La révolte des Taïpings ou Manquer le but

On parle peu de la révolte des Taïpings vaincue par le général Gordon ! Peut être est-ce parce que la Bible y a joué un rôle important…

 

A la fin du 19ème siècle, en Chine, toutes les places des fonctionnaires étaient accessibles sur concours. Les examens avaient lieu dans diverses villes. À Canton[1], 30 000 étudiants concouraient au même moment. 300 seulement étaient reçus. Le premier de chaque ville était invité à dîner chez l’empereur qui lui remettait lui-même son diplôme. Le succès assurait de hautes places et de beaux traitements. L’aristocratie de Chine n’était pas une aristocratie d’argent mais de lettres.

 

En 1850, le missionnaire baptiste américain Assachar Roberts offrit l’hospitalité pendant les examens à plusieurs de ces concurrents parmi lesquels il y en avait de très pauvres… Ainsi, l’offre de l’étranger fut accueillie avec joie.

 

M. Roberts prévint ses hôtes que les chrétiens avaient l’habitude de lire leurs livres saints, la Bible, et de prier le vrai Dieu le matin et le soir. Il les invita à assister au culte tout en les laissant parfaitement libres. Il savait toutefois que le savoir vivre de la culture chinoise les amènerait à accepter son invitation. Un étudiant du nom de Hung fut profondément impressionné par la lecture des Écritures.

 

Hung obtint son diplôme. Avant de partir, il demanda à emporter un certain nombre de livres saints pour les distribuer à ses amis afin d’arriver à une décision au sujet de leurs doctrines. Le résultat fut la conversion de Hung et de plusieurs lauréats du concours. Ces nouveaux convertis s’employèrent avec zèle à répandre la connaissance de la vérité, chacun dans son district. Et rapidement les temples bouddhistes se vidèrent.

 

Les autorités prirent peur, craignant d’être en présence de quelque société secrète, et interdirent les réunions des chrétiens. Hung exposa la vérité, déclarant qu’ils étaient bons citoyens et qu’ils avaient simplement accepté et reçu Jésus-Christ comme Sauveur. Les autorités refusèrent de le croire : « il est certain que si une société secrète avait été fondée, elle n’aurait pas pu mieux s’y prendre pour se cacher que de se prétendre une société de chrétiens ».

 

Le vice-roi de la province les menaça de s’emparer d’eux s’ils ne renonçaient pas à leurs réunions et envoya un régiment pour les faire prisonniers. Les nouveaux convertis et leurs amis qui étaient plusieurs centaines, montèrent au sommet d’une colline. Les soldats entourèrent la colline et commencèrent à gravir ses pentes.

 

Les chrétiens s’agenouillèrent et demandèrent à Dieu de les guider. Alors, par une impulsion soudaine, tous se mirent à courir en descendant les pentes escarpées de la colline en direction des soldats, en criant comme l’avait fait des siècles auparavant Gédéon et ses hommes ! (Jg 7) Effrayés, les soldats jetèrent leurs armes et s’enfuirent. Les nouveaux convertis s’emparèrent de ces armes et aussitôt prêtèrent serment de n’avoir qu’un seul but, établir la liberté religieuse.

 

Ils franchirent une distance égale à celle qui sépare Paris de Moscou pour se rendre à Beijing[2], incorporant en route ceux qui reçurent leur témoignage et se joignirent à leur dessein, parmi lesquels se trouvaient des soldats impériaux.

 

Hung, le chef, établit des règles strictes : Pas de pillage, pas d’opium, pas de vandalisme… On pouvait seulement accepter des dons volontaires. Quiconque profanerait la sainteté du foyer serait fusillé sur le champ. Pour enseigner ceux qui le suivaient, il publia une édition spéciale des Écritures. Le nom de Taïping signifie grande paix. En 1851, il commandait 300 000 hommes.

 

Mais le mouvement dégénéra. Le pouvoir grisa Hung. Il y avait en lui du fanatique et du visionnaire. Il y eut des excès. On a calculé que vingt millions d’hommes périrent sous les coups de son armée. En 1864, le général Gordon triompha de la rébellion des Taïpings.

 

Une fois de plus, la grâce que Dieu donna à un homme ou un petit groupe d’hommes a été détourné de son but par la vanité, l’orgueil… Si ces hommes avaient suivi la volonté de Dieu, qu’en serait-il de la Chine aujourd’hui ?


Notes :

[1] Ville du Sud de la Chine.

[2] Il s’agit de la ville de Pékin. En chinois, Beijing signifie « la capitale du Nord ».

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