Les changements opérés par la nouvelle naissance

L’expérience de la nouvelle naissance, ou régénération, affecte en profondeur tous les domaines de notre vie. Il est important d’insister sur ce point car beaucoup de chrétiens, et même de prédicateurs, négligent ces réalités fondamentales.

  1. Par la régénération, notre esprit est libéré.

Nous avons désormais une perspective totalement nouvelle de nous-mêmes et du monde. Combien de fois n’avez-vous pas entendu une personne nouvellement convertie s’écrier avec conviction : « J’étais spirituellement aveugle et maintenant je vois ».

  • Par la régénération, notre cœur est purifié.

Dieu nous a promis par la bouche du prophète Ezéchiel : « Je vous purifierai de toutes vos souillures » (Ez 36 : 25). L’apôtre Paul rappelle aux Corinthiens cette même vérité : « Mais vous avez été lavés, mais vous avez été sanctifiés, mais vous avez été justifiés au nom du Seigneur Jésus-Christ et par l’Esprit de notre Dieu » (1 Co 6 : 11). Par la nouvelle naissance, Dieu a donné au chrétien une nouvelle disposition intérieure pour mener une vie totalement différente, désormais consacrée au Seigneur.

  • Par la régénération, de nouveaux désirs sont créés en nous.

« Nous nous affectionnons aux choses d’en haut » (Col 3 : 1 et nos aspirations profondes sont désormais d’adorer Dieu, de connaître les Ecritures, de servir et d’honorer notre Sauveur et Maître.

  • Par la régénération, notre corps ne nous appartient plus, mais il appartient à Dieu.

« Que le péché ne règne donc point sur votre corps mortel et n’obéissez pas à ses convoitises. Ne livrez pas vos membres au péché, comme des instruments d’iniquité ; mais donnez-vous vous-mêmes à Dieu, comme étant vivants de morts que vous étiez et offrez à Dieu vos membres, comme des instruments de justice. Car le péché n’aura point de pouvoir sur vous, puisque vous êtes, non sous la loi, mais sous la grâce » (Rm 6 : 12 à 14).

Les prédicateurs de la « délivrance » disent le contraire. Ils affirment que c’est parce que les chrétiens sont « démonisés » ou sous une « domination démoniaque » qu’ils sont incapables de vivre une vie d’obéissance à Dieu. Il n’y a donc, selon eux, aucune possibilité d’obéir tant que les démons n’ont pas été chassés de leur vie.

Les Ecritures disent tout à fait autre chose. Elles déclarent que c’est à cause de notre chair et d’un manque de soumission au Saint-Esprit que nous ne vivons pas une vie chrétienne victorieuse.

Nous étions esclaves du péché (Rm 6 : 17) mais maintenant nous sommes libres afin de vivre pour le Seigneur. Certes, il est encore possible qu’un chrétien commette des péchés mais il ne peut plus s’y complaire comme auparavant, parce que la Bible dit : « Quiconque est né de Dieu ne pratique pas (ποιεω poieo) le péché, parce que la semence de Dieu demeure en lui » (1 Jn 3 : 9). L’emploi du verbe grec ποιεω poieo, pratiquer et de la particule ου ou, la négation absolue, signifie qu’une personne née de nouveau « ne continue pas de pratiquer volontairement le péché ». Il peut arriver qu’un chrétien pèche mais ce n’est pas parce qu’un démon l’a forcé ou qu’il est habité par un mauvais esprit, c’est parce qu’il l’a bien voulu.

Notre corps est le temple du Saint-Esprit et aucun démon ne peut cohabiter avec l’Esprit de Dieu.

La Bible déclare que notre corps est aussi le temple du Saint-Esprit. (1 Co 6 : 19 et 20). Cette déclaration des plus étonnantes est à redécouvrir. Comme le Dieu vivant habitait dans le Tabernacle et le Temple de Salomon, le Saint- Esprit habite aujourd’hui dans le corps du vrai chrétien. L’apôtre n’a jamais parlé d’un démon qui pourrait cohabiter dans le corps de celui-ci. L’accent est mis, au contraire, sur la présence sacrée de l’Esprit Saint en lui, et c’est pour cette raison qu’il affirme ne plus s’appartenir à lui-même mais entièrement à Dieu.

Jadis, tous les ustensiles dans le temple étaient consacrés uniquement à Dieu ; aujourd’hui, il en va de même pour tous les membres de notre corps, car nous sommes le temple du Saint-Esprit et à ce titre nous devons être entièrement consacrés à Dieu et non plus nous souiller par l’impureté quelles qu’en soient les formes.

Désormais, notre corps lui appartient et nous aurons un jour des comptes à lui rendre sur ce sujet. Nous avons été rachetés à un grand prix. Si nous reconnaissons que nous ne nous appartenons plus à nous-mêmes, mais à Christ, alors nous sommes libres de faire tout pour Lui plaire : nous utiliserons notre corps pour honorer Dieu.

  • Par la régénération, notre relation avec le péché et Satan est radicalement changée.

Le salut n’inclut pas seulement la délivrance de l’esclavage du péché mais aussi celle de la domination de Satan sur notre vie. Tous les hommes sans Christ sont dans les ténèbres et pratiquent leurs œuvres infructueuses (Ep 5 : 11). Ils appartiennent au royaume des ténèbres et sont sous sa domination (Col 1 : 13). Ils sont sous l’influence de Satan, le chef de ce royaume. Par contre, l’apôtre Paul remercie Dieu de ce que nous, les chrétiens nés de nouveau, avons été délivrés de « la puissance des ténèbres » et avons « été rendus capables[1] d’avoir part à l’héritage des saints dans la lumière » (Col 1 : 12 et 13).

Ces 5 points montrent qu’à sa conversion, le chrétien est totalement et glorieusement délivré de l’esclavage et de la domination du pouvoir des ténèbres. Les partisans de la doctrine du chrétien « démonisé » ont une fausse notion de ce qu’est véritablement la nouvelle naissance. Ils sous-estiment ou méconnaissent la puissance transformatrice et libératrice de la croix et du Saint-Esprit dans la vie de l’enfant de Dieu.


Note :

[1] Dans le passage de Colossiens, le terme traduit par « rendus capables » est ικανοω hikanoo qui signifie « rendre suffisant, équiper quelqu’un d’un pouvoir adéquat pour accomplir son œuvre ». Ce passage rejoint celui de 1 Co 12 : 9 « Ma grâce de suffit car ma puissance s’accomplit dans la faiblesse »

La position céleste du chrétien en Christ

Le danger, dans le combat spirituel, consiste à ne pas prendre assez au sérieux les ruses de l’ennemi et, par conséquent, à négliger de revêtir l’armure spirituelle d’Ephésiens 6, indispensable pour combattre le bon combat de la foi. En mettant abusivement l’accent sur le diable, on n’est pas des plus sages et en l’ignorant complètement, on ne l’est pas plus. Dieu nous a préparé tout un arsenal d’armes spirituelles pour une parfaite protection de ses soldats, et cela de la tête aux pieds. Il est important pour chacun d’entre nous de connaître l’efficacité de cette armure, et pour cela d’en étudier attentivement les sept armes.

Rappelons cependant qu’aucun chrétien ne peut sérieusement prendre part à ce conflit d’Ephésiens 6:10-20, sans avoir auparavant appris à se reposer sur le Christ ressuscité et ce qu’il a accompli à la croix, comme cela est enseigné dans les chapitres un et deux de cette même épître. Il est aussi vital pour lui, avant qu’il ne s’engage dans ce combat, de réaliser sa position d’autorité en Christ « assis avec Christ dans les lieux célestes » au-dessus de toute domination et de toute auto­rité (Ep 1:18-23; 2:6).

C’est seulement « en Christ » que les chrétiens sont victorieux.. Cette expression « en Christ » apparaît 160 fois dans les écrits de l’apôtre Paul et 36 fois dans l’épître aux Ephésiens. Elle signifie d’abord que le chrétien jouit d’une communion personnelle avec son Sauveur, et ensuite qu’il possède un glorieux héritage que le diable veut à tout prix lui ravir. Quel est donc cet héritage qui lui permettra de glori­fier Dieu ici-bas et de résister victorieusement aux attaques de Satan? En voici une liste partielle que l’on trouve précisément dans l’épître aux Ephésiens :

1. En Christ, nous sommes bénis de nombreuses bénédictions spirituelles (Ep 1:3).

2.    En Christ, nous sommes aimés (Ep 1:4-6; 2:4).

3.    En Christ, nous sommes pardonnés (Ep 1:7).

4.    En Christ, nous sommes délivrés de la domination de Satan (Ep 1:7).

5.    En Christ, nous sommes au bénéfice de sa sagesse (Ep 1:8).

6.    En Christ, nous avons été enrichis (Ep 1:11).

7.    En Christ, nous sommes en sécurité (Ep 1:13).

8.    En Christ, nous avons reçu une nouvelle vie (Ep 2:4-6).

9.    En Christ, nous sommes ressuscités avec Lui (Ep 2:6).

10.  En Christ, nous sommes assis avec Lui dans les lieux célestes (Ep 2:6).

11.  En Christ, nous sommes les objets de sa grâce (Ep 2:7).

12.  En Christ, nous sommes son chef-d’oeuvre (Ep 2:8).

13.  En Christ, nous sommes sauvés pour pratiquer de bonnes oeuvres (Ep 2:10).

14.  En Christ, nous sommes membres de la famille de Dieu (Ep 2:19).

15.  En Christ, nous sommes l’habitation de Dieu par son Esprit (Ep 2:22).

Devant une telle abondance de bénédictions divines accordées à chacun d’entre nous, il y a de quoi abandonner toute crainte et toute plainte, pour être de plus en plus débordant de reconnaissance et de louanges envers notre merveilleux Rédempteur. L’ennemi fera tout pour contester et chercher à nous ravir les innombrables richesses que nous possédons en Christ. Voilà pourquoi Dieu nous a préparé une armure invincible pour lui résister victorieusement.

Cette armure de Dieu est déjà toute prête, mais nous avons la respon­sabilité de nous revêtir de toutes les armes de Dieu, si nous voulons tenir ferme dans le mauvais jour qui, tôt ou tard, viendra. Remarquons que l’apôtre Paul, dans ce passage, ne parle pas du tout de combat spirituel contre « des esprits territoriaux » ou « des hommes forts » à lier, mais il met l’accent sur les ruses du diable à éviter à tout prix.

A ce propos, relisons les sérieuses exhortations qu’il nous adresse « Au reste, fortifiez-vous dans le Seigneur, et par sa force toute-puissante. Revêtez-vous de toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir tenir ferme contre les ruses du diable. Car nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes. C’est pourquoi, prenez toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir résister dans le mauvais jour, et tenir ferme après avoir tout surmonté. Tenez donc ferme : ayez à vos reins la vérité pour ceinture; revêtez la cuirasse de la justice; mettez pour chaussures à vos pieds le zèle que donne l’Evangile de paix; prenez par-dessus tout cela le bouclier de la foi, avec lequel vous pourrez éteindre tous les traits enflammés du malin; prenez aussi le casque du salut, et l’épée de l’Esprit, qui est la Parole de Dieu. Faites en tout temps, par l’Esprit, toutes sortes de prières et de supplica­tions. Veillez à cela avec une entière persévérance, et priez pour tous les saints. Priez pour moi, afin qu’il me soit donné, quand j’ouvre la bouche, de faire connaître hardiment et librement le mystère de l’Evangile, pour lequel je suis ambassadeur dans les chaînes, et que j’en parle avec assu­rance comme je dois en parler » (Ep 6:10-20).

Seule la repentance produit la délivrance

Dans le livre des Actes, les apôtres insistaient particulièrement sur le sujet de la repentance, car c’est la clé de la délivrance. Voilà pourquoi leur prédication était puissante et percutante. Elle produisait des résultats durables, des transformations radicales et des délivrances extraordinaires dans la vie de ceux qui recevaient l’Evangile. Les apôtres enseignaient immédiatement aux nouveaux convertis l’abandon définitif de tout péché, de toute passion secrète ainsi que de toutes pratiques occultes de quelque nature qu’elles soient. La magie, la sorcellerie, l’occultisme sont entre autres des activités sataniques totalement incompatibles avec la foi chré­tienne.

Il est intéressant de remarquer comment l’apôtre Paul a agi pour apporter la délivrance aux nouveaux convertis d’Ephèse qui avaient pratiqué l’occultisme. Sa méthode consistait à conduire aussitôt les gens à se repentir de toutes leurs pratiques occultes, à rompre définitivement avec elles en les détruisant sans ménagement ni compromis. Une vraie repentance au moment même de la conversion était la clé de la déli­vrance.

La Bible déclare à ce sujet: «Plusieurs de ceux qui avaient cru venaient confesser et déclarer ce qu’ils avaient fait. Et un certain nombre de ceux qui avaient exercé les arts magiques, ayant apporté leurs livres, les brûlè­rent devant tout le monde : on en estima la valeur à cinquante mille pièces d’argent. C’est ainsi que la Parole du Seigneur croissait en puissance et en force » (Ac 19:18-20).

Remarquez dans cette dernière partie de verset, l’influence puissante de la Parole de Dieu lorsqu’elle est prêchée, courageusement et sans aucun compromis. Dans le texte grec, l’expression «puissance et force » dénote une action de domination et de force. Cela sous-entend le combat d’une armée puissante et triomphante en train de chasser l’ennemi et d’oc­cuper la place; cette expression véhicule l’image d’un conquérant déployant une grande manifestation de puissance. Oh, si nous étions un peu plus conscients de l’efficacité extraordinaire de la Parole de Dieu que nous proclamons! Nos vies et nos ministères de témoins en seraient profondément boule­versés. C’est la Parole de Dieu qui libère et transforme les vies! Partout où elle était répandue, proclamée fidèlement par les apôtres et reçue avec foi, le Seigneur la confirmait par de magnifiques conversions et délivrances. « La Parole de Dieu se répandait de plus en plus, le nombre des disciples augmentait beaucoup à Jérusalem… » (Ac 6:7). «Cependant la Parole de Dieu se répandait de plus en plus, et le nombre des disciples augmentait» (Ac 12:24).

Examinons une situation où les apôtres Pierre et Jean ne purent rien faire pour délivrer quelqu’un, précisément parce qu’il n’y avait pas de repentance dans le coeur de la personne concernée. Le livre des Actes (8:9-11, 18-24) mentionne un incident important nous révélant le comportement des apôtres face à une personne qui avait pratiqué la magie.

Simon le magicien avait impressionné un grand nombre de gens et il exerçait sur eux une grande influence. Cependant, en voyant à l’oeuvre la puissance de Dieu, il se mit à croire, lui aussi. « Lorsqu’il vit que le Saint-Esprit était donné par l’imposition des mains des apôtres, il leur offrit de l’argent en disant : Accordez-moi aussi ce pouvoir, afin que celui à qui j’imposerai les mains reçoive le Saint-Esprit. Mais Pierre lui dit : Que ton argent périsse avec toi puisque tu as cru que le don de Dieu s’acquérait à prix d’argent. Il n’y a pour toi ni part ni lot dans cette affaire, car ton coeur n’est pas droit devant Dieu. Repens-toi donc de ta méchanceté, et prie le Seigneur pour que la pensée de ton coeur te soit pardonnée, s’il est possible » (Ac 8:18-22).

Notez bien ce qui s’est alors réellement passé. Aucun ministère de déli­vrance n’a été pratiqué sur lui, comme cela aurait été fait automatiquement par certains chrétiens actuels. Que fit 1’apôtre Pierre ? Il a exhorté Simon à se repentir, après lui avoir déclaré qu’il ne pouvait avoir aucune part dans ce ministère. Il s’agissait bien là d’un problème de droiture de coeur et non d’un problème de démons à confronter. La solution que l’apôtre Pierre lui a proposée était celle-ci : « Repens-toi donc de ta méchanceté et prie… ». Il en a toujours été ainsi : pas de délivrance sans repentance.

Les attaques extérieures de l’ennemi

S’agissant du chrétien, la Bible nous révèle que Satan et ses démons demeurent pour lui des ennemis agissant de l’extérieur. Nous sommes dans un combat spirituel contre les forces sataniques qui cherchent des occasions favorables pour nous attaquer. L’exhortation divine est toujours de résister nous-mêmes à un ennemi extérieur, non à appeler quelqu’un pour nous exorciser (Jc 4:7; 1 Pi 5:8-9). Il y a une grande différence entre être attaqué par un démon et être habité par celui-ci. La première attaque de l’ennemi vient de l’extérieur, tandis que dans l’autre cas, l’ennemi exerce son influence de l’intérieur C’est précisément l’amalgame de ces réalités qui ont conduit certains chrétiens à croire qu’un chrétien pouvait être « démonisé » (habité par un démon).

Jésus a résisté à Satan en lui citant les Ecritures (Matthieu 4). Nous aussi, nous devons utiliser la Parole de Dieu pour résister au diable et à ses démons, en demeurant fermes dans la foi (1 Pi 5:8-9). C’est alors que le bouclier de la foi éteindra tous les traits enflammés du malin (Ep 6:16).

L’exemple de l’écharde de l’apôtre Paul nous montre que les chrétiens aussi peuvent subir des attaques extérieures de l’ennemi, mais sans être sous sa domination. Cette écharde provenait d’un ange de Satan pour le souffleter (2 Co 12:7). Paul a prié à trois reprises que le Seigneur veuille l’éloigner de lui, mais cela lui a été refusé et Dieu lui a déclaré que sa grâce lui était plei­nement suffisante. L’attaque venait donc de l’extérieur, et il est important de préciser que Paul ne chercha pas à en être délivré par l’exorcisme.

Quelles sont alors les leçons indispensables que chaque chrétien doit apprendre des attaques de l’ennemi au travers de l’écharde de Paul?

a) La Bible ne précise pas exactement la nature de cette écharde, mais plutôt son origine. L’écharde demeure imprécise afin que tous les chré­tiens, dans leur combat spirituel, appliquent personnellement à leur vie, les leçons spirituelles découlant de ce récit.

b) Celle-ci était attribuée à une attaque démoniaque venant de l‘exté­rieur, permise et cependant contrôlée par Dieu (Job 2:1). Satan ne peut pas agir contre un vrai chrétien sans la permission divine, et « Dieu qui est fidèle, ne permettra pas que nous soyons tentés au-delà de nos forces; mais avec la tentation il préparera aussi le moyen d’en sortir, afin que vous puissiez la supporter » (1 Co 10:13).

c) Cette écharde avait pour but d’empêcher l’apôtre Paul de s’enor­gueillir à cause des révélations exceptionnelles qu’il avait reçues. Le Seigneur sait comment équilibrer notre vie. Si nous n’avions que des bénédictions, nous pourrions devenir orgueilleux; c’est la raison pour laquelle les épreuves nous sont nécessaires. L’expérience extraordinaire de Paul dans le ciel aurait pu ruiner son ministère sur la terre. Ainsi, le Seigneur, dans sa bonté, a permis à Satan de le souffleter afin de le garder humble.

d) Souvent, lorsque le Seigneur répond par un refus à une prière sincère, quelque chose de bien meilleur est accordé.

e) Elle a rendu Paul encore plus dépendant de son Seigneur et, par conséquent, plus fort pour accomplir sa volonté. Elle n’était pas un obstacle pour sa vie spirituelle, comme il l’avait pensé, mais une occasion pour le glorifier davantage dans son ministère.

f) La grâce de Dieu est ce qu’il a préparé pour pourvoir à chacun de nos besoins, et juste au moment où cela nous est le plus nécessaire.

Ainsi, la « grâce » accordée à Paul dans son épreuve était la présence du Seigneur, son soutien fidèle et sa puissance toujours disponible. C’est encore aujourd’hui le secours céleste accordé à tout chrétien qui crie à Dieu dans sa faiblesse extrême. Cette « grâce » sera communi­quée à tous ceux qui sont décidés à rester fermes et fidèles dans le combat de la foi, quelles que soient les oppositions de l’adversaire. Plus notre faiblesse, nos épreuves et nos tribulations sont grandes, plus la grâce de Dieu et le secours divin nous seront accordés proportion­nellement pour accomplir sa volonté. Ce qu’il nous donne est toujours suffisant pour vivre chaque jour notre vie chrétienne, pour oeuvrer à son service et pour endurer les souffrances qui en découlent. Tant que nous rechercherons sincèrement sa face, le Seigneur nous donnera force et consolation divines.

Avec l’apôtre Paul, nous pourrons alors affirmer avec conviction « C’est pourquoi je me plais dans les faiblesses, dans les outrages, dans les calamités, dans les persécutions, dans les détresses, pour Christ; car, quand je suis faible, c’est alors que je suis fort » (2 Co 12:10). C’est lorsque nous sommes conscients de notre propre faiblesse que nous comp­tons le plus sur la puissance de Dieu, et que nous sommes vraiment forts. Notre faiblesse sera notre force afin que toute la gloire revienne unique­ment à notre Sauveur.

Notre Dieu est souverain. Il peut même utiliser les « attaques » du malin pour fortifier notre foi et nous rendre plus efficaces à son service. Gloire à notre Tout-Puissant Rédempteur!

Etre tenté et non forcé à pécher

Même dans le cas douteux d’Ananias et Saphira (Actes 5:1-10), que ceux qui affirment qu’il existe un « ministère de délivrance » utilisent souvent pour prouver que des chrétiens peuvent être « démonisés » ou avoir en eux un démon, l’apôtre Pierre n’a pas effectué ce qu’ils feraient aujourd’hui. Il déclara à Ananias: «Pourquoi Satan a-t-il rempli ton coeur, au point que tu mentes au Saint-Esprit » (v. 3). Selon eux, Satan serait entré en lui et aurait mis ensuite des mauvaises pensées dans son coeur. Mais ce n’est pas ce qui s’est produit. En réalité, Satan a seulement mis une mauvaise pensée dans le coeur d’Ananias. S’il en avait physiquement pris le contrôle, Ananias n’aurait pas été responsable.

Et pourtant, même en admettant cette possibilité, pourquoi l’apôtre Pierre poursuit-il en demandant à Ananias : «… Comment as-tu pu mettre dans ton coeur un pareil dessein? » (Ac 5:4). Pierre impute à Ananias la faute et non à Satan.

Ananias a d’abord eu lui-même de mauvaises pensées dans son propre coeur, puis il a conçu un plan pour tromper Dieu. Et c’est seulement ensuite que Satan a utilisé cette faille pour l’encourager à accomplir ce funeste dessein. Ananias pouvait résister à cette tentation du diable. Il a été mis devant ce choix. De toute évidence, il n’a pas résisté et a payé cher les conséquences de son péché. Le fait qu’il pouvait choisir, prouve juste­ment qu’il était maître de lui-même et non « démonisé » ou sous une «domination » démoniaque comme le suggèrent certains. De toute façon, Pierre n’a pas réglé ce problème en cherchant à chasser un démon de la vie d’Ananias. Ce récit montre de toute évidence que les démons peuvent nous tenter afin de nous pousser à pécher, mais ils ne peuvent en aucune manière nous forcer à le faire.

Tous les autres passages bibliques, que ce soit dans les Actes ou dans les Epîtres, révèlent une constance absolue : les apôtres n’ont jamais cherché à régler les cas, même les plus litigieux, des chrétiens en chassant des démons de leur vie. Les moyens qu’ils ont utilisés pour conduire les chrétiens sur le chemin de la victoire ont toujours été la repentance, la discipline, l’obéissance, la fidélité à la Parole de Dieu, la persévérance, la fermeté dans la foi, le pardon, la marche par l’Esprit, la nécessité de se revêtir de toutes les armes de Dieu.

Certes, bien des chrétiens ont été délivrés de certains problèmes, mais ils se figurent, à tort, avoir été délivrés de démons ayant habité en eux. Par ignorance, on peut donner une mauvaise interprétation de ce qui s’est passé. C’est pourquoi, il nous faut sans cesse examiner les Ecritures pour vérifier si ce que nous venons de vivre est vraiment conforme avec ce que la Bible enseigne.

Quelques-uns, par exemple, enseignent que puisque la Bible parle d’un esprit de timidité, toute délivrance de la timidité doit forcément passer par l’expulsion de cet esprit de timidité. Mais un examen sérieux du même passage dans 2 Timothée 1 : 7, nous parle aussi d’un esprit de force, d’amour et de maîtrise de soi. Si certains prédicateurs interprètent la timi­dité comme un démon à chasser, et veulent être logiques avec eux-mêmes, ils devraient aussi demander aux trois bons esprits que nous venons de mentionner de venir habiter en eux.

L’erreur de ce raisonnement est évident. L’amour et la maîtrise de soi sont des fruits de l’Esprit dans notre vie (Ga 5:22-23). Ce sont donc des attitudes résultant de notre coopération avec le Saint-Esprit, et non des esprits.

Dans beaucoup de cas, le mot esprit s’applique à une attitude ou à une disposition d’esprit. David parle d’un esprit brisé (Ps 51:19); Paul dési­rait venir à Corinthe, non avec une verge, mais dans un esprit de douceur (1 Co 4:21). Pierre parle de la parure intérieure et cachée dans le coeur, la pureté incorruptible d’un esprit doux et paisible (1 Pi 3:4).

Ainsi, à moins que le contexte ne montre clairement que nous sommes en présence d’un démon, il est évident que des expressions telles que avoir un esprit hautain, un esprit de jalousie, un esprit de sommeil, etc, doivent être considérées comme des dispositions de coeur, des désirs ou passions de la chair (Galates 6) et non comme des démons.

En confondant les oeuvres de la chair avec les démons, le chrétien peut ne jamais se sentir responsable de ses mauvaises actions et, par consé­quent, ne jamais ressentir le besoin de s’en repentir, alors que la Bible montre, sans équivoque, la nécessité de la repentance et de l’abandon de ces choses. Le grand conflit dans la vie du chrétien n’est pas entre le Saint-Esprit et les démons, mais entre le Saint-Esprit et la chair.

Ne pas confondre la chair et les démons

Le pasteur bien connu Chuck Smith, des USA, nous fait part de réflexions pertinentes à ce sujet: « Qu’en est-il de ces expériences concernant des chré­tiens dont on chasse soi-disant des démons? Qui sont ces voix qui parlent en se donnant des noms et qu’en est-il de toutes ces contorsions au sol et ces vomissements? Je ne le sais pas! Je bénis le Seigneur de n’être pas engagé dans de telles pratiques non scripturaires, je n’ai donc pas à les expliquer. J’ai remarqué que quelques-uns des noms de ces soi-disant démons nommés dans ces expériences sont : la convoitise, la haine, le mensonge, la gloutonnerie, l’envie, la crainte, la jalousie. Ces choses sont considérées dans les Ecritures comme étant des oeuvres de la chair que nous devons crucifier (Ga 5:19-21; Col 3:8; Ro 8:13), et non pas comme des démons à chasser. Pas une seule fois, il nous est ordonné de chasser la chair. il semble que toute cette histoire de démons ne soit qu’une échappatoire pour fuir notre responsabilité person­nelle qui est de crucifier notre chair avec ses passions ».

« Certains préfèrent bien sûr adopter cette solution de facilité pour se débarrasser de leur nature chamelle, plutôt que d’accepter le processus douloureux de la crucifixion. Ils désirent tout simplement que l’on chasse leur chair, chose impossible et non biblique. » C’est là un moyen subtil pour eux d’échapper à la responsabilité de leurs propres actions charnelles. La grande confusion est qu’ils mettent sur le compte des démons ce qui provient de leur propre chair. Ils arrivent ainsi à cette fausse conclusion: « Comment puis-je être blâmé puisque c’est le diable qui me pousse à faire ces choses!

« Dans la Parole de Dieu, il n’y a pas un seul passage qui nous montre Jésus, les apôtres ou les premiers chrétiens en train de chasser des démons de ceux qui sont nés de nouveau. Les oeuvres de la chair étaient reconnues comme telles, et des instructions précises étaient données pour y remédier. Mais à aucun endroit la Bible nous enseigne que nous devons exorciser la chair. »

« Les fruits amers de cette doctrine malsaine concernant la démonisa­tion des chrétiens ont créé de profondes divisions dans le Corps de Christ. Ceux qui pratiquent ces « exorcismes » mettent plutôt l’accent sur la puis­sance de Satan qui attaque, que sur la puissance de Christ qui protège. Les démons deviennent d’ailleurs le centre de leurs conversations et de leurs enseignements, alors que Jésus-Christ seul devrait en être le centre. »

Restons fermes dans la foi et réjouissons-nous de la réalité de la Parole de Dieu qui déclare: « Celui qui est en nous est plus grand que celui qui est dans le monde » (1 Jn 4:4) et « Christ en nous, l’espérance de la gloire » (Col 1 :27). Pour nous chrétiens, il nous est dit de résister au diable (et non de nous exorciser) et celui-ci fuira loin de nous (Jc 4:7). Gloire à Dieu pour la réalité de la présence du Saint-Esprit en nous!

Minimisation de la responsabilité du chrétien

Subtile­ment, certains chrétiens adoptent une position qui ôte toute responsabilité personnelle pour la rejeter sur le diable. Neil Anderson écrit : « Il est essentiel que les chrétiens comprennent qu’ils sont vulné­rables aux influences démoniaques. En effet, ceux qui affirment qu’un démon ne peut exercer sa domination sur une partie de la vie d’un croyant, nous laissent le choix entre deux hypothèses seulement pour expliquer les problèmes auxquels nous sommes confrontés : soit c’est nous qui sommes fautifs, soit c’est Dieu. Si nous nous tenons pour responsables, nous sombrons dans le désespoir parce que nous sommes incapables de mettre fin à certains comportements »[1].

Incroyable! Anderson dit que nous n’avons pas à nous blâmer nous ­mêmes pour nos passions ou certains de nos comportements. Devons-nous en conclure que nous ne pouvons pas nous corriger? La philosophie et la psychologie Freudienne n’ont-elles pas exercé une influence néfaste sur notre culture, et maintenant même sur l’Eglise, en nous inculquant la pensée que nous sommes « des victimes » et non des responsables ? Satan peut nous séduire et chercher à nous influencer, mais nous sommes les seuls à être blâmés lorsque nous péchons ! Quand nous commettons un péché, c’est notre choix, et non celui de quelqu’un d’autre.

L’apôtre Jacques confirme ce que nous venons de dire en ces termes «Que personne, lorsqu’il est tenté, ne dise: C’est Dieu qui me tente. Car Dieu ne peut être tenté par le mal, et il ne tente lui-même personne. Mais chacun est tenté quand il est attiré et amorcé par sa propre convoitise. Puis la convoitise, lorsqu’elle a conçu, enfante le péché; et le péché, étant consommé, produit la mort » (Jc 1:14-15).

Suite à l’entretien qu’il a eu avec une personne, Neil Anderson écrit encore: « Au fil des années, elle en était venue à croire les mensonges de Satan, à savoir qu’elle était elle-même responsable de ses ennuis et qu’elle n’avait aucune valeur aux yeux de Dieu ni de quiconque »[2]. Devons-nous en conclure, d’après ces paroles, qu’une personne peut avoir des excuses valables pour ne pas obéir à la Parole de Dieu? Est-ce qu’un chrétien peut prétendre être justifié devant Dieu pour ne pas pardonner, ne pas obéir, ne pas aimer, ne pas se repentir etc., sous prétexte que Satan l’a séduit?

Un tel raisonnement ressemble étrangement à celui d’Adam lorsqu’il rétorqua a Dieu : «La femme que tu as mise auprès de moi m’a donné de l’arbre, et j’en ai mangé » (Ge 3:12). Les prédicateurs de la délivrance, inconsciemment, permettent aux chrétiens d’avancer de telles excuses, qu’ils acceptent d’ailleurs bien volontiers, pour se justifier. Cette attitude explique, en partie, pourquoi l’Eglise est de plus en plus absorbée par un esprit égocen­trique et, de ce fait, est devenue réticente à reconnaître son péché et ses erreurs.

Les « ministères de délivrance » enseignent que des démons peuvent nous manipuler ou nous forcer à pécher. En parlant ainsi, ils attribuent, sans le vouloir, plus de puissance à Satan qu’au sang de Christ. Il nous faut savoir qu’aucun démon ne peut nous forcer à pécher. Si un chrétien retourne à certains péchés de son ancienne vie, c’est à cause de la méchanceté de son coeur, c’est son propre choix et parce qu’il l’a bien voulu. Pécher ou abandonner son péché est une question de choix personnel (Jc 1:13-15

Mt 15:18-20).


Notes :

[1] Neil Anderson, Le libérateur, p. 174

[2] Neil Anderson, Le libérateur, p. 149

Est-ce biblique d’exorciser un chrétien ?

Ceux qui chassent les démons des chrétiens renient, par leur pratique et généralement sans le vouloir, la notion biblique de la « nouvelle naissance ». Il leur est, par exemple, difficile de croire qu’après une repentance sincère et une rupture définitive avec l’ancienne vie, le chrétien soit devenu une toute nouvelle créature et que les péchés dont il est purifié englobent aussi ses péchés occultes. La Bible, en effet, ne fait pas de différence entre les péchés occultes et les autres (Ep 1 : 7 ; Ga 5 : 19 à 21). Pourtant les Ecritures affirment catégoriquement : « Si quelqu’un est en Christ, il est une nouvelle création. Les choses anciennes sont passées ; voici, toutes choses sont devenues nouvelles » (2 Co 5 : 17).

Un chrétien réellement né de nouveau, selon la Parole de Dieu, est une personne dont l’esprit a été régénéré par le Saint-Esprit qui est venu habiter en elle au moment de sa conversion à Jésus-Christ. Son corps est devenu le temple du Saint-Esprit. En écrivant aux Corinthiens, l’apôtre Paul les invite à considérer toute la portée de leur nouvelle naissance : « Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous, que vous avez reçu de Dieu, et que vous ne vous appartenez point à vous-mêmes ? Car vous avez été rachetés à un grand prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps et dans votre esprit qui appartiennent à Dieu » (1 Co 6 : 19 et 20).

Les Corinthiens étaient loin d’être des chrétiens adultes. Ils étaient restés charnels, des bébés en Christ. Il y avait, au milieu d’eux, des disputes et de la jalousie (1 Co 3 : 3), des divisions et des désordres mais à aucun moment l’apôtre Paul ne fait allusion à des liens ou à une manipulation satanique. Il n’attribue nullement leurs péchés à une origine ou une domination démoniaque. Il n’a pas du tout réglé le problème en chassant des démons de leur vie.

La jalousie, l’orgueil, la convoitise, etc. étaient des péchés résultant de la chair et non des démons. Il n’est dit en aucune manière que les chrétiens de Corinthe étaient habités par des démons qu’on a dû chasser. Par contre, il leur était constamment et solennellement rappelé que le Saint-Esprit habitait maintenant en eux et qu’ils pouvaient l’attrister par leurs péchés. Il leur a été souvent répété qu’un peu de levain fait lever toute la pâte et qu’il faut faire disparaître ce vieux levain qu’est le péché. Il s’agit maintenant de glorifier Dieu dans leur corps et leur esprit qui appartiennent à Dieu (1 Co 5 : 7 ; 6 : 19 et 20).

En fait, la croix a radicalement changé la position du chrétien par rapport au diable : en discutant avec ceux qui chassent les démons des chrétiens, nous constatons qu’ils sont incapables d’étayer leur ministère sur la base des événements du Nouveau Testament postérieurs à la Pentecôte.

Ils fondent en grande partie leur doctrine sur les Evangiles et ignorent totalement le livre des Actes des Apôtres et les Epîtres. Par exemple, ils attribuent à tort aux chrétiens les expériences d’exorcisme des Evangiles, alors qu’elles étaient opérées sur des inconvertis. C’est en cela qu’ils font une confusion. Si les chrétiens veulent savoir comment se comporter dans ce domaine, ils doivent se référer à ce qui s’est passé après la mort et la résurrection de Jésus car c’est par sa mort que Jésus a anéanti (écrasé, réduit à néant, paralysé) celui qui a la puissance de la mort, c’est-à-dire le diable (Hb 2 : 14). C’est donc à partir de la croix que la relation du chrétien avec le diable a radicalement changé. Il n’est plus sous son autorité, il est réellement libre.

Satan a peut-être pensé que la croix était sa victoire car tout semblait le prouver. Mais la résurrection de Jésus a montré le contraire. En fait, après cet événement, il ne pouvait plus tenter Jésus ni même lui parler. Après la résurrection, Jésus n’avait plus rien à faire avec lui. Satan savait désormais qu’il était un ennemi vaincu.

Nous savons que le livre des Actes des Apôtres est le livre par excellence de l’histoire du Saint-Esprit dans l’Eglise naissante. Il nous faut considérer la situation de l’Eglise du Seigneur à partir du moment où le sacrifice de la croix a été accompli, la résurrection devenue une réalité vivante et le Saint-Esprit donné aux chrétiens.

Combien de fois voyons-nous les apôtres chasser des démons de chrétiens ? Pas une seule fois ! Si ce ministère était si essentiel, comme le prétendent certains prédicateurs de nos jours, pourquoi n’en parle-t-on pas dans les Actes des Apôtres et les Epîtres ? De plus, nous remarquons un fait frappant concernant l’attitude des apôtres à l’égard des démons, dans la vie des inconvertis. Ils ne prenaient jamais l’initiative de les chasser. Ils n’allaient pas à leur recherche. C’était seulement quand les démons se manifestaient eux-mêmes qu’ils les confrontaient et les chassaient et cela ne se faisait pas toujours immédiatement. Leur interférence était pour eux plutôt une source de dérangement (Ac 16 : 18).

Dans la première Eglise, chasser des démons des inconvertis était une réalité mais certainement pas la préoccupation majeure des apôtres. Dans les Ecritures, il existe un bon principe spirituel : lorsqu’un sujet y est sommairement évoqué, accordons-lui plutôt une petite place dans le ministère ; et quand une vérité est maintes fois énoncée, elle mérite toute notre attention.

Corps, âme, esprit, nous sommes le temple de Dieu

Ceux qui croient en la « démonisation » des chrétiens affirment qu’à la conversion, Jésus aurait seulement délivré notre esprit et qu’il nous incombe de nous délivrer nous-mêmes des démons qui pourraient encore se trouver dans notre âme ou notre corps. Ils inventent là un processus de délivrance que nous ne trouvons nulle part dans les Ecritures. C’est comme si le Seigneur nous avait laissés à la merci de Satan et qu’une fois sauvés nous devions faire une expérience supplémentaire pour être délivrés de son pouvoir. La solution consisterait alors à chercher « un ministère de délivrance » pour nous rendre réellement libres. C’est ainsi que, pour un tout et pour un rien, on pousse les chrétiens à chercher la délivrance de certains démons illusoires. Mais malheureusement, plus ils en chassent, plus il faut en chasser ; ce processus devient sans fin. Quelle séduction de la part de l’ennemi et quel esclavage ! Est-ce là la Bonne Nouvelle ?

Que dit la Bible à ce sujet ? La Parole de Dieu déclare que notre corps, et pas seulement notre esprit, est le temple du Saint-Esprit qui est en nous et que nous devons glorifier Dieu dans notre corps et dans notre esprit qui appartiennent à Dieu (1 Co 6 : 19 et 20).

Dans 2 Corinthiens (2 Co 6 : 14 à 17), la question est posée : « Quel rapport y a-t-il entre la justice et l’iniquité ? Ou, qu’y a-t-il de commun entre la lumière et les ténèbres ? Ou quel accord y a-t-il entre Christ et Bélial ? Ou, quelle part a le fidèle avec l’infidèle ? Ou quel rapport y a-t-il entre le temple de Dieu et les idoles ? Car nous sommes le temple du Dieu vivant, comme Dieu l’a dit : J’habiterai et je marcherai au milieu d’eux ».

Dans ce passage, le mot « temple » est la traduction du grec ναος naos. Ce terme était utilisé pour décrire le lieu très saint du temple où se trouvait la présence même de Dieu. Par conséquent, si nous sommes vraiment nés de nouveau, notre corps ne peut plus être, comme certains le prétendent, un endroit que les démons peuvent occuper mais il est la résidence du Saint-Esprit.

L’apôtre Paul, dans 2 Corinthiens 6 : 14 à 17, présente un argument convaincant démontrant qu’un vrai chrétien, en tant que temple du Saint- Esprit (Jn 14 : 23 ; 1 Co 6 : 19), ne peut pas être habité par un démon. Il met en avant les idoles qui, dans l’Ancien comme dans le Nouveau Testament, représentaient des démons (Dt 32 : 17 ; 1 Co 10 : 20 et 21), et la pire des profanations sous l’ancienne alliance consistait à ériger des idoles dans le temple même de Dieu (2 Rs 21 : 7 et 11 à 14). Si Dieu, dans l’Ancien Testament, interdisait formellement la présence d’idoles dans son temple, à plus forte raison comment pourrait-Il cohabiter avec les démons et permettre leur présence dans le temple du Saint-Esprit que nous sommes ? Il se contredirait Lui-même ! Or, la contradiction est en nous et non en Lui. Aucune cohabitation n’est possible entre le Saint-Esprit et les démons, comme il n’y a rien de commun entre le temple de Dieu et les idoles (2 Co 6 : 16).

Ainsi, à la lumière de nombreux textes bibliques, nous devons rejeter radicalement l’idée que le Saint-Esprit et un mauvais esprit puissent coexister dans la même personne. Toutes les tentatives basées sur d’éventuelles « expériences » pour prouver le contraire sont sans valeur. Le point de vue de l’homme est toujours faillible et ne doit jamais prévaloir sur l’enseignement de la Parole de Dieu.

Martin Luther a déclaré : « II est impossible pour Jésus-Christ et le diable de demeurer sous le même toit. L’un doit céder à l’autre ; le diable doit céder à Christ ».

Serait-il donc possible que le diable possède le corps d’un chrétien sans posséder son esprit ? Cette pensée, comme nous venons de le voir, s’oppose entièrement au texte biblique qui précise que notre corps est devenu le temple du Saint-Esprit. Elle va aussi à l’encontre de la conception biblique de l’unité de l’être humain qui est esprit, âme et corps (1 Th 5 : 23). La fragmentation de la personne en diverses parties est une idée païenne.

Pour conclure, il nous faut toutefois souligner que, bien qu’un démon ne puisse en aucune manière cohabiter avec le Saint-Esprit dans la vie d’un chrétien né de nouveau, des circonstances particulières peuvent parfois se présenter.

Il est par exemple possible qu’un démon habite encore dans une personne en train de se convertir et n’ayant pas encore été régénérée par le Saint- Esprit. Si la repentance de cette personne n’est pas sincère et si l’abandon de ses péchés n’est pas radical, les démons ne pourront pas être définitivement chassés. Elle n’expérimentera donc pas de véritable délivrance, ni une authentique nouvelle naissance qui lui permettrait de devenir le temple du Dieu vivant (2 Co 6 : 16 ; Mt 12 : 28 et 29). C’est pourquoi, il est sage de ne pas appeler trop tôt quelqu’un « converti », si cette personne n’est pas décidée à changer complètement son style de vie et à porter des fruits dignes d’une vraie repentance.

Ce « ministère de délivrance » est allé au-delà des Ecritures. Il a commencé par une exégèse incorrecte et s’est appuyé sur une confiance excessive en l’expérience, plutôt que sur les enseignements de la Bible. C’est ainsi qu’un nouveau « ministère », sans fondement biblique, s’est développé et a été présenté comme un remède pour des chrétiens dont la vie spirituelle semblait être une succession de défaites.

Des enseignements qui déshonorent Dieu

« Le seigneur a établi son trône dans les cieux ; Et son règne a domination sur tout » (Ps 103:19 traduction David Martin)

« Et il a fait d’un seul sang tout le genre humain, pour habiter sur toute l’étendue de la terre, ayant déterminé les saisons qu’il a établies, et les bornes de leur habitation » (Ac 17 : 26, traduction David Martin).

« Que toute personne soit soumise aux Puissances supérieures: car il n’y a point de Puissance qui ne vienne de Dieu, et les Puissances qui subsistent, sont ordonnées de Dieu. » (Rm 13:1, traduction David Martin)

Beaucoup de « leaders spirituels » remettent en cause la souveraineté de Dieu sur sa propre création. Leur scénario anti-biblique est construit comme suit : Dieu a donné à Adam l’autorité sur la création ; Adam a « trahi » et a donné son autorité légitime reçue de Dieu à Satan ; et l’expiation du Christ devait regagner cette domination perdue. Selon cette théologie, Jésus-Christ a donner l’autorité du monde à l’église quand il est monté dans le ciel. L’église l’a par conséquent perdu de nouveau par l’ignorance, le manque de foi et le manque d’unité.

Aujourd’hui, en ces derniers temps, ils affirment que les nouveaux prophètes et les nouveaux apôtres sont revêtus d’une autorité particulière qui leur permet de prendre contrôle des forces sataniques dans les cieux et de libérer le monde. Cette libération intervient alors que l’église prendrait des villes en liant les forces spirituelles des ténèbres qui règnent au-dessus d’elles.

Reprenons ces quelques points et examinons les à la lumière de la Parole de Dieu :

L’autorité que Adam aurait transmise à Satan

Certains affirment que Adam était un « dieu » au-dessus de la terre. Par exemple, Kenneth Copeland écrit :

« La raison pour laquelle Dieu a créé Adam était son désir de se reproduire. Je veux dire une reproduction de soi. Adam n’était pas un petit semblant de dieu, il n’était pas comme Dieu, et il n’était pas plus subordonné à Dieu. Oui ceci est difficile à saisir par l’esprit humain, mais je vous dis ce qui est écrit dans la Bible ! » [1]

Copeland continue en disant qu’Adam a reçu la domination complète de la terre.

Earl Paulk a une version différente mais tout aussi anti-biblique : « le seul endroit sous la complète domination de Dieu était alors le jardin, donné à Adam et Eve. Les esprits commandaient toujours la terre, mais Dieu a commandé à Adam et Eve de les soumettre »[2].

Ces thèses sont la base de la théologie spirituelle du « combat spirituel moderne » : la sphère de domination de Dieu est limitée.

ED Silvoso écrit, « puisqu’Adam, le député de Dieu sur terre, a transféré son autorité légale à Satan, Dieu est devenu obligé de valider la position légale de Satan malgré la manière frauduleuse avec laquelle elle a été obtenue. »[3]

Kenneth Copeland décrit la situation « Après qu’Adam ait commis sa haute trahison, il a utilisé son autorité et la livrée entre les mains d’un esprit étranger.  Le résultat fut que dès lors, Dieu était littéralement hors jeu regardant ce qui peut se passer [dans sa création]. »[4] Un peu plus loin dans son message, il réitère ce point en disant : « après qu’Adam l’ait mis hors jeu, Dieu n’avait plus d’autorité ici [la terre, ses habitants, et même les esprits]. »[5]

Ainsi, selon cet enseignement anti-scripturaire, Satan est censé avoir obtenu l’autorité sur la création, et Dieu a dû valider cette autorité ! !

Ce genre d’affirmation démontre une profonde méconnaissance des textes bibliques, et une apostasie incroyable ! Si c’était vrai, les auteurs bibliques auraient été les plus ignorants de la révélation divine ! L’ancien testament ne fait qu’affirmer l’autorité universelle de Dieu au-dessus de toutes choses, incluant bien sûr Satan lui-même. Nous en avons plusieurs exemples importants dans la Parole de Dieu (Job 1:6-12 ; Ps 47 : 8,9 ; Gn 50 : 20) ; même la crucifixion de notre seigneur et sauveur Jésus-Christ faisait partie du plan « prédéterminé » de Dieu (Ac 2 : 23,24).

La théorie de la rançon de l’Expiation

Une erreur incroyable propagée par les leaders du « combat spirituel moderne » concerne la modification du but de l’expiation. Le Christ serait mort pour que Dieu puisse reprendre à Satan ce qu’Adam lui aurait transféré. Cette « théologie » est connu depuis très longtemps dans l’histoire de l’Eglise sous le nom de la rançon de l’expiation. Voici un aperçu de cette théologie :

« Dans cette situation Dieu a offert le Christ à Satan comme rançon en échange des pécheurs. Satan a facilement accepté l’offre en se rendant compte qu’il obtenait bien plus qu’il ne donnait, mais quand il obtint le Christ en enfer, il constata qu’il ne pouvait pas l’y retenir. Au troisième jour Christ revint triomphant et Satan se retrouva sans ses prisonniers originaux et sans le prix de la rançon. »[6]

Cette thèse abracadabrante a été reprise par les « enseignants de la foi » en y ajoutant toute sorte de récits.[7]

Les enseignements du « combat spirituel » reprennent ces idées pour réussir à expliquer comment Dieu aurait pu reprendre à Satan l’autorité sur la terre et sur l’humanité. Par exemple, ED Silvoso donne cette explication : « avant la victoire de Jésus au calvaire, Dieu ne pouvait pas devenir un transgresseur en reprenant à Satan les sujets qui lui étaient liés et qui étaient sous sa domination. S’il l’avait fait, alors Satan aurait pu appeler Dieu un transgresseur. »[8] Pour lui, Jésus était la seule manière « légale » de récupérer le gouvernement de la terre !

Cette théorie déshonore Dieu. Elle suppose que Dieu doit payer une dette à Satan pour récupérer sa propre création.

Pourquoi y-a-t-il encore des combats si Dieu a repris l’autorité sur toutes choses ?

Pour ces « blasphémateurs », le problème vient de l’église. Selon leurs théories, Jésus-Christ a gagné la victoire, et se repose loin des principautés et des puissances. Christ aurait toute l’autorité (ce qui est vrai), mais demanderait à l’Eglise de contrôler les cieux. En fait, Jésus-Christ aurait tout simplement délégué son autorité à l’Eglise (sachant que pour eux, un autorité déléguée est une autorité perdue ou transférée).

En fait, on remarque, sans aller plus loin dans les énoncés blasphématoires de ces personnes aveuglées, qu’ils tordent les Ecritures pour justifier leur théorie, et surtout, pour se proclamer l’égale de Dieu… Quelle horreur et quel orgueil !

La puissance des mots et de l’unité ?

Après avoir « démontré » que l’église a pour rôle de régner sur les cieux à la place du Christ, les leaders spirituels du « combat spirituel » donnent plusieurs techniques pour déterminer lequel de nous ou de Satan obtiendra le dessus.

Le principe essentiel est la puissance supposée des mots. Frangipane écrit, le « Christ, en tant que grand prêtre de notre confession (Hb 3:1), écoute nos paroles prononcées dans la foi ou sans la foi, et nous renouvelle la vie éternelle proportionnellement à celles-ci. »[9] Cette assertion fait supposer que le sacerdoce du Christ serait limité à nos paroles !

Le retour de Christ tout simplement rendu impossible

Dans le cadre de ces théories hérétiques, nous ne pouvons plus espérer dans le retour de notre Seigneur et Sauveur. Nous trouvons ceci dans plusieurs textes, dont celui-ci, de Earl Paulk : « Tant que l’église exerce son autorité, Jésus Christ ne reviendra jamais. »[10]

Nos paroles sont considérées être porteuse d’une puissance créatrice qui impose les règles à Dieu ! John Dawson écrit, « parce que nous sommes les administrateurs juridiques de cette planète, il est important pour l’homme de prendre autorité sur les anges »[11] pour « lier et délier ».

Plusieurs enseignements de ces leaders s’appuient sur l’histoire de la tour de Babel comme exemple de cette puissance humaine supposée. Ils affirment par là que « la puissance humaine des mots » et l’unité peuvent être employés par n’importe qui, bon ou mauvais. Ils attribuent le jour de la Pentecôte à l’unité humaine. Censément, d’après leurs élucubrations, si l’église devient unifiée et si elle utilise leurs techniques, l’homme exercera sa domination sur toute la planète sans autoriser le retour du Christ !

En réalité, le passage de genèse chapitre 11 mais en évidence la puissance souveraine de Dieu, et non une certaine puissance issue de l’unité et des paroles communes qui « établirait la réalité des choses »

En conclusion

Nous voyons que ces théories sont une hérésie incroyable, portées par un tel aveuglement que nous pouvons à peine penser que certains croient cela ! Et pourtant ! En fait, beaucoup aujourd’hui ont une vision centrée sur l’Homme qui déshonore Dieu. Cette théologie et ces techniques n’auront pas comme conséquence de voir une Eglise triomphante qui dominera sur la terre, mais bien plutôt une église paralysée et sous la domination de Satan.

Eloignons-nous aussi promptement que possible de ce genre de discours et d’affabulations  et réfugions-nous dans les Ecritures, gage d’équilibre et surtout de Vérité et de Sagesse.


Notes :

[1] Kenneth Copeland, « Following the Faith of Abraham 1 » [Audio Cassette], (Fort Worth: Kenneth Copeland Ministries, 1982).

[2] Earl Paulk, Held in the Heavens Until . . . God’s Strategy For Planet Earth, (Atlanta: Dimension Publishers, 1985) 222.

[3] Ed Silvoso, That None Should Perish — How to reach Entire Cities for Christ Through Prayer Evangelism, (Regal: Ventura, CA, 1994) 195.

[4] Kenneth Copeland, « Following the Faith of Abraham 1 » [Audio Cassette], (Fort Worth: Kenneth Copeland Ministries, 1982).

[5] Kenneth Copeland, « Following the Faith of Abraham 1 » [Audio Cassette], (Fort Worth: Kenneth Copeland Ministries, 1982).

[6] New Dictionary of Theology, ed Sinclair Ferguson, (Downers Grove: Intervarsity, 1988) s.v. « Atonement, » 55.

[7] D.R. McConnell, A Different Gospel, (Peabody: Hendrickson, 1988) 125-126.

[8] Ed Silvoso, That None Should Perish — How to reach Entire Cities for Christ Through Prayer Evangelism, (Regal: Ventura, CA, 1994) 195.

[9] Francis Frangipane, The Three Battlegrounds, (Marion, IA: Advancing Church Publications, 1989) 116, emphasis in the original.

[10] Earl Paulk, Held in the Heavens Until . . . God’s Strategy For Planet Earth, (Atlanta: Dimension Publishers, 1985) 61.

[11] John Dawson, Taking Our Cities For God — How to Break Spiritual Strongholds, (Lake Mary, FL: Creation House, 1989), 208.