Balaam, le précurseur de l’œcuménisme

Faire alliance avec des Églises « sœurs » au sein d’un œcuménisme qui veut rallier toutes les religions sous sa bannière, c’est accepter de faire partie de la grande prostituée qui va soutenir l’antichrist !

 

On connaît l’histoire de Balaam. Dans cette histoire, Balak, roi de Moab, a fait alliance avec les Madianites, parce qu’ils se sont appropriés durant quatre cents ans un territoire qui a été donné par Dieu aux descendants d’Isaac, l’enfant de la promesse, et non à eux, malgré leur parenté avec Abraham. Car les Moabites sont descendants de Lot, neveu d’Abraham et les Madianites sont descendants d’Abraham par Qetoura (Gen 25 :1). Ils confessent le même Dieu. Ne sont-ils pas tous « frères en Christ » ?

 

Pourtant ils savent parfaitement qu’ils occupent ce territoire illégalement. Même Rahab, la prostituée de Jéricho, savait que l’Eternel avait donné ce pays à Israël ! Tout le monde le savait. Ce qui n’empêchait pas Moabites, Ammonites et Madianites de revendiquer cette terre. Quel parallèle avec les Palestiniens d’aujourd’hui !

 

Face à Esdras, des siècles plus tard, les « habitants du pays », parmi lesquels certainement des Moabites, des Ammonites et des Madianites, proposeront d’aider à la reconstruction du temple en prétendant invoquer le même Dieu que les Israélites. Mais Esdras ne s’en laissera pas conter : Ils invoquent peut-être le même Dieu, mais sans le connaître, car ils n’en ont aucune crainte et sont adonnés à des coutumes idolâtres et abominables.

 

C’est dans ce contexte de terreur de devoir restituer par la force le territoire aux légitimes propriétaires, après des décennies durant lesquelles les Moabites et Ammonites sont parvenus à repousser leurs « frères » dans le désert, que Balak fait appel à Balaam, qui habite bien loin de là, en Mésopotamie.

 

Balaam, « qui aima le salaire de l’iniquité (2 Pi 2 :15) », et dont Pierre déclare qu’il fallut une ânesse pour arrêter sa démence, n’en est pas moins un des prophètes les plus inspirés de la Bible. Il est réputé au-delà des frontières et Balak connaît la puissance divine de la parole qui sort de la bouche de ce prophète : « Celui que tu bénis est béni et celui que tu maudis sera maudit » (No 22 :6). Dieu ne révoque pas ses dons. Aussi Balak veut se servir de Balaam pour maudire Israël, à grand renfort de promesses de ponts d’or et d’honneurs à la clé.

 

Balaam, attiré par ces alléchantes propositions, brave l’interdit clair et net que lui a opposé le Seigneur quand il l’a consulté, se rend là où les Israélites campent, près de Jéricho, et fait construire par Balak, dans trois hauts lieux différents, trois fois sept autels, avec des sacrifices de taureau et de béliers (No 23 : 24). Il tente même, pour satisfaire son nouveau maître Balak, de se servir des formules occultes qu’il connaît (No 24 :1). Mais il est chaque fois saisi par l’Esprit de Dieu – Il n’y a aucune ambiguïté possible à ce sujet – et il lance au final, et contre son propre souhait, quatre formidables bénédictions prophétiques sur Israël, qui annoncent, entre autres, la venue du Messie.

 

Conclusion, quand il veut maudire Israël, le prophète Balaam échoue sur toute la ligne. Pourtant, il va finir par réussir sa mission de destruction en montrant à Balak une méthode perfide : Amener Israël à faire des alliances avec eux ! Tous les moyens sont bons. C’est l’œcuménisme de l’époque…

 

Cette entreprise perverse va entraîner une plaie épouvantable : 24.000 Israélites en mourront. Qu’a fait Balaam ? Il a simplement enseigné aux jolies femmes moabites et madianites à séduire les Israélites pour les entraîner dans leur culte à Baal Péor (Nb 31 :16). Il s’agit probablement d’une cérémonie qui a, au premier abord, l’apparence d’un culte religieux consacré au « Dieu tout-puissant ». Cérémonie sans doute associée à un culte à la déesse Astarté et à Moloc auquel on sacrifiait les enfants.

 

Dans ce culte, on y absorbe des victimes « sacrifiées aux morts » (Ps 106 :28). Cela ne rappelle-t-il pas l’Eucharistie où l’on prétend que c’est la chair physique du Christ qui s’est matérialisée dans l’hostie qu’on donne à manger aux fidèles ? Pourtant, Dieu est esprit ! N’y a-t-il pas une similitude avec la consécration à des « saints » morts pratiquée dans certains courants dits chrétiens, ou encore avec les prières aux morts ou pour des morts que pratiquent ces mêmes courants ? Pourtant ces courants prient « aussi ! » Jésus-Christ…

 

Les Moabites et Madianites vont parvenir, sans grande difficulté apparente, à entraîner dans leur culte abominable les fils d’Israël.

 

Rien, à l’époque de Balaam, ne semblait pouvoir arrêter la colère ardente de Dieu contre les enfants d’Israël après qu’ils se soient ainsi laissés détourner par ruse de la pureté de la parole de Dieu. Ils risquaient même d’être décimés. Mais Phinéas, descendant d’Aaron, a compris la cause de la colère divine. Il a pris une lance, et, sans égard pour le rang élevé et la respectabilité de ceux qui avaient donné l’exemple et qui se montraient même aux yeux de tous sans la moindre honte, il transperce un couple formé d’un prince de la famille de Siméon, Zimri, et d’une princesse madianite : Cozbi, fille de Tsour. Alors la colère de Dieu s’apaise, les femmes illégitimes sont renvoyées chez elles, et le peuple de Dieu, pour un temps, comprend la leçon et obtient la victoire.

 

Le verset 18 de Nombres 25 précise que Cozbi était « la sœur » des Israélites !

 

Cozbi et les autres femmes « sœurs », ou « cousines », ne symbolisent-elles pas pour notre temps,- « car tout ce qui est a déjà existé, et ce qui existera est déjà là, Dieu ramène ce qui a disparu (Ec 3 :15) » – les églises « sœurs », qui pratiquent l’idolâtrie tout en prônant l’œcuménisme à tout crin au nom d’une unité qui ne sera jamais qu’une unité politique et babylonienne ?

 

Les femmes, dans l’Ancien Testament, sont souvent des préfigurations de la future Église, mais aussi des fausses églises ou de la prostituée (Cf Osée 2 :4). Toutes les églises « sœurs » confessent Jésus-Christ, ce qui rassure. Mais y parle-t-on toujours du même Jésus ? En 2 Cor 11 : 3 et 4, Paul dit à de solides chrétiens de Corinthe, qui exerçaient tous les dons charismatiques, que si on leur présentait un autre Jésus, un autre esprit, et un autre évangile que celui qu’ils avaient accueilli au préalable, ils le recevaient fort bien !

 

À noter que Cozbi signifie « mon mensonge », tandis que le nom de son père, « Tsour » signifie « rocher ». On ne parle pas toujours, dans nos dénominations diverses, du même rocher que LE ROCHER, ni du même Dieu. Les alliances entre Églises « sœurs » fortifient certes la puissance et la crédibilité politique, mais rarement la puissance spirituelle. C’est même exactement le contraire. L’Église de Philadelphie, qui a « peu de puissance » (temporelle !), est une Église cachée en Christ, mais ses pierres vivantes sont la lumière du monde !

 

L’œcuménisme dans son acceptation la plus répandue aujourd’hui, procure un sentiment d’ouverture d’esprit et de tolérance, voire d’amour fraternel. Mais, quand cette unité ne se contente pas de mettre de côté des antagonismes provenant de points de doctrines mineurs, ou d’interprétations divergentes de certains versets isolés pour se recentrer sur un unique fondement : Jésus-Christ et la Parole de Dieu, quand cette tentative d’unité veut « ratisser large », elle devient un levain mortel. Ce n’est pas en pactisant avec des dogmes apostats que l’on sauve ceux qui y sont piégés, mais en proclamant les Ecritures, sans en ôter ni en rajouter un iota. C’est s’exposer et les exposer à mourir de la plaie qui a failli décimer Israël. Car Dieu ne change pas…

 

Quant à faire alliance avec des Églises « sœurs » au sein d’un œcuménisme qui veut rallier toutes les religions sous sa bannière, c’est accepter de faire partie de la grande prostituée, celle qui va soutenir l’antéchrist.

 

Serions nous plus fort que le peuple juif, l’arbre qui nous porte ? L’ordre de Dieu, parlant de la grande prostituée, donc d’une Eglise apostate, ce qui englobe tous les courants apostats et tous les chrétiens apostats, est sans équivoque : « Sortez d’elle mon peuple, afin de ne point participer à ses péchés et de ne pas recevoir votre part de ses plaies » (Ap 18 : 4). Ou encore : « Quel contrat d’alliance y a-t-il entre le temple de Dieu et les idoles ? Car nous sommes le temple du Dieu vivant, comme Dieu l’a dit….C’est pourquoi : Sortez du milieu d’eux ; et séparez-vous, dit le Seigneur ; Ne touchez pas à ce qui est impur, et moi je vous accueillerai. Je serai pour vous un père, et vous serez pour moi des fils et des filles, dit le Seigneur tout-puissant. 2 Cor 6 :16 a et 17.

 

Ruth la Moabite, qui aimait la vérité, adopta le Dieu d’Israël et suivit ses commandements. Elle sut couper les liens avec tous les siens. Elle en fut si bénie qu’elle compte parmi les ascendants de Jésus. En tant que femme étrangère au peuple élue, elle est un symbole de la future église des « gentils » qui croira en Christ et le suivra.

 

Il y a un autre parallèle entre notre temps et l’épisode de Balaam, si important qu’il est cité dans huit livres de la Bible, dont trois livres du Nouveau Testament. Cette histoire s’est située au moment où Israël, après 40 ans dans le désert, allait enfin entrer dans le royaume promis. Aujourd’hui, quatre mille ans après Abraham, le Royaume de Dieu est tout près de s’installer sur terre, lors du retour en gloire de Jésus. Il existe donc une activité frénétique de Satan pour détourner le peuple de Dieu vers des voies qui paraissent pleines d’amour fraternel, des larges voies que beaucoup empruntent bien qu’elles mènent à la perdition. Satan a trouvé beaucoup de Balak (dont le nom signifie : « dévastateur ») qui se sont appropriés un Royaume qui ne leur appartenait pas, et beaucoup de Balaam qui font alliance avec les Balak, des vrais prophètes de Dieu à l’origine, mais séduits eux-mêmes et séduisant les autres par l’idée d’une grande Église universelle. Peut-être ont-ils été aguichés par le tapis rouge que l’on déroule généralement devant eux quand ils préconisent des alliances avec les églises idolâtres au nom de l’unité. Ils deviennent, en fin de compte, de vrais sorciers au service de Satan, comme le devint le Balaam de l’époque.

 

Mais seule l’Épouse légitime va être enlevée pour des noces avec Christ, celle qui est sans taches ni rides, celle qui a « gardé la parole de la persévérance en Jésus-Christ » et « qui sera gardée à l’heure de la tentation qui vient sur le monde entier pour éprouver les habitants de la terre » (Ap 3 :10). Les sœurs idolâtres devront laver leur robe dans le sang pour être sauvées.

 

Les Balaam qui préconisent des alliances dangereuses sont aveuglés comme leur prédécesseur qui, de voyant qu’il était, vit ensuite moins bien dans le spirituel que son ânesse. Ils ne voient même pas le caractère babylonien de l’œcuménisme actuel.

 

L’unité est définie par Paul comme étant l’objectif final de la vraie Eglise, la Jérusalem céleste, celle qui doit rechercher « l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu », afin d’être composée « d’hommes faits, à la mesure de la stature parfaite de Jésus-Christ », afin « de ne plus être des enfants flottants et entraînés à tout vent de doctrine, joués par les hommes avec leur fourberie et leurs manœuvres séductrices » (Ep 4 :13 à 15)

 

Alors, et je le dis avant tout pour moi et avec amour à mes frères et sœurs en Christ, arrachons-en beaucoup au feu, partout où nous le pouvons, mais ne participons pas à un « œcuménisme fraternel » où l’on évite soigneusement d’évoquer les points qui dérangent et où l’amour qui est au-dessus de la vérité est avancé pour justifier de couvrir bien des contradictions, voire des mensonges ou des hérésies. Jésus a dérangé beaucoup de monde quand il a proclamé la vérité.

 

Il est des fraternisations qui, au lieu d’amener tout le monde à la Vérité, sont des pièges pour attirer tout le monde dans un flou religieux mortel, même si ce flou est souvent artistique !

Le dernier Noël de Anna

Suzanne est une belle fillette de douze ans, très développée pour son âge et remarquablement douée. Elle est l’aînée d’une fa­mille de trois enfants et habite, avec ses parents, un bel appar­tement, dans un quartier central de Paris.

 

Nous voici à la veille de Noël et les enfants qui sont en vacances bavardent à qui mieux mieux à la table du petit déjeuner.

 

Le facteur a apporté un livre, à l’adresse de Suzanne, qui est bientôt profondément absorbée, tournant l’une après l’autre les pages bien illustrées. Puis, tout à coup, se tournant vers sa mère:

— Maman, tu vas lever ma puni­tion, dis?

— Quelle punition?

— Mais tu sais bien, tu as dit que je n’irais pas à l’arbre de Noël !

— Oui, je me souviens mainte­nant. Eh! bien non, ma fille, ta punition ne sera pas levée du tout. Tu te plains toujours que ces arbres de Noël sont assom­mants, qu’on s’y ennuie, que c’est tous les ans la même cho­se, etc. … donc, je t’ai prise au mot.

 

Suzanne baissa la tête et garda le silence, car elle savait bien que les décisions de Maman étaient immuables. Quand elle avait dit: Non, c’était non! Il n’y avait rien à faire.

 

Pauvre Suzanne! Elle aurait pu être si heureuse et faire le bon­heur des siens si ce n’eût été son terrible orgueil!

 

Elle avait tellement conscience d’elle-même, de sa beauté, de sa brillante intelligence qui lui atti­rait toujours les compliments de ses professeurs et l’admiration parfois un peu mêlée de jalousie de ses compagnes de classe.

 

Elle travaillait avec un zèle in­lassable, mais non pas pour plai­re à ses parents, ni encore moins au Seigneur Jésus, auquel elle ne pensait guère, mais unique­ment pour satisfaire ses ambi­tions et obtenir les plus beaux prix à la fin de l’année.

 

Quant à ses deux mignonnes pe­tites sœurs, elle ne s’en souciait pas le moins du monde, de sorte qu’elles ne la recherchaient pas non plus, préférant aller vers leur maman dans leurs petits cha­grins comme dans leurs joies en­fantines.

 

Les parents de Suzanne se ren­daient bien compte du péril pour leur enfant et l’entouraient de leurs prières constantes, comp­tant sur le Seigneur pour lui ré­véler son état de péché.

 

Tout le monde est parti pour l’arbre de Noël, même la bonne qui, jeune encore, n’est nulle­ment blasée de ces sortes de choses.

 

Restée toute seule dans l’appar­tement, Suzanne tâche de chas­ser les idées sombres qui, com­me autant de petits papillons noirs, tournent et retournent dans sa tête.

 

S’installant alors dans un bon fauteuil, à côté d’une élégante lampe portative, elle essaie de s’absorber dans son beau livre, reçu le matin même, afin d’ou­blier ses ennuis.

 

Au bout d’un moment, voilà qu’un coup de sonnette la fait tressaillir. Qui donc peut bien venir les déranger la veille de Noël ?

 

Elle pourrait bien ne pas répon­dre, car ne devait-elle pas être sortie à cette heure-ci avec tou­te la famille? Pourtant, la curio­sité l’emportant sur la paresse, elle se décida, au second coup, à aller ouvrir la porte.

 

Une femme vêtue de noir, la fi­gure pâle et triste, se présenta alors, et elle reconnut immédia­tement leur voisine, Mme Pinnel, que sa mère visitait souvent pour lui faire du bien. Refusant résolument d’entrer, Mme Pinnel expliqua qu’elle devait s’absen­ter un moment pour aller rap­porter son ouvrage et avait es­péré que Mme D. voudrait bien tenir compagnie à sa fille, bien malade.

 

Suzanne connaissait bien la pe­tite Anna qui était venue tant de fois avec sa mère quand Mme D. l’employait pour des journées de couture. Mais, bien que son aînée d’un an seulement, Suzan­ne se considérait comme telle­ment supérieure à cette pauvre petite si ignorante, qu’elle ne lui adressait presque jamais la pa­role et la laissait entièrement à ses jeux puérils, en compagnie de ses petites sœurs.

 

Or, depuis plusieurs mois, Anna était alitée, gravement atteinte de la poitrine. Sa pauvre mère, veuve et sans ressources, devait travailler nuit et jour à l’aiguille pour pourvoir aux frais écrasants des remèdes, venant s’ajouter à leur entretien.

 

La maman d’Anna était conster­née de ne pas trouver son amie et protectrice sur qui elle avait compté pour venir au chevet de sa chère enfant, pendant ces longs moments de solitude. Voyant son expression de si pro­fond désappointement, Suzanne eut un bon mouvement et décida spontanément de se rendre elle-même auprès d’Anna.

 

Mme Pinnel la remercia avec ef­fusion de sa complaisance et, son gros paquet sous le bras, se hâta de redescendre les éta­ges pour se rendre à son atelier aussi vite que ses pauvres jam­bes pouvaient la porter.

 

Suzanne, tout en s’habillant pour sortir, se demandait pourquoi el­le avait été poussée à prendre cette brusque décision. Plus tard, elle comprit que Dieu incli­ne les cœurs des hommes (et même des petites filles parfois) «comme des ruisseaux d’eau», selon Sa Parole.

 

Au moment de quitter le salon, elle aperçut le joli bouquet de violettes, et pensant qu’il ferait plaisir à la petite malade, elle l’enveloppa soigneusement et l’emporta.

 

Après avoir gravi quatre à quatre les six étages de la maison voi­sine, elle s’arrêta un instant pour reprendre haleine puis frappa un petit coup timide à la porte.

 

Une voix faible répondit: « En­trez ! ».

 

En s’approchant du lit où repo­sait la malade, Suzanne fut frap­pée de la voir si changée, depuis qu’elle ne l’avait pas vue. Ses joues étaient creuses, ses yeux brillants de fièvre, ses longues mains amaigries reposaient sur les pages de sa vieille Bible, ou­verte sur son lit.

 

En voyant Suzanne, au lieu de sa mère, la pauvre petite fut plu­tôt déçue, mais surmontant bien vite ce sentiment, elle la remer­cia d’être venue et fut ravie du joli bouquet. Puis, la conversation s’engagea entre nos deux fillettes.

— J’espère que tu vas aller mieux et que tu pourras bientôt te lever.

— Oh! je sais bien que je n’irai jamais mieux; je vais bientôt partir.

— Partir où? Qu’est-ce que tu veux dire?

— Mais là-haut, près de Jésus

 

Il m’appelle et … je suis si heu­reuse ! Je L’aime tant, le Seigneur Jésus! … Est-ce que tu L’aimes aussi ?

 

Suzanne fit un signe affirmatif, et pour cacher son trouble propo­sa de mettre les violettes dans l’eau. Anna continua d’une voix entre­coupée par les accès de toux:

— L’année dernière, ta maman m’avait invitée à l’arbre de Noël, mais j’étais trop enrhumée … je n’ai pas pu y aller … Je n’en ai jamais vu, moi, d’arbre de Noël ça doit être bien joli! … Mais là-haut, je verrai des choses bien plus belles encore !

 

Ici, l’enfant fut Interrompue par une violente quinte qui la laissa toute épuisée et haletante. Su­zanne était de plus en plus trou­blée et ne voulait à aucun prix laisser deviner l’émotion étran­ge qui l’étreignait en présence de cette âme au seuil de l’éter­nité.

 

Courant à la cuisine, elle décou­vrit une petite casserole contenant de l’infusion et crut bien faire d’en donner quelques cuil­lerées à Anna qui la remercia d’un gracieux sourire. Après avoir un peu repris haleine, elle continua la conversation.

 

— Je l’aime bien, ta maman C’est elle qui m’a appris à con­naître Jésus … depuis que je L’ai reçu dans mon cœur… je n’ai plus du tout peur de mourir. Avant j’avais bien peur

— Mais tu ne devrais pas penser à la mort, Anna, tu es encore si jeune! Et que deviendrait ta pau­vre maman?

 

Ici, un léger nuage passa sur le visage de l’enfant et d’une voix faible, elle murmura.

— Je crois que maman viendra bientôt me rejoindre.

 

Sur ces entrefaites, la nuit était venue et Suzanne proposa d’al­lumer la lampe, quand des pas se firent entendre dans l’esca­lier. Un instant après, Mme Pin­nel entrait, tout essoufflée, tant elle s’était dépêchée.

 

Tandis qu’elle s’empressait au­tour de sa chère malade pour lui faire prendre le sirop qu’elle ve­nait de rapporter, Suzanne, pres­sée de fuir cette atmosphère qui lui causait un malaise croissant, enfilait son manteau sans per­dre un instant. Puis, tendant la main à la fillette et à sa mère qui se confondit encore en remer­ciements, descendit prestement l’escalier, en se demandant

ce que penserait sa mère de son absence prolongée.

 

Quand elle arriva chez elle, tou­te la famille était de retour et un joyeux brouhaha se faisait en­tendre, les enfants étant au com­ble de la joie de pouvoir s’ébat­tre librement et raconter leurs impressions sur la fête.

 

Courant vers sa mère, elle lui raconta les événements de l’a­près-midi, et fut soulagée de voir l’expression sévère de maman se radoucir immédiatement.

Elle savait bien que maman ne manquerait pas d’approuver sa conduite.

 

Après tout, c’était bien une «bonne oeuvre» qu’elle venait d’accomplir, en allant s’enfer­mer dans cette chambre malsai­ne, près d’une tuberculeuse! Tout le monde n’en ferait pas autant, un jour de fête!

 

Et Suzanne chercha ainsi à se persuader que tout était bien en règle et que le Seigneur devait être bien content d’elle. Pourtant, le malaise intérieur causé par les paroles d’Anna persistait à la hanter. «Je m’en vais près de Jésus … je L’aime tant … est-ce que tu L’aimes aus­si ?».

 

Ces paroles résonnaient tou­jours au fond de son cœur com­me une accusation terrible. Pen­dant toute la soirée, elle ne prê­ta qu’une attention distraite à tout ce qui se passait autour d’elle.

 

Quand enfin elle put se trouver seule, dans sa jolie chambre ro­se, un texte pendu au-dessus de son lit attira son attention (bien qu’il eût été là depuis bien long­temps sans qu’elle l’eût jamais remarqué): «Le Maître est là et Il t’appelle».

 

Elle mit longtemps à s’endormir, ce soir-là, poursuivie par tant de pensées et de désirs contradic­toires. Quand, enfin, le sommeil vint, elle rêva qu’elle contemplait un ciel étoilé d’une splendeur merveilleuse, puis il parut à l’ho­rizon un nuage blanc, lumineux et dans ce nuage apparut le vi­sage d’Anna rayonnant d’une gloire et d’une beauté indescrip­tibles, tandis qu’au loin, un chant céleste se faisait enten­dre.

 

Elle se réveilla en sursaut, le vi­sage inondé de larmes. Oui, elle avait vraiment pleuré, mais quel­le bêtise! … Ce n’était pourtant qu’un rêve!

 

Le jour suivant, toujours tant at­tendu par les enfants, apporta son butin de choses désirables, jouets, bonbons, cadeaux divers. Pour Suzanne, il y avait un al­bum superbe représentant les plus belles scènes de lia vie du Sauveur. Elle le contempla lon­guement avec une expression sérieuse qui ne lui était pas ha­bituelle, puis avec un profond soupir, se tournant vers sa mère:

—  Maman, est-ce que tu me permettrais de le donner à An­na?

— Vraiment, ma fille? Est-ce que ce cadeau ne t’intéresse pas, que tu penses déjà à t’en défai­re?

— Oh! non, Maman, je t’assure ce n’est pas parce que je ne l’aime pas, mais… je pensais que, puisqu’Anna va bientôt mou­rir, peut-être … j’aimerais lui fai­re ce plaisir.

 

Mme D. se douta que quelque chose avait dû se passer entre les deux enfants, mais avec son tact habituel, elle s’abstint de toute question devant les autres membres de la famille.

— Très bien, ma chérie, je compte lui rendre visite cet après-midi. Si tu veux, tu pour­ras m’accompagner et lui offrir toi-même ton cadeau.

 

Quelques heures plus tard, la mère et la fille se rendaient dans l’humble demeure de la coutu­rière qui les reçut avec joie.

 

Pendant que les mamans cau­saient entre elles, Suzanne s’ap­procha du lit de sa nouvelle amie et lui montra le beau livre dont les gravures la remplirent d’ad­miration. Quand enfin elle com­prit qu’il lui était vraiment don­né, une couleur inusitée monta à ses joues pâles et ses yeux se remplirent de larmes. Suzanne était profondément é­mue et, surmontant ses craintes de contagion, elle se pencha vers Anna et l’embrassa au front, tandis que sa mère qui observait de loin cette petite scène, ren­dait grâces à Dieu pour le chan­gement qui s’était opéré dans le cœur de son enfant.

 

Huit jours plus tard, la petite brebis du Bon Berger avait été recueillie dans le Bercail céles­te. Elle était partie sans souf­france et dans la joie parfaite en murmurant: «Seigneur Jésus, je viens … je viens!».

 

Sa mère, humble et soumise, re­mit à Son Père céleste le trésor qu’il lui avait confié avec les pa­roles sublimes de Job: «L’Eter­nel l’a donné, l’Eternel l’a ôté; que le Nom de l’Eternel soit bé­ni!».

 

Une année s’est écoulée et de nouveau, c’est la veille de Noël. Mme D. assise à son bureau, écrit une lettre d’encouragement à son ancienne protégée qui est maintenant bien loin de Paris. Elle a trouvé sa place dans un orphelinat chrétien où, comme lingère bénévole, elle exerce autour d’elle une influence bénie par sa piété sereine et joyeuse, malgré son grand deuil.

 

Suzanne se souvient de cette veille de Noël, mémorable entre toutes, où pour la première fois, Dieu avait parlé à son cœur par le témoignage de son enfant mourante. Aussi, elle se sent poussée à joindre un petit mot à la lettre de Maman:

 

« Chère Madame Pinnel, Je veux vous dire que cette veille de Noël me rappelle ma vi­site de l’an passé à notre chère petite Anna. Je sais que vous serez heureuse de savoir que c’est par son moyen que je suis venue au Seigneur Jésus, moi aussi ! Je suis loin de ressembler à Anna, je suis encore bien mé­chante parfois, mais je sais qu’il m’aime et qu’il m’a pardonné tous mes péchés. Voulez-vous prier aussi pour moi, afin que je sois gardée fidèle et que je puis­se parler de Lui à l’école, car c’est si difficile, vous savez ! Mais je crois qu’il m’aidera. Mes pe­tites sœurs aussi vous envoient leurs amitiés, et moi je vous em­brasse de tout mon cœur.

 

Votre petite sœur en Jésus,

Suzanne »

Sa mort fut une véritable prédication

C’était une visite de routine qui amena Stephan Schmidt, pasteur d’une paroisse de campagne de l’Allemagne du Sud, à l’hôpital. Là se trouvait couchée sur son lit de mort, une dame de sa paroisse, âgée de 87 ans, désirant lui parler encore une dernière fois. Elle remercia son pasteur pour ses prédications au travers desquelles elle avait connu la vérité sur Dieu.

Elle le remercia également, parce que trois ans auparavant, elle avait ainsi pris la décision de confier sa vie à Jésus.  » Je sais où mène le voyage « , dit-elle. Elle décéda trois jours après. Selon des témoins, elle mourut dans une paix totale, se réjouissant à la pensée de ce qui l’attendait au ciel.  » Jésus, Jésus !  » furent les derniers mots que ses lèvres prononcèrent. Sa mort fut une véritable prédication pour toutes les personnes présentes, comme nous le rapporte le pasteur Schmidt.

Quelques jours plus tard, le téléphone sonna chez ce pasteur. L’un des médecins de la clinique s’annonça. Il lui dit :  » Vous êtes bien le pasteur qui a encore parlé avec cette vieille dame, peu de temps avant qu’elle ne décède ?  » Ce docteur n’avait encore jamais été témoin d’une mort aussi paisible.  » Qu’avait donc cette femme que moi je n’ai pas ? « , demanda finalement le médecin.  » Je peux vous le dire exactement « , répondit Schmidt, en invitant celui-ci à venir à une réunion dans son église. Lors de cette réunion, on pria aussi pour les malades. A sa grande surprise, le
médecin expérimenta une guérison physique dans son propre corps. La réunion qu’il venait de vivre, plus la guérison dont il venait de faire l¹expérience, ainsi que l’entretien personnel qu’il eut avec le pasteur, tout cela eut un grand impact sur sa vie.

Ce même soir, le pasteur accompagna le médecin à son domicile. Sur le chemin du retour, dans la voiture, le docteur exprima le désir de se convertir sur le champ à Jésus-Christ. Pour ce faire, il conduisit le véhicule jusqu’à la bande d’arrêt d’urgence d’une voie express, déclencha le signal de détresse et, avec le pasteur, ils se mirent à prier. C¹est alors qu’il accepta le pardon de Dieu et qu’une grande joie remplit son cœur.

A peine eurent-ils fini de prier qu’une patrouille de police s’arrêta derrière leur voiture. Les policiers contrôlèrent voiture et papiers. Lorsqu’ils leur demandèrent ce qu’ils faisaient là le soir, sur la bande d’arrêt d’urgence, la réponse fut spontanée :  » Nous prions !  » Cela leur parut suspect. C’est pourquoi ils soumirent le pasteur et son passager à un test d’alcoolémie. Ce dernier fut également sans résultat. Au moment du départ le médecin, s¹adressant à l’un des policiers, lui dit :  » Jeune homme, je vous souhaite de vivre un jour quelque chose d’aussi beau que ce que je viens de vivre ici ce soir !  »

Quelques jours plus tard, le téléphone sonna une nouvelle fois chez le pasteur Schmidt. Le policier qui l’avait contrôlé récemment, était à l’appareil, lui posant la question suivante :  » Je voudrais savoir ce que ce médecin a que je n¹ai pas ?  » –  » Je peux vous le dire exactement « , répondit le pasteur en invitant promptement le policier à la prochaine réunion dans son église. Ce jeune policier y apparut accompagné cette fois de son amie.

 » C’est quand même étonnant, déclare le pasteur, les heureuses répercussions que peut avoir la mort d¹une personne en paix avec Jésus-Christ et réconciliée avec Dieu « .

Alexandre le mauvais soldat

Il y avait dans l’armée d’Alexandre le Grand, le conquérant macédo­nien, un fort mauvais soldat. Il y en avait certainement d’autres, mais celui-là avait le tort de porter le même nom que son général. Il s’appelait Alexandre.

 

Un jour, excédé d’entendre parler de la mauvaise conduite du soldat Alexandre, le Général Alexandre fit comparaître le premier devant lui.

 

« Ecoute, lui dit-il, de deux choses l’une ou tu deviens un vaillant soldat, ou tu prends un autre nom que le mien ! »

 

A combien de chrétiens, le Seigneur pourrait dire très justement :

« Change de conduite ou ne t’appelle plus chrétien ! »

 

« Conduisez-vous d’une manière digne de l’Evangile du Christ… » Philippiens 1 : 27