J.C. pour les croyants des 1er siècles

Le témoignage de la Bible seule est suffisant pour établir la divinité de Jésus-Christ. Mais si nous mentionnons quelques autres documents datant des premiers siècles, c’est pour démontrer que la foi des premiers chrétiens avait effectivement pour objet Christ, Dieu incarné, et cela bien avant toute formulation dogmatique.

Nous n’insisterons pas sur les évangiles apocryphes tout imprégnés de merveilleux, mais demeurant le fruit d’imaginations incontrôlées. Cependant, eux aussi affirment explicitement la divinité de Christ. Les écrits auxquels nous nous adresserons seront des écrits religieux, mais qui n’ont pas été écrits dans un souci apologétique. Ils traduisent tout simplement la foi de l’Eglise primitive. Ce n’est qu’à l’époque de Sabellius[1] et de Samosate[2] (vers 275), puis d’Arius[3] que les écrits sur la divinité du Christ (Athanase[4] 295 à 373) deviennent apologéti­ques[5].

Non seulement les historiens, mais aussi les croyants proclament la divinité du Christ, et cela bien avant la formulation de la doctrine trinitaire.

Voici quelques déclarations de croyants :

Il serait utile d’explorer tous les textes de l’Eglise primitive. Ils ne feraient que confirmer ce que ces quelques citations affirment.

  1. La Didaché

La Didaché (ou doctrine des douze apôtres) date du 1er ou du 2nd siècle. Certains la datent des années 70 à 90, d’autres des années 120 à 160, voire 200. Cet ouvrage s’occupe de morale, de discipline et de liturgie, et ne contient aucun exposé doctrinal. Mais on y retrouve la formule baptismale trinitaire de Matthieu 28 :19 (VII. 1-4). D’autre part, en parlant du retour du Christ, la Didaché (XVI. 7) cite Zacharie 14 : 5, qui parle de l’avènement de l’Eternel.

  1. L’épître de Barnabé

 Cette épitre daterait des années 96 à 98 ou 117 à118. Comme le Nouveau Testament, l’épître de Barnabé accorde au Fils tous les attributs de la divinité : la création (V. 5; VI. 12; XII. 7), l’inspiration des prophètes (V. 6), le jugement à venir (VII. 2), la résurrection (V. 5-7). Le Christ y est dépeint comme le Seigneur, auteur de l’Ecriture, et manifesté dans la chair (V. 6, 10, 12). Pour l’épître de Barnabé, le « faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance » de Genèse 1 : 26, est bien un dialogue entre le Père et le Fils (VI. 12).

  1. La première épître de Clément

 Cette épître date des années 92 à 98. Elle mentionne, côte à côte les trois personnes de la divinité: « N’avons-nous pas un même Dieu, un même Christ, un même Esprit de grâce ? » (XLVI. 6 ; LVIII. 2). Pour cette épître aussi, l’inspirateur des Ecritures est Christ. En XXII. 1, Clément écrit: « Le Christ, en effet, nous invite par l’organe du Saint-Esprit :  Venez, mes fils, écoutez-moi! Je vous enseignerai la crainte du Seigneur » (Ps. 34:12). Ainsi, Christ est identifié au Père.

  1. La seconde épître de Clément

 C’est une homélie composée au milieu du 2nd siècle. Elle parle de Jésus-Christ comme de celui « que nous devons considérer comme Dieu, comme le juge des vivants et des morts » (I. 1); il y est aussi qualifié de « Dieu médecin » (IX. 7). De plus, la parole de Jésus y est appelée « parole de Dieu » (XIII. 3). De même le texte d’Esaïe 29:13 où c’est le Seigneur qui parle, est mis, par cette épître, dans la bouche de Jésus (III. 5), et la parousie de Jésus y est appelée « jour de la manifestation de Dieu » (XII. 1).

  1. Ignace d’Antioche

 Ignace d’Antioche est mort martyr en 107. Voici quelques unes de ses paroles lors de son procès :

Empereur Trajan : Es-tu celui qui, semblable à un démon pernicieux, persévère à contrevenir à mes ordres, et entraîne les hommes dans la perdition ?

Ignace:    Que personne n’appelle Théophore[6] un démon pernicieux.

Trajan:       Et qui est Théophore ?

Ignace:    Celui qui porte le Christ dans son cœur…

Trajan:       Portes-tu en toi celui qui a été crucifié ?

Ignace:    Oui, car il est écrit : j’habiterai en eux et je marcherai avec eux. (Ici, Ignace applique à Christ le texte de Il Corinthiens 6:16 qui reproduit les paroles de l’Eternel en Lévitique 26:11 et 12)

Dans sa prière, Ignace disait :

«Je suis le froment de Dieu; que je sois moulu par la dent des bêtes pour devenir le pain dur du Christ… Permettez-moi d’imiter les passions de MON DIEU ».

Mais dans ses écrits aussi, il avait défendu la même doctrine:

« Il n’y a qu’un seul médecin à la fois chair et esprit. Dieu fait chair.., né de Marie et de Dieu… Jésus-Christ, notre Seigneur » (Eph. VII. 2). « Il est un, sorti du Père un, tout en lui restant uni, et est retourné à lui » (Magn. VII. 2). « … en nous retrempant dans le sang de Dieu (Ep 1 : 1). « …(Jésus-Christ) au-dessus duquel il n’y a rien » (Magn. VIL. 1). « Notre DIEU, JESUS-CHRIST, a été, selon le plan divin, porté dans le sein de Marie, issu du sang de David et aussi du Saint-Esprit » (Eph. XVIIL. 2). 

  1. Polycarpe

Ses épîtres dateraient des années 107 à 111. Polycarpe, disciple immédiat de l’apôtre Jean, est mort martyr en 155 ou 156. Dans ses épîtres, de même que dans le « martyre de Polycarpe » écrit peu de temps après sa mort, les doxologies trinitaires abondent. Mais voici un texte qui établit clairement que les premiers chrétiens vouaient leur adoration à Christ. « Les Juifs ignoraient que jamais nous ne pourrons ni abandonner le Christ,.., ni rendre un culte à un autre : car Lui, nous L’adorons, parce qu’Il est Fils de Dieu » (Mart. de Pol. XVII. 2, 3).

  1. Le Pasteur d’Hermas

Le Pasteur d’Hermas, ouvrage du milieu du 2nd siècle, n’est pas une apologétique mais une collec­tion de Cinq Visions, de Douze Préceptes et de Dix Similitudes. Ces dernières accordent aussi à Christ tous les attributs divins (IX. 12/2 – 14/5).

  1. Théophile d’Antloche

Né au début du 2nd siècle, mort en 190, Théophile d’Antioche nous est connu par ses livres à Autolique.

Dans son deuxième livre à Autolique (Chap. 22), il appelle Christ: « Dieu issu de Dieu ».

  1. Justin le martyr

Justin le martyr répond en 163 à Ruscus :

« Nous croyons que Jésus-Christ, l’enfant de Dieu, est le Seigneur ; annoncé par les prophètes comme devant assister la race des hommes ; messager du salut et maître du beau savoir, moi qui ne suis qu’un homme, je suis trop petit, je l’avoue, pour parler dignement de sa divinité infinie ».

  1. Hiérax

 Hiérax, vers la même époque que Justin, affirme devant Rusticus:

« Notre Père véritable : c’est le Christ ».

  1. Clément d’Alexandrle

Mort avant 215, Clément d’Alexandrie, dans la Prière au Divin Pédagogue, qualifie Jésus de « Père et Fils tout à la fois ».

  1. Maximillen

En 295, près de Carthage, à Théveste, Maximilien, fils de Fabius Victor, jugé pour refus de servir dans l’armée, répondit à Diu le proconsul : « Je n’ai que faire de votre signe ; je porte déjà le signe de Christ, mon Dieu ».

  1. Le martyr Euplius

 En 304, à Catane en Sicile, le martyr Euplius répond au gouverneur qui lui demande de sacrifier aux idoles pour avoir la vie sauve : « Je sacrifie. Mais c’est moi-même que j’offre au Christ-Dieu ».

Conclusion

Ce n’est donc ni Tertullien (155-222), ni le synode d’Alexandrie (317), ni le concile de Nicée (325) ou de Constantinople (381) qui imposèrent la doctrine de la divinité de Jésus-Christ. Elle découlait des Saintes Ecritures. Ces quelques données historiques en sont la preuve manifeste.

De plus, depuis les temps primitifs jusqu’aux temps actuels, la divinité du Christ n’a jamais été mise en doute par les croyants bibliques.

Citons les Vaudois (vers 1100), excommuniés et persécutés, mais fermement attachés à la Bible : ils affirment la divinité de Jésus-Christ.

Puis toutes les confessions de foi des Eglises issues de la Réforme, et pour lesquelles la Bible est la seule autorité en matière de foi, reconnaissent la divinité du Christ. Ainsi la confession de foi d’Augsbourg (1530), de la Rochelle (1559), belge (1561), des Pays-Bas (1571), de Westminster (1647)…

Mais dès que les théologiens se sont écartés de la Révélation en se livrant à des spéculations philo­sophiques, ils ont achoppé à la pierre d’achoppement : Dieu manifesté en chair.

C’était le cas de Sabellius et de Samosate vers 275, puis d’Arius vers 300, d’Abelard (1079-1142), de Lellio Sozzini dit Socin (1525-1562), de Michel Servet (1511-1553), des Unitariens anglais du XVIIIe siècle, des Russelistes (devenus plus tard les Témoins de Jéhovah) au XIXe siècle, des Théologiens modernes…

Le retour à la Bible comme seule et unique auto­rité conduit, au contraire, à la reconnaissance de la divinité de Jésus-Christ.

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Notes

[1] Théologien et prêtre chrétien du 3ème siècle. Il soutenait une interprétation du dogme chrétien de la Trinité, appelée modalisme, selon laquelle, puisque Dieu est indivisible, le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont trois modes d’un même Être.

[2] Paul de Samosate est un religieux chrétien du 3ème siècle, originaire de Samosate (actuellement en Turquie). En 260, il fut élu évêque d’Antioche. En 268, il est condamné par le concile d’Antioche de 269 comme hérétique, et il fut déposé. Il fallut attendre 272 et l’intervention de l’empereur romain Aurélien pour que l’évêque Timée puisse occuper le siège apostolique.

[3] Arius (256 – 336) est un prêtre, théologien et ascète chrétien. Il est à l’origine de la doctrine qui porte son nom, l’arianisme : l’arianisme défend la position que la divinité du Très-Haut est supérieure à celle de son fils fait homme.

[4] Athanase d’Alexandrie (vers 298 – 373) est un Patriarche d’Alexandrie au 4ème siècle.

[5] L’apologétique est un champ d’études théologique ou littéraire consistant en la défense systématique d’une position. Un auteur s’engageant dans cette démarche est appelé un « apologiste » ou un « apologète » (ce dernier terme ayant une connotation plus religieuse).

[6] Théophore est le deuxième prénom d’Ignace et signifie : porteur de Dieu.

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