Des âmes sauvées, certes, mais trompées

Pour être parfaitement juste et honnête, il faut dire que plusieurs observateurs ont assisté aux réunions de l’évangéliste Stephen Hill et ont remar­qué qu’il prêchait souvent l’Evangile d’une manière claire. Après la prédication, une invitation est offerte pour accepter Christ. Beaucoup répondent à l’appel. Des âmes perdues sont sauvées et nées dans le royaume de Dieu. Il existe pour­tant un dilemme. Elles sont sauvées oui, mais dans quelle conditions et dans quel contexte ?[1]

 

Si notre hôpital local faisait fi de toutes les règles élémentaires d’hygiène, serions-nous tout de même conten­ts et satisfaits de nous y faire soigner, tout simplement parce que c’est un lieu de soin ? Ne serions-nous pas au contraire parmi les premiers à demander au personnel de cet hôpital de prendre ses responsabilités et de nettoyer les lieux de fond en comble, afin que la santé des malades ne soient pas mise en dan­ger ? La joie de se voir soigné ne serait-elle pas suivie de lendemains dra­matiques ?

 

Il en est de même des nouveaux convertis qui viennent à Christ dans un contexte douteux et malsain, où des enseignements erronés et des pratiques étranges leur sont imposés dès leur nouvelle naissance. Les réjouissances momentanées de la conversion se transformeront tôt ou tard en drame. Ignorer ce contexte et affirmer que l’important est de voir des âmes sauvées, c’est faire preuve d’une grande irresponsabilité de la part du prédicateur qui aura des comptes à rendre au Seigneur. Tout nouveau converti a bien sûr, lui aussi, sa part de responsabilité. Il doit apprendre à contrôler, dès le début de sa vie chrétien­ne, toute expérience et tout enseignement à la lumière des Ecritures. Il doit être prêt, si nécessaire, à se séparer de ceux qui prêchent des fausses doctrines (Ac 17:11 ; Rm 16:17).

 

Les pasteurs ne peuvent ignorer les enseignements clairs du Seigneur et avoir en même temps la pleine approbation divine sur leurs ministères. Jésus a bien précisé à ses disciples comment ils devaient prendre soin des « nouveaux conver­tis » et bâtir son Eglise. Il leur a ordonné : « Allez, faites de toutes nations des dis­ciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit » (Mt 28:19).

 

Comment se fait-il qu’une séduction aussi évidente puisse induire en erreur autant de pasteurs et de chrétiens ? Manifestement, cela ne peut se faire que si tout est présenté ou fait « au nom de Jésus ». Une telle chose ne s’avère possible que par la manifestation d’une certaine « puissance » qui semble glorifier Jésus-Christ, mais qui, en réalité, n’a pas de fondements bibliques. C’est là que se trouve le piège dans lequel beaucoup tombent, car il est insuffisant de faire une chose « au nom de Jésus », si celle-ci n’est pas conforme à la Parole de Dieu. Rappelons-nous que toute manifestation de puissance qui semble glorifier Jésus, mais qui est sans fondements bibliques, doit être rejetée catégoriquement.

 

Ainsi, accepter la pensée qu’une chose peut être permise dans l’Eglise, même si elle n’est pas mentionnée dans les Ecritures, ouvre la porte toute grande à toutes sortes de séductions et d’hérésies qui ne peuvent plus être contrôlées. Si c’était le cas, le Saint-Esprit serait lui-même l’auteur de la confusion. Bien au contraire, la Parole de Dieu est, et demeurera toujours, l’autorité finale en matiè­re de doctrine et de pratiques.

 

Le « réveil de Pensacola » a créé chez beaucoup de chrétiens un changement radical dans leur conception de l’autorité des Ecritures, de l’œuvre de Christ, du caractère du Saint-Esprit et des manifestations spirituelles dans l’Eglise. Ce changement d’attitude est nouveau et déterminant. Il permet à de « nouvelles visitations » totalement extérieures à la Bible de s’infiltrer et de s’établir dans le Corps de Christ. Soyons donc sur nos gardes, car celles qui viendront seront de plus en plus séduisantes, dangereuses et destructrices pour la foi du chrétien en particulier et pour son Eglise en général. Retenons fermement ce que nous avons, afin que personne ne nous ravisse notre couronne ! (Ap 3:11)


Note :

[1] The Quaterly Journal, April-June 1997

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