Tout ce qui nous arrive

Les bons ou mauvais événements sont dirigés par Dieu. Cependant, il est parfois difficile d’en prendre conscience lorsque l’on a des contrariétés, des soucis, etc…

Il faut savoir prendre un peu de recul dans chaque situation, pour arriver à voir la main de Dieu. Les histoires de la providence divine ne manquent pas… En voici une parmi tant d’autres… L’histoire d’une suite d’événements agaçants qui, en fin de compte, se révèlent être, non seulement voulus par Dieu, mais aussi être pour le bien de l’homme.

 »Je suis chauffeur de taxi. Israélien d’origine, installé à Londres. Un jour, je fus envoyé à Stamford-Hill pour y prendre une famille et l’ accompagner à l’aéroport. Là-bas, elle devait prendre l’avion pour l’ Amérique.

Pendant ce voyage vers l’aéroport, un fait assez banal se produisit : l’un de mes pneus éclata, et il fallut changer la roue. Je m’arrêtai donc, et remplaçai la roue défectueuse par la roue de secours. Mes clients étaient plutôt impatients, ce qui se comprend, et je le fis donc le plus rapidement possible, et repris la route.

Mais, évènement déjà moins banal, un second pneu éclata, et là…Je ne savais plus quoi faire. Je n’avais pas de seconde roue de secours. C’en était trop pour mes pauvres clients qui se mirent a crier :  »C’est incroyable ! Vous ne pouviez pas vérifier vos pneus avant de prendre la route ? Quelle manque de responsabilité ! Vous voulez nous faire rater l’avion, ou quoi ? ». Mais, de toute évidence, je n’avais pas le choix : il fallait que je me rende, a pied, a la station-service la plus proche pour acheter un pneu. A mon retour, je vis que mes clients n’avaient pas réussi a arrêter un autre taxi, et ils remontèrent donc en voiture avec moi, non sans m’avoir réservé un accueil des plus  »chaleureux » ! En chemin, mes clients n’arrêtaient pas :  » Plus vite, plus vite ! Mais bon sang, vous ne pouvez vraiment pas aller plus vite ? ». J’espérais de tout mon coeur les déposer à l’heure à l’ aéroport.

Mais tout d’un coup, je crus rêver : on entendit un grincement, puis un éclat de verre… Nous n’en croyions pas nos yeux, mais la réalité était bien là : le camion qui était juste devant mon taxi, et qui transportait de grosses pierres, avait décidé de freiner subitement, sans raison. Une pluie de pierres tomba sur mon pare-brise qui se cassa en mille morceaux.

 

Mes clients acceptèrent, bon gré mal gré, que je prenne le numéro du camion et les coordonnées de son chauffeur, pour me faire rembourser cet accident.

Quand le chauffeur du camion s’approcha de ma voiture pour constater les dégâts, il ne manqua pas de se faire insulter par mes charmants clients dont les nerfs étaient a bout.

Apres 20 minutes, nous reprîmes la route, avec le pare-brise casse…
J’entendais les protestations, à l’arrière de la voiture :  »J’espère que vous n’aurez pas le toupet de demander a ce que nous payions cette course ».
J’appuyai à fond sur l’accélérateur, en priant qu’il n’arrive plus rien…

Je décidai de rouler sur la voie d’urgence, pour avoir une petite chance d’arriver à l’heure. Je l’avoue, ce n’était pas la première fois que je le faisais, bien que ce soit interdit, mais cette fois-ci… Vous l’avez deviné : j’entendis de toutes parts des sirènes.

La police m’obligea à arrêter le véhicule. Je descendis, et me mis a expliquer :  »Ecoutez, monsieur l’agent, je dois absolument amener ces personnes à l’aéroport. Ils sont très en retard et risquent de rater leur avion. Nous avons déjà dû remplacer deux pneus ! Regardez aussi notre pare-brise… » Mais le policier ne voulut rien entendre. Je lui proposai de lui laisser tous mes papiers et mon argent :  »Je les accompagne, et reviens aussitôt ». Mais il n’accepta pas non plus.

Apres 10 minutes d’attente et une amende, on put repartir. A en croire les chuchotements de mes clients à l’arrière, ils étaient déjà passe à la phase de désespoir et savaient qu’ils rateraient leur avion…

En arrivant à l’aéroport, leur avion venait de décoller, et je ne pus que demander a l’un de mes amis, qui travaillait sur place, de leur échanger les billets. Je tendis les nouveaux billets d’avion à la famille, et m’enfuis rapidement, honteux.

En remontant dans mon taxi, je priai que la journée continue un peu mieux que de la façon dont elle avait commencé. J’avais à présent, devant moi, une journée de réparations à faire au garage…

 

En repensant à ce qui s’était passé, il y avait quoi devenir fou ! Quel concours de circonstances ! Tellement d’évènements en un seul petit trajet…
C’était bien la première fois que les catastrophes se succédaient ainsi…

Quelques instants plus tard, j’appris que l’avion raté, de la compagnie  »Pan America » était tombé au-dessus de la ville de Loockerby… Il n’y avait
aucun survivant… Je me mis a pleurer en comprenant le miracle qui avait eu lieu… »

Notre petite vie, à nous, n’est pas faite de miracles aussi évidents, comme dans l’histoire, mais il suffit d’un exemple éloquent comme celui-ci pour nous permettre de comprendre que tout est dirigé, même quand nous n’avons pas compris, et ne comprendrons peut-être jamais, la raison de tel ou tel souci que nous avons…

L’ami qui n’avait pas oublié

Bruno et Pierre étaient de bons amis. A l’école, ils étaient assis l’un à côté de l’autre. Ils avaient également l’habitude de faire leurs devoirs ensemble. Bruno était un peu plus intelligent que Pierre et aimait lui donner un coup de main. Pendant les vacances, ils faisaient leurs révisions ensemble, et partageaient un lopin de terre qui leur était attribué et leur procurait des légumes qu’ils pouvaient vendre à leurs amis. Ils étaient tous les deux fils uniques et leurs mères s’étaient habituées à avoir plutôt deux enfants qu’un, bien qu’ils allassent le plus souvent dans la maison de Bruno : En effet chez Pierre, ce n’était pas toujours rose, sa mère étant si absorbée par ses propres soucis qu’elle paraissait parfois avoir du mal à s’occuper de son fils.

Les années passèrent. Bruno devint le premier de sa classe, alors que Pierre dut redoubler son année. Dès lors ce ne fut plus du tout évident pour les deux amis de se rencontrer. Bruno proposait encore son aide, mais Pierre n’avait pas l’air de vouloir s’en faire. En outre, Bruno devait travailler dur pour ses propres examens… Tout cela fit qu’ils se perdirent peu à peu de vue.

Bruno fréquenta le collège et entreprit des études de droit. Pierre alla de travail en travail, sans se montrer capable de réussir quoi que ce soit, et son père l’accablait tellement de reproches qu’il finit par ne plus rentrer à la maison. Il prit une chambre au centre-ville, à proximité de son bar favori, et se débrouilla tant bien que mal. A un moment donné il se maria, mais sa femme se fatigua bientôt de sa façon de vivre, et le quitta. C’est ainsi que passèrent encore bien d’autres années, et quand Bruno fut nommé juge au tribunal local, et qu’il acheta une grande maison pour lui et sa famille sur la colline derrière la ville, Pierre ne jugea pas même bon de se rappeler à lui par un coup de fil.

 

Mais ils allaient bientôt être destinés à se rencontrer, car la police avait un oeil sur Pierre. A une ou deux occasions, il avait été envoyé au poste pour ivrognerie et trouble de l’ordre public, et il y avait eu d’autres menus incidents. Il avait bien un petit boulot, mais cela ne lui suffisait guère pour vivre et avoir encore assez d’argent pour ses boissons et ses cigarettes, aussi avait-il eu recours au vol à l’étalage aux rayons d’alimentation.

 

Il faisait très attention de ne pas se faire prendre, jusqu’au jour où la police l’accosta juste devant le Prisunic et lui fit ouvrir son sac. Les saucisses qu’il avait volées lui furent confisquées ; il en fut peiné car il se voyait déjà en train de les frire pour son souper.

 

Il avait déjà comparu devant le tribunal auparavant, et cela lui importait peu d’y retourner, car d’une façon ou d’une autre, il était alors si épuisé que rien ne semblait plus l’inquiéter sinon le manque d’alcool. Personne d’autre ne se faisait du souci à son sujet, alors il ne voyait pas pourquoi lui s’en ferait. Une seule chose l’ennuyait, c’était la pensée de rencontrer Bruno.

 

« Mais ce sera peut-être quelqu’un d’autre, se dit-il. Et même si c’est lui, il m’aura probablement oublié. »

Mais ce ne fut pas quelqu’un d’autre. Ce fut bien Bruno, en grand tralala dans sa plus belle toge, et il n’était pas possible d’affirmer s’il avait oublié ou non, car Pierre évita soigneusement de rencontrer ces yeux gris et de soutenir ce regard perçant dont il se souvenait si bien.

 

« La seule personne qui se soit jamais réellement souciée de moi », pensa-t-il assez vaguement, et la voix rendant le jugement lui parut étrangement lointaine. C’était une amende plus lourde que ce qu’il avait prévu, et il n’arriverait jamais à en rassembler le montant. Qu’à cela ne tienne ! Ça lui changerait les idées d’être en prison !

Il était assez amer quand il réintégra sa chambre, plus tard dans la soirée. Il avait parfois rêvé qu’il se mettrait sur son trente et un, enfin, qu’il se rendrait au moins présentable, et qu’il irait téléphoner à Bruno, mais c’était la fin de ce projet chimérique. Il se mit soudain à haïr son ami d’antan. Ce dernier aurait pu le faire acquitter s’il l’avait voulu, en invoquant les circonstances atténuantes et tout le reste, mais Bruno n’avait pas fait de son mieux, bien au contraire. Pierre alla au tiroir et déchira le petit paquet de lettres qui y était enfoui depuis si longtemps. Bruno et lui s’étaient écrit durant plusieurs années après avoir quitté l’école.

 

Il se jeta sur son lit et donna libre cours à d’amères pensées. Il n’alluma pas la lumière et il faisait tout à fait sombre quand il entendit frapper à la porte.

 

« Si c’est la vieille fille pour le loyer, elle attendra bien trois jours de plus, marmonna-t-il sans y prêter attention. Mais, des coups plutôt timides, tout différents des toc, toc, toc impatients de sa propriétaire se firent encore entendre. Il se leva, fit de la lumière et ouvrit la porte.

Il y eut un long silence.

 

— Est-ce que je peux entrer, Pierrot ?, finit par dire Bruno.

— Comme tu veux, dit Pierre.

 

Il fixait du regard son ami. Bruno, sans cravate, avait l’air différent, juste un homme ordinaire dans un pull à col roulé ; plus large d’épaules certes et les cheveux un tantinet grisonnants, mais pas si différent que ça du jeune garçon éveillé qui l’avait aidé en maths.

 

— Fais comme chez toi, reprit Pierre.

— Merci, dit Bruno.

 

Il y eut un autre silence, que Bruno finit par rompre.

 

— Pierrot, tu te souviens de notre jardin ?

— Pour sûr ! Tu prends quelque chose ?

— Volontiers, merci.

Un nouveau silence, pendant lequel Pierre déboucha une bouteille. Il leur fut plus facile de parler en sirotant leurs boissons.

— Pierrot, tu as un boulot ?

— Un boulot ? Non ; mon prochain boulot sera d’être en taule ; comment t’imagines-tu que je vais payer cette amende ?

— Eh bien, c’est pour ça que je suis venu. L’amende est payée, Pierre…, et, je ne suis pas à la hauteur avec le jardin. Il est trop grand, et il est en friche. Tu étais de tout temps beaucoup plus doué en jardinage que moi, Pierrot. Tu te rappelles comment les limaces se jetaient sur mes laitues, et que je ne pouvais jamais savoir pourquoi ? Je me demandais à l’instant… Il y a un petit bungalow contigu à ma maison et tu pourrais faire de la culture maraîchère à grande échelle. Ce serait formidable d’être de nouveau ensemble. Est-ce que tu veux y réfléchir ?

— Comment sais-tu que je ne volerai pas la rivière de diamants de ta femme ?, répliqua Pierre, mais il eut un petit rire étouffé : il avait toujours aimé jardiner.

— Quand viendras-tu ?, demanda Bruno. Demain ?

— J’y réfléchirai. Merci beaucoup !

 

Il resta à la fenêtre à observer Bruno s’éloigner en voiture sous la pluie, mais ses pensées étaient déjà ailleurs. Il connaissait le jardin ; il avait souvent regardé par-dessus la haie, et avait imaginé ce qu’il aurait pu en faire. Il y avait là un flanc bien exposé au soleil, idéal pour des arbres fruitiers et un parterre abrité où il verrait bien des plants de fraisiers…

Il resta longtemps, très longtemps à cette fenêtre, le regard perdu dans le vide ; il ne voyait pas le halo irréel des lampadaires, ni les gouttes de pluie qui rebondissaient sur le pavé. Non, il était debout dans la lumière du soleil au début de l’automne, environné du parfum aigre-doux des chrysanthèmes… Il observait les papillons sur les marguerites tardives…

 

Dans cette histoire, le juge qui condamna, l’homme qui paya la dette et l’ami qui donna à Pierre un nouveau départ dans la vie, étaient tous une seule et même personne.

 

De la même manière, un jour, Dieu jugera et punira le péché ; et parce qu’il est un juste juge, aucun péché ne sera oublié. Le salaire du péché c’est la « mort éternelle », ce qui signifie être séparé de Dieu, et ce prix doit être payé.

 

Mais Dieu, le Juge, a laissé de côté sa toge et sa tunique de gloire, et est venu à nous en Jésus ; c’est lui qui a payé une fois pour toutes cette dette du péché quand il est mort à la croix.

 

A présent, Il vient à nous par le Saint-Esprit et nous demande de le recevoir dans notre cœur, et de commencer une nouvelle vie avec lui, dans le pardon et dans la joie.

Le juge sauveur

Robert Laidlaw raconte, dans l’un de ses livres, l’histoire de deux amis qui étudièrent ensemble à la même faculté de droit. L’un entra dans la magistrature et devint finalement juge, tandis que l’autre gâcha sa vie pour se retrouver un jour devant un tribunal présidé par son ancien ami !

Le jour de l’audience une question flottait sur toutes les lèvres : quel verdict le juge allait-il prononcer ?

A la surprise générale il imposa le maximum prévu par la loi. Mais dès qu’il eut prononcé son jugement il se leva, enleva sa robe de juge, descendit dans le tribunal pour embrasser son ancien ami, puis se tourna vers le greffier pour lui dire : « Consignez dans le procès-verbal que j’ai prononcé le jugement, mais que je serai moi-même redevable du paiement de toutes ses dettes et amendes. »

En un instant le juge était devenu son sauveur !

Dieu soit loué : Il a fait exactement la même chose !

Confesser ses péchés !

Vincent était à sa fenêtre, observant le voisin qui était occupé dans son verger ; pour protéger les fruits de son poirier de choix des insectes, il les enveloppait soigneusement de petits sachets de gaze. Une méchante pensée surgit alors dans l’esprit malicieux de Vincent et, peu après, il pénétrait, avec un camarade, dans le verger du voisin. Supposant que personne ne les verrait, ils ouvrirent plusieurs des sachets protecteurs, mordirent les fruits prêts à mûrir et les refermèrent.

Quelques jours après, pendant que Vincent faisait ses devoirs d’école, son père entra dans la chambre, tenant à la main une des poires marquées et gâtées par la morsure des dents. La posant à portée de la main de Vincent, il dit seulement : « Cette poire restera ici, jusqu’à ce que tu aies fait ce qu’elle t’exhorte à faire ».

Le péché de Vincent l’avait trouvé et le poursuivait, car le voisin, ayant découvert les coupables, s’était plaint à leurs pères respectifs.

La poire mordue resta bien des jours sur la table de Vincent, lui rappelant son péché, et l’exhortant chaque jour. Elle semblait parler de jour en jour plus fort et l’impressionner davantage, de sorte que, même pendant les heures d’école, le jeune garçon était tourmenté par le souvenir de cette poire haïe, qui se gâtait et répandait maintenant autour d’elle une odeur nauséabonde.

 

Les ruses dont il devait user pour éviter de rencontrer le voisin ne parvenaient pas à le distraire de la prédication torturante de la poire mordue. Et les regards sévères et investigateurs de son père ne faisaient qu’augmenter la détresse de son âme.

Enfin, Vincent fut incapable de supporter cette situation plus longtemps et se décida à faire ce que la poire l’avait exhorté à faire, dès l’instant où il l’avait vue : confesser son péché et demander pardon. Il se rendit chez le voisin lésé, lui confessa tristement ses torts, lui demanda son pardon et l’obtint. Ah ! comme il fut soulagé et se sentit déchargé, quand il eut avoué son péché et reçu le pardon du bienveillant voisin ! Il avait retrouvé la paix et le repos du cœur !

 

L’expérience de Vincent, que nous faisons tous, tôt ou tard, c’est que, sans la confession du péché ou du tort commis, nous ne pouvons trouver de repos, de paix ou de joie. De plus, un péché non confessé est comme cette poire qui, avec le temps, va pourrir et dégager une odeur nauséabonde… C’est ce qu’exprimait David au Psaume 32 :

 

« Quand je me suis tu, mes os ont dépéri, quand je rugissais tout le jour. Car jour et nuit ta main s’appesantissait sur moi ; ma vigueur s’est changée en une sécheresse d’été » (v. 3 et 4). C’est là ce qu’il éprouvait, pendant que ses péchés étaient cachés et pas encore confessés. Mais il ajoute : « Je t’ai fait connaître mon péché, et je n’ai pas couvert non iniquité ; j’ai dit : Je confesserai mes transgressions à l’Éternel ; et toi, tu as pardonné l’iniquité de mon péché » (v. 5). Et quand il eut fait cela, il put s’écrier : « Bienheureux celui dont la transgression est pardonnée, et dont le péché est couvert… Réjouissez-vous en l’Éternel, et égayez-vous, justes, et jetez des cris de joie » (v. 1 et 11). Le sage écrit, dans les Proverbes, au chapitre 28, verset 13 : « Celui qui cache ses transgressions ne prospérera point, mais celui qui les confesse et les abandonne obtiendra miséricorde ». Le Seigneur est un Dieu miséricordieux et plein de grâce, pardonnant l’iniquité, la transgression et le péché (Ex 34 : 6 et 7) à tous ceux qui viennent à lui repentants et confiants. Il peut le faire à juste titre, puisqu’il a donné son Fils, Jésus, pour qu’il meure, lui, le juste, pour les injustes.

 

Chaque tort fait à autrui est un péché contre Dieu, et doit lui être confessé à lui, aussi bien qu’à celui qui a été lésé. C’est seulement en agissant de cette manière-là que la prospérité, la paix et la joie seront assurées à notre âme. Et en ce qui concerne la confession de nos péchés au Seigneur, le pardon nous est promis : « Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute iniquité » (1 Jn 1:9).

L’hérésie de la confession positive

Une des affirmations de base de la doctrine de la « confession positive » est que chaque croyant doit posséder une santé parfaite et la prospérité financière dans le moment présent. De ce fait il doit confesser qu’il possède ces choses dans la foi sans se soucier de l’évidence des faits objectifs : il s’agit d’avoir la foi dans sa foi, ce qui est une hérésie contraire à l’enseignement des Ecritures. Ainsi, d’après cette doctrine, une personne se doit de confesser « par la foi » que son cancer a disparu, même si celui-ci peut être constaté et vérifié matériellement par le chirurgien. Ceci revient à affirmer que « tout chrétien peut avoir ce qu’il dit avoir ». Fait surprenant, cette affirmation s’affranchit de toute vérification de l’harmonie qu’il doit y avoir entre la chose confessée et l’Ecriture.

 

Fred Price[1] enseigne de quelle manière un chrétien devient malade : « En croyant dans ton cœur et en déclarant de ta bouche :  » je pense que je vais tomber malade ». Souviens-toi que Jésus a dit, dans Marc 11 : 23 que si tu crois dans ton cœur et si tu le déclares de ta bouche tu auras ce que tu dis »[2]. Il affirme aussi que « si un enfant de Dieu connaît la maladie, les difficultés financières ou de la mélancolie, c’est parce qu’il n’est pas vrai devant Dieu »[3].

 

Cette doctrine sous tend que les paroles de l’homme ont la même puissance créatrice que la parole de Dieu. Selon Charles Capps[4] « les paroles sont la plus grande puissance de l’univers ». De même que Dieu a créé toutes choses par sa parole, par la foi l’homme transforme les circonstances de sa vie selon les paroles qu’il prononce.

 

Nous pouvons constater 5 problèmes majeurs inhérents à la doctrine de la « confession positive » :

 

1 Mauvais usage de la Parole de Dieu

 

Une malheureuse tendance parmi les adeptes de la « confession positive » consiste à sortir des passages de l’Écriture de leur contexte en ignorant les principes les plus élémentaires de l’étude de texte.

 

L’enseignement intitulé « Le pouvoir de la langue »[5] illustre bien ceci. Le verset 14 de Proverbes 18 y est cité dans la version King James avec une explication erronée. II est dit : « L’esprit de l’homme soutiendra sa faiblesse ; mais qui servira d’appui à un esprit affaibli ? ». On explique ainsi ce verset: « qu’est-ce que cela signifie ? eh bien, seulement ce qu’on lit : c’est que dans notre esprit nous pouvons entretenir les choses mauvaises (qui nous arrivent) ». Malheureusement ceci est presque à l’opposé de la réelle signification du verset. En lisant pratiquement n’importe quelle autre version ou en consultant un commentaire sérieux, l’auteur aurait découvert que Pr 18 : 14 est un hommage aux qualités intérieures d’un homme qui le soutiennent au milieu des infirmités physiques.

 

Un autre exemple est l’usage qu’ils font de Hb 10 : 23 « Retenons solidement la profession de notre foi sans vaciller » (version King James). Au lieu de reconnaître que ce passage se comprend dans le contexte de la justification de l’homme par Dieu au moyen du sang de Jésus-Christ, nombre de « confessants positifs » déclarent que ce passage indique une méthode pour recevoir tout ce qui est confessé avec foi.

 

2 Erreur de compréhension de l’œuvre parfaite de Christ

 

La doctrine de la « confession positive » met souvent l’accent sur les résultats temporels et terrestres de la rédemption sans tenir compte du fait que ces résultats ne sont pas encore réalisés et qu’ils ne sont pas censés l’être. «  …nous aussi, qui avons les prémices de l’Esprit, nous aussi nous soupirons en nous–mêmes, en attendant l’adoption, la rédemption de notre corps.  Car c’est en espérance que nous sommes sauvés. Or, l’espérance qu’on voit n’est plus espérance : ce qu’on voit, peut–on l’espérer encore ? » (Rm 8 : 23 et 24). La perfection de l’œuvre rédemptrice de Christ mentionnée par Esaïe est totale dans son action spirituelle, la purification de l’âme et la libération de l’esprit, mais le croyant ne jouit pas encore de la totalité de cette rédemption dans son corps.

 

3 Déification de l’homme

 

D’après Charles Capps, « l’homme a été créé à l’image de Dieu et à sa ressemblance. II y avait une puissance créatrice qui sortait de la bouche de Dieu or vous avez été créés à l’image de Dieu. Donc, d’après les Écritures et selon ce que Jésus a dit, vous avez le même pouvoir résidant en vous ». Mais les Écritures ne disent pas cela : l’image de Dieu dans l’homme n’inclut pas le pouvoir de créer. Jamais elle ne l’a inclus.

 

Regardons le passage biblique cité par Charles Capps : « Dieu dit : Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre, et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre. » (Gn 1 : 26)

 

  • Le mot traduit par « image » est Ce terme hébreu désigne ce qui constitue la substance de la chose, ce par quoi elle devient ce qu’elle est et qui forme sa réalité, c’est à dire l’intelligence[6] qui vient de Dieu lorsque l’esprit de l’homme retrouve sa totale liberté par l’œuvre expiatrice de Jésus-Christ (Rm 12 : 2 ; Ex 28 : 3, 31 : 3 et 6, 35 : 31 ; Dt 4 : 6 ; 1 Rs 4 : 29 ; Jb 12 : 13 ; Ps 119 : 34 et 73…)[7].

 

  • Ressemblance est la traduction de demouth qui vient de damah qui signifie résoudre, penser, s’imaginer, comparer, juger, décider et ressembler[8].

 

En fait ce verset exprime en quelques mots l’essence même de l’homme, sa caractéristiques propre qui en fait un être à part dans le règne animal : il a une capacité d’analyse, d’imagination, de réflexion mais aussi un accès à la Vie par l’œuvre de Jésus-Christ (Ps 119 : 107, Jn 6 : 35 et 48, 11 : 25, 14 : 6, Ap 21 : 6).

 

Avec ces caractéristiques, Dieu dit à Adam de « remplir la terre et de la soumettre » (Gn 1 : 28). Et il fut placé dans le jardin d’Éden pour « le travailler et en prendre soin » (Gn 2 : 15). Mais nulle part n’est donné à l’homme le pouvoir de créer comme Dieu par la parole ou par un autre moyen.

 

Cette fausse supposition conduit à enseigner que si l’on confesse des choses négatives ou positives celles-ci viennent à exister. Quelqu’un aurait donc la possibilité de créer de la pauvreté ou la maladie, pour lui-même ou pour un autre, s’il s’attend à ces choses et les confesse à voix haute ! Cela revient à déifier l’homme.

 

4 Contradiction avec la foi énoncée dans Hb 11

 

Ironiquement, ceux qui proclament être les vrais docteurs de la foi semblent passer à côté du message d’un des magnifiques textes bibliques sur la foi : Hb 11. D’après la doctrine de la « confession positive », la foi accompagnée de la confession entraîne automatiquement la réalisation concrète immédiate de ce que Dieu a promis. Pourtant la longue énumération des hommes et des femmes de foi de Hb 11 se termine en affirmant que tous ces gens vivaient encore par la foi lorsqu’ils moururent et pour autant ils ne reçurent pas les choses promises ; ils les ont seulement vues et saluées de loin reconnaissant leurs limites terrestres[9] (Hb 11 : 13). Ensuite à la fin du chapitre il est dit : « Tous ceux–là, à la foi desquels il a été rendu témoignage, n’ont pas obtenu ce qui leur était promis » (Hb 11 : 39).

 

5 Négligence de la volonté de Dieu.

 

Ceux qui enseignent la « confession positive », affirment que la « confession positive » est toujours efficace sans se soucier de volonté de Dieu par rapport à ce que l’on confesse. D’après cet enseignement la volonté de Dieu n’entre pas en ligne de compte dans le résultat de la prière ou de la confession.

 

On est en droit de se demander pourquoi, si la « confession positive » est biblique et efficace, il n’est pas enseigné à ceux qui y adhèrent de confesser les choses qui sont clairement la volonté de Dieu :

  • Pourquoi n’enseigne-t-on pas à confesser le salut du monde ?
  • Pourquoi ne confesse-t-on pas la propagation de l’Évangile à des groupes de gens qui n’ont pas encore été atteints ?

 

La foi paraît plutôt limitée, orientée en premier lieu vers les besoins personnels du croyant individuel plutôt que vers la mission que Dieu a confiée à l’Église dans ce monde. Or nous constatons que Jésus n’a jamais prié et obtenu une bénédiction pour Lui. Nous trouvons aussi de nombreux témoignages de disciples de Christ qui, par la prière, ont été des instruments pour la guérison de malades, parfois atteints des mêmes maux qu’eux, alors que leurs prières pour eux-mêmes ne les ont jamais amené à expérimenter la guérison.

 

Pour conclure cette réflexion, citons l’apôtre Paul qui développe l’argument selon lequel il peut y avoir des confessions inexactes : « Ils font profession de connaître Dieu, mais par leurs actes, ils le désavouent » (Tt 1 : 16). Le mot « profession », homologeo, est le même qui a été traduit ailleurs par « confession ». II est possible de faire une confession fausse concernant Jésus ou les promesses de Dieu ou même sur sa propre relation avec Dieu. C’est pourquoi il est primordial que toute profession, à n’importe quel sujet, se fasse en accord avec la vérité et non dans l’erreur.

 

Ce fut la faute que commit l’église de Laodicée, la seule église sur laquelle Jésus n’eut rien de bon à dire. II déclara à cette église, par la bouche de Jean : « Tu dis : je suis riche ; je me suis enrichi et je n’ai besoin de rien ». Telle était sa confession. Jésus continue en disant « Mais tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu » (Ap 3 : 17).

 

La qualité la plus importante pour une confession conforme à la Bible, c’est d’être en plein accord avec Jésus. Prétendre qu’une chose est vraie, ne la rend pas vraie pour autant. Cela conduit seulement la personne qui fait cette confession à être dans la confusion : le mensonge et la vérité deviennent des synonymes !


Notes :

[1] Pasteur américain qui écrit lui-même que l’homme qui l’a le plus influencé dans sa vie est Kenneth Hagin, (l’un des plus fervents enseignants de toutes les hérésies actuelles). Pour justifier son enseignement, il va jusqu’à affirmer que des parties entières de l’Ancien Testament ne sont que des fables et des fictions chaotiques pour illustrer et imager le message biblique.

[2] Fred Price, dans son livre « Comment agit la foi ».

[3] Citation de son livre « Beware! The Lies of Satan » (Prenez garde! Les mensonges de Satan), p. 85.

[4] Charles Capps était agriculteur avant d’entrer dans le ministère de prédicateur

[5] Gem Kakou se présente comme un ministre de l’enseignement. Sa doctrine s’appuie sur la prospérité du chrétien, la confession positive et le combat spirituel

[6] Si cette image avait été matérielle, nous aurions lu le terme rat  toar correspond à la figure de la chose, à ses traits physiques, or il ne s’applique jamais à Dieu. Gn 5-3, Ps 73-20

[7] Nous retrouvons cette idée dans Gn 5 : 3 « Adam, âgé de cent trente ans, engendra  un fils à sa ressemblance, selon son image, et il lui donna le nom de Seth. ». Seth possédait ce qui constitue l’humain dans sa réalité, ce qui est appelé « l’image » d’Adam et « sa ressemblance » comme Adam lui-même avait été créé à « l’image et la ressemblance de Dieu » (Gn 1 : 26). Adam ayant instruit son fils Seth, lui a donné l’intelligence (Rm 3 : 11). Quiconque n’est pas à « l’image et la ressemblance de Dieu » n’est pas un homme, au sens plein du terme, mais un être animé, un animal ayant la figure (rat  toar) de l’homme avec, toutefois, en plus, la domination sur la création (Gn 1 : 28) mais sans l’intelligence  (Rm 3 : 11 ; 2 Pi 2 : 12 et 22).

[8] Il s’agit d’une ressemblance par rapport à une idée ou un sentiment comme « la tristesse de l’un ressemble à celle d’un autre » ; lire Ps 102 : 7 et Ez 1 : 26.

[9] « C’est dans la foi qu’ils sont tous morts, sans avoir obtenu les choses promises ; mais ils les ont vues et saluées de loin, reconnaissant ( homologeo) qu’ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre. » Le terme grec homologeo insiste sur le fait qu’ils étaient pleinement conscients de leurs limites terrestres, comme tous les autres hommes.

L’erreur de la confession auriculaire et ses risques

Dès que l’on emploie le mot « confession » ou « confesser », l’on pense à « la confession catholique » aussi appelée « confession auriculaire ». Sur quel(s) fondement(s) la confession auriculaire est-elle basée ?

 

Dans toute la Parole de Dieu la confession est publique :

 

  • En Israël, au jeûne du Kippour[1], la confession était publique. Ce jour-là, tous les israélites se rassemblaient et confessaient leurs péchés pendant un quart de la journée (Ne 9 :1 à 3).

 

  • Les premiers disciples ont institué la confession publique (Jc 5 : 16).

 

C’est en 1215, au 4ème concile catholique du Latran[2], que la confession publique est remplacée par la confession auriculaire, c’est à dire à l’oreille de l’ecclésiastique. La confession publique de mise dans l’Eglise apostolique (Jc 5 : 16) est abolie vers la fin du 3ème siècle sans toutefois être remplacée par la confession auriculaire instituée par Benoît de Nursie[3], confession qui n’accordait pas le pouvoir de la rémission des péchés. C’est en 758 que la confession auriculaire est introduite en Occident par les ordres religieux d’Orient en remplacement de la confession publique. C’est en 1215 que la confession auriculaire est imposée et rendue obligatoire puis, deux ans plus tard au concile de Trente, elle devient un dogme absolu[4].

 

Nous remarquons la date tardive de la « création » de la confession individuelle et secrète à un autre homme.

 

D’après les termes bibliques grecs, homologeo et exomologeo, traduits par confession (ou profession), il est clair que la confession des péchés et la prise de décision de suivre Jésus-Christ se font à Dieu seul par Jésus-Christ et la glorification du pardon accordé ainsi que la liberté retrouvée en Dieu se font publiquement.

 

En fait, la confession auriculaire n’est rien d’autre qu’une confidence faite à un autre, fusse-t-il prêtre ou pasteur, pour soulager la conscience…

 

En réalité, quelque chose de profondément malsain sous-tend tout le processus de la confession auriculaire. Il existe de nombreux témoignages anciens et récents qui révèlent qu’une grande majorité de confesseurs se laissent peu à peu emporter dans le vice.

 

Le premier des vices est la curiosité malsaine : connaître et savoir le plus de choses possibles de la vie des autres, en particulier de la vie intime, afin d’exercer un pouvoir, une autorité. Plutarque définit la curiosité comme un « désir de connaître les défauts des autres, une maladie qui ne semble être exempte ni de jalousie ni de malignité »[5]. Cette curiosité est aussi étroitement liée à l’orgueil, ce sentiment de supériorité. Au sujet de cette curiosité, Jésus a dit « Pourquoi vois–tu la paille qui est dans l’œil de ton frère, et n’aperçois–tu pas la poutre qui est dans ton œil ? » (Lc 6 : 41 et suivants)

 

Le deuxième vice est la dépravation. Nombres d’aumôniers ont avoué à quel point les confessions qu’ils écoutaient les excitaient et les dépravaient sexuellement. Pour certains d’entre eux, les questions obscènes ne leur suffisaient même plus, ils y ajoutaient des gestes ou même encore des attouchements. Certains ont même été jusqu’à user de la « position avantageuse » que leur procuraient les confessions réalisées[6].

 

Il s’avère que la confession auriculaire aboutit à des résultats complètement opposés à ceux auxquels elle est censée tendre :

 

  • le confessant, même s’il soulage momentanément sa conscience dans une confidence honnête, ne trouve pas la paix. Seul Jésus-Christ, le Fils de Dieu, peut donner la paix dans le pardon des péchés ;

 

  • le confesseur ne peut rien faire pour le confessant[7] et, de plus, il est lui-même soumis à des tentations malsaines.

 

  • Le confessant se retrouve dans une position de dominé : il se place sous l’autorité du confesseur plutôt que de se placer ou de demeurer sous l’autorité de son Seigneur. Or « c’est pour la liberté que Christ nous a affranchis. Demeurons donc fermes, et ne nous laissons pas mettre de nouveau sous le joug de la servitude. » (Ga 5 : 1)

 

Certains fardeaux, et en particulier ceux qu’imposent le remord sont parfois lourds à porter seul… Il peut être alors nécessaire de partager ce fardeau avec une personne[8] ancrée dans la Parole de Dieu. Elle ne sera jamais un confesseur mais un frère ou une sœur partageant le fardeau dans la prière et qui aura la sagesse et la discrétion de partager ce fardeau uniquement durant le temps nécessaire à une reconstruction en Christ…


Notes :

[1] Yom Kippour (Jour de l’Expiation en hébreu) est le nom officiel de la célébration juive également connue comme le Jour du Grand Pardon. Ce jour solennel a lieu le dixième jour du mois de Tishri dans le calendrier hébreu. Il est établi d’après le texte biblique de Lv 23 : 27 : « Le dixième jour de ce septième mois, ce sera le jour des expiations : vous aurez une sainte convocation, vous humilierez vos âmes et vous offrirez à l’Eternel des sacrifices consumés par le feu. »

[2] Le quatrième concile œcuménique du Latran (souvent surnommé Latran IV) est le douzième concile œcuménique de l’Église catholique. Il est tenu à Latran en 1215 sur l’initiative du pape Innocent III et réunit environ 800 abbés et 400 évêques dans la basilique romaine dont les papes du Moyen Âge ont fait leur principale résidence. C’est durant ce concile que plusieurs éléments doctrinaux catholiques sont institués : le concept de la transsubstantiation (Le terme transsubstantiation, apparu en 1140, indique le changement de substance du pain et du vin [dans l’église catholique il est impératif que ce soit du vin] de la Sainte Cène en chair et sang véritables de Jésus Christ), l’ordre des curés (nom dérivé du latin «cura animarum », soin des âmes), la confession auriculaire obligatoire au moins une fois par an à Pâques, l’obligation de communier au moins une fois par an à Pâques, la publication des bans à l’occasion des mariages, la nécessité pour les juifs et les musulmans de porter un insigne distinctif…

[3] Benoît de Nursie, ou saint Benoît pour les catholiques et les orthodoxes (vers 480 ou 490 – 547), est le fondateur de l’ordre bénédictin et, plus largement, du monachisme occidental (état et mode de vie de personnes qui ont prononcé des vœux de religion et font partie d’un ordre dont les membres vivent sous une règle commune séparés du monde). Il est considéré par les catholiques et les orthodoxes comme le patriarche des moines d’Occident.

[4] C’est à partir de ce concile que le pouvoir de rémission des péchés est accordé à la confession auriculaire, contrairement à ce qu’affirme Jésus : « Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. » (Jn 14 : 6)

[5] Victor Bétolaud, Œuvres complètes de Plutarque – Œuvres morales, t. I , Paris, Hachette, 1870.

[6] Il existe un grand nombre de confessions de prêtres qui, ne se satisfaisant plus des descriptions orales, demandaient des mimes, voire des attouchements… Un ancien prêtre québécois, Charles Chiniquy (1809 – 1899), devenu pasteur presbytérien après 20 ans de prêtrise, a écrit plusieurs ouvrages relatant des confessions de prêtres et exprimant son dégoût de la confession, mettant en garde contre ses dérives quasi-systématiques. (C’est alors qu’il était attaqué en justice par les représentants de l’église catholique, qu’il connut Abraham Lincoln, alors avocat, et qu’une solide amitié naquit entre les deux hommes qui se rencontrèrent souvent. Des révélations que fit le prêtre au sujet de conversations qu’il eut avec Lincoln, d’aucuns défendent l’idée que ce Président des Etats-Unis fut assassiné à la suite d’un complot jésuite).

[7] Nul homme n’a le pouvoir de pardonner les péchés si ce n’est le Fils de l’homme, Jésus. (Mc 2 : 7 à 11)

[8] Il est sage que ce confident soit une personne du même sexe ou un couple.

Sens grec du mot confesser

Le concept biblique de « confession » dépasse l’enseignement restrictif que l’on donne concernant la confession des péchés. Pourtant des chrétiens ont utilisé le mot biblique de confession pour lui prêter une signification qui est étrangère à la fois à l’enseignement et à l’usage qu’en fait la Parole de Dieu.

 

Le mot « confesser » et ses dérivés sont la traduction de deux mots dans le Nouveau Testament : homologeo et exomologeo. Le premier signifie « dire la même chose qu’un autre, c’est à dire être en accord, consentir, dire ouvertement, reconnaître » et le second provient de la construction du premier avec la préposition dénotant de l’origine de l’idée ou de l’action ex[1], donnant un sens différent correspondant au mot français « professer » mais il signifie aussi « glorifier, célébrer, donner des louanges, accepter, s’engager ». En fait ces deux mots sont complémentaires : homologeo se rapproche du mot français « confession » qui porte la notion de rapprochement, de ralliement à un groupe de personnes, d’échange avec plusieurs (Etymologiquement, la confession de foi est une proclamation d’appartenance à un groupe) et exomologeo de « profession » qui est une déclaration individuelle ouverte et publique d’une croyance et/ou d’une foi (Etymologiquement, la profession de foi correspond à une clameur de ce que la personne croit individuellement).

 

1 Nous devons professer ( exomologeo) nos péchés.

 

C’est dans ce sens que le mot confession est le plus souvent compris. Les disciples de Jean-Baptiste étaient baptisés dans le Jourdain « en professant[2] leurs péchés » (Marc 1 : 5). A Éphèse, les croyants professèrent ( exomologeomai) ouvertement leurs mauvaises actions (Actes 19 : 18). Toutefois, cette profession personnelle doit se faire en accord avec la Parole de Dieu, c’est à dire dans la conscience d’intégrer l’Eglise, corps de Christ car dans le texte « Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner et pour nous purifier de toute iniquité » (1 Jn 1 : 9), c’est homologeo qui est employé. Or homologeo, composé de  homou (ensemble avec, en même temps) et de logos[3], insiste sur le fait de s’accorder avec Christ, la parole faite chair (Jn 1 : 14) et son corps, l’Eglise (1 Co 12 : 27).

 

2 Nous devons confesser, reconnaître ( homologeo) Jésus-Christ et l’Évangile de Jésus-Christ.

 

Paul écrit : « …ils glorifient Dieu de votre obéissance dans la confession[4] de l’Evangile de Christ… » (2 Co 9 : 13). Paul utilise le mot dans le même sens lorsqu’il écrit à Timothée au sujet de sa « belle confession ( homologia) devant un grand nombre de témoins » (1 Ti 6 : 12). C’est cette confession du nom de Jésus qui concrétise le salut : « Si tu confesses ( homologeo) le Seigneur Jésus et si tu crois dans ton cœur que Dieu l’a ressuscité des morts, tu seras sauvé. » (Rm 10 : 9). L’auteur de l’épître aux Hébreux indique tantôt « la foi que nous confessons ( homologia) » (Hb 4 : 14), tantôt « l’espérance que nous professons ( homologia) » (Hb 10 : 23), mais dans tous les cas, il est fait clairement référence à Jésus-Christ et à la relation avec Dieu qui nous est offerte par le moyen de l’Évangile.

 

3 Nous devons professer, proclamer ( exomologeo) notre décision personnelle de suivre Jésus-Christ en « rendant gloire à Dieu ».

 

La version des Septante utilise fréquemment le mot grec exomologeo (professer) pour traduire le mot hébreu  yadah qui signifie louange ou honneur comme Paul le fait lorsqu’il cite 2 Sm 22 : 50 et Ps 18 : 49 en écrivant « …les païens glorifient Dieu à cause de sa miséricorde, selon qu’il est écrit : C’est pourquoi je te louerai ( exomologeo) parmi les nations, Et je chanterai à la gloire de ton nom. » (Rm 15 : 9) Le même mot est utilisé dans le sens de louer ou remercier dans Matthieu 11 : 25 et Luc 10 : 21 lorsque Jésus rend gloire à son Père.

 

Hébreux 13 : 15 fait écho à cette idée de louange mais collective, à l’unisson du corps de Christ : « C’est pourquoi, par Jésus, offrons continuellement à Dieu un sacrifice de louanges, le fruit de lèvres qui confessent ( homologeo) Son nom ». La véritable adoration spirituelle ne peut être offerte à Dieu sans cette profession publique, libre et personnelle du nom de Jésus-Christ avec ceux qui le vivent aussi.

 

4 Nous devons confesser, reconnaître ( homologeo) nos limites.

 

Dans Hb 11 : 13, les gens de foi saluèrent de loin les choses promises. Ils les virent mais ne les reçurent pas : « C’est dans la foi qu’ils sont tous morts, sans avoir obtenu les choses promises ; mais ils les ont vues et saluées de loin, reconnaissant ( homologeo) qu’ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre. » Ainsi au seuil du pays promis, les patriarches reconnaissaient devant la mort qu’ils étaient étrangers sur la terre, comme tous les autres hommes, mais qu’ils savaient être dans le dessein de Dieu pour l’accomplissement de ses promesses.

 

 

Comme l’impliquent les mots grecs homologeo et exomologeo, la confession des péchés revient à exprimer notre accord avec Dieu au sujet de notre péché : nous sommes privés à cause de lui de la communion et communication avec notre Créateur, et notre intégration dans le corps de Christ, l’Eglise. Jacques résume parfaitement ceci lorqu’il écrit « Professez[5] ( exomologeomai) vos péchés les uns aux autres et priez les uns pour les autres pour que vous soyez guéris » (Jc 5 : 16). Il établit une relation entre la profession personnelle des péchés pour en demander le pardon, la louange issue de la reconnaissance de notre cœur d’avoir été pardonné et donc purifié, la communion avec les frères et sœurs qui vivent la même grâce et l’exaucement de la prière pour la guérison personnelle et communautaire.


Notes :

[1] Ce mot se prononce parfois « ek ».

[2] Le texte de plusieurs traductions comporte le mot «confession » alors qu’il s’agit du verbe grec exomologeo.

[3] Dans Jean, le mot dénote la Parole essentielle de Dieu, Jésus-Christ, la sagesse et le pouvoir en union avec Dieu, son ministre dans la création et le gouvernement de l’univers, la cause de toute vie sur terre, physique et morale; Jésus qui est venu dans une nature humaine pour procurer le salut à l’humanité, le Messie, la seconde personne de la trinité, qui brille éminemment par ses paroles et ses actions. Un philosophe Grec Héraclite, a le premier utilisé le terme Logos vers 600 av. J.C pour désigner la raison divine ou le plan qui coordonne l’univers ; lire Col 1 : 16.

[4] Le texte de plusieurs traductions comporte le mot « profession » alors qu’il s’agit du verbe grec homologia.

[5] Les traductions utilisent le mot « confessez ».

La révolte des Taïpings ou Manquer le but

On parle peu de la révolte des Taïpings vaincue par le général Gordon ! Peut être est-ce parce que la Bible y a joué un rôle important…

 

A la fin du 19ème siècle, en Chine, toutes les places des fonctionnaires étaient accessibles sur concours. Les examens avaient lieu dans diverses villes. À Canton[1], 30 000 étudiants concouraient au même moment. 300 seulement étaient reçus. Le premier de chaque ville était invité à dîner chez l’empereur qui lui remettait lui-même son diplôme. Le succès assurait de hautes places et de beaux traitements. L’aristocratie de Chine n’était pas une aristocratie d’argent mais de lettres.

 

En 1850, le missionnaire baptiste américain Assachar Roberts offrit l’hospitalité pendant les examens à plusieurs de ces concurrents parmi lesquels il y en avait de très pauvres… Ainsi, l’offre de l’étranger fut accueillie avec joie.

 

M. Roberts prévint ses hôtes que les chrétiens avaient l’habitude de lire leurs livres saints, la Bible, et de prier le vrai Dieu le matin et le soir. Il les invita à assister au culte tout en les laissant parfaitement libres. Il savait toutefois que le savoir vivre de la culture chinoise les amènerait à accepter son invitation. Un étudiant du nom de Hung fut profondément impressionné par la lecture des Écritures.

 

Hung obtint son diplôme. Avant de partir, il demanda à emporter un certain nombre de livres saints pour les distribuer à ses amis afin d’arriver à une décision au sujet de leurs doctrines. Le résultat fut la conversion de Hung et de plusieurs lauréats du concours. Ces nouveaux convertis s’employèrent avec zèle à répandre la connaissance de la vérité, chacun dans son district. Et rapidement les temples bouddhistes se vidèrent.

 

Les autorités prirent peur, craignant d’être en présence de quelque société secrète, et interdirent les réunions des chrétiens. Hung exposa la vérité, déclarant qu’ils étaient bons citoyens et qu’ils avaient simplement accepté et reçu Jésus-Christ comme Sauveur. Les autorités refusèrent de le croire : « il est certain que si une société secrète avait été fondée, elle n’aurait pas pu mieux s’y prendre pour se cacher que de se prétendre une société de chrétiens ».

 

Le vice-roi de la province les menaça de s’emparer d’eux s’ils ne renonçaient pas à leurs réunions et envoya un régiment pour les faire prisonniers. Les nouveaux convertis et leurs amis qui étaient plusieurs centaines, montèrent au sommet d’une colline. Les soldats entourèrent la colline et commencèrent à gravir ses pentes.

 

Les chrétiens s’agenouillèrent et demandèrent à Dieu de les guider. Alors, par une impulsion soudaine, tous se mirent à courir en descendant les pentes escarpées de la colline en direction des soldats, en criant comme l’avait fait des siècles auparavant Gédéon et ses hommes ! (Jg 7) Effrayés, les soldats jetèrent leurs armes et s’enfuirent. Les nouveaux convertis s’emparèrent de ces armes et aussitôt prêtèrent serment de n’avoir qu’un seul but, établir la liberté religieuse.

 

Ils franchirent une distance égale à celle qui sépare Paris de Moscou pour se rendre à Beijing[2], incorporant en route ceux qui reçurent leur témoignage et se joignirent à leur dessein, parmi lesquels se trouvaient des soldats impériaux.

 

Hung, le chef, établit des règles strictes : Pas de pillage, pas d’opium, pas de vandalisme… On pouvait seulement accepter des dons volontaires. Quiconque profanerait la sainteté du foyer serait fusillé sur le champ. Pour enseigner ceux qui le suivaient, il publia une édition spéciale des Écritures. Le nom de Taïping signifie grande paix. En 1851, il commandait 300 000 hommes.

 

Mais le mouvement dégénéra. Le pouvoir grisa Hung. Il y avait en lui du fanatique et du visionnaire. Il y eut des excès. On a calculé que vingt millions d’hommes périrent sous les coups de son armée. En 1864, le général Gordon triompha de la rébellion des Taïpings.

 

Une fois de plus, la grâce que Dieu donna à un homme ou un petit groupe d’hommes a été détourné de son but par la vanité, l’orgueil… Si ces hommes avaient suivi la volonté de Dieu, qu’en serait-il de la Chine aujourd’hui ?


Notes :

[1] Ville du Sud de la Chine.

[2] Il s’agit de la ville de Pékin. En chinois, Beijing signifie « la capitale du Nord ».