La Kundalini ou la puissance du Serpent

La Kundalini est un concept intimement lié au yoga et plus ou moins explicite dans son enseignement, selon l’école de yoga.

 

Dans les enseignements yoguiques, la Kundalini (d’après un terme sanskrit, kundal signifiant « boucle ») désigne une puissante énergie se trouvant lovée dans l’os sacrum. Elle est représentée comme un serpent enroulé sur lui-même trois fois et demi. Par différentes techniques de stimulation, la Kundalini s’éveille et « monte » le long de la colonne vertébrale depuis l’os sacrum jusqu’au sommet de la tête, progressant d’un chakra[1] à l’autre afin de les harmoniser un à un. Le yoga enseigne que cette énergie porte la conscience du Soi, et que l’éveil de la Kundalini conduit à la réalisation, par le pratiquant, de sa plus haute conscience[2].

 

La traduction en français de l’expression « Kundalini Yoga » signifie « Yoga de la puissance du Serpent. » L’Hindouisme enseigne que tout être humain possède un « serpent spirituel » résidant à la base de sa colonne vertébrale. Un maître « éveillé » ou gourou possède l’onction nécessaire pour éveiller ce serpent. Il peut le faire de diverses manières :

 

  • En touchant le candidat.
  • En soufflant sur lui.
  • Par ses enseignements.
  • Par sa simple présence.

 

L’Hindouisme offre diverses formes de yoga. Le mot « yoga » signifie « joindre. » Le but de tous ces yogas est de donner à l’adepte une conscience cosmique et de l’unir (le joindre) à « Dieu », Shiva. Le Kundalini Yoga provient d’une forme de l’Hindouisme connu sous le nom de Kashmir Shivaism (Shivaïsme du Cachemire).

 

Cette forme de yoga est pratiquée dans la région du Cachemire. Le dieu adoré par ces Hindous s’appelle Shiva qui est l’un des principaux dieux Hindous.

 

Le Kundalini Yoga fut découvert en Europe par l’entremise de Carl-Gustav Jung au cours de conférences qu’il donna sur ce sujet en 1932 au Club Psychologique de Zürich, alors que la discipline était encore totalement inconnue en Occident. Cependant, les divers enseignements d’autres types de yoga avaient déjà été comparés aux écrits de Jung avant que ce dernier ne s’intéresse au sujet.

 

Dès la fin des années 1960, le Kundalini Yoga, jusqu’alors resté confidentiel en Inde car considéré comme très puissant et réservé à une élite, fut enseigné en Occident par le maître de cette discipline Yogi Bhajan (1929-2004). Utilisant notamment le Kundalini Yoga pour aider les toxicomanes à sortir de la dépendance aux drogues, il diffusa son enseignement à travers le monde entier ayant surtout comme objectif de former des professeurs[3].

 

En pratiquant le Kundalini yoga, les chants répétitifs, la méditation, et avec la transmission de pouvoirs spirituels d’un gourou, l’adepte peut éveiller sa Kundalini[4].

 

Le Kundalini Yoga est donc le yoga Hindou de la PUISSANCE. C’est le chemin de la puissance surnaturelle et de l’union avec la divinité.

 

Le Kundalini Yoga peut aussi conduire au dérangement mental, à la psychose, à la possession démoniaque ou à l’oppression démoniaque. Si vous consultez n’importe quel site du Nouvel Age sur Internet, on y parle de la Kundalini. Ils mettent tous en garde contre les dangers de ce yoga, et le risque que l’on court à éveiller la puissance de ce serpent.

 

Depuis la chute d’Adam, l’homme a recherché la puissance et s’efforce de devenir semblable à Dieu. Dans l’Hindouisme, le Shivaïsme du Cachemire est le moyen le plus direct d’atteindre ces objectifs.


Notes :

[1] Un chakra (roue, disque en sanskrit) est le nom couramment donné à des objets ayant la forme d’un disque, parmi lesquels le soleil. Les Chakra spirituels sont décrits dans le Kundalinî yoga, représentés par des fleurs de lotus et marquant, sur le corps spirituel de l’homme, la progression de l’énergie (essentiellement sexuelle). Les Chakra sont utilisés en médecine chinoise et en acupuncture, mais aussi dans le Reiki, dans le mouvement du Nouvel Age, dans les philosophies ésotériques et occultes…

[2] Certains ésotéristes voient dans la libération de l’énergie de la Kundalini une pratique très dangereuse pouvant avoir des conséquences très néfastes sur la psychologie de la personne dont la Kundalini a été libérée.

[3] Curieusement tous les mouvements de ce type se diffusent toujours en affichant un souhait d’élitisme !

[4] Déjà certains ésotéristes voient dans la libération de l’énergie de la Kundalini une pratique très dangereuse pouvant avoir des conséquences très néfastes sur la psychologie de la personne dont la Kundalini a été libérée.

Le yoga et ses implications

Depuis les années 1960 et 1970, le Yoga a fait son apparition en Occident suivi d’un intérêt toujours grandissant des populations. Du coup, est apparu un nombre grandissant de personnes se contorsionnant dans tous les sens, dans des positions étranges qui ne présentent de l’extérieur qu’un intérêt de prouesses physiques sans aucune considération psychique. Mais est-ce vraiment cela le Yoga ? Assurément non et c’est cela que nous allons découvrir ensemble.

 

Le Yoga est apparu il y a des milliers d’années en Inde, berceau d’une civilisation où de nombreuses spiritualités virent le jour. Personne ne sait exactement quand eut lieu la naissance de cette discipline, ni de quelle manière. Une légende, très riche en symboles, nous raconte comment le Yoga fut transmis à l’homme :

« Shiva, Dieu hindou, enseigna le Yoga à son épouse la déesse Parvatti dans le plus grand secret. Mais un poisson assista discrètement aux leçons. Shiva s’en rendit compte et voulut le tuer pour avoir osé braver l’interdit. Seulement, grâce au Yoga, le poisson avait atteint un rayonnement et une beauté exceptionnelle qui charma Parvatti qui plaida en sa faveur et réussit à convaincre Shiva de juste chasser l’indiscret. Le poisson partit donc et s’échoua plus tard sur les rivages de l’Inde où, à force de pratique persévérante du Yoga, il se transforma en homme. Les habitants l’appelèrent Matsyendra et l’accueillirent. Touché par cet accueil, en remerciement, il leur enseigna le Yoga. C’est ainsi que cette discipline d’origine divine fut transmise à l’homme. »

 

Le yoga est l’un des six darśana[1] de la philosophie védique[2]. Il est l’aspect pratique du Sâmkhya[3], le moyen de sa réalisation et de sa concrétisation dans l’individu.

 

Toutefois, il y a une subtilité car le Sâmkhya est athée, alors que le Yoga est théiste ! Ceci s’explique par la présence du terme Ishvara dans les Yoga-Sûtra[4]. Celui-ci est souvent attribué à un dieu, mais en fait, il s’agit surtout d’un principe absolu. On peut donc l’interpréter différemment selon le contexte culturel. Au final, cette différence entre le Sâmkhya et le Yoga n’est pas si marqué que l’on pense. Ainsi, le yoga laisse paraître la reconnaissance de Dieu alors qu’il en renie l’existence ! Ainsi, le chrétien peut avoir l’impression de « se retrouver » dans le yoga en pensant retrouver un équilibre « voulu par Dieu » alors qu’en réalité, il s’agit d’un système qui petit à petit amène à déifier l’homme et à rejeter Dieu…

 

Revenons sur le terme de yoga : il vient du sanskrit. Ce mot possède le même radical indo-européen que l’on retrouve dans le français joug (du latin jugum) et l’anglais yoke. D’après Gérard Huet (excellent site lexique de sanskrit) yoga (raçine : yuj) se traduit :

  • véhicule, équipement, moyen, méthode, convenance, contact,
  • union, jonction, zèle, soin,
  • discipline, concentration d’esprit, pratique du yoga, extase ou union mystique.

 

Il existe différentes « voies du yoga ». Voici les quatre principales (car il en existe encore d’autres, Kundalini Yoga, Kriya Yoga…) :

 

  • Bhakti Yoga : la voie de la dévotion où le pratiquant s’abandonne en toute confiance au divin à travers des chants, des prières, des mantras.

 

  • Jnana Yoga : la voie de la connaissance où le pratiquant essaie d’aller au-delà du mental par la pensée, le raisonnement. Il pousse dans ses derniers retranchements la logique et tend à voir le monde à travers une connaissance éclairée.

 

  • Karma Yoga : la voie de l’action désintéressée où le pratiquant agit d’abord pour les autres afin de se libérer de son ego. Il effectue chaque acte en pleine conscience, en union avec celui-ci sans faire intervenir son ego

 

  • Raja-Yoga : la voie royale dont le Hatha-yoga en fait partie. Ici, l’accent est mis sur les exercices physiques, mentaux, méditatifs. Bien souvent la pratique du yoga commence par celui-ci, ce qui masque toutes les implications réelles de la pratique du yoga.

 

Le Raja-Yoga est parfois appelé Roi des Yogas, ou Kundalini Yoga car la Kundalini est la puissance, l’énergie que la pratique du yoga est sensée libérer pour atteindre un état d’union et de fusion avec l’univers, en passant par une amélioration de la santé physique, une meilleure connaissance de soi, un état de calme intérieur, une spiritualité supérieure…


Notes :

[1] Ce mot signifie vision ou visite de l’idole dans le sanctuaire du temple, et aussi doctrine du salut.

[2] La philosophie védique est la religion mère de l’hindouisme.

[3] Le Sâmkhya est une doctrine du salut qui vise la libération de l’être. Il énumère la constitution de l’être et trace le fonctionnement psychique de l’humain. Par l’exploration et la connaissance de notre fonctionnement profond et de notre essence, le Sâmkhya affirme l’existence d’une possibilité de se soustraire à la souffrance et d’atteindre le salut. Celui-ci ne dépend plus d’un quelconque sauveur ou d’un acte de foi vis à vis d’un dieu, mais dépend d’un travail intime et volontaire sur soi, ce qui rejoint totalement l’une des premières paroles de Satan à l’humanité : « Vous serez comme des dieux (ou comme Dieu selon les traductions) » (Gn 3 :5)

[4] Un sūtra (ou soutra, sûtra voir soûtra) désigne ce qu’on nommerait en Occident un « classique », un « canon » voire, simplement, un « livre ». Il s’agit d’un mot sanskrit signifiant « fil » et s’appliquant à des écrits spéculatifs ou philosophiques rédigés sous forme d’aphorismes.