Qu’est-ce qui a fait effondrer le mur de la chambre ?

Il y a bien des années, Lilias Trotter[1], jeune fille d’une famille nombreuse, avait été élevée dans une belle maison. C’est à son adolescence que quelqu’un découvrit son merveilleux don pour le dessin et la peinture.

Passant ses vacances avec sa mère[2] dans l’hôtel « Europa » à Venise en Italie, elle en avait profité pour faire des esquisses et des dessins[3]. Sa mère, ayant entendu que le célèbre critique d’art John Ruskin[4] séjournait dans le même hôtel, lui écrivit un billet pour lui demander de jeter un coup d’œil sur les dessins de Lilias. Il accepta avec réserve estimant qu’une femme ne peut réellement bien peindre. Mais ce qu’il vit le fit changer d’avis.

 

Il devint son professeur et son ami, convaincu que la jeune Lilias était destinée à devenir une des plus grandes artistes du siècle. Mais il ne put comprendre que l’art n’était pas le plus grand amour de Lilias[5]. Il fut amèrement déçu quand elle abandonna la peinture en tant que carrière. Elle s’exila en Algérie, en Afrique du Nord, pour travailler parmi les mulsumanes et fonda ce qui fut appelé plus tard l’« Algiers Mission Band »[6].

 

C’était un travail très dur. Elle qui appréciait tant la beauté, commença sa vie dans les bas quartiers et les ruelles sordides d’une grande ville. Mais il lui arrivait aussi de voyager. Elle aimait les grands espaces du Sahara et peignait souvent des scènes du désert. Au-dessus de son lit était accrochée une carte de l’Afrique du Nord et elle passait des heures à genoux, en face d’elle, priant pour les villes et les villages éparpillés en Algérie.

 

Peu de gens prêtaient attention au message de l’Evangile qu’elle apportait et parfois elle en était découragée. Alors, elle était tentée de demander : « A quoi sert-il de prier ? Dieu n’a pas l’air de répondre et si peu de gens viennent à la foi en Christ ! »

 

Mais un jour quelque chose se passa, quelque chose qui lui enseigna à persévérer dans la prière, car ce n’est jamais inutile.

 

Un matin, très tôt, elle dormait dans sa maison située dans une ruelle passante, quand soudain, sans le moindre avertissement, le mur entre sa maison et la maison voisine s’écroula avec grand fracas. Heureusement, elle ne fut pas touchée mais sa chambre fut encombrée de poussière et de gravats, de lattes et de plâtre ; elle se surprit à regarder d’un air hébété dans l’étroit passage qui séparait sa maison de l’échoppe du boulanger. Elle n’y comprit rien, car elle n’avait remarqué aucune fissure dans le mur.

Elle fit venir l’entrepreneur local pour reconstruire le mur et essayer de découvrir la cause de l’effondrement. L’entrepreneur, qui était un peu architecte à ses heures, constata l’ampleur des dégâts. Après avoir fait un tour dehors, il revint particulièrement troublé.

 

— J’ai trouvé la vraie raison, dit-il, de l’effondrement de votre mur : il y a sous la boulangerie une sorte de cave aux murs de pierres avec un four et une machine munie d’un mouvement de va-et-vient pour pétrir la pâte à pain.

 

Depuis plus de vingt ans chaque nuit, le boulanger mettait cette machine en marche les vibrations nocturnes ont secoué et affaibli le mur jusqu’à ce jour où, au petit matin, la dernière vibration fait son travail et le mur s’écroule.

 

Le mur fut reconstruit. Les voisins compatirent avec Lilias et l’incitèrent à poursuivre en justice le boulanger mais ne le fit pas. Elle ne regretta pas l’incident car il lui avait enseigné quelque chose d’important.

 

Elle réalisa que ses prières n’étaient pas vaines. Elle réalisa pleinement qu’elle œuvrait au milieu de la souffrance et que le combat qui mène à la Vie ne se gagne pas forcément en un jour… Les victoires sont souvent gagnées petit à petit, étape par étape…

 

De même que chaque vibration avait affaibli son mur, ainsi chaque prière formulée au nom de Jésus a pour effet d’affaiblir l’emprise du péché. Et Lilias, ainsi que d’autres chrétiens continuaient à prier quotidiennement. Ayant persévéré dans la foi et étant resté fermes, ils purent voire à maintes reprises les effets de cet engagement dans la prière pour ses femmes perdues auxquelles ils continuaient à apporter des soins en témoignant de l’Amour de Dieu en Jésus-Christ.

 

Le Nouveau Testament nous encourage à nous revêtir de « toute l’armure de Dieu » pour « résister dans le mauvais jour, et tenir ferme après avoir tout surmonté » (Ep 6 : 13). L’arme la plus puissante que nous ayons c’est la prière (Ep 6 : 18) car c’est par elle avant tout que nous restons en contact avec Dieu, en utilisant notre propre façon de parler, et les mots qui nous sont personnels. Gardons à la pensée que Dieu ne répond pas forcément de la manière et au moment que nous attendons :

  • A certaines de nos prières, Dieu répond « oui » ;
  • A certaines de nos prières, Dieu répond « non » ;
  • Et bien souvent, Dieu répond « Attends ».


Notes :

[1] Lilias Trotter (1853 – 1928) fut une missionnaire active en Algérie auprès des femmes musulmanes.

[2] Le père de Lilias Trotter décéda alors qu’elle avait 12 ans.

[3] A cette époque, Lilias Trotter est âgée de 23 ans.

[4] John Ruskin (1819 – 1900) est un écrivain, poète, peintre et critique d’art britannique, issu d’une famille d’origine écossaise. Élevé dans une tradition évangélique qui interprète le monde comme le signe du divin, Ruskin voit dans la nature l’expression de Dieu. Il dévoile au grand jour des grands talents de la peinture.

[5] Il réprimandait souvent Lilias qui, à son avis, ne passait pas assez de temps à peindre, et trop de temps dans les rues de Londres pour soutenir et témoigner de sa foi aux femmes démunies (Lilias était très engagée dans l’association « Union Chrétienne des Jeunes Femmes », appelée YWCA encore aujourd’hui).

[6] C’est en 1888 que Lilias Trotter commença cette œuvre en Algérie du Nord en fondant une « mission » qui groupe une trentaine de missionnaires, oeuvrant dans dix localités. C’est après 19 ans d’activité qu’elle reçoit le nom de « Algiers Mission Band » qui se traduit par « Groupe de Mission Algérienne ». En 1928, année de la mort de Miss Trotter, la Mission comptait 13 stations et une trentaine de missionnaires. Dans les années 1960, « Algiers Mission Band » fut rattachée à « Arab World Ministries » (Les ministères du Monde Arabe).

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