L’adoration de Jésus

L’adoration est le culte suprême rendu à Dieu, qui seul y a droit, Jésus le rappelle :

 

« Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul » (Mt 4 : 10).

 

Ni les hommes, ni les anges n’ont droit au prosternement qui extériorise cette adoration. Aussi Pierre releva-t-il Corneille qui s’était prosterné devant lui (Ac 10 : 25 et 26). Paul et Barnabas s’indignèrent contre les habitants de Lystre qui voulurent leur offrir un sacrifice (Ac 14 : 13 à 15) ; l’ange de l’Apocalypse lui aussi refusa l’hommage de Jean (Ap 19 : 10 ; 22 : 9) et lui ordonna : « Adore Dieu ».

 

A la déclaration de Dieu en Esaïe : « Tout genou fléchira devant moi » (Es 45 : 23), correspond celle de l’apôtre Paul en Philippiens : « Qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre » (Ph 2 : 10).

 

Pour le Nouveau Testament, l’adoration due à Dieu seul est aussi due au Christ qui s’est laissé adorer de son vivant et après sa résurrection.

Dieu adoré
Mt 4 : 10 *
Lc 4 : 8*
Jn 4 : 23*
Ac 8 : 27*
Ac 24 : 11*
1 Co 14 : 25*
Ep 3 : 14

 

Christ adoré
Mt 2 : 11*
Mt 8 : 2*
Mt 9 : 18*
Mt 14 : 33*
Mt 15 : 25*
Mt 17 : 14
Mt 20 : 20*
Mt 28 : 9*
Mt 28 : 17*
Mc  1 : 40
Mc  3 : 11
Mc  5 : 6*
Mc  10 : 17*
Lc  24 : 52
Jn  5 : 23
Jn  9 : 38*
Ph  2 : 10
Hb  1 : 6
Ap  5 : 8

Dans la plupart de ces textes (ceux qui sont marqués d’un astérisque *) les Ecritures utilisent le verbe grec « proskuneo » qui se traduit par adorer. Mais les traducteurs du Monde Nouveau (Témoins de Jéhovah) n’utilisent ce verbe que si l’objet de l’adoration est Dieu. Mais quand ce verbe a pour objet Jésus-Christ, ces traducteurs utilisent l’expression rendre « hommage ». Pour quelles raisons introduisent-ils ce changement dans la traduction du même mot ?

 

Ajoutons que le service à Dieu seul selon Matthieu 4 :10 est aussi revendiqué par Jésus (Jn 12 : 26).

 

Le Christ ne réclame pas seulement l’adoration et la foi, mais aussi les prières dont il promet l’exau­cement (Jn 14 : 13 et 14 ; 1 Jn 5 : 14 et 15).

Prière à Dieu
Mt 6 : 9
Ep 3 : 14
Jc 1 : 5
1 Pi 1 : 17

 

Prière à Christ
Mt  8 : 2
Mt  8 : 25
Lc  5 : 8
Lc  0,9875
Jn  15 : 7
Jn  20 : 28
Ac  7 : 59
Ac  9 : 13
Ac 9 : 21
Ac 22 : 18
Rm  10 : 13
1 Co  1 : 2
2 Ti 2 : 22
Ap  5 : 8

Le Nouveau Testament invite d’autre part à prier au nom de Jésus-Christ, dans de nombreux passa­ges : Jn 15 : 16, 16 : 23 et 24 ; Col 3 : 17…

Jésus par son nom

Dans la Bible, le nom a toujours une signification profonde car il est le reflet de celui qui le porte : un des fils de Noé s’appelait shem, mot qui signifie « nom » (Gn 5 : 32). C’est de lui que sont issus les Shémites ou Sémites c’est-à-dire « les porteurs du nom » de l’Eternel !

 

Un nom exprime donc prophétiquement l’essence, le parfum, la personnalité cachée de celui qui le porte au point que parfois le nom de la personne change :

  • Abram, père haut et élevé devient Abraham, père d’une multitude de nations ;
  • Jacob signifie supplanteur, rusé, trompeur, après sa transformation, il s’appellera Israël, vainqueur pour ou avec Dieu.

 

Il n’y a rien de surprenant que le nom de Jésus ait été donné par Dieu Lui-même via l’ange annonciateur de la future maternité de Marie : « Tu enfanteras un fils et tu Lui donneras le nom de Jésus, Il sera grand, sera appelé Fils du Très Haut et le Seigneur Dieu Lui donnera le trône de David son père (Lc 1 : 31 à 32). Joseph le fiancé de Marie apprit aussi dans un songe quelle était la volonté de Dieu et le nom de Jésus lui fut aussi précisé : « Elle enfantera un fils et tu Lui donneras le nom de Jésus, c’est Lui qui sauvera son peuple de ses péchés »  (Mt 1 : 21). C’est un nom qui réellement n’est pas comme les autres par sa portée prophétique : dans le nom de Jésus, il y a le parfum et l’essence même de Dieu ! Le prophète Esaïe, sous l’inspiration divine n’avait-il pas dit : « Un enfant nous est né, un fils nous est donné et la domination reposera sur Son épaule, on L’appellera Admirable, Conseiller, Dieu Puissant, Père Eternel, Prince de la paix (Es 9 : 5). Des attributs divins que nul autre que Lui n’a jamais portés. En effet, dans la personne de Jésus, c’est Dieu Lui-même qui vient sauver l’être humain de ses péchés !

En hébreu, Jésus se dit  Yéshoua. Ce nom est la contraction de deux mots : Yé, racine du nom de l’Eternel et Shoua, du verbe yasha’ qui signifie secours, délivrance, salut, victoire, triomphe, aide, assistance, sauvetage, affranchissement, bonheur (ou être heureux).

 

Considérant ces qualificatifs dans le ministère messianique de Yéshoua, le Messie que les nations appellent Jésus, Il est, selon l’étymologie de son nom, « Dieu qui sauve et délivre ».

 

La racine du nom de Jésus, Yéshoua, signifie :

 

  • Secours: Nombreux sont ceux qui ont été secourus dans leur détresse par Jésus. Marie, sa mère a prophétiquement dit à Sa naissance : « Il a secouru Israël son serviteur et s’est souvenu de sa miséricorde » (Lc 1 : 54) comme il est écrit « je (l’Eternel) porterai secours à mes brebis afin qu’elles ne soient plus au pillage » (Ez 34 : 22).

 

  • Délivrance, affranchissement : c’est-à-dire, rendre libre quelqu’un en l’arrachant à son esclavage. Jésus n’a pas cessé de le faire tout au long de son ministère et le fait encore aujourd’hui. « Quiconque se livre au péché est esclave du péché, si donc le Fils vous affranchit, vous serez réellement libre » (Jn 8 : 34 à 36).

 

  • Salut :  C’est-à-dire sauver celui qui est perdu. Il s’agit du point central du ministère de Jésus et la raison de sa venue sur terre ! A sa naissance, déjà, un vieil homme nommé Siméon disait prophétiquement en tenant l’enfant dans ses bras : « Mes yeux ont vu ton salut (Yéshoua), salut (Yéshoua) que tu as préparé devant tous les peuples, lumière pour éclairer les nations et gloire d’Israël ton peuple » (Lc 2 : 30). Plus tard, au cours de son ministère Jésus dit à Zachée qu’Il rencontre à Jéricho, caché dans un arbre : « Le salut (Yéshoua) est entré dans ta maison car le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu » (Lc 19 : 10). A Golgotha, en mourant crucifié, Jésus-Christ donnait son sang pour sauver les humains perdus dans leur péché, Il faisait l’expiation à leur place afin que s’accomplisse ce que le prophète Esaïe avait dit : « Il a livré sa vie en sacrifice pour le péché » (Es 53 : 10).

 

  • Victoire, triomphe : C’est-à-dire, abattre un ennemi et en triompher. « Il a dépouillé les dominations et les autorités et les a livrées publiquement en spectacle en triomphant d’elles par la croix » (Col 2 : 15).

 

  • Aide, assistance : C’est-à-dire un soutien et un appui sur lesquels on peut compter, un fondement solide sur lequel on peut s’appuyer sans danger. « J’ai mis pour fondement en Sion une pierre éprouvée, une pierre angulaire de prix, solidement posée et celui qui la prendra pour appui n’aura point hâte de fuir » (Es 28 : 16).

 

  • Sauvetage : avec la pensée du sauveteur qui vient au secours de quelqu’un en danger. Non seulement Jésus offre le salut mais Il vient aider à saisir le salut à ceux qui le Lui demande, comme l’a fait un homme qui demandait une guérison pour son fils : « le père de l’enfant s’écria : Je crois ! viens au secours de mon incrédulité ! » (Mc 9 : 24). « Quand un malheureux crie, l’Eternel entend, Et il le sauve ( yasha’) de toutes ses détresses » (Ps 34 : 6). Le verbe crier est la traduction de qara’ qui signifie « appeler par le nom ».

 

  • Bonheur ou félicité : C’est-à-dire, être heureux. Le Roi David posait cette interrogation douloureuse dans les Psaumes : « Qui nous fera voir le bonheur ? » (Ps 4 : 7) Une seule réponse : c’est Yéshoua le Messie appelé par les nations Jésus ; Lui donne le vrai bonheur. « Car Dieu ne nous a pas destinés à la colère mais à l’acquisition du salut par notre Seigneur Jésus–Christ » (1 Th 5 : 9). Un fils d’Israël appelé Paul (ou Saul de Tarse) pouvait dire au tribunal devant le roi Agrippa : « Je m’estime heureux » (Ac 26 : 2) tout simplement parce que le Messie avait transformé sa vie en lui donnant le bonheur et la félicité, c’est-à-dire, la paix du cœur et de l’âme.

 

Au sujet du ministère messianique de Jésus, le psalmiste écrivit « Tous les rois se prosterneront devant Lui, toutes les nations Le serviront » puis ajoute « car Il délivrera le pauvre qui crie et le malheureux qui n’a point d’aide, Il aura pitié du misérable et de l’indigent et Il sauvera la vie des pauvres, Il les affranchira de l’oppression et de la violence et leur sang aura du prix à ses yeux » (Psaume 72 : 11 à 14). Enfin, toute l’Ecriture souligne que Yéshoua le Messie est Dieu Lui-même qui sauve : « Il n’y a pas d’autre Dieu que moi, je suis le seul Dieu juste et qui sauve » (Es 45 : 21). « Qui sauve » est la traduction du verbe yasha’ mais dans sa conjugaison on retrouve le mot mashiah, messie[1] ; on peut donc traduire la fin du verset ainsi : « je suis le seul Dieu juste et (le) Messie ».

 

Dans le service du culte divin, le peuple d’Israël employait une huile appelée shemen pour le chandelier, pour l’huile d’onction et pour le parfum (Ex 25 : 6). Le chandelier était la Menorah, chandelier à 7 branches[2]. Le mot hébreu « menorah » se traduit littéralement par « de la flamme » ou « provenant de la flamme »… Et le nom de Jésus, lumière du monde (Es 42 : 6[3], 49 : 6 et Lc 2 : 30 à 32[4]), Yeshoua’ possède 7 « épis », ou 7 flammes. Il coïncide avec les 7 lumières de la menorah, les sept esprits devant le trône de Dieu : « Devant le trône brûlent sept lampes ardentes, qui sont les sept esprits de Dieu » (Ap 4 : 5 ; voir aussi Ap 1 : 4, 3 : 1 et 5 : 6)…

+

= 

 

Ainsi, Dieu se déclare Messie et le prophète ajoute au nom du Seigneur : « Tournez-vous vers moi et vous serez sauvés, vous tous qui êtes aux extrémités de la terre ! Car je suis Dieu et il n’y en a point d’autre ! » (Es 45 : 22).

 

« Il n’y a de salut en aucun autre ; car il n’y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés » (Ac 4 : 12)

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Notes :

[1] Le texte massorétique retranscrit mashiah. En hébreu, le texte du Tanakh (acronyme hébreu désignant la Bible hébraïque, formée de trois parties : La Torah, la Loi, en Cinq Livres appelé aussi Pentateuque ; les Nevi’im, les Prophètes ; les Ketouvim, les Écrits ou Hagiographes) est le texte massorétique. Il approuvé pour la pratique du judaïsme. Il est également amplement utilisé dans les traductions de l’Ancien Testament de la Bible. A l’origine le texte massorétique fut compilé, publié et distribué par un groupe de Juifs appelés les Massorètes, entre les 7ème et 10ème siècles. Le texte massorétique contient de nombreuses différences par rapport aux sources plus anciennes telles que la Septante, à la fois de petite et de grande importance. Le mot hébreu mesorah renvoie à la transmission d’une tradition. En réalité, il peut également désigner de manière plus générale l’ensemble de la tradition judaïque. Mais vis-à-vis du texte massorétique, le mot mesorah a une signification très précise : il désigne les annotations en marge des manuscrits (puis des livres imprimés) de la Bible hébraïque et qui renseignent sur des détails textuels, tels que la prononciation exacte des mots. Les plus vieux manuscrits connus contenant des extraits substantiels du texte massorétique remontent approximativement au 9ème siècle et le codex d’Aleppo (peut-être la toute première copie complète du texte massorétique dans un manuscrit) date du 10ème siècle.

[2] A ne pas confondre avec la « HanouKiath », chandelier à huit branches plus une pour l’allumage, qui est le rappel de la victoire de Juda Macchabée sur Antiochus Epiphane en 165 avant JC dans la tradition juive

[3] « Moi, l’Eternel, je t’ai appelé pour le salut, Et je te prendrai par la main, Je te garderai, et je t’établirai pour traiter alliance avec le peuple, Pour être la lumière des nations… »

[4] « Car mes yeux ont vu ton salut, salut que tu as préparé devant tous les peuples, Lumière pour éclairer les nations, Et gloire d’Israël, ton peuple. »

La divinité du Messie

« C’est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe, voici la jeune fille deviendra enceinte, elle enfantera un fils, et elle lui donnera le nom d’Emma­nuel » (Es. 7:14). Le mot Emmanuel signifie : Dieu avec nous.

« Car un enfant nous est né, un fils nous est donné, et la domination reposera sur son épaule ; on l’appellera ADMIRABLE, Conseiller, DIEU PUISSANT, Père d’éter­nité, Prince de la Paix » (Es. 9:5)

Deux remarques, a propos de ce texte s’imposent. Le titre d’ADMIRABLE ou de Merveilleux, quelquefois traduit par mystère, mystérieux (en hébreu pèlèh), est celui-lâ même que s’attribue l’Ange de l’Eternel en Juges 13:18. Or cet Ange s’identifie avec Dieu au verset 22 du même chapitre.

L’expression DIEU PUISSANT (en hébreu el-gibbor) se retrouve en Esaïe 10:21 où elle désigne indubita­blement l’Eternel. La bible traduite par les membres du rabbinat français sous la conduite de M Zadoc Khan traduit toutefois la première expression par héros divin, alors que d’autres tra­ductions juives, plus fidèles, rendent cette expres­sion ainsi:

  • Dieu puissant (Traduction par S. Cahen, de 1831 à 1851
  • Dieu fort (starker Gott)(Traduction allemandes)
  • Dieu héroïque (heldischer Gott) (Traduction allemande)

De plus, établir une distinction entre l’expression Dieu puissant et Dieu tout-puissant, comme le font les Témoins de Jéhovah, ne peut se justifier. On ren­contre en effet, le qualificatif de Puissant seul, appliqué à l’Eternel, non seulement en Esaïe 10:21, mais encore en Genèse 49 :24, Esaïe 60:16.

« Ton trône, ô Dieu, est à toujours; le sceptre de ton règne est un sceptre d’équité. Tu aimes la justice et tu hais la méchanceté; c’est pourquoi, ô Dieu, ton Dieu t’a oint d’une huile de joie, par privilège sur tes collègues »

(Ps. 45:7, 8).

La traduction de ce verset diverge selon les tra­ducteurs. Le texte hébreu se traduit littéralement ainsi:

La bible traduite par les membres du rabbinat français sous la conduite de M Zadoc Khan rend ce texte ainsi:  « Ton trône (fondé par) Dieu, durera a jamais ». Cette même extrapolation se rencontre chez les traductions allemandes et la traduction des Témoins de Jehovah[1].

Cependant, plusieurs autres traducteurs juifs le traduisent correctement par :

  • Ton trône, ô Dieu
  • Ton trône divin

La version des Septante, avec le Nouveau Testa­ment qui la cite (Hébr. 1:8) met: ho tronos sou ho theos, c’est-à-dire: le trône de toi, ô Dieu. Ce qui parle en faveur de cette manière de traduire, c’est qu’on trouve une tournure analogue au Ps. 146:10 : « Ton Dieu, ô Sion! subsiste d’âge en âge ».

Aucun traducteur ne se permettrait d’intercaler un mot entre les deux premiers substantifs ! La traduction correcte est donc: « Ton trône, ô Dieu ». Et en ce Dieu, le Targum[2] a bien vu le Messie.

Mais les théologiens libéraux, gênés par la pré­sence du mot Elohim dans notre texte, avancent une hypothèse aussi gratuite que fantaisiste, et dont ils ne possèdent pas le moindre élément de démonstra­tion. Pour eux, Elohim aurait été une mauvaise transcription du mot Yahvé, lui-même dû à une alté­ration du mot yihyeh (il subsiste). Si l’on sait l’appli­cation des scribes juifs dans la transcription des Saintes Ecritures — et en particulier du nom de Dieu — on se rend facilement compte de la gratuité de cette hypothèse.

« Il se présentera, et il gouvernera avec la force de l’Eternel, avec la majesté du nom de l’Eternel, son Dieu » (Mich. 5:3).

La traduction des Septante rend ce verset de la manière suivante:

« Et le Seigneur se présentera et verra et paîtra son troupeau avec puissance, et ils demeureront dans la gloire du nom du Seigneur leur Dieu. »

« Un rédempteur viendra pour Sion… Et tu sauras que je suis l’Eternel, ton Sauveur, ton Rédempteur, le puis­sant de Jacob… Dites à ceux qui ont le coeur troublé: Pre­nez courage, ne craignez point; voici VOTRE DIEU, la vengeance viendra, la rétribution de Dieu; Il viendra LUI-MÊME et vous sauvera » (Es. 59:20; 60:16; 35:4).

« …Il n’y a point d’autre Dieu que moi, je suis le seul Dieu juste et qui sauve » (Es. 45:21).

Or Yeschoua (Jésus)[3] signifie: « Dieu sauve ! » Un Messie exclusivement humain ne saurait sauver, fut-il le plus grand des hommes. Le Psalmiste l’affirme :

« Ne vous confiez pas aux grands, aux fils de l’homme qui ne peuvent sauver » (Ps. 146:3).

« …et ils tourneront les regards vers MOI, celui qu’ils ont percé… » (Zc 12 :10).

Ce texte invoqué par l’apôtre Jean (Jean 19:37) y désigne le Messie crucifié. Or le texte de Zacharie identifie le percé à l’Eternel (voir verset 1). C’est pourquoi les traductions juives de ce passage ne sont pas unanimes.

« et ils porteront les regards vers moi â cause de celui qui aura été percé de leurs coups. » (La bible traduite par les membres du rabbinat français sous la conduite de M Zadoc Khan.)

« et ils regarderont sur moi â cause de celui qu’ils ont percé. » (Toutefois, S. Cahen note dans ses commentaires concernant ce verset: Hitzig dit que Dieu qui envoie est ici identifié avec son envoyé.)

« et ils regarderont vers moi, avec celui qu’ils ont percé » (traduction allemande).

« ils regarderont vers moi. Celui qu’ils ont poi­gnardé ils s’en lamenteront alors » (Traduction allemande).

« ils regarderont vers moi (près de celui) qu’ils ont percé » (traduction allemande).

« ils regarderont vers moi pour chacun qu’ils ont percé » (Traduction allemande).

« et ils regarderont certainement sur celui qu’ils ont transpercé. » (Traduction des Témoins de Jehovah, The New World Translation of the Holy Scriptures, 1961.)

« et ils regarderont vers moi parce qu’ils (m’) ont percé. » (Traduction dite des Septante)

En fait, le texte hébreu littéralement traduit donne:

ils verront – vers moi – (part. de l’Acc.) – lequel – ils ont percé

Ce texte prophétique identifie indubitablement l’Eternel avec son Messie.

Lorsqu’Ezéchiel voit la nouvelle Jérusalem, un « homme » lui dit (Ez. 43:6 et 7):

« C’est ici le lieu de mon trône, le lieu où je poserai la plante de mes pieds; j’y habiterai éternellement au milieu des enfants d’Israël. »

Or Jérémie nous apprend (Jér. 3:17) qu’on appellera Jérusalem le trône de l’ETERNEL. Ce rapprochement n’identifie-t-il pas aussi cet « homme » avec l’Eternel ?

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Notes :

[1] The New World Translation of the Holy Scriptures, 1961.

[2] Le targum (les targumim) est une traduction paraphrasée du Tanach en araméen. Le Tanach est le nom hébreu de l’Ancien Testament ou Première Alliance.

[3] Le nom de Yeschoua  transparaît en de nombreux endroits du Tanach. Voir en particulier Ps. 88:20; Es. 28:1, 49:8, 52 :10. 58 :1

Jésus-Christ le Créateur

Dans le Nouveau Testament, la création et la conservation du monde sont tantôt attribuées Dieu, tantôt à Christ.

Dieu

Actes            14:15

Actes            17:24-28

Rom.              11:36

Eph.               3:9

Hb                  3:4; 11:3

Ap                 4:11; 10:6

Christ

Jean           1:3, 4

Col.             1:12,17

Hébr.         1:2, 3

Hébr.         1:10

Hébr.         3:1-4

Ps.              33:4-6

Certains détracteurs de la divinité de Jésus-Christ le considèrent, nonobstant ces textes néotestamentaires, seulement comme la première création de Dieu à qui l’Eternel aurait délégué le pouvoir de créer le reste de l’univers. Jésus-Christ ne serait que le « maître-ouvrier » de Dieu. Or, ni le Nouveau Testa­ment, ni l’Ancien ne permettent de soutenir une telle doctrine. Jamais la création du monde n’est attri­buée à un « maître-ouvrier ». La première page de la Bible ignore sa création. Au contraire, l’Eternel déclare solennellement être le créateur et l’unique créateur :

« …Moi l’Eternel, l’ai fait toutes choses, seul j’ai déployé les cieux, seul j’ai étendu la terre. » (Es. 44 :24)

 

Certains traduisent ce texte ainsi : « Je suis l’Eternel, l’auteur de toute chose,je déploie les cieux à moi seul, j’étends la terre, et personne ne me seconde. » (Voir aussi Mal. 2:10; Es. 45:12,18; Jér. 51:15, 19)

 

En réalité, la doctrine du « maître-ouvrier » tire son origine d’une traduction controuvée du mot hébreu « amon » de Proverbes 8:30. « J’étais à ses côtés comme le maître d’œuvre. » (La Bible de Jérusalem). La fragilité de cette doctrine apparaît par la comparaison des traductions fort divergentes de ce mot « amon ».

 

Authorized Version: as one brought up with him (élevé avec lui).

Bruns: Kùnstlerin (artiste)

Darby: nourrisson

Dhorme: architecte

Elberfeld:            Schoskind (petit enfant)

Jérusalem: maître d’oeuvre

Luther: Werkmeister (maître d’oeuvre)

Maredsous: artisan (en note: nourrisson)

Osty: un enfant chéri

Segond: à l’oeuvre auprès de lui

Schlachter: Werkmeister (maître d’oeuvre)

Synodale: ouvrière

Buber-Rosenweig: Pflegeling (nourrisson)

Cahen: élève

Philippson: Pflegeling (nourrisson)

Septante: à l’oeuvre auprès de lui

Soncino Book (Dr. A. Cohen): nursing (nourrisson)

Tur-Sinaï: Warter (gardien)

Zadok Kahn:  habile ouvrière

Zunz: Pflegeling (nourrisson)

 

En outre, dans l’Ancien Testament, le sujet du verbe « bara » (créer), et que l’on rencontre une cinquantaine de fois, est toujours Dieu. Dans le Nouveau Testament la création est attribuée à la fois à Dieu et à Christ, ce qui identifie Christ à Dieu.

 

Cette identification apparaît aussi par la comparaison de textes de l’Ancien Testament où la création est attribuée à la fois au Père, à la Parole de l’Eternel et à l’Esprit de Dieu.

 

N’avons-nous pas tous un seul Père? N’est-ce pas un seul Dieu qui nous a créés? (Mal. 2:10)

 

Les Cieux ont été faits par la Parole de l’Eternel (Ps 33:6).

 

L’Esprit de Dieu m’a créé (Job 33:4).

 

Nonobstant ces textes, et malgré l’absence de textes explicites, les Témoins de Jéhovah persistent à soutenir que Jésus-Christ est la première création de Dieu, Lui refusant ainsi la divinité et l’éternité. Ils se basent sur un certain nombre de textes qu’il convient de lire à la lumière d’une saine exégèse.

 

Le premier de ces textes est Proverbes 8. 22 :

« L’Eternel m’a créée la première de ses oeuvres, avant ses oeuvres les plus anciennes ». Selon cette traduction, la Sagesse, dont il est question ici, n’aurait pas d’existence éternelle. En fait, la traduction conforme de ce passage est: « L’Eternel m’a possédée au commencement de sa voie, antérieurement à ses œuvres ». Le verbe hébreu « qanah » signifie en effet aussi posséder, et ce même sens lui est donné par Darby en Genèse 14:19; 14: 22; Psaume 139 :13. Il est bien différent de « bara », créer, que l’on rencontre, par exemple, en Genèse 1:1.

 

La Vulgate, les versions grecques d’Aquila, de Symmaque et de Théodocien mettent de même « posséder » en Proverbes 8 :22, et non « créer » (que l’on rencontre cependant dans la Septante et la Peshitta).

 

En fait, peut-on concevoir que la Sagesse de Dieu eût un commencement?

 

Dieu serait-Il perfectible? Comme la Bible Lui attribue l’immutabilité (Ps. 102: 28; Jacques 1:17), la Sagesse de Dieu est aussi éternelle que Lui-même.

 

D’ailleurs, le verset 23 du chapitre 8 du Livre des Proverbes précise le sens à attribuer au verset précédent : « J’ai été établie (ointe) depuis l’éternité, dès le commencement, avant l’origine de la terre. »

 

En Colossiens 1:15, Christ est qualifié de premier-né de toute la création. Quel est le sens de ce mot premier-né? On le rencontre aussi en Romains 8 :29; Colossiens 1:18; Apocalypse 1:5, de même qu’en Psaume 89 :28; Jérémie 31:9; Exode 4:22 (où les Septante utilisent le même mot grec que le Nouveau Testament: protokokos). Or, dans tous ces passages, il sert incontestablement à désigner la priorité et la supériorité et non pas seulement une antériorité temporelle. Le premier-né de la création signifie ainsi: le plus haut, le privilégié, voire l’artisan, l’auteur de la création. Le contexte de Colossiens 1 :15 d’ailleurs ne laisse aucun doute: Christ y est désigné comme l’image visible du Dieu invisible (1 :15) et comme le créateur et le soutien de l’univers (1 :16, 17).

 

Un autre passage, souvent avancé, est Apocalypse 3 :14 où Jésus se nomme « le commencement de la création de Dieu ». Or, le mot « archè », ici traduit par « commencement », doit se rendre par origine, chef, principe. En effet, ce même terme archè est utilisé pour qualifier un attribut de Dieu en Apocalypse 21:6 et 7.

 

D’autre part, il faut mettre l’accent sur le fait que Jésus est à la fois le Fils de l’homme et le Fils de Dieu; il détient donc une double nature. Comme « Parole », il est avec Dieu et en Dieu, de toute éternité. Comme « homme », il appartient à la création et est né dans le temps. Or certains textes de l’Ecriture présentent surtout l’aspect humain, d’autres surtout l’aspect divin, il convient de les discerner et de n’en écarter ni les uns, ni les autres.

Relations entre le Messie et Dieu

Les relations entre le Messie et l’Eternel revêtent une importance primordiale pour qui veut connaître la nature du Messie. Laissons-nous guider par les textes.

a- David l’appelle « mon Seigneur ».

Parole de l’Eternel à mon Seigneur : Assieds-toi à ma droite. Jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis ton mar­chepied. (Ps 110 : 1)

b- Le «compagnon ».

Epée lève-toi sur mon pasteur et sur l’homme qui est mon compagnon ! (Zc 13 : 7)

c –Dieu l’appelle aussi son «Fils »

Je publierai le décret: L’Eternel m’a dit: Tu es mon Fils Je t’ai engendré aujourd’hui. Baisez le Fils, de peur qu’il ne s’irrite, et que vous ne périssiez dans votre voie, Car la colère est prompte à s’enflammer. Heureux tous ceux qui se confient en lui! (Ps 2 : 7, 12)

Ce verset est souvent mal traduit ou mal inter­prété. Ainsi certains traduisent par pied[1], par pureté[2] ou encore par élu[3] . Le mot hébreu bar qu’il convient de traduire par « fils » comme l’ont fait des Bibles en allemand et la Bible du Rabbinat, ainsi que la plupart des traducteurs chrétiens.

  • Protège ce que ta droite a planté, et le fils que tu tes choisi !… Que ta main soit sur l’homme de ta droite, sur le fils de l’homme que tu t’es choisi ! (Ps 80 : 16 et 18).
  • Qui est monté aux cieux, et qui en est descendu ? Qui a recueilli le vent dans ses mains ? Qui a serré les eaux dans son vêtement ? Qui à fait paraître les extrémités de la terre ? Quel est son nom, et quel est le nom de son fils? Le sais-tu? – (Pr 30 : 4) Voir aussi Es 9 : 6, Zc 12 : 10).

d- Il est encore appelé « germe »  de l’Eternel

 Le mot Tsemakh (germe) a la signification de fils, descendant de même nature. En Jérémie 23 : 5 et 33 : 15 ce mot désigne le descendant juste de David.

  • Ecoute donc, Josué, souverain sacrificateur, toi et tes compagnons qui sont assis devant toi — Car ce sont des hommes qui serviront de signe — Voici, je ferai venir MON serviteur, le GERME- Zc 3 : 8).
  • En ce temps-là, le germe de I’Eternel aura de la magnificence et de la gloire, et le fruit du pays aura de l’éclat et de la beauté pour les réchappés d’Israël (Es 4 : 2).

Dans ce verset la version des Septante a remplacé l’expression germe de l’Eternel, par Dieu… Cette substitution revenait à attribuer au germe la divi­nité.

e- Dieu se qualifie Lui-même de Messie

 Dans le livre d’Esaïe, Dieu se nomme « le seul Dieu juste qui sauve » (Es 45 : 21). « Qui sauve » est la traduction du verbe yasha’ mais dans sa conjugaison on retrouve le mot mashiah, messie ; ainsi on peut traduire la fin du verset ainsi : « je suis le seul Dieu juste et (le) Messie ».

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Notes :

[1] JE : Traduction de l’Ecole Biblique de Jérusalem

[2] Traductions allemandes de la Bible

[3] La Bible, traduction par S Cahen, 1831 à 1851

Christ, Mystère de Dieu

« …Christ, mystère dans lequel sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la science. »

(Colossiens 2 :3)

 

« Et sans contredit, écrit l’apôtre Paul à Timothée (1 Tim. 3 :16), le mystère de la piété est grand : Celui qui a été manifesté en chair, justifié par l’Esprit, vu des anges, prêché aux Gentils, cru dans le monde, élevé dans la gloire. » Paul écrit ici sur le mystère de Dieu, or le pronom démonstratif « celui » est employé pour traduire le mot yeov « theos », nom grammatical qui est employé pour « Dieu ».

 

Les Ecritures identifient Jésus-Christ à Dieu. Mais cela suffit-il pour avoir une pleine intelligence de cette révélation ? L’apôtre parle d’un Mystère, et qui subsistera, tant que notre connaissance demeure imparfaite (1 Co 13 :9); les oeuvres de Dieu demeurent encore insondables (Job 5:9); nul homme ne saurait prétendre sonder les pensées de Dieu (Job 11:7) ou son intelligence (Es. 40:28).

« Mes pensées, dit l’Eternel, ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies. Autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant mes voies sont élevées au-dessus de vos voies, et mes pensées au-dessus de vos pensées. » (Es. 55:8, 9)

 

La Bible ne spécule pas sur la nature de la divinité, ni sur l’essence divine, ni sur la trinité. Et le ferait-elle, nos facultés humaines limitées auraient-elles davantage accès au mystère ?

 

Tout comme il nous est impossible de saisir avec notre intelligence l’éternité de Dieu, ou son ubiquité, de même nous ne pouvons saisir l’immensité de son amour, manifesté en Jésus-Christ.

 

Et pourtant, l’apôtre Paul soutient un combat de prières pour les Colossiens afin qu’ils soient enrichis d’une pleine intelligence pour connaître le mystère de Dieu, savoir Christ, mystère dans lequel sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la science. » (Col. 2 :2, 3)

 

Connaître le mystère de Dieu, c’est-à-dire Christ ! Tel est le vœu de l’apôtre. Ce n’est ni d’une démonstration, ni d’une compréhension de ce mystère dont nous avons besoin, mais d’une CONNAISSANCE de Christ, c’est-à-dire, au sens biblique de ce mot, d’une expérience, d’une com­munion, « allant jusqu’à la plénitude de Dieu » (Ep 3 : 19)

 

La révélation et son étude demeurent pour le croyant l’unique fondement de la foi. Toutefois, une explication accessible à la raison ne doit pas être rejetée a priori, puisque notre amour de Dieu doit affecter aussi « toutes nos pensées » (Mt 22 :37).

Mais, essayer par la spéculation théologique d’expliquer le mystère divin, c’est quitter le terrain de la foi. Aussi faut-il, au départ, réaffirmer la prééminence de la foi sur les échafaudages théologiques. Une démonstration rationnelle ne saurait remplacer l’expérience spirituelle qu’im­plique la foi.

 

Alors que la foi est une confiance totale en Dieu et en sa Révélation — et qui engage la totalité de l’être humain — la démonstration n’en affecte qu’une partie, son intellect.

 

Et cependant, certains mouvements religieux réduisent la foi à la science des choses divines, et pensent que ce savoir à lui seul conduit au salut. La foi biblique est bien plus que cela, et toute tentative d’explication théologique doit être abordée en ne lui assignant qu’un rôle adjuvant.

 

Le mystère de Dieu est lié avant tout à sa plénitude éternelle et à la place prééminente qu’occupe l’homme dans la création.

 

  1. La plénitude éternelle de Dieu

 

« Dieu est amour. Avant la création de l’univers, Il aimait. Et quel était l’objet de cette dilection sans commencement? Rien d’extérieur à Lui autrement Dieu serait dépendant de quelque chose qui n’est pas Lui. Il possédait donc en Lui-même l’objet de son amour, l’être qui réalise tout ce que Sa pensée conçoit de vrai, tout ce que son cœur aime de beau, tout ce que sa volonté médite de bon, l’être que l’on pourrait appeler son idéal – non un idéal tel qu’est d’ordinaire l’idéal humain, l’objet d’une puissante aspiration, une pure idée, — mais un idéal tel que doit être celui de Dieu, le reflet de sa perfection, aussi réel que Lui-même, son image dans le miroir éternel de l’Esprit, une personne vivante, éternelle comme Lui, le Fils de son amour, le mot de son essence, la Parole de sa pensée.[1]

 

Si Dieu est éternel, Il est actif de toute éternité. Cette activité suppose un objet approprié à Sa puissance. La puissance infinie de Dieu exige un objet infini L’objet de sa puissance ne saurait être le monde, car le monde serait alors éternel. A l’infini, il faut l’infini. Dieu est le seul objet digne de son activité.

 

Pourrait-on en effet concevoir l’amour et l’activité de Dieu être sans objet ? Seule la réunion de plusieurs personnes dans la divinité peut résoudre ce problème.

 

  1. La place de l’homme dans la création

 

Il  est ensuite nécessaire de souligner la position prééminente de l’homme dans toute la création, sa perfectibilité absolue, puisqu’il a été fait à l’image et à la ressemblance de Dieu. Il n’y a ainsi rien qui puisse écarter la possibilité pour Dieu de s’incarner dans cet homme qui est à son image. D’ailleurs l’Ange de l’Eternel — identifié à l’Eternel Lui-même n’a pas craint de s’incarner momentanément sous des traits humains.

 

Il  faut ensuite mettre l’accent sur l’absolue liberté de Dieu. Il n’est pas comme la créature, dominé par une nature qui lui soit imposée du dehors et avec laquelle il doit incessamment compter. « Je suis celui que je suis » dit l’Eternel à Moïse (Ex 3:14), ce qui peut aussi se traduire par « Je serai celui que je serai », le temps du verbe étant celui de l’action imparfaite, inachevée, c’est-à-dire continue. Le sens en est: « Je serai celui qu’il me plaira d’être. »

 

En fait, il a plu à Dieu de se manifester plusieurs fois sous la forme de l’Ange de l’Eternel, puis dans le buisson ardent (Ex. 3:2), dans la colonne de nuée ou de feu à la sortie d’Egypte (Ex. 13:21, 22), dans la Shekina du tabernacle, puis du temple (Ex. 40:34, 35; Nb 9:15, 16; 1 Roi 8 :10, 11) et enfin dans un être humain, selon sa promesse (Es. 35:4; Zach. 2 :10).

 

Comprendrons-nous l’amour d’un Dieu qui vient à nous, se soumettre à toutes nos contingences matérielles ? Saisirons-nous cet amour d’un Dieu venu à nous pour nous enseigner et nous sauver ?

 

Car en venant sur terre, le Fils de Dieu a accepté de « donner sa vie comme la rançon de plusieurs » (Mt. 20:28), de « porter les péchés de beaucoup d’hommes. » (Es. 53:12)

 

Bien plus, Il a accepté, dans son corps, de s’identifier au pécheur ! « Celui qui n’a point connu le péché, Dieu l’a fait devenir péché pour nous » (2 Co 5:21). Et par cela même, « il a effacé l’acte rédigé contre nous…; il l’a supprimé, en le clouant à la croix » (Col 2:14, traduction Louis Second, nouvelle version 1962).

 

Mais le fardeau de nos péchés qu’il a pris sur Lui devait obligatoirement rompre un moment sa com­munion avec son Père. Le salaire du péché est en effet la mort (Rm. 6:23), cette séparation d’avec Dieu, d’où ce cri déchirant à la croix: « Eli, Eli, lama sabachthani » (Mt. 27:46).

 

Ce cri de détresse était celui de l’agneau de Dieu immolé sur qui l’Eternel a fait tomber l’iniquité de nous tous (Es 53 :6).

Et c’est dans cet abandon du Père, ce paroxysme de la Passion, que Jésus-Christ a vu l’accomplissement de sa mission, car Il dit, quelques instants après: « Tout est accompli. » (Jean 19 : 30)

 

Devant la grandeur de ce mystère, nous ne pouvons que nous incliner, et adorer, et demander à Dieu de nous faire « comprendre avec tous les saints quelle est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur, et connaître l’amour de Christ qui surpasse toute connaissance » (Ep 3 :18, 19)

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Note :

[1] Godet. Etudes Bibliques, Deuxième série, N.T., Fischbacher, Paris, 1884, p. 126.