Des manifestations trompeuses

Dieu contrôle souverainement toutes choses dans l’univers qu’Il a créé, y compris les puissances des ténèbres. Satan ne peut faire que ce que Dieu lui permet de faire. Dans cette perspective, le problème de la liberté ou de l’esclavage, de la bénédiction ou de la malédiction, est très clair. Tout revient à notre relation avec Dieu, par le moyen de l’Evangile. La Bible dit : « Béni soit l’homme qui se confie en Dieu… Maudit soit l’homme qui se confie en l’homme… » (Jr 17 : 5, 8). Le fait d’avoir recours à des « techniciens spirituels », à des « spécialistes de la délivrance », qui manipulent les âmes et les esprits qui les influencent, revient à « se confier en l’homme », quel que soit l’habillage chrétien dont on affuble ces techniques.

Nous pouvons penser que tout ce qui arrive lors des « séances de délivrance » ou d’exorcisme est bien réel ; certaines manifestations sont indubitablement liées à des démons. Mais l’interprétation que les praticiens de ce type d’exorcisme (car il s’agit bien de cela) ont est toute différente de ce qu’elle doit être : ces manifestations stimulent énormément ceux qui sont pris dans ce système de pensée, mais, en fait, Satan « joue le jeu » pour prendre des âmes dans ses filets, pour les pousser à se confier en l’homme et non en Dieu seul et en Son Evangile. Satan réussit ainsi à faire croire que le « ministère de délivrance » est plus important que le simple Evangile, et que ce qui est fait l’épouvante ! Ce faisant, il réussit à diminuer la confiance en l’Evangile, en faisant croire que ce n’est pas l’Evangile qui délivre pleinement les gens des puissances des ténèbres, mais qu’il faut avoir recours à des « ministères de délivrance » qui ont reçu des révélations extra-bibliques.

Le processus de délivrance de l’oppression des démons ressemble beaucoup à un racket organisé par des gangsters, pour « protéger » ceux qu’ils rançonnent. Le diable travaille aux deux extrémités de la chaîne : d’un côté il oppresse, et d’un autre côté il propose sa protection, moyennant « finance ». Satan fait tout ce qu’il peut pour pousser les gens à pratiquer le péché et l’occultisme pour les lier, puis il pousse ceux qui croient au combat spirituel à pratiquer leurs techniques de délivrance, en étant persuadés qu’ils détiennent la clef de la liberté. En fait, Satan gagne alors sur les deux tableaux ! Il ne lui reste plus qu’à convaincre les « délivreurs » qu’ils sont sur la bonne voie par des manifestations plus ou moins impressionnantes…

Satan peut demander à ses démons de révéler des « secrets » concernant le monde spirituel et la délivrance, puis de « partir » au commandement du ministère de délivrance. Si les démons semblent obéir aux menaces d’être tourmentés par des anges dans l’abîme, c’est pour une raison très simple : les démons veulent pousser les Chrétiens à croire que ce sont les « spécialistes de la délivrance », et non Dieu seul, qui ont l’autorité de juger les démons avant le temps. Cela sert les objectifs de Satan, qui fait alors croire toujours le même mensonge, que l’homme peut être « comme Dieu ». Il nous fait ainsi croire que nous possédons un pouvoir qui n’appartient en fait qu’à Dieu.

Le système de pensée du combat spirituel diminue considérablement notre foi en l’Evangile. Nous ne croyons plus pleinement que l’œuvre parfaitement accomplie par Christ à la croix suffit à nous délivrer de toute la puissance de Satan et des démons, ni que c’est Dieu qui nous transformera complètement à l’image de Christ. Nous croyons alors que tout ce que nous essayons de faire peut être remis en cause, si nous n’avons pas les connaissances et les techniques spéciales pour mener ce combat spirituel. Apparemment, l’Evangile seul ne « marche pas vraiment » pour tous ceux qui ont besoin de consulter les « spécialistes de la délivrance », et il faut y ajouter beaucoup de choses. Ces spécialistes enseignent que l’Evangile ne nous délivre que potentiellement. Certes, il nous faut croire en l’Evangile, mais nous avons aussi besoin de « briseurs de malédictions » professionnels, d’exorcistes, d’intercesseurs prophétiques, de spécialistes de la guérison intérieure, de conseillers psycho-spirituels, et d’une foule d’autres spécialistes qui constituent une nouvelle classe de « prêtres compétents ». Tous ces spécialistes s’installent dans une position de nouveaux médiateurs entre Dieu et les âmes captives. Ils sont comme les « protecteurs » du racket, qui empêchent les bandits de nous battre et de nous dépouiller.

Selon ces spécialistes, notre bien-être spirituel et matériel est déterminé pat tout ce qui se passe dans le monde spirituel. Eux seuls détiennent les secrets qui nous permettront d’être guidés dans la liberté et la prospérité. Neil Anderson prétend que beaucoup de Chrétiens sont dans les liens parce que leur système de pensée est mauvais[1]. Ils ne voient donc aucune raison de s’engager dans le combat spirituel, parce qu’ils ont une « mentalité d’occidentaux ». Ce qu’Anderson ne comprend pas, dans son livre, c’est qu’il existe deux systèmes de pensée au sein du Christianisme, qui acceptent tous deux l’enseignement biblique au sujet de la réalité des esprits et de leur influence sur les gens. Anderson est partisan du système de pensée du combat spirituel, en disant qu’il s’agit du système de pensée « chrétien », ne parlant jamais de la Providence divine, et enseigne à ses lecteurs qu’ils doivent franchir des « étapes de libération » qui vont au-delà de l’Evangile et des moyens de grâce fournis par l’Ecriture (ce qui ressemble énormément au schéma yoguiques hindous).

Les motivations des spécialistes de la délivrance ne sont pas mises en doute. Ils travaillent, sans recevoir aucun salaire ni aucun profit personnel dans le but de servir Dieu et faire progresser Son Royaume, mais sans Lui ! Ils sont séduits, et cette séduction les fait enfoncer les gens dans l’esclavage spirituel, au lieu de les délivrer réellement ; sans le savoir, ils enchaînent encore davantage les personnes qu’ils veulent aider.

Par exemple, ils enseignent que si un démon est chassé, et si la personne délivrée retombe dans le péché, alors sept démons plus méchants reviennent en elle. Il s’agit d’une mauvaise compréhension des textes bibliques. En cela, l’asservissement est accru pour ceux qui avaient besoin de délivrance. Si quelqu’un, par exemple, vient à être « délivré » d’un esprit de convoitise (ce qui arrive souvent), et s’il convoite par la suite une femme, il commence à s’inquiéter et à angoisser, parce qu’il aurait donné à Satan le droit d’envoyer encore plus de démons pour le tourmenter ! Il lui faut ensuite revenir voir ses « exorcistes » pour une nouvelle délivrance…

Un tel enseignement fait croire aux gens que leur liberté dépend d’une vie pratiquement sans péché. Dès la moindre chute, les démons reviennent ! Pour vous rendre compte à quel point les gens dépendent d’un homme et non de la grâce de Dieu, considérons ce qu’écrit encore Bob Larson : « J’ai connu des gens que j’ai refusé d’aider, pour qu’ils mûrissent dans le Seigneur jusqu’au point où Satan ne s’intéresse plus à eux »[2].

Ce système de pensée ne peut que produire la crainte et l’orgueil. La crainte en poussant à croire que l’on ne peut être un assez bon Chrétien pour éloigner les démons de nous, ou l’orgueil en amenant la pensée que l’on est tellement puissant et sans péché, que Satan nous craint et ne peut pas nous toucher. La crainte et l’orgueil résultent du fait que l’on a fait plus confiance à l’homme qu’à Dieu.

Le système de pensée du combat spirituel affirme que les Chrétiens sont engagés dans un combat contre les puissances des ténèbres. Selon ce système de pensée, Dieu œuvre au travers des Chrétiens, mais Sa liberté d’action est limitée ! Plus les Chrétiens possèdent la puissance et les techniques du combat, et plus ils peuvent vaincre les forces des ténèbres. Si les Chrétiens ne connaissent pas les techniques du combat spirituel, ils seront les victimes et non les vainqueurs. Il y a des pertes dans ce combat, et Dieu n’est pas assuré de la victoire finale.

A contrario, la Parole de Dieu nous amène sur le « terrain » de la Grâce et de la Providence divines ; elle affirme que Dieu est souverain, et qu’Il contrôle toutes les puissances des ténèbres. Ces puissances spirituelles mauvaises ne peuvent faire aucun mal aux Chrétiens, sans en avoir d’abord reçu la permission du Seigneur. Tout ce que le Seigneur permet est toujours pour notre bien. Le problème essentiel n’est pas notre connaissance des techniques du combat spirituel, mais notre connaissance de Dieu et de l’Evangile. Satan essaye toujours de nous faire croire le mensonge que nous pouvons être comme Dieu, ce qui est contraire à la vérité de l’Evangile.

Bien entendu, nous pouvons être amenés à prier et chasser des puissances ténébreuses de personnes non encore sauvées et régénérées par Christ ; mais en aucun cas, un chrétien authentique peut être possédé ou démonisé[3] !

Les partisans du combat spirituel égarent en faisant croire qu’il est nécessaire de connaître l’action des démons, des malédictions, et de toutes les activités de Satan, et qu’il faut rejeter la « mentalité occidentale »[4], qui nie l’existence du monde spirituel et de l’activité des esprits. Mais il s’agit d’un faux dilemme. Ne nous laissons pas égarer. Même si nous croyons en la grâce divine et en Sa Providence, nous croyons aussi en l’existence des démons, tout comme en l’existence des anges de Dieu et de la présence du Saint-Esprit.

Nous devons choisir de croire, soit que Dieu est souverain sur tous ces êtres spirituels et sur toutes ces réalités du monde spirituel, soit que Dieu Se contente de nous demander de combattre, en nous laissant conduire ce combat avec les armes qu’Il nous donne. Ceux qui défendent ce point de vue pensent que Dieu est simplement là pour nous aider, si nous utilisons les bonnes techniques. Mais ce n’est pas Lui qui nous garde, dans Sa souveraineté, et qui nous conduit dans la gloire. Est-ce Dieu qui règne, et qui nous conduit au but, ou doit-Il nous laisser déterminer l’issue de ce combat contre les démons ?

Dieu veut utiliser Son Evangile pour délivrer les hommes des puissances des ténèbres, et l’Evangile est parfaitement efficace pour accomplir la volonté de Dieu de sauver les pécheurs, et que cette volonté est déterminée de toute éternité. Ceux qui croient sont « sauvés parfaitement » (Hb 7 : 25). Ils ne doivent pas craindre les puissances mauvaises. La grâce de Dieu nous donne une pleine liberté.

Les défenseurs du combat spirituel veulent nous faire croire autre chose. Ils veulent nous faire croire que toutes sortes de techniques et de processus spirituels, qui n’étaient pas connus avant le 20° siècle ( ! ), nous sont nécessaires pour nous libérer de l’esclavage de Satan. Il faut croire que tous les Chrétiens des siècles antérieurs ont toujours vécu dans l’esclavage spirituel, parce qu’ils n’avaient que l’Evangile, et que cela n’a pas dû leur suffire ! En cherchant à nous convaincre de l’insuffisance de l’Evangile, les « spécialistes de la délivrance » créent un nouvel esclavage spirituel. De plus, la Parole de Dieu nous présente des personnes animées de ce système de pensée en Actes 19 : 13. « Quelques exorcistes juifs ambulants essayèrent d’invoquer sur ceux qui avaient des esprits malins le nom du Seigneur Jésus, en disant : Je vous conjure par Jésus que Paul prêche ! » Ces hommes s’appuyaient sur la puissance de Paul (d’un homme) pour chasser les démons… La réponse est clair : « L’esprit malin leur répondit: Je connais Jésus, et je sais qui est Paul; mais vous, qui êtes-vous ? » (Ac 19 :15)


Notes :

[1] Neil T. Anderson, The Bondage Breaker, (Eugene Harvest House, 2000) 30-33.

[2] Larson, 191.

[3] Terme utilisé pour soi disant différencier un non chrétien (qui peut être possédé) et un chrétien (qui peut être démonisé) ; ainsi, les « ministères de délivrance » affirment aussi qu’un chrétien ne peut pas être possédé… seulement démonisé ! !

[4] pour rejoindre sans nul doute un système de pensée oriental

Le chrétien et la possession démoniaque

II est de plus en plus fréquent de blâmer le diable pour tous nos maux. Les expressions comme « c’est plus fort que moi » ou « c’est le diable qui m’a poussé » sont souvent utilisées dans certains milieux chrétiens. En général, l’être humain cherche facilement à rejeter sur quelqu’un d’autre la responsabilité de ses mauvaises actions. Cette fuite, accompagnée d’une fascination malsaine du surnaturel, attire malheureusement de nombreux chrétiens dans des voies nouvelles et dangereuses.

Depuis plusieurs années, le « ministère de délivrance »[1] s’est implanté dans les églises bien que ce ministère n’existe pas dans le Nouveau Testament. En effet, tous les ministères sont clairement cités dans 1 Co 12 : 8 à 10, 28 et 29 ; Rm 12 : 6 à 8 et Ep 4 : 11 : on n’y trouve jamais celui de « délivrance » pour les chrétiens ; il n’est pas biblique par conséquence. Cette fausse conception a donné lieu à d’étranges séances d’exorcisme sur des chrétiens, en leur faisant croire qu’ils en avaient besoin et qu’on les aidait. Mais plus tard, ils se sont plaints en déclarant : « J’ai été aidé quelques jours et maintenant c’est pire qu’avant ».

Ce « ministère de délivrance » est considéré selon certains prédicateurs comme faisant partie intégrante du processus de restauration du peuple de Dieu des derniers temps. S’il en était ainsi, comment se fait-il que l’Eglise du Seigneur ait pu traverser les siècles sans ce « ministère vital » ? Ces prédicateurs affirment que Dieu serait en train de rétablir ces « vérités » pour perfectionner son Eglise avant le retour de Jésus. Quelle confusion !

De nos jours, des serviteurs de Dieu et des chrétiens, pour prouver qu’un chrétien peut être habité par un démon, font, à tort, la distinction suivante : ils disent « qu’un chrétien né de nouveau ne peut pas être « possédé » mais qu’il peut être « démonisé ». La « possession », selon eux, suggère l’appartenance au diable et comme le chrétien appartient à Dieu, il ne peut donc pas être possédé. En revanche, ils affirment que le chrétien peut être « démonisé ». En réalité, ils donnent une explication incorrecte du mot « démonisé » : ce mot est une transcription littérale du mot grec δαιμονιζομαι daimonizomai utilisé dans les Evangiles (Mt 4 : 4 et 24 ; 8 : 16, 28 et 33 ; 9 : 32 ; 12 : 22 ; 15 : 22 ; Mc 1 : 32 ; 5 : 15, 16 et 18 ; Lc 8 : 36 ; Jn 10 : 21) mais toujours et uniquement utilisé pour des personnes n’ayant pas demandé pardon pour leurs péchés et n’ayant pas accepté ce pardon (pourtant offert gratuitement) avec le sens « d’être possédé ou habité par un mauvais esprit ».

Les partisans de cette doctrine, pour justifier leur position anti-scripturaire, donnent donc une autre signification au mot « démonisé » et l’appliquent à tort aux chrétiens. Neil Anderson[2], prédicateur de la « délivrance » et auteur chrétien américain connu pour ses livres sur ce sujet, explique qu’un chrétien « démonisé » est quelqu’un qui est sous une domination démoniaque mais cela ne veut pas dire possession satanique[3]. Cette domination démoniaque revêt, selon lui, plusieurs degrés ; cela va de la tentation, de l’influence extérieure des démons, à la présence et à la domination intérieure d’un mauvais esprit dans la vie du chrétien[4].

Dans la Bible, le mot « démonisé » n’a pas du tout le sens que les partisans de cette doctrine lui attribuent. C’est là le point crucial car c’est précisément cette erreur qui a ouvert la porte à toutes sortes de spéculations et pratiques extrabibliques dangereuses dans les églises.

Dans le texte grec des Evangiles, les expressions « être possédé » et « être démonisé » ont exactement le même sens parce qu’elles proviennent d’un seul mot grec qui est δαιμονιζομαι daimonizomai. Ce mot s’applique toujours à une personne n’ayant pas accepté Jésus-Christ comme Sauveur et Seigneur et ayant en elle un ou plusieurs démons.

Selon les commentateurs bibliques, il existe deux termes grecs dans le Nouveau Testament pour décrire « la possession démoniaque » :

  • Le premier est δαιμονιζομαι daimonizomai, traduit généralement par : « être possédé par un démon ». Appliqué à une personne il est traduit par « démoniaque » ou par « être démonisé ». Ce mot se retrouve treize fois dans les Evangiles et qualifie uniquement des personnes inconverties ayant en elles un ou plusieurs démons (Mt 4 : 24 ; 8 : 16,28 et 33 ; 9 : 32 ; 12 : 22 ; 15 : 22 ; Mc 1 : 32 ; 5 : 15, 16 et 18 ; Lc 8 : 36 ; Jn 10 : 21).
  • Le second est δαιμονιον εχω daimonion echo et signifie « avoir un démon ». Il est utilisé huit fois dans les Evangiles de Matthieu, Luc et Jean. La forme grammaticale inclut ici l’idée qu’un démon habite dans la personne (Mt 11 : 18 ; Lc 7 : 33 ; 8 : 27 ; Jn 7 : 20 ; 8 : 48, 49 et 52 ; 10 : 20).

Dans tous les cas, le texte grec des Evangiles nous montre clairement qu’il n’y a aucune différence entre le fait d’être « démonisé », être « possédé » ou « avoir un démon ». Une personne « démonisée » est bel et bien une personne « possédée » : il s’agit du même mot dans les Evangiles ! Par conséquent, il n’est pas question de parler de degrés ou de large éventail de situations, même si on utilise le qualificatif vague de domination démoniaque du chrétien.

En outre, ces deux expressions ne décrivent jamais dans la Bible les accusations, tentations, séductions ou persécutions du diable, mais bien plutôt le cas extrême d’une personne inconvertie possédée par un ou plusieurs démons.

Ceux qui affirment que le chrétien peut être « démonisé » ont francisé le mot grec δαιμονιζομαι daimonizomai en lui donnant un sens qui n’a aucune base scripturaire. C’est là un exemple classique d’abus de la langue grecque afin de justifier ses idées et profiter de l’ignorance de ceux qui ne connaissent pas le grec. C’est toujours une erreur de formuler une doctrine basée sur un mot sorti de son contexte.

Par conséquent, le terme δαιμονιζομαι daimonizomai « démonisé » fait bien référence à la possession démoniaque. Cette signification ne provient pas seulement de son étymologie ou de son origine mais aussi du sens que le contexte lui donne. Chaque référence de ce verbe dans les Evangiles indique, dans le contexte immédiat ou le passage parallèle, que le démon habite bien dans la personne et que ce n’est pas du tout une question de degrés de la présence ennemie comme on veut nous le faire croire.

Voici un exemple avec un texte biblique prouvant qu’« être démonisé » ou « être possédé » ont exactement le même sens :

  • L’Evangile de Matthieu nous rapporte ceci : « Une femme cananéenne qui venait de ces contrées, lui cria : Aie pitié de moi, Seigneur, Fils de David ! Ma fille est cruellement tourmentée par le démon (grec δαιμονιζομαι daimonizomai, « démonisée »)… Alors Jésus lui dit : Femme, ta foi est grande : qu’il te soit fait comme tu veux. Et, à l’heure même, sa fille fut guérie » (Mt 15 : 22 et 28). Le passage parallèle de Marc donne, sans l’ombre d’un doute, la signification du terme grec « démonisé » : « Une femme, dont la fille était possédée (grec εχω echo, verbe avoir en soi) d’un esprit impur, entendit parler de lui, et vint se jeter à ses pieds. Cette femme était grecque, syro-phénicienne d’origine. Elle le pria de chasser (grec εκβαλλω echballo, « faire sortir de dedans ») le démon hors de sa fille… Alors, il lui dit : A cause de cette parole, va, le démon est sorti (grec εξερχομαι exerchomai, « expulser d’un lieu dans lequel l’expulsé avait élu domicile ») de ta fille. Et quand elle rentra dans sa maison, elle trouva l’enfant couchée sur le lit, le démon étant sorti (grec εξερχομαι exerchomai) » (Mc 7 : 25, 26, 29 et 30).

De toute évidence, le terme « démonisé» décrit ici quelqu’un qui était habité par un démon. Tous les textes parallèles, lorsqu’ils sont comparés les uns aux autres, n’en disent pas moins. Il est important de souligner et de rappeler que cette terminologie n’est jamais employée dans le Nouveau Testament pour des chrétiens, ni pour décrire les attaques de Satan contre eux. Ainsi il est incorrect, du point de vue de l’herméneutique et de l’interprétation des Ecritures, d’utiliser ce terme « démonisé » et de lui donner un certain sens quand il s’agit d’inconvertis et un autre pour des chrétiens. Voilà essentiellement d’où provient la confusion entre un chrétien soi-disant « démonisé » et non « possédé ».

Une autre méthode employée par les «ministères de délivrance» est de chercher, par tous les moyens, à prouver bibliquement que les chrétiens peuvent être « démonisés ». Ils essayent par exemple de justifier leur position en démontrant que cinq des principaux cas d’exorcisme de démons dans les Evangiles concernent des membres de « la famille de Dieu ». Ils attestent que les personnes possédées de démons et délivrées par Jésus étaient de la nation juive et par conséquent de « la famille de Dieu » ; donc un chrétien faisant partie de cette même famille, peut aussi être possédé. Une telle explication n’est pas valable selon la Parole de Dieu, évidemment.

Lorsque Jésus s’adressait à des personnes tels que les pharisiens hypocrites (Mc 7), le jeune homme riche (Mc 10), les vendeurs chassés du temple (Mc 11), Il ne considérait pas le seul fait d’être juif comme une indication d’appartenance à « la famille de Dieu ».

De même, lorsqu’Il prêchait aux Juifs : « Le temps est accompli et le royaume de Dieu est proche. Repentez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle » (Mc 1 : 15), il est évident qu’Il ne les incluait pas dans le royaume de Dieu, simplement parce qu’ils étaient Juifs.

L’apôtre Paul a également fait cette distinction en adressant à l’Eglise de Rome sa requête quant au peuple d’Israël : « Frères, le vœu de mon cœur et ma prière à Dieu pour eux, c’est qu’ils soient sauvés. Je leur rends le témoignage qu’ils ont du zèle pour Dieu mais sans intelligence : ne connaissant pas la justice de Dieu, et cherchant à établir leur propre justice, ils ne se sont pas soumis à la justice de Dieu » (Rm 10 : 1 à 3).


Notes :

[1] Appellation donnée à ceux qui disent chasser des démons d’un chrétien.

[2] Neil Anderson est un ingénieur en électrotechnique. Après ses études universitaires il a travaillé dans l’industrie aéronautique. Par la suite, il a obtenu un doctorat en pédagogie et a été engagé comme maître de conférences à la faculté protestante de théologie de Talbot en Californie.

[3] Possession satanique signifie « appartenir à Satan »

[4] Neil Anderson, Le Libérateur, p. 173-174.

Ministères de délivrance et asservissement spirituel

La délivrance des démons fait certainement partie de l’Evangile de Christ. Mais il existe un problème posé par les ministères « spécialisés » dans la délivrance des Chrétiens. Cette manière de résoudre les problèmes spirituels des enfants de Dieu n’est pas conforme à l’enseignement de la Bible, et conduit en réalité à un asservissement spirituel.

« Or, il ne faut pas qu’un serviteur du Seigneur ait des querelles ; il doit, au contraire, avoir de la condescendance pour tous, être propre à enseigner, doué de patience ; il doit redresser avec douceur les adversaires, dans l’espérance que Dieu leur donnera la repentance pour arriver à la connaissance de la vérité, et que, revenus à leur bon sens, ils se dégageront des pièges du diable, qui s’est emparé d’eux pour les soumettre à sa volonté. » (2 Ti 2 : 24-26).

Dans le système de pensée du « combat spirituel » tel qu’enseigné par Rick Joyner, Bob Larson, Watchman Nee, Michel Allard et bien d’autres, il est dit que le combat entre Dieu et Satan, entre le mal et le bien, se déroule au niveau de notre histoire humaine. L’issue de ce combat est incertaine, c’est-à-dire que Dieu n’est pas Souverain pour déterminer l’issue de ce combat[1]. Il y a des blessés et des pertes dans ces batailles spirituelles. Ce combat pour la libération des êtres humains de leurs liens spirituels doit être mené par des hommes et des femmes de foi, qui ont appris les règles de ce combat, et qui deviennent de puissants « guerriers de Dieu ». Certains leaders, dans ce système de pensée, croient que même la destinée des nations est entre les mains de ces guerriers spirituels, qui ont la responsabilité de conquérir les nations pour le Royaume de Dieu.

Selon de nombreux exorcistes qui ont adopté le système de pensée du combat spirituel, les démons possèdent leurs victimes parce qu’ils ont le « droit » de le faire. Par exemple, un disciple de Christ peut être victime d’une malédiction inconnue, qui donne à un démon le droit de le tourmenter. Voici comment l’ « exorciste chrétien » Bob Larson l’explique : « Les malédictions sont de véritables transactions légales dans le domaine spirituel. De même que les contrats humains contiennent de minutieuses dispositions, rédigées dans un langage soigneusement choisi, les malédictions sataniques sont souvent remplies de dispositions minutieuses et extrêmement détaillées »[2]. Pour être libéré, il est donc nécessaire d’avoir recours à un spécialiste capable de déchiffrer ces dispositions, et de comprendre la nature exacte de la malédiction, pour formuler ensuite une renonciation adéquate qui permet de la briser[3].

Ceux qui ont adopté le système de pensée du combat spirituel mènent ce combat à différents niveaux. Au niveau des « lieux célestes », ils embrigadent des armées « d’intercesseurs prophétiques » pour identifier, lier et chasser les esprits qui contrôlent les villes et les nations. Des « guerriers spirituels » sont rassemblés pour prendre le contrôle spirituel des villes, en faisant des « marches de prière » tout autour des lieux stratégiques situés dans ces villes. Dans cette optique, le particulier qui exerce un « ministère de délivrance » n’est qu’un simple fantassin chargé du combat au corps à corps sur le champ de bataille spirituel. Il affronte les puissances des ténèbres qui ont capturé des âmes individuelles.

Dans son livre « L’homme spirituel », Watchman Nee explique qu’il y a des lois spirituelles qui gouvernent le monde des esprits. L’une de ces lois concernait la « passivité ». Selon lui, les démons sont capables de s’emparer de ceux qui ont une volonté « passive »[4]. Ainsi, le fait que beaucoup de personnes continuent à avoir des problèmes avec les démons, malgré de nombreuses sessions d’exorcisme est « expliqué » par cette « théorie de la passivité » : ce serait la passivité qui ferait sans cesse retomber les mêmes personnes sous l’esclavage des démons ! Bien entendu, cette théorie n’a rien de biblique !

Malheureusement, ce type d’enseignement est de plus en plus en vogue aujourd’hui. Voici ce qu’écrit Bob Larson : « Si une personne possède une forte volonté, il semble plus difficile à un démon de la dominer, quoi que fasse cette personne »[5]. Dans ce schéma, le facteur de la volonté humaine serait donc très important, voire aussi important que la puissance de Dieu : « Je demande toujours à ceux qui sont liés par des démons de faire appel à cette petite portion de leur volonté qui n’est pas dominée par les démons »[6].

« Ainsi parle l’Eternel : Maudit soit l’homme qui se confie dans l’homme, qui prend la chair pour son appui, et qui détourne son cœur de l’Eternel !… Béni soit l’homme qui se confie dans l’Eternel, et dont l’Eternel est l’espérance ! » (Jr 17 : 5, 7).

Selon la théorie du « combat spirituel », l’une des « lois spirituelles » de l’univers affirme que ceux qui ont une volonté passive deviennent la proie des démons, même s’ils sont Chrétiens. Pour être libre, il faudrait avoir une forte volonté. On ne pourrait plus faire confiance à Dieu pour être libre, mais il faudrait avoir une forte volonté. Dieu se trouverait donc lié par une loi spirituelle qu’Il avait Lui-même créée[7]. Bob Larson a écrit : « La volonté des victimes est le champ de bataille où se conduit la guerre de l’exorcisme. La moindre réticence peut signifier la défaite »[8]. Dans ces conditions, où donc est notre espérance ? Dans notre propre volonté ? Larson a dit de l’une de ses clientes : « Son refus initial de ne pas vouloir admettre ce qui s’était passé a donné aux démons le droit légal de continuer à la dominer »[9].

Dans ces conditions, il est clair que nous avons besoin d’un « homme de loi » spirituel pour déchiffrer les contrats spirituels de l’univers, contrats utilisés par les démons pour faire leur travail, ainsi que toutes les lois qui s’y rapportent. Dans le système de pensée du « combat spirituel », le combat concerne les êtres humains et les esprits méchants dans les lieux célestes. Les humains ont alors un immense désavantage, parce que les esprits naviguent dans le monde spirituel depuis des millénaires, et eux seuls connaissent toutes les « règles ».

D’après ces « soldats spirituels), l’exorciste doit faire appel aux démons pour réunir de multiples informations, pour les battre en utilisant ensuite leurs propres règles. Bob Larson dit forcer les démons à lui dire la vérité, en les menaçant d’être punis par les anges et être envoyés dans l’abîme. D’autre part, il se donne autorité sur les anges de Dieu pour leur commandé ce qu’ils ont à faire : Voici l’une des prières qu’il a faites pour aider une victime à trouver « sa liberté » : « Je commande aux anges de Dieu de rechercher et de tourmenter cet esprit de douleur. Je lie Douleur au démon Régulateur, et je leur commande d’éprouver tout le tourment dont ils ont affligé Randall. Je multiplie ce tourment par sept ! »[10].

Ensuite, il obligerait les démons à lui dire ce qu’il faut faire pour délivrer leurs victimes. Voici le conseil qu’il donne à ceux qui veulent s’engager dans un ministère de délivrance : « Il faut demander à quelqu’un de noter toutes les informations reçues quand on interroge les démons. A mesure que se révèle la structure interne du système démoniaque de la victime, faites une liste des démons en fonction de leur rang, notez leurs droits et les portes par lesquelles ils sont entrés, ainsi que les raisons légales qu’ils peuvent avoir pour rester »[11]. Comment pourrions-nous savoir que toutes ces informations sont sûres ? « Les démons seront forcés de vous donner toutes ces informations, parce qu’ils doivent se soumettre au Nom de Jésus et à Son autorité »[12]. Le danger dans ces affirmations, c’est qu’une partie (de plus en plus minime d’ailleurs) de celles-ci est vraie ; ici la vérité est que toute puissance et toute autorité sont soumises à Jésus-Christ (Lc 4 : 36 ; Ep 1 : 21)… mais pas dans ce contexte à la gloire de l’homme ! Toutes choses Lui (Jésus-Christ) sont soumises pour la gloire de Dieu.

Il est vrai aussi qu’il existe tout un monde invisible qui a ses lois, et que ces lois gouvernent les démons et tous les niveaux de la hiérarchie satanique… mais nous n’avons pas à les découvrir hors de la révélation biblique, et encore moins à les exploiter ou explorer !

Ceux qui acceptent le système de pensée du « combat spirituel » affirment que, pour gagner ce combat, il est important de réunir des connaissances sur Satan, sur ses émissaires, et sur leur structure hiérarchique, et ce, à tous les niveaux, qu’il s’agisse de combattre les principautés qui dominent les nations, ou de chasser les démons d’un individu. Ainsi, toutes les pensées ne sont plus dirigées vers Jésus-Christ, notre Sauveur, mais vers Satan (Phi 4 : 8).

Pour ceux qui ont accepté le système de pensée du « combat spirituel », de telles pratiques se justifient parfaitement. Tout ce qu’ils doivent accomplir dépend d’une interaction complexe entre toutes sortes de démons, de principautés et de lois qui contrôlent le monde spirituel. Aucun domaine de leur vie n’échappe à ces lois. La délivrance des individus n’est que le niveau élémentaire de ce combat, alors que les villes et les nations appartiennent aux niveaux supérieurs. A chaque niveau, il est nécessaire de réunir des informations, si l’on veut gagner la bataille. Les connaissances nécessaires sont en général les noms des démons ou des principautés, la nature des malédictions invoquées, et la structure les hiérarchies spirituelles dans le royaume de Satan. Bob Larson raconte comment il a « dû faire un exorcisme », alors que l’un des démons avait dû s’absenter pour une mission, et n’était pas présent lors de la procédure[13]. Il apprit à « obliger ce démon à rester à l’extérieur ». Il écrit : « Si j’avais terminé la procédure trop tôt, je n’aurais jamais entendu parler de cet esprit en mission, et il serait retourné plus tard »[14]. Quelle débordement d’imagination ! !

On peut se demander quel rôle peut jouer le Seigneur dans ce système de combat spirituel. En fait, Il se contenterait de nous ordonner de combattre, de nous équiper pour le combat, et de nous donner les armes dont nous avons besoin. Et ce serait à l’exorciste d’employer ses armes pour chasser les démons. Il devrait employer ces armes de la bonne manière, sinon les démons ne seraient pas chassés. Par exemple, Larson raconte comment il a dû expliquer à un pasteur pourquoi les démons continuaient à revenir : « Vous n’avez sans doute jamais identifié le « démon portier. » Peu importe le nombre de démons que vous chassez, ils ne sont pas obligés d’aller dans l’abîme, parce que le « démon portier » leur garde la porte ouverte, et ils peuvent revenir »[15]. La hiérarchie et la localisation des démons sont déterminées par les connaissances et la compétence de l’exorciste. Larson prétend qu’il a le droit d’envoyer les démons dans l’abîme, si la procédure est correctement suivie. Dieu est totalement exclu de ces combats ! Ils parlent de « procédures » et non d’une action de Dieu !

Il faut bien retenir ceci : toutes les informations dont ils ont besoin pour mener efficacement le combat spirituel, selon ce système de pensée, sont des informations qui ne sont pas révélées, c’est-à-dire qui ne se trouvent ni dans la Parole de Dieu (la Bible), ni dans la révélation générale (ce que nous pouvons légitimement apprendre de la création en ayant recours à nos sens naturels et à notre intellect rationnel). Cette connaissance requise est donc secrète. Dieu n’a pas révélé les noms de tous ces démons qui contrôlent les nations, les villes, les villages et les personnes démonisées[16]. La seule source de ces informations doit provenir d’une autre révélation, que ce soit une révélation divine extra-biblique, ou une révélation donnée par les démons eux-mêmes. Ceux qui croient au système de pensée du combat spirituel affirment que c’est à eux d’obtenir toutes les informations dont ils ont besoin pour ce combat. Etant donné que cette connaissance est « secrète », elle est du domaine de l’occulte. Il faut donc qu’ils puissent nous expliquer de quel droit ils peuvent obtenir des connaissances interdites, sous prétexte de délivrer les victimes des esprits mauvais. De plus, ils semblent complètement oublier que seul Dieu, le créateur de l’homme, connaît réellement le cœur de l’homme ! Seul Dieu connaît tous les détails du monde spirituel, et de son interaction avec l’âme humaine !

La Bible nous dit pourquoi aucun « technicien spirituel » humain ne peut résoudre les problèmes profonds de l’être humain : « Le cœur est tortueux par-dessus tout, et il est méchant : Qui peut le connaître ? Moi, l’Eternel, j’éprouve le cœur, je sonde les reins » (Jr 17 : 9-10). Toute la Bible nous montre que seul Dieu connaît le cœur humain. Considérons par exemple 1 Rois 8 : 39 

« Exauce-le des cieux, du lieu de ta demeure, et pardonne ; agis, et rends à chacun selon ses voies, toi qui connais le cœur de chacun, car seul tu connais le cœur de tous les enfants des hommes. » Voir aussi Psaume 44 : 21 ; Actes 15 : 8 ; 1 Jean 3 : 20.

Quel orgueil de prétendre

  • commander aux anges[17], qui sont les serviteurs de Dieu Lui-même,
  • connaître les profondeurs de l’âme d’une personne,
  • connaître le monde spirituel des démons et de Satan au point de le maîtriser[18]

Il s’agit ni plus ni moins de se faire l’égale de Dieu !

Malheureusement, ceux qui, de bonne foi et en toute sincérité, s’engage dans le « combat spirituel » de la « chasse aux démons » s’épuisent au lieu de se renouveler dans la puissance de Dieu…

Restons fermement attachés à l’enseignement de la Parole de Dieu, à l’évangile de Jésus-Christ, et scrutons les saintes Ecriture chaque jour pour éprouver les enseignements (Ac 17 : 11). Dans les enseignements du combat spirituel, les processus, figurent des prières, des confessions, des renonciations, des listes de contrôle, des « malédictions des ancêtres » à briser… L’implication est simple : l’Evangile n’est pas suffisant pour nous délivrer des malédictions, des démons ou des autres liens spirituels, à moins d’avoir recours à certaines techniques. Au lieu d’avoir recours aux moyens de grâce tout simples que nous offre la Bible, ils nous offrent une liste de techniques et de prières toutes faites, qui doivent « marcher ». Ils ont donc adopté le système de pensée du combat spirituel, et abandonné celui de la Providence divine.


Notes :

[1] Greg Boyd, God At War, (Downers Grove Intervarsity, 1997) 13. Le Dr Boyd définit ainsi le système de pensée du combat spirituel : « Ce système de pensée est centré sur la conviction que tous les aspects de notre vie peuvent être interprétés comme les conséquences d’un combat mené d’une part, dans les lieux célestes, entre des esprits bons et mauvais, amicaux et hostiles et, d’autre part, entre les hommes et les esprits méchants. » Le Dr Boyd refuse le système de pensée de la Providence divine. Il rejette catégoriquement l’idée que les forces des ténèbres sont utilisées par Dieu au service de Ses plans parfaits.

[2] Bob Larson, In The Name of Satan – How the Forces of Evil Work and What You Can Do to Defeat Them, (Nashville Nelson, 1996) 109.

[3] Ibid. 109, 110.

[4] Watchman Nee, L’Homme spirituel, Vol 3. W. Nee dit que la « passivité » est le facteur essentiel qui permet aux démons d’influencer les Chrétiens. Le chapitre « Path To Freedom » a fourni beaucoup d’arguments aux partisans du combat spirituel. Nee enseignait cela il y a des dizaines d’années.

[5] Larson, 48.

[6] Ibid. 80.

[7] Nee, Op. Cit. 90 : « Toutes les actions sont gouvernées par des lois. Si l’on remplit les conditions qui permettent aux esprits méchants d’agir (que ce soit volontairement, comme dans le cas des sorciers ou des médiums, ou que ce soit involontairement, comme dans le cas de Chrétiens ignorants), on leur donne automatiquement le droit d’agir dans notre vie. » Selon les versions modernes de cet enseignement, on ne peut connaître ces lois spirituelles que par des révélations extra-bibliques, comme celles qui nous sont fournies dans le livre de W. Nee !

[8] Larson, 190.

[9] Larson, 190.

[10] Larson, 142.

[11] Larson, 208.

[12] Larson, 208.

[13] Larson, 91.

[14] Larson, 208.

[15] Larson, 133.

[16] Les adeptes de ce type de « combat spirituel » font une différence entre une personne possédée (qui n’est pas chrétienne) et une personne démonisée (personne chrétienne sous l’emprise d’un ou plusieurs démons). Cette différence permet d’affirmer « un chrétien ne peut être possédé ! Il serait démonisé ! Il s’agit en fait d’exactement la même chose… Ce qui est contraire à l’enseignement de la Parole de Dieu.

[17] C’est Jésus qui exécutera le jugement final du monde spirituel : « Et voici, ils s’écrièrent : Qu’y a-t-il entre nous et toi, Fils de Dieu ? Es-tu venu ici pour nous tourmenter avant le temps ? » (Mt 8 : 29). Tout être humain qui prétend disposer lui-même d’un tel pouvoir prétend donc posséder ce qui fait strictement partie des prérogatives divines. Il s’efforce donc d’agir comme Dieu. Voir « 01 Gn 003-005 002 Hérésie de la déification de l’homme »

[18] Voici une histoire que raconte Bob Larson : « Pas à pas, je poussai l’adversaire dans ses retranchements, jusqu’à ce qu’il ne puisse plus résister. Avant que je prononce la condamnation finale de ce démon, il me regarda d’un air interrogateur et me demanda avec curiosité : « Qui t’a donc appris les règles ? » Je lui dis : « Qu’entends-tu par là ? » Il répondit : « Les règles spirituelles qui déterminent ce que nous pouvons, et ne pouvons pas faire. Tu as certainement été instruit par l’un d’entre nous. Je n’ai jamais connu quelqu’un qui connaisse aussi bien les règles que toi ! » (Larson, 205).