L’hérésie de la confession positive

Une des affirmations de base de la doctrine de la « confession positive » est que chaque croyant doit posséder une santé parfaite et la prospérité financière dans le moment présent. De ce fait il doit confesser qu’il possède ces choses dans la foi sans se soucier de l’évidence des faits objectifs : il s’agit d’avoir la foi dans sa foi, ce qui est une hérésie contraire à l’enseignement des Ecritures. Ainsi, d’après cette doctrine, une personne se doit de confesser « par la foi » que son cancer a disparu, même si celui-ci peut être constaté et vérifié matériellement par le chirurgien. Ceci revient à affirmer que « tout chrétien peut avoir ce qu’il dit avoir ». Fait surprenant, cette affirmation s’affranchit de toute vérification de l’harmonie qu’il doit y avoir entre la chose confessée et l’Ecriture.

 

Fred Price[1] enseigne de quelle manière un chrétien devient malade : « En croyant dans ton cœur et en déclarant de ta bouche :  » je pense que je vais tomber malade ». Souviens-toi que Jésus a dit, dans Marc 11 : 23 que si tu crois dans ton cœur et si tu le déclares de ta bouche tu auras ce que tu dis »[2]. Il affirme aussi que « si un enfant de Dieu connaît la maladie, les difficultés financières ou de la mélancolie, c’est parce qu’il n’est pas vrai devant Dieu »[3].

 

Cette doctrine sous tend que les paroles de l’homme ont la même puissance créatrice que la parole de Dieu. Selon Charles Capps[4] « les paroles sont la plus grande puissance de l’univers ». De même que Dieu a créé toutes choses par sa parole, par la foi l’homme transforme les circonstances de sa vie selon les paroles qu’il prononce.

 

Nous pouvons constater 5 problèmes majeurs inhérents à la doctrine de la « confession positive » :

 

1 Mauvais usage de la Parole de Dieu

 

Une malheureuse tendance parmi les adeptes de la « confession positive » consiste à sortir des passages de l’Écriture de leur contexte en ignorant les principes les plus élémentaires de l’étude de texte.

 

L’enseignement intitulé « Le pouvoir de la langue »[5] illustre bien ceci. Le verset 14 de Proverbes 18 y est cité dans la version King James avec une explication erronée. II est dit : « L’esprit de l’homme soutiendra sa faiblesse ; mais qui servira d’appui à un esprit affaibli ? ». On explique ainsi ce verset: « qu’est-ce que cela signifie ? eh bien, seulement ce qu’on lit : c’est que dans notre esprit nous pouvons entretenir les choses mauvaises (qui nous arrivent) ». Malheureusement ceci est presque à l’opposé de la réelle signification du verset. En lisant pratiquement n’importe quelle autre version ou en consultant un commentaire sérieux, l’auteur aurait découvert que Pr 18 : 14 est un hommage aux qualités intérieures d’un homme qui le soutiennent au milieu des infirmités physiques.

 

Un autre exemple est l’usage qu’ils font de Hb 10 : 23 « Retenons solidement la profession de notre foi sans vaciller » (version King James). Au lieu de reconnaître que ce passage se comprend dans le contexte de la justification de l’homme par Dieu au moyen du sang de Jésus-Christ, nombre de « confessants positifs » déclarent que ce passage indique une méthode pour recevoir tout ce qui est confessé avec foi.

 

2 Erreur de compréhension de l’œuvre parfaite de Christ

 

La doctrine de la « confession positive » met souvent l’accent sur les résultats temporels et terrestres de la rédemption sans tenir compte du fait que ces résultats ne sont pas encore réalisés et qu’ils ne sont pas censés l’être. «  …nous aussi, qui avons les prémices de l’Esprit, nous aussi nous soupirons en nous–mêmes, en attendant l’adoption, la rédemption de notre corps.  Car c’est en espérance que nous sommes sauvés. Or, l’espérance qu’on voit n’est plus espérance : ce qu’on voit, peut–on l’espérer encore ? » (Rm 8 : 23 et 24). La perfection de l’œuvre rédemptrice de Christ mentionnée par Esaïe est totale dans son action spirituelle, la purification de l’âme et la libération de l’esprit, mais le croyant ne jouit pas encore de la totalité de cette rédemption dans son corps.

 

3 Déification de l’homme

 

D’après Charles Capps, « l’homme a été créé à l’image de Dieu et à sa ressemblance. II y avait une puissance créatrice qui sortait de la bouche de Dieu or vous avez été créés à l’image de Dieu. Donc, d’après les Écritures et selon ce que Jésus a dit, vous avez le même pouvoir résidant en vous ». Mais les Écritures ne disent pas cela : l’image de Dieu dans l’homme n’inclut pas le pouvoir de créer. Jamais elle ne l’a inclus.

 

Regardons le passage biblique cité par Charles Capps : « Dieu dit : Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre, et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre. » (Gn 1 : 26)

 

  • Le mot traduit par « image » est Ce terme hébreu désigne ce qui constitue la substance de la chose, ce par quoi elle devient ce qu’elle est et qui forme sa réalité, c’est à dire l’intelligence[6] qui vient de Dieu lorsque l’esprit de l’homme retrouve sa totale liberté par l’œuvre expiatrice de Jésus-Christ (Rm 12 : 2 ; Ex 28 : 3, 31 : 3 et 6, 35 : 31 ; Dt 4 : 6 ; 1 Rs 4 : 29 ; Jb 12 : 13 ; Ps 119 : 34 et 73…)[7].

 

  • Ressemblance est la traduction de demouth qui vient de damah qui signifie résoudre, penser, s’imaginer, comparer, juger, décider et ressembler[8].

 

En fait ce verset exprime en quelques mots l’essence même de l’homme, sa caractéristiques propre qui en fait un être à part dans le règne animal : il a une capacité d’analyse, d’imagination, de réflexion mais aussi un accès à la Vie par l’œuvre de Jésus-Christ (Ps 119 : 107, Jn 6 : 35 et 48, 11 : 25, 14 : 6, Ap 21 : 6).

 

Avec ces caractéristiques, Dieu dit à Adam de « remplir la terre et de la soumettre » (Gn 1 : 28). Et il fut placé dans le jardin d’Éden pour « le travailler et en prendre soin » (Gn 2 : 15). Mais nulle part n’est donné à l’homme le pouvoir de créer comme Dieu par la parole ou par un autre moyen.

 

Cette fausse supposition conduit à enseigner que si l’on confesse des choses négatives ou positives celles-ci viennent à exister. Quelqu’un aurait donc la possibilité de créer de la pauvreté ou la maladie, pour lui-même ou pour un autre, s’il s’attend à ces choses et les confesse à voix haute ! Cela revient à déifier l’homme.

 

4 Contradiction avec la foi énoncée dans Hb 11

 

Ironiquement, ceux qui proclament être les vrais docteurs de la foi semblent passer à côté du message d’un des magnifiques textes bibliques sur la foi : Hb 11. D’après la doctrine de la « confession positive », la foi accompagnée de la confession entraîne automatiquement la réalisation concrète immédiate de ce que Dieu a promis. Pourtant la longue énumération des hommes et des femmes de foi de Hb 11 se termine en affirmant que tous ces gens vivaient encore par la foi lorsqu’ils moururent et pour autant ils ne reçurent pas les choses promises ; ils les ont seulement vues et saluées de loin reconnaissant leurs limites terrestres[9] (Hb 11 : 13). Ensuite à la fin du chapitre il est dit : « Tous ceux–là, à la foi desquels il a été rendu témoignage, n’ont pas obtenu ce qui leur était promis » (Hb 11 : 39).

 

5 Négligence de la volonté de Dieu.

 

Ceux qui enseignent la « confession positive », affirment que la « confession positive » est toujours efficace sans se soucier de volonté de Dieu par rapport à ce que l’on confesse. D’après cet enseignement la volonté de Dieu n’entre pas en ligne de compte dans le résultat de la prière ou de la confession.

 

On est en droit de se demander pourquoi, si la « confession positive » est biblique et efficace, il n’est pas enseigné à ceux qui y adhèrent de confesser les choses qui sont clairement la volonté de Dieu :

  • Pourquoi n’enseigne-t-on pas à confesser le salut du monde ?
  • Pourquoi ne confesse-t-on pas la propagation de l’Évangile à des groupes de gens qui n’ont pas encore été atteints ?

 

La foi paraît plutôt limitée, orientée en premier lieu vers les besoins personnels du croyant individuel plutôt que vers la mission que Dieu a confiée à l’Église dans ce monde. Or nous constatons que Jésus n’a jamais prié et obtenu une bénédiction pour Lui. Nous trouvons aussi de nombreux témoignages de disciples de Christ qui, par la prière, ont été des instruments pour la guérison de malades, parfois atteints des mêmes maux qu’eux, alors que leurs prières pour eux-mêmes ne les ont jamais amené à expérimenter la guérison.

 

Pour conclure cette réflexion, citons l’apôtre Paul qui développe l’argument selon lequel il peut y avoir des confessions inexactes : « Ils font profession de connaître Dieu, mais par leurs actes, ils le désavouent » (Tt 1 : 16). Le mot « profession », homologeo, est le même qui a été traduit ailleurs par « confession ». II est possible de faire une confession fausse concernant Jésus ou les promesses de Dieu ou même sur sa propre relation avec Dieu. C’est pourquoi il est primordial que toute profession, à n’importe quel sujet, se fasse en accord avec la vérité et non dans l’erreur.

 

Ce fut la faute que commit l’église de Laodicée, la seule église sur laquelle Jésus n’eut rien de bon à dire. II déclara à cette église, par la bouche de Jean : « Tu dis : je suis riche ; je me suis enrichi et je n’ai besoin de rien ». Telle était sa confession. Jésus continue en disant « Mais tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu » (Ap 3 : 17).

 

La qualité la plus importante pour une confession conforme à la Bible, c’est d’être en plein accord avec Jésus. Prétendre qu’une chose est vraie, ne la rend pas vraie pour autant. Cela conduit seulement la personne qui fait cette confession à être dans la confusion : le mensonge et la vérité deviennent des synonymes !


Notes :

[1] Pasteur américain qui écrit lui-même que l’homme qui l’a le plus influencé dans sa vie est Kenneth Hagin, (l’un des plus fervents enseignants de toutes les hérésies actuelles). Pour justifier son enseignement, il va jusqu’à affirmer que des parties entières de l’Ancien Testament ne sont que des fables et des fictions chaotiques pour illustrer et imager le message biblique.

[2] Fred Price, dans son livre « Comment agit la foi ».

[3] Citation de son livre « Beware! The Lies of Satan » (Prenez garde! Les mensonges de Satan), p. 85.

[4] Charles Capps était agriculteur avant d’entrer dans le ministère de prédicateur

[5] Gem Kakou se présente comme un ministre de l’enseignement. Sa doctrine s’appuie sur la prospérité du chrétien, la confession positive et le combat spirituel

[6] Si cette image avait été matérielle, nous aurions lu le terme rat  toar correspond à la figure de la chose, à ses traits physiques, or il ne s’applique jamais à Dieu. Gn 5-3, Ps 73-20

[7] Nous retrouvons cette idée dans Gn 5 : 3 « Adam, âgé de cent trente ans, engendra  un fils à sa ressemblance, selon son image, et il lui donna le nom de Seth. ». Seth possédait ce qui constitue l’humain dans sa réalité, ce qui est appelé « l’image » d’Adam et « sa ressemblance » comme Adam lui-même avait été créé à « l’image et la ressemblance de Dieu » (Gn 1 : 26). Adam ayant instruit son fils Seth, lui a donné l’intelligence (Rm 3 : 11). Quiconque n’est pas à « l’image et la ressemblance de Dieu » n’est pas un homme, au sens plein du terme, mais un être animé, un animal ayant la figure (rat  toar) de l’homme avec, toutefois, en plus, la domination sur la création (Gn 1 : 28) mais sans l’intelligence  (Rm 3 : 11 ; 2 Pi 2 : 12 et 22).

[8] Il s’agit d’une ressemblance par rapport à une idée ou un sentiment comme « la tristesse de l’un ressemble à celle d’un autre » ; lire Ps 102 : 7 et Ez 1 : 26.

[9] « C’est dans la foi qu’ils sont tous morts, sans avoir obtenu les choses promises ; mais ils les ont vues et saluées de loin, reconnaissant ( homologeo) qu’ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre. » Le terme grec homologeo insiste sur le fait qu’ils étaient pleinement conscients de leurs limites terrestres, comme tous les autres hommes.

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