Seule la repentance produit la délivrance

Dans le livre des Actes, les apôtres insistaient particulièrement sur le sujet de la repentance, car c’est la clé de la délivrance. Voilà pourquoi leur prédication était puissante et percutante. Elle produisait des résultats durables, des transformations radicales et des délivrances extraordinaires dans la vie de ceux qui recevaient l’Evangile. Les apôtres enseignaient immédiatement aux nouveaux convertis l’abandon définitif de tout péché, de toute passion secrète ainsi que de toutes pratiques occultes de quelque nature qu’elles soient. La magie, la sorcellerie, l’occultisme sont entre autres des activités sataniques totalement incompatibles avec la foi chré­tienne.

Il est intéressant de remarquer comment l’apôtre Paul a agi pour apporter la délivrance aux nouveaux convertis d’Ephèse qui avaient pratiqué l’occultisme. Sa méthode consistait à conduire aussitôt les gens à se repentir de toutes leurs pratiques occultes, à rompre définitivement avec elles en les détruisant sans ménagement ni compromis. Une vraie repentance au moment même de la conversion était la clé de la déli­vrance.

La Bible déclare à ce sujet: «Plusieurs de ceux qui avaient cru venaient confesser et déclarer ce qu’ils avaient fait. Et un certain nombre de ceux qui avaient exercé les arts magiques, ayant apporté leurs livres, les brûlè­rent devant tout le monde : on en estima la valeur à cinquante mille pièces d’argent. C’est ainsi que la Parole du Seigneur croissait en puissance et en force » (Ac 19:18-20).

Remarquez dans cette dernière partie de verset, l’influence puissante de la Parole de Dieu lorsqu’elle est prêchée, courageusement et sans aucun compromis. Dans le texte grec, l’expression «puissance et force » dénote une action de domination et de force. Cela sous-entend le combat d’une armée puissante et triomphante en train de chasser l’ennemi et d’oc­cuper la place; cette expression véhicule l’image d’un conquérant déployant une grande manifestation de puissance. Oh, si nous étions un peu plus conscients de l’efficacité extraordinaire de la Parole de Dieu que nous proclamons! Nos vies et nos ministères de témoins en seraient profondément boule­versés. C’est la Parole de Dieu qui libère et transforme les vies! Partout où elle était répandue, proclamée fidèlement par les apôtres et reçue avec foi, le Seigneur la confirmait par de magnifiques conversions et délivrances. « La Parole de Dieu se répandait de plus en plus, le nombre des disciples augmentait beaucoup à Jérusalem… » (Ac 6:7). «Cependant la Parole de Dieu se répandait de plus en plus, et le nombre des disciples augmentait» (Ac 12:24).

Examinons une situation où les apôtres Pierre et Jean ne purent rien faire pour délivrer quelqu’un, précisément parce qu’il n’y avait pas de repentance dans le coeur de la personne concernée. Le livre des Actes (8:9-11, 18-24) mentionne un incident important nous révélant le comportement des apôtres face à une personne qui avait pratiqué la magie.

Simon le magicien avait impressionné un grand nombre de gens et il exerçait sur eux une grande influence. Cependant, en voyant à l’oeuvre la puissance de Dieu, il se mit à croire, lui aussi. « Lorsqu’il vit que le Saint-Esprit était donné par l’imposition des mains des apôtres, il leur offrit de l’argent en disant : Accordez-moi aussi ce pouvoir, afin que celui à qui j’imposerai les mains reçoive le Saint-Esprit. Mais Pierre lui dit : Que ton argent périsse avec toi puisque tu as cru que le don de Dieu s’acquérait à prix d’argent. Il n’y a pour toi ni part ni lot dans cette affaire, car ton coeur n’est pas droit devant Dieu. Repens-toi donc de ta méchanceté, et prie le Seigneur pour que la pensée de ton coeur te soit pardonnée, s’il est possible » (Ac 8:18-22).

Notez bien ce qui s’est alors réellement passé. Aucun ministère de déli­vrance n’a été pratiqué sur lui, comme cela aurait été fait automatiquement par certains chrétiens actuels. Que fit 1’apôtre Pierre ? Il a exhorté Simon à se repentir, après lui avoir déclaré qu’il ne pouvait avoir aucune part dans ce ministère. Il s’agissait bien là d’un problème de droiture de coeur et non d’un problème de démons à confronter. La solution que l’apôtre Pierre lui a proposée était celle-ci : « Repens-toi donc de ta méchanceté et prie… ». Il en a toujours été ainsi : pas de délivrance sans repentance.

Les attaques extérieures de l’ennemi

S’agissant du chrétien, la Bible nous révèle que Satan et ses démons demeurent pour lui des ennemis agissant de l’extérieur. Nous sommes dans un combat spirituel contre les forces sataniques qui cherchent des occasions favorables pour nous attaquer. L’exhortation divine est toujours de résister nous-mêmes à un ennemi extérieur, non à appeler quelqu’un pour nous exorciser (Jc 4:7; 1 Pi 5:8-9). Il y a une grande différence entre être attaqué par un démon et être habité par celui-ci. La première attaque de l’ennemi vient de l’extérieur, tandis que dans l’autre cas, l’ennemi exerce son influence de l’intérieur C’est précisément l’amalgame de ces réalités qui ont conduit certains chrétiens à croire qu’un chrétien pouvait être « démonisé » (habité par un démon).

Jésus a résisté à Satan en lui citant les Ecritures (Matthieu 4). Nous aussi, nous devons utiliser la Parole de Dieu pour résister au diable et à ses démons, en demeurant fermes dans la foi (1 Pi 5:8-9). C’est alors que le bouclier de la foi éteindra tous les traits enflammés du malin (Ep 6:16).

L’exemple de l’écharde de l’apôtre Paul nous montre que les chrétiens aussi peuvent subir des attaques extérieures de l’ennemi, mais sans être sous sa domination. Cette écharde provenait d’un ange de Satan pour le souffleter (2 Co 12:7). Paul a prié à trois reprises que le Seigneur veuille l’éloigner de lui, mais cela lui a été refusé et Dieu lui a déclaré que sa grâce lui était plei­nement suffisante. L’attaque venait donc de l’extérieur, et il est important de préciser que Paul ne chercha pas à en être délivré par l’exorcisme.

Quelles sont alors les leçons indispensables que chaque chrétien doit apprendre des attaques de l’ennemi au travers de l’écharde de Paul?

a) La Bible ne précise pas exactement la nature de cette écharde, mais plutôt son origine. L’écharde demeure imprécise afin que tous les chré­tiens, dans leur combat spirituel, appliquent personnellement à leur vie, les leçons spirituelles découlant de ce récit.

b) Celle-ci était attribuée à une attaque démoniaque venant de l‘exté­rieur, permise et cependant contrôlée par Dieu (Job 2:1). Satan ne peut pas agir contre un vrai chrétien sans la permission divine, et « Dieu qui est fidèle, ne permettra pas que nous soyons tentés au-delà de nos forces; mais avec la tentation il préparera aussi le moyen d’en sortir, afin que vous puissiez la supporter » (1 Co 10:13).

c) Cette écharde avait pour but d’empêcher l’apôtre Paul de s’enor­gueillir à cause des révélations exceptionnelles qu’il avait reçues. Le Seigneur sait comment équilibrer notre vie. Si nous n’avions que des bénédictions, nous pourrions devenir orgueilleux; c’est la raison pour laquelle les épreuves nous sont nécessaires. L’expérience extraordinaire de Paul dans le ciel aurait pu ruiner son ministère sur la terre. Ainsi, le Seigneur, dans sa bonté, a permis à Satan de le souffleter afin de le garder humble.

d) Souvent, lorsque le Seigneur répond par un refus à une prière sincère, quelque chose de bien meilleur est accordé.

e) Elle a rendu Paul encore plus dépendant de son Seigneur et, par conséquent, plus fort pour accomplir sa volonté. Elle n’était pas un obstacle pour sa vie spirituelle, comme il l’avait pensé, mais une occasion pour le glorifier davantage dans son ministère.

f) La grâce de Dieu est ce qu’il a préparé pour pourvoir à chacun de nos besoins, et juste au moment où cela nous est le plus nécessaire.

Ainsi, la « grâce » accordée à Paul dans son épreuve était la présence du Seigneur, son soutien fidèle et sa puissance toujours disponible. C’est encore aujourd’hui le secours céleste accordé à tout chrétien qui crie à Dieu dans sa faiblesse extrême. Cette « grâce » sera communi­quée à tous ceux qui sont décidés à rester fermes et fidèles dans le combat de la foi, quelles que soient les oppositions de l’adversaire. Plus notre faiblesse, nos épreuves et nos tribulations sont grandes, plus la grâce de Dieu et le secours divin nous seront accordés proportion­nellement pour accomplir sa volonté. Ce qu’il nous donne est toujours suffisant pour vivre chaque jour notre vie chrétienne, pour oeuvrer à son service et pour endurer les souffrances qui en découlent. Tant que nous rechercherons sincèrement sa face, le Seigneur nous donnera force et consolation divines.

Avec l’apôtre Paul, nous pourrons alors affirmer avec conviction « C’est pourquoi je me plais dans les faiblesses, dans les outrages, dans les calamités, dans les persécutions, dans les détresses, pour Christ; car, quand je suis faible, c’est alors que je suis fort » (2 Co 12:10). C’est lorsque nous sommes conscients de notre propre faiblesse que nous comp­tons le plus sur la puissance de Dieu, et que nous sommes vraiment forts. Notre faiblesse sera notre force afin que toute la gloire revienne unique­ment à notre Sauveur.

Notre Dieu est souverain. Il peut même utiliser les « attaques » du malin pour fortifier notre foi et nous rendre plus efficaces à son service. Gloire à notre Tout-Puissant Rédempteur!

Etre tenté et non forcé à pécher

Même dans le cas douteux d’Ananias et Saphira (Actes 5:1-10), que ceux qui affirment qu’il existe un « ministère de délivrance » utilisent souvent pour prouver que des chrétiens peuvent être « démonisés » ou avoir en eux un démon, l’apôtre Pierre n’a pas effectué ce qu’ils feraient aujourd’hui. Il déclara à Ananias: «Pourquoi Satan a-t-il rempli ton coeur, au point que tu mentes au Saint-Esprit » (v. 3). Selon eux, Satan serait entré en lui et aurait mis ensuite des mauvaises pensées dans son coeur. Mais ce n’est pas ce qui s’est produit. En réalité, Satan a seulement mis une mauvaise pensée dans le coeur d’Ananias. S’il en avait physiquement pris le contrôle, Ananias n’aurait pas été responsable.

Et pourtant, même en admettant cette possibilité, pourquoi l’apôtre Pierre poursuit-il en demandant à Ananias : «… Comment as-tu pu mettre dans ton coeur un pareil dessein? » (Ac 5:4). Pierre impute à Ananias la faute et non à Satan.

Ananias a d’abord eu lui-même de mauvaises pensées dans son propre coeur, puis il a conçu un plan pour tromper Dieu. Et c’est seulement ensuite que Satan a utilisé cette faille pour l’encourager à accomplir ce funeste dessein. Ananias pouvait résister à cette tentation du diable. Il a été mis devant ce choix. De toute évidence, il n’a pas résisté et a payé cher les conséquences de son péché. Le fait qu’il pouvait choisir, prouve juste­ment qu’il était maître de lui-même et non « démonisé » ou sous une «domination » démoniaque comme le suggèrent certains. De toute façon, Pierre n’a pas réglé ce problème en cherchant à chasser un démon de la vie d’Ananias. Ce récit montre de toute évidence que les démons peuvent nous tenter afin de nous pousser à pécher, mais ils ne peuvent en aucune manière nous forcer à le faire.

Tous les autres passages bibliques, que ce soit dans les Actes ou dans les Epîtres, révèlent une constance absolue : les apôtres n’ont jamais cherché à régler les cas, même les plus litigieux, des chrétiens en chassant des démons de leur vie. Les moyens qu’ils ont utilisés pour conduire les chrétiens sur le chemin de la victoire ont toujours été la repentance, la discipline, l’obéissance, la fidélité à la Parole de Dieu, la persévérance, la fermeté dans la foi, le pardon, la marche par l’Esprit, la nécessité de se revêtir de toutes les armes de Dieu.

Certes, bien des chrétiens ont été délivrés de certains problèmes, mais ils se figurent, à tort, avoir été délivrés de démons ayant habité en eux. Par ignorance, on peut donner une mauvaise interprétation de ce qui s’est passé. C’est pourquoi, il nous faut sans cesse examiner les Ecritures pour vérifier si ce que nous venons de vivre est vraiment conforme avec ce que la Bible enseigne.

Quelques-uns, par exemple, enseignent que puisque la Bible parle d’un esprit de timidité, toute délivrance de la timidité doit forcément passer par l’expulsion de cet esprit de timidité. Mais un examen sérieux du même passage dans 2 Timothée 1 : 7, nous parle aussi d’un esprit de force, d’amour et de maîtrise de soi. Si certains prédicateurs interprètent la timi­dité comme un démon à chasser, et veulent être logiques avec eux-mêmes, ils devraient aussi demander aux trois bons esprits que nous venons de mentionner de venir habiter en eux.

L’erreur de ce raisonnement est évident. L’amour et la maîtrise de soi sont des fruits de l’Esprit dans notre vie (Ga 5:22-23). Ce sont donc des attitudes résultant de notre coopération avec le Saint-Esprit, et non des esprits.

Dans beaucoup de cas, le mot esprit s’applique à une attitude ou à une disposition d’esprit. David parle d’un esprit brisé (Ps 51:19); Paul dési­rait venir à Corinthe, non avec une verge, mais dans un esprit de douceur (1 Co 4:21). Pierre parle de la parure intérieure et cachée dans le coeur, la pureté incorruptible d’un esprit doux et paisible (1 Pi 3:4).

Ainsi, à moins que le contexte ne montre clairement que nous sommes en présence d’un démon, il est évident que des expressions telles que avoir un esprit hautain, un esprit de jalousie, un esprit de sommeil, etc, doivent être considérées comme des dispositions de coeur, des désirs ou passions de la chair (Galates 6) et non comme des démons.

En confondant les oeuvres de la chair avec les démons, le chrétien peut ne jamais se sentir responsable de ses mauvaises actions et, par consé­quent, ne jamais ressentir le besoin de s’en repentir, alors que la Bible montre, sans équivoque, la nécessité de la repentance et de l’abandon de ces choses. Le grand conflit dans la vie du chrétien n’est pas entre le Saint-Esprit et les démons, mais entre le Saint-Esprit et la chair.

Ne pas confondre la chair et les démons

Le pasteur bien connu Chuck Smith, des USA, nous fait part de réflexions pertinentes à ce sujet: « Qu’en est-il de ces expériences concernant des chré­tiens dont on chasse soi-disant des démons? Qui sont ces voix qui parlent en se donnant des noms et qu’en est-il de toutes ces contorsions au sol et ces vomissements? Je ne le sais pas! Je bénis le Seigneur de n’être pas engagé dans de telles pratiques non scripturaires, je n’ai donc pas à les expliquer. J’ai remarqué que quelques-uns des noms de ces soi-disant démons nommés dans ces expériences sont : la convoitise, la haine, le mensonge, la gloutonnerie, l’envie, la crainte, la jalousie. Ces choses sont considérées dans les Ecritures comme étant des oeuvres de la chair que nous devons crucifier (Ga 5:19-21; Col 3:8; Ro 8:13), et non pas comme des démons à chasser. Pas une seule fois, il nous est ordonné de chasser la chair. il semble que toute cette histoire de démons ne soit qu’une échappatoire pour fuir notre responsabilité person­nelle qui est de crucifier notre chair avec ses passions ».

« Certains préfèrent bien sûr adopter cette solution de facilité pour se débarrasser de leur nature chamelle, plutôt que d’accepter le processus douloureux de la crucifixion. Ils désirent tout simplement que l’on chasse leur chair, chose impossible et non biblique. » C’est là un moyen subtil pour eux d’échapper à la responsabilité de leurs propres actions charnelles. La grande confusion est qu’ils mettent sur le compte des démons ce qui provient de leur propre chair. Ils arrivent ainsi à cette fausse conclusion: « Comment puis-je être blâmé puisque c’est le diable qui me pousse à faire ces choses!

« Dans la Parole de Dieu, il n’y a pas un seul passage qui nous montre Jésus, les apôtres ou les premiers chrétiens en train de chasser des démons de ceux qui sont nés de nouveau. Les oeuvres de la chair étaient reconnues comme telles, et des instructions précises étaient données pour y remédier. Mais à aucun endroit la Bible nous enseigne que nous devons exorciser la chair. »

« Les fruits amers de cette doctrine malsaine concernant la démonisa­tion des chrétiens ont créé de profondes divisions dans le Corps de Christ. Ceux qui pratiquent ces « exorcismes » mettent plutôt l’accent sur la puis­sance de Satan qui attaque, que sur la puissance de Christ qui protège. Les démons deviennent d’ailleurs le centre de leurs conversations et de leurs enseignements, alors que Jésus-Christ seul devrait en être le centre. »

Restons fermes dans la foi et réjouissons-nous de la réalité de la Parole de Dieu qui déclare: « Celui qui est en nous est plus grand que celui qui est dans le monde » (1 Jn 4:4) et « Christ en nous, l’espérance de la gloire » (Col 1 :27). Pour nous chrétiens, il nous est dit de résister au diable (et non de nous exorciser) et celui-ci fuira loin de nous (Jc 4:7). Gloire à Dieu pour la réalité de la présence du Saint-Esprit en nous!

Minimisation de la responsabilité du chrétien

Subtile­ment, certains chrétiens adoptent une position qui ôte toute responsabilité personnelle pour la rejeter sur le diable. Neil Anderson écrit : « Il est essentiel que les chrétiens comprennent qu’ils sont vulné­rables aux influences démoniaques. En effet, ceux qui affirment qu’un démon ne peut exercer sa domination sur une partie de la vie d’un croyant, nous laissent le choix entre deux hypothèses seulement pour expliquer les problèmes auxquels nous sommes confrontés : soit c’est nous qui sommes fautifs, soit c’est Dieu. Si nous nous tenons pour responsables, nous sombrons dans le désespoir parce que nous sommes incapables de mettre fin à certains comportements »[1].

Incroyable! Anderson dit que nous n’avons pas à nous blâmer nous ­mêmes pour nos passions ou certains de nos comportements. Devons-nous en conclure que nous ne pouvons pas nous corriger? La philosophie et la psychologie Freudienne n’ont-elles pas exercé une influence néfaste sur notre culture, et maintenant même sur l’Eglise, en nous inculquant la pensée que nous sommes « des victimes » et non des responsables ? Satan peut nous séduire et chercher à nous influencer, mais nous sommes les seuls à être blâmés lorsque nous péchons ! Quand nous commettons un péché, c’est notre choix, et non celui de quelqu’un d’autre.

L’apôtre Jacques confirme ce que nous venons de dire en ces termes «Que personne, lorsqu’il est tenté, ne dise: C’est Dieu qui me tente. Car Dieu ne peut être tenté par le mal, et il ne tente lui-même personne. Mais chacun est tenté quand il est attiré et amorcé par sa propre convoitise. Puis la convoitise, lorsqu’elle a conçu, enfante le péché; et le péché, étant consommé, produit la mort » (Jc 1:14-15).

Suite à l’entretien qu’il a eu avec une personne, Neil Anderson écrit encore: « Au fil des années, elle en était venue à croire les mensonges de Satan, à savoir qu’elle était elle-même responsable de ses ennuis et qu’elle n’avait aucune valeur aux yeux de Dieu ni de quiconque »[2]. Devons-nous en conclure, d’après ces paroles, qu’une personne peut avoir des excuses valables pour ne pas obéir à la Parole de Dieu? Est-ce qu’un chrétien peut prétendre être justifié devant Dieu pour ne pas pardonner, ne pas obéir, ne pas aimer, ne pas se repentir etc., sous prétexte que Satan l’a séduit?

Un tel raisonnement ressemble étrangement à celui d’Adam lorsqu’il rétorqua a Dieu : «La femme que tu as mise auprès de moi m’a donné de l’arbre, et j’en ai mangé » (Ge 3:12). Les prédicateurs de la délivrance, inconsciemment, permettent aux chrétiens d’avancer de telles excuses, qu’ils acceptent d’ailleurs bien volontiers, pour se justifier. Cette attitude explique, en partie, pourquoi l’Eglise est de plus en plus absorbée par un esprit égocen­trique et, de ce fait, est devenue réticente à reconnaître son péché et ses erreurs.

Les « ministères de délivrance » enseignent que des démons peuvent nous manipuler ou nous forcer à pécher. En parlant ainsi, ils attribuent, sans le vouloir, plus de puissance à Satan qu’au sang de Christ. Il nous faut savoir qu’aucun démon ne peut nous forcer à pécher. Si un chrétien retourne à certains péchés de son ancienne vie, c’est à cause de la méchanceté de son coeur, c’est son propre choix et parce qu’il l’a bien voulu. Pécher ou abandonner son péché est une question de choix personnel (Jc 1:13-15

Mt 15:18-20).


Notes :

[1] Neil Anderson, Le libérateur, p. 174

[2] Neil Anderson, Le libérateur, p. 149

Tout ce qui nous arrive

Les bons ou mauvais événements sont dirigés par Dieu. Cependant, il est parfois difficile d’en prendre conscience lorsque l’on a des contrariétés, des soucis, etc…

Il faut savoir prendre un peu de recul dans chaque situation, pour arriver à voir la main de Dieu. Les histoires de la providence divine ne manquent pas… En voici une parmi tant d’autres… L’histoire d’une suite d’événements agaçants qui, en fin de compte, se révèlent être, non seulement voulus par Dieu, mais aussi être pour le bien de l’homme.

 »Je suis chauffeur de taxi. Israélien d’origine, installé à Londres. Un jour, je fus envoyé à Stamford-Hill pour y prendre une famille et l’ accompagner à l’aéroport. Là-bas, elle devait prendre l’avion pour l’ Amérique.

Pendant ce voyage vers l’aéroport, un fait assez banal se produisit : l’un de mes pneus éclata, et il fallut changer la roue. Je m’arrêtai donc, et remplaçai la roue défectueuse par la roue de secours. Mes clients étaient plutôt impatients, ce qui se comprend, et je le fis donc le plus rapidement possible, et repris la route.

Mais, évènement déjà moins banal, un second pneu éclata, et là…Je ne savais plus quoi faire. Je n’avais pas de seconde roue de secours. C’en était trop pour mes pauvres clients qui se mirent a crier :  »C’est incroyable ! Vous ne pouviez pas vérifier vos pneus avant de prendre la route ? Quelle manque de responsabilité ! Vous voulez nous faire rater l’avion, ou quoi ? ». Mais, de toute évidence, je n’avais pas le choix : il fallait que je me rende, a pied, a la station-service la plus proche pour acheter un pneu. A mon retour, je vis que mes clients n’avaient pas réussi a arrêter un autre taxi, et ils remontèrent donc en voiture avec moi, non sans m’avoir réservé un accueil des plus  »chaleureux » ! En chemin, mes clients n’arrêtaient pas :  » Plus vite, plus vite ! Mais bon sang, vous ne pouvez vraiment pas aller plus vite ? ». J’espérais de tout mon coeur les déposer à l’heure à l’ aéroport.

Mais tout d’un coup, je crus rêver : on entendit un grincement, puis un éclat de verre… Nous n’en croyions pas nos yeux, mais la réalité était bien là : le camion qui était juste devant mon taxi, et qui transportait de grosses pierres, avait décidé de freiner subitement, sans raison. Une pluie de pierres tomba sur mon pare-brise qui se cassa en mille morceaux.

 

Mes clients acceptèrent, bon gré mal gré, que je prenne le numéro du camion et les coordonnées de son chauffeur, pour me faire rembourser cet accident.

Quand le chauffeur du camion s’approcha de ma voiture pour constater les dégâts, il ne manqua pas de se faire insulter par mes charmants clients dont les nerfs étaient a bout.

Apres 20 minutes, nous reprîmes la route, avec le pare-brise casse…
J’entendais les protestations, à l’arrière de la voiture :  »J’espère que vous n’aurez pas le toupet de demander a ce que nous payions cette course ».
J’appuyai à fond sur l’accélérateur, en priant qu’il n’arrive plus rien…

Je décidai de rouler sur la voie d’urgence, pour avoir une petite chance d’arriver à l’heure. Je l’avoue, ce n’était pas la première fois que je le faisais, bien que ce soit interdit, mais cette fois-ci… Vous l’avez deviné : j’entendis de toutes parts des sirènes.

La police m’obligea à arrêter le véhicule. Je descendis, et me mis a expliquer :  »Ecoutez, monsieur l’agent, je dois absolument amener ces personnes à l’aéroport. Ils sont très en retard et risquent de rater leur avion. Nous avons déjà dû remplacer deux pneus ! Regardez aussi notre pare-brise… » Mais le policier ne voulut rien entendre. Je lui proposai de lui laisser tous mes papiers et mon argent :  »Je les accompagne, et reviens aussitôt ». Mais il n’accepta pas non plus.

Apres 10 minutes d’attente et une amende, on put repartir. A en croire les chuchotements de mes clients à l’arrière, ils étaient déjà passe à la phase de désespoir et savaient qu’ils rateraient leur avion…

En arrivant à l’aéroport, leur avion venait de décoller, et je ne pus que demander a l’un de mes amis, qui travaillait sur place, de leur échanger les billets. Je tendis les nouveaux billets d’avion à la famille, et m’enfuis rapidement, honteux.

En remontant dans mon taxi, je priai que la journée continue un peu mieux que de la façon dont elle avait commencé. J’avais à présent, devant moi, une journée de réparations à faire au garage…

 

En repensant à ce qui s’était passé, il y avait quoi devenir fou ! Quel concours de circonstances ! Tellement d’évènements en un seul petit trajet…
C’était bien la première fois que les catastrophes se succédaient ainsi…

Quelques instants plus tard, j’appris que l’avion raté, de la compagnie  »Pan America » était tombé au-dessus de la ville de Loockerby… Il n’y avait
aucun survivant… Je me mis a pleurer en comprenant le miracle qui avait eu lieu… »

Notre petite vie, à nous, n’est pas faite de miracles aussi évidents, comme dans l’histoire, mais il suffit d’un exemple éloquent comme celui-ci pour nous permettre de comprendre que tout est dirigé, même quand nous n’avons pas compris, et ne comprendrons peut-être jamais, la raison de tel ou tel souci que nous avons…

L’ami qui n’avait pas oublié

Bruno et Pierre étaient de bons amis. A l’école, ils étaient assis l’un à côté de l’autre. Ils avaient également l’habitude de faire leurs devoirs ensemble. Bruno était un peu plus intelligent que Pierre et aimait lui donner un coup de main. Pendant les vacances, ils faisaient leurs révisions ensemble, et partageaient un lopin de terre qui leur était attribué et leur procurait des légumes qu’ils pouvaient vendre à leurs amis. Ils étaient tous les deux fils uniques et leurs mères s’étaient habituées à avoir plutôt deux enfants qu’un, bien qu’ils allassent le plus souvent dans la maison de Bruno : En effet chez Pierre, ce n’était pas toujours rose, sa mère étant si absorbée par ses propres soucis qu’elle paraissait parfois avoir du mal à s’occuper de son fils.

Les années passèrent. Bruno devint le premier de sa classe, alors que Pierre dut redoubler son année. Dès lors ce ne fut plus du tout évident pour les deux amis de se rencontrer. Bruno proposait encore son aide, mais Pierre n’avait pas l’air de vouloir s’en faire. En outre, Bruno devait travailler dur pour ses propres examens… Tout cela fit qu’ils se perdirent peu à peu de vue.

Bruno fréquenta le collège et entreprit des études de droit. Pierre alla de travail en travail, sans se montrer capable de réussir quoi que ce soit, et son père l’accablait tellement de reproches qu’il finit par ne plus rentrer à la maison. Il prit une chambre au centre-ville, à proximité de son bar favori, et se débrouilla tant bien que mal. A un moment donné il se maria, mais sa femme se fatigua bientôt de sa façon de vivre, et le quitta. C’est ainsi que passèrent encore bien d’autres années, et quand Bruno fut nommé juge au tribunal local, et qu’il acheta une grande maison pour lui et sa famille sur la colline derrière la ville, Pierre ne jugea pas même bon de se rappeler à lui par un coup de fil.

 

Mais ils allaient bientôt être destinés à se rencontrer, car la police avait un oeil sur Pierre. A une ou deux occasions, il avait été envoyé au poste pour ivrognerie et trouble de l’ordre public, et il y avait eu d’autres menus incidents. Il avait bien un petit boulot, mais cela ne lui suffisait guère pour vivre et avoir encore assez d’argent pour ses boissons et ses cigarettes, aussi avait-il eu recours au vol à l’étalage aux rayons d’alimentation.

 

Il faisait très attention de ne pas se faire prendre, jusqu’au jour où la police l’accosta juste devant le Prisunic et lui fit ouvrir son sac. Les saucisses qu’il avait volées lui furent confisquées ; il en fut peiné car il se voyait déjà en train de les frire pour son souper.

 

Il avait déjà comparu devant le tribunal auparavant, et cela lui importait peu d’y retourner, car d’une façon ou d’une autre, il était alors si épuisé que rien ne semblait plus l’inquiéter sinon le manque d’alcool. Personne d’autre ne se faisait du souci à son sujet, alors il ne voyait pas pourquoi lui s’en ferait. Une seule chose l’ennuyait, c’était la pensée de rencontrer Bruno.

 

« Mais ce sera peut-être quelqu’un d’autre, se dit-il. Et même si c’est lui, il m’aura probablement oublié. »

Mais ce ne fut pas quelqu’un d’autre. Ce fut bien Bruno, en grand tralala dans sa plus belle toge, et il n’était pas possible d’affirmer s’il avait oublié ou non, car Pierre évita soigneusement de rencontrer ces yeux gris et de soutenir ce regard perçant dont il se souvenait si bien.

 

« La seule personne qui se soit jamais réellement souciée de moi », pensa-t-il assez vaguement, et la voix rendant le jugement lui parut étrangement lointaine. C’était une amende plus lourde que ce qu’il avait prévu, et il n’arriverait jamais à en rassembler le montant. Qu’à cela ne tienne ! Ça lui changerait les idées d’être en prison !

Il était assez amer quand il réintégra sa chambre, plus tard dans la soirée. Il avait parfois rêvé qu’il se mettrait sur son trente et un, enfin, qu’il se rendrait au moins présentable, et qu’il irait téléphoner à Bruno, mais c’était la fin de ce projet chimérique. Il se mit soudain à haïr son ami d’antan. Ce dernier aurait pu le faire acquitter s’il l’avait voulu, en invoquant les circonstances atténuantes et tout le reste, mais Bruno n’avait pas fait de son mieux, bien au contraire. Pierre alla au tiroir et déchira le petit paquet de lettres qui y était enfoui depuis si longtemps. Bruno et lui s’étaient écrit durant plusieurs années après avoir quitté l’école.

 

Il se jeta sur son lit et donna libre cours à d’amères pensées. Il n’alluma pas la lumière et il faisait tout à fait sombre quand il entendit frapper à la porte.

 

« Si c’est la vieille fille pour le loyer, elle attendra bien trois jours de plus, marmonna-t-il sans y prêter attention. Mais, des coups plutôt timides, tout différents des toc, toc, toc impatients de sa propriétaire se firent encore entendre. Il se leva, fit de la lumière et ouvrit la porte.

Il y eut un long silence.

 

— Est-ce que je peux entrer, Pierrot ?, finit par dire Bruno.

— Comme tu veux, dit Pierre.

 

Il fixait du regard son ami. Bruno, sans cravate, avait l’air différent, juste un homme ordinaire dans un pull à col roulé ; plus large d’épaules certes et les cheveux un tantinet grisonnants, mais pas si différent que ça du jeune garçon éveillé qui l’avait aidé en maths.

 

— Fais comme chez toi, reprit Pierre.

— Merci, dit Bruno.

 

Il y eut un autre silence, que Bruno finit par rompre.

 

— Pierrot, tu te souviens de notre jardin ?

— Pour sûr ! Tu prends quelque chose ?

— Volontiers, merci.

Un nouveau silence, pendant lequel Pierre déboucha une bouteille. Il leur fut plus facile de parler en sirotant leurs boissons.

— Pierrot, tu as un boulot ?

— Un boulot ? Non ; mon prochain boulot sera d’être en taule ; comment t’imagines-tu que je vais payer cette amende ?

— Eh bien, c’est pour ça que je suis venu. L’amende est payée, Pierre…, et, je ne suis pas à la hauteur avec le jardin. Il est trop grand, et il est en friche. Tu étais de tout temps beaucoup plus doué en jardinage que moi, Pierrot. Tu te rappelles comment les limaces se jetaient sur mes laitues, et que je ne pouvais jamais savoir pourquoi ? Je me demandais à l’instant… Il y a un petit bungalow contigu à ma maison et tu pourrais faire de la culture maraîchère à grande échelle. Ce serait formidable d’être de nouveau ensemble. Est-ce que tu veux y réfléchir ?

— Comment sais-tu que je ne volerai pas la rivière de diamants de ta femme ?, répliqua Pierre, mais il eut un petit rire étouffé : il avait toujours aimé jardiner.

— Quand viendras-tu ?, demanda Bruno. Demain ?

— J’y réfléchirai. Merci beaucoup !

 

Il resta à la fenêtre à observer Bruno s’éloigner en voiture sous la pluie, mais ses pensées étaient déjà ailleurs. Il connaissait le jardin ; il avait souvent regardé par-dessus la haie, et avait imaginé ce qu’il aurait pu en faire. Il y avait là un flanc bien exposé au soleil, idéal pour des arbres fruitiers et un parterre abrité où il verrait bien des plants de fraisiers…

Il resta longtemps, très longtemps à cette fenêtre, le regard perdu dans le vide ; il ne voyait pas le halo irréel des lampadaires, ni les gouttes de pluie qui rebondissaient sur le pavé. Non, il était debout dans la lumière du soleil au début de l’automne, environné du parfum aigre-doux des chrysanthèmes… Il observait les papillons sur les marguerites tardives…

 

Dans cette histoire, le juge qui condamna, l’homme qui paya la dette et l’ami qui donna à Pierre un nouveau départ dans la vie, étaient tous une seule et même personne.

 

De la même manière, un jour, Dieu jugera et punira le péché ; et parce qu’il est un juste juge, aucun péché ne sera oublié. Le salaire du péché c’est la « mort éternelle », ce qui signifie être séparé de Dieu, et ce prix doit être payé.

 

Mais Dieu, le Juge, a laissé de côté sa toge et sa tunique de gloire, et est venu à nous en Jésus ; c’est lui qui a payé une fois pour toutes cette dette du péché quand il est mort à la croix.

 

A présent, Il vient à nous par le Saint-Esprit et nous demande de le recevoir dans notre cœur, et de commencer une nouvelle vie avec lui, dans le pardon et dans la joie.

Le juge sauveur

Robert Laidlaw raconte, dans l’un de ses livres, l’histoire de deux amis qui étudièrent ensemble à la même faculté de droit. L’un entra dans la magistrature et devint finalement juge, tandis que l’autre gâcha sa vie pour se retrouver un jour devant un tribunal présidé par son ancien ami !

Le jour de l’audience une question flottait sur toutes les lèvres : quel verdict le juge allait-il prononcer ?

A la surprise générale il imposa le maximum prévu par la loi. Mais dès qu’il eut prononcé son jugement il se leva, enleva sa robe de juge, descendit dans le tribunal pour embrasser son ancien ami, puis se tourna vers le greffier pour lui dire : « Consignez dans le procès-verbal que j’ai prononcé le jugement, mais que je serai moi-même redevable du paiement de toutes ses dettes et amendes. »

En un instant le juge était devenu son sauveur !

Dieu soit loué : Il a fait exactement la même chose !