Le silence de Flavius Josephe au sujet de Jésus

A considérer les compatriotes de Jésus parmi les­quels se déroula sa vie humaine et à recueillir leurs témoignages, on n’est pas plus avancé et l’on se heurte même à une nouvelle énigme. Les Juifs du temps du Christ ont eu plusieurs écrivains. A Alexan­drie vivait le philosophe Philon[1], néo-platonicien, dont nous possédons une cinquantaine de traités, né quelque vingt ans avant Jésus, mort environ vingt ans après, il est son exact contemporain. Nulle part, pourtant, il ne prononce son nom. Sans doute cet intellectuel raffiné, représentant typique de la Diaspora juive de haute culture, dont l’horizon était tout hellénique et romain, n’avait-il aucune curiosité pour les faits et gestes d’un de ces agitateurs populaires comme les derniers temps d’Israël en avaient compté un bon nombre.

Un Galiléen, compatriote de Jésus, né à peu près au moment où celui-ci mourait, Juste de Tibériade[2], avait écrit une Chronique, qui allait de Moïse aux jours d’Hérode Agrippa 2, c’est-à-dire vers 100 de notre ère. Son oeuvre est perdue, mais on sait qu’il n’y parlait pas de Jésus, de ce Jésus dont la prédication, cependant, venait de remuer son peuple. L’explication de ce silence, l’historien byzan­tin du 9ème siècle, Photius[3], qui avait lu cette Chro­nique, l’a sans doute bien formulée « Juif de race, infecté de préjugés juifs, Juste ne fait nulle mention de la venue du Christ, des événements de sa vie, ni de ses miracles. » Il est vrai qu’il y a des silences intentionnels, et révélateurs.

Celui de Flavius Josèphe pourrait bien avoir le même sens. C’est un historien considérable que Josèphe. Ses Antiquités Hébraïques sont, sous quel­ques réserves, infiniment précieuses pour compléter les indications de l’Ancien Testament sur la destinée d’Israël. Sa Guerre juive, publiée vers 77, c’est-à-dire très peu de temps après la catastrophe où s’écroula pour jamais le peuple élu, est un document inesti­mable. L’homme est peu sympathique. Membre de cette aristocratie sacerdotale dont l’opportunisme s’accommodait fort bien du joug romain, c’est un vaniteux, un satisfait et son échine a trop de sou­plesse. Il nous a raconté sur lui-même force détails très édifiants qu’à treize ans, il était déjà si fort en théologie que les Rabbis de Jérusalem l’appe­laient en consultation; qu’à seize ans, exalté par la ferveur, il avait fui au désert, macérant son corps dans l’ascèse et se mettant à l’école de l’austère ermite Bannous[4]. En fait, bien vite, il alla à Rome, y noua d’utiles amitiés. Quand la suprême guerre des Juifs commença en 66, il y assura un commandement, mais de telle façon que certains l’accusent d’avoir contribué à la défaite… Il y a en particulier une histoire de place forte assiégée, de combattants décidant de s’entre-tuer pour ne pas tomber aux mains des légionnaires, de sort désignant Josèphe comme le dernier survi­vant et, pour finir, de reddition, qui a une odeur bien suspecte. Toujours est-il que ce général juif termina la guerre comme ami personnel de son vainqueur, à qui il avait prédit qu’il serait un jour empereur. Il ajouta le nom de son maître, Flavius, au sien propre, tout comme un esclave affranchi et, flagor­neur jusqu’à l’abject, n’hésita pas à écrire que le vrai Messie attendu par Israël était, incontestable­ment, Vespasien[5].

Il  ne faut pas perdre de vue les traits de ce carac­tère si l’on veut s’expliquer ce « silence de Josèphe » dont il a été tiré tant de commentaires. Ses Anti­quités parurent en 93. Qu’il ait connu le christianisme semble évident. Il a une vingtaine d’années vers 57; l’Église a déjà pris une place importante à Jéru­salem; quand Paul arrive dans la ville sainte, à cette date-là, sa présence détermine une émeute (Ac 12 et 26) et il est arrêté. Le futur historien n’a-t-il pas eu vent de cet épisode ? Quand Josèphe est à Rome, en 64, la persécution de Néron va commencer. Introduit dans les milieux influents par son ami l’acteur juif Alityrus[6], n’a-t-il rien entendu des discussions sur le Christ qui pas­sionnaient toute la communauté juive et même les sympathisants qu’Israël avait en haut lieu ?

Deux personnages contemporains de Jésus sont cités par Josèphe Jean-Baptiste dont il raconte la prédication et le supplice dans des termes parfaite­ment exacts ; et Jacques, dont il narre la lapidation et qu’il désigne ainsi « Le frère de Jésus, surnommé le Christ. » Mais, à s’en tenir aux textes indiscutés, il n’y a dans son oeuvre aucune autre allusion au Christ.

Le problème se complique du fait qu’au livre 15, chapitre 3 des Antiquités, on peut lire un passage singulier où Josèphe parle du Christ. « A cette époque parut Jésus, homme sage, s’il faut l’appeler homme. Car il accom­plit des choses merveilleuses, fut le maître de ceux qui reçoivent avec joie la vérité, et il entraîna beaucoup de Juifs et aussi beaucoup de Grecs. Celui-là était le Christ. Sur la dénonciation des premiers de notre nation, Pilate le condamna à la croix ; mais ses fidèles ne renoncèrent pas à leur amour pour lui ; car le troisième jour, il leur apparut, ressuscité, comme l’avaient annoncé les divins prophètes, ainsi que mille autres merveilles à son sujet. Encore aujourd’hui subsiste la secte qui, d’après lui, a reçu le nom de Chrétiens. » Il suffit de lire ce passage pour se convain­cre que si Josèphe l’a réellement écrit, il signe par là son adhésion au christianisme. Aussi, depuis des siècles, ces cinq lignes provoquent-elles de sévères discussions. Les uns font remarquer qu’elles rompent le fil du discours ; les autres ripos­tent que le style est exactement celui de Josèphe. On invoque Eusèbe[7], qui, au début du 4ème siècle, connaissait ce texte et l’acceptait ; mais l’adversaire répond que les premiers Pères de l’Église, Origène, par exemple, l’ignoraient et disaient même que Josèphe n’avait pas cru que Jésus fût le Messie.

Si l’on rejette ces dix lignes, le silence de Flavius Josèphe est impressionnant. Il est incontestablement voulu. Sans aller jusqu’à dire avec Pascal : « Joséphe cache la honte de sa nation … »[8], ni soutenir avec paradoxe que ce mutisme démontre l’existence de Jésus, car on ne hait que ce qui est, on peut, par ce que nous connaissons du personnage, deviner pourquoi il s’est tu. Il sait trop ce qu’il doit à sa carrière et à sa réputation !


Notes :

[1] Philon d’Alexandrie (vers -12 – vers +54) est un philosophe juif hellénisé né à Alexandrie. Les rares détails biographiques le concernant se trouvent dans ses propres œuvres, en particulier Legatio ad Caium (Ambassade chez Caligula) et chez Flavius Josèphe.

[2] Historien juif que nous ne connaissons que par un écrit rédigé expressément contre lui : l’Autobiographie (Vita) de son rival Flavius Josèphe. Juste, fils de Pistus, fut l’un des chefs du soulèvement galiléen contre les Romains durant la guerre juive de 66-70.

[3] Photios ou Photius, patriarche de Constantinople (858-867 puis 877-886), fut un érudit et un homme d’État byzantin, né vers 810, mort après 893. Les Latins l’ont longtemps décrit comme le principal responsable du schisme du IXe siècle.

[4] « Je connais sa réputation, c’est un ascète, un homme saint qui se contente pour vêtements de ce que lui offrent les arbres, se nourrit des produits de la terre, et par souci de pureté pratique des ablutions jour et nuit. » (Citation de « Un juif dans l’Empire romains » de Flavius Josephe)

[5] Vespasien (17 novembre 69 – 23 juin 79) est un empereur romain.

[6] L’acteur juif Alityrus fut le favori de Néron, et utilisé par Poppaea Sabina, la maîtresse puis la femme de Néron, pour demander l’extermination « de la secte des chrétiens ». C’est d’ailleurs certainement elle qui fut à l’origine de l’atroce persécution de l’an 64 qui aurait coûté la vie à Pierre et à Paul.

[7] Eusèbe Pamphile de Césarée (vers 265–339) est un évêque, un théologien et un historien de l’Église du début du IVe siècle.

[8] Pensées, 629

Pourquoi le silence des contemporains de Jésus ?

Si, à tout instant, la vie du Christ pose à qui l’étudie l’énigme de la nature divine transfigurant le carac­tère humain, il n’en est pas moins permis de la consi­dérer comme on ferait de tout personnage historique, puisque le fait même de cette vie est le témoignage premier de la Révélation. Mais comment connaissons-nous l’homme que fut Jésus ? On a trop souvent majoré les difficultés qu’opposent à notre documentation les diverses sources, et trop de chrétiens, leurrés par les assertions d’une critique prétendue « libre », ne mesu­rent pas assez la solidité des bases sur lesquelles s’édifie leur foi.

Le cadre où a vécu Jésus est éminemment histo­rique ; les textes ne le situent pas dans un temps légendaire, aux horizons d’un passé nébuleux, comme font les traditions touchant Orphée[1], Osiris[2] ou Mithra[3]. L’Empire romain du 1er siècle nous est connu avec une précision remarquable. Durant la vie terrestre de Jésus, de grands écrivains dont nous possédons l’œuvre ont produit des ouvrages : Tite-Live[4], Sénè­que[5]. Quant à Virgile[6], s’il n’était pas mort à cinquante et un ans, aurait pu le voir enfant. D’autres, Plu­tarque[7], Tacite[8], sont de la génération qui suit immé­diatement la sienne.

Mieux : un très grand nombre de personnages que mettent en scène les récits concernant Jésus sont éclairés par d’autres documents d’histoire. Ceux, par exemple, que cite Luc[9] dans son évangile au début du chapitre 3 : Tibère, Ponce Pilate, Hérode, Philippe, les grands prêtres Anne et Caïphe, et Jean Baptiste, dont Flavius Josèphe a rapporté l’apostolat et la mort. Et ce n’est pas tout ; les mœurs, les habitudes, tout cet ensemble de compor­tements qui date si bien une existence humaine sont, pour ce qui le regarde, exactement semblables a celles que nous pouvons observer en étudiant ses contemporains.

Voilà donc un homme dont l’action se situe dans un milieu politique et social parfaitement étudié. Serait-il possible que tous les récits le concernant, s’ils étaient mythiques, fussent exacts quant au cadre ? Il faudrait supposer que les évangélistes et les apôtres étaient tous des spécialistes du roman historique, et que, partant de documents d’ailleurs différents, ils ont pu reconstituer une figure qui, à travers toute leur oeuvre, conserve une parfaite unité.

Pourtant, ici apparaît un écueil. Les grands contem­porains de Jésus ont-ils parlé de lui ? Non. La chose n’a rien de surprenant, si l’on replace dans ses justes perspectives un événement qui nous paraît immense par les conséquences qu’il eut. Nous avons peine à admettre que la vie, l’enseignement et la mort du Christ n’aient pas eu un retentissement tel que les bases du monde en dussent être, à l’heure même, ébranlées. En fait, cette histoire n’eut pas plus d’importance pour le citoyen de Rome vivant sous Tibère, qu’en aurait pour nous l’apparition de quelque obscur prophète à Madagascar ou à la Réunion.

Les pièces officielles de l’administration romaine gardent-elles trace de son existence ? On conservait à Rome deux sortes d’archives les « Acta senatus », comptes rendus des séances sénatoriales, et les « Commentarii principis » où étaient rassemblées toutes les correspondances envoyées au « Prince » età l’empe­reur. Nul résumé d’une délibération concernant le christianisme au Sénat. Y eut-il un rapport adressé à Tibère par Ponce Pilate sur l’affaire Jésus ? C’est pro­bable, mais nous ne l’avons pas. Justin, le martyr, écrivant vers 150 une « Apologie du Chris­tianisme » qu’il adresse à l’empereur Antonin le Pieux et à son fils Marc-Aurèle[10], fait allusion à ces « Actes de Pilate », sans que, d’après son texte, on puisse comprendre s’il les a connus, ou s’il les a supposés ; la seconde hypothèse semble plus vraisemblable, Tacite nous disant que les archives impériales étaient secrètes et que nul n’était admis à les consulter. Cinquante ans plus tard, Tertullien[11], le polémiste africain, considère que la phrase de Justin vaut affirmation et déclare que le jugement et la mort de Jésus avaient été rapportés par Pilate à Tibère. Au 4ème siècle, de pieux faussaires, comme il y en eut bon nombre, inventeront ce document, mais, se trompant, mettront le nom de l’empereur Claude à la place de celui de Tibère[12].

Le silence des pièces officielles est-il total ? A l’automne de l’année 111, arrivait dans les provinces de Bithynie[13] et de Pont[14], situées le long de la Mer Noire, avec le titre de légat impérial, un homme de lettres : Pline le Jeune[15]. Une grande partie de son oeuvre littéraire tenant, précisément, dans sa correspondance il garda soigneusement copie des rapports qu’il adressa à son empereur, Trajan[16] ; ainsi le secret des archives impériales fut-il, sur ce point, ouvert à la postérité. C’est un homme sérieux, intelligent, que Pline ; un écrivain ferme, pittoresque, parfois un peu précieux, et un administrateur minu­tieux. Au cours de l’année 112, il envoie à Trajan une lettre détaillée à propos des chrétiens. Il a reçu des dénonciations, il a fait arrêter des membres de la secte. Poussée jusqu’à la torture, en particulier dans le cas de deux « diaconesses », l’enquête n’a rien révélé de coupable : ces gens se réunissent, chantent des hymnes au Christ, s’engagent par ser­ment à n’être ni voleurs, ni menteurs, ni adultères. Aucun mal à cela. Mais les prêtres des dieux se plaignent les temples sont désertés ; les marchands de viande pour les sacrifices ne font plus d’affaires. Quelle conduite le magistrat romain doit-il tenir ? De cette lettre (et de la réponse de Trajan), ce qui apparaît, c’est qu’en ce temps, le Christianisme existait déjà solidement sur le sol d’Asie Mineure, que les Chrétiens d’alors savaient tous qu’ils descendaient du Christ et qu’ils le tenaient pour Dieu[17].

Un peu plus tard, un rescrit de l’empereur Hadrien adressé en l’an 125 au proconsul d’Asie, Minucius Fundanus, confirme le témoignage de Pline. Le prédé­cesseur de Minucius a signalé des abus à l’occasion de divers procès antichrétiens accusations qui provoquent des troubles, dénonciations bassement inté­ressées. Hadrien, empereur sage, décide que les accusateurs devront se présenter eux-mêmes et, s’ils ont accusé calomnieusement, ils seront punis.

Mais 112, 125, ces deux dates sont assez tardives, postérieures de quatre-vingts et quatre-vingt-dix ans à la mort de Jésus. Aucun texte ne donne-t-il des précisions se rapportant à une époque plus proche de l’événement ? Le plus important est de Tacite, c’est-à-dire de l’historien latin sans doute le plus solide, chez qui la sensibilité et l’imagination, pourtant vives, ne font pas entrave à une volonté critique rare en son temps, à une grande honnêteté dans la recherche du document. Tacite, qui écrit ses Annales vers 116, nous parle des Chrétiens à propos de l’incendie de Rome, en 64 « Une rumeur flétrissante attribuait à Néron l’ordre de mettre le feu. Pour y couper court, il supposa des coupables et livra aux tortures les plus raffinées ces hommes détestés pour leurs forfaits que le peuple appelait Chrétiens. Ce nom leur vient du Christ qui, sous le règne de Tibère, fut condamne au supplice par le procurateur Ponce Pilate. Cette secte pernicieuse, réprimée d’abord, se répandait à nouveau non seulement dans la Judée où elle avait pris sa source, mais dans la Ville elle-même… »

Il raconte ensuite les horribles tortures infligées aux Chrétiens et, fort humainement, s’en indigne, mais tout le passage montre qu’il ne connaissait les Chrétiens que par ouï-dire et professait sur eux l’opinion commune. Cette hostilité même rend plus précieuse l’exactitude des deux lignes où il parle du Christ. D’où tenait-il sa documentation touchant Jésus ? Parmi ses sources, Tacite utilise souvent les Histoires de Pline l’Ancien[18], le naturaliste, le philo­sophe, celui-là même qui mourut en 79 pour avoir voulu observer de trop près l’éruption du Vésuve qui ensevelit Pompéi ; Pline l’Ancien, en effet, avait fait partie de l’état-major de Titus lors de la Guerre juive, en 70 ; par son canal et celui de Tacite, ce serait donc une tradition directe, locale, qui serait venue jusqu’à nous.

Un autre historien, contemporain de Tacite, Sué­tone, lui aussi fort habile à utiliser les sources, nomme à deux reprises les Chrétiens dans ses « Vies des Douze Césars » ; dans un passage il confirme les persé­cutions de Néron ; dans un autre il dit que Claude « expulsa de Rome les Juifs, devenus, sous l’impulsion de Chrestus, une cause permanente de désordres ». Le fait de cette persécution est confirmé par Paul dans les Actes des Apôtres. En 52, il rencontra à Corinthe un ménage juif qui avait été ainsi chassé de Rome. Il est assurément très dommage que Suétone ne nous ait rien dit de Jésus à propos de Tibère, mais sa phrase suffit à prouver qu’aux environs de 50, c’est-à-dire moins de vingt ans après la mort du Christ, il y avait à Rome des Chrétiens qui n’hésitaient pas à témoigner de leur foi parmi la communauté juive locale.

A s’en tenir donc aux seuls documents romains, il n’est pas rigoureusement démontrable que le Christ a bien existé, qu’il a été condamné et crucifié sous Ponce Pilate, mais cela paraît hautement probable, et, en tout cas, admis par beaucoup de gens peu de temps après sa mort. Au reste, un dernier témoi­gnage peut être relevé, celui des adversaires. Le terme de chrétien a été, à l’origine, un sobriquet, donné par les païens d’Antioche aux zélateurs du Christ d’où serait-il venu si l’on avait admis que le Christ n’avait pas existé ? Un des polémistes anti­chrétiens du 2nd siècle, Celse[19], dont les attaques étaient si violentes que de grands chrétiens, comme Origène[20], chercheront à les réfuter[21], ne met jamais en doute l’histoire de Jésus telle que nous la connaissons. Il lui eût été facile de dire « Votre Christ, il n’a jamais existé! » Le fait est qu’il ne le dit pas.


Note :

[1] Orphée est un héros légendaire de la mythologie grecque, fils du roi de Thrace Œagre et de la muse Calliope. Il est le fondateur mythique d’un mouvement religieux appelé orphisme.

[2] Osiris est un dieu égyptien, père de Horus, un antéchrist.

[3] Mithra (parfois écrit Mitra) est le dieu de la fécondité issu du zoroastrisme persan. Voir « 42 Lc 021-008 002 Les AntéChrist »

[4] Tite-Live (Titus Livius en latin), né en 59 avant J.-C. et décédé en 17 ap. J.-C. dans sa ville natale de Padoue est un historien de la Rome antique.

[5] Sénèque (en latin Lucius Annaeus Seneca) est né vers 4 av. J.-C. et mort le 12 avril 65 ap. J.-C. Il fut un philosophe de l’école stoïcienne, un dramaturge et un homme d’État romain du Ier siècle de l’ère chrétienne.

[6] Virgile, en latin Publius Vergilius Maro (Andes, 15 octobre 70 – 27 septembre 19 av. J.-C.), est un poète et écrivain romain.

[7] Plutarque, né à Chéronée en Béotie vers 46 ap. J.-C., mort au même endroit en 125, est un biographe et moraliste de la Grèce antique.

[8] Tacite (en latin Publius Cornelius Tacitus) est un historien et un philosophe romain né en 55 et mort vers 120 ap. J.-C.

[9] Un seul, Lysanlas, tétrarque d’Abilène, cité par saint Luc, nous est mal connu, bien que deux inscriptions récemment découvertes confirment son existence.

[10] Marc Aurèle est un empereur romain (161-180) et un philosophe stoïcien, né le 26 avril 121 à Rome, mort le 17 mars 180.

[11] Quintus Septimus Florens Tertullianus, dit Tertullien, né entre 150 et 160 à Carthage (actuelle Tunisie) et décédé vers 230-240 à Carthage, est un écrivain de langue latine issu d’une famille berbère païenne. Il se convertit au christianisme à la fin du IIe siècle et devient la figure emblématique de la communauté chrétienne de Carthage. Théologien, père de l’Église, auteur prolifique, son influence sera grande dans l’Occident chrétien. Il est pourtant un personnage très controversé car d’une part, il lutte activement contre les cultes païens et est considéré comme le plus grand théologien chrétien de son temps (on lui doit le terme de trinité) et, d’autre part, il rejoint le mouvement hérétique montaniste à la fin de sa vie. (Le montanisme est un mouvement chrétien qui refusait les règles de l’Eglise au 2ème siècle,  fondé par le prophète Montanus en Phrygie, région de la Turquie actuelle. Il fut rapidement considéré comme une secte.

[12] L’Histoire de la Ville de Vienne, par M. Mermet Aîné (1828), contient « une histoire inédite de la Ville de Vienne sous les douze Césars, que j’ai (ou l’auteur) traduite et annotée… » (p. 9). Cette histoire adressée à C. Pline Coecilio Secundo par son auteur « Trebonius Rufinus, sénateur, et ancien ministre de ladite ville », daterait de 109 ou 110. On y lit au livre 6, chapitre 7 (p. 281) : « Cependant on affirme que Tibère proposa au Sénat d’admettre le Christ au rang des dieux; mais, l’affaire ayant été examinée avec soin, on resta Convaincu qu’il serait dangereux d’admettre un culte dont la base était une égalité absolue parmi les hommes. D’ailleurs il paraissait inconvenant de déifier un individu puni du supplice des esclaves, du consentement d’un procurateur romain. » Suivent quelques lignes sur la persécution de Néron. Dans un passage, d’ailleurs assez ambigu, Eusèbe (vers 325) indique nettement que Tibère s’intéressa aux croyances chrétiennes.

[13] La Bithynie est un ancien royaume au nord-ouest de l’Asie Mineure, actuellement situé en Turquie.

[14] Le Pont est un royaume antique situé sur la côte méridionale de la Mer Noire. Aujourd’hui, cette région se trouve en Turquie.

[15] Pline le Jeune (en latin Caius Plinius Caecilius Secundus) est un écrivain et homme politique romain né en 61 à Côme dans le nord de la péninsule italienne et mort vers 114, sûrement dans la région de Bithynie.

[16] Trajan est un empereur romain né probablement le 18  septembre 53 à Italica en Bétique (Espagne actuelle) et mort le 7  août 117 à Seliki (Cilicie). C’est durant son règne que l’Empire Romain a eu la plus grande surface territoriale.

[17] On s’est demandé parfois pourquoi Pline, qui avait été préteur à Rome, c’est-à-dire chef de la justice, éprouvait-il le besoin de poser tant de questions à propos des Chrétiens ? Il avait dû en voir maints à Rome. Il semble que sa lettre signifie surtout que, les ayant mieux étudiés en Asie Mineure, il ne partageait plus les idées odieuses qui avaient cours dans la ville de Rome à l’endroit de la secte chrétienne…

[18] Pline l’Ancien (en latin Caius Plinius Secundus) est un important auteur et naturaliste romain, auteur notamment d’une monumentale encyclopédie intitulée Histoire naturelle. Il est né en 23 après J.-C. à Novum Comum (l’actuelle Côme) et mort en 79 à Stabies (Stabia en latin), près de Pompéi, lors de l’éruption du Vésuve. Il adopte son neveu qui prend le nom de Gaius Plinius Caecilius Secundus (Pline le Jeune) en 79 après J.-C.

[19] Celse, philosophe épicurien grec du 2nd siècle, est l’auteur d’un ouvrage analytique et articulé, Discours véritable (parfois appelé le Discours contre les chrétiens) rédigé vers 178. Il s’agissait d’un ouvrage où il attaquait le Christianisme naissant par les armes du raisonnement et du ridicule.

[20] Origène est un Père de l’Église, né à Alexandrie vers 185 et mort à Tyr vers 253.

[21] Le texte original du Discours véritable de Celse (l’un des plus anciens ouvrages de critique contre le christianisme) a été perdu et nous est parvenu par les extraits étendus cités par son plus grand contradicteur, Origène, dans son ouvrage La Réfutation.

Le mot Evangile puissance de Dieu

Quelques versets montrant que l’Evangile et LA puissance de Dieu et non une puissance (sous entendu « parmi tant d’autres ») :

Mt 4:23

Et Jésus allait par toute la Galilée, enseignant dans leurs Synagogues, prêchant l’Evangile du Royaume, et guérissant toute sorte de maladies, et toute sorte de langueurs parmi le peuple.

Mt 9:35

Or Jésus allait dans toutes les villes et dans les bourgades, enseignant dans leurs Synagogues, et prêchant l’Evangile du Royaume, et guérissant toute sorte de maladies, et toute sorte d’infirmités parmi le peuple.

Mt 11:5

Les aveugles recouvrent la vue, les boiteux marchent, les lépreux sont nettoyés, les sourds entendent, les morts sont ressuscités, et l’Evangile est annoncé aux pauvres.

Lc 7:22

Ensuite Jésus leur répondit, et leur dit: allez, et rapportez à Jean ce que vous avez vu et ouï, que les aveugles recouvrent la vue; que les boiteux marchent; que les lépreux sont nettoyés; que les sourds entendent; que les morts ressuscitent; et que l’Evangile est prêché aux pauvres.

Lc 9:6

Eux donc étant partis allaient de bourgade en bourgade, évangélisant, et guérissant partout.

Rom 1:16

Car je n’ai point honte de l’Evangile de Christ, vu qu’il est la puissance de Dieu en salut à tout croyant : au Juif premièrement, puis aussi au Grec.

Rom 15:19

Avec la vertu des prodiges et des miracles, par la puissance de l’Esprit de Dieu; tellement que depuis Jérusalem, et les lieux d’alentour, jusque dans l’Illyrie, j’ai tout rempli de l’Evangile de Christ.

1Th 1:5

Car la prédication que nous avons faite de l’Evangile au milieu de vous, n’a pas été en parole seulement, mais aussi en vertu, et en Saint-Esprit, et en preuves convaincantes, ainsi que vous savez quels nous avons été parmi vous pour l’amour de vous.

2Tim 1:8

Ne prends donc point à honte le témoignage de notre Seigneur, ni moi, qui suis son prisonnier; mais prends part aux afflictions de l’Evangile, selon la puissance de Dieu;

Le mot Evangile lié à l’enseignement de la Doctrine

Quelques versets qui lient l’Evangile à l’enseignement de la doctrine biblique :

Mt 4:23

Et Jésus allait par toute la Galilée, enseignant dans leurs Synagogues, prêchant l’Evangile du Royaume, et guérissant toute sorte de maladies, et toute sorte de langueurs parmi le peuple.

Mt 9:35

Or Jésus allait dans toutes les villes et dans les bourgades, enseignant dans leurs Synagogues, et prêchant l’Evangile du Royaume, et guérissant toute sorte de maladies, et toute sorte d’infirmités parmi le peuple.

Mc 16:15

Et il leur dit: allez par tout le monde, et prêchez l’Evangile à toute créature.

Lc 3:18

Et en faisant plusieurs autres exhortations, il évangélisait au peuple.

Lc 20:1

Et il arriva un de ces jours-là, comme il enseignait le peuple dans le Temple, et qu’il évangélisait, que les principaux Sacrificateurs et les Scribes survinrent avec les Anciens.

Act 14:21

Et après qu’ils eurent annoncé l’Evangile en cette ville-là, et instruit plusieurs personnes, ils retournèrent à Lystre, à Iconie, et à Antioche;

Act 16:10

Quand donc il eut vu cette vision, nous tâchâmes aussitôt d’aller en Macédoine, concluant de là que le Seigneur nous avait appelés pour leur évangéliser.

Act 20:24

Mais je ne fais cas de rien, et ma vie ne m’est point précieuse, pourvu qu’avec joie j’achève ma course, et le ministère que j’ai reçu du Seigneur Jésus, pour rendre témoignage à l’Evangile de la grâce de Dieu.

Act 21:8

Et le lendemain Paul et sa compagnie partant de là, nous vînmes à Césarée; et étant entrés dans la maison de Philippe l’Evangéliste, qui était l’un des sept, nous demeurâmes chez lui.

Rom 15:16

Afin que je sois ministre de Jésus Christ envers les Gentils, m’employant au sacrifice de l’Evangile de Dieu; afin que l’oblation des Gentils soit agréable, étant sanctifiée par le Saint-Esprit.

1Cor 1:17

Car Christ ne m’a pas envoyé pour baptiser, mais pour évangéliser, non point avec les discours de la sagesse humaine, afin que la croix de Christ ne soit point anéantie.

1Cor 9:14

Le Seigneur a ordonné tout de même que ceux qui annoncent l’Evangile, vivent de l’Evangile.

1Cor 9:16

Car encore que j’évangélise, je n’ai pas de quoi m’en glorifier; parce que la nécessité m’en est imposée; et malheur à moi, si je n’évangélise pas !

Gal 2:2

Or j’y montai par révélation, et je conférai avec ceux de Jérusalem touchant l’Evangile que je prêche parmi les Gentils, même en particulier avec ceux qui sont en estime, afin qu’en quelque sorte je ne courusse, ou n’eusse couru en vain.

Gal 2:7

Mais, au contraire, quand ils virent que la Prédication de l’Evangile du Prépuce m’était commise, comme celle de la Circoncision l’était à Pierre:

Eph 4:11

Lui-même donc a donné les uns pour être Apôtres, les autres pour être Prophètes, les autres pour être Evangélistes, les autres pour être Pasteurs et Docteurs.

Eph 6:15

Et ayant les pieds chaussés de la préparation de l’Evangile de paix;

Phil 1:7

Comme il est juste que je pense ainsi de vous tous, parce que je retiens dans mon coeur que vous avez tous été participants de la grâce avec moi dans mes liens, et dans la défense et la confirmation de l’Evangile.

Phil 1:12

Or mes frères, je veux bien que vous sachiez que les choses qui me sont arrivées, sont arrivées pour un plus grand avancement de l’Evangile.

Phil 1:17

Mais les autres le font par charité, sachant que je suis établi pour la défense de l’Evangile.

Phil 2:22

Mais vous savez l’épreuve que j’ai faite de lui, puisqu’il a servi avec moi en l’Evangile, comme l’enfant sert son père.

Phil 4:3

Je te prie aussi, toi mon vrai compagnon, aide-leur, comme à celles qui ont combattu avec moi dans l’Evangile, avec Clément, et mes autres compagnons d’œuvre, dont les noms sont écrits au Livre de vie.

Phil 4:15

Vous savez aussi, vous Philippiens, qu’au commencement de la prédication de l’Evangile, quand je partis de Macédoine, aucune Eglise ne me communiqua rien en matière de donner et de recevoir, excepté vous seuls.

2Tim 4:5

Mais toi, veille en toutes choses, souffre les afflictions, fais l’œuvre d’un Evangéliste, rends ton Ministère pleinement approuvé.

Philé 1:13

Je voulais le retenir auprès de moi, afin qu’il me servît à ta place, dans les liens de l’Evangile.

Heb 4:2

Car il nous a été évangélisé, comme il le fut à ceux-là; mais la parole de la prédication ne leur servit de rien, parce qu’elle n’était point mêlée avec la foi dans ceux qui l’ouïrent.

Col 1:23

Si toutefois vous demeurez en la foi, étant fondés et fermes, et n’étant point transportés hors de l’espérance de l’Evangile que vous avez ouï, lequel est prêché à toute créature qui est sous le ciel, et duquel, moi Paul, j’ai été fait le Ministre.

Le mot Evangile étroitement associé à Dieu

Voici quelques textes montrant l’association de l’Evangile à Dieu Lui-même :

Rom 1:1

Paul serviteur de Jésus-Christ, appelé à être Apôtre, mis à part pour annoncer l’Evangile de Dieu.

2Cor 11:7

Ai-je commis une faute en ce que je me suis abaissé moi-même, afin que vous fussiez élevés, parce que sans rien prendre je vous ai annoncé l’Évangile de Dieu ?

Gal 1:11

Or mes frères, je vous déclare que l’Evangile que j’ai annoncé, n’est point selon l’homme.

1Th 2:2

Mais quoique nous eussions été auparavant affligés et outragés à Philippes, comme vous savez, nous avons eu le courage, appuyés sur notre Dieu de vous annoncer l’Evangile de Dieu au milieu de grands combats.

1Th 2:8

Etant donc ainsi affectionnés envers vous, nous souhaitions de vous donner non-seulement l’Evangile de Dieu, mais aussi nos propres âmes, parce que vous étiez fort aimés de nous.

1Th 2:9

Car, mes frères, vous vous souvenez de notre peine et de notre travail; vu que nous vous avons prêché l’Evangile de Dieu, en travaillant nuit et jour, pour n’être point à charge à aucun de vous.

1Tim 1:11

Suivant l’Evangile de la gloire de Dieu bienheureux, lequel Evangile m’a été commis.

1Pi 4:17

Car il est temps que le jugement commence par la maison de Dieu; or s’il commence premièrement par nous, quelle sera la fin de ceux qui n’obéissent point à l’Evangile de Dieu ?

Le mot Evangile associé à Jésus-Christ

Voici quelques passages bibliques qui parleront d’eux-mêmes quant au thème de la réflexion, sachant qu’avec quelques textes montrant le lien entre l’Evangile et la Parole de Dieu, nous retrouvons la nature de « Parole incarnée » de Jésus-Christ (Jn 1:14) :

Mc 1:1

Le commencement de l’Evangile de Jésus-Christ, Fils de Dieu;

Mc 8:35

Car quiconque voudra sauver son âme, la perdra; mais quiconque perdra son âme pour l’amour de moi et de l’Evangile, celui-là la sauvera.

Mc 10:29

Et Jésus répondant, dit: en vérité je vous dis, qu’il n’y a personne qui ait laissé ou maison, ou frères, ou sœurs, ou père, ou mère, ou femme, ou enfants, ou champs, pour l’amour de moi, et de l’Evangile,

Rom 1:1

Paul serviteur de Jésus-Christ, appelé à être Apôtre, mis à part pour annoncer l’Evangile de Dieu.

Rom 1:9

Car Dieu, que je sers en mon esprit dans l’Evangile de son Fils, m’est témoin que je fais sans cesse mention de vous;

Rom 1:16

Car je n’ai point honte de l’Evangile de Christ, vu qu’il est la puissance de Dieu en salut à tout croyant: au Juif premièrement, puis aussi au Grec.

Rom 15:16

Afin que je ministre de Jésus Christ envers les Gentils, m’employant au sacrifice de l’Evangile de Dieu; afin que l’oblation des Gentils soit agréable, étant sanctifiée par le Saint-Esprit.

Rom 15:19

Avec la vertu des prodiges et des miracles, par la puissance de l’Esprit de Dieu; tellement que depuis Jérusalem, et les lieux d’alentour, jusque dans l’Illyrie, j’ai tout rempli de l’Evangile de Christ.

Rom 15:20

M’attachant ainsi avec affection à annoncer l’Evangile là où Christ n’avait pas encore été prêché, afin que je n’édifiasse point sur un fondement qu’un autre eût déjà posé.

Rom 15:29

Et je sais que quand j’irai vers vous j’y irai avec une abondance de bénédictions de l’Evangile de Christ.

Rom 16:25

Or à celui qui est puissant pour vous affermir selon mon  Evangile, et selon la prédication de Jésus-Christ, conformément à la révélation du mystère qui a été tû dans les temps passés,

1Cor 4:15

Car quand vous auriez dix mille maîtres en Christ, vous n’avez pourtant pas plusieurs pères: car c’est moi qui vous ai engendrés en Jésus-Christ par l’Evangile.

1Cor 9:12

Et si d’autres usent de ce pouvoir à votre égard, pourquoi n’en userions-nous pas plutôt qu’eux? cependant nous n’avons point usé de ce pouvoir, mais au contraire nous supportons toutes sortes d’incommodités, afin de ne donner aucun empêchement à l’Evangile de Christ.

1Cor 9:18

Quelle récompense en ai-je donc? c’est qu’en prêchant l’Evangile, je prêche l’Evangile de Christ sans apporter aucune dépense, afin que je n’abuse pas de mon pouvoir dans l’Evangile.

2Cor 2:12

Au reste, étant venu à Troas pour l’Évangile de Christ, quoique la porte m’y fût ouverte par le Seigneur,

2Cor 4:4

Desquels le Dieu de ce siècle a aveuglé les entendements, c’est-à-dire, des incrédules, afin que la lumière de l’Évangile de la gloire de Christ, lequel est l’image de Dieu, ne leur resplendît point.

2Cor 9:13

Glorifiant Dieu pour l’épreuve qu’ils font de cette assistance, en ce que vous vous soumettez à Évangile de Christ; et de votre prompte et libérale communication envers eux, et envers tous.

2Cor 10:14

Car nous ne nous étendons pas nous-mêmes plus qu’il ne faut, comme si nous n’étions point parvenus jusqu’à vous; vu que nous sommes parvenus même jusqu’à vous par la prédication de l’Évangile de Christ.

2Cor 11:4

Car si quelqu’un venait qui vous prêchât un autre Jésus que nous n’avons prêché; ou si vous receviez un autre Esprit que celui que vous avez reçu, ou                      un autre Evangile que celui que vous avez reçu, feriez-vous bien de l’endurer ?

Gal 1:6

Je m’étonne qu’abandonnant Jésus-Christ, qui vous avait appelés par sa grâce, vous ayez été si promptement transportés à un autre Evangile.

Gal 1:7

Qui n’est pas un autre Evangile, mais il y a des gens qui vous troublent, et qui veulent renverser l’Evangile de Christ.

Gal 1:16

De révéler son Fils en moi, afin que je l’évangélisasse parmi les Gentils, je ne commençai pas d’abord par prendre conseil de la chair et du sang;

Eph 3:6

Savoir que les Gentils sont cohéritiers, et d’un même corps, et qu’ils participent ensemble à sa promesse en Christ, par l’Evangile.

Phil 1:27

Seulement conduisez-vous dignement comme il est séant selon l’Evangile de Christ; afin que soit que je vienne, et que je vous voie; soit que je sois absent, j’entende quant à votre état, que vous persistez en un même esprit, combattant ensemble d’un même courage par la foi de l’Evangile, et n’étant en rien épouvantés par les adversaires.

1Th 3:2

Et nous avons envoyé Timothée, notre frère, Ministre de Dieu, et notre compagnon d’œuvre en l’Evangile de Christ, pour vous affermir, et vous exhorter touchant votre foi.

2Th 1:8

Avec des flammes de feu, exerçant la vengeance contre ceux qui ne connaissent point Dieu, et contre ceux qui n’obéissent point à l‘Evangile de notre Seigneur Jésus-Christ;

2Th 2:14

A quoi il vous a appelés par notre Evangile, afin que vous possédiez la gloire qui nous a été acquise par notre Seigneur Jésus-Christ.

2Tim 1:10

Et qui maintenant a été manifestée par l’apparition de notre Sauveur Jésus-Christ, qui a détruit la mort, et qui a mis en lumière la vie et l’immortalité par l’Evangile;

Les juifs antiques et la Trinité

Une question qui revient assez souvent dans la critique de la Trinité est la suivante : « Pourquoi les juifs qui sont si scrupuleux et si proches du texte biblique n’ont-ils jamais vu la Trinité là où les chrétiens la voit ? » Et la suite à cette question vient ensuite comme une sorte de conclusion : les chrétiens ont inventé cette doctrine, soit en la volant aux païens, soit pour expliquer la façon dont Jésus s’est révélé.

Il est vrai que la doctrine de la Trinité a été précisée et précisément définie uniquement par les chrétiens car ils ont reçu une révélation plus claire par l’Incarnation du Fils. Mais les juifs des premiers siècles de l’ère chrétienne (qui mirent par écrit de très nombreuses réflexions, méditations, analyses… bibliques) s’opposaient-ils à cette vision de Dieu ?

Dans le Talmud de Babylone[1], en commentant Exode 24:1, le commentateur  signale que Dieu dit « monte vers l’Éternel » et non « monte vers moi » ! En fait il parle du Métatrôn[2] et non de Lui-même. Ainsi, le Talmud de Babylone attribue à ce Messager[3] le nom YHWH, le Nom que Dieu a révélé à Moïse comme étant Son Nom propre. Par ailleurs quand Jacob envoie des messagers à son frères Esaü (Gn 32:3), le mot hébreu utilisé est le pluriel de Klm Malak, traduit par « anges ». Or, s’il y a une différence entre l’ange de l’Eternel, le Métatrôn, et les anges, c’est pour souligner deux choses :

  • Il y a bien une distinction ette entre le Métatrôn et les anges ;
  • La distinction entre Dieu et son Ange s’estompe. (Gn 16:7-9, 11; 22:11-12, 15-18; Ex 3:2, 4; Jg 6:11-23).

Lors de l’Exode hors d’Egypte, c’est tantôt Dieu (Exod. 13:21), tantôt son Ange (14:9) qui mène le camp des Israélites.

De même, le Targum Pseudo-Jonathan[4] juif parle d’une certaine entité appelée Memra (ou Parole) de Dieu qui est une personne distincte de Dieu, mais qui partage les attributs de Dieu. Ainsi le Targum, en expliquant de nombreux passages de la Bible qui décrivent une action de Dieu, dit que c’est en fait la Parole de Dieu qui est à l’œuvre. Le tableau suivant, fournit quelques exemples :

Référence biblique Traduction biblique Targum Pseudo-Jonathan
Genèse 1:27 Dieu créa l’homme. La Parole de Dieu créa l’homme.
Genèse 6:6-7 Et Dieu regretta d’avoir créé l’homme sur la terre. Et par sa Parole, Dieu regretta d’avoir créé l’homme.
Genèse 9:12 Et Dieu dit : « Voici le signe de l’alliance que je place entre vous et moi. » Et Dieu dit : « Voici le signe de l’alliance que je place entre vous et ma Parole. »
Genèse 15:6 Et Abraham cru en Dieu. Et Abraham cru en la Parole de Dieu.
Genèse 20:3 Alors Dieu vint vers Abimélek. Alors la Parole en face de Dieu vint vers Abimélek
Genèse 31:49 Que l’Éternel veille sur toi et sur moi ! Que la Parole de l’Éternel veille sur toi et sur moi !
Exode 14:31 Et ils crurent en Dieu Et ils crurent en la Parole de Dieu.
Exode 20:1-2 Alors Dieu prononça toutes ces paroles en disant : Je suis l’Éternel, ton Dieu… (les 10 commandements) Alors la Parole de Dieu prononça toutes ces paroles en disant : Je suis l’Éternel, ton Dieu…
Exode 25:22 Je te rencontrerai du haut du propitiatoire… Je mettrai ma Parole en haut du propitiatoire…
Lévitique 26:9 Je me tournerai vers vous… Et je me tournerai par ma Parole vers vous…
Nombres 10:35 Lève-toi , Éternel ! Lève-toi, Parole de l’Éternel !
Nombres 10:36 Reviens, Éternel ! Reviens, Parole de l’Éternel !
Nombres 11:23 La main de l’Éternel serait-elle trop courte ? La Parole de l’Éternel serait-elle retenue ?
Nombres 14:35 Moi, l’Éternel, j’ai parlé Moi, L’Éternel, j’ai décrété par ma Parole
Deutéronome 1:30 L’Éternel, votre Dieu, qui marche devant vous, combattra Lui-même pour vous. L’Éternel, votre Dieu, marche devant vous et sa Parole combattra pour vous.
Deutéronome 18:19 C’est Moi qui lui en demanderai compte. Ma Parole lui en demandera compte.
Deutéronome 31:3 L’Éternel, ton Dieu, passera Lui-même devant toi. L’Eternel, ton Dieu, sa Parole, passera lui-même devant toi.
Josué 1:5 Comme j’étais avec Moïse, je serai avec toi. Comme ma Parole venait en aide à Moïse, ma Parole te viendra en aide.
Juges 11:10 L’Éternel est témoin entre nous… La Parole de l’Éternel est témoin entre nous…
Ésaie 45:17 Israel sera sauvée par l’Éternel. Israel sera sauvée par la Parole de l’Eternel.

Ainsi, le Targum affirme que la Memra de Dieu crée l’homme, révèle les 10 commandements, sauve Israël, assiste Moïse… lui attribuant ainsi des actions divines tout en la distinguant de YHWH. Il est clair aussi que la Parole de Dieu est une personne pour les Juifs antiques. L’Ange (ou la Parole) de Dieu sont ainsi, dans le Targum, ce qui permet d’être en relation avec Dieu.

Mais le Targum connait aussi une troisième entité, appelée Saint-Esprit, intercédant entre l’Éternel et Israël. Dans Lamentations Rabba[5] rapporte[6] qu’après que l’empereur romain Hadrien ait exécuté deux Juifs, le Saint-Esprit se mit à crier « Tu as vu, Ô Éternel, le mal qui m’est fait. Prends en main ma cause ! Tu vois leur vengeance, leurs complots contre moi ». Nous avons ici un exemple du Saint-Esprit intercédant. Selon Lévitique Rabba[7], le Saint-Esprit est un conseiller-avocat qui parle de la part du Seigneur à Israël et de la part d’Israël au Seigneur… Dans toutes ces citations, qui peuvent être facilement multipliées[8], il est clair que le Saint-Esprit est considéré comme un personne, un « qui » et non un « quoi », avec une dimension personnelle et non simplement un pouvoir impersonnel. Il est considéré comme Dieu Lui-même et toutefois comme une entité distincte de Dieu qui peut intercéder entre Dieu et l’homme.

Philon d’Alexandrie[9] dit aussi, dans ses écrits, qu’il existe trois Figures Divines dans l’Ancien Testament qui font ce que Dieu seul fait. Il parle premièrement, comme le Targum, de la Parole, « la cause de toutes choses, par qui tout a été créé. »[10]

 Philon d’Alexandrie appelle la Parole de Dieu, Premier-né[11], Gouverneur et Administrateur de toutes choses[12], Grand-Prêtre[13], Fils de Dieu de qui Adam a été fait l’image[14]. Il suggère aussi que le Messie, dont il est question en Zacharie, ne serait pas un simple homme, mais une personne divine[15]. Il fait donc un lien entre les prophéties de Zacharie sur le Messie et la figure de l’Image, du Premier-né, du Fils, c’est-à-dire de la Parole.

Philon affirmait par ailleurs que Dieu apparait à son peuple sous la forme de l’Ange de l’Éternel dans des visions. Pour lui, l’Ange était une manifestation de Dieu apparent sous cette forme[16]. Philon affirme que le logos (la Parole) était le partenaire de Dieu dans la création. Ainsi, il appelait le logos, « Le Commencement », « le Seigneur des anges », et plus significativement, « le Nom de Dieu ». Puisqu’il voyait le logos comme une émanation de Dieu, il pouvait en parler comme de sa descendance, ou comme le premier-né de Dieu. Il était considéré comme immortel, un homme céleste, vrai père de l’humanité.

Des rabbins du second siècle rapportent des croyances similaires venant de la période du Second Temple et de la période Tannaïtique.

De même, pour Philon, le Saint-Esprit est Divin[17], il viendra demeurer dans des personnes pour les aider à faire la volonté de Dieu[18], il sera répandu sur des personnes[19], il conduira les personnes à chercher Dieu et à l’adorer[20]. En finalité, il affirme que le Saint Esprit, « procédant de l’Être bienheureux et béni, fut envoyé pour demeurer sur terre, pour le bien de notre race »[21].

Enfin, Philon rapporte, au sujet de Genèse 18:2 où l’Éternel apparait à Abraham et celui-ci en levant les yeux voit 3 hommes, une tradition juive disant que ces trois sont Dieu. Il dit : « Il est raisonnable que l’un soit trois et que les trois soient un. »[22]

 Des spécialistes modernes Juifs comme Daniel Boyarin et Alan F. Segal ont prouvé dans leurs livres que les Juifs pré-Chrétiens et non-Chrétiens au début de l’ère chrétienne affirmaient que le Dieu unique était constitué de multiples personnes.

Boyarin conclue au sujet des anciens Juifs : « (Ils) croyaient que Dieu avait un Adjoint ou Emissaire ou même un Fils divin, exalté au-dessus des anges, qui agissait comme intermédiaire entre Dieu et le monde dans la création, la révélation et la rédemption. »[23]

Les recherches d’Alan F. Segal, un Juif non-Chrétien, se résument ainsi :

  • Les anciens Israélites connaissaient deux YHWH – l’un invisible, un esprit, l’autre se rendant visible, souvent sous forme humaine. Parfois les deux YHWH apparaissent ensemble dans le texte, parfois ils sont distincts, parfois non.
  • Ils ne voyaient pas cela comme une violation du monothéisme car les deux étaient YHWH. Il n’y avait donc pas de second dieu distinct gérant le cosmos. Durant la période du Second Temple, les théologiens et écrivains juifs ont spéculé sur l’identité du second YHWH.
  • Ces spéculations n’étaient pas vues comme non-orthodoxes. Toutefois, les choses changèrent lorsque certains Juifs, les premiers Chrétiens, ont fait la connexion entre Jésus et ce concept juif orthodoxe. Cela explique pourquoi ces Juifs, les premiers convertis à suivre Jésus le Christ, pouvaient adorer simultanément le Dieu d’Israël et Jésus tout en refusant de reconnaître un autre dieu. Jésus était le second YHWH, le YHWH incarné.

En réponse à cela, comme le montre Segal, le judaïsme a rejeté comme hérésie l’idée des deux pouvoirs (célestes) au second siècle après Jésus-Christ.

 En appelant le Messie YHWH, ils ne faisaient en fait que reprendre ce que les prophètes eux-mêmes avaient annoncé : « Je susciterai à David un germe juste; il règnera en roi et prospérera, il pratiquera le droit et la justice dans le pays. En son temps, Juda sera sauvé, Israël aura la sécurité dans sa demeure. Et voici le nom dont on l’appellera : YHWH notre Justice. » (Jr 23 : 5et 6)

Ce passage de Jérémie 23:6 n’est pas appliqué au Messie par les Chrétiens uniquement mais ce sont les Juifs eux-mêmes qui appliquaient ce verset au Messie : « Dieu appellera le Roi-Messie par son Nom, comme il est dit « Voici le nom dont on l’appellera : Yahvé, notre Justice » » (Midrash Rabba sur les Psaumes, chapitre 21)

Et encore, dans le Zohar[24] : « Nous le savons de Booz qui dit à Ruth « YHVH est vivant ! Reste couchée jusqu’au matin. » Grâce à cette adjuration, il vainquit sa passion, et comme il préserva l’alliance, il mérita d’être le géniteur de rois plus puissants que tous les autres et même du Roi-Messie, qui est appelé par le nom du Saint, béni soit-Il. »[25]

 Et encore : « Quel est le nom du Roi-Messie ? Rabbi Abba Bar-Kahana a dit : « YHWH est son Nom, ainsi qu’il est écrit : voici le Nom dont on l’appellera, YHWH, notre Justice. » »[26]

Cela est confirmé par le Talmud : « Concernant le Messie, voici le nom dont il sera appelé : YHWH notre Justice. »[27]

 Ainsi que par les Pirqei Mashiah : « Et le Messie fils de David s’assiéra dans la Yéchiva d’en haut, par le Saint, béni soit-Il, et il sera appelé YHWH, comme est d’habitude appelé son Possesseur (le possesseur du Nom), ainsi qu’il est écrit, « et voici le Nom dont il sera appelé : YHWH notre Justice » »[28].

Dans la tradition Talmudique, le Messie a plusieurs noms. L’un de ces noms est Yinon (Engendré). En commentant ce nom, le Samuel Eidels[29] dit : « Le sens est que, du temps du Messie, le Tétragramme (YHWH), Nom du Saint, béni soit-Il, sera fréquent dans la bouche de tout le monde. Car le Messie portera ce Nom. Ainsi qu’il est enseigné « Le Messie sera appelé du Nom du Saint, béni soit-Il, selon qu’il est écrit : et voici le nom dont on l’appellera : YHWH, notre Justice. » »[30]

Dans le Midrash des Psaumes, il est écrit que Dieu appelle le Messie de Son Nom, et quel est Son Nom ? La réponse donnée est : « YHWH, Homme de guerre » (Ex 15:3)

 

Le nom d’un individu fait référence à son identité-même, sa personne, son être. Dire que le Nom de Dieu est en quelqu’un ou que quelqu’un porte le Nom, c’est dire qu’il est Dieu.

Ce fait est entièrement reconnu dans le domaine académique. Par exemple, Ephraïm E. Urbach[31] dans son livre les sages d’Israël, en parlant des souffrances du Messie selon Esaie 53 dans la littérature juive rabbinique, analyse les textes juifs cités par Justin Martyr[32]. Il note au sujet des affirmations de Justin : « Comme nous l’avons vu, il n’y a rien d’étrange dans son assertion, pas même dans le témoignage que le Messie sera appelé Adonaï (substitut du tétragramme) et recevra le qualitatif de Saint (qui est un nom de Dieu). (…) Et voici le nom dont il sera appelé : YHWH, notre Justice. »[33]

 Ainsi, il est reconnu que les textes Juifs attribuaient le Nom, et par cela l’identité de Dieu, au Messie. Mais, là encore, laissons la parole à un rabbin très apprécié des prosélytes musulmans, Moïse Maïmonide[34] : « Dans les Pirqei de Rabbi Eli’ézer, au chapitre 3, on lit : Avant la création du monde, il n’y avait que le Très-Saint et son Nom seul. Remarque bien comme il est dit clairement que ses noms dérivés ne sont tous nés qu’après la naissance du monde. Et cela est vrai, car ce sont tous des noms qui ont été établis par rapport aux actions de Dieu et que l’on trouve dans l’univers (Note : l’auteur fait ici référence aux noms tels que El, Elohim, El-Shaddaï, etc.). Mais si l’on considère son essence, dénuée et dépouillée de toute action, il n’a absolument aucun nom dérivé mais un seul nom improvisé pour indiquer son essence. Nous ne possédons pas de chem (nom) qui ne soit pas dérivé, si ce n’est celui-là, c’est-à-dire, Yod Hé Vav Hé (YHWH). Il est le Nom explicite (chem ha-meforach) absolu. »[35]

Maïmonide dit donc que le Nom YHWH est le seul qui fait explicitement référence à l’essence de Dieu, son Être-même, sa nature. Et ce nom est celui du Messie. Tous les autres noms ne sont que relatifs ou dérivés, c’est-à-dire lié à une action divine. Par conséquent, la manière la plus explicite de dire que le Messie est Dieu c’est de dire que son nom est YHWH. Même si l’on dit « le Messie est Dieu (Elohim) », cela est un nom dérivé, moins explicite que si l’on dit « le Messie est YHWH ». Maïmonide rajoute : « En somme, ce qui fait que ce Nom a une si haute importance et qu’on se garde de le prononcer, c’est qu’il indique l’Essence-même de Dieu de sorte qu’aucun être créé ne participe à ce qu’il indique. Comme l’ont dit les docteurs au sujet de ce Nom : « Mon Nom, qui m’est particulier ». »[36]

Si aucun être créé ne participe à ce Nom et que le Messie le porte, permettez-nous de conclure que le Messie n’est pas créé. Encore une fois, le tétragramme désigne exclusivement l’essence divine, les Juifs l’ont bien compris. Et les anciens textes Juifs donnent ce Nom au Messie, en accord avec le témoignage des prophètes.

Mais confirmons encore Maïmonide par un autre rabbin, David Kimhi[37] dans une analyse d’Esaie 42:8 quand il est dit « Je suis YHWH, c’est là mon Nom et je ne donnerai pas ma gloire à un autre ni mon honneur aux idoles » : « C’est là mon Nom », qui est approprié à Moi seul, non pas comme le nom des images gravées car, bien que leurs adorateurs les associèrent avec Moi dans les applications du nom Elohim, ils ne peuvent pas les associer avec Moi dans ce Nom. Car Je suis YHWH au-dessus de tout. »[38]

 Ainsi, pour ce rabbin, des idoles ont pu être associée aux noms « dérivés » comme Elohim mais personne, si ce n’est Dieu, ne peut s’approprier le Nom YHWH. Ce Nom est approprié à Dieu seul, celui qui porte ce Nom est Dieu. Il poursuit au sujet du titre « Dieu des armées » : « Dieu des armées » exprime ce degré dans lequel se trouvent les anges et les orbes avec leurs étoiles, appelés El ou Elohim et par lesquels Dieu est associé avec eux. Mais, dans ce Nom (YHWH), il est associé à nul autre que Lui-même. »[39]

 Si personne, si ce n’est Dieu, ne peut être porteur de ce Nom[40] et que le Messie le porte, cela ne nous laisse que peu d’options quant à l’identité du Messie.

Il est à noter que les rabbins affirment que le Messie s’appelle YHWH malgré les risques qu’ils encourent comme l’écrit Simeon ben Yohai : « Quiconque associe le Nom céleste à quelque chose d’autre est entièrement détruit, car il est écrit : « Celui qui sacrifie à tout dieu, sauf au Seigneur seul, doit être complètement détruit » (Exode 22:19) »[41]. Il apparait alors clairement que pour ces rabbins le Messie n’est pas « quelque chose d’autre » que Dieu. Il est Dieu.

C’est ainsi que Simeon Ben Yohai, en commentant le Zohar dit : « Il existe un homme parfait, qui est un Messager. Ce Messager est le Metatrôn, le Gardien d’Israël; Il est à l’Image du Saint, béni soit-Il, qui est une émanation de Lui. Oui, il est YHWH; de lui on ne peut pas dire qu’il est créé, ni formé, ni fait; mais il est une émanation de Dieu. Cela s’accorde avec ce qui est dit par Jérémie. (…) Il est « YHWH notre Justice ». (Jérémie 23:5-6)  »[42]

Un juif Alexandrin nommé Ezéchiel le Tragique[43] affirme qu’il y a une deuxième figure divine sur le trône de Dieu.[44]

Dans le livre d’Enoch[45], le Messie est décrit comme pré-existant et adoré par l’humanité[46]. Dans le même livre aux chapitres 70-71, le Messie est expressément identifié comme Dieu et « non compté parmi eux (les humains) ».

Dans le livre 4 Esdras[47], il est fait mention d’un homme divin qui combat les armées mauvaises à la fin des temps et est présenté comme recevant des offrandes de la part des croyants[48]. 4 Esdras énonce cela au sujet d’Esaie 66:20, qui dit pourtant que les offrandes seront apportées à Dieu. Ainsi cette figure est bien considérée comme divine, comme Dieu.

Une tradition préservée dans le Midrash Mekhilita[49] rapporte une ancienne vue juive au sujet de Dieu le considérant comme multi-personnel selon plusieurs textes de l’Ancien Testament[50].

Le livre juif appelé Apocalypse d’Abraham[51] présente une figure nommée Yahoel comme un second pouvoir céleste qui a le nom de Dieu en lui[52]. Avoir le nom de Dieu en soi signifie avoir l’essence divine (comparer avec Ex 23:21).

Dans une portion du livre la Prière de Joseph[53], l’ange Uriel mentionne un second Yahweh pré-existant appelé aussi Ange de l’Éternel qui apparaissait aux hommes dans l’Ancien Testament.

C’est dans ce contexte religieux que le Christianisme est apparu et c’est pour cela que les premiers chrétiens ont identifié Jésus comme étant ce deuxième qui est Yahweh (Jn 1 : 1 à 3 et 10 ; Col 1 : 15 à 17, Hb 1 : 8 et 10 à 12).

De plus, le livre juif pré-chrétien de Baruch[54] contient une formule trinitaire : « J’attends de l’Eternel votre délivrance, et la joie me vient de la part du Saint pour la miséricorde que vous enverra bientôt votre Sauveur éternel. »[55]

De même, le livre d’Enoch contient une formule trinitaire[56] en mentionnant l’Éternel et son Esprit étant répandu sur l’Élu qui est le Fils de l’homme pré-existant défini ailleurs dans le livre[57].

 Joseph et Aseneth[58] dit qu’il y a Dieu le Père, que Jospeh représente le Fils de Dieu[59], et que quand Joseph embrasse Aseneth il envoie sur elle l’Esprit de vérité[60].

 

En regardant les sources juives ainsi que leurs analyses faites par des spécialistes et docteurs tant Juifs que Chrétiens, une conclusion s’impose : la notion d’un Dieu multi-personnel n’est pas une idée inventée par les chrétiens ni volée aux païens.

Ce sont les juifs qui ont formulé précisément la doctrine trinitaire en ayant une longue tradition reconnaissant un Ange/Parole/Fils/Sagesse et un Esprit, tous les deux identiquement appelés, avec Dieu le Père, Yahweh et accomplissant des œuvres divines. Leur relation avec le Père étant décrit comme « procédant de » Lui ou « émanant de » Lui. Ainsi, sans confesser explicitement la Trinité, ils allaient dans le sens de celle-ci, la formulant timidement.

Une formulation imprécise qui essaye de rendre cohérentes les données de l’Ancien Testament. L’éclairage du Nouveau Testament permettra aux Chrétiens de confesser avec une précision admirable ces vérités. Et c’est en réaction aux chrétiens que les Juifs ont changé leurs interprétations, progressivement, tout au long du Moyen-Âge, comme en témoignent les pères de l’Église comme Justin Martyr, contemporain des premiers changements d’interprétation.

 

Sources

Inspiring Philosophy

Reformed Apologetics Ministries

Le Messie est Yahvé à la lumière des midrashim – Fidelis Verax

http://podcast.foundjs.org/the-bodies…

The Bodies of God and the World of Ancient Israel – Dr. Benjamin Sommer

http://www.biblestudying.net/trinity9…

Genesis, The JPS Torah Commentary – Nahum Sarna

Answering Jewish Objections to Jesus – Dr. Michael Brown

The Works of Philo – Translated by C. D. Yonge

 

Bibliographie succincte :

Le Messie est Yahvé : Exode 17,5 contre Jérémie 23,6 – Fidelis Verax

Sefaria, une bibliothèque en ligne des écrits juifs

Dr. Michael Heiser – Two Powers of the Godhead

Dr. Michael Heiser – The Jewish Trinity

Michael S. Heiser, Two Powers in Heaven.

Dr. Nabeel Qureshi – The Trinity is One God and is Jewish

Trinity Apologetics – Trinitarian Jews ?

D’autres citations trinitaires chez les anciens juifs

Alan F. Segal, Two Powers in Heaven, Brill Academic, 2002, p.54


Notes

[1] 38b.

[2] Le Métatrôn est un titre du messager le plus élevé de Dieu, celui que l’Ancien Testament appelle « Ange de l’Éternel ».

[3] Ce n’est pas parce que le titre d’ange lui est donné qu’il est considéré comme un être créé. Le mot Klm Mlak en hébreu que nous traduisons par Ange signifie « simplement » Messager ou Représentant.

[4] Targoum (traduction) occidental de la Torah, connu à l’époque médiévale sous le titre Targoum Yerushalmi (« Targoum de Jérusalem »), mais en raison d’une erreur d’imprimeur, il fut plus tard renommé Targoum Jonathan en référence à Jonathan ben Uzziel. Certaines éditions du Pentateuque continuent de l’appeler ainsi. Au 21ème siècle, des chercheurs le nomment également Yerushalmi I pour le distinguer d’un autre Targoum palestinien, dont on ne connaît que des fragments (Yerushalmi II).

[5] Lamentations Rabba est un midrash (méthode herméneutique d’exégèse biblique opérant principalement par comparaison entre différents passages bibliques et par métonymie, la littérature recueillant ces commentaires) sur le Livre des Lamentations de Jérémie écrit entre le 5ème et le 7ème siècle après Jésus-Christ.

[6] Lamentations Rabba 3:60,9.

[7] Lévitique Rabba 6:1.

[8] Par exemple Genèse Rabba 84:11; Cantique des cantiques Rabba 8:16, Lamentations Rabba 1:48.

[9] Philosophe juif hellénisé né à Alexandrie vers 20 av. J.-C., mort vers 45 apr. J.-C était contemporain des débuts de l’ère chrétienne. Il vécut à Alexandrie, qui était alors le grand centre intellectuel de la Méditerranée, avec une forte communauté juive dont Philon était un des représentants auprès des autorités romaines. Son œuvre abondante est principalement apologétique.

[10] Philon d’Alexandrie, Les sacrifices d’Abel et de Cain, 8

[11] Sur les Rêves, Livre I, 37.215

[12] Questions et Réponses sur Genèse, 4.110

[13] Sur la Fuite et les Trouvaille, 10.108-109

[14] Sur la Création 40.139

[15] Philon d’Alexandrie, Sur la Confusion des Langues, 14.62-63

[16] Philon, Som. I 234-237

[17] Sur les Géants, chapitre 11

[18] Les Lois spéciales, I, 54

[19] Sur les Vertus, 39

[20] Les Lois spéciales, I, 48

[21] Sur la Création, 134

[22] Sur Abraham 199-122

[23] Daniel Boyarin, The Jewish Gospels, The New Press, 2012.

[24] Le Sepher ha-Zohar (Livre de la Splendeur), aussi appelé Zohar, est l’œuvre maîtresse de la Kabbale, rédigée en araméen. La paternité en est discutée : il est traditionnellement attribué à Rabbi Shimon bar Yohaï, Tana du 2ème siècle. La recherche académique suggère aujourd’hui qu’il pourrait également avoir été rédigé par Moïse de León ou par son entourage entre 1270 et 1280, en compilant une tradition orale.

[25] Zohar 93b-94a.

[26] Midrash Rabba sur les Lamentations, chapitre 1, verset 16.

[27] Talmud de Babylone, Baba Bathra75b

[28] Pirqei Mashiah, Midrashei Geoula

[29] Traditionnellement référé dans les cercles juifs sous l’acronyme de Maharsha (pour Morenou Harav Rabbi Shmouel Eidels, « Notre maître et rabbin, Rabbi Shmouel Eidels ») est un talmudiste galicien des 16ème et 17ème siècles, auteur d’un commentaire classique sur les portions législatives et narratives du Talmud de Babylone ainsi que sur leurs commentaires par Rachi et les Tossafistes (rabbins médiévaux du 11ème au 14ème siècles, localisés pour la plupart dans le centre historique du judaïsme ashkénaze, en France et en Allemagne).

[30] Commentaires sur le traité Nédarim 39b

[31] Un chercheur sur le judaïsme né le 26 mai 1912 et mort le 3 juillet 1991

[32] Justin de Naplouse ou Justin de Néapolis, né vers le début du 2ème siècle et exécuté à Rome vers 165, est un apologète et philosophe chrétien, auteur d’une œuvre rédigée en langue grecque, en grande partie perdue, à l’exception de deux Apologies et d’un Dialogue avec Tryphon, considérés comme des premiers jalons dans la séparation entre le christianisme et le judaïsme.

[33] Les sage d’Israël, p 985

[34] Rabbin séfarade du 12ème siècle (1138 – 1204), considéré comme l’une des plus éminentes autorités rabbiniques du Moyen Âge.

[35] Maïmonide, Le Guide des égarés, p. 296-297

[36] Maïmonide, Le Guide des égarés, chapitre 61

[37] Un rabbin, grammairien, lexicographe, exégète biblique, philosophe et polémiste provençal des 12ème et 13ème siècles. Il est considéré comme le membre le plus éminent de la famille Kimhi, et les générations ultérieures lui ont appliqué la maxime des Pirke Avot « sans farine (qemah, dont est dérivé le patronyme des Kimhi), pas de Torah. » Son influence s’étendra également aux cercles chrétiens, et à ceux de la Réforme protestante en particulier.

[38] David Kimhi, Commentaire sur les prophéties de Zacharie

[39] David Kimhi, Commentaire sur Osée.

[40] « Quiconque associe le nom de Dieu à quelque chose d’autre est retranché de ce monde » Sukkah 45b

[41] Sanhédrin 63a

[42] Rabbi Simeon ben Yohai. The Propositions of the Zohar. cap. 38, Amsterdam edition.

[43] Auteur juif ayant vécu autour du 2ème siècle av. J.-C. Il a écrit une tragédie en grec intitulée Ἐξαγωγή (Exagogé). C’est le seul de ses ouvrages qui a été conservé. Le thème de cette pièce est l’exode des Hébreux hors d’Égypte sous la conduite de Moïse.

[44] Howard Jacobson, The Exagoge oh Ezekiel, Cambridge University Press, 1983, p.55

[45] « Le livre apocryphe d’Enoch (commentaires) » : https://wp.me/p8REsR-hH

[46] I Enoch, 48, 3-5

[47] Le quatrième Livre d’Esdras ou Apocalypse d’Esdras est un livre biblique pseudépigraphe attribué au scribe israélite Esdras et écrit au 1er siècle.

[48] 4 Esdras 13, 2-13

[49] La Mekhilta de Rabbi Shimon bar Yohaï est un Midrash halakha sur le Livre de l’Exode, nommé d’après Rabbi Shimon bar Yohaï, le premier Sage à y être mentionné.

[50] Bahodesh, 5, Shirta 4

[51] Pseudépigraphe de l’Ancien Testament constitué de deux parties distinctes : la première est du genre midrashique, la seconde est du genre apocalyptique. Le texte est conservé en slave et en roumain, traduit vraisemblablement d’une version grecque faite sur un texte sémitique d’origine juive. L’original aurait été composé dans la mouvance de l’essénisme.

[52] Apocalypse d’Abraham, 10

[53] Pseudépigraphique de l’Ancien Testament, composé en araméen ou en grec au 1er siècle de notre ère

[54] Bien qu’absent de la Bible hébraïque, on le retrouve en grec dans la Septante et dans la version de Théodotion, ainsi que dans la Vulgate latine. Les spécialistes suggèrent qu’il fut écrit peu de temps après la période des Maccabées. Dans la Vulgate, la Bible du roi Jacques, ainsi que dans de nombreuses autres versions, l’épître de Jérémie est présentée en annexe du livre de Baruch, en tant que sixième chapitre. Il comporte des prophéties, publiées à Babylone, dans lesquelles on trouve une éloquence qui enthousiasmait La Fontaine. Les Juifs et les Protestants ne reconnaissent pas sa canonicité.

[55] 1 Baruch 4.22

[56] Livre d’Enoch 62:1-2

[57] Livre d’Enoch, 48, 3-5; 70-71

[58] Récit datant de 200 avant notre ère à 200 de notre ère. Il relate le mariage et les enfants du patriarche israélite Joseph et de son épouse égyptienne Asenath.

[59] 6.2,6; 14.9

[60] 19.11

L’adoration de Jésus

L’adoration est le culte suprême rendu à Dieu, qui seul y a droit, Jésus le rappelle :

 

« Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et tu le serviras lui seul » (Mt 4 : 10).

 

Ni les hommes, ni les anges n’ont droit au prosternement qui extériorise cette adoration. Aussi Pierre releva-t-il Corneille qui s’était prosterné devant lui (Ac 10 : 25 et 26). Paul et Barnabas s’indignèrent contre les habitants de Lystre qui voulurent leur offrir un sacrifice (Ac 14 : 13 à 15) ; l’ange de l’Apocalypse lui aussi refusa l’hommage de Jean (Ap 19 : 10 ; 22 : 9) et lui ordonna : « Adore Dieu ».

 

A la déclaration de Dieu en Esaïe : « Tout genou fléchira devant moi » (Es 45 : 23), correspond celle de l’apôtre Paul en Philippiens : « Qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre » (Ph 2 : 10).

 

Pour le Nouveau Testament, l’adoration due à Dieu seul est aussi due au Christ qui s’est laissé adorer de son vivant et après sa résurrection.

Dieu adoré
Mt 4 : 10 *
Lc 4 : 8*
Jn 4 : 23*
Ac 8 : 27*
Ac 24 : 11*
1 Co 14 : 25*
Ep 3 : 14

 

Christ adoré
Mt 2 : 11*
Mt 8 : 2*
Mt 9 : 18*
Mt 14 : 33*
Mt 15 : 25*
Mt 17 : 14
Mt 20 : 20*
Mt 28 : 9*
Mt 28 : 17*
Mc  1 : 40
Mc  3 : 11
Mc  5 : 6*
Mc  10 : 17*
Lc  24 : 52
Jn  5 : 23
Jn  9 : 38*
Ph  2 : 10
Hb  1 : 6
Ap  5 : 8

Dans la plupart de ces textes (ceux qui sont marqués d’un astérisque *) les Ecritures utilisent le verbe grec « proskuneo » qui se traduit par adorer. Mais les traducteurs du Monde Nouveau (Témoins de Jéhovah) n’utilisent ce verbe que si l’objet de l’adoration est Dieu. Mais quand ce verbe a pour objet Jésus-Christ, ces traducteurs utilisent l’expression rendre « hommage ». Pour quelles raisons introduisent-ils ce changement dans la traduction du même mot ?

 

Ajoutons que le service à Dieu seul selon Matthieu 4 :10 est aussi revendiqué par Jésus (Jn 12 : 26).

 

Le Christ ne réclame pas seulement l’adoration et la foi, mais aussi les prières dont il promet l’exau­cement (Jn 14 : 13 et 14 ; 1 Jn 5 : 14 et 15).

Prière à Dieu
Mt 6 : 9
Ep 3 : 14
Jc 1 : 5
1 Pi 1 : 17

 

Prière à Christ
Mt  8 : 2
Mt  8 : 25
Lc  5 : 8
Lc  0,9875
Jn  15 : 7
Jn  20 : 28
Ac  7 : 59
Ac  9 : 13
Ac 9 : 21
Ac 22 : 18
Rm  10 : 13
1 Co  1 : 2
2 Ti 2 : 22
Ap  5 : 8

Le Nouveau Testament invite d’autre part à prier au nom de Jésus-Christ, dans de nombreux passa­ges : Jn 15 : 16, 16 : 23 et 24 ; Col 3 : 17…