Des enseignements qui déshonorent Dieu

« Le seigneur a établi son trône dans les cieux ; Et son règne a domination sur tout » (Ps 103:19 traduction David Martin)

« Et il a fait d’un seul sang tout le genre humain, pour habiter sur toute l’étendue de la terre, ayant déterminé les saisons qu’il a établies, et les bornes de leur habitation » (Ac 17 : 26, traduction David Martin).

« Que toute personne soit soumise aux Puissances supérieures: car il n’y a point de Puissance qui ne vienne de Dieu, et les Puissances qui subsistent, sont ordonnées de Dieu. » (Rm 13:1, traduction David Martin)

Beaucoup de « leaders spirituels » remettent en cause la souveraineté de Dieu sur sa propre création. Leur scénario anti-biblique est construit comme suit : Dieu a donné à Adam l’autorité sur la création ; Adam a « trahi » et a donné son autorité légitime reçue de Dieu à Satan ; et l’expiation du Christ devait regagner cette domination perdue. Selon cette théologie, Jésus-Christ a donner l’autorité du monde à l’église quand il est monté dans le ciel. L’église l’a par conséquent perdu de nouveau par l’ignorance, le manque de foi et le manque d’unité.

Aujourd’hui, en ces derniers temps, ils affirment que les nouveaux prophètes et les nouveaux apôtres sont revêtus d’une autorité particulière qui leur permet de prendre contrôle des forces sataniques dans les cieux et de libérer le monde. Cette libération intervient alors que l’église prendrait des villes en liant les forces spirituelles des ténèbres qui règnent au-dessus d’elles.

Reprenons ces quelques points et examinons les à la lumière de la Parole de Dieu :

L’autorité que Adam aurait transmise à Satan

Certains affirment que Adam était un « dieu » au-dessus de la terre. Par exemple, Kenneth Copeland écrit :

« La raison pour laquelle Dieu a créé Adam était son désir de se reproduire. Je veux dire une reproduction de soi. Adam n’était pas un petit semblant de dieu, il n’était pas comme Dieu, et il n’était pas plus subordonné à Dieu. Oui ceci est difficile à saisir par l’esprit humain, mais je vous dis ce qui est écrit dans la Bible ! » [1]

Copeland continue en disant qu’Adam a reçu la domination complète de la terre.

Earl Paulk a une version différente mais tout aussi anti-biblique : « le seul endroit sous la complète domination de Dieu était alors le jardin, donné à Adam et Eve. Les esprits commandaient toujours la terre, mais Dieu a commandé à Adam et Eve de les soumettre »[2].

Ces thèses sont la base de la théologie spirituelle du « combat spirituel moderne » : la sphère de domination de Dieu est limitée.

ED Silvoso écrit, « puisqu’Adam, le député de Dieu sur terre, a transféré son autorité légale à Satan, Dieu est devenu obligé de valider la position légale de Satan malgré la manière frauduleuse avec laquelle elle a été obtenue. »[3]

Kenneth Copeland décrit la situation « Après qu’Adam ait commis sa haute trahison, il a utilisé son autorité et la livrée entre les mains d’un esprit étranger.  Le résultat fut que dès lors, Dieu était littéralement hors jeu regardant ce qui peut se passer [dans sa création]. »[4] Un peu plus loin dans son message, il réitère ce point en disant : « après qu’Adam l’ait mis hors jeu, Dieu n’avait plus d’autorité ici [la terre, ses habitants, et même les esprits]. »[5]

Ainsi, selon cet enseignement anti-scripturaire, Satan est censé avoir obtenu l’autorité sur la création, et Dieu a dû valider cette autorité ! !

Ce genre d’affirmation démontre une profonde méconnaissance des textes bibliques, et une apostasie incroyable ! Si c’était vrai, les auteurs bibliques auraient été les plus ignorants de la révélation divine ! L’ancien testament ne fait qu’affirmer l’autorité universelle de Dieu au-dessus de toutes choses, incluant bien sûr Satan lui-même. Nous en avons plusieurs exemples importants dans la Parole de Dieu (Job 1:6-12 ; Ps 47 : 8,9 ; Gn 50 : 20) ; même la crucifixion de notre seigneur et sauveur Jésus-Christ faisait partie du plan « prédéterminé » de Dieu (Ac 2 : 23,24).

La théorie de la rançon de l’Expiation

Une erreur incroyable propagée par les leaders du « combat spirituel moderne » concerne la modification du but de l’expiation. Le Christ serait mort pour que Dieu puisse reprendre à Satan ce qu’Adam lui aurait transféré. Cette « théologie » est connu depuis très longtemps dans l’histoire de l’Eglise sous le nom de la rançon de l’expiation. Voici un aperçu de cette théologie :

« Dans cette situation Dieu a offert le Christ à Satan comme rançon en échange des pécheurs. Satan a facilement accepté l’offre en se rendant compte qu’il obtenait bien plus qu’il ne donnait, mais quand il obtint le Christ en enfer, il constata qu’il ne pouvait pas l’y retenir. Au troisième jour Christ revint triomphant et Satan se retrouva sans ses prisonniers originaux et sans le prix de la rançon. »[6]

Cette thèse abracadabrante a été reprise par les « enseignants de la foi » en y ajoutant toute sorte de récits.[7]

Les enseignements du « combat spirituel » reprennent ces idées pour réussir à expliquer comment Dieu aurait pu reprendre à Satan l’autorité sur la terre et sur l’humanité. Par exemple, ED Silvoso donne cette explication : « avant la victoire de Jésus au calvaire, Dieu ne pouvait pas devenir un transgresseur en reprenant à Satan les sujets qui lui étaient liés et qui étaient sous sa domination. S’il l’avait fait, alors Satan aurait pu appeler Dieu un transgresseur. »[8] Pour lui, Jésus était la seule manière « légale » de récupérer le gouvernement de la terre !

Cette théorie déshonore Dieu. Elle suppose que Dieu doit payer une dette à Satan pour récupérer sa propre création.

Pourquoi y-a-t-il encore des combats si Dieu a repris l’autorité sur toutes choses ?

Pour ces « blasphémateurs », le problème vient de l’église. Selon leurs théories, Jésus-Christ a gagné la victoire, et se repose loin des principautés et des puissances. Christ aurait toute l’autorité (ce qui est vrai), mais demanderait à l’Eglise de contrôler les cieux. En fait, Jésus-Christ aurait tout simplement délégué son autorité à l’Eglise (sachant que pour eux, un autorité déléguée est une autorité perdue ou transférée).

En fait, on remarque, sans aller plus loin dans les énoncés blasphématoires de ces personnes aveuglées, qu’ils tordent les Ecritures pour justifier leur théorie, et surtout, pour se proclamer l’égale de Dieu… Quelle horreur et quel orgueil !

La puissance des mots et de l’unité ?

Après avoir « démontré » que l’église a pour rôle de régner sur les cieux à la place du Christ, les leaders spirituels du « combat spirituel » donnent plusieurs techniques pour déterminer lequel de nous ou de Satan obtiendra le dessus.

Le principe essentiel est la puissance supposée des mots. Frangipane écrit, le « Christ, en tant que grand prêtre de notre confession (Hb 3:1), écoute nos paroles prononcées dans la foi ou sans la foi, et nous renouvelle la vie éternelle proportionnellement à celles-ci. »[9] Cette assertion fait supposer que le sacerdoce du Christ serait limité à nos paroles !

Le retour de Christ tout simplement rendu impossible

Dans le cadre de ces théories hérétiques, nous ne pouvons plus espérer dans le retour de notre Seigneur et Sauveur. Nous trouvons ceci dans plusieurs textes, dont celui-ci, de Earl Paulk : « Tant que l’église exerce son autorité, Jésus Christ ne reviendra jamais. »[10]

Nos paroles sont considérées être porteuse d’une puissance créatrice qui impose les règles à Dieu ! John Dawson écrit, « parce que nous sommes les administrateurs juridiques de cette planète, il est important pour l’homme de prendre autorité sur les anges »[11] pour « lier et délier ».

Plusieurs enseignements de ces leaders s’appuient sur l’histoire de la tour de Babel comme exemple de cette puissance humaine supposée. Ils affirment par là que « la puissance humaine des mots » et l’unité peuvent être employés par n’importe qui, bon ou mauvais. Ils attribuent le jour de la Pentecôte à l’unité humaine. Censément, d’après leurs élucubrations, si l’église devient unifiée et si elle utilise leurs techniques, l’homme exercera sa domination sur toute la planète sans autoriser le retour du Christ !

En réalité, le passage de genèse chapitre 11 mais en évidence la puissance souveraine de Dieu, et non une certaine puissance issue de l’unité et des paroles communes qui « établirait la réalité des choses »

En conclusion

Nous voyons que ces théories sont une hérésie incroyable, portées par un tel aveuglement que nous pouvons à peine penser que certains croient cela ! Et pourtant ! En fait, beaucoup aujourd’hui ont une vision centrée sur l’Homme qui déshonore Dieu. Cette théologie et ces techniques n’auront pas comme conséquence de voir une Eglise triomphante qui dominera sur la terre, mais bien plutôt une église paralysée et sous la domination de Satan.

Eloignons-nous aussi promptement que possible de ce genre de discours et d’affabulations  et réfugions-nous dans les Ecritures, gage d’équilibre et surtout de Vérité et de Sagesse.


Notes :

[1] Kenneth Copeland, « Following the Faith of Abraham 1 » [Audio Cassette], (Fort Worth: Kenneth Copeland Ministries, 1982).

[2] Earl Paulk, Held in the Heavens Until . . . God’s Strategy For Planet Earth, (Atlanta: Dimension Publishers, 1985) 222.

[3] Ed Silvoso, That None Should Perish — How to reach Entire Cities for Christ Through Prayer Evangelism, (Regal: Ventura, CA, 1994) 195.

[4] Kenneth Copeland, « Following the Faith of Abraham 1 » [Audio Cassette], (Fort Worth: Kenneth Copeland Ministries, 1982).

[5] Kenneth Copeland, « Following the Faith of Abraham 1 » [Audio Cassette], (Fort Worth: Kenneth Copeland Ministries, 1982).

[6] New Dictionary of Theology, ed Sinclair Ferguson, (Downers Grove: Intervarsity, 1988) s.v. « Atonement, » 55.

[7] D.R. McConnell, A Different Gospel, (Peabody: Hendrickson, 1988) 125-126.

[8] Ed Silvoso, That None Should Perish — How to reach Entire Cities for Christ Through Prayer Evangelism, (Regal: Ventura, CA, 1994) 195.

[9] Francis Frangipane, The Three Battlegrounds, (Marion, IA: Advancing Church Publications, 1989) 116, emphasis in the original.

[10] Earl Paulk, Held in the Heavens Until . . . God’s Strategy For Planet Earth, (Atlanta: Dimension Publishers, 1985) 61.

[11] John Dawson, Taking Our Cities For God — How to Break Spiritual Strongholds, (Lake Mary, FL: Creation House, 1989), 208.

Des manifestations trompeuses

Dieu contrôle souverainement toutes choses dans l’univers qu’Il a créé, y compris les puissances des ténèbres. Satan ne peut faire que ce que Dieu lui permet de faire. Dans cette perspective, le problème de la liberté ou de l’esclavage, de la bénédiction ou de la malédiction, est très clair. Tout revient à notre relation avec Dieu, par le moyen de l’Evangile. La Bible dit : « Béni soit l’homme qui se confie en Dieu… Maudit soit l’homme qui se confie en l’homme… » (Jr 17 : 5, 8). Le fait d’avoir recours à des « techniciens spirituels », à des « spécialistes de la délivrance », qui manipulent les âmes et les esprits qui les influencent, revient à « se confier en l’homme », quel que soit l’habillage chrétien dont on affuble ces techniques.

Nous pouvons penser que tout ce qui arrive lors des « séances de délivrance » ou d’exorcisme est bien réel ; certaines manifestations sont indubitablement liées à des démons. Mais l’interprétation que les praticiens de ce type d’exorcisme (car il s’agit bien de cela) ont est toute différente de ce qu’elle doit être : ces manifestations stimulent énormément ceux qui sont pris dans ce système de pensée, mais, en fait, Satan « joue le jeu » pour prendre des âmes dans ses filets, pour les pousser à se confier en l’homme et non en Dieu seul et en Son Evangile. Satan réussit ainsi à faire croire que le « ministère de délivrance » est plus important que le simple Evangile, et que ce qui est fait l’épouvante ! Ce faisant, il réussit à diminuer la confiance en l’Evangile, en faisant croire que ce n’est pas l’Evangile qui délivre pleinement les gens des puissances des ténèbres, mais qu’il faut avoir recours à des « ministères de délivrance » qui ont reçu des révélations extra-bibliques.

Le processus de délivrance de l’oppression des démons ressemble beaucoup à un racket organisé par des gangsters, pour « protéger » ceux qu’ils rançonnent. Le diable travaille aux deux extrémités de la chaîne : d’un côté il oppresse, et d’un autre côté il propose sa protection, moyennant « finance ». Satan fait tout ce qu’il peut pour pousser les gens à pratiquer le péché et l’occultisme pour les lier, puis il pousse ceux qui croient au combat spirituel à pratiquer leurs techniques de délivrance, en étant persuadés qu’ils détiennent la clef de la liberté. En fait, Satan gagne alors sur les deux tableaux ! Il ne lui reste plus qu’à convaincre les « délivreurs » qu’ils sont sur la bonne voie par des manifestations plus ou moins impressionnantes…

Satan peut demander à ses démons de révéler des « secrets » concernant le monde spirituel et la délivrance, puis de « partir » au commandement du ministère de délivrance. Si les démons semblent obéir aux menaces d’être tourmentés par des anges dans l’abîme, c’est pour une raison très simple : les démons veulent pousser les Chrétiens à croire que ce sont les « spécialistes de la délivrance », et non Dieu seul, qui ont l’autorité de juger les démons avant le temps. Cela sert les objectifs de Satan, qui fait alors croire toujours le même mensonge, que l’homme peut être « comme Dieu ». Il nous fait ainsi croire que nous possédons un pouvoir qui n’appartient en fait qu’à Dieu.

Le système de pensée du combat spirituel diminue considérablement notre foi en l’Evangile. Nous ne croyons plus pleinement que l’œuvre parfaitement accomplie par Christ à la croix suffit à nous délivrer de toute la puissance de Satan et des démons, ni que c’est Dieu qui nous transformera complètement à l’image de Christ. Nous croyons alors que tout ce que nous essayons de faire peut être remis en cause, si nous n’avons pas les connaissances et les techniques spéciales pour mener ce combat spirituel. Apparemment, l’Evangile seul ne « marche pas vraiment » pour tous ceux qui ont besoin de consulter les « spécialistes de la délivrance », et il faut y ajouter beaucoup de choses. Ces spécialistes enseignent que l’Evangile ne nous délivre que potentiellement. Certes, il nous faut croire en l’Evangile, mais nous avons aussi besoin de « briseurs de malédictions » professionnels, d’exorcistes, d’intercesseurs prophétiques, de spécialistes de la guérison intérieure, de conseillers psycho-spirituels, et d’une foule d’autres spécialistes qui constituent une nouvelle classe de « prêtres compétents ». Tous ces spécialistes s’installent dans une position de nouveaux médiateurs entre Dieu et les âmes captives. Ils sont comme les « protecteurs » du racket, qui empêchent les bandits de nous battre et de nous dépouiller.

Selon ces spécialistes, notre bien-être spirituel et matériel est déterminé pat tout ce qui se passe dans le monde spirituel. Eux seuls détiennent les secrets qui nous permettront d’être guidés dans la liberté et la prospérité. Neil Anderson prétend que beaucoup de Chrétiens sont dans les liens parce que leur système de pensée est mauvais[1]. Ils ne voient donc aucune raison de s’engager dans le combat spirituel, parce qu’ils ont une « mentalité d’occidentaux ». Ce qu’Anderson ne comprend pas, dans son livre, c’est qu’il existe deux systèmes de pensée au sein du Christianisme, qui acceptent tous deux l’enseignement biblique au sujet de la réalité des esprits et de leur influence sur les gens. Anderson est partisan du système de pensée du combat spirituel, en disant qu’il s’agit du système de pensée « chrétien », ne parlant jamais de la Providence divine, et enseigne à ses lecteurs qu’ils doivent franchir des « étapes de libération » qui vont au-delà de l’Evangile et des moyens de grâce fournis par l’Ecriture (ce qui ressemble énormément au schéma yoguiques hindous).

Les motivations des spécialistes de la délivrance ne sont pas mises en doute. Ils travaillent, sans recevoir aucun salaire ni aucun profit personnel dans le but de servir Dieu et faire progresser Son Royaume, mais sans Lui ! Ils sont séduits, et cette séduction les fait enfoncer les gens dans l’esclavage spirituel, au lieu de les délivrer réellement ; sans le savoir, ils enchaînent encore davantage les personnes qu’ils veulent aider.

Par exemple, ils enseignent que si un démon est chassé, et si la personne délivrée retombe dans le péché, alors sept démons plus méchants reviennent en elle. Il s’agit d’une mauvaise compréhension des textes bibliques. En cela, l’asservissement est accru pour ceux qui avaient besoin de délivrance. Si quelqu’un, par exemple, vient à être « délivré » d’un esprit de convoitise (ce qui arrive souvent), et s’il convoite par la suite une femme, il commence à s’inquiéter et à angoisser, parce qu’il aurait donné à Satan le droit d’envoyer encore plus de démons pour le tourmenter ! Il lui faut ensuite revenir voir ses « exorcistes » pour une nouvelle délivrance…

Un tel enseignement fait croire aux gens que leur liberté dépend d’une vie pratiquement sans péché. Dès la moindre chute, les démons reviennent ! Pour vous rendre compte à quel point les gens dépendent d’un homme et non de la grâce de Dieu, considérons ce qu’écrit encore Bob Larson : « J’ai connu des gens que j’ai refusé d’aider, pour qu’ils mûrissent dans le Seigneur jusqu’au point où Satan ne s’intéresse plus à eux »[2].

Ce système de pensée ne peut que produire la crainte et l’orgueil. La crainte en poussant à croire que l’on ne peut être un assez bon Chrétien pour éloigner les démons de nous, ou l’orgueil en amenant la pensée que l’on est tellement puissant et sans péché, que Satan nous craint et ne peut pas nous toucher. La crainte et l’orgueil résultent du fait que l’on a fait plus confiance à l’homme qu’à Dieu.

Le système de pensée du combat spirituel affirme que les Chrétiens sont engagés dans un combat contre les puissances des ténèbres. Selon ce système de pensée, Dieu œuvre au travers des Chrétiens, mais Sa liberté d’action est limitée ! Plus les Chrétiens possèdent la puissance et les techniques du combat, et plus ils peuvent vaincre les forces des ténèbres. Si les Chrétiens ne connaissent pas les techniques du combat spirituel, ils seront les victimes et non les vainqueurs. Il y a des pertes dans ce combat, et Dieu n’est pas assuré de la victoire finale.

A contrario, la Parole de Dieu nous amène sur le « terrain » de la Grâce et de la Providence divines ; elle affirme que Dieu est souverain, et qu’Il contrôle toutes les puissances des ténèbres. Ces puissances spirituelles mauvaises ne peuvent faire aucun mal aux Chrétiens, sans en avoir d’abord reçu la permission du Seigneur. Tout ce que le Seigneur permet est toujours pour notre bien. Le problème essentiel n’est pas notre connaissance des techniques du combat spirituel, mais notre connaissance de Dieu et de l’Evangile. Satan essaye toujours de nous faire croire le mensonge que nous pouvons être comme Dieu, ce qui est contraire à la vérité de l’Evangile.

Bien entendu, nous pouvons être amenés à prier et chasser des puissances ténébreuses de personnes non encore sauvées et régénérées par Christ ; mais en aucun cas, un chrétien authentique peut être possédé ou démonisé[3] !

Les partisans du combat spirituel égarent en faisant croire qu’il est nécessaire de connaître l’action des démons, des malédictions, et de toutes les activités de Satan, et qu’il faut rejeter la « mentalité occidentale »[4], qui nie l’existence du monde spirituel et de l’activité des esprits. Mais il s’agit d’un faux dilemme. Ne nous laissons pas égarer. Même si nous croyons en la grâce divine et en Sa Providence, nous croyons aussi en l’existence des démons, tout comme en l’existence des anges de Dieu et de la présence du Saint-Esprit.

Nous devons choisir de croire, soit que Dieu est souverain sur tous ces êtres spirituels et sur toutes ces réalités du monde spirituel, soit que Dieu Se contente de nous demander de combattre, en nous laissant conduire ce combat avec les armes qu’Il nous donne. Ceux qui défendent ce point de vue pensent que Dieu est simplement là pour nous aider, si nous utilisons les bonnes techniques. Mais ce n’est pas Lui qui nous garde, dans Sa souveraineté, et qui nous conduit dans la gloire. Est-ce Dieu qui règne, et qui nous conduit au but, ou doit-Il nous laisser déterminer l’issue de ce combat contre les démons ?

Dieu veut utiliser Son Evangile pour délivrer les hommes des puissances des ténèbres, et l’Evangile est parfaitement efficace pour accomplir la volonté de Dieu de sauver les pécheurs, et que cette volonté est déterminée de toute éternité. Ceux qui croient sont « sauvés parfaitement » (Hb 7 : 25). Ils ne doivent pas craindre les puissances mauvaises. La grâce de Dieu nous donne une pleine liberté.

Les défenseurs du combat spirituel veulent nous faire croire autre chose. Ils veulent nous faire croire que toutes sortes de techniques et de processus spirituels, qui n’étaient pas connus avant le 20° siècle ( ! ), nous sont nécessaires pour nous libérer de l’esclavage de Satan. Il faut croire que tous les Chrétiens des siècles antérieurs ont toujours vécu dans l’esclavage spirituel, parce qu’ils n’avaient que l’Evangile, et que cela n’a pas dû leur suffire ! En cherchant à nous convaincre de l’insuffisance de l’Evangile, les « spécialistes de la délivrance » créent un nouvel esclavage spirituel. De plus, la Parole de Dieu nous présente des personnes animées de ce système de pensée en Actes 19 : 13. « Quelques exorcistes juifs ambulants essayèrent d’invoquer sur ceux qui avaient des esprits malins le nom du Seigneur Jésus, en disant : Je vous conjure par Jésus que Paul prêche ! » Ces hommes s’appuyaient sur la puissance de Paul (d’un homme) pour chasser les démons… La réponse est clair : « L’esprit malin leur répondit: Je connais Jésus, et je sais qui est Paul; mais vous, qui êtes-vous ? » (Ac 19 :15)


Notes :

[1] Neil T. Anderson, The Bondage Breaker, (Eugene Harvest House, 2000) 30-33.

[2] Larson, 191.

[3] Terme utilisé pour soi disant différencier un non chrétien (qui peut être possédé) et un chrétien (qui peut être démonisé) ; ainsi, les « ministères de délivrance » affirment aussi qu’un chrétien ne peut pas être possédé… seulement démonisé ! !

[4] pour rejoindre sans nul doute un système de pensée oriental

Le chrétien et la possession démoniaque

II est de plus en plus fréquent de blâmer le diable pour tous nos maux. Les expressions comme « c’est plus fort que moi » ou « c’est le diable qui m’a poussé » sont souvent utilisées dans certains milieux chrétiens. En général, l’être humain cherche facilement à rejeter sur quelqu’un d’autre la responsabilité de ses mauvaises actions. Cette fuite, accompagnée d’une fascination malsaine du surnaturel, attire malheureusement de nombreux chrétiens dans des voies nouvelles et dangereuses.

Depuis plusieurs années, le « ministère de délivrance »[1] s’est implanté dans les églises bien que ce ministère n’existe pas dans le Nouveau Testament. En effet, tous les ministères sont clairement cités dans 1 Co 12 : 8 à 10, 28 et 29 ; Rm 12 : 6 à 8 et Ep 4 : 11 : on n’y trouve jamais celui de « délivrance » pour les chrétiens ; il n’est pas biblique par conséquence. Cette fausse conception a donné lieu à d’étranges séances d’exorcisme sur des chrétiens, en leur faisant croire qu’ils en avaient besoin et qu’on les aidait. Mais plus tard, ils se sont plaints en déclarant : « J’ai été aidé quelques jours et maintenant c’est pire qu’avant ».

Ce « ministère de délivrance » est considéré selon certains prédicateurs comme faisant partie intégrante du processus de restauration du peuple de Dieu des derniers temps. S’il en était ainsi, comment se fait-il que l’Eglise du Seigneur ait pu traverser les siècles sans ce « ministère vital » ? Ces prédicateurs affirment que Dieu serait en train de rétablir ces « vérités » pour perfectionner son Eglise avant le retour de Jésus. Quelle confusion !

De nos jours, des serviteurs de Dieu et des chrétiens, pour prouver qu’un chrétien peut être habité par un démon, font, à tort, la distinction suivante : ils disent « qu’un chrétien né de nouveau ne peut pas être « possédé » mais qu’il peut être « démonisé ». La « possession », selon eux, suggère l’appartenance au diable et comme le chrétien appartient à Dieu, il ne peut donc pas être possédé. En revanche, ils affirment que le chrétien peut être « démonisé ». En réalité, ils donnent une explication incorrecte du mot « démonisé » : ce mot est une transcription littérale du mot grec δαιμονιζομαι daimonizomai utilisé dans les Evangiles (Mt 4 : 4 et 24 ; 8 : 16, 28 et 33 ; 9 : 32 ; 12 : 22 ; 15 : 22 ; Mc 1 : 32 ; 5 : 15, 16 et 18 ; Lc 8 : 36 ; Jn 10 : 21) mais toujours et uniquement utilisé pour des personnes n’ayant pas demandé pardon pour leurs péchés et n’ayant pas accepté ce pardon (pourtant offert gratuitement) avec le sens « d’être possédé ou habité par un mauvais esprit ».

Les partisans de cette doctrine, pour justifier leur position anti-scripturaire, donnent donc une autre signification au mot « démonisé » et l’appliquent à tort aux chrétiens. Neil Anderson[2], prédicateur de la « délivrance » et auteur chrétien américain connu pour ses livres sur ce sujet, explique qu’un chrétien « démonisé » est quelqu’un qui est sous une domination démoniaque mais cela ne veut pas dire possession satanique[3]. Cette domination démoniaque revêt, selon lui, plusieurs degrés ; cela va de la tentation, de l’influence extérieure des démons, à la présence et à la domination intérieure d’un mauvais esprit dans la vie du chrétien[4].

Dans la Bible, le mot « démonisé » n’a pas du tout le sens que les partisans de cette doctrine lui attribuent. C’est là le point crucial car c’est précisément cette erreur qui a ouvert la porte à toutes sortes de spéculations et pratiques extrabibliques dangereuses dans les églises.

Dans le texte grec des Evangiles, les expressions « être possédé » et « être démonisé » ont exactement le même sens parce qu’elles proviennent d’un seul mot grec qui est δαιμονιζομαι daimonizomai. Ce mot s’applique toujours à une personne n’ayant pas accepté Jésus-Christ comme Sauveur et Seigneur et ayant en elle un ou plusieurs démons.

Selon les commentateurs bibliques, il existe deux termes grecs dans le Nouveau Testament pour décrire « la possession démoniaque » :

  • Le premier est δαιμονιζομαι daimonizomai, traduit généralement par : « être possédé par un démon ». Appliqué à une personne il est traduit par « démoniaque » ou par « être démonisé ». Ce mot se retrouve treize fois dans les Evangiles et qualifie uniquement des personnes inconverties ayant en elles un ou plusieurs démons (Mt 4 : 24 ; 8 : 16,28 et 33 ; 9 : 32 ; 12 : 22 ; 15 : 22 ; Mc 1 : 32 ; 5 : 15, 16 et 18 ; Lc 8 : 36 ; Jn 10 : 21).
  • Le second est δαιμονιον εχω daimonion echo et signifie « avoir un démon ». Il est utilisé huit fois dans les Evangiles de Matthieu, Luc et Jean. La forme grammaticale inclut ici l’idée qu’un démon habite dans la personne (Mt 11 : 18 ; Lc 7 : 33 ; 8 : 27 ; Jn 7 : 20 ; 8 : 48, 49 et 52 ; 10 : 20).

Dans tous les cas, le texte grec des Evangiles nous montre clairement qu’il n’y a aucune différence entre le fait d’être « démonisé », être « possédé » ou « avoir un démon ». Une personne « démonisée » est bel et bien une personne « possédée » : il s’agit du même mot dans les Evangiles ! Par conséquent, il n’est pas question de parler de degrés ou de large éventail de situations, même si on utilise le qualificatif vague de domination démoniaque du chrétien.

En outre, ces deux expressions ne décrivent jamais dans la Bible les accusations, tentations, séductions ou persécutions du diable, mais bien plutôt le cas extrême d’une personne inconvertie possédée par un ou plusieurs démons.

Ceux qui affirment que le chrétien peut être « démonisé » ont francisé le mot grec δαιμονιζομαι daimonizomai en lui donnant un sens qui n’a aucune base scripturaire. C’est là un exemple classique d’abus de la langue grecque afin de justifier ses idées et profiter de l’ignorance de ceux qui ne connaissent pas le grec. C’est toujours une erreur de formuler une doctrine basée sur un mot sorti de son contexte.

Par conséquent, le terme δαιμονιζομαι daimonizomai « démonisé » fait bien référence à la possession démoniaque. Cette signification ne provient pas seulement de son étymologie ou de son origine mais aussi du sens que le contexte lui donne. Chaque référence de ce verbe dans les Evangiles indique, dans le contexte immédiat ou le passage parallèle, que le démon habite bien dans la personne et que ce n’est pas du tout une question de degrés de la présence ennemie comme on veut nous le faire croire.

Voici un exemple avec un texte biblique prouvant qu’« être démonisé » ou « être possédé » ont exactement le même sens :

  • L’Evangile de Matthieu nous rapporte ceci : « Une femme cananéenne qui venait de ces contrées, lui cria : Aie pitié de moi, Seigneur, Fils de David ! Ma fille est cruellement tourmentée par le démon (grec δαιμονιζομαι daimonizomai, « démonisée »)… Alors Jésus lui dit : Femme, ta foi est grande : qu’il te soit fait comme tu veux. Et, à l’heure même, sa fille fut guérie » (Mt 15 : 22 et 28). Le passage parallèle de Marc donne, sans l’ombre d’un doute, la signification du terme grec « démonisé » : « Une femme, dont la fille était possédée (grec εχω echo, verbe avoir en soi) d’un esprit impur, entendit parler de lui, et vint se jeter à ses pieds. Cette femme était grecque, syro-phénicienne d’origine. Elle le pria de chasser (grec εκβαλλω echballo, « faire sortir de dedans ») le démon hors de sa fille… Alors, il lui dit : A cause de cette parole, va, le démon est sorti (grec εξερχομαι exerchomai, « expulser d’un lieu dans lequel l’expulsé avait élu domicile ») de ta fille. Et quand elle rentra dans sa maison, elle trouva l’enfant couchée sur le lit, le démon étant sorti (grec εξερχομαι exerchomai) » (Mc 7 : 25, 26, 29 et 30).

De toute évidence, le terme « démonisé» décrit ici quelqu’un qui était habité par un démon. Tous les textes parallèles, lorsqu’ils sont comparés les uns aux autres, n’en disent pas moins. Il est important de souligner et de rappeler que cette terminologie n’est jamais employée dans le Nouveau Testament pour des chrétiens, ni pour décrire les attaques de Satan contre eux. Ainsi il est incorrect, du point de vue de l’herméneutique et de l’interprétation des Ecritures, d’utiliser ce terme « démonisé » et de lui donner un certain sens quand il s’agit d’inconvertis et un autre pour des chrétiens. Voilà essentiellement d’où provient la confusion entre un chrétien soi-disant « démonisé » et non « possédé ».

Une autre méthode employée par les «ministères de délivrance» est de chercher, par tous les moyens, à prouver bibliquement que les chrétiens peuvent être « démonisés ». Ils essayent par exemple de justifier leur position en démontrant que cinq des principaux cas d’exorcisme de démons dans les Evangiles concernent des membres de « la famille de Dieu ». Ils attestent que les personnes possédées de démons et délivrées par Jésus étaient de la nation juive et par conséquent de « la famille de Dieu » ; donc un chrétien faisant partie de cette même famille, peut aussi être possédé. Une telle explication n’est pas valable selon la Parole de Dieu, évidemment.

Lorsque Jésus s’adressait à des personnes tels que les pharisiens hypocrites (Mc 7), le jeune homme riche (Mc 10), les vendeurs chassés du temple (Mc 11), Il ne considérait pas le seul fait d’être juif comme une indication d’appartenance à « la famille de Dieu ».

De même, lorsqu’Il prêchait aux Juifs : « Le temps est accompli et le royaume de Dieu est proche. Repentez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle » (Mc 1 : 15), il est évident qu’Il ne les incluait pas dans le royaume de Dieu, simplement parce qu’ils étaient Juifs.

L’apôtre Paul a également fait cette distinction en adressant à l’Eglise de Rome sa requête quant au peuple d’Israël : « Frères, le vœu de mon cœur et ma prière à Dieu pour eux, c’est qu’ils soient sauvés. Je leur rends le témoignage qu’ils ont du zèle pour Dieu mais sans intelligence : ne connaissant pas la justice de Dieu, et cherchant à établir leur propre justice, ils ne se sont pas soumis à la justice de Dieu » (Rm 10 : 1 à 3).


Notes :

[1] Appellation donnée à ceux qui disent chasser des démons d’un chrétien.

[2] Neil Anderson est un ingénieur en électrotechnique. Après ses études universitaires il a travaillé dans l’industrie aéronautique. Par la suite, il a obtenu un doctorat en pédagogie et a été engagé comme maître de conférences à la faculté protestante de théologie de Talbot en Californie.

[3] Possession satanique signifie « appartenir à Satan »

[4] Neil Anderson, Le Libérateur, p. 173-174.

Ministères de délivrance et asservissement spirituel

La délivrance des démons fait certainement partie de l’Evangile de Christ. Mais il existe un problème posé par les ministères « spécialisés » dans la délivrance des Chrétiens. Cette manière de résoudre les problèmes spirituels des enfants de Dieu n’est pas conforme à l’enseignement de la Bible, et conduit en réalité à un asservissement spirituel.

« Or, il ne faut pas qu’un serviteur du Seigneur ait des querelles ; il doit, au contraire, avoir de la condescendance pour tous, être propre à enseigner, doué de patience ; il doit redresser avec douceur les adversaires, dans l’espérance que Dieu leur donnera la repentance pour arriver à la connaissance de la vérité, et que, revenus à leur bon sens, ils se dégageront des pièges du diable, qui s’est emparé d’eux pour les soumettre à sa volonté. » (2 Ti 2 : 24-26).

Dans le système de pensée du « combat spirituel » tel qu’enseigné par Rick Joyner, Bob Larson, Watchman Nee, Michel Allard et bien d’autres, il est dit que le combat entre Dieu et Satan, entre le mal et le bien, se déroule au niveau de notre histoire humaine. L’issue de ce combat est incertaine, c’est-à-dire que Dieu n’est pas Souverain pour déterminer l’issue de ce combat[1]. Il y a des blessés et des pertes dans ces batailles spirituelles. Ce combat pour la libération des êtres humains de leurs liens spirituels doit être mené par des hommes et des femmes de foi, qui ont appris les règles de ce combat, et qui deviennent de puissants « guerriers de Dieu ». Certains leaders, dans ce système de pensée, croient que même la destinée des nations est entre les mains de ces guerriers spirituels, qui ont la responsabilité de conquérir les nations pour le Royaume de Dieu.

Selon de nombreux exorcistes qui ont adopté le système de pensée du combat spirituel, les démons possèdent leurs victimes parce qu’ils ont le « droit » de le faire. Par exemple, un disciple de Christ peut être victime d’une malédiction inconnue, qui donne à un démon le droit de le tourmenter. Voici comment l’ « exorciste chrétien » Bob Larson l’explique : « Les malédictions sont de véritables transactions légales dans le domaine spirituel. De même que les contrats humains contiennent de minutieuses dispositions, rédigées dans un langage soigneusement choisi, les malédictions sataniques sont souvent remplies de dispositions minutieuses et extrêmement détaillées »[2]. Pour être libéré, il est donc nécessaire d’avoir recours à un spécialiste capable de déchiffrer ces dispositions, et de comprendre la nature exacte de la malédiction, pour formuler ensuite une renonciation adéquate qui permet de la briser[3].

Ceux qui ont adopté le système de pensée du combat spirituel mènent ce combat à différents niveaux. Au niveau des « lieux célestes », ils embrigadent des armées « d’intercesseurs prophétiques » pour identifier, lier et chasser les esprits qui contrôlent les villes et les nations. Des « guerriers spirituels » sont rassemblés pour prendre le contrôle spirituel des villes, en faisant des « marches de prière » tout autour des lieux stratégiques situés dans ces villes. Dans cette optique, le particulier qui exerce un « ministère de délivrance » n’est qu’un simple fantassin chargé du combat au corps à corps sur le champ de bataille spirituel. Il affronte les puissances des ténèbres qui ont capturé des âmes individuelles.

Dans son livre « L’homme spirituel », Watchman Nee explique qu’il y a des lois spirituelles qui gouvernent le monde des esprits. L’une de ces lois concernait la « passivité ». Selon lui, les démons sont capables de s’emparer de ceux qui ont une volonté « passive »[4]. Ainsi, le fait que beaucoup de personnes continuent à avoir des problèmes avec les démons, malgré de nombreuses sessions d’exorcisme est « expliqué » par cette « théorie de la passivité » : ce serait la passivité qui ferait sans cesse retomber les mêmes personnes sous l’esclavage des démons ! Bien entendu, cette théorie n’a rien de biblique !

Malheureusement, ce type d’enseignement est de plus en plus en vogue aujourd’hui. Voici ce qu’écrit Bob Larson : « Si une personne possède une forte volonté, il semble plus difficile à un démon de la dominer, quoi que fasse cette personne »[5]. Dans ce schéma, le facteur de la volonté humaine serait donc très important, voire aussi important que la puissance de Dieu : « Je demande toujours à ceux qui sont liés par des démons de faire appel à cette petite portion de leur volonté qui n’est pas dominée par les démons »[6].

« Ainsi parle l’Eternel : Maudit soit l’homme qui se confie dans l’homme, qui prend la chair pour son appui, et qui détourne son cœur de l’Eternel !… Béni soit l’homme qui se confie dans l’Eternel, et dont l’Eternel est l’espérance ! » (Jr 17 : 5, 7).

Selon la théorie du « combat spirituel », l’une des « lois spirituelles » de l’univers affirme que ceux qui ont une volonté passive deviennent la proie des démons, même s’ils sont Chrétiens. Pour être libre, il faudrait avoir une forte volonté. On ne pourrait plus faire confiance à Dieu pour être libre, mais il faudrait avoir une forte volonté. Dieu se trouverait donc lié par une loi spirituelle qu’Il avait Lui-même créée[7]. Bob Larson a écrit : « La volonté des victimes est le champ de bataille où se conduit la guerre de l’exorcisme. La moindre réticence peut signifier la défaite »[8]. Dans ces conditions, où donc est notre espérance ? Dans notre propre volonté ? Larson a dit de l’une de ses clientes : « Son refus initial de ne pas vouloir admettre ce qui s’était passé a donné aux démons le droit légal de continuer à la dominer »[9].

Dans ces conditions, il est clair que nous avons besoin d’un « homme de loi » spirituel pour déchiffrer les contrats spirituels de l’univers, contrats utilisés par les démons pour faire leur travail, ainsi que toutes les lois qui s’y rapportent. Dans le système de pensée du « combat spirituel », le combat concerne les êtres humains et les esprits méchants dans les lieux célestes. Les humains ont alors un immense désavantage, parce que les esprits naviguent dans le monde spirituel depuis des millénaires, et eux seuls connaissent toutes les « règles ».

D’après ces « soldats spirituels), l’exorciste doit faire appel aux démons pour réunir de multiples informations, pour les battre en utilisant ensuite leurs propres règles. Bob Larson dit forcer les démons à lui dire la vérité, en les menaçant d’être punis par les anges et être envoyés dans l’abîme. D’autre part, il se donne autorité sur les anges de Dieu pour leur commandé ce qu’ils ont à faire : Voici l’une des prières qu’il a faites pour aider une victime à trouver « sa liberté » : « Je commande aux anges de Dieu de rechercher et de tourmenter cet esprit de douleur. Je lie Douleur au démon Régulateur, et je leur commande d’éprouver tout le tourment dont ils ont affligé Randall. Je multiplie ce tourment par sept ! »[10].

Ensuite, il obligerait les démons à lui dire ce qu’il faut faire pour délivrer leurs victimes. Voici le conseil qu’il donne à ceux qui veulent s’engager dans un ministère de délivrance : « Il faut demander à quelqu’un de noter toutes les informations reçues quand on interroge les démons. A mesure que se révèle la structure interne du système démoniaque de la victime, faites une liste des démons en fonction de leur rang, notez leurs droits et les portes par lesquelles ils sont entrés, ainsi que les raisons légales qu’ils peuvent avoir pour rester »[11]. Comment pourrions-nous savoir que toutes ces informations sont sûres ? « Les démons seront forcés de vous donner toutes ces informations, parce qu’ils doivent se soumettre au Nom de Jésus et à Son autorité »[12]. Le danger dans ces affirmations, c’est qu’une partie (de plus en plus minime d’ailleurs) de celles-ci est vraie ; ici la vérité est que toute puissance et toute autorité sont soumises à Jésus-Christ (Lc 4 : 36 ; Ep 1 : 21)… mais pas dans ce contexte à la gloire de l’homme ! Toutes choses Lui (Jésus-Christ) sont soumises pour la gloire de Dieu.

Il est vrai aussi qu’il existe tout un monde invisible qui a ses lois, et que ces lois gouvernent les démons et tous les niveaux de la hiérarchie satanique… mais nous n’avons pas à les découvrir hors de la révélation biblique, et encore moins à les exploiter ou explorer !

Ceux qui acceptent le système de pensée du « combat spirituel » affirment que, pour gagner ce combat, il est important de réunir des connaissances sur Satan, sur ses émissaires, et sur leur structure hiérarchique, et ce, à tous les niveaux, qu’il s’agisse de combattre les principautés qui dominent les nations, ou de chasser les démons d’un individu. Ainsi, toutes les pensées ne sont plus dirigées vers Jésus-Christ, notre Sauveur, mais vers Satan (Phi 4 : 8).

Pour ceux qui ont accepté le système de pensée du « combat spirituel », de telles pratiques se justifient parfaitement. Tout ce qu’ils doivent accomplir dépend d’une interaction complexe entre toutes sortes de démons, de principautés et de lois qui contrôlent le monde spirituel. Aucun domaine de leur vie n’échappe à ces lois. La délivrance des individus n’est que le niveau élémentaire de ce combat, alors que les villes et les nations appartiennent aux niveaux supérieurs. A chaque niveau, il est nécessaire de réunir des informations, si l’on veut gagner la bataille. Les connaissances nécessaires sont en général les noms des démons ou des principautés, la nature des malédictions invoquées, et la structure les hiérarchies spirituelles dans le royaume de Satan. Bob Larson raconte comment il a « dû faire un exorcisme », alors que l’un des démons avait dû s’absenter pour une mission, et n’était pas présent lors de la procédure[13]. Il apprit à « obliger ce démon à rester à l’extérieur ». Il écrit : « Si j’avais terminé la procédure trop tôt, je n’aurais jamais entendu parler de cet esprit en mission, et il serait retourné plus tard »[14]. Quelle débordement d’imagination ! !

On peut se demander quel rôle peut jouer le Seigneur dans ce système de combat spirituel. En fait, Il se contenterait de nous ordonner de combattre, de nous équiper pour le combat, et de nous donner les armes dont nous avons besoin. Et ce serait à l’exorciste d’employer ses armes pour chasser les démons. Il devrait employer ces armes de la bonne manière, sinon les démons ne seraient pas chassés. Par exemple, Larson raconte comment il a dû expliquer à un pasteur pourquoi les démons continuaient à revenir : « Vous n’avez sans doute jamais identifié le « démon portier. » Peu importe le nombre de démons que vous chassez, ils ne sont pas obligés d’aller dans l’abîme, parce que le « démon portier » leur garde la porte ouverte, et ils peuvent revenir »[15]. La hiérarchie et la localisation des démons sont déterminées par les connaissances et la compétence de l’exorciste. Larson prétend qu’il a le droit d’envoyer les démons dans l’abîme, si la procédure est correctement suivie. Dieu est totalement exclu de ces combats ! Ils parlent de « procédures » et non d’une action de Dieu !

Il faut bien retenir ceci : toutes les informations dont ils ont besoin pour mener efficacement le combat spirituel, selon ce système de pensée, sont des informations qui ne sont pas révélées, c’est-à-dire qui ne se trouvent ni dans la Parole de Dieu (la Bible), ni dans la révélation générale (ce que nous pouvons légitimement apprendre de la création en ayant recours à nos sens naturels et à notre intellect rationnel). Cette connaissance requise est donc secrète. Dieu n’a pas révélé les noms de tous ces démons qui contrôlent les nations, les villes, les villages et les personnes démonisées[16]. La seule source de ces informations doit provenir d’une autre révélation, que ce soit une révélation divine extra-biblique, ou une révélation donnée par les démons eux-mêmes. Ceux qui croient au système de pensée du combat spirituel affirment que c’est à eux d’obtenir toutes les informations dont ils ont besoin pour ce combat. Etant donné que cette connaissance est « secrète », elle est du domaine de l’occulte. Il faut donc qu’ils puissent nous expliquer de quel droit ils peuvent obtenir des connaissances interdites, sous prétexte de délivrer les victimes des esprits mauvais. De plus, ils semblent complètement oublier que seul Dieu, le créateur de l’homme, connaît réellement le cœur de l’homme ! Seul Dieu connaît tous les détails du monde spirituel, et de son interaction avec l’âme humaine !

La Bible nous dit pourquoi aucun « technicien spirituel » humain ne peut résoudre les problèmes profonds de l’être humain : « Le cœur est tortueux par-dessus tout, et il est méchant : Qui peut le connaître ? Moi, l’Eternel, j’éprouve le cœur, je sonde les reins » (Jr 17 : 9-10). Toute la Bible nous montre que seul Dieu connaît le cœur humain. Considérons par exemple 1 Rois 8 : 39 

« Exauce-le des cieux, du lieu de ta demeure, et pardonne ; agis, et rends à chacun selon ses voies, toi qui connais le cœur de chacun, car seul tu connais le cœur de tous les enfants des hommes. » Voir aussi Psaume 44 : 21 ; Actes 15 : 8 ; 1 Jean 3 : 20.

Quel orgueil de prétendre

  • commander aux anges[17], qui sont les serviteurs de Dieu Lui-même,
  • connaître les profondeurs de l’âme d’une personne,
  • connaître le monde spirituel des démons et de Satan au point de le maîtriser[18]

Il s’agit ni plus ni moins de se faire l’égale de Dieu !

Malheureusement, ceux qui, de bonne foi et en toute sincérité, s’engage dans le « combat spirituel » de la « chasse aux démons » s’épuisent au lieu de se renouveler dans la puissance de Dieu…

Restons fermement attachés à l’enseignement de la Parole de Dieu, à l’évangile de Jésus-Christ, et scrutons les saintes Ecriture chaque jour pour éprouver les enseignements (Ac 17 : 11). Dans les enseignements du combat spirituel, les processus, figurent des prières, des confessions, des renonciations, des listes de contrôle, des « malédictions des ancêtres » à briser… L’implication est simple : l’Evangile n’est pas suffisant pour nous délivrer des malédictions, des démons ou des autres liens spirituels, à moins d’avoir recours à certaines techniques. Au lieu d’avoir recours aux moyens de grâce tout simples que nous offre la Bible, ils nous offrent une liste de techniques et de prières toutes faites, qui doivent « marcher ». Ils ont donc adopté le système de pensée du combat spirituel, et abandonné celui de la Providence divine.


Notes :

[1] Greg Boyd, God At War, (Downers Grove Intervarsity, 1997) 13. Le Dr Boyd définit ainsi le système de pensée du combat spirituel : « Ce système de pensée est centré sur la conviction que tous les aspects de notre vie peuvent être interprétés comme les conséquences d’un combat mené d’une part, dans les lieux célestes, entre des esprits bons et mauvais, amicaux et hostiles et, d’autre part, entre les hommes et les esprits méchants. » Le Dr Boyd refuse le système de pensée de la Providence divine. Il rejette catégoriquement l’idée que les forces des ténèbres sont utilisées par Dieu au service de Ses plans parfaits.

[2] Bob Larson, In The Name of Satan – How the Forces of Evil Work and What You Can Do to Defeat Them, (Nashville Nelson, 1996) 109.

[3] Ibid. 109, 110.

[4] Watchman Nee, L’Homme spirituel, Vol 3. W. Nee dit que la « passivité » est le facteur essentiel qui permet aux démons d’influencer les Chrétiens. Le chapitre « Path To Freedom » a fourni beaucoup d’arguments aux partisans du combat spirituel. Nee enseignait cela il y a des dizaines d’années.

[5] Larson, 48.

[6] Ibid. 80.

[7] Nee, Op. Cit. 90 : « Toutes les actions sont gouvernées par des lois. Si l’on remplit les conditions qui permettent aux esprits méchants d’agir (que ce soit volontairement, comme dans le cas des sorciers ou des médiums, ou que ce soit involontairement, comme dans le cas de Chrétiens ignorants), on leur donne automatiquement le droit d’agir dans notre vie. » Selon les versions modernes de cet enseignement, on ne peut connaître ces lois spirituelles que par des révélations extra-bibliques, comme celles qui nous sont fournies dans le livre de W. Nee !

[8] Larson, 190.

[9] Larson, 190.

[10] Larson, 142.

[11] Larson, 208.

[12] Larson, 208.

[13] Larson, 91.

[14] Larson, 208.

[15] Larson, 133.

[16] Les adeptes de ce type de « combat spirituel » font une différence entre une personne possédée (qui n’est pas chrétienne) et une personne démonisée (personne chrétienne sous l’emprise d’un ou plusieurs démons). Cette différence permet d’affirmer « un chrétien ne peut être possédé ! Il serait démonisé ! Il s’agit en fait d’exactement la même chose… Ce qui est contraire à l’enseignement de la Parole de Dieu.

[17] C’est Jésus qui exécutera le jugement final du monde spirituel : « Et voici, ils s’écrièrent : Qu’y a-t-il entre nous et toi, Fils de Dieu ? Es-tu venu ici pour nous tourmenter avant le temps ? » (Mt 8 : 29). Tout être humain qui prétend disposer lui-même d’un tel pouvoir prétend donc posséder ce qui fait strictement partie des prérogatives divines. Il s’efforce donc d’agir comme Dieu. Voir « 01 Gn 003-005 002 Hérésie de la déification de l’homme »

[18] Voici une histoire que raconte Bob Larson : « Pas à pas, je poussai l’adversaire dans ses retranchements, jusqu’à ce qu’il ne puisse plus résister. Avant que je prononce la condamnation finale de ce démon, il me regarda d’un air interrogateur et me demanda avec curiosité : « Qui t’a donc appris les règles ? » Je lui dis : « Qu’entends-tu par là ? » Il répondit : « Les règles spirituelles qui déterminent ce que nous pouvons, et ne pouvons pas faire. Tu as certainement été instruit par l’un d’entre nous. Je n’ai jamais connu quelqu’un qui connaisse aussi bien les règles que toi ! » (Larson, 205).

L’hérésie de la confession positive

Une des affirmations de base de la doctrine de la « confession positive » est que chaque croyant doit posséder une santé parfaite et la prospérité financière dans le moment présent. De ce fait il doit confesser qu’il possède ces choses dans la foi sans se soucier de l’évidence des faits objectifs : il s’agit d’avoir la foi dans sa foi, ce qui est une hérésie contraire à l’enseignement des Ecritures. Ainsi, d’après cette doctrine, une personne se doit de confesser « par la foi » que son cancer a disparu, même si celui-ci peut être constaté et vérifié matériellement par le chirurgien. Ceci revient à affirmer que « tout chrétien peut avoir ce qu’il dit avoir ». Fait surprenant, cette affirmation s’affranchit de toute vérification de l’harmonie qu’il doit y avoir entre la chose confessée et l’Ecriture.

 

Fred Price[1] enseigne de quelle manière un chrétien devient malade : « En croyant dans ton cœur et en déclarant de ta bouche :  » je pense que je vais tomber malade ». Souviens-toi que Jésus a dit, dans Marc 11 : 23 que si tu crois dans ton cœur et si tu le déclares de ta bouche tu auras ce que tu dis »[2]. Il affirme aussi que « si un enfant de Dieu connaît la maladie, les difficultés financières ou de la mélancolie, c’est parce qu’il n’est pas vrai devant Dieu »[3].

 

Cette doctrine sous tend que les paroles de l’homme ont la même puissance créatrice que la parole de Dieu. Selon Charles Capps[4] « les paroles sont la plus grande puissance de l’univers ». De même que Dieu a créé toutes choses par sa parole, par la foi l’homme transforme les circonstances de sa vie selon les paroles qu’il prononce.

 

Nous pouvons constater 5 problèmes majeurs inhérents à la doctrine de la « confession positive » :

 

1 Mauvais usage de la Parole de Dieu

 

Une malheureuse tendance parmi les adeptes de la « confession positive » consiste à sortir des passages de l’Écriture de leur contexte en ignorant les principes les plus élémentaires de l’étude de texte.

 

L’enseignement intitulé « Le pouvoir de la langue »[5] illustre bien ceci. Le verset 14 de Proverbes 18 y est cité dans la version King James avec une explication erronée. II est dit : « L’esprit de l’homme soutiendra sa faiblesse ; mais qui servira d’appui à un esprit affaibli ? ». On explique ainsi ce verset: « qu’est-ce que cela signifie ? eh bien, seulement ce qu’on lit : c’est que dans notre esprit nous pouvons entretenir les choses mauvaises (qui nous arrivent) ». Malheureusement ceci est presque à l’opposé de la réelle signification du verset. En lisant pratiquement n’importe quelle autre version ou en consultant un commentaire sérieux, l’auteur aurait découvert que Pr 18 : 14 est un hommage aux qualités intérieures d’un homme qui le soutiennent au milieu des infirmités physiques.

 

Un autre exemple est l’usage qu’ils font de Hb 10 : 23 « Retenons solidement la profession de notre foi sans vaciller » (version King James). Au lieu de reconnaître que ce passage se comprend dans le contexte de la justification de l’homme par Dieu au moyen du sang de Jésus-Christ, nombre de « confessants positifs » déclarent que ce passage indique une méthode pour recevoir tout ce qui est confessé avec foi.

 

2 Erreur de compréhension de l’œuvre parfaite de Christ

 

La doctrine de la « confession positive » met souvent l’accent sur les résultats temporels et terrestres de la rédemption sans tenir compte du fait que ces résultats ne sont pas encore réalisés et qu’ils ne sont pas censés l’être. «  …nous aussi, qui avons les prémices de l’Esprit, nous aussi nous soupirons en nous–mêmes, en attendant l’adoption, la rédemption de notre corps.  Car c’est en espérance que nous sommes sauvés. Or, l’espérance qu’on voit n’est plus espérance : ce qu’on voit, peut–on l’espérer encore ? » (Rm 8 : 23 et 24). La perfection de l’œuvre rédemptrice de Christ mentionnée par Esaïe est totale dans son action spirituelle, la purification de l’âme et la libération de l’esprit, mais le croyant ne jouit pas encore de la totalité de cette rédemption dans son corps.

 

3 Déification de l’homme

 

D’après Charles Capps, « l’homme a été créé à l’image de Dieu et à sa ressemblance. II y avait une puissance créatrice qui sortait de la bouche de Dieu or vous avez été créés à l’image de Dieu. Donc, d’après les Écritures et selon ce que Jésus a dit, vous avez le même pouvoir résidant en vous ». Mais les Écritures ne disent pas cela : l’image de Dieu dans l’homme n’inclut pas le pouvoir de créer. Jamais elle ne l’a inclus.

 

Regardons le passage biblique cité par Charles Capps : « Dieu dit : Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre, et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre. » (Gn 1 : 26)

 

  • Le mot traduit par « image » est Ce terme hébreu désigne ce qui constitue la substance de la chose, ce par quoi elle devient ce qu’elle est et qui forme sa réalité, c’est à dire l’intelligence[6] qui vient de Dieu lorsque l’esprit de l’homme retrouve sa totale liberté par l’œuvre expiatrice de Jésus-Christ (Rm 12 : 2 ; Ex 28 : 3, 31 : 3 et 6, 35 : 31 ; Dt 4 : 6 ; 1 Rs 4 : 29 ; Jb 12 : 13 ; Ps 119 : 34 et 73…)[7].

 

  • Ressemblance est la traduction de demouth qui vient de damah qui signifie résoudre, penser, s’imaginer, comparer, juger, décider et ressembler[8].

 

En fait ce verset exprime en quelques mots l’essence même de l’homme, sa caractéristiques propre qui en fait un être à part dans le règne animal : il a une capacité d’analyse, d’imagination, de réflexion mais aussi un accès à la Vie par l’œuvre de Jésus-Christ (Ps 119 : 107, Jn 6 : 35 et 48, 11 : 25, 14 : 6, Ap 21 : 6).

 

Avec ces caractéristiques, Dieu dit à Adam de « remplir la terre et de la soumettre » (Gn 1 : 28). Et il fut placé dans le jardin d’Éden pour « le travailler et en prendre soin » (Gn 2 : 15). Mais nulle part n’est donné à l’homme le pouvoir de créer comme Dieu par la parole ou par un autre moyen.

 

Cette fausse supposition conduit à enseigner que si l’on confesse des choses négatives ou positives celles-ci viennent à exister. Quelqu’un aurait donc la possibilité de créer de la pauvreté ou la maladie, pour lui-même ou pour un autre, s’il s’attend à ces choses et les confesse à voix haute ! Cela revient à déifier l’homme.

 

4 Contradiction avec la foi énoncée dans Hb 11

 

Ironiquement, ceux qui proclament être les vrais docteurs de la foi semblent passer à côté du message d’un des magnifiques textes bibliques sur la foi : Hb 11. D’après la doctrine de la « confession positive », la foi accompagnée de la confession entraîne automatiquement la réalisation concrète immédiate de ce que Dieu a promis. Pourtant la longue énumération des hommes et des femmes de foi de Hb 11 se termine en affirmant que tous ces gens vivaient encore par la foi lorsqu’ils moururent et pour autant ils ne reçurent pas les choses promises ; ils les ont seulement vues et saluées de loin reconnaissant leurs limites terrestres[9] (Hb 11 : 13). Ensuite à la fin du chapitre il est dit : « Tous ceux–là, à la foi desquels il a été rendu témoignage, n’ont pas obtenu ce qui leur était promis » (Hb 11 : 39).

 

5 Négligence de la volonté de Dieu.

 

Ceux qui enseignent la « confession positive », affirment que la « confession positive » est toujours efficace sans se soucier de volonté de Dieu par rapport à ce que l’on confesse. D’après cet enseignement la volonté de Dieu n’entre pas en ligne de compte dans le résultat de la prière ou de la confession.

 

On est en droit de se demander pourquoi, si la « confession positive » est biblique et efficace, il n’est pas enseigné à ceux qui y adhèrent de confesser les choses qui sont clairement la volonté de Dieu :

  • Pourquoi n’enseigne-t-on pas à confesser le salut du monde ?
  • Pourquoi ne confesse-t-on pas la propagation de l’Évangile à des groupes de gens qui n’ont pas encore été atteints ?

 

La foi paraît plutôt limitée, orientée en premier lieu vers les besoins personnels du croyant individuel plutôt que vers la mission que Dieu a confiée à l’Église dans ce monde. Or nous constatons que Jésus n’a jamais prié et obtenu une bénédiction pour Lui. Nous trouvons aussi de nombreux témoignages de disciples de Christ qui, par la prière, ont été des instruments pour la guérison de malades, parfois atteints des mêmes maux qu’eux, alors que leurs prières pour eux-mêmes ne les ont jamais amené à expérimenter la guérison.

 

Pour conclure cette réflexion, citons l’apôtre Paul qui développe l’argument selon lequel il peut y avoir des confessions inexactes : « Ils font profession de connaître Dieu, mais par leurs actes, ils le désavouent » (Tt 1 : 16). Le mot « profession », homologeo, est le même qui a été traduit ailleurs par « confession ». II est possible de faire une confession fausse concernant Jésus ou les promesses de Dieu ou même sur sa propre relation avec Dieu. C’est pourquoi il est primordial que toute profession, à n’importe quel sujet, se fasse en accord avec la vérité et non dans l’erreur.

 

Ce fut la faute que commit l’église de Laodicée, la seule église sur laquelle Jésus n’eut rien de bon à dire. II déclara à cette église, par la bouche de Jean : « Tu dis : je suis riche ; je me suis enrichi et je n’ai besoin de rien ». Telle était sa confession. Jésus continue en disant « Mais tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu » (Ap 3 : 17).

 

La qualité la plus importante pour une confession conforme à la Bible, c’est d’être en plein accord avec Jésus. Prétendre qu’une chose est vraie, ne la rend pas vraie pour autant. Cela conduit seulement la personne qui fait cette confession à être dans la confusion : le mensonge et la vérité deviennent des synonymes !


Notes :

[1] Pasteur américain qui écrit lui-même que l’homme qui l’a le plus influencé dans sa vie est Kenneth Hagin, (l’un des plus fervents enseignants de toutes les hérésies actuelles). Pour justifier son enseignement, il va jusqu’à affirmer que des parties entières de l’Ancien Testament ne sont que des fables et des fictions chaotiques pour illustrer et imager le message biblique.

[2] Fred Price, dans son livre « Comment agit la foi ».

[3] Citation de son livre « Beware! The Lies of Satan » (Prenez garde! Les mensonges de Satan), p. 85.

[4] Charles Capps était agriculteur avant d’entrer dans le ministère de prédicateur

[5] Gem Kakou se présente comme un ministre de l’enseignement. Sa doctrine s’appuie sur la prospérité du chrétien, la confession positive et le combat spirituel

[6] Si cette image avait été matérielle, nous aurions lu le terme rat  toar correspond à la figure de la chose, à ses traits physiques, or il ne s’applique jamais à Dieu. Gn 5-3, Ps 73-20

[7] Nous retrouvons cette idée dans Gn 5 : 3 « Adam, âgé de cent trente ans, engendra  un fils à sa ressemblance, selon son image, et il lui donna le nom de Seth. ». Seth possédait ce qui constitue l’humain dans sa réalité, ce qui est appelé « l’image » d’Adam et « sa ressemblance » comme Adam lui-même avait été créé à « l’image et la ressemblance de Dieu » (Gn 1 : 26). Adam ayant instruit son fils Seth, lui a donné l’intelligence (Rm 3 : 11). Quiconque n’est pas à « l’image et la ressemblance de Dieu » n’est pas un homme, au sens plein du terme, mais un être animé, un animal ayant la figure (rat  toar) de l’homme avec, toutefois, en plus, la domination sur la création (Gn 1 : 28) mais sans l’intelligence  (Rm 3 : 11 ; 2 Pi 2 : 12 et 22).

[8] Il s’agit d’une ressemblance par rapport à une idée ou un sentiment comme « la tristesse de l’un ressemble à celle d’un autre » ; lire Ps 102 : 7 et Ez 1 : 26.

[9] « C’est dans la foi qu’ils sont tous morts, sans avoir obtenu les choses promises ; mais ils les ont vues et saluées de loin, reconnaissant ( homologeo) qu’ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre. » Le terme grec homologeo insiste sur le fait qu’ils étaient pleinement conscients de leurs limites terrestres, comme tous les autres hommes.

Œcuménisme et Anti-Christ

Tous ces nouveaux mouvements oecuméniques qui conduisent des multitudes de chrétiens à lutter contre l’immoralité s’opposent rarement aux fausses doc­trines dans l’Eglise. Par contre, Jésus-Christ et ses apôtres concentraient tous leurs efforts à prêcher la Bonne Nouvelle et à corriger les déviations et les héré­sies à l’intérieur de l’Eglise.

 

N’oublions pas que, d’une manière générale, le mouvement oecuménique prépare, à son insu, « la grande religion mondiale » que l’Antichrist va utiliser dans les temps de la fin pour dominer le monde et amener des multitudes à l’adorer, selon ce qui est écrit : « Et tous les habitants de la terre l’adorèrent, ceux dont le nom n’a pas été écrit dès la fondation du monde dans le livre de vie de l’Agneau qui a été immolé. Si quelqu’un a des oreilles, qu’il entende » (Ap 13 : 8 et 9). La vigilance et le discernement s’imposent plus que jamais !

 

Prenons un exemple : la lette ouverte du pas­teur Bill Randles des U.S.A. adressée à Bill McCartney[1], où il lui dit : « Monsieur McCartney, concernant votre organisation, je reste extrêmement prudent à cause de sa trop grande ouverture à tous. Catholiques, mormons et même les homo­sexuels sont encouragés à « être inclus dans votre mouvement ». Il est vrai que vous cherchez à vous unir avec de nombreuses dénominations, mais vous le faites aux dépens de la saine doctrine. Par contre, lorsque la véritable Eglise de Jésus-Christ prêche et honore la Parole de Dieu, elle sépare les individus. Les uns voudront rester sur le chemin large qui conduit à la destruction et les autres prendront le chemin étroit qui conduit à la vie. Un autre signe inquiétant au sujet de votre mouvement est l’intérêt trop favorable que les médias vous portent. Pourquoi le monde approuverait-il votre organisation, alors que Jésus a dit que le monde nous haïrait comme il l’a haï » (Jn 15 : 18).[2]

 

Il est très difficile de mettre en garde une organisation qui ne présente pas que des mauvais côtés. Toutefois, ce sont précisément les bonnes choses qu’elle apporte qui la rendent dangereuse parce qu’elles cachent l’erreur qui s’y trou­ve. La Parole de Dieu nous avertit que dans les derniers jours, juste avant son retour, l’apostasie s’étendra de plus en plus. Satan est très habile pour persuader les chrétiens de se concentrer sur certaines portions des Ecritures, au détriment des autres. Toute unité fabriquée par l’homme qui discrédite l’importance de la saine doctrine n’aura jamais le sceau de la bénédiction divine, quelle que soit son apparence.

 

Puissent les paroles suivantes de Jésus pénétrer au plus profond de nous-mêmes et renouveler en nous un esprit d’obéissance toujours plus grand à sa Parole « Ceux qui me disent Seigneur, Seigneur ! n’entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux » (Mt 7 : 21).


Notes :

[1] Leader du mouvement des Promise Keepers.

[2] The Inkhorn Magazine, October 95, p. 8

La séduction mortelle de l’amour œcuménique

Aimer l’autre, c’est avant tout vouloir le sauver pour l’éternité.

 

Paul dit du proclamateur de Sa Parole :

 

« Il faut qu’il soit… attaché à la parole authentique telle qu’elle a été enseignée, afin d’être capable d’exhorter selon la saine doctrine et de convaincre les contradicteurs » (Tit. 1 : 9).

 

Cela concerne tous ceux qui prêchent l’évangile.

 

Les foules des derniers temps, comme prophétisé dans la Bible, « ne supportent plus la saine doctrine et, au gré de leurs propres désirs, se donnent maîtres sur maîtres… et se tournent vers les fables » (2 Ti 4 : 3 et 4). Sommes-nous leur complice ? Sommes-nous de ceux qui, par amour des succès d’estrade et avides de gloire humaine et d’offrandes confortables, caressent agréablement les oreilles et envoient en enfer ceux qu’ils prétendent aimer ? Alors, nous sommes devenus des faux prophètes, des loups déguisés en serviteurs de Dieu, qui, par cupidité ou autre motif sordide, ne disent aux gens que ce qu’ils aiment entendre.

 

Aimer l’autre, c’est avant tout vouloir le sauver pour l’éternité. En Apocalypse 3, l’Église de Philadelphie, la seule qui sera « préservée à l’heure de la tentation qui vient sur le monde entier », est la seule « qui a gardé la Parole de Christ ». Ce sera la seule enlevée car ce sera la seule qui, malgré toutes les séductions environnantes de l’amour œcuménique, continuera à marcher dans la vérité.

 

La véritable unité ne peut se faire que « dans l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu » (Eph. 4/13). On baptise aujourd’hui « unité », dans l’Église comme dans le monde, ce qui n’est qu’union artificielle et circonstancielle, ou coalition créée par des hommes, pour des objectifs humains et à partir de valeurs humanistes fluctuantes, censées être une manifestation d’amour.

 

L’unité sans la Vérité divine – aussi intransigeante qu’un couperet – et sans l’amour qui nous est transmis par le Saint-Esprit (Rom. 5/5), n’est qu’utopie.

 

Voici une définition de l’unité selon Dieu :

 

« Enfin, soyez tous animés des mêmes pensées et des mêmes sentiments, pleins d’amour fraternel, de compassion, d’humilité» (1Pi. 3/8).

 

Le véritable amour fraternel, conféré par le Saint-Esprit, conduit donc à avoir les mêmes pensées, les mêmes sentiments, la compassion et l’humilité, certainement pas des arrière-pensées, donc de la défiance secrète qui sont à l’opposé de la Vérité biblique !

Bénédiction de Toronto et manifestations démoniaques

Témoignage du Pasteur G. Williams[1].

 

Après m’être longuement informé sur l’église Vineyard de Toronto, j’ai finalement décidé de m’y rendre en personne pour voir ce qui s’y passait, et qui attirait toute l’attention, non seulement de Toronto, mais dans tout le Canada et même dans le monde entier.

 

En entrant dans l’église de Toronto, mon attention fut immédiatement attirée par un jeune homme d’environ 35 ans, qui était debout à l’arrière de l’église. Il avait les yeux fermés, les bras étendus devant lui. Il les élevait et les abaissait très rapidement, comme s’il maniait le manche d’une ancienne pompe à eau. Il faisait aussi un bruit de moteur d’avion.

(…/…)

Tout son corps tremblait violemment, apparemment sans qu’il puisse le contrôler. Je pris un siège. Peu après, une jeune femme vint s’asseoir à côté de moi et commença à faire les mêmes exercices giratoires avec son corps. Je parcourus du regard la salle, et je vis que beaucoup de gens s’efforçaient « d’entrer dans l’Esprit » de la même manière. Il me sembla que ce phénomène était accepté par tout le monde, et même, je m’en rendis compte plus tard, encouragé.

 

La réunion commença par un moment de « louange et d’adoration. » Les gens semblaient tout à fait libres de lever les bras dans la louange. Les cantiques et les chœurs étaient bien conduits. On pouvait assurément ressentir une atmosphère d’attente. L’auditorium était plein à craquer. Quand la louange fut achevée, on nous conduisit dans la prière.

 

L’un des responsables nous expliqua ensuite qu’il allait demander à plusieurs personnes de partager leur témoignage, pour raconter ce que le Seigneur avait fait pour eux depuis qu’ils étaient venus dans cette église Vineyard. La première personne invitée à monter sur l’estrade fut justement ce jeune homme qui avait attiré mon attention quand je suis entré dans la salle. Apparemment, c’était un prédicateur Baptiste de l’Angleterre. Il vint sur le devant de l’estrade et commença à parler. Après avoir prononcé quelques phrases, il s’écroula à terre en rugissant et en poussant des cris perçants.

 

Le responsable nous assura que tout allait bien. Il nous expliqua que ce rugissement venait du Saint-Esprit… C’était le rugissement du lion de Juda. Cela semblait se produire fréquemment dans leurs réunions. Cette explication me surprit, parce que j’avais rencontré de tels rugissements des centaines de fois au cours de mes réunions tout au long des années passées. Et je peux vous assurer que ces rugissements ne venaient pas du Saint-Esprit. C’étaient simplement des démons qui exprimaient leur angoisse et leurs tourments, parce qu’ils possédaient ou tourmentaient ces gens (Marc 5:7).

 

Je fus plus que surpris par ce manque de « discernement des esprits ». Ce jeune homme fut suivi par trois autres personnes. Dès qu’elles se mirent à donner leur témoignage, elles tombèrent à terre en rugissant et en hurlant. Les responsables se mirent à rire et à louer le Seigneur, puis ils reprirent le cours de la réunion.

 

Ce soir-là, l’orateur était un Pasteur Vineyard des Etats-Unis. Apparemment, il appartenait à l’équipe dirigeante du Mouvement. Il nous dit qu’il avait préparé un message, mais qu’il se sentait conduit à le laisser de côté, et à le remplacer par un meilleur, que le Seigneur venait de lui donner. En commençant son message, il nous dit qu’auparavant il était « bien élevé », mais qu’à présent, il était « oint ». Cela ne me dérange pas du tout qu’un prédicateur mette de côté un message, même si le Saint-Esprit le lui a inspiré, pour en donner un autre, que le saint-Esprit lui inspire sur le moment. Cependant, si un prédicateur me dit qu’il met de côté son intellect et qu’il utilise le Saint-Esprit pour justifier un message douteux et confus, je pense qu’il y a là un problème, car l’onction du Saint-Esprit n’est pas incompatible avec le fait d’être bien élevé. En fait, le Saint-Esprit utilise très bien notre éducation, quand c’est Lui qui nous dirige.

 

Pour nous prouver que son nouveau message était bien conduit par le Saint-Esprit, l’orateur ponctuait sa prédication, de temps en temps, par de brefs soubresauts de sa tête, de ses épaules et de ses mains, accompagnés d’un roulement de ses yeux. À chaque fois, il disait : « L’onction du Saint-Esprit est toujours avec moi ! » Je crois que l’onction se démontre par le message lui-même, et non par des secousses physiques ou des manifestations spéciales, qui peuvent ou non accompagner ce message.

 

L’orateur conclut son message en nous disant que le Saint-Esprit était en train d’agir au milieu de nous, et que tous ceux qui ressentaient des tremblements, des secousses quelconques, ou une insensibilité de leurs membres, devaient comprendre que ces manifestations venaient du Saint-Esprit. Il demanda à tous ceux qui ressentaient ces manifestations de lever la main, pour qu’un membre de leur équipe pastorale vienne prier pour eux. Beaucoup de gens commencèrent à manifester un tremblement incontrôlable de leur corps. Beaucoup tombèrent à terre en rugissant et en poussant de grands cris. D’autres se mirent à rire à gorge déployée. Je pus marcher à mon aise dans toute la salle pour observer ce qui se passait.

 

Il ne fait aucun doute que si ces gens étaient à la recherche d’une expérience religieuse, ils étaient en train d’en vivre une, qui était complètement différente de celles qu’ils pouvaient avoir dans une église évangélique, pentecôtiste ou charismatique traditionnelle. Même s’il y avait certaines ressemblances.

 

En observant ce qui se passait dans cette église Vineyard, beaucoup de gens pourraient en conclure que, même si tout cela semblait assez différent de ce qui se passait dans la plupart des églises, c’était probablement bon, et que cela venait sans doute de Dieu. Après tout, les gens venaient ici du monde entier, et repartaient dans leurs églises pour y répandre ce qu’ils avaient reçu à Toronto !

 

Je retournai à l’église de Toronto le 17 novembre, dans l’après-midi, pour une conférence réservée aux Pasteurs et responsables d’églises. Voici le programme : louange, adoration, prière, et message donné par un ancien professeur d’un Institut Biblique de Dallas, dirigeant du Mouvement Vineyard, qui était à présent Pasteur d’une Eglise Presbytérienne.

(…/…)

Ce message fut bien reçu, et se conclut par une (prétendue) parole de connaissance invitant ceux qui le désiraient à s’approcher, pour qu’ils soient guéris de divers problèmes de santé. La réponse fut positive. Là encore, un peu partout dans l’assistance, des gens ont commencé à trembler d’une manière incontrôlable. Plusieurs tombèrent à terre.

 

Je crois que le ministère de l’église Vineyard de Toronto doit être évalué et examiné à la lumière des Ecritures. Nous ne pouvons pas nous contenter de l’écarter d’un revers de main, comme certains ont tenté de le faire pour les premiers disciples, le jour de la Pentecôte, en disant qu’ils étaient ivres. Mais nous devons l’évaluer et l’examiner, pour voir ce qui est de Dieu et ce qui ne l’est pas. Jacques a dit, en parlant de la bouche : « De la même bouche sortent la bénédiction et la malédiction. Il ne faut pas, mes frères, qu’il en soit ainsi. La source fait-elle jaillir par la même ouverture l’eau douce et l’eau amère ? Un figuier, mes frères, peut-il produire des olives, ou une vigne des figues ? De l’eau salée ne peut pas non plus produire de l’eau douce (Jc 3:10-12). On pourrait dire de même en ce qui concerne la louange et l’exercice du ministère. Si un ministère produit à la fois la bénédiction et la malédiction, nous devons l’examiner pour voir d’où cela provient afin de sonder les Ecritures (Jn 5 : 39 et Ac 17 : 11) et de juger de tout au travers de celles-ci.

.———-

Note :

[1] Le Pasteur G. Williams a exercé son ministère pendant plusieurs années en compagnie du Pasteur David Mainse, à l’Eglise du 100, Huntley Street, à Kitchener, au Canada. Il a ensuite été Pasteur de l’Eglise du Bon Samaritain, dans la même ville. Il exerce à présent un ministère d’évangéliste dans tout le Canada.

Comparaison des manifestations de Toronto et de la Kundalini

(Pour ceux qui ne connaissent pas la kundalini : Voir « « Le yoga et ses implications » et « Le yoga et ses manifestations par la Kundalini »)

 

Voici une comparaison des manifestations de Toronto, de Pensacola ou encore de Bromptom (Angleterre) telles qu’elles sont décrites par des témoignages vécus, par des journalistes ou encore par ceux-là mêmes qui prêchent ces « bénédictions » :

 

Manifestations de Toronto et de Pensacola[1] Manifestations de la Kundalini
Rires incontrôlables « Rire et pleurer sont aussi involontaires et incontrôlables que des hoquets »
Lévitations, projections et tremblements Lévitations, projections, tremblements, secouements
Mouvements involontaires du corps dans des positions étranges (parfois même yoguiques) Maintiens ou déplacements du corps de manières curieuses et peu banales
« état de repos dans l’esprit » Etats spontanés de transe
Hurlements d’animaux, cris Hurlements, grognements, cris
Comme ivre dans l’esprit, spasmes Mouvements convulsifs ou spasmes musculaires
Visions reçues en état de « repos dans l’esprit » Conseils reçus par des voix intérieures, des visions et des rêves
Confusion mentale, troubles de la mémoire Confusion mentale, difficulté de concentration
Sentiment de chaleur et d’énergie circulant dans le corps Précipitation de l’énergie qui circule dans le corps
Sauts sur place ou en se déplaçant Danses rituelles
Ressenti d’odeur agréables et de parfums Expériences de sortie du corps durant lesquels il y a perception d’odeurs d’encens et de fleur

 

Il y a aussi similarité sur la façon de recevoir « la puissance » :

 

Comment reçoit-on la bénédiction dans les églises de Toronto et de Pensacola Comment reçoit-on la Kundalini
Par l’imposition des mains de n’importe qui Par l’imposition des mains durant le « Shakti-Pat »

 

Qui peut envoyer la bénédiction Qui peut transmettre la Shakti-Pat
Toute personne qui l’a elle-même reçu d’un « Béni »[2] N’importe qui, s’il a reçu ce pouvoir du Gourou ou de l’un de ces élèves.

Notes :

[1] Ces manifestations ne sont pas des « inventions modernes » car nous les retrouvons dans différents mouvements qui prônaient un réveil spirituel profond.

[2] Ceux-ci s’appellent Arnott, benny Hinn, Rodney Browne, Rick Joyner etc…

Des âmes sauvées, certes, mais trompées

Pour être parfaitement juste et honnête, il faut dire que plusieurs observateurs ont assisté aux réunions de l’évangéliste Stephen Hill et ont remar­qué qu’il prêchait souvent l’Evangile d’une manière claire. Après la prédication, une invitation est offerte pour accepter Christ. Beaucoup répondent à l’appel. Des âmes perdues sont sauvées et nées dans le royaume de Dieu. Il existe pour­tant un dilemme. Elles sont sauvées oui, mais dans quelle conditions et dans quel contexte ?[1]

 

Si notre hôpital local faisait fi de toutes les règles élémentaires d’hygiène, serions-nous tout de même conten­ts et satisfaits de nous y faire soigner, tout simplement parce que c’est un lieu de soin ? Ne serions-nous pas au contraire parmi les premiers à demander au personnel de cet hôpital de prendre ses responsabilités et de nettoyer les lieux de fond en comble, afin que la santé des malades ne soient pas mise en dan­ger ? La joie de se voir soigné ne serait-elle pas suivie de lendemains dra­matiques ?

 

Il en est de même des nouveaux convertis qui viennent à Christ dans un contexte douteux et malsain, où des enseignements erronés et des pratiques étranges leur sont imposés dès leur nouvelle naissance. Les réjouissances momentanées de la conversion se transformeront tôt ou tard en drame. Ignorer ce contexte et affirmer que l’important est de voir des âmes sauvées, c’est faire preuve d’une grande irresponsabilité de la part du prédicateur qui aura des comptes à rendre au Seigneur. Tout nouveau converti a bien sûr, lui aussi, sa part de responsabilité. Il doit apprendre à contrôler, dès le début de sa vie chrétien­ne, toute expérience et tout enseignement à la lumière des Ecritures. Il doit être prêt, si nécessaire, à se séparer de ceux qui prêchent des fausses doctrines (Ac 17:11 ; Rm 16:17).

 

Les pasteurs ne peuvent ignorer les enseignements clairs du Seigneur et avoir en même temps la pleine approbation divine sur leurs ministères. Jésus a bien précisé à ses disciples comment ils devaient prendre soin des « nouveaux conver­tis » et bâtir son Eglise. Il leur a ordonné : « Allez, faites de toutes nations des dis­ciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit » (Mt 28:19).

 

Comment se fait-il qu’une séduction aussi évidente puisse induire en erreur autant de pasteurs et de chrétiens ? Manifestement, cela ne peut se faire que si tout est présenté ou fait « au nom de Jésus ». Une telle chose ne s’avère possible que par la manifestation d’une certaine « puissance » qui semble glorifier Jésus-Christ, mais qui, en réalité, n’a pas de fondements bibliques. C’est là que se trouve le piège dans lequel beaucoup tombent, car il est insuffisant de faire une chose « au nom de Jésus », si celle-ci n’est pas conforme à la Parole de Dieu. Rappelons-nous que toute manifestation de puissance qui semble glorifier Jésus, mais qui est sans fondements bibliques, doit être rejetée catégoriquement.

 

Ainsi, accepter la pensée qu’une chose peut être permise dans l’Eglise, même si elle n’est pas mentionnée dans les Ecritures, ouvre la porte toute grande à toutes sortes de séductions et d’hérésies qui ne peuvent plus être contrôlées. Si c’était le cas, le Saint-Esprit serait lui-même l’auteur de la confusion. Bien au contraire, la Parole de Dieu est, et demeurera toujours, l’autorité finale en matiè­re de doctrine et de pratiques.

 

Le « réveil de Pensacola » a créé chez beaucoup de chrétiens un changement radical dans leur conception de l’autorité des Ecritures, de l’œuvre de Christ, du caractère du Saint-Esprit et des manifestations spirituelles dans l’Eglise. Ce changement d’attitude est nouveau et déterminant. Il permet à de « nouvelles visitations » totalement extérieures à la Bible de s’infiltrer et de s’établir dans le Corps de Christ. Soyons donc sur nos gardes, car celles qui viendront seront de plus en plus séduisantes, dangereuses et destructrices pour la foi du chrétien en particulier et pour son Eglise en général. Retenons fermement ce que nous avons, afin que personne ne nous ravisse notre couronne ! (Ap 3:11)


Note :

[1] The Quaterly Journal, April-June 1997