Une preuve de l’existence du roi David sur la Pierre de Moab (ou stèle de Mésa)

Conservée au musée du Louvre cette stèle de 1,13 m de haut est écrite avec les fameux caractères alphabétiques cananéens. Elle mentionne entre autres les noms de l’Eternel (YAHVEH) et du roi David. L’inscription en est parfaitement intelligible. Elle provient de Mécha (ou Mésa), roi de Moab, mentionné dans 2 Rois 3:4-27 et confirme et complète de façon remarquable le récit biblique. Elle prouve qu’à cette époque-là (environ 850 avant J.-C., après la mort du roi Achab) l’écriture alphabétique était connue dans les pays du Jourdain. D’autre part, la forme des lettres de la Pierre de Moab montre que l’écriture alphabétique avait déjà dû être longtemps en usage. La langue de l’inscription est remarquable ; entre elle et l’hébreu les différences sont rares et petites. Cela confirme que les Moabites étaient apparentés aux Israélites au point de vue de la langue comme de la race (la Bible les présente comme descendants de Lot, le neveu d’Abraham).

 

Goliath a-t-il existé ?

Une inscription portant le nom du géant Goliath dans une antique langue cananéenne a été découverte dans le site archéologique de Tel Tsafit au mois de novembre 2005, près de Kiryat Malakhi, par un groupe d’archéologues de l’université de Bar Ilan, dirigés par le Pr. Aaron Meir.

Le site identifié comme Gat, ville peuplée de Phlistins, a été reconnu par les chercheurs comme une des cinq villes de ces ennemis jurés du peuple d’Israël du temps de la Bible et comme étant la ville d’origine de Goliath.

Ce site renferme des découvertes des dix phases de l’époque philistine de 586 à 100 avant l’ère chrétienne. Entre autres, y ont été découvertes les preuves du siège de la ville par le roi d’Aram Hazael, décrit dans le livre des Rois (2 Rois 10).

 

La céramique, où a été déchiffrée le nom Goliath a été décryptée par le Pr. Aaaron Dameski de l’université de Bar Ilan et le Dr Stefan Wimer de l’université de Munich.

 

« Il s’agit de la preuve écrite la plus antique de l’existence d’un Philistin répondant au nom de Goliath, découverte qui plus est dans sa ville d’origine », a déclaré le P. Meir. LD

 

Source Aroutz 7

Samson et Dalila ont-ils vraiment existé ?

Ascalon, une ville philistine sur la côte méditerranéenne, au nord de la bande de Gaza, fut sauvagement détruite par Nabuchodonosor, roi de Babylone, en 604 av. J.-C. L’incident est rapporté dans Jérémie 47 : 5-7 et dans les Annales babyloniennes. Récemment, des archéologues américains ont montré qu’il en fut bien ainsi, révélant aussi que la ville fut abandonnée jusqu’à la fin du IVe siècle av. J.-C.

Un chantier de fouilles à Ascalon
(photo : BiblePlaces.com)

C’est dans le niveau de cette destruction qu’un fragment de jarre fut aussitôt remarqué : il était inscrit! L’encre est parfois presque effacée, car il se trouvait proche de la surface du sol pendant une bien longue période. Ce n’est pas un faux, comme il en circule plusieurs à l’heure actuelle ; il fait bien partie du niveau de destruction!

L’ostracon et ses inscriptions

Voici ce que l’on peut lire, après une longue étude : « À Hanno de Gaza : la tête de l’hébreu Samson, qui est attaché à Dalila, j’ai mis dans les mains d’Agga, le fils d’Aquish d’Ascalon, le roi. » Quelle surprise, qui mérite quelques explications!

L’auteur de ce billet ne peut être qu’un messager qui avait l’ordre de remettre cette tête à Ascalon. Donc, mission accomplie! Ce fait peut aussi expliquer bien des gaucheries de rédaction. Ainsi il dessine une « tête » en début de ligne 2, devant « hébreu Samson »; après le nom de Dalila, à la fin de la ligne 3, il dessine une tête de femme. Surtout, après une première rédaction, il ajoute des notes explicatives à deux reprises : les lignes 1A et 5B. En 5B, qui précise qu’il s’agit du fils du roi d’Ascalon, il dessine un grand et un petit bonhomme! Vraiment, c’est là l’oeuvre d’un apprenti!

Pour sûr, nous sommes renvoyés à un incident des premiers siècles (XIIe et XIe) de l’histoire d’Israël, au temps des Juges. Un de ces chefs de tribus est Samson l’hébreu, qui donna beaucoup de fils à retordre aux Philistins, occupant toute la côte méditerranéenne (Juges 13-16). Après un mariage avorté avec une israélite, il s’éprend follement d’une philistine, la fameuse Dalila! Ses charmes lui feront révéler le secret de sa force, sa longue chevelure (Jg 16). Et on connaît la suite. Écrasé avec les Philistins sous les ruines du temps, ses parents viennent chercher son corps qu’ils enterrent dans leur village (Jg 16 :31). On ne dit pas que ce corps est décapité!

Mais le jeune David ne décapita-t-il pas Goliath, ce géant philistin, pour ensuite déposer sa tête à Jérusalem, sans doute dans un lieu saint (1 Sm 17 :46, 51, 54)? De plus, après la défaite de Saül contre les Philistins, ces derniers décapitèrent Saül et ses trois fils; après une parade des têtes à travers leur pays, ces Philistins les déposèrent dans un temple (1 Sm 31 : 2, 9-10). Nous sommes toujours aux premiers siècles de l’histoire d’Israël, et dans le même contexte culturel : Israël et la Philistie! Samson a sans doute subi le même sort.

Deux raisons nous incitent à croire à l’authenticité de cette inscription. La première est le nom propre du roi de Gaza : Hanno. Ce nom est inconnu dans la Bible, mais il figure à deux reprises comme nom du roi de cette même ville, un siècle et demi plus tôt. Le grand roi d’Assyrie, Téglat-Phalasar III (745-727 av. J.-C.), raconte dans ses Annales qu’il livra un dur combat contre un certain Hanunu, roi de Gaza, qui dût lui payer un bien lourd tribut. Nous sommes assurés que c’est la forme assyrienne du Hanno philistin de notre inscription. Il y aurait peut-être eu un dynastie de Hanno à Gaza.

La seconde raison concerne le nom du roi d’Ascalon, Agga. Ce nom est aussi inconnu dans la Bible, mais il est bien attesté dans un texte babylonien, au temps de Nabuchodonosor lui-même. À Babylone, on a trouvé la liste des rois et des princes tenus captifs dans cette grande capitale, et qui peuvent recevoir des rations de vivre. On y rencontre le nom de Joiakîn, roi de Jérusalem, et celui d’Agga, d’Ascalon! Notons que le nom de son père, Aquish, est aussi celui du roi philistin de Gat, au temps de David (1 Sm 21 :11 ; 1 Rs 2 :39). Nous sommes donc en terrain bien connu.

Nous connaissons les réserves récentes sur la valeur historique des textes de la Bible concernant l’ancien Israël, avant le VIIIe siècle av. J.-C. L’époque des juges (VIIIe et XIe siècles) est souvent qualifiée de « pure légende ». Et pourtant, si le livre des Juges est souvent considéré comme s’apparentant à des récits légendaires, Samson étant donné comme le plus bel exemple, nous avons là la preuve que le personnage lui-même est réel.

Les sept années de famine annoncées par Joseph

Dans le chapitre 41 du livre de la Genèse, le récit du songe du pharaon expliqué par Joseph, jeune esclave hébreu, montre comment Dieu a sauvé tout un peuple par son serviteur. Ce passage fait parti de ceux qui sont régulièrement considérés par les détracteurs de la Parole de Dieu comme infondés et surtout sans aucune valeur puisque non vérifiables… Or, comme bien d’autres, des découvertes archéologiques mettent au jour des informations qui viennent contredire un tel raisonnement…

A Louxor[1], l’égyptologue Brugsch-Bey[2] a mis à jour une vieille inscription sur un bloc de granit de 2,5 m de haut et de 3 m de large avec une étonnante inscription relatant une sécheresse de sept années qui fut prédite par un songe donné au pharaon et interprété par un vizir[3]. Cette stèle, appelée « Stèle de la famine » ou « Inscription de Séhel[4] », raconte[5] que le Nil a cessé pendant sept années consécutives d’inonder ses rivages causant par là une effroyable famine dans tout le pays. Le mot à mot des causes ayant provoqué la sécheresse sont les effets attribués au dieu « Khnoum » qui, selon la mythologie égyptienne, détenait en son pouvoir le débit des sources du Nil à Eléphantine[6].

 

Plusieurs éléments permettent de dater assez précisément la stèle et donc les évènements qui y sont relatés…

 

  • Le texte situe les événement sous le règne du roi Djéser qui régna sur l’Egypte aux alentours de 2 630 à 2 610 avant JC.
  • Imhotep est présenté comme grand-prêtre du temple de Rê d’Héliopolis et le « premier après le roi », ce qui en fait le second personnage de l’Etat. Vizir et architecte du roi Djéser, on le dit également médecin et philosophe. Sur le socle d’une statue du roi Djéser[7], il est présenté comme «  Le chancelier du roi de Basse-Égypte[8], le premier après le roi de Haute-Égypte, administrateur du grand palais, noble héréditaire, grand prêtre d’Héliopolis, Imhotep, le constructeur, le sculpteur. »

 

Comparons maintenant les écrits égyptiens[10] et les textes bibliques :

Texte de la Stèle de la famine

Texte biblique

L’inscription commence par la grande détresse du pharaon : « J’ai été en difficulté sur le Grand Trône… » C’est par le rêve que le roi est averti de la future famine. Le matin, Pharaon eut l’esprit agité, et il fit appeler tous les magiciens et tous les sages de l’Égypte. Il leur raconta ses songes. Mais personne ne put les expliquer à Pharaon. (Gn 41 : 8)
Le roi s’adresse à son ministre Imhotep pour connaître les causes de la sécheresse. Pharaon fit appeler Joseph. On le fit sortir en hâte de prison. Il se rasa[11], changea de vêtements, et se rendit vers Pharaon. (Gn 41 : 14)
Le pharaon est préoccupé au sujet de la famine et Imhotep, qui demande le dieu du Nil, pour qu’il puisse s’approcher de lui à propos de la sécheresse : « …Je lui ai demandé qui était le Chancelier, … Imhotep, fils de Ptah. Quel est le berceau du Nil ? Qui est le dieu là bas ? Qui est le dieu ? » Imhotep répond : « J’ai besoin de la direction de celui qui préside la xxx[12]… » Joseph répondit à Pharaon, en disant: Ce n’est pas moi! c’est Dieu qui donnera une réponse favorable à Pharaon. (Gn 41 : 16)
Imhotep réponds au Pharaon au sujet du Dieu du Nil et lui dit où il vit et lui révèle dans un rêve la promesse que le Nil allait couler fort et que le pays serait abondant pendant sept ans, mais après seraient sept années de sécheresse. Voici, il y aura sept années de grande abondance dans tout le pays d’Égypte. Sept années de famine viendront après elles; et l’on oubliera toute cette abondance au pays d’Égypte, et la famine consumera le pays. (Gn 41 : 29 et 30)
L’inscription déclare l’engagement de Djéser au dieu du Nil, Khnoum[13], selon lequel les gens devaient être taxées 1/5ème de tout, sauf pour les prêtres de la « maison du dieu », qui seraient exemptés. Joseph fit de cela une loi, qui a subsisté jusqu’à ce jour, et d’après laquelle un cinquième du revenu des terres de l’Égypte appartient à Pharaon; il n’y a que les terres des prêtres qui ne soient point à Pharaon. (Gn 41 : 26)

Ainsi, il est très simple de faire la corrélation : Le Pharaon du temps de Joseph dont parle la Bible est Djéser[14]. Par ailleurs, il existe des bas reliefs qui représentent une scène de circoncision qui est située sur la pyramide à étage, la première pyramide historique de la planète[15], située à Saqqarah[16], et édifiée sous le règne de Djéser. Or, la circoncision fut prescrite à l’arrière grand père de Joseph, Abraham (Gn 17 : 13) ; et pour que celle-ci figure sur des bas reliefs, il fallait qu’elle soit reconnue par les dignitaires égyptiens.

 

De plus, juste à côté de la pyramide des degrés sur laquelle se trouve la fresque de la circoncision, on trouve une zone de stockage de céréales, comme celles qui furent édifiées par Joseph pour recevoir le cinquième de la surproduction des sept années « grasses » précédant la famine.

 

Une étymologie de Imhotep lui donne le sens de « La voix du dieu Im », Im voulant dire « Être », « Celui qui est »… Or, c’est ainsi que Dieu se fait connaître à Moïse lors du dialogue près du buisson ardent (Ex 3 : 14), comme pour lui rappeler que celui qui parle est bien le même que celui qui a conduit et inspiré Joseph, son ancêtre. De plus, une étymologie égyptienne donne le sens de « la voix du Dieu vivant » au nouveau nom donné à Joseph par le pharaon, Tsaphnath–Paenéach (Gn 41 : 45).

 

C’est Imhotep qui généralise l’utilisation de la pierre comme matériau de construction des temples et tombeaux funéraires alors qu’ils étaient faits auparavant de briques de terre cuite. Il est aussi le premier à utiliser des colonnes dans l’architecture. Il innove architecturalement avec l’invention de la pyramide à degrés comme tombeau du roi[17].

 

Ayant tout pouvoir sur l’ensemble de l’Egypte et étant identifié à un divinateur grâce à son Dieu, il parait évident que Joseph serait marié à une lignée de prêtres : il est marié à la fille d’un prêtre Egyptien d’On, Poti-phéra, dont la fille s’appelle Asnath[18] (Gn 41 : 45). Cette position lui permet de réformer la religion égyptienne et de proposer de grandes avancées en médecine[19].

 

La culture égyptienne a gardé l’enseignement de Joseph puisque YHVH, le Dieu de Joseph était appelé Ptah par les Egyptiens. Ptah est le dieu créateur par excellence : il est considéré comme le démiurge[21] qui a existé avant toute chose et qui par sa volonté a pensé le monde. Il l’a d’abord conçu par la Pensée puis réalisé par le Verbe : « Ptah conçoit le monde par la pensée de son cœur et lui donne la vie par la magie de son Verbe »[22]. Ce que Ptah a ordonné a été créé ; en lui, les constituants de la nature, faune et flore, sont contenus. Il joue également un rôle dans la préservation de l’univers et la permanence de la fonction royale.

 

Par ailleurs, on retrouve des mentions ou des citations de Imhotep dans presque tous les temples qui jalonnent l’histoire de l’Egypte antique.  Il est même fortement supposé que les enseignements d’Imhotep ont influencé le réveil spirituel vécut par Akhénaton[23].

 

Nous constatons que l’archéologie permet une nouvelle fois de confirmer les textes de la Parole de Dieu, voire d’envisager l’impact de la culture biblique sur le monde : les fameuses pyramides d’Egypte ont été tracées et initialement construites par Joseph et les siens… Mais on comprend ces mots « jusqu’à ce que parut un autre roi, qui n‘avait pas connu Joseph » (Ex 1 : 8, Ac 7 : 18) : l’impact de Joseph (Imhotep) fut tel et les changements si profonds et radicaux, surtout pour le clergé, que le seul moyen pour le pharaon de retrouver son pouvoir « de droit divin » était de réduire voire détruire les descendants de ce Imhotep[24].

 

De même nous comprenons la perception de Moïse qui connaissait l’histoire du peuple égyptien à ces mots de Dieu : « Je suis celui qui est ». Dieu lui propose de devenir « la voix du Vivant » comme Joseph le fut pour le salut de tout un peuple !

POUR EN CONNAÎTRE PLUS :

NOTES

[1] Il s’agit de l’antique cité égyptienne de Thèbes, à ne pas confondre avec le Temple de Louxor.

[2] Heinrich Karl Brugsch (1827 –1894) fut un grand égyptologue allemand qui fut directeur de l’Ecole d’Egyptologie du Caire. Il reçut le titre de Bey (titre turc désignant à l’origine un « chef de clan ») puis de Pacha (définit un office de haut rang dans le système politique de l’Empire ottoman. Ce titre était typiquement accordé aux gouverneurs de provinces et aux généraux) par le gouvernement égyptien pour ses services aux musées de Boulaq et du Caire.

[3] Dans son livre L’Egypte sous les Pharaons, Brugsch mentionne une autre inscription qu’il appelle une « confirmation très remarquable et lumineuse » de la famine de sept années de Joseph. Dans la tombe creusée dans le roc de la famille d’un certain Baba, gouverneur de la ville de El-Kab au sud de Thèbes, fondée sous la 17ème dynastie, contemporaine de la 16ème dynastie du nord, sous laquelle Joseph gouverna, il y a une inscription dans laquelle Baba affirme avoir fait pour sa ville ce que la Bible dit que Joseph fit pour toute l’Egypte. « Je rassemblai du grain, comme un ami du dieu de la moisson, et quand une famine arriva, qui dura de nombreuses années, je distribuai le grain à la ville, chaque année que dura la famine. » Brugsch ajoute : « Etant donné que les famines sont extrêmement rares en Egypte et que Baba vécut environ à la même époque que Joseph, il ne reste qu’une seule déduction plausible : les nombreuses années de famine aux jours de Baba sont les sept années de famine sous Joseph. »

[4] Séhel est une île qui se situe sur le cours du Nil qui y a sculpté de vastes amoncellement de rochers.

[5] Cette mention des sept années de famine a été réinscrite ultérieurement dans les deux temples d’Edfou (ville de Haute-Égypte, située sur la rive ouest du Nil dans une région particulièrement riche en blé, au débouché des pistes caravanières venant du désert et des mines d’or de Nubie) et de Dendérah (petite ville d’Égypte sur la rive ouest du Nil).

[6] Figurent également sur cette stèle la topographie des chutes, la liste des divinités de la Basse Epoque (période de l’histoire de l’Égypte antique allant des environs de -750 à –30), des types de pierres et des minéraux. Le pharaon grec fait mention d’une offrande offerte aux dieux d’Eléphantine…

[7] Aujourd’hui au musée du Caire.

[8] L’Égypte se définit essentiellement par rapport au Nil. La Basse-Égypte est donc « basse » par référence au sens de l’écoulement du fleuve (du sud, plus haut, vers le nord, en aval) et donc à son altitude. Son relief est également peu accusé. C’est la partie la plus au nord de l’Égypte, depuis la Méditerranée, avec le delta du Nil, jusqu’à la région du Fayoum avec Le Caire.

[10] Le texte est remanié à l’avantage du Roi et surtout de la mythologie égyptienne.

[11] Imhotep est toujours représenté rasé.

[12] Mot inconnu.

[13] Ce dieu est présenté comme le Dieu créateur de l’Univers, celui qui forma l’homme à partir de l’argile du sol et lui insuffla le souffle de vie.

[14] Les autres noms de ce pharaon sont Zoser, Dsr, Horus-Netjerikhet, Horus-Netjerichet, Tosorthros ou Sesorthos, Nebu ou Bik-Nebou.

[15] Il s’agit de la pyramide à degrés de Djéser qui est dans l’histoire de l’architecture égyptienne le second ouvrage édifié en pierre de taille. Le complexe funéraire de Djéser est le premier de cette importance et le plus grand jamais construit à notre connaissance en Égypte.

[16] Saqqarah (ou Saqqara ou Sakkarah) est une vaste nécropole de la région de Memphis. Elle connut une occupation ininterrompue tout au long de l’histoire de l’Égypte antique.

[17] La première Pyramide a été construite par Imhotep, c’est à dire Joseph.

[18] Le nom de l’épouse de Imhotep est Ronpetnofret. Jacob était appelé Khanofer.

[19] Ce qui explique les similitudes entre les pratiques des égyptiens de l’époque et les pratiques hygiéniques du peuple d’Israël, comme la circoncision.

[21] Le démiurge, ou le créateur, est la déité responsable de la création de l’univers physique.

[22] À la 25ème dynastie, le pharaon nubien Chabaka fera transcrire sur une stèle un vieux document théologique trouvé dans les archives de la bibliothèque du temple du dieu à Memphis. Ce document connu depuis sous le nom de Théologie memphite (stèle est conservée depuis sa découverte au British Museum), fait du dieu Ptah, le dieu à l’origine de la création de l’univers par la Pensée et par le Verbe.

[23] On situe son règne de -1355 / -1353 à -1338 / -1337. Amenhotep (nom qu’il portait avant d’accéder au trône) revendique les enseignements d’Imhotep et de ses descendants sur plusieurs bas-reliefs (les bas-reliefs sont toutefois souvent abîmés voir totalement détruits par le clergé après la mort de ce roi qui voulut amener l’Egypte à l’adoration du seul dieu créateur de l’univers). On admet que Akhénaton fut assassiné par les religieux de son époque sous prétexte qu’il risquait de les faire disparaître.

[24] L’œuvre de cet homme fut telle que les pharaons ne pouvaient l’effacer de l’histoire : il fut déifié et intégré au panthéon égyptien …

 

Les Hittites, présents dans la Bible mais absents de l’Histoire séculière…

Pour les savants du siècle dernier, les Hittites n’apparaissaient que comme l’une des nombreuses petites tribus, plus particulièrement nomades, qui avaient peuplé l’Orient ancien, sans avoir laissé la moindre trace de leur existence. Ce qu’on en savait venait de la Bible, uniquement.

En effet, l’Ancien Testament en fait souvent mention, sous l’appellation plus fréquente de Hétiens, terme employé dans la plupart des traductions (Chouraqui : Hiti; Crampon : Hittites). Héthiens vient de Heth, qui apparaît comme le patriarche de cette tribu, ou ethnie. Heth est présenté comme étant arrière petit-fils de Noé (Genèse 10 : 1, 6, 15). Cela n’est donc pas récent.

Le mot Heth est mentionné 14 fois dans la Bible, et Héthien (singulier ou pluriel), 47 fois. Les gens d’Israël eurent fréquemment des rapports avec des Héthiens. Ces Héthiens constituaient une des dix tribus qui occupaient ce vaste territoire compris entre le Nil et l’Euphrate et dont Dieu promit la possession à Abraham et sa postérité (Genèse 15 : 18 à 21). Abraham acheta à Ephron le Héthien la caverne de Macpéla, pour y déposer la sépulture de Sara (Genèse 23 : 10 à 20). Esaü épousa deux Hétiennes (idem 26 : 34). David eut des contacts avec un certain Achimélec, Héthien (1 Samuel 26 : 6). Plus tard, des Israélites vécurent parmi des Héthiens et eurent avec eux des échanges matrimoniaux (Juges 3 : 5, 6). David épousa Bath-Schéba, veuve d’Urie, le Héthien (2 Samuel 11 : 2 à 27). Salomon avait des Héthiennes dans son harem (1 Rois 11 : 1), etc…

Au siècle dernier, l’archéologie, parmi d’autres sciences, était en plein essor, et les fouilles foisonnaient sur tous les sites du Moyen Orient, y compris l’Egypte, partout où des civilisations antiques étaient fortement soupçonnées d’y avoir laissé des vestiges.

Pour les érudits de l’époque, qui, comme je le disais au début, ne considéraient les Hittites (ou Héthiens) comme rien de plus qu’une des nombreuses tribus nomades de ces contrées, il ne fallait pas s’attendre à trouver, par l’archéologie, des vestiges témoignant de l’existence et de l’identité de cette peuplade, comme en laissent derrière elles les civilisations aux moeurs sédentaires.

Plusieurs textes bibliques laissaient quand même perplexes plusieurs de ces savants.

– Peu avant d’entrer dans la terre promise, Josué reçoit de Dieu les instructions pour l’installation des enfants d’Israël : Vous aurez pour territoire depuis le désert et le Liban jusqu’au grand fleuve, le fleuve d’Euphrate, tout le pays des Héthiens, et jusqu’à la grande mer vers le soleil couchant (Josué 1 : 3).
– Le roi Salomon faisait venir d’Egypte ses chevaux; une caravane de marchands du roi allait les chercher par troupes à un prix fixe… Ils en amenaient de même avec eux pour tous les rois des Héthiens et pour les rois de Syrie (1 Rois 10 : 28, 29).

Samarie, capitale du royaume d’Israël, est assiégée par une puissante armée syrienne. Mais Dieu intervient en semant la panique dans le camp syrien qui est abandonné par les soldats. Comment ?.. Le Seigneur avait fait entendre dans le camp des Syriens un bruit de chars et de chevaux, le bruit d’une grande armée, et ils s’étaient dit l’un à l’autre : Voici, le roi d’Israël a pris à sa solde contre nous les rois des Héthiens et les rois des Egyptiens pour venir nous attaquer (2 Rois 7 : 6).

Ces textes laissaient fortement supposer que les Héthiens avaient constitué un peuple puissant, au territoire étendu, doté d’une armée suffisamment redoutable pour être mis, par les Syriens, sur un pied d’égalité avec les puissants Egyptiens. Ne passait pas inaperçue, également, la mention tous les rois des Héthiens.

Si ce peuple avait été si puissant, il devait bien exister quelque part des traces de leur civilisation. Or, rien n’en avait émergé jusqu’alors.

Les érudits matérialistes , les détracteurs de la Bible et tous ceux qui, même sans nier totalement la valeur de l’ouvrage, estiment qu’il faut être très réservé quant à sa capacité d’être, tout entière, la Parole de Dieu, estimant qu’une bonne part de ses textes sont des synthèses de récits puisés dans les traditions des nations païennes de la région, oui, tous ces gens exultent : “ Il est possible que ces Hittites aient existé, comme toutes les peuplades auxquelles, dans la Bible, ils sont associés, mais l’imagination fertile, avide de fantastique et de merveilleux, des auteurs bibliques, en a exagéré l’importance. La preuve, c’est que les Egyptiens et les Syriens, que la Bible présentent comme leurs égaux, ont laissé de nombreux vestiges archéologiques, alors que les Hittites, eux, rien! ”

En 1822, le déchiffrement de la fameuse “ pierre de Rosette ”, sur laquelle était gravée une inscription en grec et en égyptien, permit à Champollion de percer le secret des hiéroglyphes. La traductions de nombreux textes égyptiens apporta des renseignements sur le “ peuple de Kheta ”. Les experts assimilèrent ce nom aux “ Chittim ”. En 1300 avant J.C, Ramsès II avait combattu “ les abominables Kheta ” et leurs alliés à Kadesh, en Syrie. Ramsès II signa un traité de paix avec les gens de Kheta. Le texte en est gravé sur le mur d’un des temples de Karnak. Pendant un temps, ce fut tout ce qu’on put découvrir sur les Hittites.

En 1812, dans la ville syrienne de Hamâ, un jeune suisse, Johann L. Burckhardt en fit la description et nota que ces caractères ne ressemblaient pas du tout aux caractères égyptiens. Il mourut peu après, et la “ pierre de Hamâ ” tomba pratiquement dans l’oubli. Ses notes ne parurent qu’en 1922.

En 1871, un missionnaire irlandais, William Wright, examina la pierre et d’autres similaires. Une pierre portant le même type d’inscription fut découverte dans une mosquée d’Alep, à 160 km au nord de Hamâ.

Personne ne put déchiffrer ces étranges hiéroglyphes, mais l’archéologue anglais Archibald Sayce avança l’hypothèse d’une écriture hittite. Deux ans plus tard environ, une mission de fouilles du British Muséum découvrit la cité depuis longtemps disparue de Karkemish. C’était la ville située sur l’Euphrate que des inscriptions assyriennes datant de 1100 avant J.C. avaient décrite comme étant la “ capitale des Hattis ”. Les indices recueillis suggéraient donc que si Hattis et Hittites n’étaient qu’un même peuple, leur royaume se situait en Syrie.

Puis de nouveaux éléments plutôt surprenants se firent jour. Un voyageur anglais du nom de E.J. Davis déclara avoir vu des inscriptions similaires gravées dans le massif du Taurus, en Turquie méridionale. Cela remit à la mémoire des archéologues-détectives la découverte d’autres grandes gravures en relief, quelques années plus tôt, au nord de la chaîne du Taurus, sur le plateau d’Anatolie. Il n’était dès lors plus aussi certain que le foyer des Hittites se fut trouvé en Syrie. Sayce fit paraître un nouvel article intitulé “ Les Hittites en Asie Mineure ”, dans laquelle il avançait la nouvelle théorie. Mais, jusqu’alors, il n’existait aucune preuve. Personne ne pouvait affirmer que les hiéroglyphes en question étaient hittites, et nul ne savait les déchiffrer.

En 1887, les recherches prirent une nouvelle tournure. Une paysanne égyptienne qui cherchait de l’engrais dans le sol près du site de l’ancienne cité de Tell el-Amarna exhuma quelques tablettes d’argile. Elles portaient des inscriptions en caractères cunéiformes. Supposant que de tels objets pouvaient avoir une valeur, d’autres gens se mirent à creuser le site et, en un an, 200 tablettes se vendirent au marché noir au Caire. Le trafic des antiquités était interdit par les lois égyptiennes, mais quelques unes de ces tablettes parvinrent à des musées étrangers. Leur examen révéla qu’il s’agissait des archives du pharaon Akhenaton, qui régna de 1379 à 1361 avant J.C., et dont la capitale était proche de Tell el-Amarna, où furent trouvées les tablettes.

La plupart sont écrites en akkadien (le langage de Babylone) et elles sont toutes en caractères cunéiformes. On y trouve aussi des tablettes en provenance des chefs syriens et palestiniens fidèles à l’Egypte. Elles font référence aux activités militaires du roi de Hatti et se plaignent de ses agressions. De toute évidence, les Hittites étaient une puissance militaire.

L’une de ces lettres, écrite elle aussi en akkadien, émane du roi des Hittites lui-même, Souppilouliouma. S’adressant au pharaon comme à un égal, il le félicite de son accession au trône. Les lettres d’Amarna faisaient donc entrer les Hittites sous les projecteurs de l’Histoire.

Les lettres qui parlaient des activités de l’armée hittite indiquaient son déplacement vers le sud, en Syrie et au Liban, ce qui fait penser que le royaume lui-même se trouvait au nord du Taurus, dans la moitié occidentale de la Turquie.

Dix ans environ après la découverte des tablettes d’Amarna, quelques tablettes gravées en “ arzawan ” furent trouvées en Turquie du Nord, près du village de Bogazköy. L’attention portée par les archéologues à la morne plaine d’Anatolie était encore récente. Jusqu’alors, ils s’étaient entièrement consacrés aux chantiers de fouilles des cités légendaires de Mésopotamie et de l’Egée, et aux temples et sépultures d’Egypte. Il y avait bien quelques vestiges intéressants dans la région de Bogazköy, mais rien n’indiquait qu’une civilisation très avancée y eut existé autrefois. Il n’y avait donc pas de raison de fouiller cette contrée désolée pour y retrouver une hypothétique civilisation disparue.

Pourtant, les ruines de Bogazköy avaient été mises au jour dès les années 1830. Un Français, Charles-Félix-Marie Texier, y avait découvert les restes d’une cité “ aussi large qu’Athènes au temps de sa splendeur ”. Elle était entourée d’une muraille dont les portes étaient ornées de sculptures de lions et de sphynx. A peu de distance, Texier avait trouvé un assemblage de rocs décorés de hauts-reliefs et de hiéroglyphes. On établit par la suite la similitude de ces décorations avec celles de Hamâ et d’Alep. Vers la fin du XIXème siècle, le site de Bogazköy commença d’attirer l’attention. On possédait en effet des exemples des deux types d’écritures : les hiéroglyphes “ hittites ” et les cunéiformes “ arzawan ”. (cunéiforme : en forme de coin. A l’aide d’un coin de pierre, on faisait des empreintes dans des tablettes d’argile frais, tablettes qui étaient ensuite séchées et cuites, au soleil ou au four).

Parmi les gens qui s’y intéressèrent figure le docteur Hugo Winckler, spécialiste de l’écriture cunéiforme à l’université de Berlin. Il s’était familiarisé avec les textes “ arzawan ” de Tel el-Amarna et était allé au Liban en 1903 pour rechercher d’autres écrits dans cette langue. Quelques mois après son retour à Berlin, il recevait par la poste une tablette en “ arzawan ”. Elle lui était envoyée par un conservateur de musée turc, le bey Macride. Winckler, sans tarder, partit pour Constantinople. Macride lui révéla que la tablette provenait de Bogazköy. Les deux hommes se mirent en route vers ce village perdu. Winckler recueillit 34 autres tablettes de caractères cunéiformes.

L’été suivant, en 1907, il obtint une subvention pour les fouilles de Bogazköy. Les villageois du coin se mirent à creuser, tandis que Winckler examinait et répertoriait les centaines de tablettes que l’on déterrait. La plupart étaient rédigées en “ Arzawan ”, donc indéchiffrables, mais quelques- une étaient en akkadien, que Winckler lisait aisément. Sur l’une d’elles, il lut ceci :

“ Le traité passé entre Ramsès, Bien-Aimé d’Amon, Grand Roi du pays d’Egypte, héros, et Hattusilis, Grand Roi, Roi du pays de Hatti, son frère, qui garantit la paix et la fraternité pour toujours dans les bonnes relations entre les Grands Royaumes… ”

Ce n’était rien de moins que l’instrument du traité de paix conclu après la bataille de Kadesch, celui-là même qui était gravé en hiéroglyphes égyptiens sur les murs du temple de Karnak. Cette alliance ne vous rappelle-t-elle pas ce que les Syriens assiégeant Samarie se disaient, rapporté par le texte biblique cité plus haut : “ Voici, le roi d’Israël a pris à sa solde contre nous les rois des Héthiens et les rois des Egyptiens pour venir nous attaquer (2 Rois 7 : 6). Je rappelle également que, selon les découvertes archéologiques, les Hittites avaient une puissance militaire importante, si l’on en juge par ce traité de paix passé entre les deux puissances du moment : les Egyptiens et les Hittites, ces derniers capables de faire trembler cette autre puissance redoutable : les Syriens. C’est ainsi : Quand on craint d’être vaincu dans un combat avec un ennemi puissant, il est plus sage de faire la paix avec lui. Jésus l’a rappelé, par une parabole célèbre (Luc 14 : 31, 32).

Sur les 10.000 tablettes exhumées à Bogazköy, il y en avait assez en Akkadien pour permettre aux chercheurs de commencer à reconstituer l’histoire jusqu’alors ignorée des Hittites. L’ “ arzawan ” était visiblement leur langage. Quant aux hiéroglyphes inconnus, relativement peu nombreux, les plilologues furent incapables d’en déterminer la relation avec le langage cunéiforme des Hittites, si tant est qu’il y en eut une. Un savant tchèque, F. Horzny et d’autres linguistes réussirent à déchiffrer le hittite cunéiforme utilisé entre 1900 et 1100 avant J.C. Une vaste littérature dans cette langue devint accessible : annales, textes religieux et mythes, portions de codes de lois, etc…

Quel qu’ait pu être le berceau du peuple hittite, il s’implanta en Anatolie aux environs de 1900 avant J.C. Nous le savons par des récits de marchands assyriens. Les Assyriens contrôlaient en effet à l’époque les routes commerciales entre l’Anatolie et la Mésopotamie. Ils avaient même établi plusieurs centres commerciaux en Anatolie même. Ils tenaient à jour avec soin le compte rendu de leurs affaires avec la population locale. Les archives découvertes à Kültepe (l’ancienne Kanesh) contiennent un certain nombre de noms hittites parmi ceux des Hattites. Nous appelons aujourd’hui ces dérivés des “ Proto-Hittites ”.

Certains archéologues humanistes et matérialistes du siècle dernier, en grattant quelques centimètres de terre sur quelques sites archéologiques du Moyen Orient, et ne trouvant rien qui atteste l’existence des Hittites (ou Héthiens), sans oublier une antipathie manifeste pour la Bible, avaient hâtivement conclu :

“ Ce peuple, tel que nous le décrit la Bible, n’a jamais existé; alors, prudence avec la Bible! Si elle s’est trompée, ou a exagéré (ce qui semble évident), elle a très bien pu en faire autant avec une bonne partie, sinon tout, de ce qu’elle nous enseigne ”.

Je me réjouis, et je remercie Dieu pour la fidélité, l’honnêteté et l’attitude scrupuleuse des prophètes qu’il a choisis pour transmettre ses paroles au monde des humains.

Voici ce que Luc écrit pour introduire l’Evangile qui porte son nom : Plusieurs ayant entrepris de composer un récit des évènements qui se sont accomplis parmi nous, suivant ce que nous ont transmis ceux qui ont été des témoins oculaires dès le commencement et sont devenus des ministres de la parole, il m’a aussi semblé bon, après avoir fait des recherches exactes sur toutes ces choses depuis leur origine, de te les exposer par écrit d’une manière suivie, excellent Théophile, afin que tu reconnaisses la certitude des enseignements que tu as reçus (Luc 1 : 1 à 4).

Et les authentiques témoins et propagateurs de l’Evangile, tels ces Juifs de Bérée qui, à l’audition de ce que leur disait Paul, évangéliste et apôtre, reçurent la parole avec beaucoup d’empressement, et ils examinaient chaque jour les Ecritures pour voir si ce qu’on leur disait était exact (Actes 17 : 11) .

Recevoir la parole avec beaucoup d’empressement ne leur suffisait pas. Ils voulaient vérifier si c’était conforme aux Ecritures. Voilà une attitude, humble, honnête… et noble, précise le texte.

Mais c’est, hélas, loin d’être toujours le cas. Combien acceptent avec beaucoup d’empressement n’importe quelle ânerie, n’importe quel canular, scientifique, philosophique, religieux ou autre, parce que ça plaît, c’est nouveau, c’est original, c’est bien dit… ou cela est cru par le plus grand nombre depuis longtemps. Mais vérifie-t-on? Contrôle-t-on? Examine-t-on? Fait-on des recherches, des investigations, des enquêtes? Très souvent, on ne dispose d’aucune source, d’aucune base, d’aucun élément pour faire ces recherches. Pourquoi? Parce qu’il n’y en a pas, et qu’il n’y en a jamais eu !

Alors, on “ gobe ”, parce que c’est facile, plaisant, confortable ou flatteur… et cru par tout le monde… du moins le croit-on.
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Ce texte est un extrait du livre: La science commence par la crainte de Dieu. Éditions le Lampiste 1996 – 190 p

Hors des églises, ou dans les églises ?

Un débat a lieu pour savoir s’il faut sortir des églises organisées et institutionnalisées ou s’il faut y entrer et y rester. Il semble que beaucoup de ces débats sont de faux débats. Quels sont les vrais problèmes et quelles sont les solutions bibliques ?

Il faut partir des faits. On assiste actuellement à un important mouvement qui ressemble plus à un mouvement de fond qu’à un mouvement ponctuel et marginal. Beaucoup de chrétiens quittent les églises organisées et institutionnalisées pour se retrouver en petits groupes informels ou de maisons ou parfois complètement isolés.

Par « églises organisées et institutionnalisées », il faut comprendre les églises appartenant à des dénominations diverses ou les églises indépendantes structurées en associations cultuelles déclarées, disposant de locaux, de budgets, de responsables reconnus (pasteurs ou anciens) et organisant diverses réunions publiques : cultes, réunions de prière, réunions d’enseignement biblique en général.

Pour quelles raisons ces chrétiens quittent-ils leurs églises ?

Tout d’abord, il y a le cas des mécontents qui quittent leur église pour des motifs futiles ou charnels ou parce qu’ils ne supportent aucune autorité. Une vie non abandonnée à Dieu est la source directe ou indirecte de la plupart des problèmes de la vie chrétienne, que ce soit au sein de la famille ou au sein des églises. Les œuvres de la chair sont manifestes : rébellion, amertume alors que l’amour-propre est blessé, animosité, rancunes, médisances, calomnies, jugements selon l’apparence et non selon la vérité, etc…

Les mécontents de ce type trouveront toujours des sujets de mécontentement où qu’ils soient et quoi qu’on leur propose car ils véhiculent le problème en eux-mêmes. Tant que la chair vivra, nous rencontrerons toujours ce problème, hors ou dans ces églises organisées. On peut même dire qu’un petit groupe de maison, composé uniquement ou essentiellement de chrétiens charnels, présente la pire situation qui soit ! Car des chrétiens charnels peuvent vivre plus ou moins cachés au sein d’une grande église organisée alors qu’ils ne peuvent rester cachés au sein d’un petit groupe et peuvent facilement provoquer des dégâts !

La solution à ce problème de la chair reste partout la même : le message de la croix dans ses deux aspects[1], apporté par des prédicateurs qui l’ont eux-mêmes expérimentée et l’apprentissage d’une vraie marche[2] par l’Esprit du Seigneur[3], dont la caractéristique fondamentale est l’amour divin[4]. Il est clair qu’un responsable de groupe ou d’église ne peut donner que ce qu’il a reçu. S’il ne sait pas, concrètement, ce qu’est pour lui-même la vie crucifiée et la marche par l’Esprit, comment peut-il guider et conseiller les autres dans ce domaine ?

La majorité de ceux qui se trouvent « hors de l’église » n’est pas composée de ces rebelles et de ces mécontents. Beaucoup de petits groupes informels ou de maisons sont composés de chrétiens consacrés[5], désireux d’obéir[6] sincèrement à leur Seigneur[7] en Esprit et en vérité et soucieux de rester fidèles[8] à Dieu et à Sa Parole.

Il est certain que ces chrétiens courent le risque d’un certains légalisme[9] et d’un certain exclusivisme, avec le risque de se renfermer sur eux-mêmes, ayant le désir de rester fidèles et de ne pas se souiller au contact du péché ou de l’apostasie[10]. Toutefois, ces chrétiens sont parmi ceux qui peuvent entendre la voix du Seigneur car leur cœur est bien disposé.

Bien souvent, ils ont dû se résigner à quitter une église à contrecœur, après beaucoup d’hésitations et de combats en laissant beaucoup d’amis et en versant beaucoup de larmes. Souvent c’était l’église qui les avait vus naître dans le Seigneur. Certains ont sincèrement voulu savoir si c’étaient bien eux qui étaient « normaux » en se plaçant honnêtement devant le Seigneur, afin qu’Il leur montre la vérité concernant leurs motivations profondes et réelles.

Beaucoup cherchent alors à rejoindre une autre église proche quand c’est possible…

Si ces chrétiens ne sont pas des rebelles systématiques, pourquoi donc ont-ils quitté leur église ?

Voici quelques raisons essentielles parmi les plus souvent évoquées. Elles ne sont pas présentées par ordre d’importance. Ces raisons ne sont pas nombreuses mais déterminantes pour prendre la décision de quitter une église.

  • Une montée régulière de l’apostasie dans l’église.

L’apostasie peut être définie comme l’abandon de la Vérité de la Parole du Seigneur. Peu à peu les responsables de l’église ont laissé s’introduire des doctrines et des pratiques qui n’étaient pas bibliques ou des interprétations humaines de la Parole de Dieu. Il ne s’agissait pas de questions superficielles tel le fait de prendre le fruit de la vigne de la Cène dans une coupe ou des gobelets individuels ! Mais il s’agissait de fausses doctrines concernant des problèmes graves comme, par exemple, l’exercice de l’autorité pastorale, l’encouragement du divorce et du remariage, l’exercice du ministère féminin au sein de l’église ou encore l’acceptation de faux dons spirituels, de fausses prophéties personnelles aux conséquences catastrophiques, « d’expériences nouvelles dans l’Esprit[11] » plus charnelles ou démoniaques que conduites par le Saint-Esprit[12], etc… Manifestement, ces frères et sœurs ont eu la conviction que, loin de se rapprocher de la Vérité du Seigneur et de Sa Parole, leur église dérivait de plus en plus dans l’apostasie. Ils ont prié, intercédé, averti les responsables[13] mais n’ont pas été entendus. Ils sont parvenus au point où le Seigneur leur a demandé de partir, s’ils ne voulaient pas participer au compromis ambiant, ni être jugés par le Seigneur[14].

Il est vrai que nous vivons dans l’apostasie de la fin des temps, annoncée par le Seigneur et Ses apôtres[15]. Il est immanquable que cette apostasie se répande partout où elle le peut. Il ne s’agit pas du fait qu’une église enseigne encore des doctrines qui ne sont pas réellement en accord avec la Parole de Dieu[16]. Car si les membres de cette église, et notamment ses dirigeants, ont l’amour de la vérité[17], ils seront éclairés par le Seigneur et parviendront à abandonner ce qui était faux ou incomplet[18].

Quand le cœur de tous est animé par l’amour de la Vérité et par un amour fraternel sincère[19], il est possible de vivre et de travailler ensemble, de progresser ensemble dans la bonne direction. Quand il y a une résistance ou une opposition à la Vérité de l’Esprit ou de la Parole, cela devient impossible.

Le problème de fond ne consiste pas à choisir entre les églises organisées et les groupes de maison ou informels. C’est un faux problème. Le problème de fond est l’amour du Seigneur et de Sa Parole, la connaissance et la pratique de la Vérité, le désir sincère de vivre dans la sanctification et de produire le Fruit de l’Esprit. Un groupe de maison peut être apostat et une église « organisée » dans la vérité et vis versa !

  • Le fait que le péché connu soit ouvertement toléré ou accepté dans l’église.

Ce fait important est souvent lié à celui que nous venons d’évoquer. La Vérité est toujours associée à la sainteté et l’apostasie à la montée du péché !

Si, dans une église, le péché connu est manifestement toléré par les responsables et la plupart des membres de l’église, les conséquences sont graves pour tous. C’est une porte ouverte à Satan[20] pour détruire l’église[21], brutalement ou progressivement.

Il ne s’agit donc pas du péché connu en train d’être confessé et réglé[22], car il faut un certain temps pour que se fasse la lumière et la solution trouvée. Par exemple, de jeunes convertis[23] pratiquant encore certaines formes de péché doivent être éclairés par un enseignement vrai. Tout ne peut pas être réglé en une seule fois dans une église, mais les situations ou problèmes doivent évoluer progressivement dans la bonne direction.

Le problème est grave quand il s’agit d’un péché connu et pratiqué aux yeux de tous (ou presque) sans que les responsables et la majorité de l’église ne semblent s’en soucier et se positionner : adultère, fornication, pratiques illicites, trafics, malhonnêtetés, mensonges, détournements d’argent… péchés pratiqués parfois par les responsables eux-mêmes, péchés qui ne sont parfois connus que par certains membres anciens de l’église ou proches des responsables.

La liberté que nous avons en Christ ne doit pas être employée pour vivre selon la chair[24] et ne nous autorise pas à cautionner le péché et vivre dans le compromis auprès de lui[25]. Les enseignements du Christ et des apôtres sont très clairs à ce sujet. Paul, par exemple, a sévèrement reproché aux Corinthiens de supporter au milieux d’eux un « frère » qui vivait ouvertement avec la femme de son père (1 Co 5 : 1 ; Lv 20 : 11). Une église qui accepte et pratique ouvertement de telles situations est répréhensible. Et si elle ne veut pas entendre la répréhension nous ne devons avoir aucune part avec elle[26].

Il ne s’agit pas de se mettre dans une tour d’ivoire en prétendant que nous, « les parfaits », nous méprisons et ne pouvons supporter la présence des « pécheurs » au sein de l’église ! Une telle attitude est charnelle. C’est le levain même des pharisiens[27] ! Non. Il s’agit d’être honnête avec soi-même et avec les autres, d’accepter d’être repris dans l’amour si nous le méritons et aussi de reprendre les autres dans l’amour si cela est nécessaire[28]. Ne devons-nous pas « lutter jusqu’au sang contre le péché qui nous enveloppe si facilement » (Hb 12 : 1) ? Si nous luttons par l’Esprit du Seigneur, nous lutterons avec Sa force et nous entrerons dans la victoire de Christ[29].

  • Un autoritarisme abusif de la part des responsables, pasteurs ou anciens de l’église.

Un ancien de l’église ou un berger du troupeau ne peut être qu’animé par l’Esprit de Son Maître[30], qui est un esprit de service et de sacrifice[31], tout en défendant fermement la Vérité dans l’amour et en indiquant clairement la direction spirituelle au troupeau.

A partir du moment où un responsable d’église, pasteur ou ancien, commence à exercer une autorité tyrannique sur l’église[32], à imposer sa volonté sans discussion[33] et à s’immiscer abusivement dans la vie privée des chrétiens[34], les limites bibliques sont franchies. Là où est l’Esprit du Seigneur, là aussi est la liberté[35]. Mais il s’agit d’une vraie liberté spirituelle, sans esprit de jugement charnel[36] ni soumission de notre volonté par des moyens charnels.

Nous ne pouvons pas obéir aveuglément, sous prétexte de soumission à l’autorité, à un responsable (parfois autoproclamé et non appelé par Dieu) qui voudrait ouvertement nous obliger à obéir à sa volonté humaine, voire à l’accompagner dans le péché et dans l’apostasie. Si Dieu nous a libérés en Christ[37], ce n’est pas pour que nous acceptions de nous remettre sous un autre joug que celui du Seigneur (Ga 5 : 1) !

Il est vrai que certains exemples peuvent être extrêmes[38], mais ils illustrent une dérive manifeste de l’exercice de l’autorité pastorale, dérive qui peut être très progressive et dont on ne s’aperçoit pas forcément au début.

  • Un œcuménisme toujours plus envahissant.

Les responsables sont de plus en plus ouverts à des « rencontres œcuméniques » avec des église apostates. Il peut aussi s’agir de la décision de se fédérer ou d’appartenir à un mouvement « officiel et reconnu » par souci de « faire masse » devant les autorités ou de bénéficier de la renommée, de l’appui et du soutien proposés par les grands mouvements religieux.

Le problème de fond n’est pas d’appartenir ou non à un mouvement ou à une structure. Le problème est le suivant : « Est-ce que le fait de se joindre à ce mouvement ou à cette structure va être pour nous un atout dans notre progression et notre marche chrétiennes, ou un frein dans la connaissance et la pratique de la Vérité ? Serons-nous pris dans un piège dont nous aurons beaucoup de mal à sortir ? Serons-nous gagnés par un esprit qui n’est plus le Saint-Esprit, un évangile qui n’est plus le vrai Evangile et un « Jésus » qui n’est plus le vrai Jésus ? En un mot, aurons-nous réellement la conviction que nous serons dans la volonté de Dieu en décidant de nous fédérer ou de nous joindre à cette structure humaine ?[39] »

Si nous n’avons pas cette conviction, nous ne sommes certainement pas des rebelles ou des « diviseurs du Corps de Christ » même si nous pouvons être accusés de l’être !

Voici les raisons qui semblent les plus importantes et les plus déterminantes, dans les décisions de quitter les églises qui ont été invoquées. Parfois, plusieurs de ces raisons sont invoquées ensemble. Ces raisons sont légitimes et ont parfois conduit l’Esprit Saint à demander à des chrétiens de quitter une église sans toutefois quitter le Corps de Christ, l’Eglise.

L’essentiel est de garder la bonne vision biblique du Corps de Christ[40] et celle de la véritable autorité dans l’Eglise[41].

Mais un chrétien[42] ne peut pas être solitaire ; il a besoin, à la fois pour grandir et pour exercer le ou les dons que lui confie le Seigneur[43], d’appartenir à un Corps et d’être soumis à une Autorité. Le Corps est l’Eglise dont le Christ est la tête et l’Autorité est celle du Saint-Esprit et de la Parole de Dieu. Les anciens de l’Eglise ne font que participer activement à l’exercice de cette Autorité divine.

Entrer, ou sortir ?

Le problème n’est certainement pas d’entrer dans une église locale ou d’en sortir ! Le problème est, avant tout, de savoir si l’on est d’abord entré dans l’Eglise de Christ, qui est Son Corps, par une vraie nouvelle naissance spirituelle[44]. Pour Dieu, il n’y a qu’une seule Eglise, le Corps vivant de Christ composé de tous ceux qui ont accepté Jésus-Christ comme leur Sauveur et leur Seigneur[45] et qui sont donc passés par la repentance[46] et une vraie nouvelle naissance spirituelle.

Ceux-là, Dieu les fait Lui-même entrer dans Son Eglise unique. Ils en sont membres de droit, de manière organique et non institutionnelle. Notre « carte de membre » de cette Eglise est la lettre vivante que Dieu a écrite dans notre cœur régénéré, par le sang précieux de Christ et le doigt de Son Esprit (Ez 9 : 4)[47] !

Où que nous sommes, quelque soit la localité où nous nous trouvons, la véritable église locale est d’abord constituée par tous ceux qui sont nés de nouveau en Christ. Ils peuvent être répartis dans divers groupes ou églises, qui ne sont peut-être pas forcément de même obédience, ils peuvent se connaître ou non, ils peuvent même se trouver seuls pour un temps dans leur maison, mais ils font tous partie de l’Eglise de Christ.

Par ailleurs il y a dans beaucoup d’églises locales des « chrétiens » qui ne sont pas nés de nouveau, donc qui ne font pas partie du Corps de Christ, mêlés à d’autres qui en font partie. Il y a même des bergers et des conducteurs qui ne sont pas réellement nés de nouveau[48] !

Compte tenu du contexte, il est primordial que les vraies brebis du Seigneur soient en relation directe avec Lui et guidées par Son Esprit afin de pouvoir discerner Sa volonté et suivre Ses voies. C’est alors, en fonction des considérations personnelles et locales, que le Seigneur pourra leur demander de se joindre à tel groupe ou à telle église et qu’elles pourront savoir quand le Seigneur leur demandera, éventuellement, d’en sortir pour rejoindre un autre groupe ou ouvrir leur maison ou encore rester momentanément seules.

La situation actuelle est tellement confuse qu’il est vital que les chrétiens sachent être dirigés personnellement par le Seigneur et s’affermissent en Lui pour ne pas être influencés par « tout vent de doctrine » ou pour ne pas suivre aveuglément des conducteurs qui pourraient être des loups ravisseurs ! Quand on est un jeune converti, cela peut ne pas être facile mais le Seigneur est vivant et l’on doit compter sur Lui[49] !

Dans la Bible et l’Eglise des premiers temps, nous voyons que les chrétiens avaient conscience d’appartenir à un même Corps et à une même Eglise. Il y avait des problèmes, il y avait des brebis et des bergers charnels, mais il y avait un Corps uni dirigé par des bergers unis[50], malgré leurs différences d’opinions et de caractères, tous étant sous la direction réelle du Seigneur.

Peu à peu, et même assez vite, les choses ont changé. Des églises se sont endormies, d’autres sont tombées dans des séductions diverses, d’autres encore se sont réveillées, créant les mouvements divers que nous voyons aujourd’hui[51]. Le problème n’est pas dans la division apparente des églises. Les vraies questions sont les suivantes :

  • Avons-nous, en tant que chrétiens et où que nous soyons, l’amour du Seigneur et de Sa Parole ?[52]
  • Avons-nous l’amour de la Vérité ?[53]
  • Avons-nous la volonté ferme de marcher dans l’obéissance au Seigneur ?[54]
  • Avons-nous le désir de porter le bon fruit de l’Esprit ?[55]
  • Voulons-nous nous charger de notre croix chaque jour et suivre Jésus ?[56]
  • Avons-nous la foi afin que le Seigneur puisse nous diriger dans Sa volonté, par Son Esprit et Sa Parole ?[57]

Si c’est le cas, le Saint-Esprit ne peut pas manquer de nous diriger, à savoir si nous devons entrer dans une église ou en sortir, ou encore si nous devons suivre une autre ligne d’action ! De toute manière nous ne sortirons jamais de l’Eglise de Christ ! Et nous saurons toujours reconnaître l’autorité spirituelle d’un vrai berger appelé par Dieu !

Le véritable réveil spirituel[58], pour tous les chrétiens, consiste à ne pas se laisser enfermer dans une vision étroite de l’Eglise, limitée à notre groupe ou à notre dénomination mais à nous ouvrir réellement, dans un souci commun de communion et de recherche de la Vérité, à tous ceux qui sont réellement nos frères et nos sœurs dans notre environnement proche, selon la conduite de l’Esprit et quelle que soit la structure à laquelle ils puissent appartenir[59], ou quel que soit leur absence d’appartenance à une structure !

Ceci ne veut pas dire la nécessité de quitter systématiquement les églises organisées ou institutionnelles pour rejoindre des groupes de maison ou pour « aller seul dans le désert » ! Le fait de vouloir créer et organiser un « mouvement des églises de maison » ou un « mouvement des chrétiens sortis des églises » est déjà une erreur en soi ! Pourquoi « créer un mouvement » alors que nous appartenons déjà au Corps de Christ ? Par ailleurs, quand c’est le Seigneur qui suscite un mouvement, gardons-nous de vouloir « l’organiser » de manière humaine et charnelle ! Mais suivons les principes d’organisation divine que nous donne la Parole de Dieu !

Il s’agit donc de voir s’il est possible de rencontrer et de fréquenter fraternellement les vrais chrétiens qui nous entourent, de prier avec eux, de partager leurs soucis et leurs problèmes, et d’étudier la Bible avec eux, tout en reconnaissant les ministères, les bergers que le Seigneur fait lever !

Une telle chose n’est possible que si les dirigeants eux-mêmes acceptent de partager une telle vision du Corps et exercent leur ministère d’ancien au bénéfice de tout le troupeau qui les entoure, sans être entravés par les sigles et les dénominations.

Il faut que les anciens refusent systématiquement toute notion de « propriété personnelle » du troupeau qui leur est confié ! Un véritable dirigeant devrait par exemple se réjouir en pensant à l’intérêt spirituel de ses brebis si l’une des brebis de « son » assemblée venait lui dire qu’elle avait trouvé ailleurs une meilleure nourriture et une meilleure communion fraternelle ! Il devrait aussi pouvoir se remettre en question si cela était nécessaire et chercher à savoir pourquoi cet autre troupeau est mieux nourri que le « sien » !

C’est d’ailleurs exactement ce que nous pensons que Dieu fait en ce moment, dans cette fin des temps difficiles. Le Seigneur est en train de préparer Son Eglise, Son Epouse bien-aimée, à Sa prochaine rencontre[60] ! Cette Epouse doit être enlevée[61] « pure, sans ride, ni tache, ni rien de semblable ». Cela ne peut être que l’œuvre bénie du Sauveur Lui-même, par Son Esprit et Sa Parole.

Pour que cette œuvre puisse être parfaitement achevée, il est nécessaire que le cœur des brebis qui composent cette Epouse soit honnête et bon et veuille garder la Parole de Dieu telle qu’Il nous l’a donnée, dans Sa pureté, Sa vérité et toute Sa beauté.

Dieu continuera aussi à faire lever des bergers selon Son cœur, des bergers appelés par Lui, intègres et vrais, des modèles du troupeau, qui paîtront les brebis. Ils pourront être pasteurs au sein d’églises organisées ou non mais ils auront tous un cœur de berger.

Nous croyons que les cinq ministères d’Ephésiens 4 : 11, depuis les temps apostoliques, n’ont jamais cessé de fonctionner même s’ils n’ont pas toujours été « officiellement » reconnus par certaines églises. Ils ne cesseront jamais de fonctionner jusqu’à la fin. Car Jésus a dit : « Je suis avec vous chaque jour, jusqu’à la fin du monde » (Mt 28 : 20). La présence du Seigneur nous est assurée par Son Esprit, par Sa Parole et par Son Corps vivant, qui comprend les véritables brebis (comprenant les conducteurs) du Seigneur. Ces bergers selon le cœur de Dieu sauront toujours qu’ils sont appelés à travailler en équipe mais pas n’importe comment : en Esprit et en Vérité !

Ces brebis et ces bergers sauront toujours entendre la voix du Seigneur. Ils auront donc toujours le discernement nécessaire, (même si ce discernement doit se développer au milieu de beaucoup d’épreuves et de souffrances), pour savoir à qui et à quoi ils ont affaire dans leur marche chrétienne, et comment se comporter partout dans la sainteté, l’humilité et l’obéissance.

Pour les brebis du Seigneur, isolées, persécutées et rejetées, elles doivent continuer à croire malgré les difficultés qu’elles peuvent rencontrer actuellement. Dieu est fidèle à Sa Parole et à Ses promesses. Il connaît leurs besoins et saura y pourvoir selon Sa volonté ! Cette volonté s’accomplira. Les obstacles, placés par les hommes sur le chemin de Dieu et de Son Esprit, n’ont jamais empêché les brebis du Seigneur d’avancer quand c’est Dieu qui les dirige !

Nous sommes donc partagés entre deux sentiments contraires. D’une part, une grande tristesse de voir l’apostasie grandir dans le monde entier et dans l’Eglise « visible »[62] et de voir le moment s’approcher inéluctablement où l’humanité assumera la responsabilité de ses choix. D’autre part, nous sommes extrêmement réjouis de voir s’approcher le jour de Christ et de voir l’Epouse se préparer activement à Son retour ! Elle sera prête quand la dernière trompette retentira !

« Pour ce qui concerne l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ et notre réunion avec Lui, nous vous prions, frères, de ne pas vous laisser facilement ébranler dans votre bon sens, et de ne pas vous laisser troubler, soit par quelque inspiration, soit par quelque parole, ou par quelque lettre[63] qu’on dirait venir de nous, comme si le jour du Seigneur était déjà là. Que personne ne vous séduise d’aucune manière ; car il faut que l’apostasie soit arrivée auparavant[64], et qu’on ait vu paraître l’homme du péché, le fils de la perdition[65], l’adversaire qui s’élève au-dessus de tout ce qu’on appelle Dieu ou de ce qu’on adore, jusqu’à s’asseoir dans le temple de Dieu, se proclamant lui-même Dieu[66]. Ne vous souvenez-vous pas que je vous disais ces choses, lorsque j’étais encore chez vous ? Et maintenant vous savez ce qui le retient afin qu’il ne paraisse qu’en son temps. Car le mystère de l’iniquité agit déjà ; il faut seulement que celui qui le retient encore ait disparu[67]. Et alors paraîtra l’impie, que le Seigneur Jésus détruira par le souffle de sa bouche, et qu’il anéantira par l’éclat de son avènement[68] ». (2 Th 2 : 1 à 8)

« L’apparition de cet impie se fera, par la puissance de Satan[69], avec toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers, et avec toutes les séductions de l’iniquité pour ceux qui périssent parce qu’ils n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés. Aussi Dieu leur envoie une puissance d’égarement pour qu’ils croient au mensonge afin que tous ceux qui n’ont pas cru à la vérité mais qui ont pris plaisir à l’injustice soient condamnés ». (2 Th 2 : 9 à 12)

« Pour nous, frères bien-aimés du Seigneur, nous devons à votre sujet rendre continuellement grâces à Dieu, parce que Dieu vous a choisis dès le commencement pour le salut, par la sanctification de l’Esprit et par la foi en la vérité. C’est à quoi il vous a appelés par notre Evangile, pour que vous possédiez la gloire de notre Seigneur Jésus-Christ ». (2 Th 2 : 13 et 14)

« Ainsi donc, frères, demeurez fermes, et retenez les instructions que vous avez reçues, soit par notre parole, soit par notre lettre. Que notre Seigneur Jésus-Christ lui-même, et Dieu notre Père, qui nous a aimés, et qui nous a donné par sa grâce une consolation éternelle et une bonne espérance, consolent vos cœurs, et vous affermissent en toute bonne œuvre et en toute bonne parole ! » (2 Th 2 : 15 à 17)

« Que le Dieu de paix vous sanctifie Lui-même tout entiers, et que tout votre être, l’esprit, l’âme et le corps, soit conservé irrépréhensible lors de l’avènement de notre Seigneur Jésus-Christ ! Celui qui vous a appelés est fidèle et c’est Lui qui le fera ». (1 Th 5 : 23 et 24)

Amen ! Que le Seigneur bénisse Son Corps !

[1] Voir « 46 1 Co 015-001 001 Le double aspect de la croix »

[2] Voir « 02 Ex 014-022 001 Obéir à Dieu – Marcher » et « 19 Ps 092-013 001 Comme le palmier »

[3] Voir « 38 Zc 004-006 001 La Parole et l’Esprit-Saint personnifiés »

[4] Voir « 21 Ec 004-012 001 Amour – Foi et Grâce »

[5] Voir « 43 Jn 017-017 001 Sanctification, consécration et service »

[6] Voir « 44 Ac 006-007 001 Obéir à la foi »

[7] Voir « 40 Mt 007-021 001 Jésus est Seigneur »

[8] Voir « 46 1 Co 004-002 001 La fidélité dans le service »

[9] Voir « 40 Mt 023-004 001 Une caractéristique des Pharisiens – le légalisme »

[10] Voir « 53 2 Th 002-003 001 Signe de la fin des temps – l’apostasie »

[11] Voir « 43 Jn 014-017 001 Le Saint-Esprit fait de nouvelles choses »

[12] Voir « 66 Ap 001-017 001 Tomber  dans l’esprit »

[13] Voir « 40 Mt 018-016 001 Prendre un ou deux témoins »

[14] Il n’est nullement question ici de juger ceux qui restent ou ceux qui partent… mais d’une obéissance personnelle à Dieu : l’apôtre Paul, après sa conversion sur le chemin de Damas, s’est éloigné de l’église pendant 14 années, dans le désert d’Arabie pendant que les autres apôtres oeuvraient au servir de Dieu ; Philippe fut envoyé sur « le chemin qui est désert » (Ac 8 : 26) alors que tous évangélisaient dans les villages (Ac 8 : 25 et 40)… Ce fut comme des parenthèses…

[15] Voir « 53 2 Th 002-003 001 Signe de la fin des temps – l’apostasie »

[16] Voir « 44 Ac 020-030 001 Les ravages des hérésies »

[17] Voir « 40 Mt 025-040 001 Amour et vérité comme but pour le salut »

[18] Voir « 01 Gn 019-016 001 Se séparer du monde ou s’affaiblir »

[19] Voir « 46 1 Co 013-013 002 Aimer dans la vérité »

[20] Voir « 13 1 Ch 021-001 002 Qui est Satan »

[21] Voir « 47 2 Co 011-014 001 L’œuvre de Satan »

[22] Voir « 54 1 Ti 006-012 001 Sens grec du mot confesser »

[23] Voir « 52 1 Th 001-009 001 Les fondements d’une vraie conversion »

[24] Voir « 45 Rm 006-004 001 Jouir de la Grâce n’autorise pas à vivre à sa guise »

[25] Voir « 46 1 Co 013-013 006 L’amour ne fait pas de compromis »

[26] Voir « 01 Gn 019-016 001 Se séparer du monde ou s’affaiblir »

[27] Voir « 40 Mt 023-024 001 Une caractéristique des Pharisiens – la condamnation »

[28] Voir « 40 Mt 018-015 001 Pardonner et restaurer seul à seul »

[29] Voir « 44 Ac 017-017 001 Le véritable combat spirituel »

[30] Voir « 49 Ep 005-021 001 Autorité et amour de Jésus puis de son disciple »

[31] Voir « 45 Rm 001-001 001 Serviteur de tous mais pas esclave »

[32] Voir « 09 1 Sm 026-011 001 Des leaders qui dominent et menacent »

[33] Voir « 60 1 Pi 005-003 001 Dominer le troupeau »

[34] Voir « 60 1 Pi 004-016 001 L’ingérence dans la vie intime chez les P.K. »

[35] Voir « 43 Jn 008-032 001 La vérité vous rendra libres »

[36] Voir « 42 Lc 007-039 001 Une caractéristique des Pharisiens – l’esprit de jugement »

[37] Voir « 19 Ps 016-009 001 Conversion – purification de l’âme et libération de l’esprit »

[38] Nous ne citerons que le cas de cette église où, entre autres choses, le pasteur imposait à tous les membres de lui fournir leurs relevés bancaires mensuels, ou de cette autre église dont le pasteur, qui exerçait une autorité tyrannique absolue, refusait violemment toute confrontation et toute remise en question, allant jusqu’à maudire publiquement dans ses prédications ceux qui voulaient le reprendre ou lui demander des comptes.

[39] Voir « 59 Jc 003-015 001 L’œcuménisme, un préliminaire à la théosophie »

[40] Voir « 45 Rm 002-016 001 Le mot Evangile approprié pour le corps de Christ »

[41] Voir « 49 Ep 005-021 001 Autorité et amour de Jésus puis de son disciple »

[42] Voir « 43 Jn 006-066 001 Fan ou disciple »

[43] Voir « 40 Mt 025-015 001 Au moins un talent »

[44] Voir « 52 1 Th 001-009 001 Les fondements d’une vraie conversion »

[45] Voir « 46 1 Co 015-001 001 Le double aspect de la croix »

[46] Voir « 44 Ac 019-020 001 Seule la repentance produit la délivrance »

[47] Voir « 26 Ez 009-004 001 La marque sur le front des élus »

[48] Une expérience forte, profonde et sincère avec Dieu n’est pas systématiquement synonyme de vie abandonnée à Lui en Jésus-Christ : voir « 52 1 Th 001-009 001 Les fondements d’une vraie conversion »

[49] Voir « 42 Lc 024-013 001 Jésus marche avec nous »

[50] Voir « 43 Jn 017-021 001 Les bases d’une véritable unité biblique »

[51] Voir « T0586 Le réveil du No. 312 de Azusa Street à Los Angeles » et « T0660 Evan Roberts et le réveil Gallois de 1904 »

[52] Voir « 46 1 Co 013-013 001 Aimer, c’est obéir à sa parole »

[53] Voir « 46 1 Co 013-013 003 L’amour obéit à la vérité »

[54] Voir « 19 Ps 023-005 001 Marcher avec Dieu dans la joie »

[55] Voir « 46 1 Co 009-027 001 Servir par amour et non par intérêt »

[56] Voir « 46 1 Co 015-001 001 Le double aspect de la croix »

[57] Voir « 43 Jn 006-047 001 La foi en Jésus »

[58] Voir « 16 Ne 001-003 001 Le but du réveil spirituel : une préparation »

[59] Nombre de serviteurs de Dieu ont été des instruments dociles et utiles entre les mains de Dieu ; citons par exemple Smith Wigglesworth, converti auprès des Méthodistes à l’âge de huit ans, prit son baptême chez les Baptistes, grandit spirituellement dans l’Armée du Salut, fit l’expérience de l’onction du Saint Esprit chez les Pentecôtistes ; John Wesley était prêtre anglican avant de sortir de l’Eglise Anglicane ; Charles Finney était presbytérien avant de devenir un pionnier du mouvement évangélique ; Hudson Taylor était méthodiste mais a aussi participé à des activités baptistes (particulièrement dans la rédaction d’un magazine baptiste)…

[60] Voir « 43 Jn 014-003 002 Des oppositions au retour de J.C. en deux étapes »

[61] Voir « 50 Ph 003-021 001 L’enlèvement, la glorieuse espérance de l’Eglise »

[62] Voir « 62 1 Jn 004-001 002 Quelque chose de grave se passe dans l’Eglise »

[63] Voir « 50 Ph 003-020 001 L’enlèvement, une doctrine ridiculisée et rejetée »

[64] Voir « 53 2 Th 002-003 001 Signe de la fin des temps – l’apostasie »

[65] Voir « 62 1 Jn 004-003 001 La personnalité de l’Antichrist »

[66] Voir « 53 2 Th 002-004 001 Signe de la fin des temps – Le signe religieux »

[67] Il s’agit de l’Eglise : voir « 42 Lc 021-028 001 Les signes des temps de la fin »

[68] Voir « 38 Zc 014-004 001 La défaite, le jugement et la fin de l’Antichrist »

[69] Voir « 13 1 Ch 021-001 002 Qui est Satan »

La rédemption

Un jeune garçon de couleur était à vendre sur un marché d’esclaves. Un silence s’était fait dans la foule: tous les yeux étaient tournés vers un étranger qui persistait à surenchérir, bien que la dernière mise excéda déjà le prix normal. Qu’avait-il de si attrayant ce garçon dépenaillé attendant son triste sort? Presque toute l’assistance s’interrogeait. Où voulait-il en venir cet étranger avec cette démonstration d’humanité? Qui était-il? Pourquoi offrait-il un prix si élevé pour cet enfant? Finalement le commissaire-priseur cria:

 

—Adjugé!

 

L’acheteur pressa dans la main du jeune esclave un papier qu’il venait d’écrire en hâte.

 

— Tiens ! dit-il. Cela veut dire que tu es libre.

 

Libre ? Etait-il vraiment libre ? Mais que pouvait signifier la liberté pour un enfant esclave ? Devant ses grands yeux interrogateurs, l’acheteur ajouta :

 

— J’ai vu que ta vie allait être brisée. Alors je t’ai acheté pour que tu sois libre. Tu n’as plus besoin de venir avec moi.

 

Le garçon prit soudain conscience de ce qui lui arrivait. Il était libre! Cependant un combat se livrait dans son coeur. Cela se voyait à son regard plein de questions. Un maître inconnu avait payé le prix fort pour lui donner la liberté. Un tel homme devait certainement être bon et l’aimer. Il pourrait en toute sécu­rité se fier à lui. Tout à coup on vit l’adolescent se jeter aux pieds de son bienfaiteur, et lui dire:

 

— Maître ! Tu m’as racheté à un grand prix ! Je sais que je n’en trouve­rai jamais un autre comme toi.

 

Et il lui rendit son papier

 

— Ne me renvoie pas ! O maître ! Je t’aime, je préfère être ton esclave et à ton service jusqu‘à ma mort.

 

L’heureux garçon, vaincu par la bonté de cet homme, resta à ses pieds jusqu’à ce que la main tendre et vigoureuse de son bienfaiteur l’oblige à se lever.

 

Cette histoire illustre parfaitement bien le comportement que tout chrétien devrait adopter devant le si grand amour manifesté à la croix, un amour qui libère du péché, de la juste condamnation divine et d’une éternité en enfer. Le chrétien n’est pas seulement délivré de quelque chose, mais pour quelque chose. Beaucoup oublient cette vérité capitale. La liberté n’est pas une fin en soi. Nous avons été rachetés, non pas pour vivre à nouveau pour nous-mêmes, mais pour appartenir à Jésus et lui être désormais consacrés afin de servir ce nouveau et merveilleux Maître (1 Co 6 : 20).

L’hérésie de la théologie de remplacement

Depuis quelques années l’erreur de vouloir substituer l’Eglise à Israël s’est subtilement glissée dans le corps de Christ. Cette doctrine s’appelle « la théologie de remplacement ». Cet enseignement erroné déclare que l’Eglise a remplacé Israël et que toutes les promesses de restaura­tion future le concernant lui sont maintenant attribuées. C’est elle qui serait maintenant censée établir le Royaume de Dieu sur la terre, avant que Christ ne revienne.

 

Nous savons que les Ecritures associent clairement Israël à la manifestation terrestre du Royaume de Dieu. Cependant, les leaders de ce nouveau mouvement, venant des Etats Unis d’Amérique[1], ont trouvé nécessaire de réinterpréter la Bible. Ils ont décidé que l’Eglise devait maintenant remplacer Israël, qu’elle représentait désormais le peuple choisi de Dieu et devenait par conséquent l’héritière de toutes ses bénédictions terrestres. Ils attestent que les malédictions appartien­nent toujours à Israël mais que les bénédictions sont destinées à l’Eglise. La nation d’Israël, par ailleurs, ne serait plus concernée par de futurs plans de Dieu.

 

David Chilton[2], partisan de cette théologie, justifie cette thèse en déclarant : « Au moment de la destruction de Jérusalem, en l’an 70 après Jésus-Christ[3], année d’excommunication d’Israël, Dieu a transféré son royaume à son nouveau peuple, l’Eglise. Ce royaume ne sera plus jamais la possession de la nation d’Israël »[4]. Quelle étrange interprétation !

 

Si nous devions croire que le peuple juif a été expulsé d’Israël par Dieu en l’an 70, alors un des événements les plus marquants dans l’histoire du monde, à savoir le retour du peuple juif dans son pays et la renaissance de l’Etat d’Israël en 1948[5], serait un simple incident sans la moindre signification. Par contre, si cet événe­ment exceptionnel est l’accomplissement des prophéties bibliques, c’est un grand miracle moderne dont le monde entier a été témoin. C’est une donnée à laquelle nous pouvons nous référer comme preuve irréfutable de la crédibilité des Ecritures[6].

 

Un autre leader spirituel de ces mouvements a aussi déclaré : « Nous aimons les juifs qui vivent en Israël… Toutefois, le Seigneur nous a clairement montré qu’ils ne sont plus le peuple élu de Dieu. Israël est maintenant composé de tous les croyants en Jésus-Christ… Il est très important que le Corps de Christ réalise qu’il est lui-même Israël et que les prophéties non accomplies concernant ce peuple lui appartiennent »[7].

 

Cette nouvelle doctrine extrêmement néfaste a des répercussions dans l’Eglise d’aujourd’hui. Cette hérésie remonte à un mouvement charisma­tique des années 1940 à 1950 au Canada et aux Etats Unis d’Amérique, appelé « Latter Ram[8] » ou « Manifested Sons of God[9] » [10]. Une de leurs « révélations[11] » était que I’Eglise devait cesser de croire à « l’enlèvement des chrétiens[12] ». Ils ont commencé à prêcher que pour compléter en quelque sorte son salut, l’Eglise est appelée à dominer et à régner sur les nations, et cela pendant au moins mille ans. Les chrétiens seraient donc déjà dans le millénium et régneraient comme rois sur cette terre dans le royaume de mille ans que Christ aurait établi lors de sa pre­mière venue. D’après eux, ce dernier ne peut donc pas revenir pour chercher son Eglise avant que celle-ci ne soit parvenue à dominer sur les nations et soit prête à lui présenter son royaume. Ils prônent que les affaires de ce monde iront de mieux en mieux grâce à la christianisation de la société.

 

Et ils ne s’arrêtent pas à cela, la seconde venue de Christ ne devrait pas s’ef­fectuer avant la fin de leur millénium. « L’enlèvement » ne correspondrait donc pas à un enlèvement physique des chrétiens, mais plutôt à un extraordinaire sen­timent d’excitation qu’ils expérimenteraient quand le Seigneur reviendra sur cette terre, enfin conquise par les chrétiens[13].

 

C’est pourquoi, appliquant par erreur à l’Eglise des derniers temps les pro­messes de restauration et de réveil destinées exclusivement au peuple d’Israël, ils attendent un réveil retentissant d’une ampleur mondiale, jamais connue au cours de toute l’histoire de l’Eglise, même pas dans la première église des apôtres du Seigneur[14]. Quelle illusion !

 

Suite à ces « révélations[15] », leurs messages ne mettent plus en avant la puis­sance de Jésus-Christ mais « le potentiel » de l’homme. En se basant sur leurs discours, nous serions supposés devenir une grande armée des temps de la fin, parfois appelée « l’armée de Joël » ou « la génération Josué », qui mettrait tous les ennemis de Dieu sous ses pieds même s’il fallait utiliser la force pour y parvenir[16]. Ils vont même jusqu’à dire que non seulement l’Eglise aurait pris la place d’Israël mais que progressivement elle remplacerait le Christ Lui-même, jusqu’à devenir « son incarnation » sur la terre. Ce nouveau rôle de l’Eglise consisterait à faire com­prendre aux chrétiens que, s’ils veulent accomplir tout le dessein de Dieu pour les derniers temps, il faut qu’ils réalisent qu’ils sont « de petits dieux[17] ».

 

Nous avons donc là les racines d’une autre hérésie très populaire dans ces milieux : l’Eglise serait devenue Israël, et de surcroît, Christ Lui-même. Non seu­lement, les promesses concernant Israël seraient à appliquer à l’Eglise mais il faudrait attribuer à celle-ci le rôle revenant exclusivement au Messie. Toutes les prophéties annonçant sa venue pour restaurer et régner sur Israël pendant le mil­lénium sont rejetées. Ils ne permettent pas à Jésus, le Roi des rois, d’établir Lui-même son royaume. Ces leaders prétendent que c’est notre propre responsabili­té de le faire et que nous n’avons pas besoin de la présence personnelle de Jésus. Ils ne veulent pas que le Seigneur vienne Lui-même instaurer son règne dans un monde où Il a souffert l’humiliation, le mépris, la honte et le rejet. Deux de leurs responsables prétendent même ceci « Notre théologie nous enseigne que nous sommes parfaitement capables d’établir le royaume de Dieu sur terre, sans la présence physique de Jésus à Jérusalem »[18].

 

Tout ce scénario est bien sûr extrêmement séduisant car quel est le chrétien qui ne désirerait pas, en cette fin des temps, voir « un grand réveil mondial » se propager à toutes les nations ? Même si une telle pensée semblait acceptable, rien ne prouverait que Dieu en soit vraiment l’auteur ! La seule question que nous devons nous poser est celle-ci : que disent les Ecritures à ce sujet et que devons-nous attendre en ces temps de la fin ?

 

Quel était l’enseignement des apôtres à ce sujet ? Préparaient-ils les chrétiens à un grand réveil mondial ou à l’apostasie ? Où est-il écrit que des nations entières entreront dans le Royaume de Dieu et que l’Eglise régnerait sur elles ? La Bible dépeint un tableau tout à fait différent. Elle parle plutôt de temps dif­ficiles pendant lesquels, comme Jésus l’a dit, le monde nous haïrait, parce que nous ne sommes pas du monde, comme Lui n’est pas de ce monde (Jn 17 : 14). Cependant, l’impératif de l’Eglise et de chaque chrétien sera toujours d’amener des âmes au salut offert par Dieu[19] et cela jusqu’à la fin. C’est là une glorieuse mais solennelle respon­sabilité.

 

Les Ecritures nous avertissent que dans les derniers temps, l’apostasie et la séduction spirituelle prévaudront et qu’elles feront de terribles ravages au sein même des églises (1 Ti 4 : 1 ; 2 Ti 4 : 3 et 4). Nous sommes loin de lire « un réveil mondial » ou « une christianisation générale » de la société. La tragique réalité est que sous le nom de « réveil » certains sont prêts à accepter aveu­glément n’importe quelles manifestations spirituelles extravagantes et extra-­bibliques. C’est ainsi qu’imperceptiblement nous assistons aujourd’hui à une véritable « apostasie de la foi » dans l’Eglise. Ce soi-disant « réveil » ne suppor­te plus la prédication de la saine doctrine, « l’Esprit » ayant pris la place de Jésus et de sa Parole, et « l’expérience » étant devenue prioritaire sur la doctrine.

 

Dans ces différents milieux, la « norme d’authenticité » est maintenant l’expé­rience à tout prix et les dernières révélations de leurs nouveaux apôtres et pro­phètes, celles-ci étant considérées comme égales aux Ecritures[20], voire plus importantes dans certains cas. Ils sont en train de dévier vers un christianisme du nouvel âge mystique, gnostique et sensuel qui n’a plus rien à voir avec celui des premiers apôtres de Jésus-Christ[21]. Nous vivons à une époque où beaucoup de chré­tiens recherchent un christianisme « self-service » de supermarché qui leur per­met de choisir à leur gré les différentes expériences qui leur conviennent. Cet état d’esprit les rend vulnérables, des proies extrêmement faciles pour toutes sortes de nouvelles séductions et manifestations spirituelles. La tendance actuelle n’est pas d’avoir plus de discernement mais de faire taire son sens critique. L’argument majeur revenant sans cesse est celui-ci : « Vous ne pouvez juger quelque chose, si vous ne l’avez pas d’abord expérimenté ». Quel non-sens ! Vous n’avez pas à expé­rimenter le suicide pour savoir qu’il vous détruit. La Bible ne demande jamais au chrétien de valider une expérience spirituelle douteuse en s’y soumettant[22].

[1] Ils sont appelés « les reconstructionistes » ou « le royaume de Dieu maintenant ». D’une façon générale, le reconstructionnisme est le fait de rétablir et de pratiquer des religions la plupart du temps polythéistes, en s’appuyant sur des bases historiques, dans le monde moderne. Il existe un reconstructionnisme celtique, un autre germanique (Odinisme), un scandinave (Asatru), un égyptien (Kémitisme), un romain (soutenu en particulier par l’organisation Nova Roma), un hellénique (YSEE en Grèce), nombreux groupes aux États-Unis mais dispersés, un autre dit chrétien.

[2] Pasteur calviniste (1951 – 1997) auteur de plusieurs ouvrages de référence pour les reconstructionistes, dont les trois plus connus sont « Paradise Restored » (Paradis restauré – 1985), « Days of Vengeance » (Les jours de la vengeance – 1987) et « The Great Tribulation » (La Grande Tribulation – 1987).

[3] Voir « 17 Est 003-010 001 Hip hip hip hourra »

[4] David Chilton, Days of vengeance. p. 410, 443, 575

[5] Voir « T0220 Théodor Herzl  et Hechler », « T0611 Nous n’avions pas le droit de choisir la voie de la facilité » et « T0614 La khoubeiza ou la manne de 1948 ».

[6] Voir « 55 2 Ti 003-016 001 La Bible, révélation de Dieu » et « 55 2 Ti 003-017 001 L’influence de la Bible sur l’humanité »

[7] James McKeever, End-Times News Digest, Dec. 87, p.3.

[8] Expression traduite en français par « Pluie de l’arrière saison » : voir « 49 Ep 004-014 002 Le mouvement de la pluie de l’arrière saison »

[9] Werghed and found wanting by Pastor Bill Randles, p.5

[10] Expression traduite en français par « manifestation des fils de Dieu ». Cette doctrine prône la « divinité » du chrétien, voir « 01 Gn 003-005 002 Hérésie de la déification de l’homme »

[11] Voir « 44 Ac 017-011 002 Leurs révélations équivalent aux Ecritures »

[12] Voir « 50 Ph 003-021 001 L’enlèvement, la glorieuse espérance de l’Eglise »

[13] A la page 8 de son ouvrage End-Times News Digest, McKeever affirme que la Grande Tribulation qui précède ce moment sera en réalité une période durant laquelle les chrétiens détruiront surnaturellement tous leurs ennemis.

[14] Voir « 44 Ac 002-002 001 Ce serait le plus grand réveil de toute l’histoire »

[15] Voir « 44 Ac 017-011 002 Leurs révélations équivalent aux Ecritures »

[16] Gary North, 75 Bible Questions, p. 170. Gary North (1942 – ) est un théologien, écrivain et économiste reconstructioniste, le gendre de R.J. Rushdoony (1916 – 2001, philosophe calviniste, historien et théologien), l’un des fondateurs du mouvement reconstructioniste chrétien.

[17] Voir « 01 Gn 003-005 002 Hérésie de la déification de l’homme »

[18] De Mar and Leithart, Reduction, p. 12

[19] Voir « 40 Mt 018-023 001 Le pardon et le salut offert par Dieu »

[20] Voir « 44 Ac 017-011 002 Leurs révélations équivalent aux Ecritures »

[21] Voir « 59 Jc 003-015 001 L’œcuménisme, un préliminaire à la théosophie » et « 59 Jc 003-015 001 Le Nouvel Age ou New Age »

[22] Voir « 46 1 Co 012-027 001 Hors des églises, ou dans les églises »