Mikael Agricola, le “Père de la littérature finnoise”

“Aucun autre livre n’a eu une influence aussi profonde et aussi étendue sur la culture, les valeurs et la pensée finnoises que la Bible.

“Biblia 350 — La Bible et la culture finnoises “

 

Avez-vous accès à la Bible dans votre langue mater­nelle ? C’est fort probable. La Bible est disponible, en tout ou en partie, dans plus de 2000 langues. Et cela n’est pas un hasard. Un grand nombre d’hommes et de femmes à travers les âges se sont évertués à la traduire dans la langue du peuple, en dépit d’obstacles considérables. Mi­kael Agricola a été l’un d’eux.

 

Agricola est l’érudit qui a entre­pris de traduire la Bible en finnois. L’ensemble de ses écrits a contribué au développement de la culture fin­noise telle qu’on la connaît aujour­d’hui. Rien d’étonnant à ce qu’on le surnomme le “ Père de la littérature finnoise”!

 

Mikael Agricola naît vers 1510 à Torsby, un village du sud de la Fin­lande. Son père possède une ferme, ce qui explique le nom “Agricola “, qui signifie “ agriculteur “ en latin. Elevé dans une région bilingue, Agricola parle vraisemblablement le suédois et le finnois. Il étend ses compéten­ces linguistiques dans une école de latin à Vyborg. Plus tard, il s’ins­talle à Turku, alors centre adminis­tratif de la Finlande, où il est secré­taire de l’évêque catholique du pays, Martti Skytte.

 

La situation religieuse et politique de son époque

 

C’est une époque de trou­bles pour la Scandinavie. La Suède lutte pour se sépa­rer de l’Union de Kal­mar, qui rassemble les pays scandinaves. En 1523, Gus­tave Vasa est couronné roi de Suède. Cet événement va avoir une profonde in­fluence sur la Finlande, qui est alors une province sous domina­tion suédoise.

 

Le nouveau roi est déterminé à consolider son pouvoir. Pour attein­dre son objectif, il adopte la Ré­forme, qui est en train de gagner tout le nord de l’Europe. Abandonnant le catholicisme, il fait du luthéranisme la religion du royaume. Il rompt ainsi avec le Vatican, sape l’autorité des évêques catholiques et met la main sur les caisses de l’Eglise. En­core de nos jours, les populations suédoise et finlandaise sont en ma­jorité luthériennes.

 

Un des buts essentiels du pro­testantisme est de remplacer le latin par la langue du peuple aux offices re­ligieux. Ainsi, en 1526, les Ecritures grecques chrétiennes, ou “ Nouveau Testament “, pa­raissent en suédois. Toutefois, sur la Finlande, le vent du protestantisme souffle avec beau­coup moins de force. Peu de personnes se préoccupent de traduire la Bible en finnois. Pourquoi?

 

Une tâche ardue et ingrate”

 

Une raison importante à cela est que pres­que aucun ouvrage de littérature n’a été pro­duit en finnois. Avant le milieu du 16ème siècle, seules quelques prières catholiques ont été consignées dans cette langue. C’est pourquoi, pour traduire les Saintes Ecritures en fin­nois, il faudrait créer une forme écrite pour de nombreux mots, et inventer d’autres mots et expressions. Et tout cela, sans l’aide de ma­nuels de langues. Toutefois, Agricola se met à l’oeuvre!

 

En 1536, Skytte, l’évêque de Finlande, en­voie Agricola poursuivre ses études de théo­logie et de langues à Wittenberg, en Allema­gne. C’est dans cette ville que, 20 ans plus tôt, les coups de marteau de Luther ont re­tenti lorsque, d’après certains témoignages, il a cloué ses 95 fameuses thèses sur la porte de l’église du château.

 

 Wittenberg, Agricola ne se limite pas à faire ses devoirs. Il entreprend ce travail co­lossal qu’est la traduction de la Bible en fin­nois. En 1537, il écrit au roi de Suède “Tant que Dieu me guidera dans mes études, je m’efforcerai, comme j’ai déjà commencé de le faire, de continuer à traduire le Nouveau Tes­tament dans la langue du peuple finnois.“ A son retour en Finlande, il poursuit sur sa lan­cée et devient dans le même temps directeur d’école.

 

La traduction de la Bible est aussi ardue pour Agricola qu’elle l’a été pour d’autres avant lui. Même Luther s’était exclamé “Quelle tâche ardue et ingrate que d’obliger les écrivains hébreux à parler allemand ! “ Il est vrai qu’Agricola pouvait se servir du tra­vail d’autres traducteurs, mais l’obstacle ma­jeur était la langue finnoise, qui avait si peu été mise par écrit!

 

C’est comme si Agricola construisait une maison sans aucun plan et avec des maté­riaux rares et éparpillés. Comment s’y prend-il? Il commence par puiser des mots dans dif­férents dialectes finnois et par les écrire tels qu’ils se prononcent. C’est probablement lui qui invente les termes “ gouvernement “, “hy­pocrite“, “ manuscrit“, “ force militaire “, “modèle “ et “ scribe “ en finnois. il forme des mots composés, des dérivés et fait des em­prunts à d’autres langues, surtout au suédois. Il crée ainsi les termes enkeli (ange), historia (histoire), lamppu (lampe), marttyyri (martyr) et palmu (palmier).

 

La Parole de Dieu pour les gens du pays

 

Finalement, en 1548, le premier volume d’une série est publié sous le titre Se Wsi Testa­menti (Le Nouveau Testament). Certains pen­sent que cette traduction aurait été achevée cinq ans plus tôt, mais que sa publication aurait été retardée, faute d’argent. On suppose qu’Agricola a financé lui-même une grande partie de l’impression.

Trois ans plus tard paraissent Dauidin Psaltari (les Psau­mes), qu’Agricola a traduits, peut-être en collaboration avec d’autres. Par ailleurs, Agricola est le fer de lance de la traduction des livres de Moïse et des prophètes.

 

Reconnaissant humblement ses limites, Agricola écrit en toute franchise “ Qu’aucun chrétien et homme pieux, qu’aucun lecteur de ce Saint Livre ne soit déçu s’il trouve dans cette traduction d’un novice quelque chose d’erroné, d’étrange et laid, ou qui soit exprimé de façon nouvelle.” Malgré les imperfections que peuvent comporter ses tra­ductions, le zèle tenace avec lequel Mikael Agricola s’est efforcé de rendre la Bible accessible au peuple est assuré­ment digne d’éloges.

 

Le legs d’Agricola

 

Début 1557, Agricola devenu luthérien puis évêque de Turku — est choisi pour faire partie d’une délégation qui se rend à Moscou afin d’arbitrer des litiges territoriaux entre la Suède et la Russie. La mission est un succès. Tou­tefois, Agricola tombe malade, sans doute en raison des conditions très pénibles de son voyage de retour. Il meurt avant d’arriver chez lui, vers l’âge de 47 ans.

 

Durant sa vie relativement courte, Agricola n’a produit qu’une dizaine de publications dans sa langue, soit un to­tal de 2400 pages. Toutefois, beaucoup pensent que ce “Père de la littérature finnoise” a stimulé le développe­ment de la culture de son pays. A partir de là, le peuple fin­nois et sa langue ont considérablement évolué dans les do­maines de l’art et des sciences.

 

Ce qui est plus important, c’est que Mikael Agricola a contribué à rendre la lumière de la Parole de Dieu plus éclatante à ses compatriotes. Cela est résumé dans un poème à sa mémoire, écrit en latin après sa mort “ Il n’a pas laissé derrière lui de testament ordinaire. Plutôt qu’un testament, c’est une oeuvre la traduction des li­vres saints en finnois — et cette oeuvre mérite toutes les louanges.”

 

Soif des paroles de la Bible

Pendant un quart de siècle, les chrétiens malgaches persécutés n’eurent d’autre missionnaire que la Bible. Et lorsque, en 1861, après la mort de Ranavalona, une reine persécutrice des chrétiens et de la Parole de Dieu, les missionnaires anglais revinrent (ils avaient été expulsés par la reine Ranavalona en en juillet 1836), au lieu de mille adhérents et de deux cents chrétiens déclarés qu’il y avait en 1835 à Madagascar, ils trouvèrent cinq mille chrétiens déclarés. Voilà ce qu’avait fait la lecture de la Bible. La Bible est un bon missionnaire.

 

Le premier désir des chrétiens malgaches, dès qu’ils eurent retrouvé la liberté de lire la Bible, ce fut de la posséder tous. Les Bibles désirées arrivèrent la veille du couronnement du roi Radama II, d’où il résulta qu’il n’y avait pas, à ce moment, de porteurs disponibles, et que les caisses de Bibles furent immobilisées à la côte pendant quelques semaines. Quel exercice de patience pour les chrétiens malgaches ! Certes, ils étaient heureux de voir auprès d’eux les missionnaires, mais ils ne cessaient de demander : « Où sont donc les Bibles? » Lorsque, à la fin, les caisses arrivèrent, trois journées furent fixées pour la distribution (une pour chaque église de la capitale).

 

L’affluence fut telle qu’on jugea plus prudent de fermer à clef les portes de la maison qui servait de dépôt, et de distribuer les volumes par la fenêtre.

 

Mais combien de chrétiens, dans les régions éloignées, ne purent pas avoir part à la distribution ! Un soir, deux malgaches se présentèrent à une station missionnaire. Ils avaient fait plus de quarante lieues. «Avez-vous une Bible?» leur demanda le missionnaire, après un moment de conversation. «Nous l’avons entendu lire, répondirent-ils, mais nous ne possédons que quelques-unes des paroles de David, et encore ne sont-elles pas à nous. Elles appartiennent à toute la famille. — Les avez-vous avec vous, ces paroles de David?» Les deux visiteurs se regardèrent, craignant qu’on ne leur ravit leur trésor. Puis, rassuré par le missionnaire, l’un d’eux tira des plis de sa tunique quelque chose qui ressemblait à un vieux chiffon roulé. C’étaient de vieilles feuilles du livre des psaumes déchirées, noircies par l’usage. Elles avaient passé de main en main, et avaient fini par tomber en morceaux.

 

« Avez-vous jamais vu les paroles de Jésus, ou de Jean, ou de Pierre? » demanda le missionnaire. « Nous les avons vues et entendues, mais nous ne les avons jamais possédées ». Le missionnaire alla chercher un exemplaire du Nouveau Testament et des psaumes. « Si vous voulez, leur dit-il, me donner ces quelques paroles de David, je vous donnerai toutes les paroles de David, et par dessus le marché toutes celles de Jésus, et de Jean, et de Paul et de Pierre ». Ces hommes n’en revenaient pas. Mais tout d’abord, ils voulurent voir si les paroles de David étaient bien les mêmes. Quand ils s’en furent assurés, leur joie ne connut plus de bornes. Ils laissèrent leurs pages déchirées, prirent congé du missionnaire, et partirent pour refaire leur quarante lieues, rapportant ces merveilleuses paroles aux habitants de leur lointain village.

Un forçat traduit la Bible

C’est à un forçat à vie que les Lapons[1] doivent leur première traduction complète de la Bible.

 

En 1849 éclatèrent en Laponie, des troubles religieux graves. Des exaltés se livrèrent à toutes sortes d’extravagances. Vingt-deux personnes furent emprisonnées, et la paix sembla rétablie, mais en 1852 il y eut une explosion plus terrible encore, et, sous une couleur religieuse, les passions les plus violentes se donnèrent libre carrière.

 

Le pasteur fut maltraité, et son presbytère assiégé par une foule hurlante. Le gouverneur fut assassiné, un négociant subit le même sort, et sa maison fut pillée et livrée aux flammes.

Trente-trois coupables furent arrêtés et livrés à la justice comme meurtriers, voleurs ou incendiaires. Ils furent condamnés une vingtaine environ, à la peine de mort, les autres à la prison perpétuelle. Parmi ces derniers se trouvait un jeune pêcheur du nom de Lars Haetta. Il fut transféré à la maison de correction de Christiania. Il ne savait ni lire ni écrire. Mais quand il vit que c’était pour lui la seule occupation possible, il apprit vite l’un et l’autre. Une fois qu’il sut lire, il prit grand intérêt à la lecture de la Bible. Après l’avoir étudiée pendant un an ou deux, il forma le projet d’achever de la traduire dans la langue des Lapons[2]. C’était, pour un homme d’une éducation aussi imparfaite, une entreprise singulièrement difficile. Il s’y mit tout de même. Il révisa d’abord le Nouveau Testament, puis compléta la traduction de l’Ancien. Au cours de sa peine, la liberté lui fut rendue, et c’est hors de prison qu’il semble avoir achevé sa traduction, qui, revue par des hommes compétents, est devenue la Bible des Lapons norvégiens.

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Notes :

[1] Dans un sens large, la Laponie (en suédois Lappland, en same Sápmi) désigne le pays des Saami. Elle est alors une région boréale européenne, située au nord de la péninsule scandinave (dans le nord de la Norvège et de la Suède), au nord de la Finlande et au nord de la presqu’île de Kola en Russie. Dans un sens plus limité, la Laponie est une province historique de la Suède qui, depuis 1809 où la Finlande fut conquise par la Russie, se trouve partagée entre la Suède et la Finlande.

[2] Le Nouveau Testament en Lapon avait paru en 1840, en même temps qu’une histoire sainte contenant la traduction du Pentateuque et de vingt-deux psaumes. Nos documents ne nous disent pas s’il l’acheva.

La traduction de la Bible en turc

Ali Bey, d’origine Polonaise, traduisit la Bible en turc. Il l’acheva en 1666. Le manuscrit fut envoyé par Levin Warner à Leyde pour y être imprimé. Toutefois, on ne sait pourquoi, il ne fut pas livré à l’impression, et resta tel quel dans la bibliothèque de l’Université de Leyde. Pendant cent cinquante ans, le manuscrit y dormit.

 

En 1814, le Dr Pinkerton, secrétaire de la Société biblique britannique, examina, à la requête du comité, ce manuscrit, se convainquit de sa valeur et de l’opportunité qu’il y avait à l’imprimer. Mais qui charger de cette impression, ainsi que de la révision nécessaire?

 

Dieu y avait déjà pourvu. Il y avait alors à Berlin un conseiller de la Légation impériale russe, le baron von Diez, précédemment ambassadeur russe à Constantinople, où il avait acquis une connaissance approfondie de la langue turque. Au cours d’une conversation avec des amis, le Dr Pinkerton, de passage à Berlin, avait appris d’une façon tout accidentelle et l’existence du baron von Diez et de quelle manière remarquable il possédait le turc. Il avait été le voir, et s’était longuement entretenu avec lui du manuscrit d’Ali Bey et de sa publication éventuelle. Le baron s’était déclaré tout disposé à entreprendre ce travail.

 

Il en fut chargé par le comité, et s’y mit la même année. L’Université de Leyde consentit volontiers à prêter le manuscrit. Von Diez fut frappé de l’excellence de la traduction d’Ali Bey. «Si je continue à la trouver aussi correcte, écrivait-il, je n’exagère rien en disant qu’elle prendra rang parmi les meilleures versions du saint volume, et même que, pour bien des passages, elle les dépassera». — «De tout mon coeur, écrivait-il dans une lettre, je désire que ce travail puisse être accompli pour la gloire de Dieu et pour le bien de mes semblables. Une pensée toutefois me tourmente par moments. J’ai soixante-trois ans… et s’il plaisait à Dieu de me retirer au milieu de ce travail, je ne sais pas qui pourrait le continuer après moi. Mais je demanderai à Dieu de prolonger ma vie jusqu’à ce que j’aie pu l’achever».

 

Deux ans et demi après, un ami venait voir le baron von Diez et le trouvait la tête appuyée sur son bureau, presque incapable de parler. «Je conserve l’espoir, dit-il à son visiteur, que Dieu me rétablira pour que je puisse achever la publication de la Bible turque. Mais s’il en a disposé autrement, que sa volonté soit faite. Je puis dire avec Paul : «Si je vis, je vis pour le Seigneur. Si je meurs, je meurs pour le Seigneur».

 

Huit jours après, von Diez quittait ce monde. Il n’avait pas achevé le Pentateuque.

 

Comment l’entreprise allait-elle être menée à bien? Encore une fois, Dieu y avait pourvu. Jamais la parole : «Dieu enterre ses ouvriers, et il continue leur oeuvre», ne fut plus vraie. Mort au mois d’avril, von Diez avait un successeur en juillet, dans la personne de M. Kieffer.

 

Né à Strasbourg en 1767, M. Kieffer s’était adonné de bonne heure et avec distinction à l’étude des langues orientales et avait obtenu un emploi à Paris, au ministère des affaires étrangères. En 1796, il fut envoyé à Constantinople comme interprète et secrétaire de l’ambassade française. Peu après, la guerre éclata entre la Turquie et l’Égypte. L’influence française était prédominante dans ce dernier pays. Immédiatement, le sultan fit jeter au château des Sept Tours M. Ruffin, le chargé d’affaires français, et son secrétaire interprète M. Kieffer. Pendant plusieurs années, ils y subirent une captivité très étroite.

 

Le château des Sept Tours devint le cabinet de travail de M. Kieffer. Avec l’aide de son compagnon de captivité, il apprit à fond la langue. Ce n’est qu’en 1803, au bout de près de sept ans, qu’il fut autorisé à retourner à Paris pour y accompagner, à la cour de Napoléon, un ambassadeur turc; à peine arrivé, il fut comblé d’honneurs en reconnaissance soit de ses dons éminents, soit des souffrances qu’il avait endurées. Il fut nommé successivement secrétaire et interprète au ministère des affaires étrangères, professeur de turc au Collège de France, et premier secrétaire et interprète du roi pour les langues orientales.

 

En juillet 1817, le comité de la Société biblique britannique demanda à M. Kieffer de continuer la révision et la publication de la Bible turque. M. Kieffer accepta. L’Université de Leyde consentit de nouveau à prêter le manuscrit, et le gouvernement français leva tout droit d’entrée pour le papier et les caractères d’imprimerie qui furent envoyés de Berlin.

 

En 1827, M. Kieffer qui, entre temps, en 1820, était devenu le premier agent de la Société en France, achevait la révision et la publication de la version d’Ali Bey, et le précieux manuscrit reprenait sa place à l’Université de Leyde, après avoir enfin, au bout d’un siècle et demi, servi dans la maison de Dieu comme un vase d’honneur.

 

La Bible turque publiée par M. Kieffer a été l’objet d’une révision, faite de 1873 à 1878 par un comité qui s’est aidé de travaux partiels parus depuis 1827. Cette révision a été elle-même révisée, de 1883 à 1885, par un nouveau comité.

 

Pour faire comprendre l’importance de la traduction de la Bible en turc, il suffira de rappeler que le turc est parlé non seulement dans tout l’empire turc, mais encore dans la plus grande partie de la Perse, et qu’il est en outre la langue écrite comprise par les innombrables tribus tartares.

Sauvé en traduisant la Bible

Au commencement du dix-septième siècle naissait en Pologne, dans une famille Bobowski, un enfant qui reçut le nom d’Albert. Encore tout jeune, il fut enlevé dans une razzia de Tartares, et vendu comme esclave à un noble de Constantinople, qui le revendit peu après au sérail, où il passa vingt ans. Il y reçut une éducation très soignée. Arrivé à l’âge d’homme il renonça publiquement à la foi dans laquelle il était né, embrassa celle du prophète de la Mecque, et, à partir de ce moment, s’appela Ali Bey.

 

Il était doué d’un remarquable talent pour les langues. Il n’en comprenait pas moins de dix-sept, et parlait avec une parfaite aisance la plupart des langues européennes : l’anglais, le français, l’allemand, etc. Il était encore un tout jeune homme lorsqu’il fut nommé premier interprète du sultan Mahomet IV.

 

Il rencontra à la cour de ce potentat un homme qui sut non seulement découvrir ses capacités, mais encore leur donner un noble emploi. C’était Levin Warner, ambassadeur hollandais à Constantinople. À son instigation, Ali Bey entreprit ce qui devait être la grande oeuvre de sa vie, la traduction de la Bible en langue turque. On ne sait pas avec certitude s’il traduisit directement sur l’original. Toujours est-il que sa traduction est, d’un style très coulant, qui reproduit toutes les nuances de la langue. Il l’acheva en 1666. Le manuscrit fut envoyé par Levin Warner à Leyde pour y être imprimé. Toutefois, on ne sait pourquoi, il ne fut pas livré à l’impression, et resta tel quel dans la bibliothèque de l’Université de Leyde. Mais cette traduction qui devait si longtemps demeurer inutile avait déjà accompli une grande oeuvre, elle avait ramené son auteur à la foi chrétienne. Ali Bey, dit l’histoire, était décidé à rentrer dans le sein de l’Église chrétienne en recevant le baptême. La mort, malheureusement, survint avant qu’il eût accompli son dessein. Il est permis de penser que l’étude des Écritures n’était pas étrangère à sa décision.

 

Ce témoignage nous donne la preuve que tout est entre les mains de notre Dieu, et que nous devons lui faire confiance « sans comprendre » parfois… Les parents de ce petit Albert ont payés chèrement pour que le la Parole de Dieu puisse être largement répandue… mais quelle joie pour ceux qui, devant le trône de Dieu, s’entendront dire « C’est bien, bon et fidèle serviteur… » !

La barge PA 3-37 du 6 juin 44 à 6h45

Suite à un documentaire diffusé sur France 5, j’ai voulu partager avec vous l’histoire de Fritz Wunderlich, jeune Allemand de dix-sept ans, servant dans l’armée allemande dans l’une des batteries côtières défendant les côtes Normandes. Nous sommes le 6 juin 1944 au petit matin.

Omaha Beach. La première vague d’assaut débarque à 06h36 avec mille quatre cent cinquante soldats répartis dans 36 barges à fond plat. Les libérateurs doivent parcourir cinq cents mètres à découvert avant de pouvoir trouver un semblant d’abri. La barge PA 3-37 avec quarante soldats débarque à 6h 45 et en moins de dix minutes, trente-neuf soldats de cette barge tombent sous la mitrailleuse de Fritz Wunderlich. Un seul Américain, Stargell, sort indemne de ce cauchemar.

Un autre cauchemar est pourtant en train de naître, et celui–là, c’est dans la vie de Fritz Wunderlich qu’il se développe. En quelques minutes, il vient d’enlever trente-neuf vies. C’est la première fois qu’il est au front, qu’il tire, qu’il tue; pour un baptême du feu c’est un baptême de mort. Trente-neuf jeunes hommes à terre en un seul coup de mitrailleuse. Bien entendu on dira: «c’est la guerre», on entendra les poncifs habituels «Tuer ou être tué»; certes il y aura toujours des gens pour parler de «l’instinct de survie», mais tout cela, ce sont des mots qui ne retirent rien au cauchemar du jeune Fritz. Fait prisonnier, il ne pourra plus jamais oublier ce qu’il a vécu ce matin-là et ce, tout au long de sa vie.

En 2002, soit cinquante-huit ans plus tard, Fritz Wunderlich est encore hanté, chaque nuit, par ces images de jeunes soldats, tombés sous ses balles, avec un numéro de barge qui l’obsède: PA 3-37. Des scènes mémorisées à jamais, que le devoir à accomplir, tout comme le danger imminent, ne pourront jamais adoucir d’aucune manière.

Un après midi de Novembre 2002, regardant un documentaire sur le débarquement de Normandie, il entend le témoignage d’un homme, qui raconte son cauchemar. Trente-neuf de ses amis tombent autour de lui, à la sortie de la barge numéro PA 3-37; il décrit la scène en détails. Cinquante-huit ans après, le choc est terrible pour Fritz. Il laisse tomber à terre la télécommande du téléviseur; il a, face à lui, le seul survivant de la barge PA 3-37, Mr Stargell.


Après de longues semaines d’hésitations, Fritz décide de prendre l’avion pour les États-Unis à la rencontre de Stargell. Il se retrouve bientôt devant sa maison; des enfants jouent au ballon; indéniablement il y a du bonheur ici et de la joie de vivre. Fritz, frappe à la porte et un homme de 75 ans heureux et épanoui, ouvre et demande à ce monsieur ce qu’il veut.

«Monsieur Stargell? Oui moi-même! Je suis Fritz Wunderlich, j’avais dix-sept ans le 6 juin 1944 sur Omaha Beach quand à 6h45 j’ai fait feu sur la barge numéro PA 3-37. J’ai fait ce voyage d’Allemagne jusqu’à vous aux États-Unis pour vous demander de me pardonner de cet acte horrible qui hante toutes mes nuits.»

Stargell, et Fritz tombent tous deux dans les bras l’un de l’autre et pleurent, l’un de regrets et l’autre de joie, celle de pouvoir pardonner. Stargell, raconte qu’il croit en Dieu depuis le drame du 6 juin 44 à 6h45 et qu’il n’a pas laissé sa vie entre les mains de la haine et de la vengeance et qu’au lieu de subir il a préféré vivre. Dieu a reconstruit sa vie, ses pensées et lui a permis de fonder un foyer avec le privilège de rendre témoignage dans les écoles, entreprises, et dans plusieurs villes et villages de sa région.

Stargell et Fritz se retrouvent depuis, chaque année sur les lieux de cette tragédie, pour rendre hommage à leurs collègues disparus, et renforcer les liens de l’amitié, là où il y plus de soixante ans tout les séparait.

Je terminerai avec une phrase d’un orateur chrétien qui disait ceci à propos du pardon: « Le défi n’est pas de pardonner et d’oublier. Le véritable honneur se trouve dans la capacité de pardonner tout en continuant à se souvenir.»

James Bartley ou l’expérience impossible de Jonas

Des critiques superficiels et incroyants trouvent bien difficile de croire que Jonas ait réellement été englouti par un gros poisson, qu’il ait séjourné trois jours et trois nuits dans son estomac, et qu’ensuite il ait été dégorgé vivant sur la plage.

 

Tout d’abord, remarquons. qu’on ne peut croire sincè­rement en Jésus-Christ et mettre en doute l’histoire de Jonas, car il a apposé son sceau sur ce sujet difficile en disant : « De même que Jonas fut trois jours et trois nuits dans le ventre d’un grand poisson, de même le Fils de l’Homme sera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre » (Mt 12 : 40). Il rejette ainsi d’emblée, —du moins aux yeux de ses disciples, — l’idée que cette histoire ne serait qu’une allégorie, comme le pensent cer­tains critiques. Car si ce n’est qu’allégoriquement que Jonas a été dans le ventre d’un grand poisson, il s’ensuit que ce n’est aussi qu’allégoriquement que Christ a été trois jours et trois nuits dans le sein de la terre. Voilà bien un exemple qui montre comment, en rejetant l’Ancien Testament, on prépare la route qui conduit à rejeter aussi Christ lui-même et ses paroles.

 

Remarquons que le terme employé par Jésus-Christ, et qu’on traduit souvent par « baleine », serait mieux rendu par « monstre marin » ou « grand poisson ». Nulle part dans le livre de Jonas il n’est dit que ce fut une baleine qui engloutit le prophète. Ainsi tombent à plat toutes les plaisanteries des railleurs qui demandent de quelle grosseur est le gosier d’une baleine.

 

Remarquons en outre le terme employé (Jon 2 : 1) « L’Eternel fit venir un grand poisson pour engloutir Jonas ». Le verbe traduit par « fit venir » (manah) signi­fie « désigner », « choisir en vue d’un certain but » ; ce passage signifie donc que le Dieu de toute la création avait choisi un certain poisson dont les dimensions et les autres caractéristiques convenaient à l’emploi qu’il en vou­lait faire, tant pour donner une leçon à Jonas que pour donner aux Juifs un « signe » de la résurrection de Christ.

 

Il est fort probable que le « poisson » choisi était plu­tôt un cachalot ; car rien dans sa constitution ne l’empê­cherait d’avaler deux ou même trois hommes…

 

Feu M. Frank Bullen, l’auteur bien connu de « La Croi­sière du Cachalot », et qui est un témoin digne de foi, atteste qu’il a aidé lui-même à capturer des cachalots de 21,33 mètres de long et d’une grosseur proportionnelle. Le capitaine du « Cachalot » estimait le poids d’un cacha­lot à quinze tonnes. On trouva une fois un requin de près de cinq mètres de long dans l’estomac d’un cachalot.

 

  1. Bullen affirme aussi que le cachalot vomit fréquemment en mourant, le contenu de son estomac. Une fois, dit-il, un énorme cachalot vomit une quantité colos­sale d’aliments, formant un tas de plus de deux mètres cubes…

 

La seule difficulté réelle, à première vue, c’est de com­prendre comment Jonas a pu vivre si longtemps dans une telle prison. Cependant il est arrivé récemment un cas solidement authentique d’un homme avalé par un cachalot, et pourtant secouru vivant après un séjour assez prolongé dans l’estomac du monstre.

 

Il en a paru deux comptes rendus au moins, parfai­tement d’accord jusque dans les moindres détails et M. de Parville, rédacteur au Journal des Débats, que son nom met à l’abri de tout soupçon de légèreté, les a passés au crible et en garantit l’authenticité. En voici le récit détaillé : (article de 1906)

 

« En février dernier, le baleinier « Etoile de l’Est » se trouvait dans le voisinage des îles Falkland, à la chasse aux baleines, qui étaient fort rares. Un matin, la vigie signala une baleine[1] à environ cinq kilomètres à tribord. Deux canots furent équipés. Bientôt l’un d’eux fut assez près pour permettre au harponneur de lancer son harpon dans le flanc de la baleine, qui se trouva être de dimensions rares. Blessée, elle plongea et s’enfuit en entraînant le canot à une allure effrayante. Après avoir nagé environ sept kilomètres en droite ligne, elle se retourna et revint presque directement vers l’endroit où elle avait été harponnée. Le second canot l’attendait. Arrivée à une petite distance de ce canot, elle remonta à la surface de l’eau. Aussitôt que son dos émergea suffisamment, le harponneur du second canot lui lança un second harpon. La douleur apparemment, rendit la baleine furieuse; elle se débattit violemment, au point qu’on pouvait s’at­tendre à voir chavirer les canots et se noyer leur équipage. Finalement elle prit le large, en entraînant après elle les deux canots. Quand elle eut franchi ainsi environ cinq kilomètres, elle plongea, de façon qu’on ne pouvait dire exactement où elle était. Les cordes des har­pons se détendirent et les harponneurs se mirent à les retirer dou­cement et à les enrouler à leur place. Mais, dès qu’elles se trouvèrent de nouveau tendues, la baleine revint à la surface et donna des coups de queue comme dans un état de folie furieuse. Les canots s’effor­cèrent de se mettre hors de l’atteinte du monstre, qui paraissait à l’agonie; l’un d’eux y parvint, mais l’autre n’eut pas cette chance : la baleine le frappa de son mufle et le renversa. Les hommes furent jetés à l’eau, et, avant que l’équipage de l’autre canot eût put les repêcher, l’un d’eux s’était noyé, et James Bartley avait disparu. Lorsque l’épuisement eut calmé la baleine, on fit de longues recher­ches pour retrouver ce Bartley; mais elles furent vaines. Supposant donc qu’il avait reçu un coup de queue de la baleine et qu’il avait coulé à pic, les autres matelots rejoignirent le navire. La baleine était morte, et quelques heures après son grand corps s’allongeait au flanc du navire, tandis que l’équipage, armé de haches et de bêches, en dépe­çait la chair pour la dépouiller de sa graisse. On y travailla toute la journée et une partie de la nuit, puis on se remit à l’œuvre le lende­main matin et l’on put bientôt dégager l’estomac, qu’il s’agissait de hisser sur le pont. Les travailleurs sursautèrent lorsqu’en s’efforçant d’y fixer la chaîne, ils s’aperçurent que quelque chose de plié en deux s’y trouvait et donnait des signes spasmodiques de vie. L’énorme panse fut hissée sur le pont; on l’ouvrit, et l’on y trouva le matelot disparu, plié en deux et sans connaissance. On l’étendit sur le pont et on le baigna dans de l’eau de mer. Il ne tarda pas à revenir à lui, mais la raison ne lui revenait pas; on le mit donc dans la cabine du capitaine, où il resta deux semaines fou furieux. Cependant; le capi­taine et les officiers l’entourèrent de soins attentifs, et il finit par reprendre ses sens. A la fin de la troisième semaine, il se trouva suffisamment remis pour se remettre au travail. Pendant ce court séjour dans le ventre de la baleine, la peau de Bartley subit une sin­gulière transformation partout où elle se trouva exposée à l’action des sucs gastriques. Son visage et  ses mains devinrent d’une pâleur mortelle, et la peau se rida, lui donnant l’aspect d’un homme qu’on aurait à moitié cuit. Bartley affirme qu’il aurait pu vivre dans cette maison de chair jusqu’à ce qu’il pérît de faim, car, s’il perdit con­naissance, ce fut de frayeur, et non pas de manque d’air. Il se rappelle s’être senti soulevé en l’air par le mufle de la baleine, puis être retombé dans l’eau; après quoi il y eut un fracas effrayant d’eau qui se précipitait, sans doute, pensa-t-il, le bruit des coups de queue de la baleine; puis il se trouva enveloppé d’une terrible obscurité, et se sentit glisser le long d’un passage lisse qui lui semblait se mouvoir et le faire avancer. Mais cela ne dura qu’un instant, et il sentit alors qu’il avait plus d’espace. Il tâtonna autour de lui, et ses mains se trouvèrent en contact avec une substance visqueuse qui paraissait se recroqueviller dès qu’il la touchait. Il commença enfin à comprendre qu’il avait été avalé par la baleine, et l’horreur de sa situation le terrifia. Il n’avait point de peine à respirer, mais la chaleur était into­lérable. Elle ne le brûlait ni ne le suffoquait, mais elle semblait lui ouvrir les pores et le priver de sa vitalité. Il devint extrêmement faible, et souffrit de l’estomac. Il savait qu’il n’y avait guère d’es­poir de s’évader de cette étrange prison. Voyant la mort en face, il tâchait de l’affronter en brave, mais l’affreux silence, l’effroyable obs­curité, l’horrible sensation de ce qui l’entourait, et la chaleur terrible finirent par avoir raison de lui, et il dut s’évanouir, puisqu’il ne se rappela plus rien jusqu’au moment où il se retrouva dans la cabine du capitaine.

 

Ce Bartley n’est pas un pusillanime, mais il affirme qu’il s’est passé bien des semaines avant qu’il ait pu passer une nuit sans que d’affreux cauchemars vinssent lui faire voir des baleines en fureur et les horreurs de son effroyable prison. La peau de son visage et de ses mains n’a jamais recouvré son aspect naturel, elle est jaune et ridée, et ressemble à un vieux parchemin. Mais la santé générale de ce Bartley ne paraît pas avoir souffert de cette terrible expérience. Il est plein d’entrain, et il paraît jouir pleinement de tout ce que la vie lui apporte.

 

Les capitaines de baleiniers assurent n’avoir jamais entendu parler d’aucun autre cas pareil. Mais, disent-ils, il arrive assez fréquemment que des hommes sont engloutis par des baleines rendues furieuses par la douleur causée par les blessures des harpons et qui se tournent contre les canots, mais jamais encore ils n’avaient entendu dire qu’un homme eût passé par une expérience semblable à celle de Bartley et en fût ressorti vivant.»

POUR EN CONNAÎTRE PLUS :

NOTES

[1] Il s’agit évidemment d’un cachalot, improprement appelé baleine en langage populaire.

La rédemption

Un jeune garçon de couleur était à vendre sur un marché d’esclaves. Un silence s’était fait dans la foule: tous les yeux étaient tournés vers un étranger qui persistait à surenchérir, bien que la dernière mise excéda déjà le prix normal. Qu’avait-il de si attrayant ce garçon dépenaillé attendant son triste sort? Presque toute l’assistance s’interrogeait. Où voulait-il en venir cet étranger avec cette démonstration d’humanité? Qui était-il? Pourquoi offrait-il un prix si élevé pour cet enfant? Finalement le commissaire-priseur cria:

 

—Adjugé!

 

L’acheteur pressa dans la main du jeune esclave un papier qu’il venait d’écrire en hâte.

 

— Tiens ! dit-il. Cela veut dire que tu es libre.

 

Libre ? Etait-il vraiment libre ? Mais que pouvait signifier la liberté pour un enfant esclave ? Devant ses grands yeux interrogateurs, l’acheteur ajouta :

 

— J’ai vu que ta vie allait être brisée. Alors je t’ai acheté pour que tu sois libre. Tu n’as plus besoin de venir avec moi.

 

Le garçon prit soudain conscience de ce qui lui arrivait. Il était libre! Cependant un combat se livrait dans son coeur. Cela se voyait à son regard plein de questions. Un maître inconnu avait payé le prix fort pour lui donner la liberté. Un tel homme devait certainement être bon et l’aimer. Il pourrait en toute sécu­rité se fier à lui. Tout à coup on vit l’adolescent se jeter aux pieds de son bienfaiteur, et lui dire:

 

— Maître ! Tu m’as racheté à un grand prix ! Je sais que je n’en trouve­rai jamais un autre comme toi.

 

Et il lui rendit son papier

 

— Ne me renvoie pas ! O maître ! Je t’aime, je préfère être ton esclave et à ton service jusqu‘à ma mort.

 

L’heureux garçon, vaincu par la bonté de cet homme, resta à ses pieds jusqu’à ce que la main tendre et vigoureuse de son bienfaiteur l’oblige à se lever.

 

Cette histoire illustre parfaitement bien le comportement que tout chrétien devrait adopter devant le si grand amour manifesté à la croix, un amour qui libère du péché, de la juste condamnation divine et d’une éternité en enfer. Le chrétien n’est pas seulement délivré de quelque chose, mais pour quelque chose. Beaucoup oublient cette vérité capitale. La liberté n’est pas une fin en soi. Nous avons été rachetés, non pas pour vivre à nouveau pour nous-mêmes, mais pour appartenir à Jésus et lui être désormais consacrés afin de servir ce nouveau et merveilleux Maître (1 Co 6 : 20).