Le mot Evangile dans le nouveau Testament

Les 118 occurrences du mot évangile dans la traduction du Nouveau Testament par David Martin (1707) : elles sont classées par thèmes pour permettre de discerner que la Parole de Dieu est cohérente et très précise !

1 – Le mot « Evangile » est étroitement associé à la personne de Jésus-Christ, Parole de Dieu[1].

2 – Le mot « Evangile » est étroitement associé à la Parole de Dieu, à l’Ecriture sainte et à la vérité (Jésus-Christ est la vérité)[2].

3 – Le mot « Evangile » est étroitement associé à Dieu[3].

4 – Le mot « Evangile » est étroitement associé au ministère du Saint-Esprit sur terre[4].

5 – Le mot « Evangile » est étroitement associé au Ministère de la Prédication et à l’enseignement de la Doctrine[5].

6 – Le mot « Evangile » est approprié par l’Apôtre Paul pour le corps de Christ[6].

7 – Le mot « Evangile »  est la puissance de Dieu, guérison et miracles[7].

8 – Le mot « Evangile » pour témoignage.

Mt 24:14

Et cet Evangile du Royaume sera prêché dans toute la terre habitable, pour servir de témoignage à toutes les nations, et alors viendra la fin.

Mt 26:13

En vérité je vous dis, que dans tous les endroits du monde où cet Evangile sera prêché, ce qu’elle a fait sera aussi récité en mémoire d’elle.

Mc 14:9

En vérité je vous dis, qu’en quelque lieu du monde que cet Evangile sera prêché, ceci aussi qu’elle a fait sera récité en mémoire d’elle.

9 – Le mot « Evangile »  pour le caractère sacré de l’Evangile

Gal 1:8

Mais quand nous-mêmes vous évangéliserions, ou quand un Ange du Ciel vous évangéliserait outre ce que nous vous avons évangélisé, qu’il soit anathème.

Gal 1:9

Comme nous l’avons déjà dit, je le dis encore maintenant: si quelqu’un vous évangélise outre ce que vous avez reçu, qu’il soit anathème.

10 – Le mot « Evangile » et l’obéissance à la Parole de Dieu : l’évangile n’est pas une bonne nouvelle, c’est un commandement pour le salut (commandement = la Parole de Dieu)[8].

11- Autres occurrences du mot « Evangile ».

Mc 1:14

Or après que Jean eut été mis en prison, Jésus vint en Galilée, prêchant l’Evangile du Royaume de Dieu,

Mc 13:10

Mais il faut que l’Evangile soit auparavant prêché dans toutes les nations.

Lc 4:43

Mais il leur dit: il faut que j’évangélise aussi aux autres villes le Royaume de Dieu: car je suis envoyé pour cela.

Act 8:40

Mais Philippe se trouva dans Azote, et en passant il annonça l’Evangile dans toutes les villes, jusqu’à ce qu’il fût arrivé à Césarée.

Act 14:7

Et ils y annoncèrent l’Evangile.

Rom 1:15

Ainsi, en tant qu’en moi est, je suis prêt d’annoncer aussi l’Evangile à vous qui êtes à Rome.

1Cor 9:23

Et je fais cela à cause de l’Evangile, afin que j’en sois fait aussi participant avec les autres.

2Cor 8:18

Et nous avons aussi envoyé avec lui le frère dont la louange, qu’il s’est acquise dans la prédication de l’Évangile est répandue par toutes les Églises:

2Cor 10:16

Jusques à évangéliser dans les lieux qui sont au delà de vous; et non pas à nous glorifier dans ce qui a été départi aux autres selon la mesure réglée, dans les choses déjà toutes préparées.

Gal 4:13

Et vous savez comment je vous ai ci-devant évangélisé dans l’infirmité de la chair.

Eph 2:17

Et étant venu il a évangélisé la paix à vous qui étiez loin, et à ceux qui étaient près.

Eph 6:19

Et pour moi aussi, afin qu’il me soit donné de parler en toute liberté, et avec hardiesse, pour donner à connaître le mystère de l’Evangile,

Jude 1:1

Jude serviteur de Jésus-Christ, et frère de Jacques, à ceux qui ont été appelés par l’Evangile, que Dieu a sanctifiés et Jésus-Christ a conservés.


[1] Voir « Le mot Evangile associé à Jésus-Christ » -> https://theonoptie.org/2021/01/29/evangile-associe-a-jc/

[2] Voir «  Le mot Evangile associé à la Parole de Dieu » -> https://theonoptie.org/2021/01/29/evangile-associe-a-la-parole-de-dieu/

[3] Voir « Le mot Evangile étroitement associé à Dieu » -> https://theonoptie.org/2021/01/29/evangile-associe-a-dieu/

[4] Voir « Le mot Evangile lié au ministère du St-Esprit sur terre » -> https://theonoptie.org/2021/01/29/evangile-lie-au-st-esprit/

[5] Voir «  Le mot Evangile lié à l’enseignement de la Doctrine » -> https://theonoptie.org/2021/01/29/evangile-lie-a-la-doctrine/

[6] Voir « Le mot Evangile approprié pour le corps de Christ » -> https://theonoptie.org/2021/01/29/evangile-approprie-pour-l-eglise/

[7] Voir «Le mot Evangile puissance de Dieu » -> https://theonoptie.org/2021/01/29/evangile-puissance-de-dieu/

[8] Voir « Le mot Evangile et l’obéissance à la Parole de Dieu » -> https://theonoptie.org/2021/01/29/evangile-et-lobeissance-a-la-parole/

Le mot Evangile et l’obéissance à la Parole de Dieu

L’évangile n’est pas une bonne nouvelle, c’est un commandement pour le salut (commandement = la Parole de Dieu).

Mc 1:15

Et disant: le temps est accompli, et le Royaume de Dieu est approché; convertissez-vous, et croyez à l’Evangile.

Rom 11:28

Ils sont certes ennemis par rapport à l’Evangile, à cause de vous; mais ils sont bien-aimés eu égard à l’élection, à cause des pères.

1Cor 15:1

Or, mes frères, je vous fais savoir l’Evangile que je vous ai annoncé, et que vous avez reçu, et auquel vous vous tenez fermes;

2Cor 4:4

Desquels le Dieu de ce siècle a aveuglé les entendements, c’est-à-dire, des incrédules, afin que la lumière de l’Évangile de la gloire de Christ, lequel est l’image de Dieu, ne leur resplendît point.

Phil 1:5

A cause de votre attachement à l’Evangile, depuis le premier jour jusqu’à maintenant.

Heb 4:6

Puis donc qu’il reste que quelques-uns y entrent, et que ceux à qui premièrement il a été évangélisé n’y sont point entrés, à cause de leur incrédulité,

Le mot Evangile puissance de Dieu

Quelques versets montrant que l’Evangile et LA puissance de Dieu et non une puissance (sous entendu « parmi tant d’autres ») :

Mt 4:23

Et Jésus allait par toute la Galilée, enseignant dans leurs Synagogues, prêchant l’Evangile du Royaume, et guérissant toute sorte de maladies, et toute sorte de langueurs parmi le peuple.

Mt 9:35

Or Jésus allait dans toutes les villes et dans les bourgades, enseignant dans leurs Synagogues, et prêchant l’Evangile du Royaume, et guérissant toute sorte de maladies, et toute sorte d’infirmités parmi le peuple.

Mt 11:5

Les aveugles recouvrent la vue, les boiteux marchent, les lépreux sont nettoyés, les sourds entendent, les morts sont ressuscités, et l’Evangile est annoncé aux pauvres.

Lc 7:22

Ensuite Jésus leur répondit, et leur dit: allez, et rapportez à Jean ce que vous avez vu et ouï, que les aveugles recouvrent la vue; que les boiteux marchent; que les lépreux sont nettoyés; que les sourds entendent; que les morts ressuscitent; et que l’Evangile est prêché aux pauvres.

Lc 9:6

Eux donc étant partis allaient de bourgade en bourgade, évangélisant, et guérissant partout.

Rom 1:16

Car je n’ai point honte de l’Evangile de Christ, vu qu’il est la puissance de Dieu en salut à tout croyant : au Juif premièrement, puis aussi au Grec.

Rom 15:19

Avec la vertu des prodiges et des miracles, par la puissance de l’Esprit de Dieu; tellement que depuis Jérusalem, et les lieux d’alentour, jusque dans l’Illyrie, j’ai tout rempli de l’Evangile de Christ.

1Th 1:5

Car la prédication que nous avons faite de l’Evangile au milieu de vous, n’a pas été en parole seulement, mais aussi en vertu, et en Saint-Esprit, et en preuves convaincantes, ainsi que vous savez quels nous avons été parmi vous pour l’amour de vous.

2Tim 1:8

Ne prends donc point à honte le témoignage de notre Seigneur, ni moi, qui suis son prisonnier; mais prends part aux afflictions de l’Evangile, selon la puissance de Dieu;

Le mot Evangile approprié pour le corps de Christ

Quelques versets associant l’Evangile au corps de Christ :

Rom 2:16

Tous, dis-je, donc seront jugés au jour que Dieu jugera les secrets des hommes par Jésus-Christ, selon mon Evangile.

2Cor 4:3

Que si notre Evangile est encore voilé, il ne l’est que pour ceux qui périssent.

2Th 2:14

A quoi il vous a appelés par notre Evangile, afin que vous possédiez la gloire qui nous a été acquise par notre Seigneur Jésus-Christ.

2 Timothée 2 : 8 et 9

Souviens-toi que Jésus-Christ, de la semence de David, est ressuscité des morts, selon mon évangile

Dans lequel je souffre des maux jusqu’aux liens comme un malfaiteur, mais la parole de Dieu n’est point liée.

Le mot Evangile lié à l’enseignement de la Doctrine

Quelques versets qui lient l’Evangile à l’enseignement de la doctrine biblique :

Mt 4:23

Et Jésus allait par toute la Galilée, enseignant dans leurs Synagogues, prêchant l’Evangile du Royaume, et guérissant toute sorte de maladies, et toute sorte de langueurs parmi le peuple.

Mt 9:35

Or Jésus allait dans toutes les villes et dans les bourgades, enseignant dans leurs Synagogues, et prêchant l’Evangile du Royaume, et guérissant toute sorte de maladies, et toute sorte d’infirmités parmi le peuple.

Mc 16:15

Et il leur dit: allez par tout le monde, et prêchez l’Evangile à toute créature.

Lc 3:18

Et en faisant plusieurs autres exhortations, il évangélisait au peuple.

Lc 20:1

Et il arriva un de ces jours-là, comme il enseignait le peuple dans le Temple, et qu’il évangélisait, que les principaux Sacrificateurs et les Scribes survinrent avec les Anciens.

Act 14:21

Et après qu’ils eurent annoncé l’Evangile en cette ville-là, et instruit plusieurs personnes, ils retournèrent à Lystre, à Iconie, et à Antioche;

Act 16:10

Quand donc il eut vu cette vision, nous tâchâmes aussitôt d’aller en Macédoine, concluant de là que le Seigneur nous avait appelés pour leur évangéliser.

Act 20:24

Mais je ne fais cas de rien, et ma vie ne m’est point précieuse, pourvu qu’avec joie j’achève ma course, et le ministère que j’ai reçu du Seigneur Jésus, pour rendre témoignage à l’Evangile de la grâce de Dieu.

Act 21:8

Et le lendemain Paul et sa compagnie partant de là, nous vînmes à Césarée; et étant entrés dans la maison de Philippe l’Evangéliste, qui était l’un des sept, nous demeurâmes chez lui.

Rom 15:16

Afin que je sois ministre de Jésus Christ envers les Gentils, m’employant au sacrifice de l’Evangile de Dieu; afin que l’oblation des Gentils soit agréable, étant sanctifiée par le Saint-Esprit.

1Cor 1:17

Car Christ ne m’a pas envoyé pour baptiser, mais pour évangéliser, non point avec les discours de la sagesse humaine, afin que la croix de Christ ne soit point anéantie.

1Cor 9:14

Le Seigneur a ordonné tout de même que ceux qui annoncent l’Evangile, vivent de l’Evangile.

1Cor 9:16

Car encore que j’évangélise, je n’ai pas de quoi m’en glorifier; parce que la nécessité m’en est imposée; et malheur à moi, si je n’évangélise pas !

Gal 2:2

Or j’y montai par révélation, et je conférai avec ceux de Jérusalem touchant l’Evangile que je prêche parmi les Gentils, même en particulier avec ceux qui sont en estime, afin qu’en quelque sorte je ne courusse, ou n’eusse couru en vain.

Gal 2:7

Mais, au contraire, quand ils virent que la Prédication de l’Evangile du Prépuce m’était commise, comme celle de la Circoncision l’était à Pierre:

Eph 4:11

Lui-même donc a donné les uns pour être Apôtres, les autres pour être Prophètes, les autres pour être Evangélistes, les autres pour être Pasteurs et Docteurs.

Eph 6:15

Et ayant les pieds chaussés de la préparation de l’Evangile de paix;

Phil 1:7

Comme il est juste que je pense ainsi de vous tous, parce que je retiens dans mon coeur que vous avez tous été participants de la grâce avec moi dans mes liens, et dans la défense et la confirmation de l’Evangile.

Phil 1:12

Or mes frères, je veux bien que vous sachiez que les choses qui me sont arrivées, sont arrivées pour un plus grand avancement de l’Evangile.

Phil 1:17

Mais les autres le font par charité, sachant que je suis établi pour la défense de l’Evangile.

Phil 2:22

Mais vous savez l’épreuve que j’ai faite de lui, puisqu’il a servi avec moi en l’Evangile, comme l’enfant sert son père.

Phil 4:3

Je te prie aussi, toi mon vrai compagnon, aide-leur, comme à celles qui ont combattu avec moi dans l’Evangile, avec Clément, et mes autres compagnons d’œuvre, dont les noms sont écrits au Livre de vie.

Phil 4:15

Vous savez aussi, vous Philippiens, qu’au commencement de la prédication de l’Evangile, quand je partis de Macédoine, aucune Eglise ne me communiqua rien en matière de donner et de recevoir, excepté vous seuls.

2Tim 4:5

Mais toi, veille en toutes choses, souffre les afflictions, fais l’œuvre d’un Evangéliste, rends ton Ministère pleinement approuvé.

Philé 1:13

Je voulais le retenir auprès de moi, afin qu’il me servît à ta place, dans les liens de l’Evangile.

Heb 4:2

Car il nous a été évangélisé, comme il le fut à ceux-là; mais la parole de la prédication ne leur servit de rien, parce qu’elle n’était point mêlée avec la foi dans ceux qui l’ouïrent.

Col 1:23

Si toutefois vous demeurez en la foi, étant fondés et fermes, et n’étant point transportés hors de l’espérance de l’Evangile que vous avez ouï, lequel est prêché à toute créature qui est sous le ciel, et duquel, moi Paul, j’ai été fait le Ministre.

Le mot Evangile lié au ministère du St-Esprit sur terre

Lc 4:18

L’Esprit du Seigneur est sur moi, parce qu’il m’a oint; il m’a envoyé pour évangéliser aux pauvres; pour guérir ceux qui ont le coeur froissé.

2Cor 11:4

Car si quelqu’un venait qui vous prêchât un autre Jésus que nous n’avons prêché; ou si vous receviez un autre Esprit que celui que vous avez reçu, ou un autre Evangile que celui que vous avez reçu, feriez-vous bien de l’endurer ?

Eph 1:13

En qui vous êtes aussi, ayant ouï la parole de la vérité, qui est l’Evangile de votre salut, et auquel ayant cru vous avez été scellés du Saint-Esprit de la promesse;

1Th 1:5

Car la prédication que nous avons faite de l’Evangile au milieu de vous, n’a pas été en parole seulement, mais aussi en vertu, et en Saint-Esprit, et en preuves convaincantes, ainsi que vous savez quels nous avons été parmi vous pour l’amour de vous.

1Pi 1:12

Et il leur fut révélé que ce n’était pas pour eux-mêmes, mais pour nous, qu’ils administraient ces choses, lesquelles ceux qui vous ont prêché l’Evangile, par le Saint-Esprit envoyé du Ciel, vous ont maintenant annoncées, et dans lesquelles les Anges désirent de regarder jusqu’au fond.

1Pi 4:6

Car c’est aussi pour cela qu’il a été évangélisé aux morts, afin qu’ils fussent jugés selon les hommes en la chair, et qu’ils vécussent selon Dieu dans l’esprit.

Le mot Evangile étroitement associé à Dieu

Voici quelques textes montrant l’association de l’Evangile à Dieu Lui-même :

Rom 1:1

Paul serviteur de Jésus-Christ, appelé à être Apôtre, mis à part pour annoncer l’Evangile de Dieu.

2Cor 11:7

Ai-je commis une faute en ce que je me suis abaissé moi-même, afin que vous fussiez élevés, parce que sans rien prendre je vous ai annoncé l’Évangile de Dieu ?

Gal 1:11

Or mes frères, je vous déclare que l’Evangile que j’ai annoncé, n’est point selon l’homme.

1Th 2:2

Mais quoique nous eussions été auparavant affligés et outragés à Philippes, comme vous savez, nous avons eu le courage, appuyés sur notre Dieu de vous annoncer l’Evangile de Dieu au milieu de grands combats.

1Th 2:8

Etant donc ainsi affectionnés envers vous, nous souhaitions de vous donner non-seulement l’Evangile de Dieu, mais aussi nos propres âmes, parce que vous étiez fort aimés de nous.

1Th 2:9

Car, mes frères, vous vous souvenez de notre peine et de notre travail; vu que nous vous avons prêché l’Evangile de Dieu, en travaillant nuit et jour, pour n’être point à charge à aucun de vous.

1Tim 1:11

Suivant l’Evangile de la gloire de Dieu bienheureux, lequel Evangile m’a été commis.

1Pi 4:17

Car il est temps que le jugement commence par la maison de Dieu; or s’il commence premièrement par nous, quelle sera la fin de ceux qui n’obéissent point à l’Evangile de Dieu ?

Le mot Evangile associé à la Parole de Dieu

Voici quelques versets bibliques qui non seulement montrent le lien entre l’Evangile et la Parole de Dieu, mais, avec la démonstration de l’association de l’Evangile avec Jésus-Christ[1], ils renforcent (si besoin était) la nature de « Parole incarnée » de Jésus-Christ…

Lc 16:16

La Loi et les Prophètes ont duré jusqu’à Jean; depuis ce temps-là le Règne de Dieu est évangélisé, et chacun le force.

Act 8:25

Eux donc après avoir prêché et annoncé la parole du Seigneur, retournèrent à Jérusalem, et annoncèrent l’Evangile en plusieurs bourgades des Samaritains.

Act 15:7

Et après une grande discussion Pierre se leva, et leur dit: hommes frères, vous savez que depuis longtemps Dieu m’a choisi entre nous, afin que les Gentils ouïssent par ma bouche la parole de l’Evangile, et qu’ils crussent.

Rom 10:16

Mais tous n’ont pas obéi à l’Evangile; car Esaïe dit : Seigneur, qui est-ce qui a cru à notre prédication.

Gal 2:5

Et nous ne leur avons point cédé par aucune sorte de soumission, non pas même un moment; afin que la vérité de l’Evangile demeurât parmi vous.

Gal 2:14

Mais quand je vis qu’ils ne marchaient pas de droit pied selon la vérité de l’Evangile, je dis à Pierre devant tous: si toi qui es Juif, vis comme les Gentils, et non pas comme les Juifs, pourquoi contrains-tu les Gentils à Judaïser?

Gal 3:8

Aussi l’Ecriture prévoyant que Dieu justifierait les Gentils par la foi, a auparavant évangélisé à Abraham, en lui disant: toutes les nations seront bénies en toi.

Eph 1:13

En qui vous êtes aussi, ayant ouï la parole de la vérité, qui est l’Evangile de votre salut, et auquel ayant cru vous avez été scellés du Saint-Esprit de la promesse;

Col 1:5

A cause de l’espérance des biens qui vous sont réservés dans les Cieux, et dont vous avez eu ci-devant connaissance par la parole de la vérité, c’est-à-dire, par l’Evangile.

Jac 3:14

Mais si vous avez une envie amère et de l’irritation dans vos coeurs, ne vous glorifiez point, et ne mentez point en déshonorant la vérité de l’Evangile.

1Pie 1:25

Mais la parole du Seigneur demeure éternellement; et c’est cette parole qui vous a été évangélisée.

Apo 14:6

Puis je vis un autre Ange qui volait par le milieu du ciel, ayant l’Evangile éternel, afin d’évangéliser à ceux qui habitent sur la terre, et à toute nation, Tribu, Langue et peuple;


[1] Voir « Le mot Evangile associé à Jésus-Christ » -> https://theonoptie.org/2021/01/29/evangile-associe-a-jc/

Le mot Evangile associé à Jésus-Christ

Voici quelques passages bibliques qui parleront d’eux-mêmes quant au thème de la réflexion, sachant qu’avec quelques textes montrant le lien entre l’Evangile et la Parole de Dieu, nous retrouvons la nature de « Parole incarnée » de Jésus-Christ (Jn 1:14) :

Mc 1:1

Le commencement de l’Evangile de Jésus-Christ, Fils de Dieu;

Mc 8:35

Car quiconque voudra sauver son âme, la perdra; mais quiconque perdra son âme pour l’amour de moi et de l’Evangile, celui-là la sauvera.

Mc 10:29

Et Jésus répondant, dit: en vérité je vous dis, qu’il n’y a personne qui ait laissé ou maison, ou frères, ou sœurs, ou père, ou mère, ou femme, ou enfants, ou champs, pour l’amour de moi, et de l’Evangile,

Rom 1:1

Paul serviteur de Jésus-Christ, appelé à être Apôtre, mis à part pour annoncer l’Evangile de Dieu.

Rom 1:9

Car Dieu, que je sers en mon esprit dans l’Evangile de son Fils, m’est témoin que je fais sans cesse mention de vous;

Rom 1:16

Car je n’ai point honte de l’Evangile de Christ, vu qu’il est la puissance de Dieu en salut à tout croyant: au Juif premièrement, puis aussi au Grec.

Rom 15:16

Afin que je ministre de Jésus Christ envers les Gentils, m’employant au sacrifice de l’Evangile de Dieu; afin que l’oblation des Gentils soit agréable, étant sanctifiée par le Saint-Esprit.

Rom 15:19

Avec la vertu des prodiges et des miracles, par la puissance de l’Esprit de Dieu; tellement que depuis Jérusalem, et les lieux d’alentour, jusque dans l’Illyrie, j’ai tout rempli de l’Evangile de Christ.

Rom 15:20

M’attachant ainsi avec affection à annoncer l’Evangile là où Christ n’avait pas encore été prêché, afin que je n’édifiasse point sur un fondement qu’un autre eût déjà posé.

Rom 15:29

Et je sais que quand j’irai vers vous j’y irai avec une abondance de bénédictions de l’Evangile de Christ.

Rom 16:25

Or à celui qui est puissant pour vous affermir selon mon  Evangile, et selon la prédication de Jésus-Christ, conformément à la révélation du mystère qui a été tû dans les temps passés,

1Cor 4:15

Car quand vous auriez dix mille maîtres en Christ, vous n’avez pourtant pas plusieurs pères: car c’est moi qui vous ai engendrés en Jésus-Christ par l’Evangile.

1Cor 9:12

Et si d’autres usent de ce pouvoir à votre égard, pourquoi n’en userions-nous pas plutôt qu’eux? cependant nous n’avons point usé de ce pouvoir, mais au contraire nous supportons toutes sortes d’incommodités, afin de ne donner aucun empêchement à l’Evangile de Christ.

1Cor 9:18

Quelle récompense en ai-je donc? c’est qu’en prêchant l’Evangile, je prêche l’Evangile de Christ sans apporter aucune dépense, afin que je n’abuse pas de mon pouvoir dans l’Evangile.

2Cor 2:12

Au reste, étant venu à Troas pour l’Évangile de Christ, quoique la porte m’y fût ouverte par le Seigneur,

2Cor 4:4

Desquels le Dieu de ce siècle a aveuglé les entendements, c’est-à-dire, des incrédules, afin que la lumière de l’Évangile de la gloire de Christ, lequel est l’image de Dieu, ne leur resplendît point.

2Cor 9:13

Glorifiant Dieu pour l’épreuve qu’ils font de cette assistance, en ce que vous vous soumettez à Évangile de Christ; et de votre prompte et libérale communication envers eux, et envers tous.

2Cor 10:14

Car nous ne nous étendons pas nous-mêmes plus qu’il ne faut, comme si nous n’étions point parvenus jusqu’à vous; vu que nous sommes parvenus même jusqu’à vous par la prédication de l’Évangile de Christ.

2Cor 11:4

Car si quelqu’un venait qui vous prêchât un autre Jésus que nous n’avons prêché; ou si vous receviez un autre Esprit que celui que vous avez reçu, ou                      un autre Evangile que celui que vous avez reçu, feriez-vous bien de l’endurer ?

Gal 1:6

Je m’étonne qu’abandonnant Jésus-Christ, qui vous avait appelés par sa grâce, vous ayez été si promptement transportés à un autre Evangile.

Gal 1:7

Qui n’est pas un autre Evangile, mais il y a des gens qui vous troublent, et qui veulent renverser l’Evangile de Christ.

Gal 1:16

De révéler son Fils en moi, afin que je l’évangélisasse parmi les Gentils, je ne commençai pas d’abord par prendre conseil de la chair et du sang;

Eph 3:6

Savoir que les Gentils sont cohéritiers, et d’un même corps, et qu’ils participent ensemble à sa promesse en Christ, par l’Evangile.

Phil 1:27

Seulement conduisez-vous dignement comme il est séant selon l’Evangile de Christ; afin que soit que je vienne, et que je vous voie; soit que je sois absent, j’entende quant à votre état, que vous persistez en un même esprit, combattant ensemble d’un même courage par la foi de l’Evangile, et n’étant en rien épouvantés par les adversaires.

1Th 3:2

Et nous avons envoyé Timothée, notre frère, Ministre de Dieu, et notre compagnon d’œuvre en l’Evangile de Christ, pour vous affermir, et vous exhorter touchant votre foi.

2Th 1:8

Avec des flammes de feu, exerçant la vengeance contre ceux qui ne connaissent point Dieu, et contre ceux qui n’obéissent point à l‘Evangile de notre Seigneur Jésus-Christ;

2Th 2:14

A quoi il vous a appelés par notre Evangile, afin que vous possédiez la gloire qui nous a été acquise par notre Seigneur Jésus-Christ.

2Tim 1:10

Et qui maintenant a été manifestée par l’apparition de notre Sauveur Jésus-Christ, qui a détruit la mort, et qui a mis en lumière la vie et l’immortalité par l’Evangile;

Le Coran, un livre adapté à la cause islamique

Une question se pose régulièrement dans les débats au sujet du coran : le texte coranique a-t-il ou aurait-il subi une manipulation, ne serait-ce que l’ajout de quelques mots ici et là, selon ce que l’on peut voir avec le terme de nasârâ[1]. Des générations de bricoleurs se sont succédé sur le texte : au début du 8ème siècle, le gouverneur Hajjaj[2] est obligé une fois encore de rappeler les textes coraniques en circulation pour les brûler et leur en substituer d’autres[3]. On ne peut regarder une histoire aussi complexe en quelques pages : un long travail d’exégèse minutieuse sera nécessaire, qui demandera la collaboration de nombreuses disciplines, dont la linguistique, l’histoire, la géographie, l’archéologie, mais aussi les études juives, syriaques, et même théologiques car il est toujours nécessaire de se demander quels sont les buts poursuivis par un groupe humain et quelles sont ses représentations de Dieu et de l’avenir du monde.

A l’origine, les sourates devaient convaincre : elles ont été composées en un style oral parfaitement clair et cohérent. Ce sont les manipulations successives qui les ont rendues souvent obscures et incohérentes, au point qu’elles ne sont même plus réellement lues : on regarde le texte non en fonction de ce qui est écrit mais de ce qu’on doit y lire en vertu du dogme islamique et des commentaires tardifs.

En attendant, il faut au moins discerner des clefs de lecture. L’une d’elles était l’objet de cet article : la distinction faite par le Coran entre yahûd et nazaréens c’est-à-dire parmi les fils d’Israël et d’Abraham à qui le Livre a été légitimement donné. Une autre clef consiste à découvrir comment le texte coranique désignait le christianisme[4] et comment cette appellation fonctionnait dialectiquement avec la dénonciation des yahûd. Une autre clef tient à la découverte de la communauté que désignait le terme de nasârâ.

Ces clefs et d’autres apportent des points de contact avec l’histoire réelle connue dont le texte semble si dépourvu[5] contrairement aux textes des évangiles qui regorgent d’informations historiques, géographiques et chronologiques. Car de tels points de contacts existent dans le texte coranique.

Comme nous l’avons vu, quelques clefs de lecture sont indispensables pour pouvoir simplement lire le texte coranique, truffé d’apparentes obscurités, sinon parfois de contradictions. A ce point de vue, le début du chapitre ou sourate 47 se révèle instructif. En effet, ces clés de lectures permettent de restaurer ce passage dans l’état premier où il était parfaitement clair et bien bâti – cet état de clarté était certainement celui de tous les feuillets coraniques qui formèrent plus tard l’actuel « Coran ». Si le texte n’a plus aujourd’hui cette même clarté au point d’être parfois complètement obscur, il faut incriminer la lecture qui en est faite[6]. Voici le texte :

v.1aCeux qui « kafarent » et empêchent du sentier de Dieu,
v.1bIl [Dieu] égare leurs actions.
v.2aCeux qui croient et font de bonnes œuvres
v.2bet croient en ce qui est descendu sur Muhammad
v.2cet cela est la vérité de la part de leur Seigneur,
v.2dIl « kaffare » leurs mauvaises actions et réforme leur pensée.

Dans l’Islam, « kafarer » est une horreur : ceux qui « kafarent » (al-ladîna kafara) sont les pires des hommes, des mécréants impies et immondes, condamnés à l’enfer :

  • « Ceux qui kafarent… le feu sera leur séjour éternel » (sourate 47, 12).
  • « Ceux qui kafarent et empêchent du sentier de Dieu, puis meurent tandis qu’ils kafarent, Dieu ne leur pardonnera pas » (s. 47, 34)

Tuer un kâfir, c’est rendre service à Dieu selon ce qu’indique le verset 3 (voir plus bas). Pour autant, aucun musulman ne pourrait expliquer exactement le sens de ce terme (kafirûn au pluriel) ou celui du verbe (kafara, racine kfr).

Ceci pose un grave problème : au sous-verset 2d, Dieu Lui-même est dit « kaffarer ». Dieu serait-Il donc très mécréant (intensif de kafara avec deux « f »), ou ferait-Il mécroire (selon un autre sens possible) ? Certes non, et tous les traducteurs rendent « kaffarer » par couvrir ou absoudre, au sens où Dieu couvre les mauvaises actions de ceux qui croient en Lui : telle est la signification évidente de du verset 2d, qui correspond à ce qu’enseignent les docteurs en islam.

Mais alors, que signifie la racine kfr en rapport avec l’idée de couvrir ? Et qui sont ceux qui « kafarent » ?

La réponse fondamentale apparaît dès qu’on recourt à un programme de recherche biblique pour rechercher les passages mentionnant le verbe hébreu correspondant : kâfar[7]. On trouve justement les deux formes que présentent les versets s.47,1 à 3 et avec des significations claires et logiques :

  • au sens premier (radical qal), l’hébreu biblique kfr[8], signifie enduire, recouvrir (voir Gn 6 :14),
  • et au sens second (radical piel) intensif, kffr[9],  signifie couvrir le visage de quelqu’un, absoudre (Ez 45 : 15s ; Lv 14 : 53 ; Dt 21 : 8 ; Dn 9 : 24).

La dernière de ces deux significations correspond d’ailleurs au nom de la grande fête juive du Yôm Kippûr[10] ou Jour des expiations-absolutions.

Ces significations bibliques sont à la base de toutes les autres, et les quelques développements qui eurent lieu à travers l’araméen avant d’aboutir aux feuillets qui formeront le texte coranique ne contredisent pas leur simplicité. C’est l’araméen du Nouveau Testament et en particulier des évangiles qu’il faut regarder pour trouver l’origine de la plupart des significations des occurrences de kfr dans le Coran[11].

Nous avons vu que, dès le verset 1, « kafarer » apparaît comme un grave reproche. Mais alors, pourquoi est-il si grave de recouvrir ?

Vers le 1er siècle avant notre ère, en araméen, un sens second de la racine de base kfr apparut : recouvrir un fait (ou une parole), c’est le passer sous silence, c’est-à-dire taire mais aussi dénier ou même être ingrat (s’il s’agit d’un bienfait, à la forme emphatique). C’est ce qu’expriment les quelques vingt-six occurrences de cette racine dans les évangiles en araméen ; en voici les principales :

  • Lc 6 : 35 : «…Car Il est bon, Lui, pour les ingrats (kafûrê’) et les méchants ».
  • Lc 8 : 45 : « Jésus demanda : « Qui m’a touché ?». Comme tous niaient (kfr), Pierre dit :… »
  • Lc 22 : 57 : [Pierre] nia (kfr) : « Femme, dit-il, je ne le connais pas ».
  • Mt 10 : 33 : « Quiconque me reniera (kfr), moi aussi je le renierai (kfr) devant mon Père qui est dans les Cieux ».
  • Mt 16 : 24 : « Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il renonce (kfr) à lui-même »
  • Mt 26 : 34 et 75 : « Cette nuit même, avant que le coq chante, tu m’auras renié (kfr) trois fois ».

Dans l’expression des autres textes du Nouveau Testament, ce sens se renforce : taire, c’est renier :

  • 1Jn 2 : 22 et 23 : « Qui est le menteur, sinon celui qui nie (kfr) que Jésus est le Christ ? Celui-là est l’antichrist, celui qui nie (kfr) le Père et le Fils. Quiconque nie (kfr) le Fils n’a pas non plus le Père. »
  • Jude 1 : 4 : « Car se sont glissés parmi vous des individus… et qui renient (kfr) notre seul Maître et Seigneur Jésus Christ. »

Le reproche de renier prend donc ici le sens le plus fort : celui d’être un renégat, un petit anti-christ, le véritable Anti-Messie devant apparaître seulement à l’accomplissement des temps (les musulmans le savent pour avoir conservé cette antique tradition). Mais sous ce sens très fort, le geste matériel de recouvrir est toujours présent.

Dans le Coran, on trouve ce sens très fort, employé parfois de manière purement polémique (alors, il n’a pas d’autre portée que celle d’être une invective) ; mais, bien plus généralement, il est employé de manière précise dans la ligne du sens matériel premier de recouvrir. Ce reproche de renier-recouvrir y vise en particulier ceux qui sont désignés sous le terme de Yahûd, qui forment une « partie parmi les fils d’Israël » (par opposition à une autre partie, les « Judéo-nazaréens »). Voici quelques versets révélateurs :

  • « Ceux des fils d’Israël qui kfr ont été maudits par la langue de David et de Jésus fils de Marie… Dans le châtiment, ils demeureront éternellement » (sourate 5, 78 et 80).
  • « Dieu dit : Ô Jésus,… je vais te débarrasser de ceux qui kfr, et mettre ceux qui te suivent au-dessus de ceux qui kfr, jusqu’au jour de la Résurrection » (sourate 3, 55).
  • « Ô gens de l’Ecrit, pourquoi kafarez -vous les signes de Dieu alors que vous êtes vous-mêmes témoins ? Ô gens de l’Ecrit, pourquoi enrobez-vous de faux le vrai et cachez-vous le vrai, alors que vous savez ? » (sourate 3, 70 et 71).

Le reproche exprimé vise une dissimulation par recouvrement, de la part de gens « qui savent (‘alama) », à la différence de ceux « qui ne savent pas » (parce qu’ils ne sont pas juifs, les mušrikûn associateurs[12]).

  • « Ne savent-ils pas que Dieu sait ce qu’ils cachent et ce qu’ils divulguent ? Parmi eux, des clans (ummîyûn – c’est-à-dire certains groupes juifs[13]) ne savent en fait de l’Ecrit que des illusions rêvées et des élucubrations qu’ils ont fabriquées. Malheur à ceux qui écrivent l’Ecrit de leur main et disent ensuite : Cela [vient] d’auprès de Dieu » (sourate 2, 77 à 79a).
  • « Parmi eux [les gens du Livre du verset 75], une fraction adjoint leur langage à l’Ecrit pour que vous le comptiez [comme partie] de l’Ecrit alors que ce n’est pas de l’Ecrit. Ils disent : Cela [vient] d’auprès de Dieu, alors que cela ne [vient] pas d’auprès de Dieu ! Ils disent contre Dieu le mensonge, alors qu’ils gardaient en eux-mêmes (ou savaient, ‘lm) » (s. 3, 78).
  • « Vous le mettez [l’Ecrit apporté par Moïse] en rouleaux de parchemin que vous montrez et [dont] vous dissimulez beaucoup » (s. 6, 91).

Commentant ce dernier verset, l’islamologue Régis Blachère[14] indique que le reproche de « dissimuler » (hafîy, [se] dérober à la vue de) doit s’adresser au judaïsme talmudique : « L’expression : On vous a enseigné… ni vos ancêtres paraît faire allusion à l’enseignement talmudique ».

Derrière cette question, se profile l’accusation de falsification (tahrîf) qui apparaît dans ces mêmes textes, par exemple :

  • « Parmi ceux qui sont des juifs pratiquants, [certains] falsifiaient la Parole quant à ses sens » (s. 4, 46).
  • « Dieu jugera entre eux au jour de la Résurrection sur ce que [dans le Livre] ils ont remplacé » (s. 2, 113).

Il convient de préciser ici que l’expression « gens du Livre » parfois évoquée à l’occasion du reproche de falsification désignait les juifs au sens large (qu’ils relèvent du judaïsme talmudique, du judéo-nazaréisme ou encore d’une autre mouvance), non les chrétiens ; c’est l’interprétation musulmane postérieure qui y a englobé les chrétiens[15] :

  • « Ô fils d’Israël [v.40]… Croyez à ce que J’ai fait descendre msddqn li[16] ce qui est devers vous [la Torah] et ne soyez pas les premiers à être kâfir en cela… Et ne travestissez pas la vérité au moyen du faux. Ne tenez point secrète la vérité alors que vous savez ! » (s. 2, 41 et 42).
  • « Pouvez-vous accepter de les considérer comme croyants avec vous, alors qu’une fraction d’entre eux [c’est-à-dire parmi les fils d’Israël] entendaient la parole de Dieu, puis la falsifiaient, après l’avoir comprise et sue ? » (s. 2, 75).
  • « Nous avons donné le Livre à Moïse. Nous l’avons fait suivre par des envoyés (rusul). Nous avons donné des signes à ‘Isa fils de Marie, et Nous l’avons renforcé de l’Esprit [du] Saint… Vous traitiez les uns d’imposteurs et vous tuiez les autres » (s. 2, 87).
  • « Demande aux fils d’Israël combien de signes évidents Nous leur avons apportés (s. 2, 211)… Les gens formaient alors une seule ummah. Puis Dieu envoya des prophètes (nabyûn) annonçant et avertissant. Il fit descendre avec eux le Livre avec la vérité pour régler entre les gens ce en quoi ils
  • divergent…. mais ils divergèrent après que les signes furent venus » (s. 2, 213).

Ainsi, l’objet du recouvrement, c’est la messianité de Jésus, qui est recouverte par la lecture de la Torah couverte par celle des Talmud-s[17] (c’est-à-dire que la Torah est lue à travers les commentaires que ceux-ci en donnent). Justement, le Coran reconnaît onze fois à ‘Isa-Jésus le titre de « Messie »[18] dont quatre fois sous la forme de « le Messie-Jésus »[19]. Et il dénonce les manières dont cette messianité a été recouverte dans le passé, non seulement grâce à une lecture « dissimulatrice » mais aussi en présentant Jésus comme un magicien (fin des versets s. 5, 110 et 61, 6) et sa mère comme une femme de mauvaise vie – ces deux accusations se lisent effectivement dans les Talmud-s.

Dès lors, sauf en les exceptions polémiques (à traduire au choix par : mécréant, renégat, impie, renieur), on aura tout intérêt à rendre la racine kfr à la 1ère forme par recouvrir qui est son sens primitif. Cela s’impose même particulièrement ici, au début de la sourate Muhammad, à cause du jeu de mots bâti sur les formes du verbe kfr. On retrouve d’ailleurs ce jeu de mots dans la sourate La duperie mutuelle :

  • « À celui qui croit…, Dieu couvrira ses méfaits… tandis que ceux qui recouvrent seront les compagnons du Feu [de l’Enfer] » (s. 64, 9 et 10).

Ainsi, il ressort que le début de la sourate 47 est parfaitement bâti autant au point de vue du sens que de celui de la forme, pour peu que l’on en excepte les sous-versets 2b et 2c, de cette manière :

v.1aCeux qui « kafarent » (recouvrent) et empêchent du sentier de Dieu,
v.1bIl [Dieu] égare leurs actions.
v.2aCeux qui croient et font de bonnes œuvres
v.2bet croient en ce qui est descendu sur Muhammad
v.2cet cela est la vérité de la part de leur Seigneur,
v.2dIl « kaffare » (couvre) leurs mauvaises actions et réforme leur pensée.
v.3aCertes, ceux qui « kafarent » suivent le faux, tandis que ceux qui croient suivent la vérité de la part de leur Seigneur.

L’enchaînement entre v.2a et v.2d se lit même littéralement ailleurs dans le texte coranique :

  • « Ceux qui croient et font de bonnes oeuvres, Nous couvrirons leurs mauvaises actions » (s. 29, 7) !

Il s’agit d’un schéma très bien balancé et très percutant en milieu de culture orale :

Ceux qui recouvrent / Dieu les égare

Ceux qui croient / Dieu les couvre

Ceux qui recouvrent / sont dans le faux

Ceux qui croient / sont dans le vrai

Quant au sens, il n’est pas moins percutant : toute une doctrine de la justification se trouve synthétisée là. Selon le texte, Dieu couvre ceux qui croient du manteau de Sa Justice, même s’ils font des actions mauvaises à côté des bonnes. À l’inverse, Il punira ceux qui sont volontairement dans le faux car non seulement ils ne veulent pas croire, mais détournent autrui du « sentier de Dieu » ; du reste, ils n’auront aucune bonne action à faire valoir, puisque Dieu « égare leurs actions » de sorte qu’aucune d’elles ne soit bonne. C’est terriblement logique. Ce Dieu qui couvre ne pardonne pas les fautes (contrairement à certaines doctrines modernes avancent) : dans Sa miséricorde infiniment hautaine, Il condescend simplement à ne pas en tenir compte, à cause de la foi qu’Il voit (et qui doit se voir !) chez les vrais croyants. Et ceux qui ne partagent pas cette foi iront en l’éternel Enfer.

Le texte continue ainsi :

  • « C’est ainsi que Dieu frappe [= forge] leurs exemples aux gens. Lors donc que vous rencontrez ceux qui recouvrent, frappez aux cols (litt. frappement des coups, c’est-à-dire tuez, explique le traducteur Hamidullah) » (v. 3b à 4a).

Conclusion

Les sous-versets 2b-2c introduisent une longue perturbation frappante non seulement dans l’équilibre du texte mais aussi dans sa logique thématique. De plus, le verbe « croire » apparaît deux fois de suite : Ceux qui croient (2a)… et croient en… (2b) – ce qui ne va pas dans la structure linguistique du texte. Les traducteurs n’hésitent d’ailleurs pas à mettre 2c entre tirets pour indiquer qu’il s’agit d’un ajout (« cela est la vérité de la part de leur Seigneur » – de plus, c’est d’un doublet du sous-verset 3a, « la vérité de la part de leur Seigneur »). Il est interdit de penser que le texte ait pu être manipulé mais le traducteur Hamidullah qui suggère cela ici n’a pas été inquiété – il faut dire qu’il touchait au seul sous-verset 2c qui n’a guère d’importance ; s’il avait émis un doute quant à l’authenticité de 2b où apparaît le nom de Muhammad, cela ne serait pas passé.

Il apparaît donc que le sous-verset 2b est tout autant un ajout que 2c :

v.2bet croient en ce qui est descendu sur Muhammad
v.2cet cela est la vérité de la part de leur Seigneur,

Mais se peut-il qu’une sourate intitulée « Muhammad » n’ait justement pas parlé de Muhammad, en tout cas pas avant qu’on lui insère ces deux sous-versets ? C’est que, justement, on ne sera pas surpris d’apprendre que cette sourate avait porté un autre titre : elle s’est longtemps appelée al-Qitâl (c’est-à-dire le combat à mort, à cause du verset 20). Certes, les titres de la plupart des sourates semblent être aussi vieux qu’elles-mêmes, mais ici, « Muhammad » n’est justement pas son titre originel.

Alors, depuis quand cet ajout – qui double la longueur du verset – existe-t-il dans le texte ? Une telle question ne se pose pas uniquement à propos de ce verset s.47, 2 mais ailleurs, par exemple là où apparaît un équivalent du nom de Muhammad : ahmad. Tout porte à penser, ainsi que Blachère l’a montré, que le texte primitif du verset s.61, 6 ne faisait pas plus d’allusion à Muhammad (même sous la forme de ahmad) que la sourate 47. Ce verset a d’ailleurs été conservé sous deux versions dont l’une mentionne justement tout autre chose. Quant aux trois autres et dernières mentions du nom de « Muhammad » dans le Coran, elles laissent également songeur…

Dès lors, la question qui surgit est celle du rapport entre les feuillets coraniques primitifs et celui qui a été présenté un moment donné comme le prophète de l’Islam. Se pourrait-il que, historiquement, le rapport entre le futur Coran et celui qui fut le chef de guerre des Arabes regroupés à Yatrib-Médine fonctionne d’une manière toute autre que celle qui est habituellement présentée ?


[1] « Nazaréens » dans le Coran. 

[2] Né en 661 et mort en 714, il fut un gouverneur important pendant le califat omeyyade de Damas. Il ordonna une modernisation de l’écriture arabe, afin de faciliter aux fidèles la lecture du Coran par la différenciation des lettres qui s’écrivaient de la même manière par des points et autres mesures.

[3] Ce sont des traditions islamiques qui le racontent !

[4] Il est traité d’associationisme, « shirk ».

[5] Le texte coranique n’offre apparemment quasiment pas de repères chronologiques ou de noms de lieux connus ou même de noms de personnes ; à ce dernier point de vue, seuls apparaissent les noms de Zayd (Sourate 33 verset 37), Qurays (Sourate 106 verset 1), Abou Lahab (Sourate 111 verset 1) et, quatre fois, Muhammad, plus une fois Ahmad au centre de l’ajout inséré au milieu du verset 6 de la sourate 61. A y regarder de près, les quatre mentions du nom de Muhammad sont elles-mêmes suspectes.

[6] A moins qu’il ne s’agisse d’une manipulation subie par le texte lui-même ?

[7] Il est fondamentale de comprendre que les deux langues (l’hébreu et l’arabe) sont très proches car elles possèdent un champs sémantique premier similaire… Les racines fondamentales qui les structurent sont les mêmes ; cependant, une étude systématique et approfondie montre qu’il y a eu une évolution (majoritairement orientée vers une diminution de la précision) des racines utilisées par la langue arabe.

[8]

[9]

[10] Le son « p » étant un « f » prononcé dur : il s’agit de la même lettre mais avec une différence de prononciation

[11] C’est semblablement là aussi que l’on trouve l’origine des termes de muslim, « musulman » et de islâm.

[12] La racine šrk (associer) se rapporte aux chrétiens, accusés d’être des associateurs, et non à d’autres. On pourrait objecter les versets de la sourate 6 (v. 136 et 137) qui se rapportent aux Hébreux ; cette exception n’infirme cependant pas le sens habituel : ce ne sont pas en effet les Yahûd contemporains qui sont visés là, mais les Hébreux du temps des Juges et des Rois qui s’étaient conduits comme des idolâtres.

[13] Il est indispensable de signaler l’origine et le sens bibliques des termes ummîyûn et ummah . La traduction du mot ummah par communauté provient de l’appropriation du terme par la théologie islamique, et ne rend pas suffisamment l’aspect tribal fondamental (où prédomine la notion de umm – la mère). Le mot ummah au pluriel en Gn 25 : 16 désigne les douze tribus des Hébreux (ummot -m), et en Nb 25 : 15 il signifie simplement un clan. Cette signification fondamentale de « groupe juif » apparaît manifestement dans le texte coranique, par exemple dans la sourate 7, 159 et 160 : « Parmi le peuple de Moïse, une ummah avance sur la voie en vérité et ainsi en justice. Et Nous les partageâmes en douze tribus (ou douze clans, asbâtan ummatan), et Nous avons révélé à Moïse etc. »

On retrouve cette même idée et le terme de ummah dans le verset s. 3 : 110 : « Vous êtes la meilleure ummah qui ait été suscitée [par Dieu] pour les hommes », qui, suite à l’autodésignation de la communauté islamique comme unique ummah, est devenu la devise de la Ligue arabe basée au Caire. Le verset s. 2 : 78 constitue un autre exemple. Le terme de ummîyûn, tribus, est la forme araméenne emphatique plurielle de ummah employée dans le livre de Daniel (Dn 3 : 4, 7 et 31 ; 5 : 19 ; 6 : 26 ; 7 : 14).

[14] Orientaliste, islamologue et arabisant français, auteur de plusieurs ouvrages de référence quant à la critique du coran.

[15] L’expression « gens du Livre » ou, conformément à une traduction littérale de « ahl al-Kitâb », désignait les juifs dans leur ensemble, et eux seuls. Le Livre par excellence, c’est la Bible. Ceci ressort par exemple de s. 29, 46 et 47 où on lit que tous ceux de « la tente du Livre (ahl al-kitâb, gens de l’Ecrit) », « ont reçu l’Ecrit » et « croient en lui » ; les chrétiens, eux, n’ont pas reçu la Bible, ils seraient plutôt des voleurs d’héritage, ainsi qu’on peut le lire dans la Michna (Sanhédrin 57a) : « Rabbi Yohanan a dit : Un idolâtre qui s’occupe de l’étude de la Tôrah mérite la mort, ainsi qu’il est dit : C’est à nous que Moïse a prescrit la Tôrah en héritage [Dt 33,4] » (Rabbinat français, La guemara, Sanhédrin, Keren Hasefer, 1974, p.287). Ceux qui ont reçu la Bible, ce sont au sens propre les « Fils de l’Ecrit », à savoir tous les juifs. C’est aux premiers que l’auteur des feuillets coraniques renvoie son interlocuteur arabe quand il dit : « Interroge ceux qui ont récité (qara’a) l’Ecrit avant toi » (s. 10, 95 avec un parallèle en 17, 103).

« Parmi eux [les gens de l’Ecrit, v.65] est une communauté (ummah ) allant sans dévier [traduction de Blachère] » (s. 5, 66).

L’ummah qui est ainsi louée ne peut pas être faite de chrétiens ; et une poignée de disciples autour de Muhammad ne forme pas une umma h. Le même problème se pose en s. 7, 159 et surtout en s. 3, 113 où Tabarî pense à des juifs convertis (et Blachère à une « secte judéo-chrétienne »). Il s’agit nécessairement de juifs non rabbiniques, mais évidemment pas d’une poignée de supposés convertis à l’Islam. Ceux dont il est question sont des judéo-nazaréens.

[16] “m sd dqn li” : la lecture islamique fait de ce participe un verbe à l’actif alors que le sens cohérent à l’ensemble des occurrences est passif : justifié en fonction de ce qui se trouve dans l’Ecrit antérieur [la Torah] – ce que Mondher Sfar a été l’un des premiers à le comprendre.

[17] Il s’agit ici des Talmud de Jérusalem et de Babylone et plus généralement encore de toute lecture talmudique même ultérieure à ceux-ci.

[18] Les neuf occurrences (dont deux doubles) où le Coran indique que le Messie-masîh est Jésus, sont : s. 3, 45 ; 4, 157, 171 et 172 ; 5, 17 (2 fois), 72 (2 fois) et 75 ; 9, 30 et 31.

[19] De ces occurrences du mot masî h désignant Jésus, quatre présentent littéralement la formule « le Messie-Jésus » (al-masîh ‘Îsa) : s. 3, 45 ; 4, 157 et 171 ; 5, 17.