce ne sont rien d’autre que des noms donnés par vous et vos pères; Allah ne leur a donné aucune autorité. [Leurs adorateurs] ne suivent que des suppositions et ce que leurs âmes imaginent, bien que la direction leur soit venue de la part de leur Seigneur » (Coran 53:19-24).

Considérant cette nouvelle version, nous remarquons que Muhammad:

a – Annula le serment;

b-Annula la partie concernant les êtres exaltés, prétendant au contraire qu’ils ne sont que des noms inventés;

c-Annula la partie concernant leur intercession et dit que Dieu ne leur a aucunement donné d’autorité et,

d – Ajouta des parties concernant hommes, femmes, suppositions, etc.

Plusieurs fois, Muhammad eut à se rétracter sur des principes doctrinaux qu’il avait déjà donnés comme étant inspirés. Dans chaque cas, il insistait sur le fait que le nouveau principe doctrinal ou le nouveau point de vue était lui aussi inspiré. De cette manière, les versets les plus récents étaient donnés pour abroger ou abolir les précédents. Ainsi le Coran dit: « Quel que soit le verset que nous [Allah] abrogeons ou te [Muhammad] faisons oublier, nous en offrirons un meilleur ou un qui lui ressemble. Ne sais-tu pas qu’Allah peut tout faire ? » (Coran 2: 106; voir aussi 16:101 et 17:86).

Il y a beaucoup de changements similaires.

Considérons les exemples suivants:

1 – La façon dont on traite les non-musulmans.

Plusieurs versets dans le Coran encouragent les musulmans à montrer de la tolérance envers les non-musulmans. « Vous trouverez certainement que ceux qui sont les plus disposés à aimer les croyants sont ceux qui disent, “Nous sommes chrétiens”; et cela parce que certains d’entre eux sont des prêtres et des moines, des hommes qui ne sont pas orgueilleux » (Coran 5 : 82). Mais dans un passage plus loin nous lisons, « Massacrez ceux qui ne croient pas, partout où vous les trouvez » (Coran 9: 5). « Ceux qui ne croient pas » s’applique quelquefois à tous les non ­musulmans. Alfred Guillaume remarque qu’en effet ce dernier passage « annulait pas moins de cent vingt-quatre versets ».

2- Le nombre des femmes de Muhammad

Dans le passage suivant, il n’y a aucune limite fixée au prophète quant au nombre de femmes qu’il pouvait épouser.

« O, prophète, nous avons décidé qu’il est légitime que tu prennes pour épouses ces femmes pour qui tu as versé une dot et celles que tu as gagnées comme butin de guerre et les filles de tes oncles et tantes paternels et maternels qui ont émigré avec toi et les femmes croyantes qui s’offrent elles-mêmes au prophète, s’il désire les épouser. Ce privilège est le tien en particulier, il                   n’est pas pour les autres croyants » (Coran 33: 50).

Puis deux versets plus loin, il lui fut interdit de prendre davantage de femmes ou d’en changer: « Tu n’es pas autorisé à épouser d’autres femmes à partir de maintenant. Tu ne peux pas non plus remplacer les femmes par d’autres, même si tu es attiré par leur beauté » (Coran 33: 52).

En dépit des efforts de Muhammad pour ôter le reproche des contradictions en adoptant l’explication de l’annulation, il demeure dans le Coran de nombreuses contradictions. Le livre sacré de l’islam déclare que l’épreuve concluante de son inspiration divine est l’absence de toute contradiction puisqu’Allah ne peut se contredire lui-même (Coran 4: 82). En conséquence, on voit que le Coran n’est pas crédible par rapport à ses propres affirmations.

Des termes non arabes

Le Coran prétend que son langage est le pur arabe (Coran 26:193-95; 39 : 28; 44: 58; 16:103). Pourtant, il contient un grand nombre de mots qui ne sont pas du tout arabes, mais qui ont été empruntés à d’autres langues telles que le perse, l’hébreu, le grec.

En voici quelques exemples:

                  jinn                                perse
                  tawrah                         hébreu
                  ibrahim                        assyrien
                  géhannam                 hébreu
                  Injil                                grec
                  houri                             perse
                  fer- ‘awn                     vieil égyptien
                  fer-daws                     perse
                  ahad                            hébreu

A côté de ces mots, certains des noms du Coran ne sont pas dans leur forme arabe. La véritable écriture arabe du nom lsmaël est Yesma’il qui commence avec la lettre arabe Ya. Dans le Coran, cependant, il commence avec un Aleph et donne Isma’il. De toute évidence, Muhammad tira son information de sources grecques ou syriennes. Le même problème se retrouve avec de nombreux autres noms tels que Is-hak au lieu de Yes-hak pour lsaac et ls-ra-il au lieu de Yes-ra-il pour lsraël. Aussi, Yunus est mis pour Jonas, Ilyas pour Elie et lsa pour Jésus, tous de toute évidence dérivés du grec.

Si le Coran avait été véritablement donné par Dieu dans la langue arabe, pourquoi des formes grecques ou syriennes des noms citées ci-dessus ont été utilisées au lieu de leurs formes arabes? Pas étonnant que les Mecquois accusèrent avec ténacité Muhammad de composer le Coran avec l’aide d’étrangers qui lui fournirent d’anciens récits d’origines bibliques, talmudiques et païennes.

Des faits erronés

Plusieurs erreurs de faits apparaissent dans le Coran. Par exemple, il nous est raconté:

  1. Dhul Qarnain marcha jusqu’au lieu où le soleil se couche et trouva que c’était un puits boueux (Coran 18 : 83-86) ;
  2. La terre est rendue stable et solide grâce aux montagnes (Coran 31:10);
  3. La révélation de Dieu à Moïse dans le buisson ardent n’a pas eu lieu sur le Mont Horeb comme l’affirme Exode 3:1-5, mais dans “la sainte vallée de Towa” (Coran 20: 12)et,
  4. Le soleil court vers son lieu de demeure (Coran 36 : 38).

Selon le Coran, Haman était premier ministre du pharaon qui gouvernait l’Egypte lorsque Moïse chercha à délivrer son peuple (Coran 28: 8, 38; 40: 36). Cependant, la Bible déclare qu’Haman était le plus haut fonctionnaire à la cour du roi Assuérus dans le royaume de Perse. La recherche archéologique montre que le royaume perse était florissant vers 400 ans avant Christ. Au contraire, le pharaon auquel fut opposé Moïse vécut environ 15 siècles avant Christ.

Le Coran dit que le Samaritain fit un veau en or pour les Israélites et leur demanda de l’adorer disant: “Voici votre Dieu et celui de Moïse” (Coran 20:

85-88). Selon le récit biblique:

  1. Aaron fut de façon claire celui qui fit le veau d’or pendant les pérégrinations d’Israël dans le désert (14ème siècle avant Jésus-Christ) et,
  2. Il n’y avait pas de “Samaritains” jusqu’au règne d’Omri, roi d’lsraël (8ème siècle av. J.-C), après que les Israélites soient arrivés en Canaan et s’y soient établis pendant des siècles (Exode 32:1-6; 1 Rois 16 : 24).

Selon le Coran (19: 27,28; et 66:12), la vierge Marie était la fille d’Emran (Amram de la Bible) et la sœur d’Aaron (par conséquent la sœur de Moïse). Dans l’Ancien Testament, Aaron et Moïse avaient une sœur dont le nom était Marie (la forme hébraïque originale était Myriam). Cependant, elle ne fut pas la mère de Jésus. Il y a un espace de 1 500 années entre les deux Marie.

Le Coran lui-même affirme que si l’on devait y trouver des contradictions, cela montrerait qu’il ne vient pas de Dieu.

L’éthique et la morale

Les enseignements du Coran n’exposent pas le genre de supériorité morale ou d’éthique que l’on souhaiterait trouver dans un livre d’inspiration divine.

Le meurtre est autorisé pour obliger les gens à accepter l’islam (Coran 2:191, 193; 216, 244; 4: 76; 8:12, 13, 39) ; le mensonge est toléré (Coran 5 : 89; 16:106) ; jurer est permis (Coran 86:1-4; 89:1-5; 91:1-9; 95 :1-4) ; se venger est autorisé (Coran 5:45)…

Que penser de l’injonction donnée par le Coran de suivre les préceptes du Livre (la Thora) ?

Conclusion

Après avoir étudié le rapport entre « Muhammad et le Coran » et « l’inspiration du Coran » dans son écriture historique, nous arrivons à une pensée simple : Muhammad (et ses successeurs via le Haddith) n’ont pas été sous l’influence de Dieu (Le Dieu de la Bible) pour écrire ces textes (mais peut-être sous celle d’Allah qui n’est pas du tout le même être)… Cela se remarque en particulier par rapport à une liberté relative de leurs écrits par rapport à Jésus-Christ, fils unique de Dieu et la Bible… En effet, malgré la volonté évidente de négation de Jésus et de son œuvre, Dieu ne permet pas que soit écrit n’importe quoi : il ressort des textes coraniques l’inspiration divine de la Bible et l’œuvre de Jésus-Christ, Sauveur du monde (Jn 3 :16), donnant la possibilité à tout musulman honnête de trouver le chemin de la Vérité et de la lumière…


[1] L’armée des esprits.

L’écriture du Coran

Le Coran est écrit en arabe. Une caractéristique de la langue arabe est que les verbes qui sont écrits sans voyelles peuvent être lus à la fois à la forme active ou passive. Lorsque le Coran fut assemblé, il était écrit en koufic, une sorte d’écriture arabe qui ne contient pas de voyelles. Plus tard, lorsque les gens voulurent y ajouter des voyelles, un problème majeur se présenta. Ils eurent à décider quels verbes étaient actifs et lesquels étaient passifs. Ils devaient déterminer la signification du mot d’abord avant d’ajouter les voyelles. Un mot arabe sans ces marques pourrait avoir différentes significations. Ainsi plusieurs interprétations différentes sont possibles.

Voici un exemple d’un mot en écriture arabe et les significations différentes qu’il pourrait avoir.

Pour donner une idée de sa taille, le Coran est un peu plus petit que le Nouveau Testament. Il contient 114 chapitres ou sourates qui varient beaucoup en longueur. Les chapitres sont arrangés selon la longueur: les plus longs viennent en premier, puis viennent les plus courts. Dans le Coran arabe, les chapitres ne sont pas numérotés, mais chacun porte un titre comme par exemple: “La Vache”, “Les Femmes”, “Les Croyants”. Les chapitres sont subdivisés en 6 236 versets.

Ce n’est pas Muhammad qui a écrit les sourates qui lui ont été révélées. Pendant sa vie les gens apprenaient par cœur le Coran. Une petite partie seulement a été rédigée, et même cela a été fait un peu au hasard. Des portions ont été écrites sur des feuilles de palmier, d’autres gravées sur de la pierre. D’autres encore sur des os d’animaux, et encore sur d’autres matériaux. On rapporte qu’après la mort de Muhammad sa chèvre aurait mangé une partie du chapitre 33 “Les Confédérés” qui avait été écrite sur un morceau de tissu placé sous son oreiller. Aïcha, sa plus jeune femme, fut celle à qui avait été confié le chapitre et c’est elle qui rapporta l’incident.

Abou Bakr et Omar, les deux premiers califes, travaillèrent à rassembler toutes les archives du Coran, et bientôt il y eut quatre versions rivales. Quand Othman devint calife en 644 après J.-C., il ordonna que toutes les versions à l’exception d’une soient détruites. C’est celle dont nous disposons aujourd’hui. Cependant, une édition différente continua de circuler jusqu’à l’an mil (1000).

Le Coran et Muhammad

Tournons notre attention vers le livre sacré de l’islam: le Coran. Pour les musulmans il est bien plus qu’une collection d’idées, d’histoires, et de croyances religieuses : c’est la véritable parole d’Allah envoyée à Muhammad. Le musulman pieux croit que le simple fait de réciter des paroles du Coran dans la langue arabe originelle apporte la bénédiction et le met en contact avec le divin.

Les musulmans considèrent le Coran comme étant la suprême et finale révélation de Dieu aux humains. Ils croient qu’il a été envoyé par Dieu, par l’intermédiaire de l’ange Gabriel[1] à Muhammad. Ils maintiennent qu’il est entièrement d’origine divine et qu’il n y a rien d’humain en lui. Selon leur enseignement, l’ange a révélé chaque mot, chaque lettre à Muhammad. Certains disent que même l’encre et le papier qui servent à imprimer le Coran deviennent divins, car ils sont utilisés pour exprimer les paroles de Dieu. Certains musulmans affirment que le Coran n’a pas été créé mais est éternel. Ils déclarent que sa forme originelle était préexistante en tant qu’entité avant la création du monde, présent dans le passé depuis toujours avant même qu’il n’ait été révélé à Muhammad. L’original divin, appelé « Mère du Livre » est écrit sur des tablettes en or qui sont conservées au ciel.

D’autres vont même jusqu’à dire que le Coran est « l’alpha et l’oméga », le début et la fin de toute connaissance. Cette connaissance, disent-ils, est contenue en essence dans le Coran. C’est potentiellement comme une graine. Le mystère de Dieu, l’ordre du monde, les principes de vie, etc., se trouvent tous dans le Coran. C’est la « Mère de tous les livres », un terme qui signifie que tout doit être compris, expliqué, et évalué à la lumière du Coran.

La façon dont l’islam considère le Coran a des implications d’une grand portée. Par exemple, si le Coran est éternel et non créé, alors il doit être Dieu. Mais les musulmans proclament l’unité absolue de Dieu sans multiplicité de personnes. Cependant ils disent que le Coran, la parole de Dieu n’a pas été créé et que c’est un attribut nécessaire de Dieu. Le Coran n’est pas Dieu, mais il est inséparable de Lui. Il est fixé dans l’essence de Dieu. Qu’est-ce que cela signifie sinon une « bi-unité » à l’instar de la « tri-unité » chrétienne ?

Il semble que l’orthodoxie islamique revendique ici pour le Coran ce que la chrétienté biblique croit au sujet du Logos (« la Parole ») (Jean 1 :1-14). Certains ont suggéré que l’Eglise grecque en Méditerranée orientale et Jean de Damas en particulier jouèrent peut-être un rôle dans la formation de la pensée islamique primitive. En résumé, la « Mère du Livre » céleste dans la pensée islamique a acquis les attributs bibliques de la Parole de Dieu. Ainsi son contenu, sa signification et sa forme sont supposés être d’inspiration divine. L’initiative de son octroi était entièrement entre les mains de Dieu. L’arabe est la langue du Coran, parce que c’est la langue qu’on parle au Paradis. Ce fait est une partie intégrante du concept d’inspiration islamique. Cela signifie que chaque mot est divin. Même les formes des mots et des lettres comme leur signification viennent de Dieu. De plus, en récitant le Coran, le musulman reçoit une puissance. Ainsi, même les sons et les articulations qui sont émis permettent au lecteur et à l’auditeur de pénétrer le contenu et d’être béni par le Livre de Dieu. Il est donc important que les gens mémorisent les versets coraniques, qu’ils les comprennent ou non. Dans la pensée islamique, ce que le Coran dit a une identité inséparable d’avec la façon dont on le dit. Le Coran terrestre dans la langue arabe est le point où la divinité rencontre l’humanité. Donc, lorsque les musulmans récitent le Coran, ils le font toujours en arabe, et non en traduction, même lorsque leur propre langue n’est pas l’arabe.

Selon I’enseignement islamique, le véhicule du message divin du Coran était l’âme « pure » du prophète Muhammad. Parce que son âme était pure, la parole de Dieu était transmise sans aucune interférence ou interprétation humaine; il la recevait d’une façon passive et mécanique. Si l’un de ses sentiments ou l’une de ses opinions avait dû entrer dans le processus, le message aurait été entaché. Mais cela ne fut pas le cas. Donc le Coran n’est pas souillé par l’homme. Cependant Muhammad était présent lorsque il a été donné. Quelle était la nature de sa participation?

La tradition islamique dit que le Coran est le recueil des affirmations que Muhammad entendait, étant en état de transe. Le prophète éprouva des expériences traumatisantes en recevant les différentes parties de la révélation coranique. Il était pris d’attaques et de douleurs, ou bien il entendait des bruits tels que le tintement de cloches, perdait connaissance et transpirait à profusion. Après s’être remis de ces symptômes physiques, il faisait une déclaration qui devenait une partie du Coran.

Il y a eu de nombreuses tentatives pour interpréter et expliquer les symptômes de la révélation de Muhammad. Abdul-Mun’em Maged, auteur de L’Histoire politique de I’État arabe, dit ceci: « Parfois l’inspiration venait à Muhammad alors qu’il dormait. Et parfois lui-même annulait quelques versets qu’il avait déjà dictés à ses scribes et revenait avec d’autres pour les remplacer ». Abdur-rahman-Ash-sharquawi dit dans Muhammad, le messager de la liberté: « La prophétie et l’inspiration acquises par Muhammad ne furent rien d’autre que l’imagination perçue par son esprit. Le Coran n’était rien de plus que ses propres paroles prononcées par son âme claire et pure. »

Il y a quatre interprétations principales des symptômes qui accompa­gnaient les moments où il recevait le Coran:

1 – Les symptômes étaient produits artificiellement. Muhammad les utilisait pour convaincre les gens de la validité de ses proclamations.

2 – Les symptômes indiquaient une concentration proche de l’état mental de transe.

3 – Il était malade et sujet à des crises d’épilepsie.

4 – Muhammad était possédé.

Beaucoup de musulmans concluent à la lumière des affirmations personnelles de Muhammad, qu’il n’était pas dans un état de conscience normal lorsqu’il était sous inspiration divine et que le Coran est donc pur et non falsifié. En fait, la signification coranique de l’inspiration divine de Muhammad est un acte de possession qui supplantait temporairement les capacités normales de l’agent terrestre. De telles croyances nous amènent à conclure que la doctrine coranique de l’inspiration est verbale et mécanique dans le sens le plus fort. L’agent humain est passif, totalement contrôlé par l’impulsion « divine ».

La tradition musulmane affirme que Muhammad ne savait ni lire, ni écrire, citant comme base de cette affirmation le Coran 7:157; 29 : 48 et 62 : 2. Cela signifie que le miracle du Coran serait grand, en effet. Cependant, quelques érudits musulmans et non-musulmans contestent cette revendication. Les références coraniques qui soutiendraient cela ne disent pas nécessairement que le prophète était incapable de lire ou d’écrire, mais plutôt que ce n’était pas son habitude de le faire; en d’autres mots, il n’était pas érudit.


[1] Gabriel serait en fait ce que les chrétiens appellent le Saint-Esprit pour certains musulmans

J’ai exercé un ministère de délivrance

En 1977, j’exerçais un ministère spécialisé dans la guérison intérieure et la délivrance. Les gens venaient de toute l’Amérique pour chercher à être libérés des voix qu’ils entendaient, de toutes sortes d’addictions, de traumatismes émotionnels produits par des blessures passées ou des abus qu’ils avaient dû subir, et de nombreux autres liens spirituels. A cette époque, notre ministère était considéré comme étant « à la pointe du progrès » dans le domaine du combat spirituel. Notre église était une communauté chrétienne où tout le monde pouvait venir vivre avec d’autres Chrétiens pour y trouver la guérison.

A peu près vers la même époque, une sœur vint d’un autre Etat pour demeurer dans notre centre de délivrance, en vue d’y recevoir la prière pour sa délivrance. Elle avait grandi dans une famille profondément engagée dans l’occultisme, et ses parents lui avaient donné le prénom d’une déesse grecque. Quand elle nous a téléphoné, elle s’efforçait de se libérer de ses liens spirituels occultes, et elle était attaquée par des mauvais esprits qui refusaient de la laisser tranquille. Ces esprits se manifestaient à travers elle en sifflant comme des serpents et en nous accablant de sarcasmes. Nous découvrîmes rapidement que les démons qui la tourmentaient étaient puissants et n’avaient aucune intention de la quitter. Deux d’entre nous prirent la responsabilité de s’occuper de cette sœur. Après l’avoir guidée dans diverses prières, nous avons directement attaqué certains démons, en leur ordonnant de partir au Nom de Jésus. Cette sœur en éprouva un certain soulagement.

Peu après, à la fin de l’une de nos réunions du mardi soir, il se produisit l’événement le plus extraordinaire de notre rencontre avec cette sœur. La plupart des Chrétiens étaient déjà partis, mais elle voulut rester pour que l’on prie encore pour elle. Avant même que nous ayons pu commencer, elle fut saisie par un esprit très violent. Sa physionomie changea, sa voix n’était plus la même, son visage était contorsionné, et ses mains étaient tordues comme des serres d’oiseau de proie. Elle poussa un grand cri et se mit à me charger, dans l’intention de me lacérer le visage avec ses ongles. Pendant qu’elle hurlait et qu’elle courait vers moi en traversant la salle, le frère qui s’occupait d’elle et moi-même, nous sommes restés fermes et lui avons dit : « Stop, au Nom de Jésus ! » Parvenue à quelques dizaines de centimètres de nous, elle fut arrêtée par un mur invisible, et s’écroula à terre en gémissant. Nous avons alors prié pour elle, en demandant à Dieu de la libérer.

Nous avions rencontré beaucoup de cas de manifestations démoniaques dans notre ministère, mais celui-ci était le plus violent. Aujourd’hui, quand je repense à cet événement, je sais que le plus important, ce n’est pas ce qui s’était passé ce soir-là, mais ce qui se passa le lendemain. Le lendemain, elle se sentait bien mieux, et elle voulut nous parler avant de rentrer chez elle. Elle me dit : « Bob, Satan a très peur de toi ! Tu as une grande puissance et une grande autorité ! » A l’époque, je n’avais pas compris la signification réelle de ces phrases, comme je peux la comprendre aujourd’hui. A ce moment-là, j’étais entièrement conditionné par la mentalité du « combat spirituel », alors qu’aujourd’hui, j’ai pris conscience de la valeur de la Providence divine. Nous interprétons tout ce qui nous arrive en fonction du système de pensée qui est le nôtre.

J’ai pu interpréter les déclarations de cette sœur comme la confirmation que j’étais en train de réussir, conformément aux enseignements des leaders du « combat spirituel ». J’avais 27 ans, et j’étais devenu un puissant guerrier, équipé pour aller combattre toutes les forces adverses que Satan pouvait envoyer contre moi. Je fus donc tellement « gonflé » par cette délivrance que je passai les deux ou trois années suivantes à m’occuper de dizaines de personnes en souffrance. Beaucoup se trouvaient dans d’horribles liens spirituels. Jour et nuit je chassais les démons, je m’attaquais aux puissances des ténèbres, et j’aidais les gens à s’échapper des griffes des démons. Cette sœur rentra chez elle, et je n’entendis plus parler d’elle. Pendant plusieurs années, j’exerçais ainsi mon ministère, sans me ménager, auprès de tous ceux qui en avaient besoin autour de moi.

Afin de continuer à améliorer mon ministère de délivrance, j’ai lu les livres écrits par ceux qui avaient plus d’expérience que moi. J’ai pu ainsi mieux comprendre « comment les démons travaillaient ». Toutefois, beaucoup de personnes que je conseillais continuaient à avoir des problèmes avec les démons, malgré de nombreuses sessions d’exorcisme. Il fallait donc aller beaucoup plus loin dans le développement de stratégies plus efficaces. Les batailles ne sont pas toujours faciles à gagner. Dans une guerre, il y a toujours des revers. Certains enseignements que je faisais étaient très bibliques : la repentance, le pardon, l’étude de la Parole de Dieu, et le développement de justes relations au sein du Corps de Christ. En outre, dans mon ministère, je devais aider les gens à faire des choix sages pour leur vie.

Pendant cette même période, je visitais ceux qui étaient enfermés dans les hôpitaux psychiatriques de ma région. J’avais conseillé tellement de personnes à problèmes qu’une fois, en visitant le plus grand hôpital de ma région, j’y rencontrai trois personnes que j’avais personnellement connues.

Pendant toutes ces années où je croyais au système de pensée du combat spirituel, j’avais remarqué que les mêmes personnes continuaient à avoir les mêmes problèmes. En cherchant à me perfectionner dans l’approche de la délivrance, je lis un livre écrit par un Chrétien célèbre, qui prétendait avoir reçu des révélations divines. J’ai longtemps accepté cette « vérité » de la passivité des chrétiens engendrant la démonisation dans mes méthodes de conseil, croyant que c’était cette  passivité qui faisait sans cesse retomber les mêmes personnes sous l’esclavage des démons. J’ai donc développé des techniques pour que les gens cessent d’avoir une volonté passive, afin que les démons ne puissent plus les influencer. Aujourd’hui, je ne crois plus en la validité de ce que je faisais alors.

Pourtant, j’ai constaté un problème : les gens « passifs », par nature, ne me semblaient pas avoir une volonté forte, et rien n’y changeait. Ils continuaient toujours à se sentir opprimés par les démons, et se lamentaient de leur incapacité à surmonter leur « passivité ». A cette époque, je ne me rendais pas compte qu’en demandant aux gens d’avoir une volonté plus forte, je ne faisais que jeter de l’huile sur le feu. Le système de pensée du combat spirituel m’avait égaré si loin que je ne voyais plus la pertinence de ces simples versets des Ecritures : « Ainsi parle l’Eternel : Maudit soit l’homme qui se confie dans l’homme, qui prend la chair pour son appui, et qui détourne son cœur de l’Eternel !… Béni soit l’homme qui se confie dans l’Eternel, et dont l’Eternel est l’espérance ! » (Jr 17 : 5, 7).

Selon la théorie que j’enseignais, l’une des « lois spirituelles » de l’univers affirmait que ceux qui avaient une volonté passive devenaient la proie des démons, même s’ils étaient Chrétiens. Pour être libre, il fallait avoir une forte volonté. On ne pouvait plus faire confiance à Dieu pour être libre, mais il fallait avoir une forte volonté. Dieu se trouvait lié par une loi spirituelle qu’Il avait Lui-même créée.

Lorsque je croyais au système de pensée du combat spirituel et que je pratiquais la délivrance, je croyais à la validité de tout ce que je faisais, à cause de la vive réalité des démons qui se manifestaient, et parce que les gens étaient libérés au Nom de Jésus. Beaucoup de gens se sentaient mieux après les réunions de délivrance. Ils étaient venus dans un état misérable, et quittaient nos réunions avec un sentiment d’amour et de liberté. Je croyais donc que nous étions en train de les aider. Je ne doute pas de la sincérité de Bob Larson et d’autres qui travaillent comme lui. Je ne doute pas non plus de la réalité des histoires qu’ils racontent. Ce que je remets à présent en question, c’est le système de pensée qui sous-tend leur ministère, et qui n’est pas biblique. Il est vrai qu’il existe tout un monde invisible qui a ses lois, et que ces lois gouvernent les démons et tous les niveaux de la hiérarchie satanique. Mais faut-il découvrir et exploiter toutes ces lois pour avoir la victoire sur Satan ? Avons-nous besoin de ministères de délivrance entraînés et spécialisés, pour libérer les captifs de Satan ? Plus loin, je vous expliquerai de quelle manière mon ministère a dû complètement changer, quand j’ai commencé à mettre en doute les fondations doctrinales sur lesquelles il s’appuyait.

Quand j’étais dans ce mouvement, nous voulions acheter un terrain dans l’une des banlieues de notre ville. Comme nous avions des problèmes pour conclure cet achat, nous avons convoqué une réunion d’intercession qui devait durer toute la nuit. Vers le milieu de la nuit, quelqu’un a reçu une révélation, selon laquelle une principauté nommé « Manitou » contrôlait notre ville. C’était « Manitou » qui nous empêchait d’acheter notre terrain. Cette principauté régnait sur la ville, parce que les Indiens avaient auparavant pratiqué ici leur religion. Nos dirigeants nous ont donc demandé de chasser cet esprit de Manitou de la ville, afin que nous puissions la conquérir pour Dieu. La conclusion heureuse de notre achat nous « prouva » que nos prières avaient été efficaces. Cela nous a confortés dans notre conviction que nous avions de révélations spéciales pour chasser les principautés des villes qu’ils contrôlaient.

Pour ceux qui ont accepté le système de pensée du combat spirituel, de telles pratiques se justifient parfaitement. Tout ce que l’on doit accomplir dépend d’une interaction complexe entre toutes sortes de démons, de principautés et de lois qui contrôlent le monde spirituel. Aucun domaine de notre vie n’échappe à ces lois.

Par exemple, considérez la description que fait Bob Larson d’une personne dont il avait conduit la délivrance. Cette personne avait plusieurs personnalités fragmentées, et était liée par des démons. Elle souffrait d’une « dissociation » de sa personnalité. L’un des démons qui la contrôlaient s’appelait le « Portier ». Il permettait à tous les démons qui avaient été chassés de revenir. Larson décrit la cause de ce désordre de la personnalité, et montre comment il avait appris à parler aux diverses personnalités fragmentées qui composaient cette personne. Certaines de ces personnalités s’appelaient « Facilitateur » et « Régulateur ». Larson pensait que les démons qui contrôlaient cette personne pouvaient posséder certaines de ces personnalités multiples. Voici ce qu’il explique : « En ce qui concerne ces personnalités multiples, il y en a des bonnes et des mauvaises. Les ‘bonnes personnalités’ forment une partie de la conscience globale de cet individu. Ces ‘bonnes personnalités’ ont accepté Christ comme Sauveur. Mais les ‘mauvaises personnalités’, pour une raison ou une autre, refusent de se soumettre au Seigneur ».

Cette situation complexe oblige le « technicien spirituel » à « trier dans ce fouillis, pour obtenir le concours des bonnes personnalités, afin de gagner à Dieu les mauvaises personnalités ». Larson demande à l’une des personnalités fragmentées de son client de l’aider à identifier les « personnalités ténébreuses ». Il entreprit ensuite la tâche incroyablement compliquée de « trier » les démons et les fragments de personnalités au sein de cette personne. Il réussit même à conduire à Christ « Facilitateur ». Larson réveille ensuite des souvenirs enfouis, découvre les raisons légales qui ont permis aux démons d’entrer, ainsi que les noms des démons cachés. Voici l’une des prières qu’il a faites pour aider cette victime à trouver sa liberté : « Je commande aux anges de Dieu de rechercher et de tourmenter cet esprit de douleur. Je lie Douleur au démon Régulateur, et je leur commande d’éprouver tout le tourment dont ils ont affligé Randall. Je multiplie ce tourment par sept ! ».

Il me semble que si ce système de pensée du combat spirituel est vrai, et si les prétentions de ses « prêtres spirituels » sont vraies, alors nous sommes plongés dans de sérieux problèmes, sans aucun espoir sérieux d’en sortir ! Il faut interroger les démons pendant des années pour connaître les « règles », étant donné que les informations nécessaires pour les chasser efficacement ne sont ni révélées par les Ecritures ni accessibles par les moyens ordinaires.

Quant à moi, je m’épuisais littéralement à essayer de « faire coller » tous les détails du combat spirituel pour qu’il soit efficace. Je compris qu’il me fallait me convertir à un autre système de pensée, en ce qui concernait le monde que Dieu avait créé et qu’Il gouvernait. Cette conversion transforma le « technicien spirituel » que j’étais en prédicateur de l’Evangile.

Deux ans après cette « délivrance » où j’avais appris que Satan avait peur de moi, j’étais complètement usé par les longues journées et nuits passées à aider les gens à sortir de leurs liens. Je recevais des appels pendant la nuit, lancés par des gens qui avaient des problèmes urgents. Je ployais sous le nombre des cas dont je devais m’occuper. Certaines personnes avaient constamment besoin d’aide. Une seule personne très chargée pouvait nous vider de notre énergie émotionnelle et spirituelle. Je m’occupais souvent de 15 personnes par semaine.

A cette époque, l’une de ces personnes tournait vraiment mal. Cette femme quittait souvent son mari et ses enfants, le soir, pour aller courir dans les bars et rencontrer des hommes. Elle était passée par tous les ministères que nous pouvions lui offrir. Son mari m’appelait désespérément et me demandait de l’aide, parce qu’elle était en train de le détruire, et de détruire leurs enfants. Une nuit, cette femme m’appela vers trois heures du matin en m’accusant de tous ses problèmes, parce que j’étais un « très mauvais conseiller ». Il me sembla que je ne pouvais plus en supporter davantage. Je criai à Dieu, et je fis à peu près cette prière : « Seigneur, je veux réellement aider cette femme, comme tant d’autres. J’ai prié pour elle, je l’ai conseillée, je l’ai aidée, j’ai aidé sa famille de toutes sortes de manières pratiques, et j’ai chassé ses démons. J’ai fait tout ce que je savais faire. Mais je n’en peux plus. Si je n’obtiens pas de meilleurs résultats, je ne pourrai plus rester dans le ministère ! »

Dieu répondit à ma prière en attirant mon attention sur un passage de l’Ecriture. Depuis ce jour, ma vie et mon ministère ont été transformés ! Je ne le savais pas à l’époque, mais ce fut à ce moment-là que j’abandonnai le système de pensée du combat spirituel, pour me convertir au système de pensée de la Providence divine, comme je préfère l’appeler. Voici le passage que le Seigneur me montra :

« Or, il ne faut pas qu’un serviteur du Seigneur ait des querelles ; il doit, au contraire, avoir de la condescendance pour tous, être propre à enseigner, doué de patience ; il doit redresser avec douceur les adversaires, dans l’espérance que Dieu leur donnera la repentance pour arriver à la connaissance de la vérité, et que, revenus à leur bon sens, ils se dégageront des pièges du diable, qui s’est emparé d’eux pour les soumettre à sa volonté » (2 Timothée 2 : 24-26).

Le processus fut immédiat, en ceci que je suivis aussitôt l’enseignement de ce verset dans mon ministère de conseil auprès des Chrétiens. Mais il fut lent, en ce sens que ma conversion au système de pensée de la Providence divine ne fut complète qu’en 1986, quand je compris que ma pensée arminienne[1] concernant le libre-arbitre total de l’homme n’était pas biblique, et ne laissait pas assez de place à la souveraineté de Dieu. Je dus faire pour cela une étude détaillée de l’épître aux Romains. D’après le système de pensée de la Providence divine, Dieu contrôle toujours parfaitement Son univers, et le conduit sûrement vers l’objectif final qu’Il a Lui-même fixé (Ep 1 : 11).

La première chose qui m’a frappé dans ce passage fut la description de ceux dont le diable s’était emparé, pour les soumettre à sa volonté. Je me rendis compte que personne ne pouvait être aussi lié que cette femme. C’est son état qui m’avait poussé à remettre en question tout ce que je pratiquais jusque-là.

La seconde chose qui me vint à l’esprit en relisant ce passage fut de voir de quelle manière il pouvait s’appliquer à ma situation. Paul montrait à Timothée de quelle manière il fallait s’occuper de ceux qui avaient de sérieux problèmes dans l’église, et qui causaient des problèmes à Timothée. C’était précisément ma situation. L’exorcisme et la délivrance ne sont jamais utilisés dans le Nouveau Testament comme la thérapie normale pour les Chrétiens nés de nouveau !

La troisième chose que j’appris en méditant ce passage fut de voir comment on peut échapper aux griffes de Satan. Ce fut cela qui me fit abandonner le système de pensée du combat spirituel, pour adopter celui de la Providence divine. Les Chrétiens qui sont liés par Satan ne peuvent lui échapper que si Dieu leur accorde la repentance ! Cela me choqua quand je le compris réellement pour la première fois. Il est bien écrit : « dans l’espérance que Dieu leur donnera la repentance ». Auparavant, je croyais que si les choses ne changeaient pas, c’était pour l’une des deux raisons suivantes :

  1. C’était moi qui étais un mauvais conseiller, et qui devais acquérir de meilleures techniques de délivrance, ou
  2. c’était la victime qui faisait tout capoter parce qu’elle ne suivait pas mes prescriptions, laissant ainsi rentrer en elle sept démons plus méchants ! Nous tournions constamment en rond pour essayer de voir laquelle de ces deux raisons pouvait expliquer nos échecs. Je compris enfin que si Dieu leur accordait la repentance, ceux qui étaient esclaves de Satan pouvaient lui échapper. Sinon, ils ne le pouvaient pas. J’avais trouvé la solution biblique ! Pourquoi certains pouvaient recevoir la repentance, et d’autres pas, cela restait un secret que je ne connaissais pas, et que Dieu n’était pas obligé de nous révéler (Dt 29 : 29).

Toutefois, comme je ne savais pas si Dieu allait accorder la repentance à telle ou telle personne, je pouvais toujours penser qu’il pouvait l’accorder à tous les cas que j’allais rencontrer. Cela m’encouragea, et me permit de comprendre une quatrième chose : comment conseiller de telles personnes. Paul écrit : « Or, il ne faut pas qu’un serviteur du Seigneur ait des querelles ; il doit, au contraire, avoir de la condescendance pour tous, être propre à enseigner, doué de patience ; il doit redresser avec douceur les adversaires ». Nous avions l’habitude de nous lever à deux heures du matin, avec deux ou trois autres anciens, pour maîtriser une personne démonisée qui hurlait et se débattait, et crier : « Sors, esprit méchant, au Nom de Jésus ! » Plus tard, je me dis que ce n’était pas une manière d’être « doué de patience, et de redresser avec douceur » ces personnes ! Depuis lors, j’ai compris que Dieu, pour délivrer ceux qui sont liés par Satan, veut que nous leur annoncions Son Evangile, dans toutes ses implications. Je pouvais donc enseigner patiemment la vérité, en faisant confiance à Dieu pour qu’Il utilise Sa Parole pour changer les vies. Dieu peut délivrer des griffes de Satan les pécheurs les plus démonisés, par la seule puissance de l’Evangile (voir Col 1 : 13 et Ep 2 : 1-5). Auparavant, puisque ces personnes étaient Chrétiennes, et qu’elles étaient encore dans les liens, je pensais que le simple Evangile ne suffisait pas à les délivrer, et qu’il fallait avoir recours à des techniques et des procédés spéciaux pour les libérer. Maintenant, je crois en la puissance de l’Evangile.

Ce qu’il y a de merveilleux avec la vérité de l’Evangile, c’est qu’on peut l’annoncer à un autre moment qu’à trois heures du matin, à des gens qui se défoncent ! Je ne sortis plus en pleine nuit pour aller chasser les démons d’une personne qui cherchait à m’attendrir. Je commençai à corriger cette femme dérangée en lui disant qu’elle avait besoin de se repentir, de faire confiance à Dieu et à Sa grâce, et de Lui obéir. C’était un péché de quitter son foyer le soir pour aller s’enivrer dans les bars avec des étrangers ! Elle finit par divorcer de son mari, et passa les vingt années suivantes à s’enfoncer toujours plus dans le péché. Mais je savais que je n’en étais pas responsable. Il fallait soit qu’elle accepte l’Evangile, soit qu’elle continue à vivre sous l’esclavage de Satan. Seul le plan parfait de Dieu peut guérir une âme humaine. Il n’y a aucun autre plan de remplacement ! Cette femme peut toujours se repentir et échapper au diable. Si elle le fait, ce sera par la grâce de Dieu et en obéissant à l’Evangile, et non par l’intervention d’un SAMU spirituel !

Bob DeWaay


Note :

[1] L’arminianisme est une doctrine protestante fondée à la fin du XVIe siècle par Jacobus Arminius. Cette doctrine se base sur l’idée que la détermination de la destinée de l’homme par Dieu n’est pas absolue. L’acceptation ou le refus de la grâce par l’homme joue ainsi un rôle dans sa justification. En l’annonçant, Jacobus Arminius s’oppose aux idées de Jean Calvin sur ce sujet de la prédestination.

L’arminianisme sera l’un des fondements doctrinaux de la Fraternité remonstrante, et, beaucoup plus largement, aussi bien du méthodisme (et, à travers lui, du pentecôtisme) que du protestantisme libéral.

Les changements opérés par la nouvelle naissance

L’expérience de la nouvelle naissance, ou régénération, affecte en profondeur tous les domaines de notre vie. Il est important d’insister sur ce point car beaucoup de chrétiens, et même de prédicateurs, négligent ces réalités fondamentales.

  1. Par la régénération, notre esprit est libéré.

Nous avons désormais une perspective totalement nouvelle de nous-mêmes et du monde. Combien de fois n’avez-vous pas entendu une personne nouvellement convertie s’écrier avec conviction : « J’étais spirituellement aveugle et maintenant je vois ».

  • Par la régénération, notre cœur est purifié.

Dieu nous a promis par la bouche du prophète Ezéchiel : « Je vous purifierai de toutes vos souillures » (Ez 36 : 25). L’apôtre Paul rappelle aux Corinthiens cette même vérité : « Mais vous avez été lavés, mais vous avez été sanctifiés, mais vous avez été justifiés au nom du Seigneur Jésus-Christ et par l’Esprit de notre Dieu » (1 Co 6 : 11). Par la nouvelle naissance, Dieu a donné au chrétien une nouvelle disposition intérieure pour mener une vie totalement différente, désormais consacrée au Seigneur.

  • Par la régénération, de nouveaux désirs sont créés en nous.

« Nous nous affectionnons aux choses d’en haut » (Col 3 : 1 et nos aspirations profondes sont désormais d’adorer Dieu, de connaître les Ecritures, de servir et d’honorer notre Sauveur et Maître.

  • Par la régénération, notre corps ne nous appartient plus, mais il appartient à Dieu.

« Que le péché ne règne donc point sur votre corps mortel et n’obéissez pas à ses convoitises. Ne livrez pas vos membres au péché, comme des instruments d’iniquité ; mais donnez-vous vous-mêmes à Dieu, comme étant vivants de morts que vous étiez et offrez à Dieu vos membres, comme des instruments de justice. Car le péché n’aura point de pouvoir sur vous, puisque vous êtes, non sous la loi, mais sous la grâce » (Rm 6 : 12 à 14).

Les prédicateurs de la « délivrance » disent le contraire. Ils affirment que c’est parce que les chrétiens sont « démonisés » ou sous une « domination démoniaque » qu’ils sont incapables de vivre une vie d’obéissance à Dieu. Il n’y a donc, selon eux, aucune possibilité d’obéir tant que les démons n’ont pas été chassés de leur vie.

Les Ecritures disent tout à fait autre chose. Elles déclarent que c’est à cause de notre chair et d’un manque de soumission au Saint-Esprit que nous ne vivons pas une vie chrétienne victorieuse.

Nous étions esclaves du péché (Rm 6 : 17) mais maintenant nous sommes libres afin de vivre pour le Seigneur. Certes, il est encore possible qu’un chrétien commette des péchés mais il ne peut plus s’y complaire comme auparavant, parce que la Bible dit : « Quiconque est né de Dieu ne pratique pas (ποιεω poieo) le péché, parce que la semence de Dieu demeure en lui » (1 Jn 3 : 9). L’emploi du verbe grec ποιεω poieo, pratiquer et de la particule ου ou, la négation absolue, signifie qu’une personne née de nouveau « ne continue pas de pratiquer volontairement le péché ». Il peut arriver qu’un chrétien pèche mais ce n’est pas parce qu’un démon l’a forcé ou qu’il est habité par un mauvais esprit, c’est parce qu’il l’a bien voulu.

Notre corps est le temple du Saint-Esprit et aucun démon ne peut cohabiter avec l’Esprit de Dieu.

La Bible déclare que notre corps est aussi le temple du Saint-Esprit. (1 Co 6 : 19 et 20). Cette déclaration des plus étonnantes est à redécouvrir. Comme le Dieu vivant habitait dans le Tabernacle et le Temple de Salomon, le Saint- Esprit habite aujourd’hui dans le corps du vrai chrétien. L’apôtre n’a jamais parlé d’un démon qui pourrait cohabiter dans le corps de celui-ci. L’accent est mis, au contraire, sur la présence sacrée de l’Esprit Saint en lui, et c’est pour cette raison qu’il affirme ne plus s’appartenir à lui-même mais entièrement à Dieu.

Jadis, tous les ustensiles dans le temple étaient consacrés uniquement à Dieu ; aujourd’hui, il en va de même pour tous les membres de notre corps, car nous sommes le temple du Saint-Esprit et à ce titre nous devons être entièrement consacrés à Dieu et non plus nous souiller par l’impureté quelles qu’en soient les formes.

Désormais, notre corps lui appartient et nous aurons un jour des comptes à lui rendre sur ce sujet. Nous avons été rachetés à un grand prix. Si nous reconnaissons que nous ne nous appartenons plus à nous-mêmes, mais à Christ, alors nous sommes libres de faire tout pour Lui plaire : nous utiliserons notre corps pour honorer Dieu.

  • Par la régénération, notre relation avec le péché et Satan est radicalement changée.

Le salut n’inclut pas seulement la délivrance de l’esclavage du péché mais aussi celle de la domination de Satan sur notre vie. Tous les hommes sans Christ sont dans les ténèbres et pratiquent leurs œuvres infructueuses (Ep 5 : 11). Ils appartiennent au royaume des ténèbres et sont sous sa domination (Col 1 : 13). Ils sont sous l’influence de Satan, le chef de ce royaume. Par contre, l’apôtre Paul remercie Dieu de ce que nous, les chrétiens nés de nouveau, avons été délivrés de « la puissance des ténèbres » et avons « été rendus capables[1] d’avoir part à l’héritage des saints dans la lumière » (Col 1 : 12 et 13).

Ces 5 points montrent qu’à sa conversion, le chrétien est totalement et glorieusement délivré de l’esclavage et de la domination du pouvoir des ténèbres. Les partisans de la doctrine du chrétien « démonisé » ont une fausse notion de ce qu’est véritablement la nouvelle naissance. Ils sous-estiment ou méconnaissent la puissance transformatrice et libératrice de la croix et du Saint-Esprit dans la vie de l’enfant de Dieu.


Note :

[1] Dans le passage de Colossiens, le terme traduit par « rendus capables » est ικανοω hikanoo qui signifie « rendre suffisant, équiper quelqu’un d’un pouvoir adéquat pour accomplir son œuvre ». Ce passage rejoint celui de 1 Co 12 : 9 « Ma grâce de suffit car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse »