Sauvé en traduisant la Bible

Au commencement du dix-septième siècle naissait en Pologne, dans une famille Bobowski, un enfant qui reçut le nom d’Albert. Encore tout jeune, il fut enlevé dans une razzia de Tartares, et vendu comme esclave à un noble de Constantinople, qui le revendit peu après au sérail, où il passa vingt ans. Il y reçut une éducation très soignée. Arrivé à l’âge d’homme il renonça publiquement à la foi dans laquelle il était né, embrassa celle du prophète de la Mecque, et, à partir de ce moment, s’appela Ali Bey.

 

Il était doué d’un remarquable talent pour les langues. Il n’en comprenait pas moins de dix-sept, et parlait avec une parfaite aisance la plupart des langues européennes : l’anglais, le français, l’allemand, etc. Il était encore un tout jeune homme lorsqu’il fut nommé premier interprète du sultan Mahomet IV.

 

Il rencontra à la cour de ce potentat un homme qui sut non seulement découvrir ses capacités, mais encore leur donner un noble emploi. C’était Levin Warner, ambassadeur hollandais à Constantinople. À son instigation, Ali Bey entreprit ce qui devait être la grande oeuvre de sa vie, la traduction de la Bible en langue turque. On ne sait pas avec certitude s’il traduisit directement sur l’original. Toujours est-il que sa traduction est, d’un style très coulant, qui reproduit toutes les nuances de la langue. Il l’acheva en 1666. Le manuscrit fut envoyé par Levin Warner à Leyde pour y être imprimé. Toutefois, on ne sait pourquoi, il ne fut pas livré à l’impression, et resta tel quel dans la bibliothèque de l’Université de Leyde. Mais cette traduction qui devait si longtemps demeurer inutile avait déjà accompli une grande oeuvre, elle avait ramené son auteur à la foi chrétienne. Ali Bey, dit l’histoire, était décidé à rentrer dans le sein de l’Église chrétienne en recevant le baptême. La mort, malheureusement, survint avant qu’il eût accompli son dessein. Il est permis de penser que l’étude des Écritures n’était pas étrangère à sa décision.

 

Ce témoignage nous donne la preuve que tout est entre les mains de notre Dieu, et que nous devons lui faire confiance « sans comprendre » parfois… Les parents de ce petit Albert ont payés chèrement pour que le la Parole de Dieu puisse être largement répandue… mais quelle joie pour ceux qui, devant le trône de Dieu, s’entendront dire « C’est bien, bon et fidèle serviteur… » !

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