L’adoration de Jésus

L’adoration est le culte suprême rendu à Dieu, qui seul y a droit, Jésus le rappelle :

 

« Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul » (Mt 4 : 10).

 

Ni les hommes, ni les anges n’ont droit au prosternement qui extériorise cette adoration. Aussi Pierre releva-t-il Corneille qui s’était prosterné devant lui (Ac 10 : 25 et 26). Paul et Barnabas s’indignèrent contre les habitants de Lystre qui voulurent leur offrir un sacrifice (Ac 14 : 13 à 15) ; l’ange de l’Apocalypse lui aussi refusa l’hommage de Jean (Ap 19 : 10 ; 22 : 9) et lui ordonna : « Adore Dieu ».

 

A la déclaration de Dieu en Esaïe : « Tout genou fléchira devant moi » (Es 45 : 23), correspond celle de l’apôtre Paul en Philippiens : « Qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre » (Ph 2 : 10).

 

Pour le Nouveau Testament, l’adoration due à Dieu seul est aussi due au Christ qui s’est laissé adorer de son vivant et après sa résurrection.

Dieu adoré
Mt 4 : 10 *
Lc 4 : 8*
Jn 4 : 23*
Ac 8 : 27*
Ac 24 : 11*
1 Co 14 : 25*
Ep 3 : 14

 

Christ adoré
Mt 2 : 11*
Mt 8 : 2*
Mt 9 : 18*
Mt 14 : 33*
Mt 15 : 25*
Mt 17 : 14
Mt 20 : 20*
Mt 28 : 9*
Mt 28 : 17*
Mc  1 : 40
Mc  3 : 11
Mc  5 : 6*
Mc  10 : 17*
Lc  24 : 52
Jn  5 : 23
Jn  9 : 38*
Ph  2 : 10
Hb  1 : 6
Ap  5 : 8

Dans la plupart de ces textes (ceux qui sont marqués d’un astérisque *) les Ecritures utilisent le verbe grec « proskuneo » qui se traduit par adorer. Mais les traducteurs du Monde Nouveau (Témoins de Jéhovah) n’utilisent ce verbe que si l’objet de l’adoration est Dieu. Mais quand ce verbe a pour objet Jésus-Christ, ces traducteurs utilisent l’expression rendre « hommage ». Pour quelles raisons introduisent-ils ce changement dans la traduction du même mot ?

 

Ajoutons que le service à Dieu seul selon Matthieu 4 :10 est aussi revendiqué par Jésus (Jn 12 : 26).

 

Le Christ ne réclame pas seulement l’adoration et la foi, mais aussi les prières dont il promet l’exau­cement (Jn 14 : 13 et 14 ; 1 Jn 5 : 14 et 15).

Prière à Dieu
Mt 6 : 9
Ep 3 : 14
Jc 1 : 5
1 Pi 1 : 17

 

Prière à Christ
Mt  8 : 2
Mt  8 : 25
Lc  5 : 8
Lc  0,9875
Jn  15 : 7
Jn  20 : 28
Ac  7 : 59
Ac  9 : 13
Ac 9 : 21
Ac 22 : 18
Rm  10 : 13
1 Co  1 : 2
2 Ti 2 : 22
Ap  5 : 8

Le Nouveau Testament invite d’autre part à prier au nom de Jésus-Christ, dans de nombreux passa­ges : Jn 15 : 16, 16 : 23 et 24 ; Col 3 : 17…

Jésus-Christ le Créateur

Dans le Nouveau Testament, la création et la conservation du monde sont tantôt attribuées Dieu, tantôt à Christ.

Dieu

Actes            14:15

Actes            17:24-28

Rom.              11:36

Eph.               3:9

Hb                  3:4; 11:3

Ap                 4:11; 10:6

Christ

Jean           1:3, 4

Col.             1:12,17

Hébr.         1:2, 3

Hébr.         1:10

Hébr.         3:1-4

Ps.              33:4-6

Certains détracteurs de la divinité de Jésus-Christ le considèrent, nonobstant ces textes néotestamentaires, seulement comme la première création de Dieu à qui l’Eternel aurait délégué le pouvoir de créer le reste de l’univers. Jésus-Christ ne serait que le « maître-ouvrier » de Dieu. Or, ni le Nouveau Testa­ment, ni l’Ancien ne permettent de soutenir une telle doctrine. Jamais la création du monde n’est attri­buée à un « maître-ouvrier ». La première page de la Bible ignore sa création. Au contraire, l’Eternel déclare solennellement être le créateur et l’unique créateur :

« …Moi l’Eternel, l’ai fait toutes choses, seul j’ai déployé les cieux, seul j’ai étendu la terre. » (Es. 44 :24)

 

Certains traduisent ce texte ainsi : « Je suis l’Eternel, l’auteur de toute chose,je déploie les cieux à moi seul, j’étends la terre, et personne ne me seconde. » (Voir aussi Mal. 2:10; Es. 45:12,18; Jér. 51:15, 19)

 

En réalité, la doctrine du « maître-ouvrier » tire son origine d’une traduction controuvée du mot hébreu « amon » de Proverbes 8:30. « J’étais à ses côtés comme le maître d’œuvre. » (La Bible de Jérusalem). La fragilité de cette doctrine apparaît par la comparaison des traductions fort divergentes de ce mot « amon ».

 

Authorized Version: as one brought up with him (élevé avec lui).

Bruns: Kùnstlerin (artiste)

Darby: nourrisson

Dhorme: architecte

Elberfeld:            Schoskind (petit enfant)

Jérusalem: maître d’oeuvre

Luther: Werkmeister (maître d’oeuvre)

Maredsous: artisan (en note: nourrisson)

Osty: un enfant chéri

Segond: à l’oeuvre auprès de lui

Schlachter: Werkmeister (maître d’oeuvre)

Synodale: ouvrière

Buber-Rosenweig: Pflegeling (nourrisson)

Cahen: élève

Philippson: Pflegeling (nourrisson)

Septante: à l’oeuvre auprès de lui

Soncino Book (Dr. A. Cohen): nursing (nourrisson)

Tur-Sinaï: Warter (gardien)

Zadok Kahn:  habile ouvrière

Zunz: Pflegeling (nourrisson)

 

En outre, dans l’Ancien Testament, le sujet du verbe « bara » (créer), et que l’on rencontre une cinquantaine de fois, est toujours Dieu. Dans le Nouveau Testament la création est attribuée à la fois à Dieu et à Christ, ce qui identifie Christ à Dieu.

 

Cette identification apparaît aussi par la comparaison de textes de l’Ancien Testament où la création est attribuée à la fois au Père, à la Parole de l’Eternel et à l’Esprit de Dieu.

 

N’avons-nous pas tous un seul Père? N’est-ce pas un seul Dieu qui nous a créés? (Mal. 2:10)

 

Les Cieux ont été faits par la Parole de l’Eternel (Ps 33:6).

 

L’Esprit de Dieu m’a créé (Job 33:4).

 

Nonobstant ces textes, et malgré l’absence de textes explicites, les Témoins de Jéhovah persistent à soutenir que Jésus-Christ est la première création de Dieu, Lui refusant ainsi la divinité et l’éternité. Ils se basent sur un certain nombre de textes qu’il convient de lire à la lumière d’une saine exégèse.

 

Le premier de ces textes est Proverbes 8. 22 :

« L’Eternel m’a créée la première de ses oeuvres, avant ses oeuvres les plus anciennes ». Selon cette traduction, la Sagesse, dont il est question ici, n’aurait pas d’existence éternelle. En fait, la traduction conforme de ce passage est: « L’Eternel m’a possédée au commencement de sa voie, antérieurement à ses œuvres ». Le verbe hébreu « qanah » signifie en effet aussi posséder, et ce même sens lui est donné par Darby en Genèse 14:19; 14: 22; Psaume 139 :13. Il est bien différent de « bara », créer, que l’on rencontre, par exemple, en Genèse 1:1.

 

La Vulgate, les versions grecques d’Aquila, de Symmaque et de Théodocien mettent de même « posséder » en Proverbes 8 :22, et non « créer » (que l’on rencontre cependant dans la Septante et la Peshitta).

 

En fait, peut-on concevoir que la Sagesse de Dieu eût un commencement?

 

Dieu serait-Il perfectible? Comme la Bible Lui attribue l’immutabilité (Ps. 102: 28; Jacques 1:17), la Sagesse de Dieu est aussi éternelle que Lui-même.

 

D’ailleurs, le verset 23 du chapitre 8 du Livre des Proverbes précise le sens à attribuer au verset précédent : « J’ai été établie (ointe) depuis l’éternité, dès le commencement, avant l’origine de la terre. »

 

En Colossiens 1:15, Christ est qualifié de premier-né de toute la création. Quel est le sens de ce mot premier-né? On le rencontre aussi en Romains 8 :29; Colossiens 1:18; Apocalypse 1:5, de même qu’en Psaume 89 :28; Jérémie 31:9; Exode 4:22 (où les Septante utilisent le même mot grec que le Nouveau Testament: protokokos). Or, dans tous ces passages, il sert incontestablement à désigner la priorité et la supériorité et non pas seulement une antériorité temporelle. Le premier-né de la création signifie ainsi: le plus haut, le privilégié, voire l’artisan, l’auteur de la création. Le contexte de Colossiens 1 :15 d’ailleurs ne laisse aucun doute: Christ y est désigné comme l’image visible du Dieu invisible (1 :15) et comme le créateur et le soutien de l’univers (1 :16, 17).

 

Un autre passage, souvent avancé, est Apocalypse 3 :14 où Jésus se nomme « le commencement de la création de Dieu ». Or, le mot « archè », ici traduit par « commencement », doit se rendre par origine, chef, principe. En effet, ce même terme archè est utilisé pour qualifier un attribut de Dieu en Apocalypse 21:6 et 7.

 

D’autre part, il faut mettre l’accent sur le fait que Jésus est à la fois le Fils de l’homme et le Fils de Dieu; il détient donc une double nature. Comme « Parole », il est avec Dieu et en Dieu, de toute éternité. Comme « homme », il appartient à la création et est né dans le temps. Or certains textes de l’Ecriture présentent surtout l’aspect humain, d’autres surtout l’aspect divin, il convient de les discerner et de n’en écarter ni les uns, ni les autres.

Relations entre le Messie et Dieu

Les relations entre le Messie et l’Eternel revêtent une importance primordiale pour qui veut connaître la nature du Messie. Laissons-nous guider par les textes.

a- David l’appelle « mon Seigneur ».

Parole de l’Eternel à mon Seigneur : Assieds-toi à ma droite. Jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis ton mar­chepied. (Ps 110 : 1)

b- Le «compagnon ».

Epée lève-toi sur mon pasteur et sur l’homme qui est mon compagnon ! (Zc 13 : 7)

c –Dieu l’appelle aussi son «Fils »

Je publierai le décret: L’Eternel m’a dit: Tu es mon Fils Je t’ai engendré aujourd’hui. Baisez le Fils, de peur qu’il ne s’irrite, et que vous ne périssiez dans votre voie, Car la colère est prompte à s’enflammer. Heureux tous ceux qui se confient en lui! (Ps 2 : 7, 12)

Ce verset est souvent mal traduit ou mal inter­prété. Ainsi certains traduisent par pied[1], par pureté[2] ou encore par élu[3] . Le mot hébreu bar qu’il convient de traduire par « fils » comme l’ont fait des Bibles en allemand et la Bible du Rabbinat, ainsi que la plupart des traducteurs chrétiens.

  • Protège ce que ta droite a planté, et le fils que tu tes choisi !… Que ta main soit sur l’homme de ta droite, sur le fils de l’homme que tu t’es choisi ! (Ps 80 : 16 et 18).
  • Qui est monté aux cieux, et qui en est descendu ? Qui a recueilli le vent dans ses mains ? Qui a serré les eaux dans son vêtement ? Qui à fait paraître les extrémités de la terre ? Quel est son nom, et quel est le nom de son fils? Le sais-tu? – (Pr 30 : 4) Voir aussi Es 9 : 6, Zc 12 : 10).

d- Il est encore appelé « germe »  de l’Eternel

 Le mot Tsemakh (germe) a la signification de fils, descendant de même nature. En Jérémie 23 : 5 et 33 : 15 ce mot désigne le descendant juste de David.

  • Ecoute donc, Josué, souverain sacrificateur, toi et tes compagnons qui sont assis devant toi — Car ce sont des hommes qui serviront de signe — Voici, je ferai venir MON serviteur, le GERME- Zc 3 : 8).
  • En ce temps-là, le germe de I’Eternel aura de la magnificence et de la gloire, et le fruit du pays aura de l’éclat et de la beauté pour les réchappés d’Israël (Es 4 : 2).

Dans ce verset la version des Septante a remplacé l’expression germe de l’Eternel, par Dieu… Cette substitution revenait à attribuer au germe la divi­nité.

e- Dieu se qualifie Lui-même de Messie

 Dans le livre d’Esaïe, Dieu se nomme « le seul Dieu juste qui sauve » (Es 45 : 21). « Qui sauve » est la traduction du verbe yasha’ mais dans sa conjugaison on retrouve le mot mashiah, messie ; ainsi on peut traduire la fin du verset ainsi : « je suis le seul Dieu juste et (le) Messie ».

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Notes :

[1] JE : Traduction de l’Ecole Biblique de Jérusalem

[2] Traductions allemandes de la Bible

[3] La Bible, traduction par S Cahen, 1831 à 1851