Jésus crucifié un mercredi soir

Jésus fut-il crucifié un vendredi, puis ressuscité le dimanche matin ?

Selon la tradition populaire, si Jésus fut mis au tombeau le vendredi soir avant le coucher du soleil, et qu’il ressuscita le dimanche matin un peu avant ou tout juste au lever du soleil, cela fait seulement un jour et deux nuits, soit environ 36 heures.

Mais Jésus dit lui-même spécifiquement : trois jours et trois nuits.

Voyons les faits exacts.

Tout le monde sait qu’il y a 24 heures dans un jour, ce qui veut dire que dans trois jours il y a exactement 72 heures. Si nous croyons que Jésus serait ressuscité le dimanche matin et qu’à partir de là nous entamons un compte à rebours de 72 heures, en revenant en arrière à partir du dimanche matin au lever du jour, nous arrivons à jeudi matin au lever du jour.

Nous avons là un problème de taille, car cela ne peut pas non plus être correct, car les Écritures sont très précises, Dieu est très précis, et nous voyons dans Mathieu 27 : 57-60 et dans Marc 15 : 42 que Jésus fut mis au tombeau le soir.

Examinons Matthieu 27 : 57-60 :

« Et le soir étant venu, un homme riche d’Arimathée, nommé Joseph, qui avait été, lui aussi, disciple de Jésus, vint vers Pilate et demanda le corps de Jésus ; et Pilate commanda qu’on le lui donnât. Joseph, ayant pris le corps, l’enveloppa dans un linceul blanc, et le mit dans un sépulcre neuf, qu’il s’était fait tailler dans le roc; et ayant roulé une grande pierre à l’entrée du sépulcre, il s’en alla. »

Marc 15 : 42-46 :

« Comme il était déjà tard, et que c’était le jour de la préparation, c’est-à-dire, la veille du sabbat. […] Et Joseph ayant acheté un linceul, le descendit de la croix, l’enveloppa dans ce linceul, et le mit dans un sépulcre qui était taillé dans le roc; et il roula une pierre à l’entrée du sépulcre. »

Nous serions donc obligé d’ajouter 12 heures de plus à notre compte à rebours pour arriver au soir, et arriver alors au mercredi soir. Mais cette fois il y aurait trop d’heures et on compterait donc plus de trois jours et trois nuits.

 

Et maintenant la question qui se pose est celle-ci : Jésus peut-il avoir été crucifié le mercredi ? Beaucoup diront que non, ce n’est pas possible puisque que dans Marc 15 : 42, il est clairement dit que c’était le jour avant le sabbat. Mais ce jeudi alors peut-il avoir été jour de sabbat ? Et voici la réponse : Oui, en effet, ce jeudi était un jour de sabbat !

Ceci est un fait qui déconcerte énormément  de gens. Et malheureusement c’est aussi un fait qui demeure complètement ignoré de tous, car les chrétiens ont complètement perdu le sens des jours des Fêtes de L’Éternel, jours saints pleins de signification que Dieu avait donné à Israël. La signification réelle de ces fêtes a été occultée et perdue pendant des siècles. Pourtant, ces fêtes révèlent en totalité et avec grande exactitude, les étapes précises du Grand Plan de Dieu pour le salut de l’humanité.

Bien qu’elles n’ont plus à être observées tels que prescrites à Israël, il n’en demeure pas moins que les Fêtes de L’Éternel sont un extraordinaire pédagogue sur lequel nous devrions nous appuyer pour comprendre un bonne parties de la vérité biblique, tellement elles sont révélatrices. Satan c’est bien joué de nous en les occultant et les remplaçant par d’autres fêtes qui ont l’air légitimement chrétiennes mais qui ne sont en fait que des artifices et des contrefaçons de la vérité.

 

C’est grâce cette connaissance, entres autres, que nous découvrirons que, ce fameux sabbat dont il est question en Marc 12 : 42 révèle la clé du mystère !

 

Nous lisons dans Jean 19 : 31 que c’était un grand jour de sabbat :

« Or, les Juifs, de peur que les corps ne demeurassent sur la croix le jour du sabbat (car c’était la préparation, et ce sabbat était un grand jour), demandèrent à Pilate qu’on rompît les jambes aux crucifiés, et qu’on les enlevât. »

Or, ce sabbat, un sabbat annuel, n’était pas un sabbat comme à l’ordinaire, mais un sabbat très spécial, « un grand jour ». Il était toujours fêté le 15ème jour du mois de Nisan, quel que soit le jour de la semaine où il tombait. Ce sabbat n’avait rien à voir avec le sabbat célébré chaque semaine, le samedi.

Il pouvait donc arriver, en effet, qu’il y eût deux jours de sabbat dans la même semaine. Le jour de la Pâque était célébré le 14ème jour du mois Nissan, et le jour suivant était toujours un sabbat. On peut lire cela soi-même dans Exode 12:1-14, Lévitique 23 : 5-7, Nombres 9 : 1-5, 28:16-18, et Deutéronome 16.

Il est fortement recommandé que vous examiniez ces passages des Écritures pour avoir le maximum de compréhension et de révélation de la vérité. Voyons en Lévitique 23 : 5 à 7 :

« Le premier mois, le quatorzième jour du mois, entre les deux soirs, sera la Pâque de l’Éternel ; Et le quinzième jour de ce mois, sera la fête des pains sans levain à l’Éternel; vous mangerez des pains sans levain pendant sept jours. Le premier jour vous aurez une sainte convocation; vous ne ferez aucune ouvre servile. »

Ce sabbat, dont on parle ici, fut institué lors de la première « Pâque de l’Éternel » en Égypte, à la veille de la fuite d’Israël ! Il y avait sept sabbats qui étaient célébrés seulement une fois par an (Lévitique 23:15, 24, 27, 34 et 39), en plus des sabbats hebdomadaires, et qui pouvaient tomber à différents jours de la semaine.

L’agneau pascal devait être immolé le 14ème jour, le soir de la Pâque. Nous pouvons lire dans Exode 12 : 6, 11 :

« Vous le garderez jusqu’au quatorzième jour de ce mois ; et toute l’assemblée d’Israël l’immolera entre les deux soirs ». « C’est la Pâque de l’Éternel. »

Donc, si Dieu avait tant de vigilance pour que l’agneau pascal fût immolé à un moment précis, et la Bible nous révèle à quel point Dieu est précis et ne ment pas, il devrait être encore plus rigoureux au sujet du sacrifice du véritable agneau pascal : Jésus-Christ. Jésus fut donc crucifié au soir du jour de la Pâque le 14 de Nisan. S’il avait été crucifié le vendredi dans ce cas-ci, il aurait été sacrifié deux jours trop tard.

Considérons la signification immense du MIRACLE DE JONAS.

(voir la vidéo : « Le signe de Jonas » : https://www.youtube.com/watch?v=PxC1ccEQas4)

 

Mathieu 12 : 39-40.

« Quand des scribes et des pharisiens demandèrent un signe à Jésus, Il répondit: Une race méchante et adultère demande un miracle; mais il ne lui en sera accordé aucun autre que celui du prophète Jonas. Car comme Jonas fut dans le ventre d’un grand poisson trois jours et trois nuits, ainsi le Fils de l’homme sera dans le sein de la terre trois jours et trois nuits. »

 

Jésus prouvait qu’il était le Sauveur en accomplissant le signe de Jonas, le SEUL miracle  d’ailleurs, qu’Il allait donner à cette race perverse, adultère et méchante, qui demandait un miracle comme preuve de qui Il était.

Examinons encore la précision divine avec Matthieu 12:38-40 :

« Alors quelques-uns des scribes et des pharisiens lui dirent: Maître, nous voudrions te voir faire quelque miracle. Mais lui, répondant, leur dit: Une race méchante et adultère demande un miracle; mais il ne lui en sera accordé aucun autre que celui du prophète Jonas. Car comme Jonas fut dans le ventre d’un grand poisson trois jours et trois nuits, ainsi le Fils de l’homme sera dans le sein de la terre trois jours et trois nuits. »

Son corps resta donc au tombeau précisément TROIS JOURS ET TROIS NUITS. Et si nous comptons 72 heures depuis mercredi au coucher du soleil, nous arrivons au samedi au coucher du soleil. Jésus avait alors accompli le miracle de Jonas et prouvé qu’il était le Messie.

Nous avons vu que du vendredi soir au dimanche matin nous avons un sérieux problème de manque de temps. Ce qui ferait mentir Dieu ou dénigré Sa Parole. Il ne peut s’agir de plus de temps non plus, car à ce moment là cela impliquerait plus de 72 heures et il ne s’agirait plus de trois jours et trois nuits mais trois jours et trois nuits et demi ou trois quarts. Il s’agit donc d’une période très précise, ni plus, ni moins. Encore une fois, Dieu ne ment pas.

Jésus pouvait donc très bien être déjà ressuscité le samedi soir. Il n’est pas écrit à quel moment Il ressuscita, mais Jésus dit lui-même qu’il ressusciterait LE troisième jour. Pas, après le troisième jour ou tout de suite après. Mais, très exactement LE troisième jour !

Mathieu 16:21 :

« Dès lors Jésus commença à déclarer à ses disciples qu’il fallait qu’il allât à Jérusalem, et qu’il y souffrît beaucoup de la part des sénateurs, et des principaux sacrificateurs, et des scribes, et qu’il y fût mis à mort, et qu’il ressuscitât le troisième jour. »

Matthieu 17:23 :

« Et ils le feront mourir, mais il ressuscitera le troisième jour. Et les disciples en furent fort attristés. »

Matthieu 20:19 :

« Et ils le livreront aux gentils, pour être moqué, et fouetté et crucifié; mais il ressuscitera le troisième jour. »

Et puisque samedi était le troisième jour, 72 heures exactement après sa mise au tombeau juste avant le sabbat qui débutait au coucher du soleil le mercredi précédent, Jésus ressuscita donc déjà le samedi soir juste avant le couché du soleil. Cela est d’autant plus très significatif en ce que symboliquement c’est exactement au 7ème jour que, lors de la création, Dieu acheva toute son œuvre !

Quand les femmes vinrent au tombeau tôt le dimanche matin, Jésus n’y était déjà plus, il était déjà ressuscité. Examinons encore une fois la précision des Écritures en Marc 16:2, 6 :

« Et elles vinrent au sépulcre de grand matin, le premier jour de la semaine, comme le soleil venait de se lever. Mais il leur dit: Ne vous effrayez point; vous cherchez Jésus de Nazareth qui a été crucifié ; il est ressuscité [c’était déjà fait], il n’est point ici ; voici le lieu où on l’avait mis. »

Luc 24:1 :

« Mais le premier jour de la semaine, elles vinrent de grand matin au sépulcre, apportant les parfums qu’elles avaient préparés; et quelques personnes les accompagnaient.  Il n’est point ici, mais il est ressuscité. Souvenez-vous de quelle manière il vous a parlé, lorsqu’il était encore en Galilée, disant: Il faut que le Fils de l’homme soit livré entre les mains des méchants, et qu’il soit crucifié, et qu’il ressuscite le troisième jour. »

Notez qu’il n’est jamais fait mention spécifiquement que la résurrection ait eu lieu en ce premier jour au grand matin. La Bible ne dit pas qu’il venait juste de ressuscité en ce grand matin du premier jour lorsqu’elles vinrent au sépulcre. Mais précisément ce qu’elle dit c’est qu’Il n’était déjà plus là, qu’Il était parti de cet endroit parce qu’Il était en effet déjà ressuscité lorsqu’elles se présentèrent ce matin là. Quand elles vinrent, ce matin là, Il n’était déjà plus là, car il était ressuscité le troisième jour, la veille au soir juste avant le la fin du sabbat, exactement comme la Bible le mentionne.

 

De plus, une prophétie du prophète Osée nous révèle que Jésus est ressuscité le deuxième jour : « Venez, retournons à l’Éternel. Car, il a déchiré, mais il nous guérira ; il a frappé, mais il bandera nos plaies. Il nous rendra la vie dans deux jours[1] ; le troisième jour il nous relèvera. Et nous vivrons devant lui. » (Osée 6 : 1 et 2)…


Note :

[1] Les mots « deux jours » sont la traduction de « miyomayim bayyowm » qui se traduit littéralement « des jours et des jours ». Il faut souligner le fait que le mot « miyomayim » (traduit par deux dans nos Bibles) est un hapax (mot employé une seule fois). Aussi, si je le ramène à la racine « mym », je lis « les jours de transition, de violence »… Le nombre deux qui se dit « shenayim » ne se trouve pas dans le texte.

Dieu aurait-il oublié les amérindiens avant le christianisme ?

(Il est conseillé de visionner la vidéo « Dieu aurait-il oublié les chinois avant le christianisme ? » avant celle sur les amérindiens : lien )

Lien vers le fichier PDF (suite à un problème informatique, le fichier original a été perdu… Aussi, ce fichier PDF est une copie écran des diapositives de la vidéo) : 45 Rm 001-019 002 Dieu aurait-il oublié les amérindiens avant le christianisme

Jésus et les manuscrits de la mer morte

Le Judaïsme officiel étant muet, tant celui des Pharisiens que celui des Saducéens, aura-t-on plus de chance avec les mouvements religieux et les sectes qui, à l’époque du Christ, se rencontrent en Judée ?

Les Zéloles : on ne connaît aucun texte. Professionnels du poignard, ils se souciaient moins de théologie que de politique, s’opposaient aux pouvoirs établis qu’ils tenaient pour trop faibles et n’hésitaient pas à tuer sans mot ceux qu’ils jugeaient traîtres à la cause de la liberté d’Israël. En ce cas, furent-ils d’accord avec les Princes des prêtres pour condamner un personnage assez fou pour prêcher l’amour des ennemis et la fraternité universelle ? Ils n’ont pas laissé le moindre document sur ce point, pas plus que sur d’autres.

Les Esséniens : Ceux-ci, jusqu’à une date récente, nous sont connus, non par des textes juifs officiels mais par les écrivains Philon d’Alexandrie[1], Pline l’Ancien[2] et Flavius Josè­phe. Selon ces témoignages, les Esséniens étaient des sortes de moines, vivant en retrait du monde une existence de prière et d’ascèse, « sans femme et sans argent, dans la seule société des palmiers », travaillant pour assurer leur subsistance. Ils étaient organisés selon une hiérarchie stricte. Depuis longtemps on se posait des questions à propos de ces moines mysté­rieux vêtus de blanc, pratiquant la mise en commun intégrale des biens, multipliant les ablutions et les observances ; La communauté principale était à En Guédi[3], près de la Mer Morte.

Or, depuis mars 1947, dans la région même d’En Guédi, au nord-ouest de la Mer Morte, des découvertes sensationnelles ont été faites. Dans une, puis dans plusieurs grottes de la falaise par laquelle la Judée se termine en abrupt sur la Mer maudite, des manuscrits sont trouvés, tous religieux, un grand nombre de textes bibliques, les autres exposant la doctrine et la règle d’une secte juive qui s’appelait elle-même « Commu­nauté de la Nouvelle Alliance ». Peu après, les Pères Dominicains français, de l’École Biblique de Jérusa­lem, fouillant d’autres ruines pro­ches des grottes aux trouvailles, en un lieu dit Khirbet Qûmran, révélèrent qu’il s’agissait du couvent où avaient vécu les adeptes de la Nouvelle Alliance ; salles de réunion, « scriptorium », piscines, magasins ; rien ne manquait pour que la description de ces ruines fût celle d’un monastère. Le rapprochement avec les Esséniens s’imposa donc aux esprits, et se fit de plus en plus persuasif à mesure que les textes des rouleaux découverts furent publiés.

Tout ce que l’on savait des Esséniens, de leur mode de vie, de leur doctrine se trouvait confirmé. Leur origine, demeurée mystérieuse, pou­vait être mise en relation avec ces Hassidim qui s’étaient écartés du reste de la Communauté à l’époque de la domination hellénistique pour ne pas obéir aux Grands Prêtres Asmonéens, suspects à leurs yeux de trop de complaisance à l’égard des Grecs. D’après les textes découverts, on pouvait dire que, vers 65 avant notre ère, la secte était entrée en conflit violent avec les chefs officiels d’Israël et que son supérieur, dit « le Maître de Jus­tice », fut mis à mort. Fuyant un temps les  solitudes de la Mer Morte, les disciples de la Nouvelle Alliance se réfugièrent quelque temps en Syrie[4] pour revenir se fixer au Khir­bet Qûmran, une fois la domination romaine installée en Judée, probablement vers 4 avant J.-C.

La Communauté resta alors dans son monastère environ trois quarts de siècle, connaissant certaine­ment un rayonnement dans tout le monde juif. On a retrouvé près de Qûmran un vaste cimetière où des gens pieux, même des femmes furent inhumés à côté des ascètes. Mais au cours de la « Guerre Juive » en 68 de notre ère, où Titus[5] réprima rudement la révolte de la Judée la 10ème légion opéra dans cette région de la Mer Morte. Les moines esséniens s’enfuirent, en ayant pris soin de cacher dans des grottes inaccessibles leurs précieux trésors, leurs livres sacrés, avec l’espoir de les retrouver un jour…

Les Esséniens, ou si l’on préfère les zélateurs de la Nouvelle Alliance, sont donc installés près de la Mer Morte au moment où Jésus paraît et s’engage dans Sa mission. Leurs textes les plus récents se situent entre -4 et +68. Parlent-ils de Jésus ? Non. Aucun document n’est trouvé dans les Manuscrits de la Mer Morte où il est fait mention du fils de Marie. Cela paraît étonnant si l’on sait que le rapproche­ment entre Essénisme et Christianisme s’est fait depuis longtemps. Dans une lettre à d’Alembert[6], le 17 octobre 1770, Frédéric Il de Prusse[7] écrivait « Jésus était propre­ment un Essénien ; il était imbu de la morale des Essé­niens, qui tient beaucoup de celle de Zénon[8] », ce qui était fort aventuré. Plus prudent, Renan, sans admettre de « commerce direct » entre Jésus et la secte essénienne, disait que « le Christianisme est un essé­nisme qui a largement réussi ». En tout cas les moines de la Nouvelle Alliance n’ont pas fait ce rapprochement.

Il ne semble pas davantage qu’ils aient prêté attention à d’autres rapprochements sur lesquels les historiens et exégètes modernes discutent encore. Par exem­ple, entre Jean Baptiste et les plus ardents des membres de la secte qui, refusant même la vie com­mune, fuyaient toute présence humaine dans le désert ou dans quelque anfractuosité de la falaise. Non plus qu’ils aient su ce qui se passait au gué de Bethabara[9], sur le Jourdain, où Jean Baptiste baptisait procédant à ce qui pouvait paraître des cérémonies d’ablutions analogues aux leurs. Et bien entendu, rien n’indi­que dans leurs textes qu’ils aient identifié Jésus le Nazaréen à l’un de leurs « Maîtres de Justice », selon une hypothèse que certaines cri­tiques ont avancée complaisamment.

Le silence des Manuscrits de la Mer Morte n’a rien de surprenant. Les Esséniens et les Moines de Qûmran appartenaient certainement à la caste sacerdotale juive, eux-mêmes l’écrivent dans leurs textes, se désignant comme fils de Sa­doc[10], ou encore descendants de Lévi et d’Aaron. Même sépa­rés du sacerdoce officiel, ils en gardaient les habitudes de pensée, les préjugés, un mépris tacite des « ignorants » et dont Jésus et ses disciples étaient tout proches. Pour ces austères ascètes, enfermés dans un légalisme plus strict que celui des Pharisiens, quelle importance pouvait avoir l’aventure d’un charpentier, flanqué de quelques pêcheurs du lac de Galilée, qui venait se faire prendre à Jérusalem et crucifier comme un bandit vulgaire ? Les pieux de Qûmran n’avaient jamais perdu leur temps ni leur encre à raconter des événements historiques, tout occupés qu’ils étaient des seules choses religieuses, ils n’allaient pas commencer à parler d’un si piètre sujet !

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Notes

[1] Philon d’Alexandrie (vers -12 – vers +54) est un philosophe juif hellénisé né à Alexandrie. Les rares détails biographiques le concernant se trouvent dans ses propres œuvres, en particulier Legatio ad Caium (Ambassade chez Caligula) et chez Flavius Josèphe.

[2] Pline l’Ancien est un auteur et naturaliste romain, auteur notamment d’une monumentale encyclopédie intitulée Histoire naturelle. Il est né en 23 après J.-C. à Novum Comum (l’actuelle Côme) et mort en 79 à Stabies (Stabia en latin), près de Pompéi, lors de l’éruption du Vésuve. Il adopte son neveu qui prend le nom de Gaius Plinius Caecilius Secundus (Pline le Jeune) en 79 après J.-C.

[3] En-Guédi est une ville remarquable : elle se trouve dans un désert. Lors du partage du pays de la promesse elle a été donnée en héritage à la tribu royale, la tribu de Juda (Jos 45 : 62). C’est dans cette ville que David, le roi rejeté, a trouvé des lieux forts où il s’est réfugié lorsqu’il était poursuivi par Saül (1 Sm 24 : 1 et 2). C’est aussi à En-Guédi que se réunirent les rois qui s’étaient ligués contre le roi Josaphat (2 Ch 22 : 2).

[4] D’où provient le curieux Écrit de Damas trouvé en 1896 dans une synagogue du Caire, et dont la ressemblance avec les Manuscrits de la Mer Morte ne fait aucun doute.

[5] Voir « 17 Est 003-010 001 Hip hip hip hourra »

[6] Jean le Rond d’Alembert, né le 16 novembre 1717 à Paris où il est mort le 29 octobre 1783, est un mathématicien et philosophe français. Il est célèbre pour avoir donné naissance à l’Encyclopédie avec Denis Diderot.

[7] Frédéric II de Prusse, dit Frédéric le Grand (24 janvier 1712, Berlin – 17 août 1786, Potsdam) fut le troisième roi de Prusse (1740-1772). Après avoir un temps fréquenté Voltaire, il devient célèbre pour être l’un des porteurs de l’idéal du prince du siècle des Lumières en tant que « despote éclairé ».

[8] Il parlait de Zénon de Citium, v.-335, mort à Athènes v.-262/-261, philosophe, fondateur du stoïcisme, ou de Zénon d’Élée, né vers -495, mort vers -430, philosophe grec, surnommé par Platon le Palamède d’Elée, inventeur de la dialectique (art du discours bref).

[9] Jean 1 : 28 « Ces choses se passèrent à Béthanie, au delà du Jourdain, où Jean baptisait. » Béthanie est la traduction de Bhyabara Bethabara, qui signifie le lieu du passage, voir « 23 Es 040-003 001 L’importance de la voix qui crie dans le désert »

[10] Prêtre du temps de Salomon.

J.C. pour les croyants des 1er siècles

Le témoignage de la Bible seule est suffisant pour établir la divinité de Jésus-Christ. Mais si nous mentionnons quelques autres documents datant des premiers siècles, c’est pour démontrer que la foi des premiers chrétiens avait effectivement pour objet Christ, Dieu incarné, et cela bien avant toute formulation dogmatique.

Nous n’insisterons pas sur les évangiles apocryphes tout imprégnés de merveilleux, mais demeurant le fruit d’imaginations incontrôlées. Cependant, eux aussi affirment explicitement la divinité de Christ. Les écrits auxquels nous nous adresserons seront des écrits religieux, mais qui n’ont pas été écrits dans un souci apologétique. Ils traduisent tout simplement la foi de l’Eglise primitive. Ce n’est qu’à l’époque de Sabellius[1] et de Samosate[2] (vers 275), puis d’Arius[3] que les écrits sur la divinité du Christ (Athanase[4] 295 à 373) deviennent apologéti­ques[5].

Non seulement les historiens, mais aussi les croyants proclament la divinité du Christ, et cela bien avant la formulation de la doctrine trinitaire.

Voici quelques déclarations de croyants :

Il serait utile d’explorer tous les textes de l’Eglise primitive. Ils ne feraient que confirmer ce que ces quelques citations affirment.

  1. La Didaché

La Didaché (ou doctrine des douze apôtres) date du 1er ou du 2nd siècle. Certains la datent des années 70 à 90, d’autres des années 120 à 160, voire 200. Cet ouvrage s’occupe de morale, de discipline et de liturgie, et ne contient aucun exposé doctrinal. Mais on y retrouve la formule baptismale trinitaire de Matthieu 28 :19 (VII. 1-4). D’autre part, en parlant du retour du Christ, la Didaché (XVI. 7) cite Zacharie 14 : 5, qui parle de l’avènement de l’Eternel.

  1. L’épître de Barnabé

 Cette épitre daterait des années 96 à 98 ou 117 à118. Comme le Nouveau Testament, l’épître de Barnabé accorde au Fils tous les attributs de la divinité : la création (V. 5; VI. 12; XII. 7), l’inspiration des prophètes (V. 6), le jugement à venir (VII. 2), la résurrection (V. 5-7). Le Christ y est dépeint comme le Seigneur, auteur de l’Ecriture, et manifesté dans la chair (V. 6, 10, 12). Pour l’épître de Barnabé, le « faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance » de Genèse 1 : 26, est bien un dialogue entre le Père et le Fils (VI. 12).

  1. La première épître de Clément

 Cette épître date des années 92 à 98. Elle mentionne, côte à côte les trois personnes de la divinité: « N’avons-nous pas un même Dieu, un même Christ, un même Esprit de grâce ? » (XLVI. 6 ; LVIII. 2). Pour cette épître aussi, l’inspirateur des Ecritures est Christ. En XXII. 1, Clément écrit: « Le Christ, en effet, nous invite par l’organe du Saint-Esprit :  Venez, mes fils, écoutez-moi! Je vous enseignerai la crainte du Seigneur » (Ps. 34:12). Ainsi, Christ est identifié au Père.

  1. La seconde épître de Clément

 C’est une homélie composée au milieu du 2nd siècle. Elle parle de Jésus-Christ comme de celui « que nous devons considérer comme Dieu, comme le juge des vivants et des morts » (I. 1); il y est aussi qualifié de « Dieu médecin » (IX. 7). De plus, la parole de Jésus y est appelée « parole de Dieu » (XIII. 3). De même le texte d’Esaïe 29:13 où c’est le Seigneur qui parle, est mis, par cette épître, dans la bouche de Jésus (III. 5), et la parousie de Jésus y est appelée « jour de la manifestation de Dieu » (XII. 1).

  1. Ignace d’Antioche

 Ignace d’Antioche est mort martyr en 107. Voici quelques unes de ses paroles lors de son procès :

Empereur Trajan : Es-tu celui qui, semblable à un démon pernicieux, persévère à contrevenir à mes ordres, et entraîne les hommes dans la perdition ?

Ignace:    Que personne n’appelle Théophore[6] un démon pernicieux.

Trajan:       Et qui est Théophore ?

Ignace:    Celui qui porte le Christ dans son cœur…

Trajan:       Portes-tu en toi celui qui a été crucifié ?

Ignace:    Oui, car il est écrit : j’habiterai en eux et je marcherai avec eux. (Ici, Ignace applique à Christ le texte de Il Corinthiens 6:16 qui reproduit les paroles de l’Eternel en Lévitique 26:11 et 12)

Dans sa prière, Ignace disait :

«Je suis le froment de Dieu; que je sois moulu par la dent des bêtes pour devenir le pain dur du Christ… Permettez-moi d’imiter les passions de MON DIEU ».

Mais dans ses écrits aussi, il avait défendu la même doctrine:

« Il n’y a qu’un seul médecin à la fois chair et esprit. Dieu fait chair.., né de Marie et de Dieu… Jésus-Christ, notre Seigneur » (Eph. VII. 2). « Il est un, sorti du Père un, tout en lui restant uni, et est retourné à lui » (Magn. VII. 2). « … en nous retrempant dans le sang de Dieu (Ep 1 : 1). « …(Jésus-Christ) au-dessus duquel il n’y a rien » (Magn. VIL. 1). « Notre DIEU, JESUS-CHRIST, a été, selon le plan divin, porté dans le sein de Marie, issu du sang de David et aussi du Saint-Esprit » (Eph. XVIIL. 2). 

  1. Polycarpe

Ses épîtres dateraient des années 107 à 111. Polycarpe, disciple immédiat de l’apôtre Jean, est mort martyr en 155 ou 156. Dans ses épîtres, de même que dans le « martyre de Polycarpe » écrit peu de temps après sa mort, les doxologies trinitaires abondent. Mais voici un texte qui établit clairement que les premiers chrétiens vouaient leur adoration à Christ. « Les Juifs ignoraient que jamais nous ne pourrons ni abandonner le Christ,.., ni rendre un culte à un autre : car Lui, nous L’adorons, parce qu’Il est Fils de Dieu » (Mart. de Pol. XVII. 2, 3).

  1. Le Pasteur d’Hermas

Le Pasteur d’Hermas, ouvrage du milieu du 2nd siècle, n’est pas une apologétique mais une collec­tion de Cinq Visions, de Douze Préceptes et de Dix Similitudes. Ces dernières accordent aussi à Christ tous les attributs divins (IX. 12/2 – 14/5).

  1. Théophile d’Antloche

Né au début du 2nd siècle, mort en 190, Théophile d’Antioche nous est connu par ses livres à Autolique.

Dans son deuxième livre à Autolique (Chap. 22), il appelle Christ: « Dieu issu de Dieu ».

  1. Justin le martyr

Justin le martyr répond en 163 à Ruscus :

« Nous croyons que Jésus-Christ, l’enfant de Dieu, est le Seigneur ; annoncé par les prophètes comme devant assister la race des hommes ; messager du salut et maître du beau savoir, moi qui ne suis qu’un homme, je suis trop petit, je l’avoue, pour parler dignement de sa divinité infinie ».

  1. Hiérax

 Hiérax, vers la même époque que Justin, affirme devant Rusticus:

« Notre Père véritable : c’est le Christ ».

  1. Clément d’Alexandrle

Mort avant 215, Clément d’Alexandrie, dans la Prière au Divin Pédagogue, qualifie Jésus de « Père et Fils tout à la fois ».

  1. Maximillen

En 295, près de Carthage, à Théveste, Maximilien, fils de Fabius Victor, jugé pour refus de servir dans l’armée, répondit à Diu le proconsul : « Je n’ai que faire de votre signe ; je porte déjà le signe de Christ, mon Dieu ».

  1. Le martyr Euplius

 En 304, à Catane en Sicile, le martyr Euplius répond au gouverneur qui lui demande de sacrifier aux idoles pour avoir la vie sauve : « Je sacrifie. Mais c’est moi-même que j’offre au Christ-Dieu ».

Conclusion

Ce n’est donc ni Tertullien (155-222), ni le synode d’Alexandrie (317), ni le concile de Nicée (325) ou de Constantinople (381) qui imposèrent la doctrine de la divinité de Jésus-Christ. Elle découlait des Saintes Ecritures. Ces quelques données historiques en sont la preuve manifeste.

De plus, depuis les temps primitifs jusqu’aux temps actuels, la divinité du Christ n’a jamais été mise en doute par les croyants bibliques.

Citons les Vaudois (vers 1100), excommuniés et persécutés, mais fermement attachés à la Bible : ils affirment la divinité de Jésus-Christ.

Puis toutes les confessions de foi des Eglises issues de la Réforme, et pour lesquelles la Bible est la seule autorité en matière de foi, reconnaissent la divinité du Christ. Ainsi la confession de foi d’Augsbourg (1530), de la Rochelle (1559), belge (1561), des Pays-Bas (1571), de Westminster (1647)…

Mais dès que les théologiens se sont écartés de la Révélation en se livrant à des spéculations philo­sophiques, ils ont achoppé à la pierre d’achoppement : Dieu manifesté en chair.

C’était le cas de Sabellius et de Samosate vers 275, puis d’Arius vers 300, d’Abelard (1079-1142), de Lellio Sozzini dit Socin (1525-1562), de Michel Servet (1511-1553), des Unitariens anglais du XVIIIe siècle, des Russelistes (devenus plus tard les Témoins de Jéhovah) au XIXe siècle, des Théologiens modernes…

Le retour à la Bible comme seule et unique auto­rité conduit, au contraire, à la reconnaissance de la divinité de Jésus-Christ.

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Notes

[1] Théologien et prêtre chrétien du 3ème siècle. Il soutenait une interprétation du dogme chrétien de la Trinité, appelée modalisme, selon laquelle, puisque Dieu est indivisible, le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont trois modes d’un même Être.

[2] Paul de Samosate est un religieux chrétien du 3ème siècle, originaire de Samosate (actuellement en Turquie). En 260, il fut élu évêque d’Antioche. En 268, il est condamné par le concile d’Antioche de 269 comme hérétique, et il fut déposé. Il fallut attendre 272 et l’intervention de l’empereur romain Aurélien pour que l’évêque Timée puisse occuper le siège apostolique.

[3] Arius (256 – 336) est un prêtre, théologien et ascète chrétien. Il est à l’origine de la doctrine qui porte son nom, l’arianisme : l’arianisme défend la position que la divinité du Très-Haut est supérieure à celle de son fils fait homme.

[4] Athanase d’Alexandrie (vers 298 – 373) est un Patriarche d’Alexandrie au 4ème siècle.

[5] L’apologétique est un champ d’études théologique ou littéraire consistant en la défense systématique d’une position. Un auteur s’engageant dans cette démarche est appelé un « apologiste » ou un « apologète » (ce dernier terme ayant une connotation plus religieuse).

[6] Théophore est le deuxième prénom d’Ignace et signifie : porteur de Dieu.